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Chants antiques sacrés
An 2 avant le Fléau
Mon Prince n'a pas fui
Le peuple du désert est réputé de par le monde pour sa musique. Qu'il s'agisse de nos mélodieux violons, nos ouds et sitars dont la lutherie impressionne toujours les voyageurs, ou les voix de nos grands chœurs, les Gerudos ont une réputation de musiciennes. Mes voyages n'ont fait que confirmer les fondements d'une telle idée. J'ai collecté de nombreux livrets de poèmes chantés, de partitions et de débris d'instruments.
Mais de tous mes périples, je n'oublierai jamais ces paroles, qu'il m'a semblé entendre chantées en les lisant.
Ma sœur, baisse ta voix,
Car elle pourrait étouffer la vérité.
Ma sœur, je ne crierai pas,
Car il ne tient qu'à toi d'écouter.
Dans le bleu de la nuit, j'ai vu une ombre
Sur sa monture, son pas hâté piétinant les dunes, Suivie par un nuage de poussière qui aussitôt effaçait
Ses traces.
J'ai plissé les yeux pour ne pas être aveuglée par le sable
Et la lune a éclairé le visage de notre prince.
Que les Guerrières pardonnent ma curiosité,
Car c'est grâce à elle qu'aujourd'hui je chante.
De loin, j'ai suivi mon prince,
Que je croyais parti dans la nuit chercher sa bien-aimée.
Des heures durant,
Sans nous arrêter, sans se regarder, sans se questionner,
Nous avons traversé le silencieux désert
Jusqu'à ce qu'enfin apparaisse
Un bâtiment plus noir que la nuit Sur lequel je n'ai vu ni porte, ni fenêtre
Ni la moindre preuve d'une vie.
Le prince s'est approché d'un pas secret,
Et devant lui, une entrée s'est faite.
Il a disparu.
Quand j'ai voulu le suivre,
Il n'y avait pas d'entrée pour moi.
Ma sœur, l'histoire qui a suivi
A fait tel brouhaha Que, quoi que j'ajoute,
Personne n'écoutera.
Mais je dirai néanmoins ceci :
Lorsque le prince traversait le désert,
Loin de ses responsabilités et tourments,
Il ne fuyait pas.
J'ai entendu son cœur.
Et, ma sœur,
Son cœur était bon
Car je n'y ai vu que
Les larmes versées pour ses sœurs
Et la volonté de vivre juste.
