Et on y est... Ce chapitre a été difficile à écrire pour beaucoup de raisons.
La première étant que j'ai perdu TOUT ce que j'avais écrit suite à un dysfonctionnement de mon ordinateur. J'ai donc TOUT perdu, les autres fanfics incluses.
La deuxième... j'écris un OS en ce moment, et cet OS m'a fait prendre conscience que certaines choses que j'avais calculé pour plus tard devraient devaient arriver plus tôt... Ainsi. On y est.
C'est un chapitre massif, qui va vous reveler révéler beaucoup de choses sur Aurélia, le Spectre et Funestar.
Yall not ready.
Chapitre 6 : No Mourners, No Funerals
Saul Funestar n'était pas une âme solitaire mais indépendante.
Il avait passé toute sa scolarité à Poudlard à lire des livres, à se cultiver, souvent seul dans le parc ou dans une salle de classe vide. Il n'aimait pas la foule, il s'entendait bien avec tout le monde mais n'était pas attaché à qui que ce soit. Mère seule, père qu'il n'a jamais connu... Il n'avait jamais eu de peine de cœur, Funestar ne comprenait pas l'idée même de relations romantiques.
A la sortie de Poudlard, il entra dans le Département des Mystères en section recherches et se prit d'intérêt pour la magie et la recherche temporelle. Saul Funestar était l'un des rares chercheurs à être allé dans le monde moldu pour étayer ses thèses. Entrela théorie des cordes et la physique quantique, il se rendit vite compte que les moldus étaient aussi avancés que les sorciers sur le sujet et en put en faire la démonstration plusieurs fois. On le prit pour un original ou un cinglé, surtout alors que la guerre arrivait à peine à son terme. On essaya de le faire rentrer dans le rang en le mutant dans le Département des Opérations, qui dirigeait les Langues-De-Plomb Briseurs de Sorts en mission. Funestar se résigna alors et seul, continua à faire son job sans s'attacher à qui que ce soit.
La guerre prit fin, il voulut croire à un changement, on lui refusa la possibilité d'ouvrir un Département Magico-Scientifique. Encore une frustration, ce système était trop ancré dans la domination des Puristes et rien ne le ferait bouger.
Funestar était un chercheur, un scientifique, pas un guerrier ou un révolutionnaire. Trop de personnes étaient fatiguées par la guerre et les Puristes avaient profité de tout cela pour mater toute évolution vers un monde plus ouvert et juste.
Pour le faire taire, on approuva finalement son transfert dans le Département Temporel en tant qu'assistant du Directeur Temporel de l'époque, Archidéus Kirke. Funestar s'en contenta, il se brida... Il en devint médisant.
Puis, alors qu'il faisait ses cartons pour aller dans le Département Temporel, on lui demanda de fermer un dossier. Celui mené par l'agent Spectre, un agent spécialiste du renseignement qui n'avait aucune identité connue. Le John Doe du service... et son seul ami. Mais cela était une autre histoire, pour une autre fois.
La première fois que Funestar aperçut Aurélia, elle flottait au-dessus de la maison des Ruva, en hurlant à la mort. Elle avait les yeux qui brillaient comme des ampoules et des éclairs bleuâtres entourant entouraient ses mains comme des menottes magiques. Les trois autres membres de sa famille étaient sur le toit, protégés derrière un sort de protection développé par la baguette de la digne Annabelle Ruva mais tandis qu'ils essayaient de la faire descendre en lui lançant une corde. Oh Merlin.
Après l'avoir faite descendre et emmenée à St-Mangouste ou où une unité d'urgence avait été déployée, Funestar passa trois jours à observer Aurélia Ruva alors qu'elle faisait exploser de sa magie dans la salle. C'était comme regarder le centre d'un cyclone, une puissance magique incommensurable dont une partie était compressée en elle et une plus massive diffusée dans l'air. On lançait n'importe quel projectile vers elle, il disparaissait sans aucune trace. Il n'y avait pas de transformation ou de de destruction. Il s'agissait d'une compression spatiale... Elle était en plein milieu d'une dimension spatio-temporelle séparée de leur plan à la superficie d'une salle ! Incroyable !
Puis, enfin elle revient revint et Funestar regarda les Guérisseurs prendre le relais, enfin soulagés qu'elle soit enfin stable et rentra chez lui pour piquer un somme.
Leur première rencontre fut... édifiante.
Funestar était entré dans la chambre de St-Mangouste pour s'apercevoir qu'Aurélia Ruva avait disparue. Perplexe, il se rendit compte qu'elle n'était pas avec sa famille et qu'elle avait quitté l'hôpital en toute discrétion. Long soupir. Il n'avait pas vu ça venir.
Il retrouva la jeune fille en plein monde moldu, ce qui fit grincer des dents toutes les Langues-De-Plomb qui étaient dans son unité à sa recherche. Ce fut le Spectre qui la trouva en premier, il resta en arrière sous l'apparence d'une vieille dame et observa la situation avec un grand intérêt.
Funestar s'approcha d'Aurélia qui regardait les écrans de Picadilly Circus, les yeux écarquillés comme un hibou. Elle était crispée et complètement paumée, comme si elle n'arrivait pas à croire qu'elle était là. Le sorcier, habillé plutôt élégamment sous un manteau noir comme toutes les autres Langues-De-Plomb, toussota pour signaler sa présence.
La jeune Ruva se tourna instantanément vers lui, comme si elle était prête à lui donner un coup de poing au nez.
- Bonjour, Mlle Ruva. Nous vous avons cherché partout.
Aurélia recula d'un pas en serrant sa main. Funestar ne put s'empêcher de laisser échapper un sourire. Voilà une situation qu'il n'avait pas vue vuarriver(venir ?).
- Que voulez-vous ?
- Juste vous ramener à l'hôpital. Votre corps est encore faible, il a besoin de soins, répondit Funestar avec patience.
- C'est un mensonge... Vous voulez me disséquer dans une de vos salles et m'utiliser comme cobaye, siffla-t-elle.
Funestar fronça les sourcils. Aurélia Ruva avait dit au personnel médical qu'elle souffrait d'amnésie, mais quelque chose le turlupinait.
- Vous savez donc... qui je représente ?
- Mes parents ont glissé quelques mots.
- Vous en savez bien plus.
Ce n'était pas une question mais une affirmation. Aurélia perdit sa peur en un court instant,et Funestar put apercevoir une grande ironie moqueuse dans ses yeux. Tiens ?
- Je ne vous suivrez pas.
- J'ai bien peur que vous n'ayez pas le choix.
- Je peux hurler maintenant et faire en sorte que les Moldus nous voient. Nous parlons d'un endroit central de Londres où des centaines de personnes passent chaque jour... Je ne pense pas que les Oubliators pourront s'occuper d'autant de monde.
- Cela ne m'empêchera pas de vous ramener.
- Oh certainement, mais voyez-vous... j'aime le chaos.
Funestar fronça d'autant plus ses sourcils. Aurélia Ruva était une enfant qui avait été décrite comme plutôt sensible mais amusante par ses parents. Ce qu'il avait devant lui… C'était autre chose. Une personne qui s'exprimait de manière incisive et sans aucun mensonge. C'était... Une carte piège de première catégorie.
- Vous n'êtes pas Aurélia Ruva.
Aurélia se figea un court instant et sourit légèrement.
- Je ne le suis plus. »
Elle refusa d'ajouter un mot mais ne fit pas le scandale qu'elle avait promis. Funestar vit qu'elle le regardait avec un intérêt non feint, comme si elle voulait lui dire quelque chose d'important. Ainsi soit-il, il lui en donnerait la possibilité.
Il passa la soirée à éplucher des dossiers... Et trouva un seul cas similaire à celui d'Aurélia. En conclut qu'elle était sans doute une nouvelle exception de la loi du temps et de l'espace. Elle était une fusion, mais pour cela il devait en être sûr à cent pourcent.
Leur première réunion fut silencieuse. Aurélia refusa purement et simplement de parler. Funestar lui offra offrit du thé et l'observa dans son bureau. Aurélia lisait un livre sous son nez avec une impolitesse délibérée. Elle était plongée dans une méthode de Défense Contre les Forces du Mal, chapitre self-défense. Funestar réfléchit en silence.
Il avait entre-aperçu une guerrière lors de leur première discussion. Elle ne faisait que l'approuver. Avait-elle vu un monde en guerre ? Venait-elle d'un monde en guerre ?
Leur deuxième rencontre fut l'occasion de l'entendre parler pour la première fois. Funestar l'amadoua en lui donnant un livre d'Art du Combat utilisé par les Aurors. Aurélia leva un sourcil mais parcourut le recueil.
- Intéressant, lâcha-t-elle.
- C'est le livre de chevet du Directeur de Département, il pense le faire entrer dans la nouvelle formation. Il est dur mais efficace.
Aurélia hocha frénétiquement la tête en approuvant. Funestar essaya alors :
- Pourquoi tant d'intérêt pour ces disciplines ? Nourrissez-vous le projet d'être Auror ?
- Plutôt crever, laissa-t-elle échapper.
Funestar leva un sourcil. Donc, c'était une personne qui se préparait à se battre sans pour autant nourrir le projet d'être une guerrière. Elle l'est le faisait par nécessité.
- Donc... Vous n'avez pas le choix.
Elle se figea et regarda Funestar qui la détaillait du regard. Elle ferma le livre brutalement.
- Arrêtons de tourner autour du pot, Funestar. Vous n'êtes pas ni bête ni stupide. Vous me percez à jour depuis le jour un, mais je ne suis pas dans une salle où vos collègues me dissèquent le cerveau. Donc... où Ou vous me mentez et en ce moment je suis surveillée par une vingtaine de Langues-De-Plomb qui attendent de tirer sur moi à vue et avant de m'enfermer dans une cellule de votre musée des horreurs OU vous êtes réellement intéressé par ce que je suis.
- Aucun humain n'est hermétique, répondit Funestar avec calme. Et vous ne l'êtes certainement pas. En bataille explosive vous manqueriez sérieusement de flegme.
Aurélia ne put s'empêcher de sourire avant de reprendre son sérieux.
- C'est donnant-donnant. Je ne me révèle pas sans quelque chose en retour.
- Je vous écoute.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi suis-je ici ?
Funestar hésita. Mais Aurélia Ruva la le regardait avec interrogation. Elle testait la sa confiance. Elle voulait savoir si elle pouvait se confier. La Langue-De-Plomb soupira et hocha légèrement la tête.
- Vous êtes une fusion spatio-temporelle. En clair, votre âme a été transportée d'une autre dimension ou une autre temporalité pour s'insérer ici. Il se pourrait que l'âme que vous avez remplacée soit à votre place dans votre corps d'origine ou supprimée... Il y a beaucoup d'hypothèses mais il n'y a eu qu'un seul autre cas par le passé. Ainsi... Venez-vous d'un futur proche ou d'un passé ? D'un monde avec ou sans magie ? »
Aurélia avait le souffle coupé. Elle en fit tomber son livre. Funestar baissa ses les yeux. Il avait tapé juste.
« - J'étais apprentie chimiste, lâcha-t-elle bien plus tard. »
Elle lui confia la vérité, ils mettaient leur plan en place pour se battre au moment venu.
« - A votre avis... Est-ce qu'il y a une raison à mon arrivée dans votre monde ?
Funestar se pencha en arrière, l'air songeur, et regarda Aurélia qui était assise sur le fauteuil en face de lui. L'été était vibrant de couleur et la chaleur faisait étouffer les Londoniens qui se promenaient dehors. Les deux personnes, le docteur et l'adolescente,buvaient du thé glacé à l'abri dans l'ombre de la maison.
- Votre prédécesseur... Némo... venait aussi du futur. Il était d'un monde plus avancé de 100 ans. Lui aussi avait posé la même question, et... Nous n'avons jamais eu de réponse.
Aurélia baissa la tête légèrement.
- Cependant...
Elle croisa ses doigts.
- Il était arrivé lors d'une période déterminante dans l'histoire sorcière. C'était à l'apogée des guerres contre les gobelins. Némo avait joué une part confidentielle mais déterminante lors de la rédaction des traités de paix. Il avait été en avance sur son temps comme beaucoup dirait, avait prédit des événements et retourné l'histoire à notre avantage... même les considérations des gobelins sont moindres que la nôtre. Je ne sais pas si vous êtes là pour une raison, mais nous en avons assurément trouvé une.
- M'en parlez pas, grommela Aurélia.
Elle n'aimait pas du tout ce genre de sujet, cela la faisait bouillonner. Funestar laissa apparaître un léger sourire.
- Vous n'êtes pas très honnête.
Aurélia se redressa, assez surprise et étonnée.
- Que voulez-vous dire ?
- Vous vous battez contre votre nature profonde. Je suis heureux de voir que mes suggestions et mes plans vous permettent de concentrer votre énergie, mais... trop vous brider pourrait être destructeur pour vous.
- Vous ne savez rien.
- Dites-le moi alors... J'ai promis de ne rien révéler de nos entretiens, n'avez-vous pas confiance en moi ?
- Non. Je n'ai pas CONFIANCE en moi.
Un silence souligna les paroles que la jeune Aurélia Ruva avait lâché avec froideur. Soudainement, Funestar vit. Il vit les traits d'une jeune femme de 25 ans coincée dans le corps d'une ado de dix ans plus jeune qu'elle.
- Mon énergie je la concentre en ce moment-même pour ne pas m'effondrer. Je... Je me sens inutile, je me sens faible et tout ce qu'il se passe autour de nous me fait bondir. Le pire... c'est que je ne peux rien faire pour changer quoi que ce soit, car toute la légitimité que j'avais ENFIN en tant qu'adulte... Je l'ai perdue.
Funestar hocha légèrement la tête et croisa ses doigts sur ses genoux alors qu'Aurélia ramenait les siens devant elle.
- Vous vous sentez décalée...
- Je vais entrer dans une école. Je vais forcément être décalée, répliqua-t-elle. Je ne pourrais pas être moi-même. Je devrais mentir à toutes ces personnes! Même aux plus concernés.
- Vous en n'êtes pas obligée.
Silence. Aurélia ouvrit grand les yeux mais Funestar était très sérieux.
- Notre plan ? Vous l'avez oublié, bégaya-t-elle.
- Pas du tout, mais je préfère que vous soyez en accord avec qui vous êtes plutôt que vous ne deveniez une personne malheureuse que vous ne reconnaîtriez pas dans une glace. Vous êtes généreuse, ouverte et honnête. Vous demander de devenir quelqu'un d'autre sera terrible pour votre psyché et votre capacité à gérer la situation. Cela vous briserai.
- Si je dis la vérité, le plan tombera par terre, s'écria Aurélia.
- Peut-être. Ou il pourrait marcher car vous serez là, appuya Funestar. Aussi, je suis extrêmement blessé par vos propos. On dirait que vous croyez que vous êtes être toute seule.
Funestar se pencha un peu en avant.
- Vous n'êtes pas seule. Si vous vous trompez, nous chercherons une solution, si quelque chose m'arrive, j'ai pris des dispositions, sans vous ou sans moi... le plan ira à son terme. NOUS arrêterons la guerre.
- Vous avez craqué Funi.
- Vous dites que je vous influence... pareil pour vous, ricana-t-il en retard. Gryffondor.
Aurélia sourcilla.
- Je suis une Poufsouffle.
- Hier vous l'aviez peut-être été mais pas aujourd'hui.
- Tiens donc.
Ils rirent tous les deux. Aurélia se sentait plus légère. Funestar savait la mettre à l'aise en plus de lui permettre de changer de perspective. La Le Langue-De-Plomb sirota à son verre de thé glacé.
- Je me demande ce que ça aurait donné si vous étiez arrivée plus tôt...
- Auriez-vous été là ?
- Cela ne fait que depuis quatre ans que je suis responsable du Département des Mystères. Mon prédécesseur était... âgé.
Aurélia laissa échapper un sourire.
- Et incompétent.
- N'importe quel sourd à la tremblote serait incompétent, renifla Funestar. Et il n'était pas très loquace. Vous seriez passée à travers sa surveillance.
- Sans vous, songea Aurélia... Je pense que j'aurais pété un plomb.
- J'en doute.
- Non... Vraiment. Je pense que je me serait serais donnée la mission de tout éclater sans prendre en compte tous les paramètres. Je ne me serais pas réellement posée...
Aurélia frissonna.
- Sans interlocuteur pour me permettre de prendre du recul...
Elle regarda Funestar qui la regardait l'air grave.
- Je me serais faite tuer.
Funestar hocha lentement la tête.
- Et bien faisons en sorte que cela n'arrive jamais. »
Janvier
La lune était pleine et froide comme une perle nacrée posée sur une toile céleste.
Personne d'assez fou ne devrait se promener dans la forêt interdite, mais pourtant le corps d'une jeune fille avait été posé sur l'herbe fraiche de la nuit, non loin de papillumières. Ses battements de cœur avaient ralenti et...
BOUM.
Je me redressai comme si j'avais reçu une décharge électrique d'une grosse puissance. Mon cœur... Je mis ma main sur la poitrine. Alors… ? Qui ? Il me semblait avoir regardé mon propre corps se faire emmener par cette ombre... Où étais-je ? Que ? Je me levais levai en titubant. J'avais un plaid sur mes épaules au-dessus de mon pyjama et mes chaussures au pieds.
« - Ne vous inquiétez pas, Aurélia. Je ne vous ferais aucun mal. »
La voix masculine avait résonné dans mon dos, je me tournai en plongeant ma main dans ma poche mais me rendit rendis compte que je n'avais plus ma baguette. J'en palis alors que je découvris mon interlocuteur. Il était habillé d'une longue cape noire au grand capuchon, assez chaude pour le protéger du froid. Je ne voyais pas son visage, dissimulé par son couvre-chef, mais mes yeux glissèrent sur sa la longue baguette qu'il tenait à la main. Il suivit mon regard et plongea sa main dans sa proche. Il en sortit alors ma baguette que je reconnus au premier coup d'œil.
« - Tenez, dit-il d'une voix tranquille. Je fronçai les sourcils, mais il m'encouragea en l'agitant légèrement. La baguette resta muette, ce qui me rassura quelque part. Je récupérai alors mon dû et ajustai mon plaid.
- Vous êtes... Aleksei, n'est-ce pas ? Lançai-je la voix à peine tremblante. L'homme masqué en rit légèrement.
- Vous avez compris ?
- Le Polynectar est une potion difficile à préparer mais très utile. Capable de passer un grand nombre de détections. Enfin jusqu'à un certain point.
- Tout à fait. J'aurais voulu être Métamorphomage pour cela, répondit-il avec humour.
- Qui êtes-vous ?
- Enfin Aurélia... Vous savez que je ne peux pas vous dire ça.
- Montrez-moi votre visage au moins.
- Ce n'est pas prudent.
- PAS PRUDENT ? Vous êtes le type qui m'a emmenée au milieu d'une forêt remplie de bestioles assez dangereuses pour avoir ma peau ! Je ne suis pas Scamander ! J'ai aucune notion en soin ou domptage !
Cette fois l'homme éclata de rire. C'était un rire clair et honnête, ce qui me surpris au plus haut point. J'en croisai mes bras. Je détestai qu'on me prenne pour une imbécile.
- Je ne vous prend pas pour une idiote, parvint-il à dire entre deux rires.
- J'ai du mal à vous croire.
- Vous n'imaginez pas à quel point vous êtes rafraichissante... Vous êtes au courant de bien des choses tragiques et pourtant vous avez encore ce genre de réaction.
- Ravie de faire votre soirée.
Toujours riant, il me tendit sa main. J'eus un mouvement de recul, ma baguette devant moi.
- Il faut que nous allions quelque part, dit-il d'une voix tranquille.
- Où ça ?
- Je ne peux pas vous le dire.
- Bien entendu, maugréais maugréai-je. »
Il hocha la tête, en s'excusant manifestement et agita légèrement sa main. Mon corps frissonnait sous le plaid. J'étais au milieu de la forêt interdite Forêt Interdite, il ne fallait pas jouer aux héros là. Je déglutis, me redressait me redressai le regard droit et lui attrapai la main... Nous transplanâmes.
Le corps de Saul Funestar disparut dans les flammes bleues azurées alors que le soleil se levait à peine sur la baie de Swansea.
L'homme masqué m'avait empêchée de me précipiter au rite funéraire alors que des personnes (que je soupçonnais être des agents) lançait des flammes d'une beauté magnifique, les unes après les autres sur le corps de la du Langue-De-Plomb. La cérémonie dura pendant toute la fin de la soirée et, alors que l'aube se pointait, les agents disparurent. Je tombai à genoux dans le sable de la baie du Pays de Galles.
Mon repère, Mon ancre, Mon aide... était... Comment... Comment faire maintenant ? C'était trop tard. Je vais foirer ! Je vais TOUT foirer !
- Aurélia ? Demanda la voix de l'homme masqué.
- Les... Les agents qui l'avaient rejoints rejoint ? Où sont-ils ? Murmurai-je-t-elle en bloquant ses mes larmes dans la gorge.
- Nous pouvons en parler plus tard...
- Dites-moi...
- Vous n'êtes pas en bon état, il est plus sage de...
- JE N'AI PAS LE TEMPS DE PLEURER, hurlai-je en se me tournant vers l'homme encapuchonné. Je n'ai pas le TEMPS de perdre mes moyens ou de chialer comme une gamine ! J'ai mieux à faire, NOUS avons mieux à faire ! Continuai-je au même volume sur le même ton alors que des larmes coulaient le long de son mon visage et brouillaient ma vue.
Ma magie semblait vibrer, mais je m'en fichais, plus rien n'avait d'importance maintenant. Je...
- Je ne vais pas m'effondrer ! Je veux savoir qu'elle quelle est la suite du plan ! Je veux savoir si sa m...
Je m'interrompis. J'y arrive Je n'y arrivai pas. J'y arrive Je n'y arrivai plus. Il est était... Funi... Il est était...
- OUUUUUUUUAAAAAAAAH...
J'en tombai par terre, les mains sur le sable, et hurlai encore et encore en pleurant à en perdre la voix. Les sanglots étaient tellement forts que sa ma gorge piquait et en fut enrouée. L'homme en capuche hésita un court instant à s'approcher d'elle de moi, mais se fit violence et avança lentement.
Il fit alors tomber son capuchon et je découvris un homme séduisant, très fin le regard gris, ses cheveux noirs de jais en bataille et épis. Il avait la petite trentaine et les traits plutôt fins. Mais ses cicatrices qui lui barrait barraient complètement le visage partant de la joue droite au menton m'attirait m'attiraient plus. Il vit que je le regardais alors que je tentais tout pour reprendre le contrôle de mon corps et sourit avec ironie.
- J'avais mis en colère quelqu'un de très susceptible. Celle-ci par contre...
Il leva sa manche et montra son bras droit. C'était affreux, elle avait été comme brulée, d'une teinte complètement différente du reste de sa peau lunaire.
- C'est moi-même me la suis faite. Enfin je crois... Je n'ai pas trop de souvenirs de ce moment-là.
Les larmes coulaient moins, mon souffle était plus régulé.
- Qui êtes... vous ?
- Mon nom de code est le Spectre.
Je le regardai en hochant la tête. Il s'approcha alors vers moi et m'effleura les cheveux.
- Orion. J'aime bien ce nom. Tu peux m'appeler ainsi. »
« - Lundi, 5h du matin, sur la tour d'Astronomie.
Orion me ramena à Poudlard dès que je me fus calmée. Je le suivit suivis en marchant sur la plage puis la lande vers l'intérieur des terres et nous transplanâmes de retour à Pré-Au-Lard. Nous passâmes par la forêt interdite Forêt Interdite et Orion me laissa juste devant un grand rocher près d'un arbre. Il sortit sa baguette et tapota le sol trois fois. Je fus intensément surprise malgré ma fatigue émotionnelle de d'y trouver une ouverture. Orion me lança un sourire en remettant sa capuche.
- C'est un souterrain qui mène droit dans les cachots. Remonte silencieusement car il débouche à côté du bureau du professeur Rogue.
- Comment êtes-vous au courant de ce souterrain ?
Je croyais qu'il n'avait plus de mémoire de sa vie passée. Donc l'avait-il appris récemment ? Mais comment ? C'était forcément un secret de Serpentard vu la position du truc.
- Parfois ma mémoire me revient par petits bouts…, soupira-t-il. Mais rien de probant. J'ai découvert ou redécouvert ce souterrain alors que je vous surveillais... Je pense avoir été un élève ici.
J'hochai lentement la tête. Orion s'approcha alors de moi, et me regarda droit dans les yeux.
- Je sais que vous ne me faites pas confiance. Mais Funestar m'a donné une instruction claire avant de mourir. Il m'a demandé de finir la mission. C'est ce que je ferais, en plus de vous protéger.
- Je n'ai besoin de la protection de personne.
- Permettez-moi d'en douter, répliqua-t-il.
Un silence énervé. Qu'il aille se faire voir. Mon meilleur ami de cette temporalité et le seul au courant de mes plus gros secrets était mort ! Je n'avais besoin de personne !
- Rentrez vous coucher. Reposez-vous. Nous nous verrons après-demain.
J'hochai la tête alors que je tournais le dos à Orion. Ouais, j'allais dormir et ne plus voir ta tête, connard.
Puis il s'en alla sans un mot, caché sous son capuchon. Arrivée dans mon lit, je m'endormis directement pour quelques heures... Puis toute la matinée.
Quand j'ouvris les yeux, personne n'était dans la chambre, je m'étirais m'étirai et m'assis sur mon lit. Je tirais tirai ma malle et y récupérai la boîte que Funestar m'avait laissée. J'ouvris l'écrin pour y trouver sa dernière lettre qui m'enjoignait à la prudence et finalement observai la boîte. Quelque chose en moi me disait que je devais la conserver.
Je descendis plus tard dans la salle commune où on se disait bonne année, les rares partis pendant les vacances reviendraient le lendemain. Jonathan m'attrapa le bras, il avait travaillé avec Julia et Barbara pour terminer des potions. Nous avions à présent une quantité non négligeable de potion de soin, de Polynectar bouillonnant pas encore terminé mais aussi de fumigènes portables sous l'impulsion d'Eddie. Je le regardai. Il riait comme un enfant... UN ENFANT.
Alors que Funestar était... Je n'arrivais toujours pas à dire le mot.
J'avais fait une erreur. Je n'aurais jamais dù dû les mettre au courant. Non. Comment je changeais ça ?
Le lendemain, je m'entraînai avec Harry que j'avais aperçu discuter avec Alastor Maugrey en souriant faussement. Good job. Cédric passait du temps avec Cho, il en avait bien besoin le pauvre... J'en profitai pour regarder mes scans de cerveaux que je leur avait avais fait passer. Peut-être qu'Orion pourrait m'aider sur le sujet... Enfin.
Sans déconner, j'étais vraiment dans la merde. Je devrais changer d'identité, sauter dans un bateau, me BARRER quelque part coté côté moldu, me refaire une vie ! Retrouver MA VIE. J'avais une vie bon sang ! J'étais une jeune étudiante en chimie en plus d'être autrice. J'étais une fichue scientifique.
Pourquoi je me retrouvais à mener des gens dans une guerre ? Pourquoi j'étais au courant d'une future guerre ? Pourquoi avait-il fallu que je me prenne pour Dumbledore ? OH NON. JAMAIS JE NE SERAIS CET IMBECILE. ARGH.
Le lundi, je me levai avant tout le monde. Mis ma robe de sorcière, récupérai mes livres et ma baguette, puis me dirigeai vers la Tour d'Astronomie. Je montai les escaliers le cœur lourd pour y découvrir Orion assis sur une rambarde. Il avait un cartable en cuir entre les mains. Je le rejoignis.
- Bonjour Aurélia.
- Orion.
Il me sourit légèrement et me tendit le cartable.
- Tenez, me dit-il simplement.
Je m'emparai de la sacoche et l'ouvris, pour découvrir qu'un sortilège d'extension y avait été appliqué.
Je battis des cils sous la surprise et y glissai ma tête. Dedans... je trouvais une grande quantité de dossiers rouges tous classés en pile. Je retirai ma tête pour voir Orion qui souriait, amusé.
- Il vous a légué toutes ses recherches.
- Quoi ? M'étranglai-je.
- Il avait toujours pensé sur que vous feriez un très bon agent dans son Département. Il pensait même que vous pourriez le réformer.
Je reniflai amusée. Ouais non. Dès que ce bordel était serait terminé, je transplanerai à Hawaï.
- Vous en savez beaucoup sur moi.
- Pas assez… Mais le temps manquait.
Il se remit debout. Il était grand. Et moi avec mon mètre 65 je me faisais de la peine. Orion remit son long manteau noir en place et tira une lettre scellée de sa poche.
- Pour vous. De sa part.
Je me figeai. Orion m'encouragea en agitant sa main. Alors... je me saisis du papier.
- Il l'a écrite juste avant de mourir, crut-il bon de me dire.
Je le regardai avec colère. Voilà une question que je voulais lui poser. Qui et comment avait-il été... enfin.
J'ouvris l'enveloppe et y découvris plusieurs pages. Il avait écrit un véritable roman. Je commençai à la lire sans attendre.
Cela me prit un petit moment, alors qu'un vent d'hiver soufflait brutalement. Orion s'était adossé sur la rambarde tout en fermant les yeux, ses cheveux flottants dans les courants d'air. Le silence était lourd, mais nécessaire.
Des larmes coulèrent sur mes joues alors que je finissais la missive. J'en laissai tomber mon bras le long de mon corps. Mon dieu. Il avait complètement craqué.
- Pourquoi il a fait ça tout seul ? M'écriai-je en larmes. J'aurais pu l'aider, j'aurais pu lui dire...
- Ce n'est pas de votre faute Aurélia. C'était son choix.
- Non. C'est bien ma faute ! Je lui ai donné cet Horcruxe... Je n'aurais jamais dû essayer de trouver une solution, j'aurais dû le détruire.
- Mais en échange, vous n'auriez pas eu la clef pour potentiellement sauver Harry Potter.
Il avait raison. Il avait raison. BON SANG. Je posai mon bras sur mes yeux qui brulaient sous mes larmes. C'était les chutes du Niagara, j'étais complètement effondrée. Funestar avait littéralement tout sacrifié. Il avait mis fin à sa propre vie pour ne pas se faire avoir par les Mangemorts. Il avait détruit tous les dossiers me concernant dans le Département, modifié la mémoire de son assistant, il avait lié Orion à moi par un Serment. Il avait tout préparé pour que je sois soutenue et que je mène la guerre à venir.
- Donc le fermoir est...
- Un compresseur oui.
- Le diadème ?
- Détruit.
- Les scans ?
- Certains sont bien sous un sortilège d'influence mais votre ami Jonathan... C'est autre chose.
- Quoi ?
- Nous en parlons parlerons plus tard, dit-il durement. Vous avez lu la lettre, vous savez ce que ça implique.
Il avait raison... Funestar avait vraiment craqué... Il m'avait tout...
- Il vous a tout légué. Sa maison, ses connexions, son argent. Assez pour mettre en place une cellule de résistance en cas de problèmes, assez pour cacher Potter, assez pour se battre.
- Si on échoue... Murmurai-je.
- Oui. Et nous avons une grande chance que ça arrive si vous ne prenez pas la décision qui s'impose, répliqua le Spectre. Il tira sa manche gauche pour me montrer son autre bras, celui qui n'était pas brûlé... Il portait une marque, un lien d'encre et de sang. Un serment que j'avais vu seulement dans les livres. Le Serment Inviolable.
Je fronçais les sourcils, je pensais que le Serment était détruit si l'un des deux était mort... Mais apparemment non. Quelle puissante magie.
- Je suis prêt à faire ce sacrifice pour Funestar. Et vous ? Êtes-vous prête à le faire ?
Je restai coite. Ça allait au-delà de ce j'avais prévu. Je...
- J'ai besoin de réfléchir.
- C'est ce qu'une peureuse ferait.
- Non, répliquai-je. J'implique des enfants. J'implique des gamins. Depuis le début, je n'avais aucune intention de leur faire risquer leur vie sans un contrôle total et des risques calculés. Ils apprennent à se battre pour S'ENFUIR. Je leur fais peur pour qu'ils comprennent les risques. C'était mon job et celui de Funi de finir ce qu'ils commenceraient.
- Et maintenant il n'est plus là. Ne comptez pas sur moi pour prendre ce risque là.
- Orion !
- NON. Écoutez-moi, nous serions trois fois plus efficaces si nous suivions le plan de départ. Je suis seulement d'accord pour avoir mis Potter et Diggory au courant mais le reste... Je vous ai tous observé pendant deux semaines. Je vois des choses qu'ils font quand ils pensent que vous ne regardez pas. Les plus sérieux sont Susan, Eddie et Julia qui ont tous perdu de la famille à pendant la guerre. Potter et Granger sont résignés. Diggory veut vous protéger. Barbara a, semblerait-il, un don de prescience assez fort. Elle sait qu'un danger approche, mais elle préfère rester près de vous pour être protégée. C'est pour cela que vous lui avez donné la tâche de préparer les potions ? Moins de risques. Jonathan mourrait littéralement pour vous car il vous aime. Katie Bell est la seule problématique car elle ne vous croit pas et ne souhaite pas vous croire. Elle vous fait cette faveur par amitié mais pourrait vous trahir.
Il me regarda, l'air froid.
- Vous voulez des éléments prêts à se battre pour vous.
- Pas pour moi, répliquais répliquai-je, contre Voldemort.
- C'est la même chose, claqua-t-il, ils sont tous prêts à faire ce que les adultes ne feront pas. Tenez-le vous pour dit.
Orion s'approcha d'elle.
- Nous nous engageons dans une guerre, il faut des soldats car le système nous broiera. Un simple pacte d'amitié que vous leur avez fait signer n'est pas assez. Ils faut qu'ils jurent.
- Non...
- Il faut qu'ils fassent le serment inviolable.
- Jamais. Encore une fois, je leur donne le CHOIX.
- C'est TROP RISQUE, éclata Orion. Vous ne pouvez pas les contrôler ! Ce ne sont pas des lignes. Ce sont des personnes, des ados qui auront peur !
- Pas de serment.
- Alors il n'y a qu'une seule autre solution.
Je le regardai en attendant l'impact. Orion avait un regard très effrayant et impitoyable. Ce n'était plus Funestar qui équilibrait les plans, on se rapprochait de Juin. Il fallait agir et il l'avait compris. Dans six mois, tout serait fini.
- Je vais leur verrouiller la mémoire.
J'en ouvris la bouche d'indignation. QUOI? Mais...
- Vous n'avez pas le droit !
- Alors faites un choix, répliqua-t-il aussi sèchement qu'une claque. Mettez sur le banc ceux qui n'auront pas l'estomac pour cette mission ! Vous ne pouvez pas TOUT avoir !
Silence très lourd. Je mis mes mains en avant et fermai les yeux. C'était hors de contrôle. Orion... Non. Je ne pouvais pas prendre cette décision à la légère.
- Je vais y réfléchir.
- Aurélia, s'emporta Orion.
- JE. VAIS. Y. REFLECHIR.
J'agitai la lettre.
- Je suis en charge. Pas vous. Maintenant dégagez avant que je n'arrive au terme de ma patience. »
Ce fut comme si Orion avait pris une claque dans la figure. Il recula et monta sur la rambarde d'un mouvement énervé.
- Vendredi 5 h. J'ai fait un serment pour vous et Funestar, pas eux.
Et il sauta. Plus tard... un geai des chênes voleta droit vers la Forêt Interdite. Je serrai la lettre dans sa ma main, la froissant presque.
J'avais une décision à prendre.
Et ce ne serait pas facile.
« - Ruva ?
Je me tournai vers Lydia Cameron, préfète de Poufsouffle qui marchait droit devant elle alors que je mangeai mon dîner. Elle portait un message à sa la main, scellée par l'emblème de l'école.
- Le professeur Dumbledore souhaite te voir demain à 16h dans son bureau. »
Susan et Jo la regardèrent avant d'échanger un regard entre eux, tandis que je récupérai le morceau de parchemin la main tremblotante, pour découvrir l'écriture faussement joviale du directeur de Poudlard, et la personne que je détestais le plus dans cet univers après Voldemort...
Et merde.
Et voilà ! Alors les enfants ? QUI EST LE SPECTRE ? Qu'il Qu'y avait-il dans la lettre ? Que veux veut Dumby ? Tant de questions...
