2. ARK ou Arme a Retardement Kompromise

Le lendemain, Tony arriva avec le même retard, dans la même salle. La classe y était avachie, et ce pour son plus plaisir. Avec un sourire, il s'assit sur son bureau, et y posa son sac. Croisant ses bras sur sa poitrine, il passa l'amphithéâtre au crible, et eu un sourire : tous était là.

Croisant ses jambes, il retira sa veste, et posa sur le bureau un objet carré, recouvert d'un rideau de velours noir. Chacun haussa les sourcils, et il sut avoir piquer leur curiosité. Tant mieux.

Avec un sourire, il demanda :

-Est-ce que quelqu'un a une idée de ce qui pourrait se cacher sous ce tissus ?

-Bonzaï !

-Oui le rocker ?

-Un livre !

-Blong, ironisa Tony, merci d'avoir jouer. Anna ?

-Une enceinte ?

-Blong. Miss pâquerette ?

-Un micro onde.

-Double Blong. Quelqu'un d'autre ?

Aucun Bonzaï ne retentit. Désireux d'aider ses élèves – de toute évidence, il le ne les considérait plus du tout comme des primates-, il déclara :

-Je vous donne un indice : c'est un objet qui n'est pas carré, et qui peut bouleverser la vie d'une personne. Alors ? Une idée ?

Il y eu un silence. Poussant un soupir, voyant que ses efforts ne servaient à rien, il reprit :

-Et si je vous dis « ARK », qu'est ce que ça vous évoque ?

-Bonzaï !

-Oui le hippie ?

-Arme à Retardement Kompromise.

Il y eu des éclats de rire, Tony comprit. Retirant le tissus, il laissa apparaître un cube en verre, dans lequel le réacteur ARK miniature luisait, entouré de son fameux « La preuve que Tony Stark a un cœur ».

Des murmures parcoururent la salle, alors qu'un sourire ornait ses lèvres. Non que le générateur l'amusait, mais c'était Pepper qui le lui avait offert. Elle l'avait ainsi sauvé d'une mort imminente, quand Stane lui avait arraché son cœur de métal. Une fois toute cette aventure terminée, la première chose qu'il avait faite avait été de réparer le cercle de métal gravé, et de changer la vitre.

Quand elle l'avait vu, Pepper avait sourit. Il l'avait amusé, et cela l'avait rendu plus heureux qu'il n'aurait dut.

Revenant de ses souvenirs, il déclara :

-Non seulement vous ne savez rien des armes, le hippie, mais en plus vous êtes mauvais en orthographe ! Enfin, on vous pardonne ! Et cela, est-ce que cela vous parle plus ?

-Bonzaï !

-Oui le rocker ?

-C'est LE réacteur ARK ? S'enquit il.

-Le seul et l'unique.

-Pourquoi est-il sous une cage de verre ? Demanda Anna.

-Par ce que quelqu'un a voulu me faire une farce.

-Qu'est ce qui est écrit autour ? S'enquit le hippie.

-« La preuve que Tony Stark a un cœur », déclara JARVIS.

Surprit qu'il parle, le génie sortit son téléphone de sa poche. Le posant sur le bureau, il le déverrouilla, et regarda l'écran géant se projeter sur le mur. Poussant un soupir, il demanda :

-Boite de conserve, pourquoi tu intervient dans un cours que j'essaye de rendre sérieux ?

-Par ce que ces jeunes gens m'ont semblé très sympathique,

-Ce n'est pas une raison ! Allez, je te range, et ne m'interromps plus…

-Oh non ! S'exclama une châtain. S'il vous plait ! Il ne fait rien de mal.

-Oui, reprit le rocker, laissez JARVIS. Il est sympa.

-Bon, céda il. JARVIS, je crois bien que tu as la cote dans cette classe.

-Il me semble, monsieur.
-Revenons au générateur, déclara Tony. C'est le genre d'invention géniale qui, une fois au point, peut sauver des millions de vie. Elle a sauvé la mienne, je suis bien placé pour le savoir.

-Bonzaï !

-Oui Anna ?

-Qui a écrit « La preuve que Tony Stark a un cœur » ?

-Ça ne vous regarde pas.

Il y eu un court silence, durant lequel les étudiants échangèrent un regard entendu. Et il devina ce qu'ils allaient faire, mais les laissa. Après tout, ils avaient bien le droit de s'amuser, du moment que le réacteur restait le sujet.

Ce fut le hippie qui demanda :

-JARVIS, qui a écrit « La preuve que Tony Stark a un cœur » ?

-Pepper Potts, jeune homme.

-J'en étais sure ! S'exclama Anna.

-Bon, pour en revenir au générateur…

-Pourquoi a-t-elle fait cela ? Demanda le rocker.

-Une farce, éluda Tony. Le générateur est totalement autonome, et avait une base de palladium, jusqu'à ce que je découvre –enfin redécouvre- un élément atomique. Le générateur a à peu près les même fonction qu'un électro aimant, et étant toute fois bien plus puissant, et plus sain.

-Comment l'idée vous est venue ? Demanda Anna.

Il y eu un silence, tandis que Tony réfléchissait. Souvent, il s'était demandé à quoi il devait le générateur. A une parcelle éclatante de ses méninges ? A une idée saugrenue et apparemment sans logique ? Non, il le savait.

Dans sa grotte, en Afghanistan, la fièvre et la douleur aidant, les nerfs à fleur de peau, il avait vu certaine chose qu'il avait crut être des éclats de rêve. Mais il s'était avéré que non, et il l'avait comprit lorsqu'il avait entendu sa voix. Réaliser que la seule chose qui lui venait de son pays –parmi ses conquêtes, ses compagnons de beuverie et son meilleur ami- était sa voix à elle, il avait été surprit, puis ne l'avait plus été. Et il s'était raccroché à cette pensée comme à une bouée de sauvetage.

Et qui l'avait sauvé.

-Je ne suis pas sure que vous le dire soit une bonne idée, confessa il.

-Dites nous, supplia Anna.

-Ce n'est vraiment pas une bonne idée.

-En effet, fit JARVIS.

-Donc, comme je le disais…

-C'est un truc inavouable ? S'enquit le rocker.

Le génie poussa un soupir. Pourquoi ses élèves ne voulaient ils pas passé à autre chose, tout simplement ? La réponse lui vint avec un naturel presque déconcertant : par ce qu'ils étaient curieux, comme tout le monde sur Terre. Lui en particulier.

Aussi, il poussa un soupir, avant de déclarer :

-Vous n'avez qu'à essayer de deviner.

-En vous brossant les dents ? S'enquit le hippie. Ou… non ! En fumant un joint !

-Raté. Une autre idée ?

-Vous étiez où ? Demanda Anna.

-Ah ! Ça réduit la liste de ce que je pouvais faire, concéda il. Bravo. J'étais en Afghanistan.

Il y eu un lourd silence. Peu à peu, des murmures montèrent de la foule, alors qu'un sourire illuminait ses lèvres. Il avait décidé de ne pas avouer qu'il se faisait torture quand l'idée lui était venue, mais de se concentrer sur Pepper. Après tout, tous savaient qu'ils étaient ensemble, et ce n'était pas un aveu pareil qui allait les choquer.

Ils trouveraient certainement cela un peu cliché, mais la vérité pouvait dépasser la fiction. Il le savait.

Aussi, miss pâquerette reprit :

-Vous étiez en train de travailler ?

-Non.

-De manger ! Fit le rocker.

-Morphale, railla le hippie.

-Non plus.
-Euh… Je ne sais pas, murmura miss pâquerette.

-Vous n'êtes pas très imaginatifs, railla le génie.

-Ce n'est pas facile d'imaginer ce que vous pouviez faire dans cette grotte, avoua la châtain.

-Je sais ! S'exclama soudain Anna, Vous pensiez à Pepper !

Il y eu un long silence. Surprit, Tony haussa un sourcil alors que la classe entière posait sur elle un regard ahuris. Elle rougit, avant qu'un franc sourire n'éclaire ses lèvres. Assumant soudain ses paroles, elle releva les yeux, et déclara :

-C'est cela.

-En effet… Comment tu l'as sus ?

-Vos yeux, avoua elle.

-Mes yeux ? Quoi mes yeux ?

-Dés que quelqu'un dans cette salle dit le mot « Pepper », il y a quelque chose qui s'allume dans vos yeux. Je ne sais pas exactement ce que c'est, mais j'espère qu'un jour, j'illuminerai autant le regard d'un homme…

Il y eu des éclats de rire, alors que cette fois c'était à ses joues que montait le rouge. Il était prit en flagrant délit d'amoureux. Tant pis. Tant mieux. Cette idée le ramena à son projet. Il devait être sacrément amoureux –ou vraiment fou- pour vouloir le mener à bien.

Un sourire éclaira ses lèvres, à cette idée. Son projet. C'était de loin la meilleure qu'il ait eue à travers les années. A cette seule pensée, il ne pouvait que sentir des feux d'artifices exploser derrière son nombril. Il avait eu l'idée un mois plus tôt, quand Pepper avait été guéri. Du moins, c'était là que tout avait commencé.

Il n'avait réussi à comprendre ce qui lui arrivait que le soir venu, quand il l'avait prit dans ses bras. Peau contre peau, lèvres contre lèvres, une évidence s'était imposée à lui, avec une force à peine imaginable. C'était si limpide, tellement clair, qu'il s'était mentalement traité d'imbécile de ne pas y avoir pensé avant. Il ne lui en avait pas parlé ce soir là, mais n'avait pas put fermer l'œil de la nuit. Il était bien trop heureux pour cela.

-J'espère pour toi, confessa il. On peut revenir au générateur ? Tant mieux. Comme je le disais, c'est le genre d'invention qui change la vie de certaine personne.

-Bonzaï !

-Oui le rocker ?

-Mais ça ne sert pas à beaucoup de monde. Seulement les victimes de la guerre.

-Et bien, entre autre, oui.

-Vous feriez mieux de créer des choses plus utiles au quotidien, grommela miss pâquerette.

Soudain, une idée germa dans l'esprit du génie. Avec un sourire, il se tourna vers l'écran géant, et déclara :

-JARVIS, on va faire de la schématisation. Met en route le programme holographique.

-Bien monsieur.

A ces mots, l'intelligence artificielle projeta sur un autre mur un hologramme bleuté, et apparemment sans intérêt. Dans un coin de l'écran, des projets par centaines attendaient, encore au stade papier.

Tony déclara :

-Aujourd'hui, vu que vous avez l'air autant emballé à l'idée de parler du générateur que d'avoir un contrôle, je propose qu'on fasse des travaux manuels.

-Avec ça ? S'enquit Anna.

-Oui. C'est là dessus que je dessine tous mes prototypes. Vous allez voir, c'est génial. Alors, qui veux commencer ?

-Bonzaï, fit le rocker. Monsieur, c'est quoi votre dernier projet ?

A cette question, un sourire éclaira les lèvres du génie. Il avait beau ne jamais avoir été aussi emballé par quelque chose, il ne pouvait pas en parler. Pas encore. Même si il en mourrait d'envie, et ne faisait qu'y penser, à chaque seconde.

Il déclara :

-Un secret. Mais quelque chose de génial.

-J'ai hâte de voir cela, confessa le hippie.

-Ce sera long, prédit il.

-On a attendu longtemps pour avoir Iron man, et ça valait le coup ! Fit Anna.

-Ça, c'est sympa. Bon allez, honneur aux dames : Anna d'abord, miss pâquerette ensuite.

La blonde eu un sourire. Posant ses yeux d'un bleu presque transparent sur l'écran vide, elle resta silencieuse un moment. Elle semblait délibérer. Soudain, elle déclara :

-Un objet qui prélèverait des organes sur les donneurs, et les implanterait mécaniquement aux receveurs. Comme cela : moins d'erreur humaine, et plus de chirurgien pour s'occuper des urgences, où on est toujours déborder.

-Tu y as travaillé ? Demanda Tony.

-Non, mais ma mère est urgentiste… Alors j'en sais quelque chose. Je pense qu'on pourrait lui faire des bras, avec des scalpels au bout de certain, et d'autres avec des tampons, ou des sutures, ou entre des palettes pour transporter l'organe… JARVIS, tu veux bien essayer ?

-Bien en entendu mademoiselle. Laissez moi un instant.

A ces mots, une maquette en trois dimensions apparut sur l'écran vide. Cette machine avait plusieurs bras métalliques, comme l'avait conseillé Anna, et son corps était composé d'un immense coffre de métal. Tony regarda la machine un instant :

-Réduit la longueur des bras, et allonge le corps. Ajoute un laser, et un écarteur.

-Bien monsieur, fit l'intelligence modifiant les paramètres.

-Recouvre les bras avec une matière synthétique stérile, et ajoute des roulettes au cas où. Et un bloc de glace, si un patient n'est pas près à être greffé.

-Voilà monsieur. Cela vous va ?

Jetant un regard au schéma, le génie eu un sourire. Voyant ses élèves contempler l'œuvre d'Anna avec béatitude. Celle-ci, ahurie, murmura :

-Waho… Je ne pourrai jamais construire cela, mais je crois bien que ça ressemblerait à cela, si je pouvais.

-Ce n'est pas si compliqué. Mais c'est certain que cela serait plus pratique qu'un réacteur ! Enfin, miss pâquerette !

-Je ne sais pas à quoi cela ressemblerait, avoua elle, mais je sais à quoi cela servirait.

-Vraiment ? Dans ce cas, nous sommes tout ouïe.

-Cela servirait à mesure la compatibilité amoureuse entre les gens.

Il y eu un silence. Le génie resta silencieux, surprit que quelqu'un en cours de Technologie nouvelle puisse imaginer quelque chose d'aussi rétrograde. Beaucoup avait essayé de fabriquer cette machine, mais les variables à prendre n'étaient pas assez réelles pour que cela marche.

Et puis, chercher la bonne personne pouvait s'avérer amusant, parfois. Il demanda :

-Pourquoi faire cela ?

-Par ce que comme ça, il n'y aurait plus de divorce, et plus d'enfant avec deux maisons.

-Tu parles d'expérience ? S'enquit il.

-Oui. Mes parents se sont séparés quand j'étais petite.

Soudain, une idée lui vint. Surprit de celle-ci, mais aussi de l'avoir oublié, il se sentit ébranlé. Il fallait pourtant qu'il garde son calme. Prenant une grande inspiration, se concentrant sur Pepper et sur son projet, il demanda :

-Combien ont des parents divorcés dans cette salle ?

Beaucoup crièrent « Bonzaï ! » mais il leur demanda de lever la main. Et beaucoup se dressèrent. Il demanda ensuite combien avait des parents ensemble, et les mains furent bien moins nombreuses. Mais tous étaient mariés.

Cela le surprit, mais il n'en pipa mot. Aussi, il déclara :

-La machine que tu veux fabriquer ne peut pas exister, par ce qu'elle ne prend en compte que des valeurs matérielles, alors qu'elle aurait aussi besoin d'enregistrer des données abstraites.

Le reste du cours s'écoula ainsi. Tout les élèves passèrent devant JARVIS et ses hologrammes, et il les enregistra. Une idée lui était venue.

Lorsque tous s'en furent, il rangea le réacteur, prit son sac, et quitta la Fac. C'était un jolie bâtiment, assez agréable d'ailleurs, mais il ne voulait pas y rester. Il grimpa au volant de sa voiture, mit le contact, et s'en fut. Il arriva bientôt devant sa maison de Malibu, toujours aussi éclatante sous le soleil. L'odeur de la mer était délectable après la sueur des étudiants, et le bruit des vagues avait quelque chose d'apaisant.

Poussant la porte d'entrée, il jeta sa veste sur le canapé du salon, et descendit dans l'Atelier sans rien ajouter. Il en oublia même de déjeuner, ce qui n'était pas rare chez lui. Il avait du travail. Beaucoup de travail. Et il devait le réaliser en un jour et demi.

Soudain, un élément lui revint en mémoire. Le lendemain, l'école organisait un contrôle général, afin d'évaluer les compétences des élèves. Et il devrait corriger des copies. Cela le réjouit inconsciemment. Ainsi, il prouverait à Pepper qu'il était près à tout pour arriver à ses fins. Surtout à celles-ci, en fait.

Lorsque la jeune femme rentra ce soir là, elle trouva la veste de son compagnon. Surprise, elle descendit dans l'Atelier, et le trouva assis par terre, penché sur un objet étrange et sphérique, transparents, où se trouvait une boule grosse comme son poing.

Haussant un sourcil, elle s'approcha, et passa une main dans son dos :

-Dis donc mon homme, qu'est-ce que tu fais ?

-Je travail, avoua il.

-Ce n'est pas une armure.

-Démonstration magistrale de ce qui saute aux yeux, ironisa il.

La rousse, surprise et curieuse, s'assit à terre, et regarda le génie régler quelques paramètres. Finalement, la boule se mit à luire avec une force à peine imaginable. Un sourire étira ses lèvres, lorsqu'elle passa sa main dans ses cheveux.
Elle demanda :

-Qu' est-ce que c'est ?

-Une sphère de métal, dans laquelle va être concentré des anions. Ils vont mitrailler la boule, et elle va produire de l'électricité pendant un mois.

-C'est très ingénieux. C'est de toi ?

-D'une de mes élèves, avoua il.

-Tu les a laissé jouer avec JARVIS ? S'enquit elle.

-Bah faut bien !

-Tony si tu es là bas, ce n'est pas pour t'amuser !

-Mais je ne fais rien d'illégale.

-Tu es sensé être chiant, moche et ennuyeux, lui rappela elle.

Lâchant son invention, le génie se tourna vers elle. Elle était splendide, et cela inscrivit un sourire sur ses lèvres. Posant ses mains sur ses hanches, il demanda :

-Qu'est ce que c'est que ces aprioris sur les profs ?

-La pure vérité !

-Et bien je ne suis ni vieux, ni moche, ni même ennuyeux. Et mes élèves adorent JARVIS !

-N'oublie pas que je t'ai demandé d'y aller pour que tu apprennes à communiquer avec les autres.

-Et on communique. Je t'assure Pep…

-Hum… Fit elle avec une moue amusée, pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu me caches quelque chose ?

-Peut être par ce que tu me connais par cœur.

-J'espère bien. Et le projet ? C'est oui ou c'est non ?

-J'attends de voir si tu ne fais pas sauter la Fac avant la semaine, ironisa elle.

A ces mots, il posa un baiser sur ses lèvres, et la sera contre lui. Etre près d'elle était encore mieux que dans ses souvenirs.