3. Armure
Pour son troisième jour de cours, Tony convint d'y aller en armure. Après tout, il avait déjà présenter à ses élèves JARVIS et le réacteur, et il ne manquait qu'elle. Aussi, après avoir embrassé Pepper ailleurs que sur les joues, et de regretter de la quitter, il enfila l'armure Mark 2 –sa préférée, quoi qu'on en dise, et une des seule qui avait échappé à l'explosion de Noël-, et s'en fut à tire de réacteur.
Il lut la surprise générale sur les visages lorsqu'il se posa sur le parking de la Fac. Beaucoup se demandèrent ce qu'il faisait là, mais bien plus encore le firent lorsqu'une remorque avança vers lui, guidée uniquement par JARVIS. A l'intérieur de celle-ci, des sacs noirs avaient été déposés.
Il pénétra dans l'amphithéâtre, et trouva la classe au grand complet, un sourire aux lèvres. Beaucoup rirent quand ils virent qu'il portait son armure. Avec un sourire, il s'exclama :
-Salut les jeunes !
-Monsieur, commença Anna, pourquoi avez vous votre armure ?
-Par ce qu'on est en cours de technologie, pardi ! Et qu'un cours de technologie futuriste sans armure, c'est comme une raclette sans fromage !
A ces mots, toute fois, il retira l'armure. Celle-ci se rétracta, puis vint former un mannequin de métal, qui fixa sur la salle un regard bleuté. Ouvrant la remorque, il en sortit les sacs. Il sortit son téléphone de sa poche, le posa sur le bureau, le déverrouilla, et appela :
-JARVIS ?
-Monsieur.
-Dis moi à qui je dois donner les sacs.
-Bien monsieur.
Il le guida à la voix, et Tony passa entre les élèves, distribuant les sacs à tour de bras. Les étudiants, surprit, attrapaient les cadeaux avec ahurissement, amusé par le poids incroyable qu'ils avaient dans les mains.
Quand tous furent distribués, il s'assit sur son bureau, et les regarda ouvrir les sacs. Lorsqu'ils sortirent les inventions en tout genre, qu'ils avaient inventé eux même la veille, et les posèrent sur leurs pupitres, il crut qu'ils allaient hurler de joie. Il tenait dans leurs mains ce qui, quelques jours plus tôt, avait été des morceaux de rêve.
Ebahie devant sa machine à cinq bras, Anna souffla :
-Waho…
-Merci. Alors, ça vous plait comme surprise ?
-Putain, jura le hippie en fixant le respirateur inter aquatique qu'il tenait dans les mains, Vous êtes trop fort !
-Je suis simplement un inventeur de génie, qui dort peu, mange peu, travail comme un fou et… oui, pour faire court, je suis trop fort.
L'amphithéâtre éclata de rire, alors qu'il sortait d'un dernier sac une pile de copie. Les brandissant comme l'aurait fait un assaillant avec une arme, il s'exclama :
-Surprise numéro deux : les tests d'hier.
-Déjà ? S'enquit le rocker.
-Quoi « déjà » ? Vous attendez combien de temps d'habitude ?
-Une bonne semaine, grinça miss pâquerette.
-Bon, et bien avec moi ça va plus vite !
Il donna le paquet à la jeune fille qui fit passer les copies à leur destinataire. Tous, en voyant les notes, écarquillaient les yeux. Tony, amusé, regarda les visages changer du tout au tout, passant de l'élève lambda dans sa position favorite, à un être humain encore plus marqué.
A travers leurs inventions, il avait put voir en eux un peu plus que des visages, des sourires crispés, et des yeux curieux. C'était abstrait, mais en voyant quelle machine leur correspondait, il avait l'impression d'avoir vu en eux comme dans les entrailles grouillantes de leurs inventions. Et les voir ainsi régir, tous de manières différentes, le confortant dans son idée de les connaître. Au moins un peu.
A vrai dire, sa stratégie était simple : il avait jeté un vague regard aux tests, et avaient mis la note qui lui semblait correspondre –non pas à la réalité de leurs réponses- à l'intérêt qu'ils portaient à ses cours, et au niveau d'intelligence qu'ils avaient mis dans leurs inventions.
Le hippie hurla. Ses pupilles étaient dilatées, sa mâchoire distendue, et il tenait sa copie comme si elle avait été le divin. Il s'exclama :
-Un B ! Un B ! Mais… mais… Je n'ai jamais eu de B de ma vie ! You hou ! Wow ! Les gens ! J'ai eu B ! J'ai eu B ! Mais regardez ! Regardez ! J'ai eu B !
-D… Murmura miss pâquerette… j'ai eu D…
Dans toute la classe, la note prédominante avait été B. Il avait mis quelque D à des élèves qui s'entêtaient à lever la main pour parler, et dont les inventions manquaient à la fois d'inventivité et de brillance. Il n'y avait eu qu'un seul A, qu'il avait accordé à Anna. Il avait laissé un mot avec chaque invention et le sien était plus que clair : « Machine à vivre, pouvant s'utiliser en temps de guerre comme en temps de paix. Idée excellente, je te félicite. L'Iron prof ».
Il la regarda longuement. Découvrant sa copie, elle sembla surprise, mais plus encore quand le mot tomba du sac. Mettant les deux l'un à côté de l'autre, elle les regarda tour à tour, sans oser comprendre. Finalement, le rouge lui monta aux joues, et elle lui adressa un sourire magnifique.
Faisant mine de ne pas l'avoir vu, il calma l'assemblée :
-Allons allons ! Pas de panique ! On se calme !
-C'est quoi cette blague ?! Hurla miss pâquerette se levant. Le hippie a toujours des moins notes que moi aux tests !
-C'est qu'il est sain d'esprit, ironisa le génie. Par ce que vu comment les questions sont rédigées, c'est à se demander si c'est de l'anglais.
Beaucoup rire, et d'autre dire de simples « c'est bien vrai ». Après cet interlude, le rocker déclara :
-Iron prof, ça vous va bien.
-Je sais.
Et ce n'était pas lui qui avait eu cette idée. La veille, au cours d'un diner aux chandelles avec Pepper, ils avaient parlé de toutes les inventions qui jonchaient le sous sol. Il lui avait expliqué ce qu'il comptait faire avec, et pourquoi.
Portant le verre de vin à ses lèvres, elle avait sourit, et murmuré :
-C'est que tu deviens gentil…
-Par ce que d'habitude je ne le suis pas ?
-D'habitude tu es juste tordu.
-C'est toi qui me dis ça ? Avait il ironiser.
-Bien sure. D'ordinaire, tu essayes de faire plaisir aux autres, mais tu es trop tordu pour comprendre comment le faire correctement. Sauf que là, tu vas faire un carton.
-Qu'est ce que tu sous entend ? Que je comprends mieux les jeunes que les vieux ?
Elle avait ri. Il y avait de quoi il savait rendre sa bêtise affligeante. Prenant sa main, elle l'avait serré doucement, et avait murmuré :
-Je dis juste que tu réussi très bien dans ta nouvelle fonction.
-C'est la blague du jour ? Avait il demandé.
-Non, c'est vrai.
Il avait regardé ses yeux s'emplirent de milles et une étoiles, puis avait sourit à son tour. Elle était encore plus belle quand elle s'amusait. Aussitôt, son projet lui était revenu en tête. Et il avait sourit encore plus. Il fallait vraiment qu'il arrête de penser à ce projet. Impérativement, même. Du moins, qu'il l'oubli jusqu'à Vendredi soir.
Etait il capable de le faire ? Non, certainement pas, et il n'essayerait même pas. Pepper, le détaillant, avait déclaré :
-Tu y penses.
-Quoi ?
-A ton projet. Tu y penses encore.
-J'y pense tout le temps.
-Sois patient un peu, l'avait elle gentiment tancé.
-J'essaye, j'essaye… mais je n'y arrive pas. S'il te plait, dis oui !
-Tony, on a déjà eu cette conversation combien de fois, exactement ?
-Cinquante trois, les avait interrompu JARVIS.
Il avait fait la moue. Pourquoi est-ce que la boite de conserve la ramenait ? Il allait s'exclamer qu'il n'avait rien à faire dans la conversation, mais la rousse l'avait coupé. Sa voix était ferme, mais aussi d'une douceur aérienne :
-Alors on en parle plus, jusqu'à Vendredi soir.
-Mais… Avait il tenté.
-Pas de mais ! Mange, ça va être froid.
-C'est pas juste, avait il grommelé.
-On dirait tes élèves, quand tu dis cela. Au fait, ce sont toujours des primates bourrés d'hormones ?
-Non, avait il fait avec un petit rire en lâchant sa main. Ils sont sympas, quand on prend la peine de s'intéresser à eux.
-Tu dis ça pour qu'on en parle avant Vendredi soir ?
-Non, je y'assure. Ils sont vraiment sympas.
-Tony, je t'ai envoyé là bas pour que tu vois comment tu gérais les relations avec d'autres humains. Pas pour que tu me mentes !
-Mais Pep, je t'assure que je ne te mens pas. On s'entend très bien avec ces jeunes. Ils m'adorent, adorent JARVIS, et je me suis attaché à eux. Vraiment.
-Sans mentir ? S'était elle enquit.
-Sans mentir.
Elle avait reporté son verre à ses lèvres, et posé sur lui un regard interrogateur. Finalement, après quelques minutes de silences, où elle avait probablement réfléchis à ce qu'il venait de dire, elle avait déclaré :
-Ce n'est peut être pas ton truc.
-Il se trouve que si.
-J'ai un peu de mal à te croire.
-Tu n'es pas forcé de me croire.
-Un peu quand même.
-Bon, on avait pas dis qu'on en parlait plus ?
-Tu as bien raison, Iron prof, avait elle fait avec un sourire. Nous en reparlerons Vendredi.
Il revint de son souvenir avec un goût de vin sur les lèvres. Passant sur se élèves un regard surprit et dépaysé, il se souvint qu'il était en cours. Les cours, Pepper, le projet. C'était ce simple trio qui pouvait le ramener à la réalité.
Prenant une grande inspiration, il déclara :
-Bref, comme vous l'avez surement comprit, aujourd'hui nous allons parler de l'armure, et de vos projets personnels. Donc… Commençons !
-Bonzaï !
-Oui le rocker ?
-C'est vrai que vous avez créer une armure invisible ?
-Et bien l'armure furtive est pour l'instant en stand by, j'ai un autre projet sur le feu.
-Bonzaï !
-Oui la châtain ?
-Anne, fit elle –il se souvenait que c'était celle qui avait réclamé JARVIS-. Vous avez sauvé New York d'une invasion extra terrestre… Quelle armure aviez vous ?
-La Mark 7, avoua il. Elle est équipée d'un périscope, mais elle ne l'était pas à l'époque.
-Bonzaï !
-Quoi Anna ?
-Vous pourriez nous parler de Mark 38 ? S'enquit elle.
La Mark 38. Vaste sujet. Tony avait toujours adoré cette armure, appelée Igor, dans laquelle il ne pouvait pas rentrer tant elle était large et massive. Elle était trop lourde pour voler, mais était plus résistante à la pression que n'importe quelle armure. Il avait longtemps hésité à la doter d'une intelligence artificielle, avant d'y renoncer. JARVIS aurait été jaloux.
Il n'avait pas eu le cœur à détruire Igor, après l'épisode Extremis, et il était devenu leur garde du corps personnel pendant quelques mois. Il se demanda comment Anna pouvait être au courant de l'existence de cette armure : même si on avait parlé de ses armures dans la presse, seule la MARK 42 avait été cité.
Alors que voulait elle à Igor ?
Il demanda :
-Comment tu sais qu'elle existe ?
-Et bien, si il y a une MARK 2 et une MARK 42, alors il y a forcément une MARK 38.
-Et plus vraisemblablement ? Demanda il.
Les joues d'Anna se colorèrent, et il se demanda un instant si il ne tenait pas devant lui un autre génie. Cela ne l'aurait pas surprit outre mesure, mais il refusait d'y penser pour l'instant.
Elle déclara :
-Je me suis un peu renseigné sur Igor. Il m'intéresse beaucoup.
-Pourquoi donc ?
-Appelez cela comme vous voulez : de l'intuition, du flair… Mais je crois que cette armure est plus que cela pour vous. Il suffit de voir à quoi elle ressemble… Elle est tellement différente des autres.
-JARVIS, fit il, donne moi une vue d'Igor.
A ces mots, l'armure bleue apparut à l'écran mural. Elle était bien plus grande que la MARK 2, plus large, plus mastoc, et semblait avoir été coulé dans du plomb. Sa carapace bleue lui donnait un air sympathique, malgré ses yeux rouges.
La classe eu un mouvement de recul, alors qu'Anna souriait. Ses yeux bleus s'emplirent d'un million d'étoile, comme ceux d'une petite fille voyant dans la vitrine d'un magasin la poupée qu'elle a toujours désiré.
Elle déclara :
-Il est magnifique.
-Merci.
-Pourquoi l'avez vous faites aussi… différentes des autres ?
La réponse était simple : avant l'épisode Extremis, il passait ses nuits à faire des cauchemars. Dans ceux-ci, il revoyait tout ce qui s'était passé à New York. Stress post traumatique. Désireux de se protéger –que ce soit de ses cauchemars ou des vrais méchants, il n'en avait jamais rien sus-, il avait voulu construire une armure totalement amphibie. Il avait dessiné les plans avec précision, et c'était lancé dans la confection.
Mais, alors qu'il forgeait le masque, quelque chose l'avait surprit. Le morceau de métal qu'il frappait ne prenait pas la forme d'un masque ordinaire, mais se courbait pour presque ressembler à une grenouille. Alors, laissant tomber schémas et plans –malgré les hurlements de JARVIS-, il avait laissé Igor naitre dans ses mains.
Il l'avait assemblé avec une ferveur inégalable, et qu'il n'avait utilisé que pour la MARK 1 et la MARK 2. La nuit durant, il avait frappé le métal, fondu les circuits imprimés, armés les missiles, peint le titane et, au matin, la MARK 38 se tenait devant lui. En la regardant, il avait su que quelque chose d'étrange les unissaient. Quelque chose d'indéfinissable, et d'unique entre créateur et machine. Quelque chose de magique.
Il se racla la gorge, et réfléchit un moment. Il ne pouvait expliquer l'état de transe qui l'avait guidé cette nuit là, aussi devait il trouver une excuse. Il finit par avouer :
-Je voulais simplement qu'elle soit différente. Par ce que, faire toujours la même chose, cela devient lassant à la longue.
-Vous mentez, déclara Anna.
-Peut être, mais c'est par ce que je ne peux pas l'expliquer. Vous savez, reprit il, quand on parle de mécanique, on a toute suite à l'esprit les longues listes de calculs, les règles d'algorithmique et l'informatique mais… On oublie souvent le rêve. Le rêve tient une partie très importante du travail. La plus importante, même : l'imagination. Si je n'avais pas imaginé ces armures, elles n'auraient pas existés, chiffres ou non. Pour la MARK 38, il n'y a eu ni chiffre, ni algorithme. Juste le rêve, et mes mains. C'est certainement pour cela qu'on dirait un crapaud.
Il y eu des éclats de rire. Anna, quant à elle le fixait avec attendrissement. Elle semblait être la seule à comprendre ce qu'il disait. Et cela ne le surprit pas : il y avait chez elle quelque chose de brillant. A tout les sens du termes.
Se raclant la gorge, il conclut :
-Comme quoi, même la mécanique peut être abstraite.
-Bonzaï.
-Oui, miss pâquerette ?
-Pourquoi m'avez vous mit un D ?
-Par ce que tu devrais savoir que fabriquer une machine qui évalue une compatibilité quelconque entre deux êtres humains est impossible.
-Et le rêve, alors ?
-Il y a le rêve, et la réalité. Et si je peux parfois faire du rêve une réalité, je ne peux pas transformer la vie en rêve.
Cela mit fin à l'élan de la jeune fille, qui grommela. Tony interrogea le rocker, qui fixait la MARK 2 avec ahurissement :
-Vous avez vraiment tué des gens avec cela ?
-Des gens, non ! Des Aliens.
-Vous oubliez Yvan Vanko, et les Dizano, monsieur, fit JARVIS.
-On est pas sensé les mettre au courant de tout nos règlements de compte, lui souffla le génie.
-Monsieur, c'est que cela compte quand même.
Tony poussa un soupir, alors que beaucoup riaient. Il tenta de se justifier :
-Les Dizano m'ont retenus en otage pendant deux mois, m'ont greffé un cœur en métal, et m'ont torturé. En plus, ils allaient raser un village. Moralité : j'ai fais plus de bien que de mal. Quant à Vanko, il a essayé de s'en prendre à…
-… Pepper, finit Anna.
-Tu es médium ou quoi ? S'emporta il.
-Non, vos yeux se sont allumés comme des ampoules.
Il y eu ensuite un silence. Soudain, il réalisa qu'il n'aurait pas dut parler de ses geôliers en des termes aussi élogieux. Seul Pepper et Rhodey savaient ce qu'il avait vécue là bas, et il ne voulait pas que miss pâquerette fasse des cauchemars toutes les nuits.
Le hippie souffla :
-Mec, ça craint.
-Mais je n'ai pas eu mal, tenta il de se rattraper.
-Monsieur, je ne suis pas expert de ce genre de situation, mais je crois que vous vous enfoncez.
-Enfin bref, passons à autre chose !
-Bonzaï !
-Oui Anne ?
-Vous n'êtes jamais blessé, quand vous êtes dans votre armure ?
Le génie éclata de rire. C'était bien là une réflexion d'adolescent. Avec un sourire, posant la jeune fille un regard amusé, il déclara :
-Pepper serait mieux placée que moi pour vous répondre, mais…
-Par ce qu'elle est plus dans l'armure que vous ? S'enquit miss pâquerette.
-Oh non ! C'est par ce que c'est elle qui appel le médecin. Même si j'essaye de me soigner… quand je peux. Mais pour répondre à la question plus simplement : je suis bastonné dans l'armure comme pendant un match de boxe. Seulement, je ne me bats pas contre une montagne de muscle, mais des missiles. Chacun son truc.
Il y eu des rires. Sans attendre, s'approchant de la MARK 2, il demanda :
-Et des questions sur le côté mécanique de l'armure? Personne ne veut savoir ?
-Vous ne voudrez jamais nous le dire, prédit le rocker.
-C'est bien vrai !
-Vous pouvez nous parler de votre nouveau projet ? Demanda Anne.
A cette simple idée, un sourire étira ses lèvres. Non ! Pas de sourire. Pas de projet. Il devait l'oublier pendant encore un jour. Dans l'absolu, qu'est ce qu'était un jour ? Pas grand-chose. Un levé de soleil. Deux tours de quadrants. Quatre repas. Vingt quatre heures. Huit cent soixante quatre milles secondes.
Il poussa un soupir. Huit cent soixante quatre milles putains de secondes. Après, et après seulement, il pourrait penser au projet. Mais il n'avait pas envie d'attendre huit cent soixante quatre milles secondes.
Il poussa un soupir :
-Je ne peux pas. Secret défense.
-Donnez nous un indice ! Réclama Anna.
-J'ai dis non. Revenons sur l'armure… Ou sur un de vos projets, comme vous voulez.
-On veut parler du votre, déclara le rocker.
-On pourra peut être vous aider, compléta le hippie.
-M'aider ? Ah non, sur celui là personne ne peut m'aider. Je suis seul maître à bord.
-Dans ce cas, on pourra vous mettre des bâtons dans les roues !
-Merci Anne, mais ça ira.
-Ou alors vendre la mèche à un journaliste, et se faire de l'argent, ironisa le rocker.
-C'est illégal ! S'exclama miss pâquerette.
-On s'en fiche ! La rembarra Anna, Donnez nous un indice… S'il vous plait !
-Non est une réponse claire. J'aimerai bien qu'on parle de la machine d'Anna, si ça ne vous gêne pas trop…
Il y eu un silence. Alors qu'un sourire éclairait ses lèvres, Tony se rassit sur son bureau, et ordonna à JARVIS d'afficher la machine de la jeune fille. Désignant le tableau tridimensionnel, il demanda :
-Qui peut me dire pourquoi c'est une bonne idée ?
-Bonzaï !
-Le hippie.
-Les bras articulés ?
-Pas mal, mais pas vraiment.
-Bonzaï.
-Oh, miss pâquerette, essaye d'être un peu plus souriante, la tansa il gentiment.
-Le corps mono pied ?
-Raté. Anna, puis-ce que c'est ton invention, tu as une idée ?
-Par ce que c'est le parfait mélange entre l'être humain et la machine, hasarda elle. Les bras de l'humain, le corps en forme de tronc, mais la précision et la force de la mécanique. C'est un genre d'entre deux…
Il y eu un silence. Tony, surprit, la regarder sourire discrètement. Cette fille avait soie une intelligence surdéveloppée, soit un don pour lire dans les pensées. Troublé, il demanda :
-Comment tu le sais ?
-Je suis super forte, ironisa elle.
-Et en vrai ?
-Vous adorez les compromis. L'armure est l'alliance de l'homme et la machine, le réacteur est une machine qui conserve un homme, et un JARVIS n'est ni vraiment homme, ni tout à fait machine. Moralité : je peux avoir ma casquette de Sherlock Holmes ?
Il y eu des éclats de rire. Tony sourit à son tour une idée lui était venue. Se redressant, il planta sur elle un regard qui avait quelque chose d'un défit. Comme si leurs yeux allaient lutter jusqu'à ce que mort s'en suive.
Mais ce ne fut pas le cas. Ce fut bien plus surprenant.
-Si tu es si forte, murmura il, je te demanderai demain, à la fin du cours, quel est mon nouveau projet. Si tu devines, chapeau. Sinon, tant pis.
A la simple évocation de son projet, son cœur s'emballa. Mais il devait se calmer. Huit cent soixante quatre milles secondes. Il se devait de garder ce chiffre à l'esprit, au moins pour Pepper. A cette idée, il se sentit mieux.
Un sourire étira ses lèvres en pensant à la jeune femme. Posant sur la blonde un regard interrogateur, il la vit demander :
-C'est une menace ?
-Non, un défit.
-Dans ce cas, fit elle avec un sourire qui avait quelque chose de timide, j'accepte.
Cela amusa le génie. Quiconque relevait des défis avec lui était promis à une défaite certaine, voir systématique. Et Anna apprendrait ainsi une bonne leçon. Il était certain qu'elle ne pourrait pas découvrir son projet : il était bien trop tordu pour cela.
Si quiconque, hormis Pepper, l'avait entendu, il aurait cru qu'il ne venait pas de lui. D'un petit lutin ayant prit possession de sa tête peut être, mais pas du grand Anthony Stark. C'était, aux yeux du monde, bien trop contre nature. Mais à vrai dire, il s'en fichait. Il voulait mener son projet à bien, et le ferait.
Il en était sur.
