Ces chapitres sont terriblement longs mais tellement fun à écrire! C'est hyper marrant, je suis (mon SI enfin vous m'avez comprise) très sociable normalement, mais en supposant que j'ai des secrets aussi gros à garder, je serais quasiment sur des charbons ardents tout le temps et OUI YWENA, complètement paranoïaque! Mais il y avait de quoi! Mes informations valent des vies! Et un Mangemort psychopathe est dans l'école! Sans parler de Dumby en qui je n'ai aucune confiance!
Darboria: Oui ça va à fond la caisse, mais c'est au diapason de la personnalité d'Auré! Cette pauvre petite pense à plein de choses en même temps, elle est tellement dépassée, excentrique, extravertie et extraordinairement consciente des conséquences de ses actions que OU ça la faisait bugger, OU ça la faisait partir dans tous les sens telle une roquette nucléaire!
Ywena: Méchante avec Harry alors que justement elle adore ce type! Du moins le personnage! Et le fait de le connaître serait une mise à mort pour elle! Mise à mort de ses plans évidemment. Non mais elle est trop marrante Auré. C'est une personne très solaire normalement et là elle a carrément la personnalité d'une tsundere. xD
titietrominet27 : Horrible est le mot! En fait c'est une théorie que j'ai depuis un moment! Harry a des visières mais en voyant barty s'éclater à torturer l'araignée devant Neville, je me suis dite, et si il était allé faire le con avec d'autres élèves de façon sadique dans le reste de l'école? Oui cette situation est abusée car il a une couverture, mais Dumby est pas très regardant au niveau des élèves, les profs sont débordés donc un petit coup d'Imperium... Vu qu'il y a de la maltraitance partout dans ce bahut de fou, ce serait presque passé inaperçu car les Poufsouffles prennent soin des leurs... Auré a juste pas eu de bol (ou pas) qu'Harry soit passé par là.
LadyScatty: Merci de m'aimer, enfin d'aimer Aurélia HAHA xD Son groupe de potes est assez soudé c'est clair, on va se concentrer sur les Poufsouffles dans ce chapitre, mais les autres vont rejoindre la fête. Promis. :)
Chapitre 02 : I tried to drink it away.
Septembre
J'étais rentrée dans le château sous les regards à la fois abasourdis et choqués des élèves et avais miraculeusement réussi à ne pas croiser les professeurs. Vu que c'était le weekend, les autres étaient tous dans les salles communes, se promenaient dans le parc ou faisaient leurs devoirs dans la bibliothèque ou une salle de classe disponible. J'avais la chance d'avoir ma salle commune non loin de l'entrée, juste au premier sous-sol, ainsi j'y entrais rapidement.
Tous les Poufsouffles se sont littéralement figés en me voyant. Susan discutait avec Zacharias Smith et Ernie McMillan, Jo était aux cotés de Zelda Corassan, sa dernière conquête et Cédric était assis sur une table en parlant à des première année qui lui demandaient conseil. Le silence fut terrible. J'étais encore échevelée, ma robe déchirée, une chaussure en moins, les yeux hagards et ma main serrant ma baguette comme si ma vie en dépendait. Susan se leva doucement et s'approcha de moi :
« - Aurélia ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Je dit rien. Mon adrénaline était enfin retombée et je n'avais plus de patience ou de retenue. J'étais sur le point de m'effondrer mais je me refusais à le faire au milieu de la salle commune. Cédric sembla l'avoir compris. Il me caressa l'esprit avec le sien pour voir que toutes mes défenses étaient dressées et prêtes à éclater quiconque essayait d'entrer dans ma tête.
« - Aurélia, dit-il, va prendre une douche. »
J'hochais la tête mécaniquement et sitôt que je posais le pied hors de la salle commune, je pus entendre des vociférations virulentes venant des élèves, dont la voix de Susan qui éclata comme le tonnerre.
La salle de bains des Poufsouffles était d'une beauté telle que je voulais exactement la même dans ma future maison. Elle était divisée en coté garçon et coté fille. Le coté fille avait dix compartiments avec de grosses baignoires ayant l'air de bacs fait en bois. Un énorme pommeau de douche était incrusté au-dessus et faisait tomber l'eau comme une pluie de mousson. Dans le bac des petites ouvertures laissaient entrer des huiles essentielles et du savon à la vanille, amande douce ou coco avec des robinets en cuivre pour remplir le bac afin d'avoir un simple bain.
Les compartiments étaient séparés par des tentures en gros tissu couleur beige et se fermaient par une porte coulissante qu'il était possible de bloquer. Des crochets en cuivre sur les cotés permettaient de suspendre ses affaires. Je me déshabillai, lançant ma robe à présent inutile à travers mon compartiment. Je posai ma baguette puis ouvris les robinets en cuivre pour laisser entrer l'eau tiède. J'y plongeai les pieds et m'assis doucement en collant mon dos contre la paroi en bois. Les huiles essentielles se mélangeaient et embaumaient l'air. Je fermai les yeux alors que l'eau montait progressivement jusqu'à ma poitrine. Il n'y avait personne d'autre que moi dans la salle de bains, l'écho de l'eau était mon seul compagnon.
Alors je me laissai aller. Je fondis en larmes, mes genoux ramenés sur mon ventre, en hurlant presque. J'avais promis de ne plus être cette fille. J'avais 25 ans. Et pourtant... J'étais revenue à la moi de quatorze ans. Celle qui s'était vue balancée dans une poubelle au collège car elle était trop intelligente. Celle qui était mal dans sa peau. Celle qui n'arrivait toujours pas à avoir confiance en elle. Le contrôle était tout ce que j'avais. Tant que je restais seule, je pourrais contrôler ce qu'il se passerait mais...
C'était juste dur, car je n'avais jamais été asociale. Au contraire.
Quel bordel, pourquoi avait-il fallu que je sois transportée à Poudlard en pleine préparation de guerre ? On pouvait pas me balancer là-bas bien après ?!
Je restais dans le bain pendant de longues minutes qui me semblèrent être des heures. Sentant la vanille comme si on m'avait versé une bouteille de parfum sur la tête, j'empoignai ma robe de chambre, ma serviette pour les cheveux et sortis de la salle un peu plus légère.
Quand j'entrai dans le dortoir j'eus la surprise (ou pas car très franchement je m'en doutais) de voir Jo m'attendre sur mon lit. J'étais encore vêtue de ma robe de chambre. Jo me regarda avec une expression marquée par l'inquiétude qui tranchait avec celles qu'il me montrait depuis que j'avais mis les pieds dans le château. Adieu la méfiance. Du moins pour le moment.
Sans un seul mot, je me dirigeai vers le placard que je partageais avec Jessica, une camarade de chambrée un chouia trop superficielle pour moi. J'ouvris un tiroir et empoignai des sous-vêtements. Jo eut le bon goût de rougir et se retourna par respect. Je soupirai et, après avoir mis mes sous-vêtements en gardant ma robe de chambre, j'ouvris un autre tiroir et enfilai un large sweat-shirt couleur gris souris et un short de sport. Puis, en ignorant royalement sa présence, j'empoignai ma couette et me glissai en-dessous.
Jo se tourna alors et s'approcha de moi. Il effleura mon épaule de sa main, mais la retira vite comme brûlé au cinquantième degré quand il s'aperçut que je me recroquevillais sous le contact.
« - Auré...
J'avais fermé les yeux. Tout ce que je voulais, c'était dormir.
« - Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Je voudrais dormir en paix. Ferme la porte en sortant.
- Aurélia.
- Laisse-moi tranquille, Jonathan. »
Je sentis son poids se déplacer vers moi avec hésitation puis enfin disparaître. J'ouvris mes yeux un court instant, assez bref pour voir son dos dans l'encadrement de la porte de ma chambre. Il ferma lentement la porte. Je me saisis de ma baguette et, en l'agitant, je fermai les rideaux jaunes ce qui plongea la pièce dans les ténèbres tamisées.
Je passais tout le reste de la journée sous ma couverture, comme dans un cocon. Je sentis la porte s'ouvrir quelquefois. Peut-être une main me toucher les cheveux. Mais le silence total. Un sommeil sans rêves.
Je ne descendis pas dans la Grande Salle pour le diner, car je ne voulais pas croiser le Gryffondor aux lunettes rondes, mes agresseurs ou Fol Œil. J'avais besoin de me cacher. Je dormis sans interruption jusqu'au milieu du Dimanche après-midi où j'émergeais enfin. Je regardai autour de moi et découvris un panier rempli de gâteaux, de sandwichs et une gourde en métal remplie d'eau. Un petit mot y était glissé :
« - S'il te plaît. Mange quelque chose. Les Poufsouffles. »
Je ne pus réprimer un faible sourire alors que j'ouvrai la gourde pour y boire.
La tentative de viol que j'avais subie avait eu le mérite de m'ouvrir les yeux. La violence était réelle dans Poudlard. Je me doutais bien que ce ne serait pas une partie de plaisir car des assassins en puissance dormaient entre les murs en attendant que l'autre crétin soit de retour. Beaucoup de fanfics avaient exploré les côtés les plus sombres de l'école, mais là... j'avoue que je tombais de haut. Etonnement, alors qu'on penserait que les Poufsouffles seraient des cibles parfaites, c'était en fait tout le contraire. Oui cette maison mettait trop Dumby sur un piédestal, oui ils étaient idéalistes et parfois naïfs... Mais si tu attaquais un blaireau, t'en avais une marée qui t'attendait au tournant.
Ce n'était pas le cas des Gryff qui se foutaient de ta gueule quand tu revenais blessé car c'était la « honte », des Serpentards qui n'étaient pas des attaquants mais plutôt des personnes qui agissaient dans l'ombre, et des Serdaigles, qui étaient les individualistes devant l'éternel. Voilà pourquoi les attaques étaient toujours isolées. J'aimais la solitude mais ce n'était maintenant plus possible de rester seule dans un couloir ou à l'extérieur du château. Il n'y avait donc pas trente-six milles solutions.
J'allais devoir apprendre à me battre. C'était déjà une partie prenante de mes projets mais ma détermination avait réapparue. J'avais l'intention d'empêcher une guerre. Si je ne pouvais pas m'occuper de repousser trois pantins, je n'allais pas faire long feu. J'avais osé ouvrir ma grande gueule dès mon retour, et maintenant j'étais sur la ligne de mire des futurs Mangemorts et du Mangemort en chef qui se gargarisait de m'avoir fait la peur de ma vie. Ainsi, ce n'était plus virtuel. Ce n'était plus une simple histoire dans un livre. C'était ma réalité.
Il était temps de dire bye-bye à la moi fumiste et de me concentrer sur l'essentiel. Sauver le monde sorcier, Harry Potter, mes potes et MOI-MÊME.
Je mordais furieusement dans mon sandwich en empoignant mon carnet de notes offert par Funi. J'avais déjà écrit des plans, des observations sur Harry Potter et son entourage, sans parler du mien. Une liste était présente sur la page du début, entourée par un gros trait violet et des autocollants en forme de papillons que j'avais trouvé dans mon bureau à la maison. Une liste que je comptais barrer le plus vite possible. Le premier point était absolument vital et j'étais maintenant décidée à m'en occuper.
Le lundi matin, je rassemblai mon courage et partis en cours de Métamorphose après avoir mangé la pomme qui restait dans mon panier de survie.
« - Aurélia !
Je me retournai pour découvrir mon frère qui se précipita vers moi dans sa robe noire, rouge et or. Je lui souris gentiment.
« - Salut Louis.
- C'est vrai ?
Il avait l'air en colère et prêt à commettre un meurtre. Je vis derrière lui des personnes de sa promo l'attendre avant d'aller en cours. Une fille rousse d'une beauté réelle aux cotés d'une autre aux cheveux blonds cendrés et aux chaussures dépareillées étaient avec le reste de son groupe. Je regardai mon frère en tiltant finalement. J'avais complètement oublié que Louis était dans la même promo que Ginny Weasley. Flûte.
- De quoi tu parles ?
- Ne commence pas. Toute l'école en parle, gronda-t-il. Il paraît qu'on t'a même...
Il s'interrompit et déglutit. Il ne voulait pas savoir mais se forçait.
« - Est-ce que c'est vrai ?
Je jaugeai son regard. Louis allait faire une chasse aux sorciers et attaquer sans retenue les personnes qui m'avaient attaquée. Je le connaissais. Il n'avait aucun self-control.
- C'est faux, déclarai-je. Je suis tombée dans les bois alors que je remontais le sentier en revenant du Lac.
- Tes vêtements étaient déchirés.
- En tombant dans un buisson. J'étais dans le petit bois qui borde le Lac.
- Tu n'avais pas de chaussures.
- Elles étaient trempées par l'eau du Lac. Ça valait pas le coup.
- Tu étais blessée.
- J'ai des pansements là ?
Je lui montrai mes bras et mes jambes. Rien du tout. J'avais fait en sorte de faire effacer ça par une camarade de chambrée qui le fit sans aucune question (pour une fois).
- Tu peux même aller voir Pomfresh pour vérifier.
Louis m'observa circonspect.
« - Si tu me mens...
- Je sais, tu me balanceras un sort, soupirai-je.
Louis se figea et me regarda, une petite étincelle dans le regard. Une étincelle d'espoir.
- Tes souvenirs... ils reviennent ?
Je secouai la tête. Louis baissa la sienne.
« - Si tu as des problèmes...
- Y'en aura pas.
Louis leva un sourcil mais se détourna pour rejoindre ses camarades. Je vis Ginny Weasley me jeter un discret regard alors que je partais.
Mon mensonge à Louis fit le tour du château avant le déjeuner. On me laissa en paix en cours de Métamorphose et Jo ne fit aucune remarque. Il lança même un regard si noir à Eddie qu'il n'essaya pas de m'approcher pour connaître les détails sordides.
Vu que le cours de Métamorphose était surtout de la théorie et de la biologie animale pour maîtriser le sortilège de disparition, il sembla extrêmement long. Je sentis les regards de mes chers camarades se poser sur ma nuque alors que j'écrivais avec ma plume (mon stylo-bille me manquait).
Puis en sortant de classe, j'en entendis certains rigoler et se moquer sur mon passage, mais cela ne me fit rien, tant que l'on me laissait en paix. Barty m'avait arrêtée dans les couloirs pour savoir si les « rumeurs » d'agression étaient « fondées ». Je n'eus aucun mal à simuler mon trouble car j'étais vraiment troublée. Je vis les commissures de ses lèvres tressaillir alors que je tremblais en prétendant que tout allait bien. Sitôt que j'aurais le dos tourné, il irait sans doute éclater de rire dans une salle vide.
Le côté positif était que, vu qu'il pensait m'avoir dans sa poche, il allait sans doute se concentrer sur sa mission mais je devais rester vigilante.
Le cœur lourd, j'allai dans la Grande Salle en priant pour que cette journée finisse aussi vite que possible, mais les regards insistants du reste des élèves étaient de trop. Je marchai à travers une allée pour m'asseoir à la table des Poufsouffles à coté de Cédric.
« - ça va mieux ? S'enquerra-t-il.
- Passe-moi les tomates. »
Il fronça les sourcils mais me passa le plat de tomates fraiches que j'assaisonnai avec de l'huile d'olive, du sel et du poivre. Je mangeai en silence alors que des élèves me regardaient, assis aux autres tables, sans aucune discrétion. Julia et Barb qui mangeaient avec leurs maisons me lançaient des coups d'œil inquiets mais je les ignorai. Je me détournai vers l'entrée histoire de ne plus voir les regards insistants et vit Harry entrer, suivi par Hermione et Ron. Ils semblaient en grande discussion. Harry riait alors que Ron faisait le zouave. En temps normal, j'aurais moi aussi souri... Harry sembla chercher quelque chose ou quelqu'un dans la Grande Salle, il tournait la tête en promenant son regard sur les tables pour finalement s'arrêter sur moi. J'en laissai tomber ma fourchette dans mon assiette. Les gens qui m'observaient le remarquèrent de suite, dont Cédric à mes côtés. Harry semblait hésiter à venir me voir. Hermione et Ron semblaient perdus et me regardèrent aussi. Je vis rouge et me levai brusquement de la table, surprenant Cédric:
« - Auré.. ?
Je passai mon sac en bandoulière et traversai la Grande Salle en grandes enjambées, digne et plongée dans le mutisme. J'étais tellement concentrée sur mon but (soit quitter ce climat anxiogène), que je ne me rendis pas compte qu'Harry s'était précipité à ma suite, sous les regards choqués de toute l'école.
Je décidai d'aller à ma salle commune pour éviter tout contact jusqu'au cours de Potions quand il me prit le bras.
« - Ruva...
Je récupérai mon bas en tirant d'un coup sec.
« - Qu'est-ce que tu veux ? Dis-je d'une voix assassine.
Harry fit un pas en arrière sous la violence de mon ton, mais resta calme et mesuré malgré la pointe d'hésitation dans sa voix.
« - Je voulais savoir si...
- Potter, es-tu si stupide que ça ? Le coupai-je. Est-ce que ton cerveau débile de Gryffondor est incapable de comprendre quand je te dis de ne pas te mêler de mes affaires ?
Il fronça ses sourcils.
« - Trois personnes t'ont agressée dans le champ de citrouilles dont un Gryffondor, répliqua-t-il d'un ton froid. C'est difficile à ignorer.
- Je me fous de tes états d'âme ! Explosai-je. Ce ne sont pas tes affaires Potter ! Je ne veux pas de ton aide, je ne veux même pas te parler ! Laisse-moi tranquille !
Harry ouvrit la bouche mais des murmures résonnèrent derrière nous. Certains élèves nous avaient suivis pour voir ce qu'il se passait, dont Cédric qui avait l'air très inquiet, aux cotés de Susan et Jo. Je fermai les yeux, fatiguée. Il foutrait en l'air le canon si je n'enterrais pas cette histoire tout de suite. Harry avait aussi remarqué les autres élèves. Son expression s'assombrit.
« - J'ai trouvé un livre. « Magie de l'esprit avancée : Labyrinthe mentaux. » C'est une bonne lecture.
J'ouvris les yeux et le regardai avec surprise. J'avais effectivement eu du mal à retrouver ce livre.
« - Rends-le moi, ordonnai-je, il appartient à ma maison.
Harry me lança alors un sourire goguenard qui me rappela que le Choixpeau avait failli l'envoyer chez Serpentard pour une bonne raison.
«- Si tu le veux, viens le chercher. »
Puis il s'éloigna de moi et rejoignit Ron et Hermione qui l'attendaient devant la Grande Salle. Cédric, Susan et Jo m'interrogèrent du regard, mais j'étais déjà repartie.
Le soir même, j'écrivis une lettre pour Funestar et l'envoyai par hibou de grande vitesse en lui demandant de me voir le plus vite possible. J'avais vraiment besoin de ses lumières.
J'évitais tous les élèves de ma promo pendant les jours qui suivirent, toujours murée dans le silence. Jo avait renoncé à me faire parler, attendant que je le fasse de moi-même. Je restais souvent en compagnie de Barb ou Julia qui étaient bien plus calmes et très souvent à la bibliothèque ce qui m'arrangeait bien. Je travaillais exclusivement sur mes cours de rattrapage en Astronomie, en Arithmancie et en Runes. J'avais pris quelques livres de formation accélérée pour rattraper plus vite et libérer mes dimanches. Barb et Julia ne disaient rien, mais me voyaient concentrée et complètement immergée dans mon travail, ce qui inquiétait le reste de ma maison. Sans parler du fait que je mangeais peu. Louis avait essayé plusieurs fois de me parler mais je l'envoyais balader de façon sèche si bien qu'il en était vexé.
Mon jeudi après-midi était libre avant l'Astronomie et je préférai rester seule dans la salle commune à lire et avancer les Runes. Quelqu'un m'arracha le livre des mains, j'allais protester quand je découvris Jo qui me regardait avec une grande irritation :
« - ça suffit, tonna-t-il, ça fait quatre jours qu'on te voit te détruire. Tu as l'air d'un fantôme.
- Tu exagères...
Je me vis interrompre par un miroir placé juste devant moi et je dus reconnaître qu'il avait raison... Mes cernes étaient effrayantes, ma peau mate était plus pâle que la normale et couverte de rougeurs comme si je n'avais pas vu le soleil depuis un petit moment.
« - Jessica, Estelle et Polly m'ont dit que tu travaillais toute la nuit sur tes devoirs. Tu es en train de te tuer à la tâche Auré.
- Je vais bien, Jo.
- AURELIA, hurla-t-il si fort que le reste de la salle commune se tourna vers nous. Tu ne vas pas bien ! Tu refuses d'aller voir Pomfresh pour avoir des potions de sommeil ! On a l'impression que tu es sur le point de t'effondrer et personne n'arrive à te parler ! Même Rogue n'a pas dit un mot de tout le cours lundi.
Il était vrai que le cours de Potions avait été exceptionnellement calme.
« - Personne n'est dupe. S'il te plaît... Laisse-nous t'aider.
Il avait dit ces dernières paroles d'une voix tremblante. Je regardai autour de moi. Les autres Poufsouffles s'étaient rapprochés de moi avec le même regard inquiet. Je sentis ma lèvre trembler... Je ne voulais pas pleurer mais...
Je ne pus l'empêcher.
Jo se précipita vers moi et me souleva pour me serrer dans ses bras alors que je m'effondrai. Un Poufsouffle de troisième année s'empara d'un plaid et me couvrit avec. J'entendis des sixième année parler entre eux, et un sortir en courant de la salle commune. Il revint rapidement avec une tisane remplie de miel et une potion calmante. On me força à boire les décoctions. Jo me tenait toujours sur un fauteuil de la salle commune. Cédric revint en parlant d'une voix basse :
« - J'ai parlé au professeur Chourave. Elle est dispensée de cours jusqu'à la semaine prochaine.
J'entendis sa voix à travers la nébuleuse qui s'était mise en place dans mon esprit et sentis sa main me toucher la joue.
- Son esprit est toujours protégé mais ses défenses sont friables... Je ne sais pas ce qui l'a poussée à apprendre l'Occlumencie, mais pour qu'elle soit blindée même en dormant... C'est mauvais.
- Elle a dit que c'est son Psychomage qui l'a imposé... soupira Jo. Mais j'en doute.
- Tout le monde pense la même chose que toi... Mais pour l'heure, il faut être vigilants et l'entourer. J'irais parler à Potter demain matin. Il a l'air d'en savoir plus, décida Cédric.
Quoi ? Non, voulus-je répondre, mais ma bouche était pâteuse et j'étais tellement faible...
« - Je l'emmène dans sa chambre, on fera des rondes. Jessica commencera. »
Sur ce, je sentis qu'on me soulevait et les ténèbres s'infiltrer pour me noyer dans un sommeil sans rêves.
Je me réveillai après ce qui me sembla être un long sommeil et découvris Susan assise à mes côtés, son livre de Défense ouvert sur les jambes. Elle me sourit chaleureusement alors que je me redressais.
« - Bonjour, tu as bien dormi ?
- Il est quelle heure, demandais-je d'une voix ensommeillée.
- 20 heures passées.
J'ouvris les yeux ronds, je n'avais dormi que cinq heures ? Susan remarqua ma surprise.
« - On est samedi. Tu as dormi deux jours sans interruption.
Cette fois, j'ouvris grand la bouche alors qu'elle soupirait en fermant son livre.
« - On s'est relayé pour s'occuper de toi. Tu as eu une poussée de fièvre avant-hier. Charlotte Jewel en septième année a fait de la Pimentine et doublé ta dose de potion de Sommeil sans rêve sous les conseils de Pomfresh.
Je me tendis, Susan posa sa main sur mon épaule pour me rassurer.
« - Du calme. On sait que tu ne voulais pas aller à l'infirmerie. Les préfets ont pris les choses en main.
Un court silence passa. Sans que je ne puisse le contrôler, je m'approchai de Susan et l'entourai de mes bras. Elle fut légèrement surprise par cet élan d'affection mais y répondit avec chaleur.
« - On ne te forcera pas à nous dire ce qu'il s'est passé, mais tu peux compter sur nous pour prendre soin de toi. C'est comme ça à Poufsouffle.
Je m'esclaffai. Cette maison avait certainement une réputation de bisounours mais maintenant je savais d'où ça venait.
Mon ventre gargouilla comme pour m'approuver et Susan laissa échapper un rire.
« - Allez viens, on va voir les elfes. »
Il n'y avait presque personne dans la salle commune car ils étaient tous au dîner. Susan m'indiqua alors que je m'habillais d'une robe-pull que j'avais reçu du courrier. J'ouvris la lettre avec impatience en découvrant le sceau de Funi :
Chère Aurélia,
Par la barbe de Merlin, comment osez-vous écrire un mensonge aussi évident en croyant que je ne m'en rendrai pas compte ? Je suis un chercheur pour les Mystères. Je peux analyser les écritures sans même jeter un sort de comparaison. J'ai vu que votre main tremblait, que vous aviez écrit de façon frénétique et pressée. Vous avez été agressée par un Mangemort désaxé et assez inconscient pour appliquer le sortilège de l'Impérium sur des élèves au nez et à la barbe si j'ose dire de Dumbledore. Dans Poudlard même ! Qui est censée être la forteresse du monde sorcier !
Je ne peux malheureusement pas te voir plus tôt, pris par mes responsabilités au département ainsi que nos recherches parallèles. Je comprends que vous ne vouliez pas voir l'infirmière mais par Merlin, je vous en conjure, prenez soin de vous. Mangez équilibré. Hydratez-vous, et s'il le faut parlez à vos amis. Les Poufsouffles sont une maison soudée, certes vous ne pourrez leur donner des détails mais vous serez protégée.
J'admets aussi que vous ne souhaitiez pas dénoncer Croupton pour que nos chances de capture et de faire tomber Lord Voldemort soient les plus grandes possibles, mais cette agression n'est pas du tout acceptable. Ainsi, je vous propose un pacte que je détaillerais quand nous nous verrons le premier samedi d'Octobre, mais en voilà la première ligne.
Vous êtes jeune. Même si vous avez 25 ans d'intelligence, vous avez le corps d'une enfant de quatorze ans bientôt quinze ainsi, vous êtes faible. Votre magie n'arrivera à maturité qu'à 17 ans, c'est un fait. Vous défendre contre des Mangemorts entraînés alors que vous commencez à peine votre immersion dans le monde magique malgré vos connaissances est suicidaire.
Baissez la tête, ne vous faites pas remarquer. Si Croupton essaie de vous toucher encore une fois, je m'occuperais de son cas et qu'importe la suite des évènements, par la baguette de Morgane, nous nous en sortirons.
Sachez que votre santé est ma première priorité, nous avons des longueurs d'avance dans le ce combat. Ne l'oubliez jamais.
N'essayez pas de me mentir quand nous nous verrons. C'est inutile et une perte de temps.
Avec toute mon affection,
Funi.
PS : Ne faites aucun commentaire. Oui, j'ai accepté votre absurde diminutif. Mais je vous interdis de le dire à qui que ce soit d'autre. J'ai une réputation que je compte conserver.
Je souris, émue après la lecture et comme toujours la brûlai d'un coup de baguette. Susan m'attendait à la porte quand des pas précipités résonnèrent dans le couloir :
« - Elle est réveillée ? Dit la voix essoufflée.
- Oui, Jo rigola Susan, elle va bien, nous allions manger...
Elle fut poussée par Jo qui se précipita vers moi et manqua de me faire tomber alors qu'il me serrait dans ses bras.
« - Pourquoi faut-il que tu te réveilles quand je prends une douche ? Ronchonna-t-il. Susan ne mérite pas ce moment.
- Hey, fit la concernée d'une voix outragée. »
Je m'esclaffai alors qu'il me penchait à droite et à gauche en me serrant puis me regarda et inspecta mes yeux.
« - Où sont tes lunettes ?
- J'en ai pas besoin alors je les ai laissées de côté, répondis-je avec un léger sourire.
Jo sourit en retour alors qu'il m'inspectait le visage sous toutes les coutures.
- Pas de cernes, peau revigorée... La patate ?
- Je mange d'abord, je te dis après.
- On allait aux cuisines, intervint Susan.
Jo me pris par les épaules.
« - Parfait ! Je voulais un encas, le déjeuner ne m'a pas calé.
- Un déjeuner de Poudlard ne te cale pas ? Rit Susan, dit ça devant les elfes et ils risquent de jeter leur tablier par terre, insultés par ton culot.
- J'ai pas trop mangé car je ne voulais pas laisser la princesse endormie seule.
Je rougis sous la déclaration. Quel joli cœur...
« - Et Zelda ?
- On a rompu, dit-il d'une voix dégagée. Je ne reste pas avec une fille qui ne comprend pas qu'il y a des priorités.
- Du genre ?
- Potes avant nénettes. »
Susan chatouilla la poire verte de l'entrée de la cuisine qui se transforma en poignée. Tous les autres étant au dîner, nous nous retrouvâmes en plein coup de feu. C'était juste impressionnant, on aurait dit une cuisine de grand restaurant en pleine frénésie, avec de la magie pour aller encore plus vite. Une elfe apparut si vite devant moi que je crus qu'elle s'était téléportée. Elle s'inclina en face de moi, Susan et Jo et se présenta. Elle s'appelait Seri.
« - Les petits maîtres ont besoin de quelque chose ?
Je fronçai les sourcils au mot « maîtres », étant farouchement opposée à l'esclavage de ces créatures mais ne relevai pas.
Susan sourit largement avec bienveillance.
« - Nous avons faim et ne voulons pas aller manger dans la Grande Salle, pouvez-vous nous mettre un peu de nourriture de coté ? Nous mangerons ici-même.
Seri hocha la tête et claqua des doigts. En un geste, une petite table rectangulaire du bout de la salle se rapprocha et trois chaises la suivirent. Trois couverts apparurent, ainsi qu'une grande carafe de jus de citrouille et une autre d'eau de source. Nous nous assîmes et c'est en découvrant les victuailles que je réalisai à quel point j'avais faim. Jo grogna presque de plaisir en mordant dans une part de quiche lorraine, alors que je m'étais précipitée sur les pommes frites et la salade verte. Susan avait choisi de manger du ragoût de bœuf accompagné de riz basmati. Les elfes nous traitaient comme des messies malgré leurs occupations, et nous remplissaient les assiettes quand nous réclamions une deuxième portion. Je vis Dobby parler discrètement à une elfe. Je me rappelai alors de son identité. Winky.
Nous finîmes le repas complètement remplis et soupirèrent d'aise, puis sortîmes de la salle pour rejoindre nos dortoirs. Je fus accueillie avec enthousiasme par les autres élèves qui étaient revenus de la Grande Salle entre temps, et serrée dans les bras de mes camarades de chambrée. Seul Cédric restait un peu en arrière avec un sourire forcé et un regard préoccupé. Les autres voulurent faire une petite fête en mon honneur mais je refusai et préférai aller me recoucher pour aller étudier le lendemain dans la bibliothèque. Susan et Jo se proposèrent de m'accompagner et prévinrent nos amis dans les autres maisons. Je souriais et remontais pour me coucher quand Cédric se rapprocha de moi et souffla discrètement à mon oreille :
« - Je veux te parler seul à seul. Demain matin avant le petit-déjeuner. 8h. »
Je levai un sourcil mais hochai lentement la tête, et entrai dans ma chambre.
Evidemment, je ne pus me rendormir car j'étais remplie d'énergie à cause de mon sommeil comateux des derniers jours. Cela me permis de réfléchir. J'étais plus légère certes, mais je devais revenir à l'essentiel de ma mission. C'est ainsi que j'eus une fulgurance et me redressai brusquement en le réalisant. J'attrapai un parchemin et écrivis frénétiquement.
Il était minuit passé et toute la maison, sauf quelques irréductibles, était endormie. Trois septième année jouaient au poker dans la salle commune et m'interrogèrent, à moitié bourrés au Whisky Pur-Feu, pour savoir où j'allais. Je prétextai une tisane et sous leur bénédiction sortis de la salle commune pour accéder aux cuisines. Les elfes étaient moins nombreux mais nettoyaient la cuisine ou préparaient le petit-déjeuner de demain. Ils ne dormaient donc jamais ? Je vis Winky comme je l'avais suspecté en train de boire de la liqueur. Seri essaya de me boucher la vue mais c'était mal me connaître et surtout trop tard.
« - Miss Ruva, vous faut-il quelque chose ?
- Navrée de vous déranger. Je dois dire que vous m'impressionnez, souriai-je.
L'elfe féminine qui s'appelait Seri rougit de plaisir sous le compliment.
« - Quand vous aurez fini, est-il possible que me vous me rendiez un service ?
- Bien entendu, répondit Seri.
- Voilà, j'ai une liste de livres (je lui donnais un parchemin) à trouver et j'aimerais que vous mes les rapportiez. Pour certains d'entre eux j'ai les titres (grâce à un index disponible dans chaque salle commune. Moi aussi je n'en revenais pas ! Mais vu la quantité de bouquins qu'il y avait dans la bibliothèque encore heureux!), mais d'autres sont des disciplines dont je cherche les ouvrages qui sont normalement conservés dans les salles communes des autres maisons.
Seri hocha la tête et jeta un coup d'œil à la liste.
- Mlle Ruva veut beaucoup de livres. Mme Pince ne voudra pas vous les prêter si longtemps.
Je m'en doute.
- Prenez une extension sur les livres de la bibliothèque pour le prochain mois (le temps que je fasse une copie de ce qui m'intéresse), je vous les rendrais la deuxième semaine d'Octobre.
Seri hocha la tête.
- J'en ai besoin pour demain si possible.
- Seri les aura, répondit l'elfe avec un grand sourire.
- Parfait ! Pourrais-je avoir une tisane ? J'ai du mal à dormir.
Seri me proposa avec enthousiasme des madeleines sortant juste du four et une verveine au miel.
« - Merci Seri ! Au fait, pourrais-je parler à Dobby ?
Le sourire de l'elfe se figea mais elle appela le seul elfe libre de Grande-Bretagne à venir nous rejoindre. Il laissa Winky avec regret mais s'inclina. J'étouffai un rire en voyant son couvre-chef et ses chaussettes dépareillées.
« - Désolée de te déranger Dobby mais j'ai quelque chose à te demander.
Dobby hocha la tête frénétiquement alors que je me penchais vers lui.
« - Peux-tu m'indiquer où se trouve la Salle sur Demande ?
Dobby sembla pâlir sous la question et se tourna brusquement vers Winky. Les autres elfes semblaient aussi très inquiets. Il trembla légèrement et sentant venir le danger, je lui pris les bras avec autorité pour le calmer et l'empêcher de se punir.
« - Vous n'allez pas vous punir Dobby, dis-je avec dureté. Vous n'avez rien fait de mal, au contraire vous êtes gentil et généreux. Soyez fier.
Le regard de Seri, empli de jugement fondit alors que des larmes apparurent dans les yeux globuleux de Dobby. Les autres elfes écoutaient d'une oreille et semblaient respecter mes paroles.
« - Je veux juste savoir où se trouve la Salle pour l'utiliser. J'en aurais besoin tous les dimanche et personne ne doit me déranger. »
Dobby hocha lentement la tête. Je lui souris avec chaleur.
Dès que Dobby m'indiqua l'entrée de la Salle sur Demande, je lui demandai de m'y mener, sans croiser uns un seul élève. L'elfe prit alors ma main et nous transplanâmes dans un couloir.
« - Comment se fait-il que tu puisses transplaner dans l'enceinte de Poudlard ? demandai-je avec curiosité.
Dobby sourit très fier de lui.
- Car vous le vouliez !
Ainsi les théories des auteurs étaient pas loin de la vérité. Ce sont quasiment des génies comme dans Aladin ces elfes ! Tu m'étonnes que les sorciers les veulent à leur bottes ! Je devrais étudier le concept plus tard de toute façon. L'heure n'était pas à la discussion.
Nous étions dans le couloir du septième étage. Dobby me guida jusqu'à la tapisserie de Barnabas le Follet en train d'apprendre la danse classique aux trolls. Magnifique.
Dobby m'expliqua qu'il fallait que je sois très précise dans la formulation de ce que je souhaitais pour ne pas me faire avoir trop facilement.
« - Si j'ajoute un détail précis à chaque fois que je demande la Salle est-ce que ce détail a son importance dans la formulation ?
Dobby ne sembla pas comprendre, je lui donnai alors un exemple.
- Par exemple si je dis que je veux un endroit où je peux faire du tricot. Si la personne sait que je fais du tricot, elle me trouvera, non ?
Dobby hocha la tête.
- Mais si je dis que je veux une salle où je peux faire des pulls, des écharpes et des pompons. C'est la même chose mais pas la même formulation, ainsi la personne aura plus de mal à me trouver.
Dobby hocha la tête frénétiquement.
- C'est cela Mlle Ruva !
Je souris. J'allais bien m'amuser.
« - Bien Dobby, j'ai une dernière chose à te demander.
L'elfe sourit.
- Je veux que quoiqu'il arrive, tu ne dises jamais à Harry Potter que j'utilise cette Salle et à quoi elle sert. Il ne doit rien savoir de notre discussion même si il te le demande.
J'avais l'intention d'arrêter le bordel avant sa cinquième année. J'enlèverais l'ordre de Dobby si ça partait en live. De plus Harry a avait toujours sa carte du Maraudeur et, le connaissant, il devait sans doute me suivre et voir Dobby avec moi.
Dobby fronça les sourcils. Je soupirai.
« - Dobby. Tu dois me croire quand je te dis que je ne veux que son bien. Des choses terribles risquent de se passer cette année. Tu devras l'aider autant que possible.
Dans le quatrième livre, Dobby est celui qui lui donne la branchiflore car ce crétin ne s'était pas rendu compte que Neville avait le bouquin qu'il lui fallait dans son dortoir.
Dobby hocha la tête, presque au garde à vous.
« - Merci Dobby. Tu peux me ramener au dortoir ? J'ai sommeil.
L'elfe sourit et me prit la main pour transplaner.
Le lendemain matin, j'avais enfilé des vêtements pratiques. Un pantalon noir de sport, mon sweat-shirt de couleur pourpre au dessus d'un large t-shirt bleu marine et les cheveux attachés en chignon avec un gros élastique assez fort pour tenir ma tignasse. Seri m'avait posé les livres que j'avais demandés sur ma malle avec un petit mot me donnant les dates limites de prêt. J'en souris. Les elfes étaient définitivement utiles et méritaient le respect. Quand ça se calmerait un peu, j'allais mettre de la tune dans la SALE. J'allais dans la salle commune aux alentours de 8h du matin, heure à laquelle Cédric m'avait invitée à le rejoindre. Il portait des vêtements de sorcier, négligemment assis au bord d'un fauteuil avec les bras croisés. Il fronça les sourcils en voyant mes habits.
« - Tu vas quelque part ?
- Ici et là, répondis-je évasivement. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
Cédric ouvrit la bouche mais vit que la salle commune commençait à se remplir. Les Poufsouffles se levaient tôt.
« - Viens. »
Il m'emmena hors de la salle commune, puis dans la cour intérieure du château. Un banc en pierre était juste en face de la grande porte d'entrée Nord qui donnait sur le parc. Je pouvais deviner la fumée montant de la cabane d'Hagrid et tressaillit légèrement. J'étais loin d'être guérie... Encore heureux que je n'avais pas pris l'option Soin aux Créatures Magiques. Nous nous assîmes sur le banc. Cédric semblait un peu trop proche de moi donc je me décalai à une certaine distance. Il ne fit aucun commentaire:
« - Alors, dis-je d'un sourire forcé, qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
- J'ai parlé à Potter, répondit-il d'une voix dure.
Je me figeai. Ce n'était donc pas un rêve ? Oh c'est la mer-
- Il a refusé de me dire ce qu'il s'était passé, continua-t-il en serrant les dents. Mais il suffit de le voir pour comprendre qu'il cache quelque chose de grave et que les rumeurs ne sont pas si éloignées de la vérité.
Il se tourna vers moi et me regarda furieusement.
- C'est... Ce sont mes affaires, Cédric.
Je crus qu'il allait me hurler dessus. Il avait les yeux écarquillés de colère et... de peine ?
« - Je sais que ta perte de mémoire a effacé certains évènements, mais...
Il se reprit pour garder son calme.
« - Je suis ton ami. Depuis des années.
Je levai un sourcil. Mon frère s'était gardé de me donner cette information. Cédric remarqua mon regard circonspect.
- On s'est connu quand tu es rentrée à Poudlard. Tu m'as fait rire avec tes gaffes. Un jour je t'ai vue hurler sur un Serpentard de quatrième année qui brutalisait un môme de ta classe. Tu ne savais faire presque aucun sort mais tu t'en fichais. Ton camarade t'a remerciée et trois jours après ce Serpentard t'a poussée dans le parc. Tu es revenue avec de la terre partout sur tes vêtements mais avec un sourire. J'étais un des seuls à ne pas être dupe. Tu avais pleuré toute la nuit, mais jamais devant tes amis. Jamais devant ceux qui pouvaient t'aider. »
J'écarquillai les yeux. C'était une histoire vraisemblable, surtout venant d'un personnage aussi majeur que Cédric. Puis je le regardai vraiment. Il n'était plus une existence fictionnelle. Il était un garçon de dix-sept ans qui était véritablement anxieux. Il avait les jointures de ses mains blanchies, ses yeux étaient entourés par les cernes, et son visage normalement si avenant était fermé. Ses cheveux bruns et ses yeux gris, son nez droit... Il était indubitablement un séduisant garçon, mais écrasé par le poids de l'inquiétude.
« - Et puis le jour où on t'a jetée dans une poubelle à tes douze ans, je suis celui qui t'a trouvée là. Je t'ai sortie et fait promettre de me dire quand tu avais des problèmes. C'était le début de notre pacte. Jo, Julia, Barbara, Katie... Ils se sont rajoutés au fur et à mesure. »
Alors là j'étais soufflée. Cédric se tourna vers moi.
« - Dis-moi ce qu'il s'est passé. Dis-moi QUI t'as agressée.
Je soupirai. Il était trop sérieux. C'était problématique.
« - Non.
- Aurélia, commença-t-il à s'énerver.
- Je veux mettre ça derrière moi.
- Ils doivent payer ! S'insurgea-t-il.
Je souris gentiment.
- La justice hein ?
- Arrête. Ce n'est pas drôle, gronda-t-il.
- Cédric, je te promets que je vais bien. Réellement cette fois.
Il fronça ses sourcils. Il avait le regard orageux et tremblait de colère. Oh-oh.
Je soupirai et me rapprochai de lui.
«- Un jour... je t'expliquerais pourquoi je ne peux pas te le dire. Mais pas aujourd'hui.
Cédric me regarda longuement. Puis soupira.
« - Ne m'en veut pas si je mène mon enquête. »
Cédric était resté avec moi pour le petit-déjeuner, puis s'était vu accaparé par les préfets pour une réunion de crise (sans doute liée aux préparations du Tournoi des Trois Sorciers), et s'excusa avant de me laisser. Je vis Cho Chang me lancer un regard noir de sa table et levai un sourcil. La jeune chinoise était connue pour sa jalousie à l'épreuve des balles.
Je croisai Harry, Ron et Hermione en sortant de la Grande Salle. Harry m'ignora royalement alors que Ron me lançait un regard pas très discret avant d'être repris par un coup de coude de la part d'Hermione. Je reniflai de mépris et m'éloignai.
Le dimanche les élèves profitaient de leur grasse matinée, excepté un certain nombre de Serdaigles obsédés par le boulot. Ainsi on était tranquille et je n'avais reçu aucune parole malavisée à mon encontre. Je marchai ensuite jusqu'au septième étage qui était complètement désert et pus retrouver la tapisserie sans trop de difficultés. Je marchai trois fois devant la portion du mur en me concentrant sur la formulation de mon vœu. Assez simple pour m'en rappeler, mais assez compliqué pour ne pas me faire pirater. Je trouvai alors :
« - J'ai besoin d'un endroit où apprendre à me battre avec et sans baguette, me protéger, me cacher pour un long moment et planifier des contre-attaques contre mes ennemis. »
Je répétai la formulation au mot près trois fois de suite dans ma tête et une porte en bois ciré apparut, comme encastrée dans le mur. J'ouvris la porte sans une seule hésitation et entrai dans la Salle alors qu'elle se refermait derrière moi.
La salle était énorme et divisée en trois parties séparées par des murs fins sur un seul coté. Des arcades comme dans une cathédrale gothique étayaient le plafond.
La première partie était un bureau. Un bureau rectangulaire était installé au milieu d'une bibliothèque remplie d'artefacts contre la magie noire et de livres traitant du sujet. Il y avait une pile de la Gazette du Sorcier au milieu de celui-ci. Il y avait aussi (et c'était merveilleux!) un plan précis du château de Poudlard et du domaine sur un grand tableau en liège avec des punaises de toutes les couleurs. Seule la Salle n'était pas répertoriée, mais tous les passages secrets y étaient. Il y avait aussi deux fauteuils de couleur ocre et une boite pleine de plumes, d'encre et de parchemins.
La deuxième partie était le centre de la salle. Une surface circulaire avec un tatami au sol et un miroir sur toute une portion du mur. Il y avait des mannequins pour apprendre à jeter des sorts, des reproductions d'armes blanches en bois mais aussi des armes réelles comme des épées, des poignards ou des arcs avec des flèches dans un carquois. Il y avait aussi des sacs de frappe !
La troisième partie était comme un petit salon ou une chambre. Il y avait trois divans confortables couleur jaune ocre, un lit double au fond, collé contre un mur, une petite cheminée, une bouilloire et un service à thé.
« - ALORS LA OUI, je m'exclamai en levant les bras en signe de victoire.
Je me précipitai vers le bureau pour écrire ma formulation exacte sur un bout de parchemin et la mis dans ma poche. Je me frottai les mains. Il était temps de réagir.
Je ne me rendis pas tout de suite compte d'à quel point la salle était grande.
Trop pour une seule personne.
Octobre
L'automne était une de mes saisons préférées. C'était les feuilles rouges, orange et jaunes qui tombaient sur le lac. C'était l'odeur de la cannelle, les écharpes, le vent et la pluie. Tout ce que j'aime je vous dis.
Harry ne voulait toujours pas me céder le livre d'Occlumencie. Je pensais qu'il l'avait peut-être rendu à Cédric mais il était encore plus buté que je ne le croyais. Je l'avais surpris en train de le lire sous un arbre dans le parc entouré d'Hermione et Ron. Ce mec était bien plus mesquin que je ne le pensais. En fait, des différences étaient notables.
Certains auteurs de fanfictions, dont moi, avions émis le doute qu'Harry n'ai pas eu une seule relation à part Cho et Ginny, sachant que les livres étaient tout public. C'était un beau garçon, célèbre et avec de la répartie, ça semblait impossible qu'il soit resté célibataire pendant une grande partie de sa scolarité.
En posant des questions à mes camarades de chambrée d'un ton dégagé, j'en appris des belles. Ces bavardes avaient tellement d'informations que je faillis avoir la tête qui explosait sous toutes les données. Déjà que son premier baiser semblerait être... Hannah Abbott en jouant au jeu de la bouteille lors d'une petite fête improvisée en deuxième année. Ensuite, qu'il était déjà sorti avec Cho Chang en troisième année mais qu'il l'avait négligée au milieu (ce qui est compréhensible suite au fait qu'il ait découvert que son parrain était possiblement un tueur en série). Il avait apparemment eu un crush sur Hermione en première année mais avait reculé pour Ron. Mais cela était bien évidemment pure spéculation.
Il avait embrassé deux, trois filles différentes en cours de soirées suite au Whisky Pur Feu mais rien d'autre. Pas de relations connues. Mais pas mal de flirts. Monsieur vivait sa vie d'ado. Ce qui était une bonne chose.
Il fallait absolument qu'il rencontre Luna Lovegood, j'avais jamais été une pro Ginny. Qui d'ailleurs l'harcelait toujours d'après les bruits qui courraient et Harry était tout sauf à l'aise auprès d'elle.
Enfin, ragots à part, il m'évitait même avec ses provocations et je l'évitais comme la peste de mon coté.
Le premier samedi du mois arriva très vite. Je partis avec le premier peloton avant que Cédric, Jo, Susan, ou les autres ne puissent m'attraper et rejoignis Funi en face de la Cabane Hurlante. Il était habillé d'un long manteau noir et fumait sa pipe, l'air pensif. Puis, il se tourna en me voyant arriver en courant et sourit :
« - Salut Funi ! l'accueillis-je d'un grand sourire en retour.
J'étais soulagée de le voir. Il m'avait manquée ce gredin !
- Bonjour Aurélia. Beau temps n'est-ce pas ?
Je m'esclaffai. Il pleuvait. J'avais une capuche sur ma tête accrochée à mon manteau bleu nuit et ma nouvelle écharpe Poufsouffle. En espérant que je ne la perde pas celle-là. Je lui souris et acceptai sa main pour transplaner.
Nous étions arrivés dans ses appartements et il s'assit une seconde pour se reposer, car nous avions parcouru une longue distance. Je remarquai que son bureau était plus en désordre que la normale et qu'un service à thé fumant nous attendait quand même. Je lui versai une tasse alors qu'il me remerciait.
« - Et bien ? Un hippogriffe s'est mis en colère dans votre maison ?
Il ricana sous le trait d'humour et accepta la tasse, puis but une gorgée de thé avant de parler en toute tranquillité.
« - Mon travail et le notre sont deux sujets qui me prennent beaucoup de temps.
- Je n'aimerais pas que vous soyez surmené. Reposez-vous si vous le devez.
- Je vais bien Aurélia.
- Dans mon monde, mon père avait fait un malaise à cause de la surcharge de travail. On sous-estime toujours sa propre situation mais vraiment... Prenez soin de vous.
Funi sourit légèrement et reposa sa tasse de thé alors que je sortais mon journal de mon sac.
« - Merci. J'ai hâte de lire vos observations. La première phase est-elle terminée ?
Je soupirai.
- Non. J'ai plus de travail que je le pensais. C'est dur de compartimenter. Potter est un phénomène, j'ai du mal à le garder à distance. La bonne nouvelle c'est que j'ai trouvé un des Horcruxes, je vais le laisser là où il est pour le moment. Vos recherches avancent ?
- Nous commençons les tests sur des sujets vivants, la semaine prochaine. Armez-vous de patience, nous approchons lentement mais sûrement de notre but.
Je reniflai. J'avais tout sauf de la patience. Funi sourit légèrement. Il comprenait.
« - Mr. Diggory vous inquiète ?
- Il sera une des victimes. Lors de la troisième tâche du Tournoi, vos hommes doivent être prêts à intervenir.
- Je les posterais dans la foule. Mr. Diggory et Mr. Potter seront évacués.
J' hochai la tête. Oui j'avais dit à Funi que Cédric mourrait et les caractéristiques du rituel d'Harry. C'était un plan que je n'aimais pas, mais l'idée c'était de prendre Barty à son propre piège. J'allais remplacer ces deux-là par des sorciers expérimentés. A peine arrivés, ils sonneraient l'alerte, on ferait un coup de filet et adieu Voldy.
Bien évidemment, tout pouvait changer, mais ce plan était solide. Je souriais.
« - Beau boulot Funi.
- Votre phase de détermination prend forme ?
- ça avance. Ah d'ailleurs j'ai quelque chose à vous soumettre.
- Dites donc.
- Les Horcruxes… Leur destruction est ressentie par leur créateur au moment même où ils sont éliminés. Ainsi, jusqu'à ce que nous les détruisions au bon moment, il faudra créer un contenant pour les compresser et éviter qu'ils entrent en contact avec qui que ce soit. Puis aussi pour leurrer Voldemort.
- C'est très intelligent. Cela empêchera une perte de contrôle.
- Je m'occuperais de Malefoy pour entrer chez les Blacks et braquer le coffre de sa tante.
- Cela fait trois avec le diadème.
- Je ferais un petit tour dans la Salle. Je ne le toucherais pas n'ayez crainte. Avez-vous quelqu'un qui parle Fourchelang dans votre entourage ?
Funi fronça les sourcils.
« - Pas en Grande-Bretagne.
- Flûte. J'essaierais autrement. La bague des Gaunt est dans leur maison. C'est à vérifier mais il faut y aller au dernier moment, car c'est l'Horcruxe le plus surveillé par Voldemort. Quant à son serpent... C'est à tuer à la fin de l'année.
- Tout est sous contrôle. Vous avez aussi bien travaillé Aurélia.
J'hochai la tête.
- Quelque chose vous ennuie ?
- Cela m'embête de laisser Croupton faire son show. En fait j'aimerais juste éviter ce tournoi mais... ça changerait trop de paramètres.
- Le plus difficile est de ne rien faire.
- M'en parlez pas. »
Le 30 Octobre arriva vite ainsi que la délégation des deux autres écoles. Beauxbâtons et Durmstrang étaient arrivées. Karkaroff était moins grassouillet que la version cinématographique mais arborait cette barbiche noire corbeau de lâche que j'avais envie de lui tirer. Krum avait l'air renfrogné que j'imaginais, mais ses cheveux plus longs et le regard plus droit. Fleur Delacour fut la première personne que j'aperçus à la sortie du carrosse géant de Beauxbâtons.
Le banquet commença dans la joie et la bonne humeur, je pleurai presque de joie en mangeant un gratin dauphinois. La cuisine française me manquait. Barty lançait des regards noirs à Karkaroff. Je soupirai. J'avais presque oublié qu'il voulait sa tête sur un piquet depuis que le russe avait trahi la confiance des Mangemorts sans vergogne pour sauver sa peau.
Je baillai légèrement quand je vis Ron et Harry quitter la Grande Salle. Sans Hermione qui était en grande discussion avec Parvati Patil et une jeune femme de Beauxbâtons. Je prétextai un tour au petit coin et les suivis discrètement à l'extérieur de la Grande Salle.
« - Je te dis qu'il y a un problème avec la carte. Maugrey Fol Œil est appelé Barty Croupton Jr. Ce ne peut pas être possible, disait Harry.
- Barty Croupton Jr, est mort dit Ron sombrement. J'ai vérifié avec mon père. Les morts apparaissent sur la carte ?
- Non les fantômes ne sont pas indiqués, répondit Harry, Mais c'est vraiment étrange. Je ne me suis rendu compte de ça que depuis que j'ai regardé pour suivre Ru-
Il s'interrompit. Ron sembla ronchonner.
« - Tu vas enfin nous dire ce qu'il se passe avec Aurélia Ruva ? Tu sors avec elle ?
- Non, faillis-je m'exclamer mais Harry m'avait devancée.
- Non, Ron. Enfin bref, ce n'est pas la question, Maugrey Fol Œil est indiqué sur la carte mais immobile dans le bureau de Croupton. On va donc y aller et voir ce qu'il y a.
Oh bordel.
« - On n'attend pas Hermione ? Dit Ron en fronçant les sourcils.
- Elle est toujours au banquet. On ne peut pas y retourner pour la chercher. Tout le monde nous remarquerait.
- Surtout toi mon pote, rigola Ron. Ok, allons-y. »
Mais... Mais...
Ils allaient faire tout capoter ces crétins ! Il fallait absolument les empêcher de faire ça ! Mais toute seule ? Je me débrouillais mieux en duel, mais Potter était plus doué que moi... Ainsi... Je n'avais pas le choix.
J'allais sans doute le regretter.
Je me précipitai dans les couloirs et entrai en courant dans la Grande Salle sous le regard désapprobateur des élèves et des professeurs.
« - Miss Ruva, gronda McGonagall. Moins cinq points pour Poufsouffle.
- A la votre, professeur répondis-je acide. Cédric ! Susan !... Où est Jo ?
- Il est parti faire des mamours avec Zelda pourquoi ?
Je me figeai un instant.
- Il n'avait pas rompu avec elle ? Attendez mais je m'en fiche ! C'est une alerte rouge ! Grouillez-vous !
Susan et Cédric me regardèrent comme si j'avais perdu l'esprit, mais j'étais déjà repartie en courant à la poursuite des deux Gryffondors annonciateurs de catastrophe. McGonagall nous hurla dessus mais ils se levèrent et me rattrapèrent hors de la Grande Salle.
« - Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Susan en courant derrière moi.
- Potter ! Répondis-je avec rage ! Il faut absolument l'empêcher d'aller dans le bureau de Maugrey !
- Pourquoi ?
- Je vous expliquerais, mais pour l'heure, il faut les arrêter avec tous les moyens disponibles. C'est à dire pas de quartier ! Assommez-les ! Stupéfixez-les ! Il ne faut pas qu'ils entrent dans son putain de bureau. JAMAIS !
Cédric et Susan s'échangèrent un regard mais en me voyant aussi déterminée, ne posèrent aucune question et accélèrent le pas. Ils étaient plus rapides que moi et me dépassèrent pour intercepter Harry et Ron au coin du couloir, prêts à entrer dans la salle de DCFM.
« - Mais... commença Harry.
Puis il me vit. Et Susan lui balança un Flipendo si puissant qu'il se prit un mur. Cédric stupéfixia Ron. Je me tournai et mon sang ne fit qu'un tour. Barty remontait le couloir en baillant pour aller dans son bureau. Je me retournai encore. Il n'y avait qu'une seule salle de classe vide en face de la salle de DCFM. Je pris Harry par le col et l'y balançai alors que Susan y bondissait, suivie de Cédric qui portait Ron. Je fermai la porte d'un coup de baguette et me tournai pour faire un grand sourire au professeur Maugrey. Enfin Barty. Il se figea en me voyant.
« - Ruva ? Que se passe-t-il ?
- Et bien... je ….
Je réfléchis à toute vitesse pour lui donner une réponse satisfaisante.
« - Je... Professeur...
Pleure. Hurle. Fais le show de ta vie.
- Je voudrais apprendre à mieux me défendre, reniflai-je... Les autres... Ils m'agressent au détour d'un couloir... Les Serpentards...J'ai...euh... J'ai besoin d'aide. »
Je le vis réprimer un sourire victorieux. Barty s'approcha de moi. Je ne pus m'empêcher de trembler. Parfait. J'avais la chair de poule.
« - Ce soir n'est pas le bon moment, Ruva. Mais venez me voir demain matin. Nous en parlerons à tête reposée.
J'hochai la tête frénétiquement et fit mine de partir alors que la porte de la salle de DCFM et de ses appartements se fermait derrière lui. Je revins plus discrètement et ouvris la porte :
« - C'est bon ici ?
J'étouffai un rire en voyant Harry ligoté sur une chaise. Susan avait toujours été bonne en métamorphose. Elle le libéra d'un coup de baguette alors que le Survivant se levait furieusement. Weasley était toujours stupéfixié à ses cotés.
- Ruva, gronda la voix d'Harry ! Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? T'es malade ?
- Tout à fait, mais ce n'est pas le moment d'en parler. Cédric, réveille Ron et accompagne Harry à la salle commune des Gryffons. Tu es préfet, ils ne s'en formaliseront pas. Quant à toi Potter, écoute-moi bien.
Je l'avais saisi par le col et le regardais droit dans les yeux.
« - Ne va jamais dans ce bureau pour le fouiller. Ne remets jamais en cause le professeur Maugrey. Est-ce clair ?
- Mais...
- HARRY, hurlais-je presque.
Il se figea. C'était la première fois que je l'appelais par son prénom.
« - Je te demande de ne pas aller dans ce bureau sauf s'il t'invite à l'intérieur. S'il te plaît.
Harry me fixa longuement avec ses yeux verts alors que Susan regardait dehors pour voir si la voie était libre et que Cédric ramenait Ron à la vie. Mais ils écoutaient. Je les connaissais.
« - Ruva. Tu me dois une explication, marmonna-t-il.
- Samedi. Pré-Au-Lard. »
Harry ouvrit grand ses yeux et me vit rejoindre Susan.
« - Alors ?
- La voie est libre, murmura-t-elle en retour.
- Parfait. Allons-y. »
Nous nous séparâmes en face des escaliers. Harry me tint le bras avant de rejoindre Cédric et Ron.
« - Ne reviens pas sur ta promesse. Samedi. Pré-Au-Lard.
J'hochai la tête. Je le comprenais.
Harry sourit victorieux.
« - Bonne nuit, Aurélia. »
Cédric et Susan ne dirent rien mais n'en pensaient pas moins. Je soupirai. J'étais bonne pour me coucher tard.
« -... Cette histoire est dingue, dit Jo en sifflant.
Quitte à vendre la mèche autant appeler aussi Jo. Nous nous étions réfugiés tous les quatre (Cédric, Jo, Susan et moi) dans une salle de classe vide, avions tracé une bulle de silence et verrouillé la porte. Le couvre-feu était dépassé mais Cédric avait promis en sa qualité de préfet-en-chef de nous défendre.
J'avais longuement soupiré, puis avais finalement commencé mon histoire. J'avais passé sous silence que j'avais en réalité 25 ans et que je venais d'une autre dimension. Ça les aurait fait flipper.
Alors j'ai simplifié la situation, leur disant que j'avais vu le futur, et que je connaissais des détails que personne ne connaissait. Des visions précises, des vérités cachées. Et que Lord Voldemort allait revenir.
Cela rendit Susan pâle comme la mort, fit bégayer Jo et assombrit le regard de Cédric. Toutes leurs familles avaient été touchées par la guerre. Elles étaient du bon coté et la tante de Susan étant une opposante connue, je n'avais aucun doute sur son honnêteté.
« - Et ton Psychomage... Il sait tout ça ? Demanda Susan.
Je leur adressai un rire sans joie.
- Il est pas Psychomage. Il bosse pour le département des Mystères.
Cela fit réfléchir Jo et Susan. Cédric était le seul qui restait neutre. Il avait écouté mon histoire avec une grande concentration.
- Harry Potter ne doit pas être impliqué... dit Cédric songeur... Pourquoi ? C'est lui qui l'a vaincu y'a treize ans.
Je m'interrompis. Bon sang qui aurait cru !
«- Harry Potter va trop souffrir si les choses se passent comme prévu, répondis-je d'un ton froid. Ce n'est qu'un gosse.
- Nous aussi, répliqua Cédric.
Je serrai les dents. C'était plus compliqué que ça. Je voulais que personne ne sache que j'avais 25 ans à part Funi. Ça les ferait flipper. Je sais que ça me fait flipper.
« - Harry Potter sera visé, mais il s'en sortira. Voldemort (ils grimacèrent, ce qui me mis dans une colère noire). C'est juste un nom ! La première leçon sera que vous le prononciez sans avoir l'air d'empotés !
- Empotés ? s'insurgea Jo !
- Surtout toi Cédric ! Tu es majeur ! Tu vas me faire le plaisir d'arrêter d'avoir peur d'un simple nom.
Je ne le laisserais pas être paralysé par la peur. Ça pourrait peut-être lui sauver la vie si mon plan échouait.
- Des tas de criminels sont derrière les barreaux pour bien pire que Voldemort et on n'a pas peur de leurs patronymes.
- Exemple ? gronda Susan.
- Grindelwald ?
Ils se regardèrent. J'avais raison. Bien entendu.
« - Alors, dit Jo pour éviter le sujet. Concernant Harry Potter ?
- Je ne l'impliquerais pas. Vous n'avez pas idée de qu'il risque de traverser. Je me suis donnée un an pour tout arrêter avant que ça dégénère.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Balbutia Susan.
Je me rassis avec le regard sombre. C'était difficile d'expliquer que pour moi, jusqu'au moment où je les avais rencontrés, ils n'avaient été que des personnages. J'allais laisser ça de coté, et essayer de reprendre les mots que j'avais utilisés avec Funi mais de façon moins... adulte.
« - Le temps est une ligne continue, jonchée par des ancres. Des évènements qui sont supposés arriver. Harry Potter est censé avoir certaines épreuves, traverser un certain destin et à la fin du chemin, il est supposé vaincre Voldemort.
- Et il réussit ?
J'hésitai à répondre.
- Oui.
- Alors c'est bon, souria Jo.
Je lui lançai un regard noir.
- NON. NON CE N'EST PAS BON ! Car avant qu'il le fasse, il y aura une guerre ! Des gens MORTS ! Des gens qu'on va perdre ! Des ENFANTS ! Des PARENTS ! Donc NON, Jo ! Ce n'est pas bon ! tonnai-je
J'avais presque hurlé à la fin de ma tirade. Jo devint aussi pâle que les deux autres.
« - Mais alors... qu'est-ce qu'on peut faire ? Harry est un sorcier d'exception non ? Murmura Susan d'une voix de souris.
- NON. Harry est une personne normale. Même trop normale. Il n'aurait jamais dû vivre ce qu'il a vécu. J'ai l'intention de casser toute chance de guerre, avant même qu'on y soit confronté. Il faut absolument que nous réussissions à la fin de cette année. Car un certain événement est sensé arriver... C'est...
- Le retour de Vous-Savez-Qui... souffla Cédric.
Je le regardai. Il était pâle mais décidé.
- ça tombe sous le sens. L'attaque de la Coupe du Monde, quand j'y étais... Merlin, certains disaient que ça leur rappelait la guerre.
Tu m'étonnes. Des Moldus utilisés comme de la chair à canon, des vêtements dignes du KKK sans parler de Barty qui a balancé la marque...
« - Je sais comment vaincre Voldemort. Il n'est pas hors de notre portée, mais pour cela nous devons nous entraîner, apprendre la magie noire et la comprendre pour la détruire, et enfin, ne pas impliquer les gens qui le sont déjà dans une certaine mesure. Harry Potter, ses potes et Albus Dumbledore ont leur propre chemin. Il s'agit de ne pas entrer en collision avec leurs actions. Ainsi, nous pourrons désamorcer les gros dangers avec trois ans d'avance. Imaginez Harry évoluer sur un champ de mines (ce sont des bombes), nous allons tout désamorcer avant même qu'il y arrive sans pour autant qu'il sache que nous sommes derrière cela.
« - Pourquoi ?
- Parce que si Harry ou Dumbledore découvre ce que nous faisons, nous ferons partie de l'histoire. Si nous faisons partie de l'histoire, nous devenons des cibles et cela changera les événements. J'ai la photographie d'un avenir particulier qui s'est construit sur des évènements précis. Il faut faire en sorte que ces événements arrivent, pour que nous puissions prévoir certaines choses sur le court terme et limiter les dégâts.
Je me penchai en arrière.
- J'ai aussi le soutien de personnes très compétentes hors du château. On ne s'occupera que de l'intérieur. »
Soit détruire le diadème, avoir un accès à la maison Black, convaincre Malfoy de ne pas rejoindre les méchants. Après on change le monde.
- Je ne pourrais pas vous donner toutes les informations en avance. Question de précaution. D'accord ? »
Jo Susan et Cédric restèrent silencieux pendant de longues minutes, puis se regardèrent comme pour confirmer leur pensée.
« - Compte sur nous Auré. »
Nous décidâmes de ne pas mettre Katie, Eddie, Barb et Julia dans la confidence. Eddie était bien trop imprévisible, Julia était une Serpentarde isolée dans sa maison et je ne voulais pas la mettre en position de faiblesse plus qu'elle ne l'était déjà. Barb était trop dans son monde mais son intellect serait utile en temps voulu quant à Katie...
Dans la Grande Salle, je m'assis à coté de Jo. Cédric parlait avec animation du Tournoi des Trois Sorciers. J'avais longtemps débattu pour savoir s'il devait y participer, mais j'allais le laisser faire. Il devait juste ne PAS gagner et éloigner Harry de cette coupe. Tout va bien, me dis-je en respirant profondément pour arrêter ma vibration quotidienne, j'étais dans le vrai. Tout allait bien se passer.
« - Alors vous avez couru après eux, vous les avez attaqués et tirés dans une classe vide pour les bâillonner en l'espace de deux minutes ?
- Cédric à de longues jambes et Susan est bonne en sprint, expliquai-je en ne relevant pas le nez de ma lecture.
Jo et moi étions assis à la bibliothèque, isolés sur une petite table, et conversions dans une bulle de silence qu'on avait appris dans un de nos livres de travail dans la Salle Ecarlate (que je demandais qu'on appelle ainsi pour protéger la Salle sur Demande à notre usage exclusif). Jo n'ayant pas été là lors de notre action et préoccupé par les autres révélations, préféra me demander des détails alors que nous révisions. Mon devoir en Arithmancie me menait la vie dure mais était franchement passionnant. Ayant fait S dans ma vie précédente, les calculs étaient faciles pour moi, et j'avais un grand nombre de formules mathématiques en mémoire. Les bases avaient donc été très rapides à apprendre. Les Runes étaient plus compliquées et m'obligeaient à avoir des cours de rattrapage avec une tutrice de septième année qui s'appelait Sam Vixen. Cédric me l'avait conseillée, et tous les lundis soirs, j'avais des cours avec elle.
Mon emploi du temps tiens, c'était celui d'un ministre.
Lundi, j'avais Métamorphose le matin, Potions l'après-midi, soutien de Runes le soir.
Mardi, Arithmancie, puis Runes. Sortilèges l'après-midi.
Mercredi, c'était devoirs imposés (qui sont franchement durs car j'allais me taper les BUSES à la fin de l'année), et Défense Contre les Forces du Mal l'après-midi.
Jeudi matin, c'était Botanique et l'après-midi libre puis Astronomie jusqu'à 21 heures.
Vendredi matin, grasse mat pour les mauviettes, entraînements d'Occlumencie avec toute la bande. Julia et Barb faisaient de très gros progrès, Jo a avait un peu plus de mal et Katie n'arrivait tout simplement pas à se concentrer. Je lui avais conseillé de faire de la sophro avant de dormir et de boire moins d'excitants durant la journée car elle était meilleure après ses entraînements de Quidditch.
D'ailleurs le saviez-vous ? Il y a plein de clubs dans ce château ! Y'a même un journal de l'école, mais c'est plus des flyers affichés sur les panneaux des salles communes avec des petites annonces, des aides aux devoirs et des annonces de relations amoureuses ou ruptures. Les ados quoi. Je n'en ai pas rejoint évidemment. La mission Ecarlate me prenais trop de temps. (oui j'aime ce nom!)
Bref l'après-midi, j'avais soutien de Botanique avec le professeur Chourave elle-même. Je n'étais pas très intéressée par les plantes mais elle était déterminée à l'idée de me les faire aimer. Et on ne peut rien devant un Poufsouffle déterminé. J'ai particulièrement aimé les cours sur les herbes médicinales, et l'usage en potions.
Samedi, c'était soutien d'Arithmancie le matin, mais en une heure c'était bouclé, et le Serdaigle qui s'occupait de mon tutorat était très efficace. Et l'après-midi libre.
Dimanche, c'était jour de repos et j'aimais ça.
Bref, je ne suis pas une folle furieuse obsédée par le boulot, mais je bosse les sujets qui me semblent importants. La Défense (Barty malgré son sadisme était un bon prof), les Potions (car non Rogue n'aura pas ma santé mentale), L'Occlumencie (vital pour survivre et je passerais à la Legilimencie) et la Métamorphose (j'étais en S SVT donc la bio c'est mon dada, je faisais de gros progrès et ça m'arrangeait, car la prochaine étape... C'était devenir une Animagus. TOUT A FAIT.)
« - Et donc tu vas vraiment voir Harry samedi ?
- Oui. J'ai pensé qu'un endroit comme la tête du Sanglier est pas mal. Les Trois Balais est trop fréquenté.
- Tu avais pas dit qu'il fallait l'éloigner ?
- C'est une tête de mule.
- En même temps TU as débarqué dans son champ de vision avec ton caractère.
J'haussai un sourcil et regardai Jo qui me lança un sourire ironique.
« - Tu n'as pas envisagé une seule seconde que si Harry s'accroche et croise ton chemin, c'est que c'est ton destin ?
- J'espère bien que non. Sinon ce serait catastrophique.
- Tu es trop dramatique.
- Je sais qui va mourir Jo.
Je levai les yeux de mon livre et le regardai avec gravité.
« - Je sais qui va mourir, qui on va perdre, qui on pourrait perdre, les horreurs qui vont se passer dans ce château si on ne met pas le hola de suite. Alors oui je suis paranoïaque et je le revendique.
- Le professeur Maugrey serait fier, sourit-il.
- Ouais... »
Je ne leur avais pas encore dit que Maugrey Fol Œil était Barty. Susan manquait trop de flegme, Cédric devrait se concentrer sur le Tournoi, Jo était trop inquiet pour nous tous... Finalement, Funi était le seul à le savoir.
« - Tu t'es amélioré sur le sort d'Amnésie ? Dis-je en espérant changer de sujet avant de gaffer.
- ça avance, répondit-il en réfrénant un bâillement. C'est nécessaire ?
- Oui. C'est juste dommage que tu ne puisses pas le maîtriser pour samedi... »
Ce sortilège était tellement délicat que j'avais du mal à me concentrer. Il demandait du doigté et j'y mettais trop de puissance. Ce sens du toucher et du détail, Jo l'avait. L'une des raisons pour lesquelles il avait du mal avec son Occlumencie. Il n'arrivait pas à voir globalement un problème. Il se concentrait sur les détails qui coinçaient. Et c'était pour cela qu'il me lisait comme un livre ouvert.
Samedi arriva enfin.
Je rejoignis Harry en face de la Cabane Hurlante. Comme convenu, il était seul, mais je fronçai les sourcils. Le trio ne se séparait jamais. En agitant discrètement ma baguette, je murmurai la formule du sortilège d'attraction pour attraper la cape d'invisibilité. Rien. Il avait tenu sa promesse.
Plus à l'aise, je marchai vers lui. Il portait des vêtements de moldu, trop larges pour sa silhouette, venant certainement de ce gros... enfin Dudley. Il avait un sac sur son épaule, son écharpe de Gryffondor autour du cou et ses lunettes rondes sur son nez. Ce qui me fit penser, comment se faisait-il que dans un monde de magie, personne n'ai pensé à lui réparer sa vision ? Je portais des lunettes pour l'esthétique et parce que ça me rappelait la moi d'avant. Pas parce que j'en avais besoin.
Harry se tourna vers moi, m'adressant un petit sourire, mais je le sentais stressé. Normal. Depuis notre première rencontre je n'avais pas arrêté de lui en faire voir de toutes les couleurs.
« - Potter.
- Ruva, répliqua-t-il.
Il me tendit son sac. Je levai un sourcil mais vérifiai la marchandise. Effectivement, c'était le livre d'Occlumencie.
« - C'était une lecture intéressante, sourit-il.
- Je m'en doute. Tu as essayé la pratique ?
- Les Labyrinthes sont durs à mettre en place sans une base solide, expliqua-t-il. Hermione a réussi à sortir des livres de la bibliothèque et s'y est mise donc...
Il s'interrompit. Effectivement, nous n'étions pas là pour échanger des banalités, mais je dois dire que j'étais fière de lui avoir faire apprendre l'Occlumencie à l'insu de mon plein gré pour citer un grand homme haha. Je me rapprochai.
« - La tête du Sanglier. C'est plus tranquille que les Trois Balais, et y'a trop de rose chez Piedoddu.
Lors de mon pèlerinage de fan, j'avais vu l'affreuse boutique. Jo et Barb m'avaient arrêtée avant que je balance un sort pour changer la couleur de l'infâme vitrine.
Harry hocha la tête et me suivit. Notre marche fut silencieuse jusqu'à la taverne. Quand on y entra, Abelforth Dumbledore nous accueillit d'un regard fort aimable. Donc pas du tout.
« - Deux biérraubeures s'il vous plait.
Il fronça les sourcils, sortit deux bouteilles poussiéreuses et me rendit la monnaie puis nous nous assîmes près de la fenêtre avec nos deux bières sur la table avant de repartir essuyer son comptoir comme si nous n'existions pas. Je lui donnais la monnaie, payant pour Harry en même temps qui ouvrit la bouche pour protester :
« - C'est une juste une bière. Pas un Eclair de Feu, répliquai-je.
J'avais une autre répartie en tête, mais pas sûr qu'il aurait apprécié un « Je ne suis pas un Weasley. ». Je me fais peur par ma propre méchanceté. C'est pas ma faute. En lisant les livres, parfois je rêvais de voir Ron Weasley mort, héroïquement certes, mais mort.
Bref, nous nous contentions de boire nos bouteilles jusqu'à ce que je ne décide de prendre le taureau par les cornes. Ou l'hippogriffe par les couilles, c'est selon.
« - Je suis occupée, alors sois bref.
Harry fronça les yeux. Bon dieu ! J'étais une tsundere ou quoi ? Je pouvais être gentille avec lui quand même !
« - Pas la peine de parler comme ça, marmonna-t-il.
- Oh pardon Potter, dis-je d'un ton sarcastique. C'est toi qui es un peu trop curieux pour ton bien.
Harry serra le poing.
- C'est toi qui m'as arrêté sans aucune sommation avant d'entrer dans le bureau de Fol Œil !
- On est quittes. Tu as osé te mêler de ce qui ne te regardait absolument pas le mois dernier.
- Je t'ai sauvée la vie !
- Tu veux une médaille ? Je m'en sortais très bien toute seule !
Potter éclata d'un rire sans joie.
« - Excuse-moi, je sais quand même reconnaître une situation à risques quand j'en vois une ! Je les attire.
Il s'interrompit de suite alors que j'ouvrais des yeux grands comme des soucoupes. Wow. Je lui avais vraiment fait perdre son calme.
Il se contenta de porter la bouteille à ses lèvres et évita mon regard. Je ne pus m'empêcher de sourire. Il fronça ses sourcils.
« -Quoi ?
- Tu es étonnant. Je ne pensais pas qu'un Gryff pouvait mordre avec autant d'esprit, dis-je d'un ton dégagé.
Harry ne sut pas si c'était un compliment et se contenta de soupirer avec confusion.
« - Je ne sais pas comment... Tu es difficile à comprendre, Ruva.
- Oh, non Potter. Tout ce que je fais est pour une bonne raison.
Je bus à ma propre bouteille. Ce truc était bon. Rien à avoir avec le goût du parc de Londres. Harry m'observa sans faillir.
« - Et tu ne veux rien me dire ?
- Clairement.
- Pourquoi ? Car ton attaque et le bureau de Fol Œil sont liés.
OH BORDEL. Il était réellement trop curieux et intelligent pour son bien. Je remis en place mes défenses mentales et soupirai profondément. Ça irait. Je pouvais désamorcer ça.
« - L'attaque n'a rien à avoir avec Fol Œil. J'ai toujours eu des problèmes avec certains élèves, et tu devrais le savoir vu que tu es allé demander des comptes à Katie.
- Je n'ai...
- Tu n'es pas DU TOUT discret Potter. Il y a des histoires qui n'ont rien à avoir avec toi dans cette école... ça t'étonne ?
Harry était tellement énervé que son poing était encore plus serré sur la table, ses yeux verts brillant de fureur.
« - Et le bureau ? Dit-il d'une voix à peine maîtrisée. Pourquoi tu m'as empêché d'y entrer?
Ouille. J'avais rien là. Vite improvise... POURQUOI je n'avais pas préparé cette question ?
- Fol Œil est hors limites.
- Pourquoi ?
- Je ne peux pas te le dire.
Potter renifla.
« - ça ne m'empêchera pas d'entrer dans son bureau.
Je soupirai. Quel bordel.
Dans le livre Fol Œil avait mis la main sur sa carte du Maraudeur mais de ce que je retenais de sa discussion avec Ron, il avait déjà un pas d'avance. La carte ne mentait pas. Un seul courrier à Sirius et tout allait capoter. Barty serait arrêté, le plan tomberait et game over. Dans certaines fanfictions, si Barty sortait de l'équation, alors un autre Mangemort plus violent entrait dans le collège. D'autres qui impliquaient plus de morts. Je devais absolument feinter Voldemort et lui faire croire que Barty continuait la bonne marche du plan. Il n'y avait pas de bonnes solutions. C'était l'impasse.
En respirant profondément, j'inspirai et expirai. Cette fois, il n'y avait pas d'issue.
« - Bon Potter. Voilà le topo.
Je me redressai. Ça passait ou ça cassait. Vin dieu.
- Pendant les vacances, j'ai eu accident. Je n'ai pas à proprement parlé perdu la mémoire... Enfin si, mais j'ai reçu quelque chose en échange.
Je m'arrêtai un court instant pour garder son intérêt. Bingo, il avait l'air embarqué.
« - J'ai reçu une connaissance accrue du passé et du futur. Je sais ce qu'il va, ce qu'il RISQUE de se passer dans les trois prochaines années et crois-moi, ce n'est pas joli.
- Qu'est-ce ce que tu veux dire ?
- Je veux dire que je sais ce qu'il s'est passé dans le souterrain lors de ta première année. Et pas les rumeurs. Les vrais événements Potter. J'ose pas imaginer à quel point la vision de la tête du sale type sur celle de Quirrell est traumatisante.
Harry se figea. J'avais frappé juste. Vite. Il ne fallait pas le laisser se relever.
« - Je sais aussi que Ginny Weasley a lâché le Basilic sur le reste de l'école. Même si elle était possédée. Elle devrait d'ailleurs aller consulter un Psychomage, il reste peut-être des résidus de magie noire qui s'exprime par son comportement sensible et son attirance déraisonnée pour toi.
- Ginny n'est pas folle.
- J'ai jamais dit le contraire. Après tout, je suis aussi suivie par un Psychomage, répondis-je avec un sourire carnassier.
Harry croisa ses bras.
« - Je sais aussi pour Sirius Black. Les preuves manquent mais Peter Pettigrow va réapparaître. T'inquiète.
Cette fois Harry me regarda droit dans les yeux. Il était perdu, confus, colérique... confus encore... J'avais gagné.
- Fol Œil cache effectivement quelque chose. Mais il ne faut pas intervenir.
- Pourquoi ?
- Car petit un, il surveille un Mangemort dans l'école.
Harry ouvrit les yeux grands comme des soucoupes.
« - Qui?
- Igor Karkaroff. Il est très possible qu'il ait été à la Coupe du Monde de Quidditch sous son joli masque. Ce mec est une lavette mais aussi proche de Viktor Krum qui jouait la finale. Tout concorde.
Je ne mentais pas vraiment, mais secouer cette carotte était une belle idée.
« - Il a vendu pas mal de Mangemorts en procès d'après-guerre pour acheter sa liberté mais il est clairement très au fait de l'idéologie de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer... Bref tu m'as comprise. Il est dangereux et c'est pour ça que Fol Œil est dans l'école et que Dumbledore l'a demandé. Il voulait une sécurité.
- Et c'est pour ça que tu m'as empêché d'entrer dans son bureau ? Dit Harry pas convaincu.
- Fol Œil a bardé son bureau de pièges en tout genre. C'est un paranoïaque. Tu voulais finir en cendres ? Je te renvoyais l'ascenseur idiot !
Harry ne dit rien. Soucieux et méfiant.
«- Petit deux ?
Il perdait pas le nord...
- Petit deux, c'est que Fol Œil a effectivement un gros secret mais qu'il va te rendre de grands services dans les prochains mois et t'apprendre à te défendre si bien que tu pourras envisager une carrière d'Auror. Ce petit secret ne met rien en péril Harry mais peut le blesser lui.
J'avais envie de vomir. J'arrivais pas à croire que je formulais un mensonge aussi énorme. Un peu plus et ce type passerais pour un ange ! BORDEL BARTY !
« - Le plus dur parfois... C'est de ne rien faire. »
Je refusai de répondre à d'autres questions d'Harry et préférai quitter la tête du Sanglier avant de me faire rattraper par cet idiot, décidément très persistant.
« - Ruva !
- Raah. Quoi Potter ?
Harry s'arrêta devant moi et hésitant me regarda.
- Le futur… que tu as vu... ? J'étais dedans...
- Possible.
- Et Voldemort ?
Je restais aussi illisible que possible. Je devais mentir. Mettre en cause son incroyable narcissisme mais...
Mais j'étais faible.
« - Oui. »
