Chapitre 9
Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, Annabeth grimaça. Quelque chose avait dû mettre Isabel de très mauvaise humeur hier, vu la pluie de coups qu'elle avait essuyé.
La jeune fille éteignit son réveil avant qu'il ne sonne et s'assit dans son lit, dégageant les quelques mèches blondes qui lui tombaient sur le visage. Elle s'étira avec précaution, son souffle se coupant de temps en temps quand elle faisait un mauvais geste qui réveillait la douleur. Après quelques minutes supplémentaires passées à regarder par la fenêtre de sa chambre, elle décida qu'il était temps de se lever. Se laissant glisser jusqu'à ce que ses pieds touchent le sol, elle fit quelques pas sur son parquet, croisant son reflet dans le psyché posé près de son armoire. Comme d'habitude, elle inspecta son corps en silence, prenant soin de s'assurer qu'aucun bleu n'était visible sur ses bras ou son visage. C'était plutôt rare qu'elle soit marquée sur ces parties du corps, sa belle-mère prenant soin de ne pas frapper à des endroits trop visibles, mais quand ça arrivait, mieux valait qu'elle fasse attention de le cacher.
Annabeth souleva ensuite son tee-shirt, se mettant de profil en faisant la moue dans le miroir. Des ecchymoses bleues et violettes maculaient ses côtes et une partie de son dos. Elle frémit en passant la main sur les blessures et laissa le tissu retomber, cachant ce qu'elle ne supportait plus de voir. Un coup d'œil à son téléphone lui indiqua qu'elle avait un quart d'heure de libre avant de devoir descendre déjeuner. Sans un bruit, elle attrapa le livre posé sur sa table de chevet et s'installa près de sa fenêtre, reprenant sa lecture là où elle l'avait laissée.
En entendant un grincement dans le couloir, la jeune fille releva la tête de son roman, le reposant à sa place avant de se diriger vers la porte, prenant une grande inspiration avant de l'ouvrir. Elle ne devait rien laisser paraître devant ses deux petits frères, ou plutôt demi-frères. Annabeth ne comprenait toujours pas comment est-ce qu'une femme aussi horrible pouvait avoir des enfants aussi adorables. Bobby et Matthew étaient la gentillesse incarnée, toujours souriant. Ils avaient pour eux l'innocence de l'âge, et Annabeth tenait à ce qu'ils gardent cette innocence le plus longtemps possible. Ils auraient tout le temps de découvrir la dure réalité de la vie plus tard, mais pour l'instant, elle s'était fixée comme objectif de les préserver.
Les deux garçons couraient vers la cuisine alors qu'Annabeth descendait l'escalier, et dès qu'elle passa la porte, elle se retrouva attaquée de chaque côté par ses deux petits monstres préférés.
- Bonjour Annabeth ! Chantèrent-ils en cœur en la serrant dans leur petits bras.
Malgré la douleur, l'adolescente sourit comme si de rien n'était, caressant les mèches blondes des garçons.
- Salut les garçons, vous avez bien dormi dans votre nouveau lit superposé ?
- Matthew n'a pas arrêté de bouger dans son lit, il nous a fait tanguer toute la nuit ! Se plaint Bobby en relevant le menton sans la lâcher.
- C'est pas vrai, c'est toi qui parlait !
- Non !
- Si !
Annabeth rit doucement avant de se dégager de leur étreinte, préparant la table.
- Qu'est-ce que vous voulez manger ce matin ?
- Des tartines au beurre de cacahuète ! Firent-ils en même temps.
- D'accord, asseyez-vous le temps que je vous prépare ça.
Les garçons restèrent à peu près sage le temps que la jeune fille leur prépare leur petit-déjeuner. De temps en temps, elle entendait une remarque d'un de ses frères qui la faisait sourire, et elle eu de nouveau droit à un câlin une fois les tartines posées sur la table.
- Allez bon appétit, ne traînez pas trop, vous devez encore aller vous habiller pour l'école, fit-elle avant de se servir un jus d'orange pour accompagner ses propres tartines.
Les garçons acquiescèrent avant de se jeter sur la nourriture, la laissant tranquille. Elle finissait son jus de fruit quand Isabel entra dans la cuisine, un sourire aux lèvres.
- Bonjour les enfants, lança-t-elle en allant embrasser ses fils sur le crâne.
Les deux garçons lui répondirent tout sourire, la bouche pleine de beurre de cacahuète, tandis qu'Annabeth se crispait, tentant néanmoins un sourire bref en rinçant sa vaisselle.
- Annabeth, ça te dérangerait de garder Bobby et Matthew ce soir ? J'ai une réunion qui ne peut pas être reportée.
Comme si elle avait besoin de demander. Isabel comme Annabeth savaient très bien que la jeune fille ne pouvait rien refuser, si elle ne voulait pas s'exposer à sa colère.
- Aucun soucis, répondit-elle en la regardant un instant, percevant la lueur de satisfaction dans le regard de la brune.
De toute façon, ce n'était pas comme si elle allait sortir un soir de semaine en période de cours. Il lui restait un devoir de langue et un devoir maison à finir en maths, alors elle aurait de quoi s'occuper en surveillant ses frères.
Ne tenant pas à rester plus longtemps dans la pièce, Annabeth monta se préparer. Profitant que ses frères soient encore en bas, elle fila dans la salle de bain, prenant une douche rapide avant d'aller s'habiller. Quand elle fut prête, elle ne s'attarda pas chez elle. Chaque minute passée dans cette maison était une minute de trop, et elle supportait de moins en moins de savoir sa belle-mère si près d'elle. Bien que sachant qu'elle ne ferait rien en présence des jumeaux, savoir qu'elle était dans la même demeure qu'elle, à sourire comme si de rien n'était… Ça lui était insupportable.
Sans un mot, elle prit son sac, le passa autour de ses épaules et sortit dans les rues de New-York. Elle n'avait pas de voiture, et même si ça avait été le cas, elle n'en aurait pas fait grand-chose puisqu'elle n'avait pas son permis. Ça ne la gênait pas tant que ça, elle aimait bien marcher. Il y avait bien des fois où elle aurait aimé pouvoir aller au lycée dans son propre véhicule, surtout le matin quand le métro était bondé de monde et qu'elle était serrée contre les portes, mais sinon elle s'en fichait.
Une brise légère soufflait en ce début de journée ensoleillée, et Annabeth prit une grande inspiration en relevant la tête, fermant les yeux un instant. Elle portait une veste légère par-dessus un tee-shirt, et un frisson la parcourut quand le vent s'engouffra entre les couches de vêtements. Elle sourit, profitant avant de descendre sous terre pour monter dans un wagon de métro. La chaleur était pesante, mais avec ses écouteurs dans les oreilles, Annabeth parvint à faire abstraction de ce qui l'entourait. Elle arriva en avance au lycée comme d'habitude, et monta les escaliers qui menait à l'entrée de l'établissement avant de s'installer sur un banc près d'un arbre sur le côté. Elle sortit son livre de son sac et l'ouvrit, lisant en attendant que la concierge ouvre les portes.
Quelques élèves arrivèrent avant qu'elle ne puisse entrer, mais elle ne leur prêta aucune attention. Se dirigeant vers son casier pour y poser les livres dont elle n'aurait pas besoin pour le moment, elle retira ses écouteurs, les rangeant dans une de ses poches. Les couloirs étaient encore silencieux, sans adolescents se bousculant dans tout les sens pour pouvoir aller dans leur salles de cours, et elle en profita pour se diriger tranquillement vers sa salle. Piper n'était pas dans son cours de maths, alors elle était seule, ce dont elle avait l'habitude. La solitude ne lui avait jamais réellement posé de problème, en fait ça facilitait son quotidien : elle évitait les regards et les remarques sur son attitude, les questions sur sa vie privée, sa famille, ce genre de choses.
Une pointe de douleur la fit grimacer, et la jeune fille rectifia sa posture pour soulager ses côtes. Elle avait eu peur en entendant Léo et Piper parler de son bleu sur son dos, ne se calmant qu'en comprenant que le garçon pensait le lui avoir fait. Si elle évitait de se faire des amis, c'était aussi pour cette raison. Elle détestait mentir, et elle n'avait pas aimé laisser Léo croire qu'il l'avait blessé alors qu'il n'y était pour rien, mais elle ne pouvait pas avouer la vérité. Si elle en parlait à quelqu'un, on ne la croirait pas. Elle avait déjà essayé une fois, et elle n'était pas prête de se confier à nouveau de si tôt. Qui pourrait penser qu'Isabel, la gentille belle-mère qui adorait Annabeth comme sa propre fille, puisse la battre ? De toute façon, en parler ne résoudrait rien. Qui pourrait l'aider, une bande d'ados ? Autant se débrouiller seule pour le moment, il fallait juste qu'elle finisse cette année avant d'entrer à l'université, et alors tout serait fini.
La première sonnerie de la journée la sortit de ses pensées, et elle s'installa sans bruit, suivant le cours. Le début de matinée passa assez rapidement, et Piper la retrouva à la pause, tout sourire.
- Annabeth ! Fit-elle en s'approchant pour lui dire bonjour.
- Piper, sourit-elle.
- Comment ça va ? Et ce cours avec Percy, ça s'est bien passé ?
- Très bien, il a montré de la bonne volonté, je pense qu'on va pouvoir faire quelque chose.
- Génial, sourit la jeune fille, je t'avais dit que ce n'était pas juste le capitaine de l'équipe de hand du lycée.
- Je verrai si ses efforts continuent sur la durée avant de te répondre.
Piper soupira en levant les yeux au ciel mais n'ajouta rien, changeant de sujet pour parler de leur cours de français. Annabeth n'était pas encore prête à revoir complètement la façon dont elle avait jugé le jeune homme, même s'il lui semblait maintenant qu'elle était peut-être allée un peu vite. Plus elle côtoyait Percy, et plus elle découvrait des facettes de sa personnalité qu'elle n'aurait pas soupçonnées, comme son implication dans ses études par exemple. Peut-être qu'avec le temps, elle pourrait l'apprécier. Peut-être. Mais Annabeth ne voulait pas donner raison à Piper trop vite, mieux valait rester vigilante pour le moment.
Elles étaient en pleine discussion quand toute la bande arriva.
- Vous étiez où les garçons ? Demanda Piper en se retournant.
- Madame Benioff nous a retenu, répondit Percy.
- Comme si une heure de cours ne suffisait pas, soupira Léo, faisant rire tout le monde.
Hazel, Nico et Frank étaient juste derrière, et saluèrent les filles.
- Tu n'as encore jamais vu Annabeth ? Lança Percy à Hazel.
- On s'est croisé au gymnase, mais on ne s'est jamais parlé, sourit la jeune fille.
Quelque chose dans son sourire et son regard chaleureux inspirait confiance, et Annabeth lui sourit à son tour, lui faisant un signe de la tête.
Sur le côté, Percy ne tenait pas en place, chahutant avec Léo. Hazel et Frank s'étaient un peu éloignés, et Nico se tenait contre le mur du couloir, occupé avec son portable.
- Calmez-vous, tenta Piper en attrapant les deux garçons, qu'est-ce qui vous rend aussi joyeux ?
- Le cours de biologie est fini !
- J'ai cours d'histoire !
Les deux amis avaient répondu en même temps, ce qui fit rire le groupe alors qu'ils se regardaient en fronçant les sourcils.
- Tu es content d'aller en cours ? S'étonna Léo.
- C'est le cours de monsieur Brunner, répondit Percy comme si le nom de son professeur suffisait à tout expliquer.
- Et tu ne t'ennuies pas trop tout seul ?
- Je suis pas seul, j'ai Annabeth.
Percy tourna la tête vers la jeune fille en lui souriant, et bien que ce fut discret, elle nota les échanges de regards entre Piper et Hazel. Annabeth n'eut cependant pas le temps de poser des questions, puisque la sonnerie retentit dans les couloirs. La plupart du groupe partit d'un côté, et il ne resta plus que Percy et Annabeth.
- C'est parti ! Fit le jeune homme vers la blonde, tout sourire.
Levant les yeux au ciel, elle le suivit cependant. Ils arrivèrent rapidement devant la porte de leur salle qui était encore fermée. Une poignée d'élèves se tenait devant eux, attendant que le professeur arrive. Essayant d'être le plus calme possible, Percy s'adossa au mur en croisant les bras, gardant le silence. De temps à autre, il jetait un coup d'œil vers Annabeth. Elle profitait de l'attente pour lire, fronçant légèrement les sourcils en se mordillant la lèvre, ce qui fît sourire le jeune homme. Il resta silencieux à côté d'elle, la détaillant du regard jusqu'à ce qu'elle relève la tête.
- Tu sais que je sens ton regard sur moi, lança-t-elle en rangeant son livre.
Percy piqua un fard, et comme chaque fois qu'il était mal à l'aise, se gratta l'arrière du crâne.
- Excuse-moi, c'est juste que je n'ai jamais vu quelqu'un être aussi concentré sur un livre, bredouilla-t-il.
- Parce que tu as déjà vu quelqu'un lire ?
Le pic était plus amusé que vraiment méchant, ce qui fît rire Percy.
- C'est pas parce que je ne lis pas beaucoup que je n'ai pas d'amis qui le font.
- Tu devrais peut-être prendre exemple sur eux alors, ça te serait utile en littérature, répondit Annabeth en refermant son sac, se tournant pleinement vers lui.
- Je sais, mais la lecture est un exercice un peu compliqué pour moi.
- Et pourquoi ça ?
Avant que Percy ne puisse répondre, monsieur Brunner arriva, faisant entrer les élèves dans la salle. Annabeth laissa le jeune homme pour entrer à son tour, posant son sac sur la même table que la veille au premier rang. Elle commençait tout juste à sortir ses affaires quand elle vit Percy poser son sac sur la table à sa droite. Elle haussa un sourcil, l'interrogeant silencieusement du regard, mais il se contenta d'afficher son sourire en coin, faisant ressortir une fossette sur sa joue.
- Bonjour à tous, asseyez-vous rapidement s'il vous plaît, fit le professeur en s'installant derrière son bureau. Aujourd'hui, nous allons parler de la mythologie classique.
Si le thème n'emballa pas la majorité des élèves, Annabeth sourit à sa feuille. Elle adorait la mythologie gréco-romaine, et à peu près tout ce qui se rattachait à l'Antiquité. Pouvoir étudier son pan préféré de l'histoire avec un aussi bon professeur que monsieur Brunner faisait de cette journée une très bonne journée.
Concentrée, elle jetait des coups d'œil vers Percy de temps en temps, le trouvant toujours appliqué, prenant en note le cours ou levant la tête pour écouter leur professeur. Ce calme et cette concentration venaient une fois de plus contredire l'opinion qu'Annabeth s'était faite de lui, elle qui l'imaginait plus au fond de la salle à jouer sur son téléphone ou dormir.
- Bien, maintenant je voudrais voir ce que vous connaissez sur la mythologie. Nous allons faire un petit exercice : je vais décrire une divinité, à vous de deviner laquelle.
Peu d'élèves faisaient vraiment attention, et encore moins semblaient prêts à jouer, mais au premier rang, Annabeth attendait comme s'il s'agissait d'un sprint et que le départ allait être donné. Percy, bien que confortablement assis sur sa chaise, se redressa, posant les avant-bras sur sa table.
- Déesse parmi les douze Olympiens, elle est l'une des trois déesses vierges. Née armée d'un casque et d'un bouclier…
- Athéna, coupa Annabeth.
Le vieil homme acquiesça en souriant, alors que la jeune fille se redressait, fière d'elle.
- Dieu parmi les trois plus grands, il était particulièrement vénéré sur les rives de la mer Égée. Parcourant les mers sur son char d'or avec son trident…
- Poséidon.
Annabeth, qui ouvrait la bouche pour répondre, se tourna vers sa droite, trouvant un Percy content de lui. Il parût amusé par son expression, et lui fit un petit signe de la main. Son regard bleu-vert pétillait de malice, et la jeune fille haussa un sourcil, avant de retourner aux questions de monsieur Brunner.
- Je vois que j'ai des connaisseurs, sourit-il, l'un de vous deux peut me dire si ces divinités s'apprécient ?
- Non, s'empressa de répondre Annabeth, ils se sont disputés la ville d'Athènes, ce qui en a fait des rivaux. Poséidon a offert un puits d'eau salée aux Athéniens, et Athéna leur a offert un olivier. Les habitants de la ville ont décidé que le présent de la déesse était plus utile, et ont nommé la ville Athènes en son honneur.
- Tout à fait. Passons aux héros maintenant, notamment un héro mille fois loué par les Athéniens, fils d'Egée.
- Thésée, fit Annabeth avec une pointe de dégoût dans la voix. Il s'est porté volontaire pour faire parti des tribus exigés par la cité de Crête, et en le voyant, Ariane est tombée amoureuse et a demandé à Dédale de lui donné de quoi le faire sortir du Labyrinthe. Elle lui donna un fils en échange de la promesse de l'épouser et de l'emmener, et il attacha le fils à la porte avant d'aller tuer le Minotaure. Au début il tînt sa promesse et emmena Ariane avec lui, mais il l'abandonna rapidement sur une île au large.
- Certains auteurs ont ajoutés que Dionysos serait venu la consoler, alors elle s'en sort plutôt bien, ajouta Percy.
La remarque fît rire la classe, et même leur professeur sourit, amusé. Annabeth le regarda une nouvelle fois, à la fois agacée qu'il fasse une remarque stupide après son récit, et surprise qu'il en sache autant. Bien sûr elle connaissait cette proposition, mais en quoi cela pouvait-il être considéré comme une consolation ? Ariane avait tout fait pour Thésée, elle lui avait fait confiance et il s'était servi d'elle avant de s'en débarrasser à la première occasion. Il avait trahi sa confiance, l'abandonnant sans remords.
- Nous aurons tout le temps de parler de la vie de Thésée et de ses actions, tout comme celles d'Hercule ou de Jason. En dehors de tout ce que vous avez pu apprendre à l'école, que savez vous sur la mythologie ? Monsieur Jackson, vous qui avez l'air d'avoir envie de parler, que pouvez-vous nous raconter ?
Percy fronça les sourcils en baissant la tête un moment, réfléchissant. Annabeth se demandait ce qu'il allait bien pouvoir dire. Sa curiosité était montée en flèche au fur et à mesure du cours, alors qu'elle avait trouvé quelqu'un d'autre qui puisse répondre à monsieur Brunner.
Un sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme qui releva la tête avec un regard étonnement...doux. Un calme qu'elle ne lui connaissait pas semblait l'avoir envahi, et il s'assit correctement, prêt à parler.
- A l'origine, les hommes avaient quatre bras, quatre jambes, et une tête à deux faces. Craignant la puissance de ces créatures, Zeus les sépara en deux êtres distincts, les condamnant à passer leur vie à la recherche de leur moitié. C'est ainsi que Platon créa le mythe de l'âme sœur.
Le silence régnait dans la salle, tout le monde écoutant Percy. Annabeth avait bu ses paroles, comme envoûtée par sa voix grave et profonde. Elle n'en revenait pas qu'il connaisse ce texte là, et elle n'aurait jamais pensé qu'il choisisse celui-ci parmi tout ceux qui existaient.
Le jeune homme tourna la tête vers elle, souriant en s'apercevant qu'elle le regardait déjà. Ses pupilles donnaient l'illusion d'une mer calme, ondoyant paisiblement. Si un jour on avait dit à Annabeth qu'elle se retrouverait dans un cours d'histoire à batailler avec Percy pour donner les réponses, elle n'y aurait jamais cru. Elle se demandait d'ailleurs si tout ce qui venait de se passer était bien réel.
La sonnerie réveilla les élèves de leur transe, et tout le monde remballa ses affaires, courant vers la cantine. Annabeth tentait de reprendre ses esprits, rangeant lentement ses cahiers alors que Percy fermait déjà son sac. Il ne restait plus qu'eux dans la salle, et le jeune homme s'apprêtait à sortir de la salle quand il sentit qu'on tirait son sac en arrière.
- Oui ? Fit-il en se stoppant.
- D'où est-ce que tu en sais autant sur la mythologie ?
Percy sourit en réajustant ses bretelles de sac, s'appuyant sur une table.
- Grâce à ma mère. Quand j'étais petit, au lieu de me lire des contes elle m'a lu et raconté à peu près tout les mythes qu'elle connaissait. Elle adore la mythologie classique, et je pense qu'elle m'a passé cette passion. Tout va bien ?
Annabeth arborait un visage fermé, ses pensées vagabondant. Elle aurait tellement aimé que sa mère fasse pareil avec elle quand elle était petite…
- Très bien, se reprit-elle en relevant la tête vers Percy.
- Et toi, d'où te vient tout ce que tu connais ?
- J'ai eu pas mal de temps à occuper quand j'étais petite, et mon père avait beaucoup de livres sur le sujet dans son bureau, alors je les ai lu.
- En tout cas tu es assez impressionnante, sourit le jeune homme, c'est la première fois que quelqu'un participe avec moi en cours de mythologie.
- Je peux dire la même chose de toi, personne n'avait réussi à me prendre de vitesse sur le sujet.
Et ce compliment avait demandé beaucoup d'efforts à Annabeth pour sortir de sa bouche. Trouver quelqu'un à sa hauteur sur le sujet était déjà dur à avaler, mais que cette personne soit Percy Jackson rendait la chose encore plus difficile à accepter. Force était de constater qu'elle s'était trompée sur lui, et elle allait attendre de le connaître un peu mieux avant d'émettre une opinion sur lui.
- Est-ce que je me trompe si je dis qu'Athéna est ta déesse préférée ? Demanda-t-il.
- C'est bien ça, tout comme tu préfères sûrement Poséidon ?
- Exact, sourit Percy, ravi par leur discussion, pourquoi Athéna ?
- Je trouve qu'elle représente de bonnes valeurs, comme la justice, le travail, la réflexion.
- Elle est assez orgueilleuse aussi, contra Percy.
- Personne n'est parfait.
- Pas même les dieux ?
- Il faut croire que non, répliqua Annabeth en réprimant un sourire, mais elle est sûrement ce qui s'en rapproche le plus.
- Poséidon est ex æquo avec elle, au minimum. Après tout c'est l'un des trois plus grands dieux, et puis, il est super cool.
- Je ne me prononcerai pas sur le sujet.
- Ne me dis pas que tu ne l'aimes pas, s'indigna Percy.
- Le contraire aurait été étonnant avec Athéna comme divinité favorite.
- Oh allez, il est super ! Et c'est pas parce qu'ils ne s'aimaient pas que tu dois aimer l'un et détester l'autre.
- Percy, ils n'ont rien en commun ! Poséidon est un dieu irréfléchi, qui provoque un tremblement de terre dès qu'il n'a pas ce qu'il veut. Il n'y a qu'à voir comment il est venu déranger Athéna pour obtenir une ville.
- Mais Athéna et Poséidon sont aussi capables de travailler ensemble, après tout Poséidon a créé le cheval et Athéna la bride pour les dompter.
Emportés par leur discussion, ils n'avaient pas remarqué que monsieur Brunner les observait du pas de la porte, attendant pour fermer la salle.
- Et bien, les interrompit-il, je vois que vous avez des tas de choses à vous dire ! Je cherchais justement des volontaires pour un exposé sur la mythologie.
Les deux adolescents se tournèrent vers leur professeur, pas sûrs d'avoir tout compris.
- Vous voulez qu'on prépare un exposé ? Demanda Percy en se redressant.
- C'est ça. Ça peut être sur ce que vous voulez, du moment que ça fait parti de la mythologie. Essayez de rester sur des sujets abordables pour tous quand même. Je vous laisse une semaine pour faire ça, ça ira ?
- Mais…
- On s'en charge.
Annabeth n'avait pas eu le temps de protester que Percy avait accepter. Elle le fusilla du regard, et il se passa la main sur la nuque en souriant, légèrement intimidé.
- C'est entendu. Maintenant si vous voulez bien…
Monsieur Brunner leur indiqua la sortie de la tête, la clé déjà dans la serrure.
- Bien sûr, excusez-nous de vous avoir retenu, fit Annabeth en sortant, suivie par Percy.
- Ça valait le coup d'attendre, leur sourit-il.
Sans rien dire de plus, le professeur d'histoire ferma la porte et partit pour son prochain cours.
- Tu viens manger avec nous ? Proposa le jeune homme en se tournant à demi vers la droite.
- J'ai art plastique, mais bon appétit, lança Annabeth par dessus son épaule avant de filer de l'autre côté.
Il eu à peine le temps de la saluer qu'elle grimpait déjà les escaliers. Le garçon s'en alla manger avec ses amis, avant de partir pour sa courte après-midi de cours.
Le calvaire commença quand Percy se gara sur le parking avec Piper sur le siège passager.
- Dépêche toi, sors de la voiture ! Ordonna-t-elle en sautant du véhicule.
Percy soupira avant de ranger la clé dans sa poche et de rejoindre son amie aux portes du centre commercial.
- Ok, on va mettre des limites tout de suite, fit-il avant qu'ils se lancent dans un véritable marathon, je ne passe pas plus de deux heures là-dedans, et une fois qu'on sort d'une boutique on y retourne pas, compris ?
- D'accord pour les boutiques, mais je ne peux rien promettre pour le temps, c'est pas moi qui met une éternité pour essayer un tee-shirt…
- Piper, menaça le jeune homme en croisant les bras.
- Ok, pas plus de trois heures, promis !
Levant les yeux au ciel, il rendit les armes et suivit la tornade brune dans la première boutique.
Au bout de la première heure, Percy ne comprenait toujours pas les explications de Piper sur les couleurs.
- C'est pas compliqué, si tu mets un haut vert ou bleu, ça fait ressortir la couleur de tes yeux ! La nuance a peu d'importance pour toi, tout te va bien vu que tu es bronzé naturellement, même si personnellement je trouve que le foncé te va très bien.
La jeune fille continuait de lui donner des conseils en marchant à travers les rayons, levant un polo turquoise, le mettant à côté de la tête de Percy avant de le poser dans ses bras sur la pile de vêtements qu'il portait déjà.
- Tu ne crois pas qu'on pourrait prendre un panier, lança le garçon entre un jean et une veste.
- Non ça ira, j'ai presque fini.
- Mais c'est pas toi qui porte !
- Arrête de te plaindre et va plutôt essayer tout ça, lança Piper en le poussant vers les cabines d'essayage, et s'il te plaît, dépêche-toi, j'ai encore quelques boutiques en tête qui valent le coup d'œil.
Percy lui tira la langue avant de rentrer dans une cabine d'essayage, enfilant les vêtements sur le haut de la pile avant de sortir pour montrer le résultat à son amie.
- Super, je savais que ce polo t'irait, sourit-elle, tourne que je vois ce que le jean donne.
- Je plains Jason quand il découvrira ce côté de ta personnalité, fit Percy en s'exécutant, il va partir en courant.
- Il sait déjà ce dont je suis capable, on est allés au centre commercial ensemble cet été.
- Le pauvre…
- Figure toi qu'il aime bien faire les magasins, et qu'on a passé un très bon moment ! C'est bon, garde cette tenue dans la pile à prendre.
- Alors vivement qu'il vienne vivre ici que je n'ai plus a subir ça, sourit Percy avant de repartir dans la cabine d'essayage.
Il leur fallu encore une heure et demie pour finir, et ce fut avec soulagement que le jeune homme déposa tout les sacs à côté de la table à laquelle ils s'étaient installés pour boire quelque chose avant de rentrer.
- C'était cool comme après-midi ! Sourit Piper en s'adossant à sa chaise, sirotant son verre.
- C'était supportable.
- Je sais que tu as adoré, admet-le.
- Ça ne s'est pas vu ? Sourit le jeune homme, faisant rire Piper.
- Ta mère va être ravie qu'on ait refait ta garde robe, je sens qu'elle va se faire un plaisir de jeter le short troué que tu n'arrêtais pas de mettre pendant les vacances.
- Tu as sans doute raison, elle va te sauter dans les bras en te remerciant de m'avoir traîné une demie-journée dans des boutiques.
Et effectivement, Sally serra Piper dans ses bras quand ils rentrèrent, la remerciant d'avoir réussi à emmener Percy s'acheter de nouveaux vêtements. Elle avait toujours eu du mal à l'emmener dans les magasins quand il était petit, et elle avait lâché l'affaire à l'adolescence, alors quand Percy était rentré la première fois que Piper l'avait obligé à aller faire du shopping, elle l'avait remercié comme si la jeune fille avait guéri son fils d'une maladie incurable.
- Tu restes avec nous ce soir ? Proposa Sally en allant vers la cuisine.
- Avec plaisir, comme ça on va pouvoir aller faire du tri dans ton armoire Percy !
Soupirant, le jeune homme ramassa les sacs et suivit Piper à l'étage, renonçant à toute protestation. Mieux valait pour lui qu'il s'économise en vue de la grande soirée de rangement qui s'annonçait…
Bonjour à tous ! J'espère que ce chapitre vous a plu, j'ai vraiment aimé l'écrire en tout cas ! J'attends de savoir ce que vous en avez pensé avec impatience, alors n'hésitez pas à me faire part de vos impressions. Ça ne prend que quelques minutes de donner son avis, mais c'est vraiment important pour la personne qui s'investit dans l'écriture.
J'ai également un compte tumblr consacré à l'univers de Percy Jackson et aux Héros de l'Olympe : Happy-Smiling-Things. N'hésitez pas à aller y faire un tour et pourquoi pas vous abonner ! J'accepte également les demandes, donc si vous avez envie que je fasse un montage sur un personnage ou thème en particulier, où des envies de headcanons ou AUs, vous n'avez qu'à me le demander sur mon blog et je m'en chargerai avec plaisir ! :) (my ask box is open to english requests too so just ask!)
Voilà, je pense que j'ai fait le tour alors je retourne écrire et je vous dis à la semaine prochaine !
