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Lettre du capitaine Fergus Reid au Roi Rhoam Bosphoramus Hyrule
An 4 avant le Fléau

Pendant près d'un siècle, le désert Gerudo fut sous occupation militaire et juridique du royaume d'Hyrule. Suite à de nombreuses guerres opposant les peuples gerudos à l'armée hylienne, une armistice parvint à être signée, mettant à genoux les femmes des sables, et octroyant les pleins pouvoirs aux soldats dans leurs cités. De nombreux forts, voués à faciliter l'organisation des troupes dans la région, furent bâtis.
Le fort Nodens, dont il est ici question, est l'un d'entre eux. Cette lettre a été retrouvée non loin de ses ruines, aux côtés d'une carcasse d'oiseau. Il semblerait qu'elle n'ait jamais quitté le désert.


Votre Altesse,

Me voici dans l'obligation de vous prier par avance de m'excuser cette lettre courte et probablement très confuse.

Je suis actuellement emprisonné et courant de grands risques pour vous faire parvenir ces paroles. Le fort Nodens n'est plus. Je suis indigné d'avoir failli à le protéger et prie Son Altesse de m'être miséricordieux. En guise d'avertissement, nous n'avions reçu qu'hier un messager du fort Albius, qui nous prévenait d'une attaque très prochaine de rebelles gerudos ; le fort Albius ayant justement été mis à feu et à sang par ces sauvageonnes. La Déesse seule sait si votre Altesse a déjà pu être informé de tout cela. Je ne me rends compte qu'à présent que je suis leur otage que les Gerudos ont massacré tous nos oiseaux et messagers dès lors qu'elles les croisaient. J'ignore combien de nos forts sont déjà entre leurs mains, combien de leurs cités ont été libérées de notre occupation… J'ignore encore plus ce qui leur a permis de réveiller une telle organisation militaire.

Néanmoins, je peux informer Son Altesse qu'elles sont menées par un homme, sombre de peau et aux cheveux rouges, à leur image. J'ai cru comprendre qu'il se nommait Ganondorf. Redoutable combattant et stratège, je l'ai vu égorger beaucoup de nos soldats sans une once de pitié. Sa cruauté n'a d'égale que celle des barbares sous ses ordres, qui ont brûlé vifs tant de nos hommes en hurlant :

« Assassins ! Violeurs ! Retournez dans l'enfer d'où vous êtes issus ! »… J'ai eu la grâce d'avoir été fait otage, aux côtés d'une infime poignée de mes hommes, et j'ai cru comprendre que cela était dans le seul but de nous utiliser comme monnaie d'échange – contre quoi ? La liberté de leur peuple, j'imagine. Mais comment une armée de voleuses et meurtrières peut-elle avoir le culot de vouloir obtenir notre respect en perpétuant une énième fois dans son histoire des vols et des meurtres ? Ces brutes me dépassent.

De ce que j'ai pu voir lors de la bataille, plusieurs des grandes cités gerudos se sont alliées, et ont également obtenu le soutien d'un clan sheikah qui m'est inconnu. Ces monstrueuses guerrières prévoient sans nul doute de s'en prendre au fort Branwen bientôt. Tout du moins, il s'agirait de la suite logique de leur itinéraire, mais comment prédire les actions de telles dégénérées ?

Je ne peux que dire à Son Altesse que notre sort est entre ses mains – mais tout autant que le sort des Gerudos, car il ne tient qu'à nous de leur faire payer les vies de tous nos braves hommes qu'elles ont assassinés…

J'en remets le sort de cette lettre à la Déesse. Puisse ma bonne étoile guider mon oiseau jusqu'à Sa Majesté, entre les tirs de flèches de ces sorcières.

Je vous prie de bien vouloir croire, votre Altesse royale, en l'assurance de mes respectueuses et honorables salutations.

Capitaine de ce que fut le fort Nodens,

Fergus Reid