Chapitre 16

On dit souvent que toutes les bonnes choses ont une fin.

Annabeth connaissait ce dicton mieux que quiconque.

Après un court répit pendant les fêtes de fin d'année, tout avait recommencé : les coups, les cris, les insultes. C'était à se demander si la nouvelle résolution d'Isabel n'était pas de transformer sa vie en un calvaire perpétuel, comme si ce n'était pas déjà assez dur à vivre avant. Sa belle-mère avait développé de nouvelles stratégies pour lever la main sur elle : quand personne n'était à la maison et que la jeune fille avait le malheur de travailler dans une autre pièce que sa chambre, elle s'approchait, faisait tomber quelque chose et l'accusait de l'avoir fait à sa place. Si les coups étaient pour ainsi dire supportables, les humiliations quotidiennes devenaient ingérables. Voir les yeux d'Isabel remplis de satisfaction malsaine alors qu'elle était forcée de nettoyer et ramasser après elle, son sourire à peine caché, son ton suffisant quand elle la cassait... Elle se permettait même de faire des remarques devant son père, qui ne relevait jamais, au grand désespoir d'Annabeth. Pourquoi ne pouvait-il pas ouvrir les yeux et se rendre compte de ce qu'elle vivait ? Pourquoi ne pouvait-il pas réaliser que sa femme battait sa propre fille ?

Et comme si ce n'était pas assez dur comme ça, en plus de subir un traitement de plus en plus violent chez elle, Annabeth liait des liens de plus en plus forts avec sa troupe d'amis. S'inventer des week-ends joyeux passés en famille et autres, et les raconter en regardant Piper, Hazel, Silena ou Percy dans les yeux était insupportable. Mentir à ceux qu'elle considérait comme ses amis les plus proches la dégouttait, et elle n'arrivait plus à se regarder dans le miroir quand elle se levait.

Ce matin avait été particulièrement compliqué pour la jeune fille : Matthew et Bobby partis en voyage scolaire, il ne restait plus qu'elle et Isabel dans la maison, et cette dernière ne se gênait pas pour en profiter. A peine levée, Annabeth avait du nettoyer un café renversé « par accident » sur le comptoir de la cuisine, prenant un coup de pied au passage. Même si elle avait essayé de rester enfermée dans sa petite bulle et de ne pas écouter tout les commentaires que sa belle-mère avait pu lui faire, ses pics l'avaient blessée. Isabel savait parfaitement sur quels points appuyer pour lui faire du mal, et elle n'hésitait pas à le faire, lui rappelant que sa mère l'avait abandonnée à chaque occasion.

Voulant partir au plus vite, Annabeth s'était préparée à la hâte, arrivant au lycée avec une avance assez conséquente. Heureusement pour elle, le concierge la remarqua et lui ouvrit, la laissant se réchauffer à l'intérieur du bâtiment. Essayant de faire abstraction de tout ce qui s'était passé durant le début de sa matinée, elle sortit un livre de son sac et s'installa près d'un chauffage à côté de sa salle de classe, préparant le cours qu'elle avait avec Percy dans l'après-midi.

Grâce à Piper et au cours de français, Annabeth réussit à se détendre. Son amie lui avait raconté la fin de ses vacances passées avec Jason. La voir aussi heureuse lui faisait du bien, ça lui permettait de se rappeler qu'après tout, ils étaient des adolescents, et que la vie les attendait devant eux.

- On ne se voit pas tout les jours, mais savoir qu'on vit dans la même ville, que je n'ai qu'à prendre ma voiture pour aller le voir, et qu'il peut passer ses week-ends avec moi…

- Ça doit vous changer, sourit la blonde en marchant dans les couloirs.

- C'est sûr, c'est tellement différent ! Il n'y a plus de décalage horaire, on peut faire des choses que tout les couples font, aller au cinéma, au restaurant, passer des soirées ensemble. Même s'il doit rester dormir toute la semaine dans son internat, c'est tellement bon de le voir le soir, le mercredi après-midi et le week-end !

Des exclamations interrompirent leur conversation, et les filles tournèrent la tête vers un Léo très excité qui sautillait dans tout les sens.

- Qu'est-ce qu'il se passe encore ? Fit Piper.

- Tu te souviens de Calypso, la fille avec qui il avait passé la soirée du nouvel an ?

- Oui ?

- Apparemment Valdez vient d'obtenir un rendez-vous avec elle, sourit Percy.

- Non !

- Et si ! Explosa Léo en lui collant son portable sous le nez.

Piper et Annabeth lurent rapidement le message qui confirmait le rendez-vous, avant de le regarder, ne sachant pas trop quoi dire.

- Où est Travis ? Il me doit une pizza pour ça !

Toute la bande se mit à rire, encore sous le choque de ce qu'il se passait. Qui aurait pu deviner que les choses iraient à ce train en le voyant sauter dans le canapé à côté de Calypso chez Piper ?

- Je crois qu'il est avec Katie pour le moment, répondit Hazel.

- Encore ? On ne les décroche plus l'un de l'autre depuis le nouvel an !

- On peu dire pareil de toi et Calypso, rétorqua Connor.

Léo piqua un phare en souriant, faisant une fois de plus rire ses amis qui ne se privaient pas pour le chambrer.

- Vous êtes juste jaloux d'être célibataires et sans aucune fille qui soit intéressée par vous !

- C'est ça Valdez, profite tant que tu peux.

- Mais je compte bien faire durer ce moment !

- Est-ce que tu aurais des sentiments pour elle Léo ? Demanda Silena avec un sourire malicieux.

- Je ne sais pas, c'est encore trop tôt pour le dire, balbutia-t-il en jouant avec des écrous.

- Il a des sentiments pour elle ! Fit Piper.

Percy et Annabeth échangèrent un regard, souriant en voyant que Piper changeait de cible pour une fois. Heureusement pour Léo, la sonnerie empêcha la jeune fille de se lancer dans un interrogatoire sentimental, et il salua rapidement tout le monde avant de partir.

- Quatorze heures à la bibliothèque ? Souffla Percy vers Annabeth.

- Quatorze heures à la bibliothèque, confirma-t-elle avant de le laisser filer en cours de physique, partant de son côté.

Le reste de la matinée se passa sans accroc, Annabeth récupérant un devoir en langue avant de rentrer déjeuner. Isabel était au travail, elle put donc manger en toute tranquillité, profitant du calme régnant dans la maison. Malgré tout, elle décida de ne pas pousser sa chance trop loin, et après avoir posé ce qui ne lui servirait pas pour le cours, elle repartit vers la bibliothèque.

Elle fut surprise de trouver Percy assis sur les marches devant le bâtiment, elle qui pensait arriver en avance.

- Qu'est-ce que tu fais dehors ?

- La bibliothèque est fermée aujourd'hui, répondit-il en se relevant.

- Comment ça ?

- Regarde par toi-même.

La jeune fille s'avança vers la porte, lisant rapidement la feuille scotchée dessus avant de soupirer.

- Bon, où est-ce qu'on peut aller pour ton cours ? Demanda-t-elle en se tournant vers le jeune homme.

- On peut toujours aller chez moi si tu veux, il y aura ma mère, elle doit certainement être en train de travailler sur des scénarios en ce moment.

Annabeth réfléchit une seconde, déstabilisée. Elle avait horreur des imprévus, et cette fois ne faisait pas exception. Essayant de ne rien laisser paraître, elle souffla un bon coup, tentant de se calmer. Elle ne risquerait rien chez Percy, il ne lui ferait jamais de mal, et sa mère ne pouvait pas être comme Isabel, c'était impossible.

- D'accord, allons-y, finit-elle par dire en serrant son livre contre elle.

Le jeune homme acquiesça avant de la laisser montrer dans sa voiture, les ramenant à l'appartement. L'ascenseur était encore en panne, alors ils durent remonter par les escaliers. Une fois arrivés sur le palier, Percy ouvrit la porte, laissant Annabeth avancer dans l'entrée. La jeune fille resta silencieuse, observant son nouvel environnement. Une ambiance cosy régnait dans l'appartement, et une odeur de cookies et de sapin parfumait l'entrée. Elle ferma les yeux un instant, savourant le calme et le sentiment de sécurité qui l'envahissait.

- Maman ? Appela Percy en refermant la porte.

- Dans le salon mon chéri, répondit une voix plus loin dans l'appartement, comment ça se fait que tu sois déjà rentré, tu n'avais pas cours avec…

La voix s'était rapprochée, et l'adolescente se retrouva presque nez à nez avec la mère de Percy. Elle avait de longs cheveux bruns bouclés et un regard bleu chaleureux, avec cette lueur pétillante que le jeune homme avait toujours dans les yeux.

- Oh, tu dois être la fameuse Annabeth ! S'exclama-t-elle en prenant la blonde dans ses bras.

La jeune fille inspira brusquement, se figeant le temps de l'étreinte. Elle ne s'attendait pas du tout à cet accueil, mais essaya comme elle put de cacher sa surprise.

- Annabeth, je te présente ma mère, sourit Percy.

- Ravie de vous rencontrer madame Jackson.

- Appelle moi Sally, répondit la brune avant d'aller dans la cuisine.

Son sourire ressemblait tellement à celui que Percy arborait en permanence que c'en était troublant. Il embrassa rapidement sa mère sur la joue avant de poser son sac sur la table du salon, lui expliquant leur venue soudaine.

- La bibliothèque était fermée pour des travaux, du coup j'ai proposé à Annabeth de venir faire le cours à la maison. Ça ne te dérange pas ?

- Pas du tout ! Lança sa mère avant de refaire surface dans le salon, de toute façon je suis occupée avec mes manuscrits, je ne ferai pas de bruits.

- On sera le plus calme possible, promis Annabeth.

- Oh ne t'inquiète pas, j'ai l'habitude du bruit avec Percy, rit-elle avant de lui tendre une assiette, un cookie ?

La jeune fille sourit et prit un gâteau dans l'assiette, mordant dedans. Elle émit un gémissement de contentement presque instantanément.

- C'était vos cookies que Percy a apporté au nouvel an !

- Tu les avais goûté ? Demanda le brun.

- Comment résister ? Je n'en ai jamais mangé d'aussi bons !

- Merci, lui sourit Sally, je ne vais pas vous retenir, vous avez du travail et moi aussi.

Les deux adolescents hochèrent de la tête et s'installèrent autour de la table, attaquant un nouveau cours.

Le temps défila, les exercices s'enchaînant sans problème. Annabeth et Percy ne purent s'empêcher de se chamailler par moment, faisant rire Sally qui naviguait à travers une mer de feuilles noircies à l'encre. Percy lui ressemblait tellement dans l'attitude que c'était troublant pour la jeune fille. La mère et le fils avaient tout deux cette faculté de mettre les gens en confiance et à l'aise tout de suite, ils partageaient ce sourire avec une petite fossette et ce regard chaleureux, et leur gentillesse était sans limite. Leur complicité faisait plaisir à voir, et elle se laissa aller au sentiment de confort et de sécurité qui l'enveloppait.

Après le dernier exercice, la discussion avait dérivé vers les idées de métier de chacun.

- Jamais je n'aurais pensé à océanologue pour toi, rit Annabeth.

- Pourquoi, tu ne me trouves pas assez intelligent ?

- Non c'est pas ça ! J'étais juste persuadée que tu n'envisageais pas des études une fois diplômé, en tout cas pas des études en dehors du sport.

- Les clichés ont la vie dure...Soupira le garçon en secouant la tête.

Sally se leva en riant, passant dans le salon pour aller vers la cuisine. Elle s'arrêta devant les deux adolescents, jetant un œil aux feuilles de cours de son fils.

- Tu veux quelque chose à boire peut-être, un café, un jus de fruit ? Proposa-t-elle en posant sa main sur l'épaule de la jeune fille.

- Je veux bien un café s'il vous plaît, sourit-elle.

- Tu peux me tutoyer tu sais, ajouta Sally en lui faisant un clin d'œil avant d'aller vers la cuisine.

- Je vais essayer mais je ne te promets rien.

Percy observa en silence sa mère et Annabeth, content de voir qu'elles s'entendaient bien. C'était important pour lui que sa mère apprécie ses amies, et ça le rendait heureux de voir Annabeth aussi détendue et souriante.

- Et toi, tu veux faire quoi ? Peintre, écrivaine, historienne ?

- Architecte, répondit la jeune fille en serrant la tasse de café entre ses mains après avoir remercié Sally.

- Ah oui ? Tu n'as jamais rien dit à propos d'architecture depuis que je te connais pourtant.

- Je passe mon temps à lire sur des monuments et à les dessiner, tu n'y as juste pas fait attention.

- Tu ne m'as jamais montré tes dessins !

La jeune fille lui sourit avant de sortir une pochette de son sac, la tendant à Percy.

- Tiens, jette un coup d'œil si tu veux.

Avec précaution, le garçon ouvrit la pochette en sortit quelques feuilles. Dans le tas de dessins au crayon et au fusain, il tomba sur l'aquarelle qu'elle avait faite quand ils étaient en sortie, et la tendit devant lui en souriant.

- Je me rappelle de ça !

- C'est magnifique, tu as un don ! S'exclama Sally, qui observait les dessins par-dessus l'épaule de son fils.

Annabeth rougit devant les compliments, sirotant son café en les laissant regarder ses travaux.

- Effectivement, tu dessines souvent des bâtiments…

- Qu'est-ce qui t'inspire dans tout ça ? Demanda Sally.

- Les formes, la solidité des édifices, leur structure, la hauteur, le style propre à chaque époque, zone géographique ou architecte, les matériaux utilisés, l'emploi des constructions, tout.

- Mais ta passion vient bien de quelque chose d'autre que ça, on retrouve ce qui t'inspire dans tout un tas d'autres choses que des bâtiments, répliqua Percy, les sourcils froncés. Qu'est-ce qui te pousse vers l'architecture en particulier ?

- Et bien, contrairement à la grande majorité des choses qui nous entoure, les constructions tiennent dans le temps. Même toute petite, je construisais des tours et je dessinais des immeubles. Il y a quelque chose de durable, de fiable dans l'architecture, quelque chose que je ne retrouve nul part ailleurs. Je pense que cette passion a certainement quelque chose à voir avec mon caractère. J'ai horreur que les gens me laissent tomber, j'ai horreur du temporaire. Je crois que c'est pour ça que je veux devenir architecte.

- Pour construire quelque chose de permanent. Un monument qui dure mille ans, souffla Percy.

Annabeth lui sourit, et depuis leur rencontre, c'était la première fois qu'il voyait un sourire aussi franc sur son visage. Ses yeux brillaient de joie, sa passion pour l'architecture transparaissant dans le gris de son regard. Le garçon était fasciné par cette facette d'Annabeth qu'il ne connaissait pas, plus légère, beaucoup moins sur ses gardes.

Le regard de Sally alla de l'un à l'autre, son sourire tendre trahissant ses pensées.

- Et tu es dans le lycée Goode depuis l'année dernière ? Comment ça se fait que vous ne vous soyez jamais rencontrés avant ?

Les deux adolescents se regardèrent, se posant la question l'un à l'autre.

- Je pense qu'on ne fréquentait pas les mêmes lieux et personnes au lycée, et qu'on avait aucun cours en commun, finit par dire Annabeth.

- Tu ne faisais pas français avec Piper avant l'année dernière ?

- Si, mais elle ne m'avait jamais parlé d'Annabeth jusqu'à… Intervint Percy, se taisant abruptement.

- Jusqu'à ? Fit la jeune fille, intéressée de savoir comment son nom avait été mentionné pour la première fois.

Percy se dandina sur sa chaise, rougissant à vue d'œil. Il avait son petit sourire gêné aux lèvres qui la faisait toujours rire, et son regard restait résolument collé sur ses feuilles de cours regroupées sur un coin de la table.

- Jusqu'au jour où je suis venu chercher les autorisations de sortie dans la salle d'art, lâcha-t-il avec un petit rire nerveux. En fait j'étais intrigué par toi, surtout tes yeux.

- Mes yeux ?

- Oui, je n'avais jamais vu quelqu'un avec un regard aussi...Je ne sais pas comment le décrire, mais il a attiré mon attention.

- C'est pour ça que tu m'as fixé en sortant de la salle ? Sourit Annabeth en se rappelant de ce jour.

- Tu l'as remarqué ?

- Percy, tu as beaucoup de qualités, mais la discrétion n'en fait pas parti, désolée.

Le jeune homme se frotta la nuque en riant sous le regard amusé de sa mère qui ne ratait pas une miette de la conversation.

- Quand on était en train de manger à la cantine après, je t'ai repéré près des fenêtres, et Piper m'a vu te regarder. Elle a un peu joué avec mes nerfs, mais j'ai réussi à avoir ton nom quand même.

- Elle ne m'a jamais raconté ça !

- Je suis sûr qu'elle t'a raconté pas mal de choses déjà.

- Pas faux.

Percy eu soudain l'air un peu paniqué. Sachant que Piper avait du mal à tenir sa langue, il avait peur de ce qu'elle avait pu dire à Annabeth…

Alors qu'il s'apprêtait à poser de questions à la jeune fille, celle-ci jeta un coup d'œil à sa montre et eut un hoquet de surprise. Ses pupilles se dilatèrent, et elle se mit à ranger ses feuilles précipitamment.

- Je n'ai pas vu le temps passer, je suis vraiment désolée mais je dois y aller, souffla-t-elle en panique.

Percy fronça les sourcils et l'aida à rassembler ses affaires, ne comprenant pas son changement d'attitude si soudain. Un regard vers sa mère lui indiqua qu'elle ne comprenait pas plus ce retournement de situation que lui.

- Tu veux peut-être que je te ramène ? Proposa-t-il.

- Si ça ne te dérange pas.

- Pas du tout, j'attrape mes clés et on y va.

Le jeune homme se dirigea vers l'entrée pour prendre ses clés dans sa veste alors qu'Annabeth saluait Sally.

- J'ai été ravie d'enfin te rencontrer, depuis le temps que j'entends parler de toi, sourit la brune en prenant rapidement l'adolescente dans ses bras.

- Moi aussi, et encore désolée de partir aussi précipitamment, répondit-elle avec un sourire d'excuse en se dégageant.

- Ça ne fait rien, on se reverra.

- Avec plaisir.

Sally lui sourit une dernière fois avant qu'elle ne se dirige vers la porte pour rejoindre Percy. Il salua sa mère de la main avant de descendre avec Annabeth jusqu'à sa Jeep, suivant ses instructions sur la route pour aller chez elle.

Tout le long du trajet, Annabeth regarda son portable, comptant presque les secondes qui s'écoulaient sans qu'elle ne puisse rien faire. Elle voulait aller plus vite, mais Percy était déjà au maximum, et elle n'avait plus beaucoup d'espoir quant au reste de sa soirée. Elle triturait une mèche de ses cheveux entre ses doigts, se mordant la lèvre quasiment jusqu'au sang tant elle redoutait ce qui allait lui arriver.

Quand sa maison fut enfin en vue, elle soupira, cramponnant son sac en se retenant de ne pas sauter de la voiture. Quand Percy se gara sur le bas-côté, elle défit sa ceinture et ouvrit la portière à la volée, sautant sur le trottoir.

- Merci beaucoup, on se voit demain !

- A demain, répondit le brun juste avant qu'elle ne claque la portière pour trottiner jusqu'au perron.

Il la regarda entrer, repartant sans trop comprendre pourquoi elle avait été aussi stressée. Peut-être avait-elle des parents à cheval sur les horaires ?

Le lendemain, tout le monde profita de la pause déjeuner pour passer un moment ensemble. Il avait fallu trouver de quoi allonger leur table habituelle avec les nouveaux arrivants dans le groupe, et à eux, ils faisaient autant de bruit que tout le reste du réfectoire.

Au bout de la table, Travis embêtait gentiment Katie, alors que Léo discutait avec Connor, Calypso à ses côtés. Depuis quelques temps, ces deux-là ne se quittaient plus : quand ils n'étaient pas en train de discuter, ils s'envoyaient des messages. Déjà que Léo n'était pas d'un naturel calme, mais quand son portable vibrait et qu'il voyait le nom de la jeune fille sur son écran, il se mettait à sauter partout et il était impossible de réussir à le calmer. En fait, seule Calypso réussissait ce miracle. Quand il s'emballait et qu'il commençait à parler trop vite ou à trop gesticuler en groupe, un simple regard ou sourire suffisait pour qu'il redescende et se contrôle.

- Je sais que je peux faire mieux que toi Percy, tu verras au prochain entraînement ! S'exclama-t-il alors que la conversation tournait vers le handball.

- Dans tes rêves, je vais t'atomiser, comme d'habitude.

- Tu parles beaucoup mais je n'ai rien vu au dernier match, rit Piper.

- Tout le monde peut avoir un coup de mou c'est bon ! Et puis, au prochain match, je vais être obligé d'assurer vu que le journal va écrire sur nous, pas vrai Annabeth ?

En souriant, Percy donna un petit coup d'épaule à la blonde qui était restée bien silencieuse aujourd'hui. Elle grimaça et essaya de sourire, mais le cœur n'y était pas. Le jeune homme remarqua son attitude et fronça les sourcils, soudain inquiet à propos de son amie.

- Tout va bien ? Demanda-t-il en se penchant vers elle.

- Très bien, en t'en fais pas.

Elle essaya encore de sourire, mais Percy nota les cernes marqués et son regard éteint. C'était comme si elle était la physiquement, mais que son esprit était ailleurs. Elle cachait ses bras sous la table et n'avait quasiment pas touché son assiette.

- Tu es vraiment sûre que ça va ? Tu n'as pas l'air bien aujourd'hui…

- Je suis juste fatiguée, tout ira mieux demain quand j'aurais dormi.

La sonnerie résonna dans le réfectoire, et tout le monde se leva pour aller en cours. Dans un mouvement, la manche du tee-shirt d'Annabeth se retroussa, et Percy aperçut un hématome énorme sur l'intérieur de son avant-bras. La petite troupe avançait déjà vers la sortie, et il attrapa la jeune fille par le coude, essayant d'éviter l'hématome pour ne pas lui faire mal.

- Annabeth, qu'est-ce qu'il t'es arrivé ?

- Rien, pourquoi ? Demanda-t-elle les yeux écarquillés.

- Parce que ça n'est pas apparu comme par magie, répondit le garçon en remontant sa manche pour dévoiler sa blessure.

La jeune fille se dégagea vivement, le poussant presque loin d'elle en rabaissant sa manche. Elle prit une grande inspiration, mais il entendit le tremblement de son souffle.

- C'est rien, je suis juste tombée dans l'escalier hier soir.

- Toi ? Tu es tombée ?

- Oui Percy, ça peut arriver à tout le monde de rater une marche.

- Mais tu t'es jetée pour avoir un bleu aussi gros, tu n'es pas juste tombée, objecta Percy en croisant les bras.

- J'étais pressée, je courrais en chaussettes et mon pied a déraper, c'est tout.

Le regard d'Annabeth devenait sombre au fur et à mesure qu'ils parlaient, et il sentait qu'elle était complètement braquée. Tout discussion serait inutile, il n'en saurait pas plus.

- Bien, d'accord, souffla-t-il. Fais plus attention la prochaine fois.

- Merci pour tes précieux conseils, maintenant, si ton interrogatoire est terminé, j'aimerais arriver à l'heure à mon cours.

- C'est fini, on peut y aller, sourit-il en essayant de la détendre.

Du moins pour l'instant. Il avait bien l'intention de découvrir ce qu'elle lui cachait, et il avait déjà un plan…


Bonjour, me voilà avec un nouveau chapitre ! Percy semble se rapprocher du secret d'Annabeth...

Merci à tout ceux qui ont laissé un commentaire, j'ai adoré les lire ! (et j'adore toujours lire l'avis de mes lecteurs !). Pour répondre au dernier commentaire sur le dernier chapitre, je ne connais absolument pas le roman "Ma raison de vivre" de Rebecca Donovan, et en me renseignant un peu j'ai effectivement trouvé des similitudes avec la situation d'Annabeth, je vais sûrement le lire, merci de m'en avoir parlé !

Comme d'habitude j'espère que ce chapitre vous a plu, et je vous dit à bientôt pour un nouveau chapitre, merci !