Chapitre 13
- Bonjour maman ! Chantonna Percy en dévalant les escaliers.
- Percy ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Rien, pourquoi ?
- Il est huit heures et on est dimanche.
Le jeune homme sourit et embrassa sa mère sur la joue, la prenant dans ses bras. Sally se mit à rire devant l'enthousiasme de son fils, le serrant contre elle alors qu'il les balançaient d'un pied sur l'autre.
- On est pas n'importe quel dimanche, sourit-il en la lâchant, avançant vers la cuisine pour prendre son petit déjeuner.
- Si seulement tu pouvais être aussi motivé tout les jours de l'année, fit-elle.
- Si j'étais aussi excité tout les matins, celui-ci perdrait son importance.
Sally secoua la tête en lui ébouriffant les cheveux, le faisant râler avant de faire couler le café. Ils discutaient tranquillement quand Paul les rejoint, souriant à Percy avant de se pencher vers Sally pour l'embrasser. Il se servit un café avant de s'asseoir à table avec eux, riant en les entendant discuter avec sérieux du planning de la journée.
- Il faut qu'on aille chercher le sapin, et pendant ce temps tu pourrais sortir les cartons de décorations, proposa Percy.
- On peut décorer l'appartement dans l'après-midi, proposa Paul.
- Il faut que je fasse mes courses de Noël cet après-midi.
- Percy ! Tu ne pouvais pas les faire plus tôt ! S'exclama Sally.
Le jeune homme sourit en se passant la main dans les cheveux.
- Je pensais avoir le temps, mais je me suis fait avoir, s'excusa-t-il.
- Enfin, c'est toujours mieux que l'année dernière, sourit Paul, au moins il n'attend pas la veille.
L'adolescent rit en se rappelant de l'année précédente. Sa mère avait manqué de l'étrangler alors qu'ils étaient partis une journée entière dans le centre commercial le plus proche. Ça avait été un vrai calvaire de faire ses courses dans des magasins noirs de monde, surtout pour un hyperactif. Pour cette année, il avait décidé de tout faire en avance, mais le mois de novembre avait été assez chargé au niveau des cours et avant qu'il ne s'en rende compte, le mois de décembre commençait déjà.
- D'accord, soupira Sally, on s'occupera de ça dans l'après-midi. Mais je doute qu'on réussisse à tout faire ce matin.
- On peut déborder un peu et finir après avoir mangé. Je sais déjà ce que je veux acheter, j'ai une liste.
- Quelle organisation !
- Je peux être efficace quand je veux, sourit Percy.
- Je vois ça, lui répondit sa mère avant de se lever de table. Bon, vu que la journée va être chargée, que diriez vous d'aller chercher le sapin pendant que je vais me préparer ?
Paul acquiesça avant de se lever à son tour pour faire la vaisselle. Percy suivit son exemple, et après avoir nettoyé la table, il partit s'habiller, enfilant les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main. Les deux hommes montèrent en voiture et partirent vers l'un des rares vendeurs de vrais sapins dans le Sud de Manhattan. Chaque année, ils achetaient leur sapin au même endroit, si bien que le vendeur les reconnaissait maintenant.
Après un trajet plutôt rapide pour un dimanche à New-York, Paul et son beau-fils se garèrent sur un petit parking, le vendeur leur faisant de grands gestes avec un sourire aux lèvres.
- Voilà mes clients préférés ! S'exclama-t-il en leur serrant la main.
- Comment allez-vous ?
- Bien, bien merci ! Je savais que vous alliez venir, du coup je vous ai gardé un de mes plus beaux sapins de côtés !
L'homme fit signe à un de ses collègues, et quelques instants plus tard, un sapin de près de deux mètres leur fut apporté.
- Il est parfait ! Sourit Percy en prenant le sapin emballé dans un filet.
- J'étais obligé, vous êtes mes clients les plus fidèles.
Paul sourit et ils restèrent sur le parking à discuter quelques minutes avant d'aller payer le sapin, se rappelant du programme chargé de la journée. Même avec les sièges arrières baissés, le sapin ne rentrait pas totalement dans la voiture, et Percy s'assura qu'il ne bouge pas en l'attachant comme il put dans le coffre. Après avoir serré la main du commerçant, Paul reprit le volant et ils repartirent pour l'appartement.
Une fois arrivés, ils durent se débrouiller pour monter le sapin dans les escaliers de l'immeuble, le portant comme ils pouvaient en essayant de ne pas tomber. La tâche s'avéra encore plus compliquée quand une vieille dame voulu passer. Percy leva le conifère à bout de bras pour ne pas encombrer le passage, souriant à la femme alors qu'elle descendait les marches à pas lent.
- Tu veux que je t'aide ? Lui proposa Paul en avançant.
- Non non ça va, ne t'inquiète pas.
Mais malgré ses entraînements de hand et ses séances de musculation avec Beckendorf, l'effort le fit rougir, et ses bras commencèrent à trembler. Le jeune homme résista malgré tout jusqu'à ce qu'il puisse de nouveau partager le poids du sapin avec Paul, et lorsque la porte de leur appartement fut en vue, il poussa un gros soupir.
- Allez, plus que quelques marches, fit-il entre ses dents.
Sally avait dû les entendre, car Percy eu à peine le temps de poser le pied sur le tapis que la porte s'ouvrit.
- Rentrez dépêchez-vous !
- On va aussi vite qu'on peut ! Répliqua Percy en passant le pas de la porte, avançant vers le salon.
Pendant une seconde, il eu peur que l'arbre de Noël soit trop grand pour leur plafond, mais il faisait pile la bonne taille, à croire qu'il avait été créé pour eux.
- Une bonne chose de faite, sourit le garçon en se frottant les mains.
- Tu veux bien le déballer, le temps que je finisse de sortir les cartons ? Demanda Sally.
Percy acquiesça avant d'aller chercher des ciseaux pour enlever le filet qui entourait le sapin. Une fois ses branches déployées, il le plaça dans le coin du salon près de la fenêtre. Tout les ans, il plaçait le sapin à cet endroit, et même si le week-end de l'installation des décorations de Noël était toujours le même et qu'ils faisaient toujours la même chose, le jeune homme ne l'aurait manqué pour rien au monde. C'était un rituel qu'ils avaient installé avec sa mère alors qu'il était tout petit, et qui le rendait toujours heureux, peu importe ce qui se passait dans sa vie. Noël était sa fête préférée : des familles souriantes, des enfants avec les yeux tout brillants, de la joie et de la bonne humeur, des cadeaux, du chocolat, et des repas à n'en plus finir.
- Et voilà, souffla sa mère en posant le dernier carton sur le canapé.
- Bon, par quoi on commence ?
- On va s'occuper de l'entrée et du salon le temps que les branches du sapin se détendent.
C'était le troisième Noël que Paul passait avec Sally et Percy, mais il était toujours aussi impressionné par l'organisation dont ils faisaient preuve. Le jeune homme faisait preuve d'une discipline et d'une concentration incroyable, et il obéissait au doigt et à l'œil de sa mère, s'exécutant dès qu'elle lui donnait des instructions.
Percy courait partout dans l'appartement, accrochant les guirlandes lumineuses autour des fenêtres et dans le petit couloir de l'entrée, s'occupant des branchements et dépoussiérant les chaussettes de Noël.
- Tu veux les mettre où cette année ? Demanda-t-il à sa mère qui sortait des boules en verre pour le sapin avec précaution.
- Pourquoi pas au porte-manteaux ?
- D'accord !
A cette vitesse, le salon fut décoré dans la matinée, et après une pause déjeuner rapide, la petite famille se remit au travail. Rapidement, le sapin fut paré de guirlandes et autres, et Sally monta sur une chaise pour attacher l'étoile au sommet. Tout le monde recula de quelques pas pour admirer leur travail, Paul passant un bras autour de la taille de Sally alors que Percy leur souriait.
- Je crois qu'on s'est plutôt bien débrouillés, souffla Paul en embrassant la tempe de sa compagne.
Celle-ci leva les yeux sur lui, hochant doucement de la tête avant de l'embrasser. Percy n'aurait échangé cet instant pour tout l'or du monde : voir sa mère souriante et heureuse suffisait à le combler. Elle avait tant donné et sacrifié ces dernières années pour lui, et il savait très bien qu'il n'avait pas été facile à gérer. A ses yeux, sa mère était la femme la plus extraordinaire et la plus forte qu'il ai jamais connu, et elle représentait ce qu'il avait de plus précieux. La voir enfin sereine après toutes ces années difficiles lui donnait foi en l'avenir.
Paul partit un moment dans la cuisine, et le garçon en profita pour prendre sa mère dans ses bras, contemplant le salon en la serrant contre lui.
- J'adore Noël, murmura-t-il.
- Tu dis ça tout les ans, rit-elle en entourant sa taille de son bras.
- Parce que c'est la vérité !
Sally secoua la tête mais garda son sourire, gardant son fils dans ses bras encore un instant avant de se détacher de lui.
- Bon, maintenant qu'on a fini la décoration de l'appartement, enfile tes chaussures qu'on y aille. J'aimerais qu'on passe chez Piper avant d'aller au centre commercial.
- Tu as déjà son cadeau ? Demanda Percy en attrapant une veste.
- Certains sont plus organisés que d'autres, sourit-elle.
Percy lui sourit avant d'ouvrir la porte, la laissant passer après avoir salué Paul. La mère et le fils montèrent dans la Jeep et se mirent en route. Celle-ci fut longue, mais Percy garda son sourire. Rien ne pouvait entamer sa bonne humeur aujourd'hui, pas même un bon embouteillage. Le jeune homme finit par se garer devant la maison de Piper, trottinant jusqu'à la portière côté passager pour l'ouvrir à sa mère. Ils remontèrent l'allée jusqu'à la porte d'entrée, et la jeune fille vînt leur ouvrir quelques secondes après qu'ils aient sonné.
- Hey, Sally, Percy ! Fit-elle en ouvrant la porte en grand, les laissant entrer.
Son visage s'illumina en voyant les Jackson, elle adorait leur compagnie. Leur chaleur naturelle la changeait de la politesse froide des employés de son père et de son assistante qui s'occupait d'elle pour tout ce qui traitait de sa scolarité.
- Comment ça va ma belle ? Lui demanda Sally en avançant vers le salon.
- Plutôt bien, j'ai la maison pour moi seule pendant les vacances.
Malgré son ton enjoué, ni Sally ni Percy ne ratèrent la peine dans ses yeux. Ils échangèrent un regard et le jeune homme hocha de la tête, croisant les bras.
- On serait ravis de t'avoir avec nous pour Noël.
- C'est très gentil de me le proposer, mais mon père rentre deux jours pour le passer avec moi, sourit Piper.
- Tu peux toujours nous rejoindre si jamais ça ne se passe pas bien, ajouta Percy.
La jeune fille lui tapota le bras en signe de remerciement, avant de s'asseoir sur la table du salon. Les manches de son sweat trop large glissèrent le long de ses bras, alors qu'elle battait des jambes. Près de la cheminée, un immense sapin était installé, des guirlandes clignotantes entremêlées dans les branches. Des paquets étaient empilés à son pieds, formant une cascade de papier cadeau et de rubans. Tristan Mclean faisait ça tout les ans : il demandait à sa fille ce qui lui ferait plaisir, et chaque année elle lui demandait de passer toutes les vacances rien qu'avec elle. La réponse était toujours la même, et pour tenter de se faire pardonner, il la couvrait de cadeaux, gadgets high-tech, vêtements et parfums de marques. Comme si ce genre de chose pouvait remplacer son absence...
- On était juste passés pour te déposer tes cadeaux, lui dit Sally.
Sur ce, elle lui tendit un paquet et une boite de cookies maison. Piper récupéra les présents et les posa à côté d'elle avant de se lever et de prendre la femme dans ses bras.
- Merci Sally, merci beaucoup.
- Mais de rien, répondit-elle en lui caressant les cheveux.
Elle avait beau être tout le temps joyeuse et débordante d'énergie, Piper restait malgré tout une adolescente qui avait grandi sans savoir qui était sa mère ou encore si elle avait jamais voulu d'elle. La seule présence féminine qu'elle avait dans sa vie était une femme vissée sur des talons hauts avec un calepin et un agenda dans les mains et courant après son père en s'occupant d'elle comme d'un boulet qu'elle devait traîner. Sally avait toujours fait office de figure maternelle pour elle, et Piper remerciait le ciel chaque jour pour lui avoir accordé une famille de cœur aussi adorable.
Tentant de cacher les larmes qui lui montaient aux yeux, l'adolescente ouvrit la boite de biscuits et croqua dans l'un d'eux, fermant les yeux en soupirant alors que le chocolat fondait dans sa bouche.
- Toujours aussi délicieux.
- Il faudra que tu passes manger à la maison pendant les vacances, ça me ferait plaisir de te voir un peu chez nous, sourit la mère de Percy.
- J'adorerais !
- Tu n'auras qu'à envoyer un message à Percy pour qu'il vienne te chercher, et je te préparerai ton plat préféré.
- Je n'y manquerai pas.
La discussion allait bon train quand le portable de la jeune fille se mit à sonner. Elle regarda l'écran et immédiatement, ses joues rosirent.
- C'est Jason, il m'avait dit qu'il m'appellerait dans l'après-midi, dit-elle.
- On va y aller.
- Oh ne vous inquiétez pas, je peux le rappeler un peu plus tard !
- Prend ton appel, de toute façon on doit y aller, on a un emploi du temps chargé, rit Percy.
Son amie lui sourit avant de décrocher, demandant à Jason de patienter le temps de les raccompagner.
- Il me dit de vous dire bonjour, fit-elle en mettant son portable contre son épaule.
La mère et le fils sourire en rendant la politesse, puis avancèrent vers la porte. Sally serra Piper contre elle une dernière fois avant de sortir, suivie par Percy qui l'imita. La jeune fille les salua de la main et attendit qu'ils aient passés le portail avant de fermer la porte, se baladant dans la maison en discutant avec son petit-ami.
- Bon, c'est parti pour le shopping, fit Percy en remontant au volant.
- Vraiment Percy, il faut que tu apprennes à anticiper, soupira Sally en piétinant dans le hall du centre commercial.
Les New-yorkais semblaient s'être passé le mot pour venir faire leurs courses de Noël ce dimanche, et les magasins étaient bondés. Les galeries ressemblaient à des fourmilières à taille humaine, et marcher à travers la foule était vraiment compliqué.
- Heureusement que j'ai préparé une liste, sourit-il en sortant son portable pour retrouver son mémo.
La femme brune passa un bras sous celui de son fils, se laissant guider en essayant de ne cogner personne alors qu'ils allaient vers une boutique de bricolage.
- Percy, pourquoi…
- Léo a besoin d'une nouvelle caisse à outils, on a cassé sa dernière clé en remontant une roue il y a quelques jours.
- Alors allons-y, souffla Sally en passant sous l'enseigne de la boutique.
Déjà que Percy n'aimait pas trop faire les magasins, mais avec ce monde, ça devenait un véritable cauchemar. Il préférait encore faire un marathon shopping avec Piper, au moins il n'était pas secoué dans tout les sens.
Déambuler dans les galeries marchandes devint de plus en plus compliqué à mesure qu'il avançait dans sa liste. Percy veillait à ce que sa mère ne se fasse pas bousculer, fusillant du regard chaque personne qui le faisait. Les sacs s'accumulaient, et leur poids commençait à se faire sentir alors qu'il portait tout en slalomant dans la foule.
- Tu veux que je t'aide ? Lui proposa Sally.
- Tout va bien, ne t'en fait pas, sourit-il en réajustant sa prise autour des poignées de sacs.
- Il te reste encore beaucoup de choses à acheter ?
- Non, j'ai presque fini.
Percy jeta un coup d'œil à sa liste, souriant en voyant que presque tout était fait. Il ne lui restait plus que deux cadeaux à acheter avant de pouvoir rentrer, ce qui le ravit.
- Allons-y, je n'ai plus rien à acheter ici, fit-il en allant vers une sortie.
Sally le suivit avec soulagement, respirant l'air frais une fois à l'extérieur du centre commercial. Ils regagnèrent la voiture et Percy put poser tout ses achats dans le coffre avant de reprendre le volant, se dirigeant vers le Nord de Manhattan.
- Où est-ce qu'on va maintenant ?
- C'est un secret, sourit-il en tournant dans une rue moins fréquentée.
Sally n'insista pas, regardant plutôt la route qu'ils empruntaient pour essayer de voir si elle reconnaissait les alentours, en vain. Quand son fils se gara, elle regarda à travers le pare-brise pour trouver une boutique quelconque, mais il semblait s'être garé dans une rue d'immeubles exprès pour garder sa surprise totale. Elle s'apprêtait à ouvrir la porte quand il la retint.
- Non, tu ne bouges pas d'ici !
- Comment ça ? Demanda-t-elle, la main sur la poignée de portière.
- Je vais chercher ton cadeau, et je ne veux pas que tu le vois avant le jour j !
- Alors tu n'avais qu'à aller le chercher sans moi !
- Mais c'était sur la route ! Et puis j'ai besoin de toi pour le dernier cadeau, sourit le jeune homme avant de descendre de voiture.
- Et pourquoi ça ?
- Je te dirai ça dès que ton cadeau sera dans mon coffre et qu'on sera assis à boire un café. J'en ai pour cinq minutes, ne triche pas !
Même si elle leva les yeux aux ciel, Sally ne put s'empêcher de rire devant l'attitude de son fils. Elle le regarda trottiner vers l'angle de la rue et disparaître, allumant la radio pour passer le temps.
Percy courut encore un petit peu jusque chez l'antiquaire. En revenant d'un cours avec Annabeth, il y avait fait un tour par curiosité et y avait trouvé pile ce qu'il fallait pour sa mère.
- Bonjour, j'avais réservé quelque chose chez vous, lança-t-il en sortant son porte-feuilles.
- Oui je me souviens, elle est juste là, répondit le vieil homme qui gardait la boutique.
Il se retourna pour attraper l'objet avant de le poser sur le comptoir, laissant Percy l'examiner une dernière fois avant de l'acheter. C'était une magnifique machine à écrire vintage comme on n'en faisait plus, avec de grosses touches ronde et un socle métallique. Il appuya sur les touches jusqu'à entendre un petit bruit de cloche qui signalait la nécessité d'un retour à la ligne.
- C'est parfait je la prends.
- Souhaitez-vous qu'on l'emballe ? Demanda l'antiquaire.
- S'il vous plaît.
Pendant qu'il s'occupait de régler son achat, un apprenti lui fit un beau paquet cadeau, protégeant au mieux la machine avant de la mettre dans un grand sac et de le lui tendre.
- Et voilà, merci pour votre visite et bonnes fêtes de fin d'année !
- A vous aussi, merci ! Répondit Percy avant de repartir dans les rues de New-York, marchant à pas rapides jusqu'à la voiture.
Le garçon ouvrit son coffre et glissa le paquet sur le côté avant de le refermer le plus vite possible, ne laissant pas à sa mère le temps de se retourner pour tenter de deviner ce que c'était. Pour une fois qu'il réussissait à lui cacher ce qu'était son cadeau de Noël…
- Bon, maintenant tu vas peut-être pouvoir me dire pourquoi tu as besoin de moi ?
- Je te dirai tout dès que je nous aurais rapproché des boutiques qui m'intéressent, fit-il en montant à nouveau derrière le volant.
La mère du garçon n'insista pas, le laissant conduire une dizaine de minutes avant de se garer près d'un café. Percy descendit le premier et ouvrit la porte de la boutique pour elle, la guidant jusqu'à une table inoccupée à l'intérieur. Après avoir passé commande, Sally remarqua que l'adolescent était un peu agité : sa jambe tressautait toute seule, et il n'arrêtait pas de se frotter la nuque et d'essuyer ses mains sur son jeans.
- Qu'est-ce qui te met dans cet état Percy ? Finit-elle par demander.
- De quoi ?
- Tu as l'air…Stressé.
- Non, tout va bien ! Sourit-il.
Sally remarqua cependant que son sourire était un peu crispé, et elle fronça les sourcils.
- Si tu as des soucis, tu sais que tu peux m'en parler, commença-t-elle.
- Ne t'inquiète pas maman, je n'ai aucun problème, du moins pour l'instant.
Le serveur leur apporta leurs cafés et ils le remercièrent avant de retourner à leur conversation. Percy bu une gorgée de sa boisson avant de regarder par la fenêtre.
- J'ai besoin de ton aide pour mon dernier cadeau.
- Je sais, c'est pour ça que tu m'as emmené avec toi. C'est ce qui te rend aussi nerveux ?
- Je ne suis pas nerveux, c'est juste...Embarrassant. Je ne veux pas que tu te fasses des films ou quelque chose dans le genre.
Sally se pencha vers son fils, un sourire aux lèvres.
- Ce cadeau, c'est pour une fille ?
- Pour Annabeth, dit-il.
- Et pourquoi tu n'as pas demandé l'aide de Piper ? Je suis sûre qu'elle aurait été ravie de t'aider.
- Si elle sait que je cherche un cadeau pour Annabeth, elle va se mettre des idées en tête, et tu sais comment elle est quand elle a décidé quelque chose. Elle me charrie déjà assez comme ça au lycée, et puis c'est son amie la plus proche, elle serait incapable de tenir sa langue.
Sally l'observa un instant, amusée de le voir mal à l'aise. Elle prit son temps pour parler, buvant tranquillement son café en l'observant avec une étincelle de malice dans son regard qui n'échappa pas à son fils.
- Maman...Commença-t-il en penchant la tête sur le côté.
- Quoi ? Avoue que c'est assez rare de te voir dans cet état, en fait je ne t'ai jamais vu comme ça à cause d'une fille…
- Maman s'il te plaît, pas toi aussi ! Protesta-t-il.
- Bon d'accord, est-ce que tu as une idée au moins pour le cadeau ?
Le garçon se pencha vers la table en soupirant, le regard perdu quelque part au-dessus de l'épaule de sa mère.
- Je ne sais pas exactement, je ne sais pas énormément de chose sur elle et ses goûts. C'est pour ça que je t'ai demandé de venir, je suis sûre que tu m'aidera à trouver quelque chose qui lui plaira.
- D'accord, alors on ferait mieux d'y aller si tu veux trouver quelque chose aujourd'hui, fit-elle en se levant.
Percy l'imita et ils quittèrent la chaleur du café pour les rues froides de Manhattan. Le soleil commençait déjà à se coucher, le ciel se tintant d'orange. Ils marchèrent le long des boutiques un moment, Sally proposant des idées sans vraiment convaincre le jeune homme. Elle passa son bras sous le sien et le laissa les guider dans des librairies, fouillant les rayons sans conviction.
- Tu n'as vraiment aucune idée, n'est-ce pas ? Finit-elle par demander.
- Effectivement. Elle adore lire, mais je suis sûre qu'elle a déjà tout les livres des librairies de New-York.
- Parle moi un peu d'elle.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Demanda Percy en la regardant.
- N'importe quoi, dit moi ce que tu veux, sourit-elle.
Le garçon fronça les sourcils, réfléchissant à ce qu'il pouvait bien dire à sa mère à propos d'Annabeth.
- La première fois que je l'ai vu, elle était en cours d'art. Elle a ce tic de mordiller sa lèvre quand elle réfléchit, et elle réfléchit beaucoup, crois moi, sourit-il en la visualisant en train de le faire. C'est quelqu'un de très intelligent, très organisé et efficace. Elle dirige le journal du lycée, d'ailleurs elle m'a interviewé pour un article. Je crois qu'elle a peur de l'eau, et son endroit préféré est certainement la bibliothèque. Elle est gauchère, mais elle écrit très bien. Elle a appris le grec ancien toute seule, et elle étudie le français avec Piper au lycée. C'est une encyclopédie sur la mythologie classique. Elle est très têtue, un peu comme moi en fait. Ce qui m'intrigue le plus à propos d'elle, c'est ses yeux, tu n'en as sûrement jamais vu des semblables aux siens. On croirait qu'un ciel d'orage y a été enfermé, et que les nuages tournoient selon son humeur. Je l'ai emmené à l'aquarium, et je lui ai raconté pour papa.
Et sans qu'il s'en rende compte, Percy lui raconta absolument tout ce qu'il avait pu noter sur Annabeth, même les détails les plus banals. Il lui parla de cette mèche de cheveux qui lui revenait toujours dans le visage, de son sens de l'analyse, de ses aquarelles, tout. Il était tellement absorbé par ce qu'il racontait qu'il ne prêta plus attention aux vitrines des boutiques. Il ne vit pas la manière dont sa mère le regardait à certains moments de son récit, comme si elle semblait détenir une réponse à une question, une énigme dont il ignorait encore tout.
Alors que la nuit était maintenant tombée, la mère et le fils continuaient leur déambulation dans les rues new-yorkaises. Des luminaires avaient été installés un peu partout et clignotaient au-dessus de leur tête plantant définitivement l'atmosphère de Noël dans les lieux.
Sally continuait d'écouter l'adolescent quand elle jeta un coup d'œil vers une vitrine qui avait attiré son attention, et après avoir stoppé Percy pour la regarder un peu plus en détail, elle releva la tête vers lui, un sourire aux lèvres.
- Je crois qu'on a enfin trouvé, souffla-t-elle.
Elle n'eut pas besoin de montrer de quoi elle parlait, car le jeune homme observa à son tour la vitrine et le même sourire qu'elle lui avait fait se dessina sur son visage. Son regard brillait de joie quand il tourna la tête vers sa mère, enfouissant les mains dans les poches de sa veste avant de regarder à nouveau devant lui.
- Je crois bien que oui.
Bonjour à tous ! Un petit chapitre un peu plus centré sur Percy et Sally, je trouvais que ça serait pas mal de voir la mère et le fils un peu ensemble. Comme d'habitude, j'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire pour que je sache tout ça !
Un grand merci à toutes les personnes qui commentent ma fanfiction, vous m'aidez beaucoup à faire évoluer mon écriture et vous êtes ma source de motivation pour continuer à publier le plus fréquemment possible !
Je vous laisse sur ce treizième chapitre et pars travailler sur le prochain, à bientôt !
