ET OUI! On attend un peu moins que la dernière fois pour ce chapitre 4 qui j'en suis spur va vous faire plaisir. Il est long en plus :D
PrekDeva : HAha j'espère que ce chapitre va te faire plaisir alors. Ce n'est pas parce qu'Aurélia n'a pas de cavalier qu'elle n'a pas de danse... hihi.
Il est normal d'avoir envie de frapper Ron et Hermione après ce chapitre, mais il faut penser qu'Auré est quand même une femme de 25 ans coincée dnas un corps de 15 ans. Elle voit les choses avec plus de logique froide (même si elle est incapable de l'appliquer) que les adolescents de Poudlard. Ron et Hermione ont mal agi mais pensent certainement avoir bien fait et c'est compréhensible. Aurélia débarque, s'accapare Harry, Harry semble perdu dans ses pensées et ne peut même pas se confier à ses amis... normal que ça tourne au vinaigre.
titietrominet27 : C'est fort quand même! Prekdeva veut taper Ron et Hermione et tu veux taper Harry? Est-ce qu'Aurélia est si violente pour déclencher des réactions pareilles? xD (réponse oui.) Ne t'en fais pas. Harry va être moins tapable (MOT INVENTE) dans ce chapitre. Et aw, merci d'adorer Auré. y'a beaucoup de moi dans ce perso, j'aime qu'on l'aime.
Darboria : HAHA MAIS TELLEMENT! L'histoire d'Aurélia est effectivement assez drôle et dramatique à la fois. C'est un personnage qui est très particulier. Elle réfléchit à beaucoup de choses en même, est pétrie de bonnes intentions mais manque cruellement de méthode. Au premier chapitre, elle avait un plan, des possibilités, et plus ça avance plus elle se foire car elle est juste emotive et ne prend pas en compte le facteur humain. Elle est complètement débordée et à tendance à exploser dans une terrible autodestruction quand ça ne va pas dans son sens. Elle n'est pas IMPITOYABLE. Elle n'arrive pas à l'être. C'est pour ça que Funi existe.. et ses amis... d'ailleurs ils prendront un peu plus de grade au chapitre suivant. xD
Tiens d'ailleurs on va faire un truc à la Ywéna. J'ai la liste des membres de la Mission Ecarlate. Votez pour ceux que vous préférez dans les deux possibilités énumérées, et je vous fait une belle description de ces personnages. On commence par :
- Eddie Carmichael (Serdaigle)
ou
- Julia Cassim (Serpentard)
Chapitre 4 : Come As you Are
Décembre
MAIS POURQUOI ?
POURQUOI MA VIE ETAIT UN TEL CHAOS !? POURQUOI AVAIT-IL FALLU QUE JE SOIS TRANSPORTEE DANS CE BOUQUIN AVEC CES IDIOTS JE...
Bon soufflons, et reprenons-tout depuis le début.
Nous étions donc début décembre , j'avais envoyé chier Ron et Hermione (ce qui je l'avoue n'était peut-être pas une bonne décision de ma part mais était hyper justifié.) Toujours était-il que deux jours étaient passés depuis que j'avais blessé l'honneur de ces deux Gryffondors, et apparemment cela n'avait pas DU TOUT été bien pris dans la salle commune rouge et or, et cela... avait eu des conséquences.
Les Gryffondors avaient fait passer le mot. Les Poufsouffle étaient sur liste noire, j'étais une intrigante qui avait fermé sa gueule jusque-là et qui maintenant mettait le souk. Alors oui, le trio d'or était séparé, et j'avais peut-être remis en cause la Terreur de Voldemort, ce qui faisait que les Serpentards AUSSI ne m'avaient pas à la bonne, comme tous les Puristes.
Ensuite... les choses s'étaient envenimées...
Deux jours après la discussion à sens unique avec Granger et Weasley, en plein week-end, je m'étais vue abordée par Ron dans un couloir, où il m'avait simplement jugée du regard et littéralement insultée.
OUI. J'aurais vraiment aimé mentir mais c'était la réalité. J'avais eu « menteuse », « briseuse d'amitiés », et le mot en p...
Il s'avéra que ma mésaventure au début de l'année n'avait pas été oubliée, loin de là. En fait, beaucoup d'enfoirés dans cette école, pensaient que je l'avais VOULU. Après tout, me balader en robe seule dans les bois, c'était un appel au sexe dépravé. Sans parler de mon rapprochement avec Cédric Diggory qui menait Cho Chang à balancer des horreurs sur mon dos.
Bref, la réflexion de Weasley était assez insultante mais le pire fut ce grand con de McLaggen accompagné de Finnigan et Thomas. McLaggen qui glissa avec perfidie que j'avais dû faire des avances à Potter et Diggory, le soir pour qu'ils soient à mes pieds. Le genre de faveurs pas du tout catholiques.
Déjà, y'avait eu cette phrase insultante. Ensuite, le fait qu'Harry et Cédric soient effectivement avec moi (et bien d'autres) le soir après le couvre-feu pour s'entraîner, n'était pas passé inaperçu, et je ne pouvais donc pas me défendre correctement. J'étais seule dans ce couloir. J'étais encerclé par des connards en rouge et or et il n'y avait personne d'autre. Il n'y avait aucun Poufsouffle, je venais de sortir de la bibliothèque où j'étais allée emprunter un livre de Défense contre les Forces du Mal. Dean Thomas avait détourné les yeux et fait un pas en arrière pour se désolidariser de ce qu'il se passait alors que Weasley voyait bien que McLaggen était allé trop loin mais n'ouvrait pas sa grande bouche.
C'en fut trop.
J'ai donc fait ce qu'il ne fallait pas. Et j'ai fait voler ma couverture en éclats.
J'ai sorti ma baguette, j'ai regardé ces quatre imbéciles droit dans les yeux et...
Je me suis jetée à la gorge de McLaggen avant de lui donner un coup de poing au nez.
J'ai d'abord lancé un Flipendo à Ron Weasley un experlliamus à Finnigan. Le Gryffondor dont je ne connaissais pas le nom a tenté de me prendre le bras, mais je me suis baissée au dernier moment et je lui ai donné un coup de pied bien placé. Un furonculus a volé sur le visage de Dean Thomas. Finnigan et McLaggen qui avait le nez qui pissait le sang a tentèrent de me maîtriser, mais je tenais ma baguette comme si ma vie en dépendait et propulsai Finnigan à trois mètres en avant dans le couloir.
McLaggen serrait tellement mon écharpe qu'il manqua me faire tomber. Je trébuchai tout de même perdant mes lunettes, qui étaient fausses certes, et m'étalai de tout mon long. McLaggen en profita pour m'empêcher de bouger, s'asseyant sur moi. J'étais immobilisée, ma baguette à un mètre, ma dignité en pièces.
Un flashback pas du tout sympathique me revint en pleine tronche. Je revoyais mes agresseurs de septembre. Leurs regards amorphes. Sauf que cette fois c'était un regard sadique, une expression tordue dans la monstruosité qui me répondit. McLaggen prenait son pied. Il déchira ma robe avec un Diffindo bien exécuté.
Ron était derrière. JE voyais son visage pâlir et se tordre dans l'horreur :
« - Alors Ruva... ? C'est ça que t'as montré à Potter et Diggory ?
- Hey ! Essaya Ron. Elle a compris !
- La ferme Weasley. C'est toi qui voulais lui faire payer. Tu recules maintenant ?
- J'ai jamais voulu ça, hurla Ron. Dégage !
Mais McLaggen répondit en le stupéfixant. Dean Thomas était absent. S'était-il enfui ? McLaggen me sourit cruellement et se pencha vers moi quand...
« - EXPELLIARMUS ! Hurla une voix.
Il fut projeté comme un boulet de canon et je me tournais pour découvrir... Jonathan qui était aux côtés de Julia et Barbara qui avaient le regard pétrifié par l'horreur. Jo avait le regard grave et fou de rage. Il sembla se précipiter vers moi mais alla en fait vers McLaggen.
Il allait le tuer nom de dieu.
« - Espèce de salaud hurla-t-il, je vais te faire la peau !
- Jo ! Cria Julia, tu ne peux pas faire ça ! Il faut partir avant que les profs ne se ramènent.
Je regardai mon amie qui s'était rapprochée et m'aidait à me lever.
« - Allez dans la salle commune des Poufsouffles, dit-elle en souriant, apaisante. Je m'occupe du reste.
J'en fronçai les sourcils. Barbara tremblait près de moi et lança un regard à Julia qui s'était assombrie. Elle était en full mode Serpentard. Il ne fallait pas rester là.
« - Partez, siffla-t-elle. Tu ne veux pas être dans le radar de Dumbledore. N'est-ce pas Auré ?
Elle avait raison. Je partis donc du couloir avec la cape de Jo sur les épaules, suivie par lui et Barbara.
Dans la salle des Poufsouffles, toute la maison avait été rassemblée. Sitôt qu'un préfet avait posé le regard sur moi, la maison s'était rassemblée autour de moi. Cédric était préfet en chef donc présidait la réunion, il toussa alors que Jo prenait place devant moi comme pour me protéger, complètement indifférent aux regards noirs de Zelda. La préfète Lydia Cameron, se leva et demanda le silence :
« - Ok, on a donc une situation. Sachez que tout ce qu'on dira ici entre ces murs ne devra JAMAIS sortir. Personne au courant. C'est une affaire de Poufsouffles. Capiche ?
Tout le monde hocha la tête. J'étais hallucinée. Que se passait-il ?
« - Jo à toi.
Jo toussota.
- Bien. Comme vous le savez, Aurélia a été agressée en septembre par des élèves de sixième année appartenant à la maison des Gryffondor et des Serdaigles.
Je lui lançai un regard courroucé, etouvrai la bouche pour m'indigner mais Cédric, et toute la salle, était sombre et inflexible. C'est alors que Zacharias Smith se leva.
« - Les coupables ont été châtiés non ? Dit-il d'une voix trainante.
ATTENDEZ ? QUOI ?
« - De quoi parlez-vous ?
Cédric renifla de dédain.
- Croyais-tu vraiment qu'on allait te laisser te balader dans le château avec ces imbéciles en liberté ? On s'est occupés d'eux.
Depuis quand on était des Serpentards ?! C'est alors qu'une fulgurance m'apparut. On était bien pire que des Serpentards. Personne ne touchait à un blaireau, ou ne l'attaquait. On faisait front ensemble. TOUT pour le groupe.
Argh. Mes headcanons n'avaient pas vu ça venir.
« - Et puis on s'est rendus compte que quelque chose n'allait pas chez eux non ? Soupira un garçon de troisième année que je reconnus comme un camarade de classe de mon frère.
- Peut-être l'Imperium.
- Dans une école ? On avait repoussé cette hypothèse, lança Zelda. Et puis cette attaque n'a rien à avoir avec celle d'aujourd'hui.
- Tout à fait, dit Cédric. Aujourd'hui les choses sont différentes.
Il se leva alors que Jo s'asseyait et balaya la salle du regard.
« - Cette fois, Auré est attaquée car elle est proche de MOI et d'Harry Potter des Gryffondor. La réalité c'est que nous nous sommes aperçus que les enfants des anciens fidèles de Vous-Savez-Qui, ouvrent beaucoup leur bouche en ce moment.
Le silence fut assourdissant. J'en avais les yeux grands comme des balles de tennis. Cédric continua.
- Or, à partir du moment où elle a défié la peur que Vous-Savez-Qui apporte, ils n'ont pas supporté.
- Les Serpentards sont donc les ennemis ? Lança un camarade de Cédric.
- Ne l'ont-ils pas toujours été ? marmonna Ernie McMillan
- Je te prierais de laisser tes a priori de côté McMillan, renifla Jo. Une de mes amies est une Serpentarde et viens juste de me couvrir.
- Alors on fait quoi ? Demanda un Poufsouffle de deuxième année. On peut pas rester muets comme la première fois !
- Non. Car cette fois les Puristes vont attaquer, sans parler de ceux qui vouent une haine sans merci pour à Harry Potter.
- La liste est longue, siffla un septième année.
En effet...
- Harry est mon ami, lança Cédric. Et c'est aussi l'ami d'Auré.
Ne nous emballons pas.
- Nous le protégeons et il nous fait confiance. La situation d'aujourd'hui est la résultante de plusieurs facteurs. Vous savez ce qu'il risque de se passer.
- Une guerre sans merci. Les Gryffondors aiment pas qu'on leur pourrisse leur soi-disant honneur, les Serpentards adorent taper sur Potter et les Serdaigles se sont retirés dans leur tour. Ils savent qu'on est un seul corps, une seule maison. Ils hésiteront pas à taper sur vous pour atteindre Cédric et Aurélia, expliqua Lydia.
- Mais enfin ! C'est ridicule ! M'exclamai-je.
Toute la maison se tourna vers moi. Certains levèrent des sourcils.
« - Pourquoi... Pourquoi vous faites ça ? Je peux me débrouiller toute seule.
- Il faut croire que non Ruva, siffla Smith. Mais on t'en veut pas. Tu t'es bien défendue.
J'en fus bouche bée. Cédric sourit.
- Vous savez quoi faire. Ils attaquent ? On réplique. Personne seul dans les couloirs. Tout le monde groupé. Si on voit une attaque contre Potter ou Aurélia et mes amis soit...
- Julia Cassim, Barbara Sumpton, Eddie Carmichael et Katie Bell, énuméra Jo.
- Vous intervenez. On réplique ou on s'enfuit. C'est clair ?
- OUI CHEF ! Hurla la salle commune.
Puis ils se dispersèrent. Je me tournai vers Jo, ahurie.
Mais qu'est-ce que je venais de voir ?
Les Poufsouffles n'ont pas chômé. Comme ils l'avaient promis, j'avais toujours un allié dès que je me baladais dans les couloirs. Alors oui, c'était très gentil de leur part mais parfois lourd. J'en soupirai. Tout ça parce que ma Défense laissait à désirer. J'entrai dans la Grande Salle, perdue dans mes pensées, quand j'aperçus Harry assis à bonne distance de Ron lisant un livre tout en grignotant son déjeuner. Hermione était assise avec le Survivant et semblait essayer de lui parler. Je me figeais figeai un court instant. Est-ce que le trio était réellement mort à cause de moi ?
J'allais me détourner quand Harry leva les yeux de son livre et nos regards se croisèrent. Cela me coupa le souffle pendant un court instant. Il me regardait, inquiet et soucieux et m'adressa un sourire timide. Je me détournai rapidement et vint m'asseoir avec Katie, Julia et Barbara à la table des Poufsouffles. Jo parlait avec Zelda et Susan avec des membres de sa promo. Par contre, Cédric était disparu. Quelques ricanements et murmures accompagnèrent mes gestes. Katie semblait sur le point d'imploser :
« - Je vais leur faire la fête, je te le promets.
- Pourrait-on arrêter avec toute cette violence ?Répondis-je. Je suis fatiguée. Vraiment.
Barbara et Julia s'échangèrent un regard. La Serdaigle mis sa main sur la mienne avec un léger sourire compatissant alors que la Serpentarde préféra fusiller du regard les Gryffondors et Serpentards qui s'épanchaient en rumeurs et rires sardoniques. Les élèves de Durmstrang et Beauxbâtons semblaient curieux ou au mieux indifférents. Il s'agissait d'un problème interne après tout.
« - Voyons le côté positif, dis-je en me servant en riz. Les Serpentards et Gryffondors se sont enfin trouvé un point commun après tant d'années de conflit.
Julia roula les yeux.
« - Ouais les abrutis Puristes et racistes qui ont rien d'autre à faire que d'écouter papa et maman religieusement sans remise en question ? Lâcha-t-elle très énervée.
Je la regardai alors.
- Et toi ? Ça va ?
- Je suis une Serpentarde Auré. Je sais me préserver, renifla-t-elle. Inquiète-toi pour toi-même... Quoi Barb ?
Barbara avait tiré sa manche.
« - Granger, murmura-t-elle.
Je me retournai et vit en effet Hermione venir vers moi, les joues rouges à cause de l'attention que toute la Grande Salle lui accordait mais avait le regard droit et le nez levé. Elle était venue à coté de moi alors que Katie lui lançait un regard noir.
« - Granger, la saluai-je d'un ton sans émotion. Que puis-je faire pour toi ?
Ce fut comme si je lui avais balancé un seau d'eau froide à la figure. Hermione chancela mais était décidé fixai mon assiette, continuant à me servir en tomate farcie et sauce au poivre alors que le reste de la Grande Salle était presque silencieux, les élèves étrangers continuant à parler entre eux. J'admirai leur flegme.
« - Ruva je... Je voulais m'excuser.
Elle avait lâché ces paroles avec une voix un peu aiguë, ce qui était décrit dans le livre comme ses rares pertes de contrôle. Quand bien même... Je me refusai à al la regarder et me servis de l'eau.
« - Va falloir être précise. Je n'aime pas les excuses impersonnelles.
Hermione sembla tressaillir alors que les regards des Poufsouffles étaient soit sur la table des Gryffondors, ou soit sur la lionne qui n'était certainement pas bienvenue dans cette partie de la grande salle.
« - J'ai eu un comportement inqualifiable, certes motivé par la peur de perdre mon meilleur ami et la confusion de ces derniers mois mais... je n'avais pas à agir comme cela. Je n'avais pas à te parler comme je l'ai fait, et à détourner les yeux quand tu te faisais... chahuter.
- Oh, chahuter est un mot plutôt gentil pour qualifier ma situation, Granger, répondis-je acide.
- Je sais. Je... Je suis vraiment désolée. Je ferais de mon mieux pour réparer mes torts.
Je soupirai profondément. Elle avait vraiment mis les formes, la rejeter... Quoique les Poufsouffles me soutiendrai dans ma décision. Tout de même, j'avais beaucoup de choses à dire à Hermione. L'humilier non, mais je voulais être honnête. Je me tournai alors vers elle en pivotant sur le banc. C'était comme si la grande salle avait retenu son souffle. Les professeurs commençaient à s'intéresser à la situation, il s'agissait d'être brève.
« - Soyons claires Granger. Je n'ai jamais voulu te voler Harry ou quoi que ce soit, je crois qu'il est assez grand pour prendre ses décisions. Nous avons juste un point commun et des circonstances exceptionnelles ont fait que nous nous sommes rapprochés en tant que camarades. (je ne dirais pas ami). Heureusement pour moi, malheureusement pour mes agresseurs, il est celui qui m'a sauvée la vie en septembre dernier. Pour ça je lui suis redevable. Car ouais... Les rumeurs sont à la fois réelles et fausses. Je me suis faite agressée, je me suis vengée, et j'ai plus aucune patience pour tout les propos qui circulent et qui me concernent alors soyons claires une bonne fois pour toute.
Je me t tournai vers le reste de la Grande Salle tout en me levant. Je prenais un énorme risque, ça risquait de changer le canon mais il s'agissait de ne plus laisser ma maison ou qui que ce soit se battre pour moi.
« - Si on me touche encore une fois sans mon consentement, si on agresse mes amis, si on salit la réputation d'Harry, de Cédric, ou des Poufsouffles, SI on ose se FOUTRE de ma gueule. J'aurais la baguette à la main et j'hésiterais pas à m'en servir, quant à toi...
Hermione s'était reculée pendant ma diatribe. Je l'observai pendant quelques secondes puis laissai un sourire s'épanouir sur mes lèvres.
« - Je te pardonne. Mais soit moins impitoyable Granger. Le monde est pas noir ou blanc, il est gris et donc complexe.
Je me rasseyais et me décalais sur le banc.
« - Tu veux manger avec nous ? »
« - Tu mets donc Granger dans la confidence ? Demanda Jo alors que nous nous asseyions l'un à coté de l'autre en cours de Botanique.
J'hochai la tête, bien consciente que les Gryffondors de ma promo buvaient chacune de mes paroles.
- Je vais voir répondis-je. Elle serait une force et elle est loyale à Harry donc j'ai confiance en elle mais...
- Mais ?
- Mais pour le moment, j'aimerais trouver un cavalier pour le bal qui ne me prenne pas pour une pestiférée et penser au reste de la Mission Ecarlate à tête reposée après le Nouvel An.
- Je croyais que tu n'y allais pas ?
- Moi aussi. Mais j'ai décidé que je ne pouvais certainement pas laisser de la latitude aux crétins (j'appuyais ce mot bruyamment ce qui fit tourner la tête de certains Gryffondors), et laisser leur terreur me faire perdre.
- T'es dramatique d'une force.
- La ferme.
Jo me fixa pendant une seconde.
« - T'as demandé à Cédric ? dit-il d'un ton dégagé.
Je le regardai comme s'il avait perdu l'esprit. Euh... quoi ?
« - Il y va avec Cho non ?
Jo ricana pour toute réponse.
« - Oh, je pense qu'il serait capable de la lâcher pour toi.
Je roulai les yeux.
- Ouais car il est inquiet. Il a bien le droit de passer un super bal quand même.
Jo secoua la tête.
« - Tu es intelligente et sensible mais alors parfois t'es vraiment naïve.
- Et toi t'es un idiot.
Jo s'esclaffa.
- Sans doute. »
Après le cours de Sortilèges, je reçus un hibou noir corbeau dans la cour de l'école. Je fronçai les sourcils et m'assis sur un banc en pierre pour lire la missive jointe avec un petit paquet. C'était une lettre de Funi. Il me racontait que les tests avaient été concluants et que les boîtes compressantes (le nom qu'il avait donné aux contenants des Horcruxes) marchaient très bien, ainsi, ils attendaient la fin de l'année pour récupérer le reste, et il me fallait accélérer le mouvement pour recouvrer les informations sur les autres.
Pour Harry, ce n'était pas gagné mais il ne fallait pas désespérer. J'ouvris le paquet. Il y avait un parchemin enroulé avec des mathématiques complexes que je comprenais grâce à mon passif de S et une formule. Funi m'expliqua que c'était une formule de scan neurologique qu'ils avaient développé :
« - Nous nous sommes inspirés des scanners moldus. La radio que vous avez est la capture d'un cerveau sain, si vous utilisez la formule, une radio du cerveau du sujet apparaitra avec un diagnostic physique complet.
Ce qui me fait penser que vu ce que vous m'avez dit sur Harry Potter, il nous faudra certainement le faire aller à Sainte-Mangouste pour un examen. Son bilan santé est surprenant dans le mauvais sens du terme, il n'est pas allé UNE SEULE fois chez un médicomage ou un médecin moldu depuis sa naissance. Plus inquiétant encore, ces bilans de santé sont obligatoires à Poudlard comme pré-requis de rentrée et doivent être faits tous les ans, comme précisé dans les conditions d'admissions. Bref, Potter devra être soigné en cas de carence, je sais que vous vous inquiétez de sa santé.
Revenons aux scans. La formule permettra de cibler les traces de magie noire. Je vous ai laissé la marche à suivre pour interpréter les tâches mais si vous avez un doute, envoyez-moi une copie. Nous nous verrons au Bal de Noël. Réservez-moi une danse.
PS : Par pitié, essayez de garder votre calme. Un de mes agents vient de me dire que vous avez ENCORE ouvert votre clapet. Voulez-vous être envoyée au pujilat ?
Avec colère et amitié, Funi.
Je relevai le nez de mon parchemin et regardai frénétiquement autour de moi. IL AVAIT MIS UN AGENT DANS L'ECOLE ?
J'en soupirai puis me relevais relevai un peu énervée quand un garçon de Beauxbâtons m'aborda :
« - Salut me dit-il.
- Bonjour, répondis-je.
Le garçon avait un grand nez et les yeux marron. Ses cheveux bruns tombaient en mèches gominées par du gel coiffant. Il m'adressa un sourire éclatant.
« - Je m'appelle Thomas.
- Aurélia.
- Je sais. Enfin je veux dire.
Il toussota. Je levai un sourcil.
« - Je voudrais savoir... me feriez-vous l'honneur de m'accompagner au bal ?
Je marquai un temps d'arrêt. Quoi ? Thomas me regardait avec de l'espoir. J'allais ouvrir la bouche pour répondre quand j'aperçus ses amis derrière lui. Ils étaient en train de rire et semblaient être moins prompts à la politesse vu les gestes infâmes qu'ils faisaient. Je baissai la tête lentement, les poings serrés.
- Non merci.
Ce fut comme si Thomas avait mordu dans un citron pourri.
« - Pourquoi ? Je ne suis pas à ton goût ?
- J'irai par moi-même.
Dans ma tête ce fut un feu d'artifice. En effet. Je n'arrivais pas à croire que je n'avais pas pensé à ça dès le début. J'allai y aller par moi-même, avec la démarche d'une Olivia Pope, et la classe d'une Viola Davis. J'ALLAI Y ALLER SEULE.
Je souriais maintenant, ravie d'avoir enfin repris le contrôle de ma vie quand Thomas me lança une sale remarque :
« - De toute façon, on sait bien ce que tu fais aux garçons, cavaliers ou non.
Ce connard avait donc osé. Je le regardai de haut en bas en prenant mon temps.
« - Désolé, t'es pas mon type, dis-je d'un ton méprisant.
Puis je m'en allai en courant.
Le lendemain soir, tout le monde était dans la Salle sur Demande, dont Hermione Granger. 10 personnes moi incluse. La bande était complète et déterminée. J'avais demandé à tous d'être présents pour leur faire part de mes dernières découvertes et ouvrir un peu plus la valise aux secrets :
« - Les Horcruxes.
Il y eut un temps d'arrêt. Personne ne savait de quoi je parlais. Même Hermione. J'en soupirai et me redressai sur le fauteuil.
« - Voldemort est un puissant mage en magie noire, vous le savez. Il a repoussé les limites de cette magie, notamment pour allonger sa vie. Un sorcier vit plus longtemps qu'un moldu de toute façon mais il a voulu passer à la vitesse supérieure, atteindre l'immortalité.
Eddie laissa échapper un reniflement bruyant.
- Quel mégalo.
Harry en rit sur le coup. Je le regardai avec de gros yeux.
« - Désolé. C'est juste rare autant de cynisme...
- Je m'y habitue tout juste, soupira Cédric.
- Je peux continuer, demandai-je en levant un sourcil.
- Je t'en prie, sourit Eddie.
Je roulai des yeux mais repris mon speech.
« - Lord Voldemort a trouvé un moyen pour augmenter son capital vie. Et autant vous dire qu'il est comme une Hydre. On lui coupe une tête. Deux repoussent. Il va donc falloir l'écraser et être impitoyable. Pas de pitié. Aucune.
- Les Horcuxes ? Murmura Hermione.
Je me levai donc et me tournai vers Hermione qui se raidit.
« - Mais tout d'abord avant de vous dire les détails qui fâchent, je vais devoir vous tester.
- T'en as pas marre ? Tu nous testes tous les jours, s'exaspéra Jo.
- Je suis paranoïaque, Jo. C'est mon instinct de survie, et Merlin seul sait que toutes les personnes dans cette salle en auront besoin. On DOIT survivre. Granger, ne t'en fais pas, ça ne pique pas.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Un scan.
Tout le monde se regardait, sauf Hermione qui était Née-Moldue et qui connaissait le terme.
Je me retroussai les manches et tournai la baguette de trois ronds circulaires et quatre ondulations.
« - Cerebra charta revelio ratio, psalmodiai-je trois fois de suite.
Soudain, une projection apparut de ma baguette en bleu. C'était le cerveau d'Hermione en 3D... et des tâches noires étaient présentes sur certaine zones de son cerveau, notamment dans la zone de sa mémoire associative. Une sueur froide glissa le long de mon dos. C'était mauvais. Dans un grand silence, je déplaçai la projection et murmurai une nouvelle formule pour copier le schéma sur un parchemin. Je comparai le scan au schéma de base d'un cerveau sain. Je n'avais pas rêvé. Le constat était sans appel. Hermione Granger avait eu la mémoire modifiée et de façon très agressive. Sans doute de la Légilimancie. Par contre pas de tâches noires sur les zones commandant ses sensations et ses humeurs, donc aucune influence.
« - Auré ? Demanda Julia, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est quoi ces zones noires ?
- Je ne connais pas ce sort, dit Hermione d'un air curieux.
- Il est récent, c'est une invention du Département des Mystères.
- Depuis quand tu as une connexion avec le Département des Mystères ?!
- Depuis mon court séjour à St-Mangouste. Ils sont ceux qui me prennent en charge depuis le début.
- Tes contacts entraînés et compétents, compris Harry.
Je souris d'un air sombre.
« - Suivant. Cédric.
Je ne voulais pas voir le cerveau d'Harry de suite et répétai l'opération. Cédric avait une petite tâche noire sur la même zone qu'Hermione. Sa mémoire avait été modifiée.
Puis Julia, Katie, Eddie, Barbara, Susan et Jo furent testés. Les trois premiers avaient un cerveau sain, mais Jo...
Une tâche dans la partie des humeurs. Par déduction, il avait été frappé par un sort d'influence, au pire l'Impérium, au mieux une potion. Il fallait des tests plus poussés pour lui. Jo devint pâle en découvrant ses résultats.
« - Harry... Je te ferai passer les tests plus tard.
Harry me regardait, complètement neutre. Jo s'approcha de moi.
« - Alors ?
- Alors la situation est critique. Je vais devoir moi-même me faire tester. Je ne peux pas vous révéler la nature des Horcruxes avant janvier car si on vous force la main, comme je le soupçonne, c'est game over.
- Les tâches représentent quoi ?
Il fallait jouer cartes sur table.
- Des traces de magie noire. Sortilèges d'influence ou d'amplification, c'est difficile à dire, c'est pourquoi je les envoie à mon contact.
Je n'avais toujours pas révélé le nom de Funi et je ne comptais pas le faire.
« - Il les analysera mais ça prendra du temps. Pour l'heure tout ce qu'on peut faire c'est rester sous le radar et s'entraîner à la Défense. Hermione...
Elle se tourna vers moi.
- Je suis très sérieuse. PAS de recherches sur les Horcruxes. Il va falloir maîtriser ta curiosité naturelle.
Granger en rougit mais renifla en comprenant.
- Tu me dois un Gallion, dit Eddie à Katie.
Je les regardai d'un air halluciné. Eddie récupéra le Gallion en l'embrassant.
- On avait parié que tu avais encore plus grave que le retour de l'idiot.
Cédric jeta un coup d'œil à sa montre.
« - C'est l'heure.
Ils s'en allèrent tous et me laissèrent avec Harry. Le Survivant était assis juste en face de moi, les mains croisées en attendant mon examen. Je soupirai.
« - Harry, ton examen ne va sans doute servir à rien, tout simplement car tes résultats seront biaisés suite à euh… Tes cauchemars...
Car tu portes déjà un Horcruxe en toi et que ton cerveau pourrait être tout noir.
- Mais je vais quand même sortir un scan car peut-être qu'on se rendra compte de quelque chose.
Harry hocha lentement la tête. Je tournai ma baguette et sortit un scan. Comme je l'avais prédit son cerveau était couvert de tâches noires. Mémoires associatives, zones sensorielles...mais surtout la zone de planification et de logique, soit le lobe frontal. C'était le plus sombre. Comme si il avait reçut des inhibiteurs. Ciel... J'avais lu une fanfic sur le sujet, l'auteure avait dit que c'était des clichés sous acide qu'elle voyait tout le temps mais... et si y'avait pas de fumée sans feu ?
« - C'est si grave que ça ? Demanda Harry en me voyant pâlir sous la vision du scan.
- ça ne servirait à rien de te mentir, répondis-je en copiant le scan sur un parchemin.
Je le roulai et le mis dans mon sac en bandoulière. Harry hésita mais renonça.
« - Tu veux me poser une question.
- Rien ne dit que tu y répondras.
- Franchement Harry vu ce que tu viens de voir, je ne t'en tiens pas rigueur.
Potter joua avec ses mains puis se jeta à l'eau.
« - Est-ce que tu penses que Ron... est aussi. Enfin son cerveau… ?
- Probablement. Il faudrait le tester mais pour le moment, il n'a pas l'air d'être revenu à ses esprits.
- Il est désolé Auré. Crois-moi.
- Tu lui as parlé ?
- Oui. Je… C'est mon meilleur ami. Qu'est-ce que je suis supposé faire ?
- Harry... me pose pas des questions sur l'amitié, je suis la fille la plus exigeante qui puisse exister. C'est un miracle que Julia, Katie, Eddie, Jo, Cédric, Barbara et j'en passe soient d'accord pour me suivre. Enfin...
- Enfin... répéta-t-il...
Je souris légèrement et me levai.
« - Les résultats arriveront vite et nous pourrons passer à la suite. Pour le moment... concentre-toi sur le tournoi. Est-ce que Fol Œil te soupçonne ?
- Non. Je suis allé le voir plusieurs fois pour lui demander des « conseils », et il me fait pas mal de compliments.
- Crois-moi c'est pour le mieux.
- Je suis quand même pas à l'aise que le vrai soit sous sa garde.
- Je sais... c'est injuste.
Harry me regarda pendant un instant
- Tu dis qu'Hermione est impitoyable mais toi...
- Je suis froide ?
- Non. Tu ne l'es pas. Tu aimerais l'être. »
J'hochai la tête.
« - Je me bats tout le temps entre deux versions de ma propre personne Potter. La vraie moi, et celle que je suis obligée de devenir pour éviter les prochaines années telles qu'elles sont prévues.
Harry me regardait sans faillir.
« - C'est si... On va vraiment...
- Perdre des gens ? Oui. Beaucoup. »
Je me levai et mis mon sac sur mon épaule.
« - Allons-y. Il ne faudrait pas que Rusard nous attrape.
J'allais vers la porte quand Harry Potter m'attrapa le bras. Un silence passa entre nous. Pour la première fois, je l'observai réellement, et ne détournai pas mon regard. Il sembla qu'un éclair de génie, ou de folie... passa dans ses iris émeraude. Je ne savais pas ce qu'il allait demander mais... ça semblait no bueno.
« - Tu as un cavalier pour le bal ?
Je le regardai sans comprendre.
- Pardon ?
- Je t'ai demandé si...
Il se reprit.
- Est-ce que tu voudrais m'accompagner au bal ?
Il y eut un moment de flottement. Harry me regardait, plein d'espoir et, pendant un court instant je faillis dire oui. Failli.
« - Et tu as dit non ? Souffla Julia sans comprendre.
Nous étions assises avec Julia et Barbara dans la bibliothèque à lire des recueils sur la théorie de la magie noire. J'étais persuadée qu'il nous fallait au moins les bases et, même si Barbara n'était pas emballée, elle l'était bien plus que les Poufsouffles. Eddie était en train de donner des cours de danse aux piètres cavaliers en galère moyennement deux Gallions. Ce type n'avait aucune limite. Les vacances avaient maintenant commencées et le bal était le soir même. Toutes les filles gloussaient dans les dortoirs, entourées par des soins pour les cheveux, du maquillages, des robes et du matériel de spa portatif ( cette magie me sidère...). Moi, je n'avais pas la patience pour ces comportements de pintades . J'aimais bien me faire pouponner mais certainement pas me faire étouffer à coup de fard à paupières. Je ne signerais pas pour ça.
Sitôt que Jessica et Estelle, mes camarades de chambrée, posèrent le regard sur moi avec une étincelle plutôt folle dans leurs yeux, je m'enfuyais en courant presque.
J'avais envoyé un messager (un première année terrifié), à la salle commune des Serdaigles tandis que je rejoignis Julia à la porte des cachots. Je croisai Rogue en sursautant, plus sinistre que la normale et envisageai de le provoquer pour me faire coller, mais je me ravisai... Je ne voulais peut-être pas aller à ce bal de malheur mais il fallait quand même un peu de courage, par la barbe de Merlin !
« - Le pauvre... je veux bien que le flirt se traduise par suis moi je te fuis, mais tu as atteint un certain niveau, Auré.
Je la regardai avec mes yeux si écarquillés qu'ils semblèrent prêts à sortir de leurs orbites.
- Je ne flirte pas...
- Aurélia, dit Barbara de sa voix douce et presque inaudible. Tu flirtes avec lui.
- Mais non, je vous dis ! M'écriai-je presque.
Je baissai instantanément ma voix en voyant que Mme Pince me jetait un regard absolument meurtrier. Je serrai les dents, je ne voulais pas un exil forcé de la bibliothèque.
« - Le pauvre, répéta Julia.
- Le pauvre ? Je suis celle dans la mouise ! J'ai déjà une target sur ma tête à cause de rumeurs infondées, Fol Œil qui m'a à l'œil (sans mauvais jeux de mots), et j'avais dit que je ne voulais pas me rapprocher de lui pour des raisons évidentes.
- Entre ce que tu dis et ce que tu fais... y'a un monde Auré, soupira Julia.
Barbara hocha la tête.
« - Je comprends que tu t'inquiètes des conséquences, mais ce n'est qu'une danse... Tu ne vas pas te marier avec lui.
- Je confirme.
- Attends, tu connais aussi CE futur ?
- Tout à fait. Et j'en suis pas hyper fan.
Barbara pencha la tête sur le côté, absolument songeuse... Elle était adorable.
« - Mais avec tous les changements, le fait que nous soyons au courant... le futur a peut-être déjà bifurqué.
Je faillis défaillir mais soufflai profondément. Non. Changer le futur était ce que je voulais dans une moindre mesure. Mais pour le moment c'était juste le contrôler qu'il me fallait.
- J'espère bien, soufflai-je. Soyons claires, je veux un futur différent mais pas avant un certain moment. C'est une question de survie.
- On le saura, ricana Julia. Mais ce soir, c'est relâche. Va danser avec Potter, il paraît qu'il se débrouille assez bien en valse. »
J'en roulai les yeux.
« De toute façon, vu que j'ai refusé, il a sûrement demandé à quelqu'un d'autre non ?
- Hermione y va avec Krum, m'informa Julia.
- Je suis au courant oui... Mais une autre Gryff ? Parvati Patil par exemple ?
- Ah non, elle y va avec un type de Beauxbâtons.
Je faillis en laisser tomber mes livres.
« - Quoi ?
- Elle y va avec un dénommé Sylvain Duprée.
Je reniflai, méprisante. J'aimais pas les Sylvains.
- Et donc Harry n'a pas de cavalière ? Aucune ne veut se dévouer ?
- On ne voudrait pas te griller la priorité, rigola Julia, et puis moi j'y vais avec Cassius ClearWater de Serdaigle.
- Il a un lien de parenté avec Pénélope ?
- C'est son frère et il est surtout dans notre promo espèce d'empotée.
Je marmonnai que ma mémoire était pas revenue, mais Julia secouait la tête.
- Cédric y va avec Cho Chang.
- On le saura.
- Katie avec Dean Thomas.
- Tiens ? Je suis étonnée ?
- Nous aussi. Jo y va avec Zelda.
- Je ne comprendrais jamais leur relation...
- Beaucoup de sexe dans les salles de classes vides, lâcha Julia tranquillement. Quoi ? Dit-elle en voyant Barbara rougir, ce ne sont pas des enfants de chœur.
- J'y vais... avec Eddie, souffla Barbara.
- Susan avec Finch-Fletchey.
- Il est pas...
- Gay ? Si totalement, mais il en devait une à Susan qui ne voulait pas se retrouver seule. Après tout ça aurait fait mauvais genre pour l'héritière Bones... Sans parler des Serpentards qui voulaient lui demander. Susan aurait trouvé bizarre d'accepter alors qu'ils passent l'année à cracher sur votre maison.
C'était bien vrai. Je comptai mentalement qui n'avait pas de cavalier avant de réaliser...
- Donc je suis la seule à ne pas avoir de cavalier ?
- Avec Potter.
- Mais non arrête, répondis-je irritée. C'est un fichu champion et il ne se fait pas trop emmerder par l'école qui fait front commun pour lui et Cédric. Il a une cavalière, c'est juste qu'on ne sait pas qui.
- En tout cas Ron a une cavalière, dit Julia. Il y va avec Lavande Brown.
Je souris légèrement. C'est une avancée sur le programme. Julia remarqua mon rictus.
« - Mais tu le savais déjà.
- Crois-moi quand je te dis que je ne suis pas au courant de tout. »
20h sonna. J'étais apprêtée et en me regardant dans le miroir, j'étais si heureuse de ma classe incontestable que j'en dabbais.
« - Qu'est-ce que tu fais, me demanda Jessica, ma camarade de chambrée en me voyant m'agiter dans la chambre.
- Je danse.
- Ce n'est pas de la danse non, renifla Polly de l'autre coté du lit . C'est quelqu'un qui s'est mis un doigt dans une prise électrique.
J'en éclatai de rire. C'était une bonne blague. Estelle, qui mettait ses bas, se tourna vers moi.
« - Je préfère ça. Ton rire nous avait manqué.
Je rougis sous la déclaration et rassemblai mes cheveux en chignon. Jessica m'aida à attacher mon chignon avec des épingles et ferma ma robe. La parure était renversante. C'était une robe longue attachée au cou avec un col en V et des plumes sur le bustier. Elle épousait mes formes et tombait au sol, cachant presque mes chaussures noires à talons aiguilles. Des perles étaient piquées sur le bustier entre les plumes et des boucles d'oreilles dorées pendaient à mes oreilles. Le maquillage était discret, il s'agissait d'être élégante, pas provocante. Mes lèvres étaient rosées, les paupières foncées, les fausses lunettes rangées dans un étui et mon chignon désordonné mais avec des mèches qui encadraient mon visage.
« - Parfait ! Sourit Estelle. Ton cavalier va en tomber par terre.
- J'en ai pas.
Estelle faillit s'étaler de tout son long alors que Polly laissait tomber son poudrier. Jessica me regardait, hallucinée avec une épingle à cheveux dans la bouche. J'en soupirai.
« - Je ne veux rien...
- Comment ça tu n'as pas de cavalier ? Me coupa Jessica.
- Tu n'y vas pas avec Cédric ? S'écria Polly.
- Pour la millième fois...
- Et Jo ? Il a pas demandé ?
- Il y va avec Zelda...
Jessica sourit à Polly qui tirait la langue.
« - Tu vois ? Je t'avais dit qu'il y allait avec elle. Tu me dois trois Mornilles.
Je regardai donc Polly, vengeresse, lui jeter les pièces à la figure. Puis elle se tourna vers moi. Cette fille était effrayante.
« - Et Potter ? demanda Estelle. J'avais parié sur lui moi !
- Je n'y vais PAS avec lui.
- Il y va avec qui alors ?
- J'en sais rien ! Laissez-moi tranquille ! Merde à la fin ! »
Sur ces mots poétiques, j'empoignai ma cape noire pour me protéger du froid et sortit en de grandes enjambées avant de claquer la porte derrière moi. Mes trois camarades de chambrée s'échangèrent un regard.
« - Tu vois, s'esclaffa Estelle à Jessica. Je t'avais dit qu'elle était butée.
- Parier qu'elle les aurait envoyé chier... C'est du génie, marmonna Polly.
- Auré n'a pas vraiment changé. Elle est complètement paralysée quand on parle de romance, garçons et hormones. C'est bien pour ça que Diggory n'a jamais rien tenté, expliqua Estelle d'un ton docte.
- Et Potter est véritablement intéressé par elle, mais ça... elle ne le voit pas, soupira Jessica d'un air peiné.
- Vu tout ce que les garçons lui ont mis sur la figure à partir de la première année... Même si sa mémoire a disparu, les habitudes ont la vie dure, conclut Polly
Les deux autres hochèrent la tête et repartirent s'occuper de leurs toilettes.
Je descendis les marches vers la Grande Salle qui était déjà bien remplie et aperçut Jo en compagnie de Zelda. Zelda était renversante dans une robe couleur bleu nuit, alors que Jo buvait pensif un jus de citrouille dans une robe smoking noire mais le nœud papillon assorti à la robe de sa cavalière.
« - Salut, les saluai-je. Ça va ?
- Je m'ennuie déjà, geignit Jo. Quand est-ce que la fête commence ?
- Après la première danse des Champions, répondit Zelda en me glissant un regard sournois. Bonsoir Aurélia, où est ton cavalier ?
- J'en ai pas, souris-je largement. Je suis la définition même de ce que ça veut dire être une femme forte et indépendante.
- Ou seule... glissa-t-elle, mesquine.
- Tu sais Zelda... J'ai pas besoin d'un mec pour savoir que je suis formidable.
Je lui lançai un clin d'œil puis m'en allai avant qu'elle ne puisse répondre, Jo à moitié hilare, quand je croisai le chemin d'un élève qui failli me percuter.
« - Je suis désolé, dit-il avec un accent très slave. Je devrais mieux regarder où je vais.
Je découvris un garçon dans l'uniforme de soirée des hommes de Durmstrang aux cheveux blonds presque blancs et aux yeux clairs comme le ciel.
« - Aleksei.
- Aurélia.
- Enchanté. Je ferais de mon mieux pour ne plus vous percuter, plaisanta-t-il.
- Ce serait embêtant d'avoir des bleus, en effet, continuai-je avec un grand sourire, je ne saurais expliquer comment les avoir reçus.
Aleksei éclata de rire.
« - Je dois vous laisser, ma cavalière m'attends... Mais je serais honoré de vous offrir une danse un peu plus tard si vous me le permettez. Histoire de m'excuser pour ma grossièreté.
Cela me fit vraiment rire. Aleksei me salua, ravi, baisa ma main (YAAAH) et s'en alla avec un maintien digne d'un prince... Il pourrait même l'être. Franchement, plus rien ne me surprenais dans cette école de fous.
Je tournai plus guillerette ma tête vers la porte d'entrée quand je croisai le regard avec... Non vous le savez déjà, j'ai après tout une poisse hors du commun.
Harry Potter était à la porte et me regardait vexé les yeux assombris par l'énervement. Ginny Weasley était à son bras, ce qui voulait dire que le pauvre Neville était seul ! Oh pourquoi je pensais à Neville Londubat dans une telle situation ?
Enfin bref, Harry semblait furieux et paraissait débattre avec lui-même pour savoir s'il allait venir me voir maintenant ou plus tard. Je fis le choix pour lui. Je pris la fuite.
« - Et maintenant, les quatre champions vont ouvrir le Bal de Noël, comme l'oblige la tradition, clama Dumbledore.
Je m'étais réfugiée dans la foule alors qu'Harry et Ginny prenaient place au centre de la piste avec les autres champions. La musique commença. C'était une belle valse, colorée et amusante. Les professeurs rejoignirent les champions comme d'autres couples tels Jo et Zelda, Julia et Cassius, Barbara et Eddie, qui semblaient danser le trap plus que la valse, et bien d'autres. C'est alors qu'une main me toucha l'épaule.
J'en sursautai et faillis donner un coup de poing par réflexe à... Ron Weasley.
Sa robe était véritablement hideuse, il suivit mon regard et ses oreilles rougirent sous la honte.
«- Weasley. Je te prierais de ne plus me toucher sans mon aval, lui dis-je d'un ton glacial.
- Ruva... je voudrais juste...
Il s'interrompit, cherchant ses mots. Je croisai les bras.
« - Je n'ai pas toute la soirée Weasley...
- Je m'excuse. Enfin je... te présente mes excuses. J'ai mal agi et j'aurais dû...
Il prit encore une pause, mesurant mes ses propos alors qu'aucune émotion ne filtrait de ma part.
- Je me sens terriblement mal Ruva. Je n'ai jamais voulu que ça aille aussi loin...
- Weasley, le coupai-je.
Il me regardait avec des yeux plein d'espoir. Oh non mec. Non.
- Ne t'approche plus JAMAIS de moi à moins de cinq mètres. Sinon...
Je baissai le ton.
- Je te tuerais.
Et je le pensais. Ce que j'avais vu c'était de la lâcheté et tout ce que je haïssais chez les Gryffondors. Leur impudence, la façon terrible qu'ils avaient de se faire justice eux-mêmes sans chercher à piger les circonstances, ce manque de clarté, ce manque de réflexion, cette profonde imbécillité. Ron Weasley n'était pas mauvais. Enfin, je l'espérais. Mais tant que Voldy n'était pas vaincu je ne laisserais pas Ron entrer dans mes confidences.
Sur ce, je m'éloignai alors qu'il perdait ses couleurs. Il tituba vers sa cavalière alors que je partais en sprintant presque à la sortie quand quelqu'un (ENCORE) m'attrapa le bras.
« - Aurélia ? Que se passe-t-il ?
C'était Cédric. Je le regardai avec les yeux peut-être fous de colère et de peur.
« - Lâche-moi.
Il m'obéit instantanément alors que Cho venait à notre rencontre.
- Tout va bien ?
- J'ai soif. »
Et je le plantai là.
Les Bizarr Sisters avaient pris possession de la scène et la foule dansait maintenant en chantant sur la piste de danse. Les professeurs discutaient avec animation alors que des élèves s'embrassaient langoureusement dans les coins plus discrets. J'avais décidé de profiter de la vision de la lune nacrée hors de la Grande Salle. Certains adultes invités à la célébration fumaient et discutaient sur le perron, alors que des élèves s'embrassaient encore ou riaient avec des flasques probablement remplies de Whisky Pur Feu. J.K Rowling passait vraiment sous silence certains détails.
Ma cape entourait mes épaules alors que l'air froid s'infiltrait et me fit faisait souffler de la buée. Je pensais. Ou je ne pensais pas. Peut-être que je rêvassais. J'aurais été bien incapable de dire ce que je faisais seule, je voulais juste l'être.
Peut-être que cinq minutes passèrent seulement, mais cela me sembla être une éternité. Je reniflai. JE n'étais pas cette fille bon sang ! JE n'étais pas cette gosse solitaire qui pleurait sur son pauvre sort ! J'avais des amis à l'intérieur des murs qui s'inquiétait pour ma pomme et je le leur rendais bien ! Tout ce que je faisais c'était pour eux ! Si la guerre éclatait, il me suffisait de prendre un Portoloin avec maman direction les Barbades ou mon père se ferait muter dans une autre partie du monde, il en serait bien capable ! Mon frère, je l'assommerais avant qu'il ne se jette dans la bataille et je partirais sans aucun regard en arrière. Bref, j'avais des possibilités grandes comme des piscines olympiques. Funi gardait aussi mes arrières, je pouvais m'en sortir.
Mais ce n'était pas le cas d'Harry Potter. Le gars dont toute l'histoire était bâtie autour. Un môme qui avait été enfermé dans un placard sitôt un enfant pouvant marcher. Traité comme un moins que rien, PERSUADE qu'il devait se sacrifier pour des personnes qu'il ne connaissait pas et qui se foutait pas mal de sa propre vie.
Je n'avais jamais été maltraitée par mes parents dans le monde d'où je venais, mais j'avais reçu de la maltraitance morale. Chaque jour qui passait, je me sentais comme une crotte de fourmi. On me jetait dans les poubelles de mon collège, on me déchirait mes cahiers comme dans un mauvais manga japonais, on m'insultait et me trainait plus bas que terre. Ceux-là c'était tous des garçons. On me disait que certains avaient peut-être un faible pour moi mais je ne le croyais en aucune manière. C'était des gros connards qui avaient vu une fille sensible et fragile, et l'avaient détruite car c'était juste un hobby pour eux.
C'était seulement à mes 21 ans que je m'étais réveillée. C'était à mes 21 ans que j'avais donné un coup de poing au mur et que j'avais décidé de ne plus jamais être intimidée, abusée moralement. Que j'avais décidé de ne plus donner la clef de mon bonheur à d'autres. J'étais devenue forte, plus aucun homme ne me blesserait, je ne ferais confiance à personne d'autres qu'à moi-même.
J'étais une survivante.
J'éclatai de rire doucement.
C'était drôle... J'avais toujours dit que j'adorais les Serpentards, que je les comprenais et que j'aurais voulu être comme eux. Des battants qui savaient s'adapter. Avant mon réveil, j'étais certainement une Serdaigle. Une Poufsouffle aujourd'hui ? Cela me semblait logique, j'aimais mes amies, j'aimais la loyauté... Et je ne rêvais pas forcément de grandeur. J'avais de l'ambition certes, mais pas au prix de la dignité d'autrui. J'étais une Poufsouffle. Une vraie. Pas idéaliste. Pas bisounours. Un blaireau avec le potentiel Serpentard et l'esprit d'une Serdaigle. J'étais l'antithèse d'un Gryffondor.
C'était pour cela qu'il fallait que je reste. C'était pour cela qu'il fallait que je me batte. Ces personnes dans cette salle étaient réelles, pour le meilleur comme pour le pire. Leurs vies n'étaient pas de la fiction, en fait non... ils n'étaient plus de la fiction. Ils étaient des personnes avec des doutes, des sentiments, des peurs, des rêves... Et j'allais les sauver.
J'inspirai et expirai profondément puis me tournai pour marcher vers la Grande Salle.
Les danseurs buvaient en grande majorité, les Bizarr Sisters avaient quitté la salle pour un petit entracte, et un spectacle intéressant était à leur place.
Un homme avec sa baguette, comme un chef d'orchestre, manipulait des instruments qui jouaient tous seuls. Un violon en bois doré, une harpe cristalline, un piano, un violoncelle... et il chantait en même temps. C'était des paroles anglais mais avec un fort accent français, ce qui n'était pas désagréable. J'en souris. La musique était douce et mélodieuse, lente et planante... C'était un slow. Plusieurs de mes amis y étaient. Jo et Zelda dansaient sur le coté droit, Zelda reposant sa tête sur le torse de Jo qui avait les yeux perdus dans le vague. Étonnamment, Barbara et Eddie étaient aussi présents, Eddie ne riait plus et avait sa main posée sur la joue de la timide Barbara, toute rouge à cause de la chaleur, de la biéraubeurre ou des sentiments que je n'avais apparemment pas aperçus...
Cédric et Cho étaient absents, je vis Ginny Weasley discuter avec Hermione et Viktor Krum, assis sur trois chaises.
Je tournai la ma tête pour apercevoir les jumeaux Weasley avec Katie qui riait à leurs blagues, entourée par Angelina et Alicia. Puis je l'aperçus.
Il était en train de boire un verre en compagnie de Neville Londubat et Seamus Finnigan qui recula sitôt qu'il croisa mon regard. Je lui jetais jetai un regard froid puis m'intéressai à Harry.
« - Potter.
- Ruva, répliqua-t-il
- Bon moi je voua vous laisse, murmura Seamus, j'ai cours de...Bavboules.
- Moi aussi, imita Neville.
Puis ils détalèrent. Peureux.
Le reste de la salle nous regardait sans doute car je sentais beaucoup de regards sur moi, mais... Je préférai les ignorer.
« - Tu passes un bon bal ?
- Plutôt, répondit-il en jouant avec son verre de biéraubeurre, compte tenu des circonstances.
- Oh ?
- Un mage noir qui veut ma peau, un tournoi mortel, une fille qui me rejette sans aucune délicatesse... une soirée normale quoi, énuméra-t-il.
Je ne pus m'empêcher de sourire.
« - Gryffondor n'est vraiment pas ta maison.
Harry leva un sourcil.
- Tu sembles savoir trop de choses sur moi.
- Je vois le futur.
- Et une partie du passé... Or tout revient à moi n'est-ce pas ? Toutes les personnes dont tu sembles avoir des précisions sont dans mon entourage...
- C'est la conclusion d'Hermione ?
- Non, juste la mienne, ricana le Survivant. Elle a même dit que je me trompais et que tu étais une agente du Département des Mystères.
Je faillis éclater de rire, mais préférai me servir un verre de biéraubeurre avec amusement.
« - J'ai une proposition pour toi.
Harry me regarda sans faillir, il n'avait pas détourné ses yeux même quand je me servais en boisson.
« - Je t'écoute.
- Une danse... et tu pourras poser toutes les questions que tu souhaites. Par contre. Juste une chanson Potter.
- Tu aimes dicter tes conditions, n'est-ce pas ?
- Le contrôle c'est tout ce que j'ai.
Harry médita ces paroles... Il m'étudia un instant, scrutant mon visage de son regard émeraude. J'en profitai pour le regarder. Il avait revêtu son costume de soirée vert bouteille et un petit P se détachait sur sa robe avec deux baguettes croisées. Il me remarqua faire un temps d'arrêt.
« - Que... ce blason ?
Harry s'étonna mais me répondit obligeamment.
« - P pour mon nom. Apparemment c'est la tradition pour les champions.
Non... Ce n'était pas ça. C'était autre chose. J'en fronçai les sourcils mais descendis mon verre d'un trait. Ce n'était pas encore le moment d'enquêter sur cette théorie.
Une nouvelle chanson démarra. Harry me jeta une œillade.
« - C'est l'heure.
Je pouffai.
- ça t'amuse hein ?
Harry sourit largement et se contenta de me prendre la main pour m'entraîner sur la piste de danse. Certains élèves se décalèrent. J'aperçus Jo sourire comme à une belle blague en me voyant et Eddie chuchoter quelque chose à l'oreille de Barbara. Encore un pari je présume.
Harry me guida par la taille. Très galamment, il me prit la main droite et me laissa prendre son épaule gauche. Nous évoluions très lentement en tournant.
« - Tu danses bien, m'étonnai-je.
- McGonagall ne m'a pas lâché pendant deux semaines avec toute la maison, plaisanta-t-il, mais toi ?
- Cours de dernière minute de la part de tous les Sang-Purs de la maison. On a même fait des groupes de niveau.
- Pragmatique.
- Tu comprendras au fur et à mesure que les Poufsouffles SONT pragmatiques. Il faut bien l'être dans un château pareil.
Harry hocha lentement la tête. Une fugace expression coupable passa sur son visage.
- Je me rends compte que je ne connais pas bien votre maison.
- Et celle des Serdaigles quoique...
Je pensais à Luna Lovegood, mais il ne l'avait pas encore rencontrée... Il aperçut mon regard songeur.
– Encore quelque chose que je ne sais pas ?
- Cela ne s'est pas encore passé.
Il pencha légèrement sa tête sur le coté puis inspira.
« - Alors quelles sont les règles ?
Je ne compris pas tout de suite avant que je réalise qu'il parlait de mon interrogatoire. J'en ris.
« - Je croyais que ça avait déjà commencé. Il faut gérer ton temps Potter. La chanson avance.
Harry roula des yeux mais sourit légèrement.
- Première question : Pourquoi tu as refusé de venir avec moi au bal ?
- Car tu étais supposé y aller avec quelqu'un d'autre.
- Avec qui ?
- Parvati Patil.
Harry fronça les sourcils, mais je rigolai.
« - T'étais en galère de cavalière. Tu avais demandé à Cho Chang mais elle a préféré y aller avec Cédric, Ron c'était Fleur Delacour.
- Il a vraiment demandé...
- C'est une vélane. J'imagine bien.
Harry hocha la tête.
- J'avais donc demandé à Parvati…
- Et Ron serait allé avec Padma, sa sœur jumelle à Serdaigle.
- Je vois... mais tu me mens non ?
Je le regardai sans comprendre. Harry soupira.
« - Est-ce que c'était vraiment la seule raison ? Que tu voulais suivre le déroulement du futur que tu connais et que c'est pour cela que tu as refusé ?
Un court silence. Ça m'avait coupé le sifflet. Harry me regardait vraiment, il voulait de l'honnêteté. Je soupirai. Il avait raison, j'avais promis.
« - Je... J'avais peur.
Cela le prit au dépourvu.
- Pourquoi ?
- C'est compliqué.
- Essaie.
Il avait dit cela avec autorité mais pas agressivité. J'hochai la ma tête en retour et détournai mon regard.
« - J'ai pas une vraie chance avec les garçons. Quand on me demande de tourner sur une piste de danse, je prends ça comme une blague. Et puis je venais d'essuyer trois agressions dont une verbale. C'était pas le bon moment.
Un autre silence. Cette fois, je le sentais serrer un peu ma main droite.
- Et sans ça ? Il y aurait eu un bon moment ?
Sincérité.
- Non. Je ne crois pas.
Je le regardai finalement. Une expression soucieuse était apparue sur son visage.
- Je ne fais confiance à personne Harry. C'est pas contre toi. C'est une question de survie. Je ne suis pas celle pour qui on se bat. Je suis celle qui se bat pour les autres. Je ne suis pas celle qu'on drague. Je suis celle à qui on demande le numéro de téléphone, pardon le hibou, de sa pote. Je suis le personnage secondaire de ma propre histoire et je le sais depuis 25 ans.
Je m'interrompis. Mais trop tard, mes derniers mots n'avaient pas échappé au Gryffondor.
« - 25 ans ?
Tant pis. J'inspirai.
- Je viens d'un futur proche. Dans ce futur, j'ai 25 ans, j'habite dans un pays différent, ma famille est moldue et j'ai une passion pour l'écriture. Une saga en particulier m'a influencée dans cette passion en devenant une pierre angulaire de mon écriture. C'est une référence pour moi et pour le monde entier. Cette saga... C'est celle d'Harry Potter.
Ce fut comme si je lui avais décoché une flèche en plein cœur. Harry pâlit car il savait que j'étais très sérieuse.
« - Que...
- Je sais que c'est difficile à avaler.
- Je suis un personnage de fiction ?
- Non. Tu n'es pas... Le Harry Potter du livre était différent.
- En quoi ?
- Je ne saurais te le dire. Mais beaucoup de détails que j'ai découvert ici sont différents. Ma maison, les Serpentards, la violence... tout est plus fort, plus intense, plus...
- Réel ?
- Pas seulement. Harry, les évènements sont effectivement écrits dans le livre mais les personnages... c'est une interprétation comme une autre. C'est pour cela que tu es différent pour moi.
Cela sembla le calmer, mais il n'en avait pas fini. La chanson continuait encore à tourner...
« - Qu'est-ce que tu sais sur moi ?
- Beaucoup de choses.
- Est-ce que tu sais... pour Sirius ?
- Oui. Et il est bien innocent. Harry, je t'aiderais à le faire libérer.
Harry faillit me lâcher mais continua à me guider.
- Ton histoire commence lors de ton entée à Poudlard, me sentis-je obligée de préciser. J'ai aussi des anecdotes sur ta jeunesse, tes parents, jusqu'à ta... dernière année dans l'école.
- Tu sais ce qu'il se passe après ? Après Poudlard ?
- Oui... souris-je. Tu seras très heureux.
Cela le prit au dépourvu.
- Tu as dit que Voldemort...
- Serait de retour oui.
- Est-ce que je...
- Je m'en doutais.
Je le regardai avec un air plus sombre.
- Tu te doutes que tu es celui qui va le détruire n'est-ce pas ?
- Je ne suis pas naïf... Et puis ta propre intervention...
- On n'est pas obligé d'en passer par là.
- Alors pourquoi ?
- Une prophétie. Il existe une prophétie te concernant et elle a été interprétée d'une certaine façon par Voldemort et Dumbledore.
- Le professeur Dumbledore...
- Je ne lui fais pas confiance Harry.
- Je m'en suis aperçu... quand tu as refusé qu'on le mette au courant.
La musique baissait de plus en plus... Elle arrivait à son terme. J'allais me détacher de lui quand Harry me força à rester à ses côtés. Nous ne bougions plus, seulement à quelques centimètres l'un de l'autre.
« - J'ai une dernière question.
Il se pencha vers moi.
- Pourquoi interviens-tu si tu penses... si tu sais... que ça va bien se terminer ?
- ça semble évident non ?
Je souris.
« - J'ai toujours eu un faible pour cet idiot trop gentil, généreux pour son propre bien.
Harry se figea. J'en rougis. Merlin, qu'avais-je dit ?
« - Le personnage. Et puis je t'ai rencontré et euh... Je t'apprécie... comme un ami. Voilà. Un ami.
- Hm ?
Il souriait largement comme s'il avait gagné le jackpot. Je secouai la tête, navrée.
« - Bref. Je veux t'aider car j'aide mes amis. Je suis une Poufsouffle. Je suis programmée pour.
Sur ces derniers mots je m'éloignai d'Harry et le saluai avant de quitter la piste de danse. J'empoignai ma cape que j'avais laissée sur la chaise quand un garçon vint à ma rencontre.
« - Tu t'en vas ?
- Oh oui... désolée Aleksei.
- Pas de soucis. Par contre j'ai ça pour toi.
Il me donna un paquet emballé avec soin dans du papier kraft argenté. Je lui lançai un regard interrogatif.
« - De la part de Mr. Funestar. Il s'excuse de son absence mais une découverte impromptue l'a forcé à rester plus longtemps au Département.
J'ouvris grand les yeux.
- Vous êtes...
- Appelez-moi en cas de problèmes, Miss, dit-il avec une voix soudainement dénuée de tout accent slave. Vous êtes protégée... d'ailleurs...
Il se pencha vers moi pour me souffler à l'oreille :
« - Nous nous sommes occupés de Mr. McLaggen, Mr. Finnigan et Mr. Weasley. Ils savent à quoi s'attendre s'ils vous touchent encore. Le Département cherche des cobayes de bonne qualité après tout. »
Il me lança un clin d'œil et s'en alla en sifflotant.
