4. Ou du pourquoi, à l'avenir, on aimera les copies
Le lendemain, Tony se réveilla de bonne heure. Ouvrant les yeux, il trouva Pepper serrée contre lui, les mains entrelacées avec les siennes. Posant un baiser sur son front, il passa sa main sous sa chemise de nuit, et la laissa sur son ventre. Ainsi, il avait l'impression de tenir dans ses bras une créature fragile et délicate, et d'être le seul à pouvoir la protéger. Cela flattait un peu son égo, mais ce n'était pas là ce qui l'intéressait : c'était d'avoir contre lui quelque chose de suffisamment important pour qu'il refuse de la lâcher.
Mais, à chaque réveil, il savait qu'il devrait s'en séparer durant le jour. Seulement, pour l'heure, elle était contre lui et il ne comptait pas la laisser s'en aller. Il posa sa tête sur sa poitrine, et écouta les lents battements de son cœur. Il savait qu'il l'aimait, qu'il l'avait toujours aimé, et qu'il l'aimerait toujours.
Même si elle disait non au projet. Même si elle n'était pas d'accord. Tant pis. Il était prêt à tout pour elle, même à abandonner Iron man. Pour son projet, ce serait plus délicat, mais il s'en remettrait. Pour elle.
Soudain, la perfection qu'il tenait dans ses bras bougea et, sans qu'il l'ait voulu, sa main se retrouva sur sa poitrine. Elle ne s'en rendit pas compte immédiatement, et c'était certainement mieux ainsi. Papillonnant, elle découvrit la tête du génie à même sa poitrine.
Avec un sourire, elle murmura :
-Bonjour toi.
-Bonjour Pepper. Désolé si je t'ai réveillé.
-Ne t'en fais pas. Entre toi et le réveil, je suis sure que tu sais où va ma préférence.
-Ce n'est pas faux.
Elle se colla contre lui, et réalisa certainement enfin qu'il avait une main sur son sein. Haussant un sourcil, un sourire aux lèvres, elle demanda :
-Tiens… Tu veux qu'on fasse un câlin ?
-Ne me tente pas… Je ne vais pas être en retard pour mon dernier jour.
-Alors comme cela tu prends ton devoir d'instructeur très au sérieux ?
-Il faut bien. Je suis l'Iron prof.
-Tes étudiants ont beaucoup de chance.
-Je sais.
-Donc, pas de câlin du matin ?
-On prendra une douche ce soir, si tu veux. Je sais que tu adores.
-Même si je ne suis pas d'accord ?
-Même.
Il y eu un court silence. Pepper, se retournant, plaça son nez face au sien. Les yeux dans les yeux, les lèvres séparés par quelques centimètres, elle murmura :
-Tony…
-Oui ?
-J'espère que… enfin, tu sais qu'il y a quand même une alternative où je dirai non…
-Je sais.
-Tu m'en voudras ?
-A mort, oui. Mais pas éternellement.
-J'espère bien.
A ces mots, le génie se leva, s'en fut dans la salle de bain, et en sortit près au départ. Une demie heure plus tard, il était au de sa voiture, et fonçait vers la Fac. C'était aussi dure pour nous de l'entendre que pour lui de l'avouer, mais pourtant c'était vrai : il avait hâte de retrouver ses élèves. Leurs répliques imbéciles lui manquaient.
Pour la première fois, il arriva à l'heure. Cela surprit tout l'amphithéâtre, plongé dans une conversation cacophonique habituelle. Avec un sourire, il s'exclama :
-Ne faites pas attention à moi !
-Vous êtes à l'heure ! S'exclama le rocker.
-Eh oui ! C'est la surprise !
S'asseillant sur son bureau, il ôta sa veste, et promena sur la salle un regard attendri. Il avait encore du mal à réaliser que c'était la dernière fois qu'il les voyait. Cette idée le fit frémir, mais il se força à ne pas y penser.
Après tout, il pourrait toujours passer les voir à la sortie, si le cœur lui en disait. S'asseillant en tailleur, il regarda la classe poser sur lui des yeux à la fois surprit et curieux.
Il expliqua :
-Je pensais arriver plus tôt, et vous laisser partir plus tôt. J'ai des choses à faire.
-Tiens, c'est à propos de quoi ? Demanda le rocker.
-Des trucs plutôt marrant.
Soudain, une idée lui vint. Non, plus qu'une idée, c'était une illumination. Un sourire éclaira ses lèvres. Sans se lever, il déclara :
-Je vais vous demander quelque chose de bizarre.
-Faites, fit Anna avec un sourire.
-Est-ce que quatorze d'entre vous pourraient me donner leurs copies corrigées ?
Un murmure incompris empli la salle. Le génie, amusé, regardait les yeux s'emplir de surprise, les lèvres susurrer des paroles étranges, et l'incertitude gagner les cerveaux. Ils se concertèrent un moment, puis les « Bonzaï ! » résonna dans l'amphithéâtre. Se levant il advint que rassembler quatorze copies était bien plus facile qu'il ne l'avait d'abord penser.
Il dut même refuser des feuilles.
Revenant à son bureau, il les posa sur la table, et s'exclama :
-Merci !
-A quoi ça va vous servir ? S'enquit le hippie. A faire un joint géant ?
Il y eu des éclats de rire. Le génie, un sourire aux lèvres, riait lui aussi. C'était peut être idiot, comme remarque, mais cela avait le mérite d'être naturel. Haussant les épaules, il avoua :
-Pas de joint. C'est pour écrire.
-Oh non, soupira le rocker. Ne me dites pas que vous allez déserter la mécanique pour les romans !
-Euh… Je n'en suis pas à. Je vais simplement écrire quatorze lettres. Pas de quoi faire un pavé.
Aussitôt, une effervescence digne d'un casting pour comédie musicale. Tout le monde y alla de son avis, tentant de deviner quelles pourraient bien être ces quatorze lettres. Tony n'avait jamais rien vu d'aussi bordélique. Pas même la chambre qu'adolescent, il partageait avec Rhodey. Et pourtant, Dieu savait à quel point c'était le bazar.
Le rocker s'exclama :
-Je sais ! « JE VEUX PARTIR D'LA».
-Ça fait quinze lettres, imbéciles, soupira miss pâquerette.
-Mais non, on ne compte pas le L !
-Ou alors, fit le hippie, « JE SUIS UN GÉNIE ! ».
-Pourquoi il l'écrirait sur des feuilles de cours ? S'enquit Anna. Réfléchis un peu !
-Bah propose, au lieu de critiquer.
-Je garde mes idées pour moi, avoua elle.
-Wow ! Les arrêta Tony, Ça vous embêterait de vous calmer ?
Le calme revint doucement dans la classe, comme une émeute s'apaisant. Une fois que le silence fut fait, le génie prit une grande inspiration. Même si c'étaient ses élèves qui lui avaient donné l'idée des quatorze copies, il ne pouvait pas leur divulgué ainsi ce qu'il comptait en faire.
Il faudrait qu'ils attendent un peu. Tout comme lui avait attendu.
Un sourire orna ses lèvres :
-Aujourd'hui, avoua il, je n'ai pas prévu de programme.
-Vraiment ? S'enquit miss pâquerette.
-Et oui. Par ce que, aujourd'hui, je veux que ce soit vous qui décidiez.
Il y eu un silence, laissant le génie dubitatif. Pourquoi ces élèves ne hurlaient ils pas de joie, et s'enfuyaient en courant, heureux de pouvoir sortir ? Il ne parvenait pas à le comprendre.
Haussant uns sourcil, il demanda :
-Vous ne sortez pas ?
-Vous voulez qu'on parte ? S'enquit Anna.
-Non, mais c'est ce que des étudiants auraient fait si un prof leur avait dit qu'ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient du cours.
-C'est qu'ils ne vous ont pas comme prof, fit le rocker.
-C'est gentil, murmura il avec un sourire.
-Dites ! S'exclama le hippie, j'ai une idée ! Si on parlait de vous ?
-Comment ça ?
-Et bien si, pour une fois, on pouvait parler de vous ouvertement. De vos habitudes, de ce qui s'est passé à New York, en Afghanistan, avec Hammer…
-Ce ne sera pas très instructif, murmura il.
-Détrompez vous, fit Anna. Après tout, pour étudier la littérature, il n'y a rien de mieux qu'étudier les grands auteurs. Alors, pour la mécanique, autant étudier les inventeurs de génie.
Le génie poussa un soupir. Il ne s'était pas attendu à cela mais, si ses élèves le désiraient, alors il était d'accord pour tout. Il ordonna que ceux qui étaient pour crient « Bonzaï ! », et les cris furent nombreux.
Aussi, il fut décidé que le sujet du jour serait Anthony Stark.
Ce fut le rocker qui demanda :
-Déjà, comment vous avez sus que vous vouliez faire de mécanique ?
-Facile, avoua il. Quand j'avais trois ans, mon père avait acheté une boite à outil. J'étais fasciné par ces objets argentés, qui brillaient comme des diamants, et faisaient du bruit. Alors un jour, j'ai volé un tourne vis, et je suis allé voir comment mon père se servait des siens. Quand j'ai compris comment on faisait, j'ai commencé à réparer tout ce qui me tombait sous la main. Un an plus tard, je construisais mon premier engin à moteur.
-Vous étiez jeune, murmura miss pâquerette.
-Et alors ? Il n'y a pas d'âge pour commencer à aimer quelque chose.
-Est-ce que votre père passait beaucoup de temps avec vous ? Demanda Anna.
Tony resta silencieux. Il avait beau connaître la réponse, il ne voulait pas répondre avec trop de violence. Après tout, pour la plus part des étudiants de cette classe, Howard Stark était un titan à l'échelle inter planétaire. Génie, milliardaire, créateur d'arme, membre fondateur du SHIELD. Mais pour lui…
Il trouva cette pensée assez correcte, aussi décida il de l'adopter. Il déclara :
-Pour vous, mon père est un héros. Un homme qui a combattu les nazis, a monté un empire, et a eu une réussite professionnelle incroyable. Beaucoup sont peut être là à cause ou grâce à lui. Mais pour moi… ce n'était qu'une ombre. Qui allait, et venait, entre deux conférences, deux interviews, deux réunions. Je crois bien qu'il ne s'est rendu compte de mon existence que quand il a fallut m'envoyer en pension.
-Vous êtes allé en pension… Murmura Anne.
-Oui, et je serai tomber fou si mon meilleur ami n'y était pas allé aussi. Howard Stark n'était pas un bon père, et j'espère qu'aucun de vous n'en a eu un comme lui. Il y a un moment, maintenant, j'ai retrouvé une vidéo de lui. Il l'avait enregistré pour moi, quand je serais adulte…
-Ça a dut vous faire plaisir, se réjouit le hippie.
-… Au début, oui. Il me disait qu'il voulait que je reprenne le flambeau. Qu'il était limité par les technologies de son temps, mais que ce n'était pas mon cas. Il me demandait d'être un vrai Stark…
La classe ne disait mot. Une torpeur mélancolique s'était emmitouflée entre les sièges. Les ressentiments qu'éprouvait le génie à l'égard de son père n'avait d'égale, sauf peut être la haine qu'il avait nourri envers Kilian Aldritch.
Mais ce n'était pas le sujet :
-… Seulement, deux minutes après, un petit garçon a déboulé dans le champ de vision. Brun, les yeux bleus, six ans peut être. Moi. Est-ce qu'il m'a prit dans ses bras ? Est-ce qu'il m'a dit un mot gentil ? Non. Il a appelé ma mère. Elle est venue, et m'a sortit du champ. Mon père m'a prit pour un investissement, alors que j'étais son fils. Dommage pour lui.
-C'est pas cool, résuma le hippie.
-Et à la mort de vos parents, fit un blond, comment vous avez réagi ?
-A l'extrême, avoua il. Je suis sorti ce soir là, prendre une bonne cuite avec mon meilleur ami. J'ai couché avec une fille que je ne connaissais pas, et j'ai refais la même chose le lendemain. Et le surlendemain. Et le jour d'après encore. Jusqu'à ce que je sois enlevé.
-L'Afghanistan, soupira le rocker rêveur. J'ai toujours voulu pirater les dossiers sécurisés du FBI pour savoir ce qui vous était arrivé !
-Et bien, tu ne trouveras rien au FBI, laisse moi te le dire.
Quelques uns, que le récit sur son père avait troublés, rirent. La tension devait sortir d'une manière ou d'une autre. Tony se força à sourire. Il détestait parler de son père, et ne voulait pas que ses élèves croient qu'il en était affecté.
Afin de chasser de sa tête l'image de l'homme qui n'avait jamais mérité le nom de « Papa », il pensa à son projet. Alors, son père s'en fut très loin, et il sourit franchement. Au moins, ce projet avait la capacité indéfinie de le rendre heureux. Il suffisait qu'il effleure sa conscience pour que tous ses soucis s'envolent.
Ah… Son merveilleux projet. Si il réussissait, il n'y aurait rien de plus réussi sur terre.
Le rocker demanda :
-Qu' est-ce qui vous est arrivé là bas ?
-Oh… Je crois que vous connaissez tous l'histoire. La présentation du missile, la troupe d'Afghan…
-Est-ce que vous avez eu peur, dans la grotte ? S'enquit le hippie.
-Dire qu'on n'a pas peur serait une preuve flagrante d'imbécillité. Ce n'est pas qu'on a peur : c'est qu'on est terrifié. Autour de vous, des gens que vous ne connaissez pas parlent des langues que vous ne comprenez pas vous ne savez ni où vous êtes, ni quel heure il peut être. Les jours disparaissent, les mois aussi… C'est un bouleversement total. Au début, on est sur ses gardes au point de ne pas fermer l'œil. On n'est plus guidé par un sentiment humain, mais par l'instinct de survie. C'est une… horrible expérience.
-Quand est-ce que vous avez retrouvé le sommeil ? Demanda Anne.
-Je ne l'ai jamais perdu, en fait. Durant la phase « ne pas fermer l'œil », j'étais malade en permanence. Vous savez, quand vous vous réveillez, vous rendormez, et vous réveillez encore, comme si vous sortiez d'un cauchemar. Et bien, mon cauchemar était juste réel.
-Il y avait quelqu'un avec vous, se remémora Anna. Le docteur Yinsen, c'est cela ?
-C'est cela, approuva il. Un homme remarquable. Il était gentil, brillant, habile, et drôle parfois. Je l'avais rencontré deux fois avant cela. Une fois en Suisse, pour le nouvel an, et une autre fois à Berlin. Et les deux fois, je n'ai pas été foutu de le saluer. Parfois, reprit il avec un soupir, on passe à côté de personne incroyable pendant des années, avant d'enfin réaliser la chance qu'on a.
-Monsieur Stark, l'appela Anna.
-Quoi ?
-Vous avez les yeux qui brillent.
Certes, il pensait à Pepper en disant cela. Mais aussi à Rhodey, Happy et Yinsen. Souvent, après son évasion, il s'était imaginé travaillant sur la MARK2 avec le chirurgien. Mais ce n'était que des beaux rêves, et il le déplorait. Pourquoi était-ce Yinsen qui était resté là bas ? Pourquoi pas lui ?
Parfois, il se disait que si il était mort dans cette grotte, il n'aurait manqué à personne. Ni à Rhodey, qui aurait été soulagé d'un poids considérable, ni à Pepper qui n'aurait plus eu de gamin à gérer, ni même à qui que ce soit d'autre. Mais plus maintenant. A présent, il savait que si il disparaissait, cela ferait beaucoup de mal à beaucoup de monde. A Pepper, d'abord, à Rhodey ensuite, à Banner, à Happy, à Fury, à Steve, à Thor, et il était à peu près sure que Natasha lâcherait une petite larme.
Oui, à présent, on se souviendrait de lui.
Il reprit :
-D'autres questions ?
-Quand vous êtes rentré aux Etats Unis, fit le hippie, qu'elle est la chose dont vous avez eu le plus envie ?
-Un cheese burger !
-Vous mentez, monsieur.
-JARVIS, soupira il, je ne t'ai pas sonné.
-C'était quoi JARVIS ? Demanda Anna.
-Retrouver mademoiselle Potts, mais je crois que lui même ne le savais pas.
Il y eu des éclats de rire. Tony sourit doucement, réalisant que le sujet principal de ce cours n'avait jamais été la Technologie futuriste, mais bien Pepper. Sa perfection.
Miss pâquerette lança un « Bonzaï ! » et elle fut interrogée. Se raclant la gorge, elle demanda :
-Durant votre absence, est-ce que gérer l'entreprise a été difficile ?
-Je n'en sais rien, il faudrait demander à Pepper…
-Je peux l'appeler monsieur, si vous le désirez, signala JARVIS.
Avant même que le génie n'ait put ouvrir la bouche, ses élèves s'étaient levés en hurlant de grands « Ouais ! ». Une minute plus tard, Pepper apparaissait sur l'écran géant, en webcam. Derrière elle se trouvait son bureau impeccable, rangé et propre, d'un joli beige.
Haussant un sourcil, elle s'enquit :
-Tony ? Pourquoi tu m'appels en plein cours ?
-Raison pédagogique, avoua il. Est-ce que s'occuper de Stark Industrie a été compliqué pendant mon épisode « Afghanistan » ?
-A ton avis ? Je me suis retrouvé à la tête d'un empire, et je n'étais qu'une servante de l'Empereur !
-Ça veut dire oui, simplifia il.
-Si tu m'appels encore pour le projet…
-Le projet n'a rien à voir là dedans ! On verra ce soir.
-Vous êtes au courant pour le projet ! S'exclama le rocker. Dites nous ce que c'est, s'il vous plait. Monsieur Stark refuse de nous en piper mot.
-Je ne dirais rien. Bon, a ce soir.
-Je t'aime, souffla il.
-Moi aussi.
A ces mots, Pepper raccrocha, laissant la classe dans un silence de cathédrale. Le génie, un sourire aux lèvres, gardait en tête l'image de sa dulcinée. Rien à faire, elle était bien plus en vrai que dans ses souvenirs.
Finalement, le hippie demanda :
-On peut vous parler d'Hammer ?
-Allez y.
-C'est vrai que votre père connaissait Vanko père ?
-Ils s'étaient rencontré, avoua il.
-Et qu'il a fait se retourner WarMachine contre vous ? S'enquit le rocker.
-Ce n'est pas WarMachine, c'est Iron Patriot.
-Mais il est nul ce nom !
-Je suis bien d'accord, mais « WarMachine », ça faisait trop guerre pour le gouvernement.
-Bref, et comment avez vous fait pour lui faire reprendre ses esprits ? Demanda Anne.
-Quelqu'un m'y a aidé en piratant le système de Vanko.
-Et après ? Demanda Anne. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Après ? Après il était allé embrasser Pepper sur le toit d'un immeuble. Caché du monde, comme deux adolescents. Le soir venu, ils auraient certainement put faire l'amour, mais s'étaient endormi dans le canapé avant, éreintés de tout ce qu'ils venaient de vivre. Le lendemain, il avait trouvé Pepper dans ses bras pour la première fois, et avait depuis refusé de la laisser s'en aller.
Il mentit donc :
-Je suis allé voir la police, et j'ai tout raconté.
-Et New York ? S'enquit le rocker. Vous pouvez nous en dire deux mots ?
-Pourquoi pas ?
-Qu' est-ce qu'il y avait de l'autre coté du portail ? Demanda Anna.
-Des méchants Aliens.
-C'est vrai que Thor est un dieu ? S'enquit miss pâquerette. Par ce que, c'est mathématiquement impossible.
-Thor est un dieu, confirma il.
-Le Captain à vraiment dormi pendant quatre vingt ans ?
-Et oui.
-Que Hulk n'est pas méchant ?
-C'est la pure vérité.
-Et quelle est l'organisation qui vous supervisait ? Demanda Anna.
-Secret défense.
Finalement, le rocker posa la dernière question. Celle auxquelles il allait répondre non. Pourquoi ? Par ce que ce n'était pas lui de décider de parler de cet épisode. C'était à elle de le faire. Après tout, c'était elle qui en avait le plus souffert.
Le rocker prit la parole :
-Et Extremis ?
-Non. Je ne parlerai pas d'Extremis.
-Mais… Murmura miss pâquerette… pourquoi ?
-Par ce que ce n'est pas à moi de vous en parler.
Alors, la sonnerie retentit. Quand elle se fut tut, un silence sans nom tomba sur la salle. Aucun élève ne bougeait, et le génie n'en avait pas envie non plus. C'était incroyable le point auquel il s'était attaché à ses élèves. Il avait bien du mal à croire que, en début de semaine, il voyait ces étudiants comme une meute de primate bourrée d'hormones.
A présent, il savait à quel point il avait put avoir tord. Il y avait là des gens distincts les uns des autres, avec des cerveaux très différents, et cette diversité formait une poudrière d'amusement inépuisable. Dommage qu'il doive s'en aller.
Avant qu'il n'ait put prononcer un mot, le rocker se leva. Brandissant son poing vers le ciel, comme pour défier l'armure, il s'exclama :
-Bonzaï !
Alors, comme un virus épidémique, tous se levèrent petit à petit, levant le poing en signe de victoire. Tous criaient des « Bonzaï ! » presque comique, mais Tony sut que ça ne l'était pas. Quelque chose se contractait dans son ventre, et il savait que ce n'était pas de l'amusement.
C'était un frisson.
Lorsque tous furent debout, le poing levé, il sauta à bas de son bureau, et leva le poing à son tour. Alors, sans qu'aucun signal n'ait été donné, sans que personne ne soit mis d'accord, ils hurlèrent un grand « Bonzaï ! », qui fit trembler les fondations même de l'école.
Alors, tous éclatèrent de rire et tel une volée d'oiseau, les étudiants quittèrent l'amphithéâtre. C'était terminé. Tony prit une grande inspiration, plus triste qu'il ne l'avait imaginé. Plus jamais il ne jouerait au professeur, et jamais il n'entendrait à nouveau les « Bonzaï ! » résonner dans la salle. C'état triste.
Levant les yeux, il trouva Anna qui, un sourire aux lèvres, attendait patiemment. Se souvenant de son défi, il demanda :
-Alors, tu as trouvé ?
-Oui, avoua elle.
-Très bien. Et tu ne penses pas pouvoir te tromper ?
-Je ne me trompe pas.
Son aplomb était tel qu'il se demanda un instant si elle n'avait pas réellement trouvé. Se souvenant que son projet était –en apparence-, incompatible avec lui, il se rassura. Elle ne pouvait pas avoir deviné, ou déduit. C'était tout bonnement impossible.
Avec un sourire, toute fois, elle déclara :
-Votre nouveau projet, celui dont vous êtes si fière, qui vous rend heureux dés que vous y pensez, et qui semble énervé mademoiselle Potts…
-Oui ?
-… C'est un bébé.
Il y eu un silence tellement lourd que JARVIS se demanda combien de méga tonne de plomb il faudrait faire fondre pour arriver au bon résultat. Tony, incrédule, estomaqué, sentait ses yeux sortirent de ses orbites. Comment avait elle put deviner ? Savoir ? Imaginer ? Même : pourquoi une telle idée lui avait traversé l'esprit ?
Il ne le comprit pas. Cette fille, qui quel soit, était plus qu'une simple étudiante. C'était peut être un génie, un Alien, ou une créature d'un autre monde, mais certainement pas un humain lambda.
Revenant de sa surprise, il demanda :
-Tu es sure que tu n'es pas médium ?
-Certaine.
-Dans ce cas, comment tu as sus…
-Facile : quand vous pensez à votre projet, c'est comme quand vous pensez à Pepper vos yeux s'illuminent de l'intérieur. Tout à l'heure, en webcam, quand elle a parlé du projet, ses yeux se sont allumés aussi. Donc, ça devait être quelque chose que vous feriez tout les deux. Vous nous aviez dit que ce serait long, et c'est vrai que neuf mois à attendre peut être lassant. Quand vous avez parlé de vous, enfant, et de votre père, il y avait beaucoup de dégoût, mais aussi quelque chose d'envieux.
-Alors là… Murmura il… je suis sur le cul.
-Je n'ai pas fini. Les quatorze lettres… Ça fait exactement « J'VEUX UN BÉBÉ PEP ». Voilà. Je me trompe ?
-Sur un point, avoua il.
-A bon ? Lequel ?
-La phrase. Ce ne serait pas cela.
-Dans ce cas, murmura elle, je ne sais pas. Mais j'ai trouvé pour le projet !
-Oui… Concéda il.
-Vous serez un super papa, Iron prof.
A ces mots, elle posa une main sur son épaule, et sourit. C'était franc, et quelque peu désarmant. Elle allait s'en aller, lorsque Tony demanda :
-Anna, on a déjà estimé ton QI ?
-Si je vous dis qu'il est proche de celui d'Einstein, vous me croyez ?
Oui il croyait. La blonde, en un dernier sourire, quitta l'amphithéâtre. Là, elle aurait put aller retrouver miss pâquerette, le hippie et le rocker, mais elle n'en fit rien. Saisissant une oreillette, elle la glissa derrière une de ses mèches blondes, et déclara :
-Agent Swarck pour monsieur Fury.
-Je vous écoute, Agent.
-Je sais quel est le prochain projet de Tony Stark.
-Parfait ! Alors ? Une arme nucléaire ? Une armure surpuissante ? Vous savez que nous avons tous étaient très perturbé, quand mademoiselle Potts à dit à l'agent Romanoff qu'il préparait quelque chose.
-C'est quelque chose de bien plus surprenant que cela, monsieur. Mais bien moins dangereux. Nous n'avons pas à nous en faire.
-Parfait. Tant mieux. Qu'est-ce, au juste ?
-Oh, vous le saurez bien assez tôt.
-Bonnes études, Agent Swarck.
-Merci monsieur.
-Rompez.
Le soir venu, Tony était assis sur le canapé. Devant lui, posés sur la table basse, se trouvaient les quatorze copies frappées des lettres, un marqueur, deux coupes en cristal, et une bouteille de champagne. Il avait plusieurs choses à fêter ce soir.
Lorsque la porte s'ouvrit, il trouva Pepper qui, perchée sur ses talons, portait dans ses bras une pile de dossier qui semblait peser le poids d'une armure. Se levant, il l'aida à la porter jusqu'à son bureau. Une fois installée, ils revinrent dans le canapé, où le génie la prit dans ses bras.
Inspirant son odeur, il murmura :
-Bonsoir.
-Bonsoir. Comment ça va ?
-Super. Et toi ?
-Génial. Alors, ce dernier jour de cours ?
-Morne, avoua il. Allez, assieds toi.
La jeune femme obéit. Elle ne sembla pas surprise de voir la bouteille, mais bien plus quant aux copies. Haussant un sourcil, elle demanda :
-Qu'est ce que c'est ?
-Et bien, si mes élèves ont apprit des choses pendant cette semaine, j'en ai appris aussi. Dont corriger des copies, mais ce n'est pas trop je sujet. Juste un clin d'œil.
A ces mots, il lui donna le tas. Surprise, elle le saisit, et regarda les lettres qui, en capital, se détachaient du reste. Elle ne comprenait pas grand-chose. Comprenant qu'il devait il y avoir une ruse là dessous, elle aligna les copies sur la table, et regarda le messages qui s'en détachait.
Il était très clair : EPOUSE-MOI PEP !
Haussant un sourcil, elle demanda :
-C'est une demande en mariage ?
-A ton avis ?
-Attend, tu veux vraiment te marier avec moi ? S'étonna elle.
-Quoi ? Tu penses que ce n'est pas une bonne idée. Je pense que si. Comme cela, ta mère sera contente, ton père aussi, Rhodey sera mon témoin, et puis… mes élèves m'ont dit que leurs parents étaient, ou avait été mariés. Alors ? C'est oui ?
Soudain, un immense sourire orna ses lèvres. Elle fit doucement « oui » de la tête, avant de se jeter sur lui, et de l'embrasser. Le génie, avec un grand sourire, posa un baiser sur son front. Passant une main dans son dos, il murmura :
-J'ouvre la bouteille, et après on parle du projet.
-Ah… Fit elle… J'en étais sure.
Cela ne semblait pas lui plaire. Mais tant pis. La laissant se décoller de lui, Tony la vit retourner s'asseoir, et regarder sa demande en mariage avec un sourire. Ayant décidé de lui demander le matin même, il n'avait pas eu le temps d'aller acheter une bague, mais se promettait de le faire dés le lendemain.
Saisissant la bouteille, il fit sauter le bouchon, et regarda le liquide doré et gazeux couler doucement entre les lèvres ouvertes des coupes transparentes. Quand elles furent pleine, emplit de bulle qui riaient toutes seules, il en tendit une à Pepper.
Il se rassit, et trinqua avec elle :
-Alors, à notre mariage !
-A notre mariage, répéta elle trinquant.
Le cristal chanta quand il rencontra la coupe de l'autre. Avec un sourire, Tony but une gorgée, et regarda la rousse hésiter. Finalement, surprit, il la vit poser sa coupe sur la table basse. Désignant le marqueur, elle demanda :
-Tu peux me le donner ?
-Tu vas taguer ta demande en mariage ? Ironisa il.
-Peut être que moi aussi, j'ai des choses à te dire.
Intrigué, il lui tendit le marqueur rouge. Le décapuchonnant, elle se pencha sur les quatorze feuilles, et y inscrivit quelque chose. Lui tendant le paquet, elle déclara :
-Voilà.
-C'est pour ne pas parler du projet, que tu joues aux devinettes ?
-Peut être bien.
Saisissant les copies, le génie posa sa coupe, et les étala sur la table basse. Après avoir rajusté certaines lettres, il haussa un sourcil, et crut s'étouffer. Ecarquillant les yeux, il regarda tour à tour Pepper, les feuilles, les feuilles, puis Pepper.
Dessus s'étendait une phrase de quatorze lettres, qui était bien plus surprenante que sa demande. Lui était un génie un peu tordu, et l'avait toujours été. Mais elle ? Elle était sensé être saine d'esprit.
Devant lui s'étendait la phrase : JE SUIS ENCEINTE.
Hésitant entre hurler de surprise et hurler de joie, il demanda :
-Pourquoi tu ne me l'as pas dis avant ?
-Par ce que je voulais que tu apprennes, avoua elle.
-Que j'apprenne quoi ?
-Que tu n'étais pas comme ton père.
Il y eu un silence. Se levant, la rousse vint s'asseoir près de lui. Passant une main sur sa joue, elle plongea ses yeux dans les siens, et expliqua :
-Si tu n'en avais pas été certain, si tu avais eu le moindre doute, tu ne te le serais jamais pardonné.
-C'est pour ça que tu m'as envoyé à la Fac ? Demanda il.
-Oui. Et tu t'en es très bien tiré. Tes élèves t'ont adoré, et tu les as adoré aussi. Moralité : tu seras un papa génial.
-Mais… bredouilla il… Ça fait combien de temps que…
-Trois bonnes semaines, avoua elle.
Trois semaines… Trois semaines qu'il vivait à côté de son fils ou sa fille, sans le savoir. Comment avait il fait pour ne pas s'en rendre compte ? Trois semaines, tout de même ! Vingt et un jours. Cinq cent quatre heures. Dix huit millions, cent quarante quatre milles secondes.
Pepper expliqua :
-Quand tu m'as parlé la première fois du projet, j'ai crus que je rêvais, ou que tu étais soul. Mais il s'est avéré que non. Essaye de me comprendre, Tony : depuis que je suis petite, je veux un bébé. Et là, toi qui d'habitudes ne me parle jamais de ça, me balance un beau matin que tu en veux un. Avec moi. Alors… comme j'avais peur que tu changes d'avis, je me suis débrouillé. Ça n'a pas prit longtemps.
-Tu m'as fais un bébé dans le dos, résuma il.
-C'est plus compliqué que cela, soupira elle.
-Mais je rigole ! S'exclama il la serrant dans ses bras.
-Je suis contente de voir que tu ne m'en veux.
-Moi ? T'en vouloir ? Alors qu'on va se marier et avoir un bébé ? Et après, c'est moi qui suis tordu…
Soudain, quelque chose le frappa. Trois semaines… Mais, c'était impossible. Se redressant, il posa sur elle un regard affolé. Il s'exclama :
-On a but de l'alcool, depuis trois semaines !
-Euh… Non. Tu as bus de l'alcool. Moi je suis au vin sans alcool. C'est répugnant, mais c'était le seul moyen que tu ne te doutes de rien.
A ces mots, un soupir de soulagement s'échappa des lèvres du génie. Serrant la rousse contre lui, il passa une main dans ses cheveux, et il la regarda saisir l'autre. Elle la posa sur son ventre encore plat, et emmêla ses doigts avec les siens.
Elle déclara :
-Dans quelques mois, tu le sentiras donner des coups de pieds.
-On va avoir un bébé…
-Et oui.
-On va être parent…
-Oui.
-Je vais être Papa…
-Tony, je crois que ça te monte à la tête.
-Quand je pense que tu m'as laissé mariner pendant trois semaines.
-Il y a plein de fois ou j'ai hésité à te le dire, avoua elle.
-Tu as bien fais d'attendre.
-Vraiment ?
-Oui, murmura il. Je t'aime, Pep.
A ces mots, la rousse se pencha sur lui, et posa un baiser sur ses lèvres. Le sourire qui s'y dessinait n'avait d'égale. Se laissant aller dans les bras du génie, elle resserra l'emprise qu'elle avait sur ses doigts, et déclara :
-Il faudrait prévoir le mariage dans moins de trois mois. Je n'ai pas envie que tout le monde voit que suis enceinte.
-Ne t'en fais pas pour ça. Tu mettras une robe toute moulante, et personne ne devinera rien.
-Sauf ceux qui sauront.
-Bien sure. Sauf ceux qui sauront.
-On pourrait inviter Fury, proposa elle. Avec Natasha.
-C'est ta meilleure amie : comment veux tu qu'on ne l'invite pas ?
-Banner.
-Oh oui ! On pourrait demander à Thor, aussi.
-Tu connais son adresse sur Asgard ?
-Non, mais je suis certain que la nouvelle de notre mariage se répercutera jusqu'à sa planète.
-Et Jane ?
-Elle viendra aussi, bien sure. J'ai bien aimé discuter avec elle.
-Et… Fit elle… Je voudrais qu'on invite Steeve.
-Oh… Soupira il.
-Hep ! C'est mon mariage, je te rappel.
-Oui, c'est vrai… Bon, va pour Captain America.
-En revanche, si tu invites des relations d'affaire, je te tus.
-Tu tuerais le père de ton bébé ?
Elle eu un petit rire, avant de lever les yeux vers lui. Il y brillait une lueur incroyablement différente des autres d'un bleu presque transparent. On aurait dit une étoile. Il comprit que c'était cette chose, qui s'allumait dans leurs yeux quand ils pensaient au bébé, ou à l'autre.
Cela l'amusa. Il embrassa à nouveau la rousse, avant de glisser une main sur sa taille. Il resserra l'emprise que ses doigts avaient sur son ventre, dans l'espoir de percevoir quelque chose. Mais il savait cela impossible. C'était trop tôt. Dommage ? Non. Pas ce que jusqu'à ce que cela arrive, il serait avec sa fiancée –et bientôt sa femme-, et tant qu'ils étaient ensemble, rien de mal ne pouvait arriver.
