Chapitre 28

- Plus vite que ça Jackson, ma grande-tante pourrait te dépasser avec son déambulateur !

- Oui coach !

- Et McLean, tu appelles ça une contre-attaque ? Vous ne gagnerez jamais la coupe avec des passes aussi médiocres !

- Oui coach !

Les entraînements du vendredi soir n'étaient jamais simples, mais celui-ci dépassait tout ceux qu'ils avaient connu depuis le début de l'année, voire même depuis qu'ils étaient inscrits dans l'équipe du lycée. La finale nationale de handball avait lieu le lendemain, pourtant le coach Hedge ne les ménageaient pas, loin de là. Les exercices s'enchaînaient : passes, atelier de défense, sprint, renforcement musculaire, mise en situation… les deux équipes bougeaient à toute allure sous le regard des gymnastes à l'étage et des quelques élèves venus assister à l'entraînement. Assis au premier rang juste derrière la barrière de sécurité, Jason et Annabeth discutaient entre eux, faisant des commentaires sur les différents joueurs en riant quand Piper ou Percy se faisaient hurler dessus par le coach.

Arrivé à la moitié de l'entraînement, un grand coup de sifflet retentit, au soulagement des équipes qui partirent s'asseoir et s'hydrater. Jason se leva avec une bouteille et appuya ses coudes sur la rambarde, attendant que sa petite-amie arrive, alors qu'Annabeth cherchait la serviette de Percy dans son sac. Les deux sportifs arrivèrent vers eux en marchant, se chamaillant comme d'habitude. Ils montèrent les quelques marches menant aux gradins et les rejoignirent, Piper embrassant Jason avant de prendre la bouteille qu'il lui tendait.

- Vient par ici, souffla Annabeth en passant la serviette sur le visage du jeune homme qui se laissa faire en souriant.

Une fois débarrassé du gros de la sueur qui coulait sur son front et ses mains, Percy bu quelques gorgées d'eau et embrassa Annabeth.

- J'arrive pas à m'y faire, c'est trop mignon ! S'exclama Piper en souriant.

Deux semaines s'étaient écoulées depuis qu'Annabeth et Percy avaient officialisé les choses, mais leur meilleure amie continuait de faire ce genre de commentaire à chaque fois qu'ils avaient des gestes d'affection l'un envers l'autre, ce qui les amusait beaucoup.

- Il faut vraiment que tu arrêtes, rit Annabeth en posant sa tête sur l'épaule du garçon, là où il avait laissé sa serviette.

- Jamais ! Vous m'avez demandé bien trop d'efforts pour que je me calme aussi vite.

- A t'écouter, on dirait que tu as accompli un miracle, plaisanta Percy.

- C'est un peu le cas quand même, vous ne m'avez vraiment pas facilité la tâche, et en plus…

Le regard brillant de malice, Annabeth acquiesça en faisant mine de l'écouter tout en se hissant sur la pointe de ses pieds, tournant la tête vers Percy avant de l'embrasser, fermant les yeux en posant une main sur sa joue. Piper dut se retenir de sauter partout et tapa énergiquement l'épaule de Jason en souriant de toutes ses dents, répétant encore et encore à quel point ils allaient bien ensemble, ce qui amusa beaucoup le blond.

- Excuse-moi, tu disais ? Demanda Annabeth en s'éloignant de Percy.

- J'en peux plus de vous deux, vous allez me rendre folle.

Jason et les deux autres éclatèrent de rire, et il passa son bras autour de la taille de Piper, lui embrassant rapidement le front. Percy l'imita avec Annabeth, mais il était encore en nage, et la jeune fille se dégagea en sentant l'humidité dans son dos, ce qui fit rire le brun alors qu'elle s'essuyait les bras en le foudroyant du regard.

- Piper et Percy, vous avez cinq secondes pour être à vos places, ou vous me ferez cinquante pompes avant de jouer ! Hurla le coach.

Tout d'un coup, les deux sportifs se calmèrent et jetèrent pratiquement leurs bouteilles, partant en courant vers le terrain pour se préparer à la suite de l'entraînement. Jason et Annabeth ramassèrent leur bazar en souriant avant de se rasseoir, prêts à regarder le match.

- Depuis que vous avez commencé à sortir ensemble, elle passe son temps à me parler de vous, fit Jason en rangeant la bouteille d'eau que Piper avait laissé tomber.

- C'est pareil au lycée, elle n'arrête pas de se vanter à qui veut l'entendre qu'on est son chef-d'œuvre, et dès qu'on est l'un à côté de l'autre, elle ne peut pas s'empêcher de faire un commentaire du genre « vous êtes adorables », ou « je vous avais bien dit que vous étiez faits l'un pour l'autre ».

- Du grand Piper quoi.

- C'est ça, rit la jeune fille alors que le match commençait, mais c'est vrai qu'on lui doit pas mal. Je ne sais pas si j'aurais réussi à accepter mes sentiments pour Percy si elle n'avait pas été là, et j'ai le sentiment qu'il n'aurait pas osé m'avouer les siens sans elle non plus.

- On peut dire ce qu'on veut, elle a quand même un don pour ce genre de chose.

Annabeth acquiesça en souriant avant de se tourner vers le terrain, regardant non sans une pointe de fierté Percy mener son équipe. Il marqua un but dans les secondes qui suivirent, et en repartant se placer en défense, il fit un clin d'œil à sa petite-amie, lui faisant son célèbre sourire en coin au passage.

Elle avait vraiment eu beaucoup de chance de le rencontrer. C'était un peu comme si le destin était venu s'excuser pour tout ce qu'il lui avait fait subir jusqu'ici, et pour se faire pardonner, il lui avait envoyé Percy sur son chemin.

Trois quarts d'heure plus tard, l'entraînement touchait à sa fin. Tout le monde était épuisé, avec les muscles endolories par les efforts et la tête bourdonnant à cause des cris du coach.

- Bien, c'est tout pour aujourd'hui, annonça ce dernier. Je m'occupe de tout ranger, allez prendre une douche et rentrez vous reposer. Je veux que tout le monde soit en forme demain ! Rendez-vous à quatorze heures ici, et vous n'avez pas intérêt à être en retard !

L'entraîneur ne résista pas à l'envie de donner un dernier coup de sifflet strident, et les élèves râlèrent en se levant, se traînant vers les vestiaires, complètements vidés. Annabeth et Jason rassemblèrent leurs affaires et partirent vers le hall pour attendre la troupe, discutant des cours de stratégie théorique que suivait le jeune homme.

- Ça n'a aucun sens, répondait l'adolescente face à une proposition du blond, choisir des conduits d'aération comme moyen d'exfiltration est une très mauvaise idée. La solidité des réseaux est plus que moyenne, et les coups résonnent sur le métal. En plus de risquer de tomber, tu n'as quasiment aucune chance de rester incognito.

- Je sais que ce n'est pas la solution idéale, mais c'est tout de même la meilleure option pour s'en sortir sans problème.

- La meilleure chose à faire dans ce cas-là, c'est de te mélanger à la foule ! C'est une théorie ultra-connue : plus tu t'exposes, moins tu es visible. En sortant par la grande porte, on te soupçonne beaucoup moins que si tu sors par des conduits d'aération.

Jason croisa les bras sur le torse en souriant, se laissant aller contre le mur derrière lui.

- Tu es plutôt douée. Ça ne t'as jamais tenté de rejoindre l'armée ? Tu ferais un super soldat.

- Très peu pour moi, sourit-elle, l'armée ne m'a jamais attiré.

- Ah oui ? Et pourquoi ?

- Disons que je n'apprécie pas trop l'autorité.

- Annabeth Chase, ne pas apprécier l'autorité ? Alors là, on aura tout vu.

- Je n'aime pas qu'on me crie dessus pour que je m'exécute, je n'aime pas qu'on me rabaisse pour que je plie et que je me soumette, et je n'aime pas qu'on m'impose des idées qui sont presque systématiquement moins bonnes que les miennes, répondit-elle.

Jason sembla comprendre qu'il valait mieux ne pas insister et se contenta de sourire, continuant de penser que son instructeur l'aurait adoré.

- Ha vous êtes là ! Fit Percy en sortant du couloir, les cheveux humides.

- Où voulais-tu qu'on soit ?

- Je ne sais pas, je suis trop fatigué pour réfléchir de toute façon.

Annabeth lui frotta le bras en signe de réconfort, et Piper arriva juste après, fonçant quasiment dans les bras de Jason, manquant de s'écrouler de fatigue.

- Je vois que l'entraînement a été dur, rit Jason en la maintenant contre lui, prenant son sac pour la soulager.

- Je ne sais même pas comment je vais pouvoir atteindre la voiture, le parking est trop loin pour mes jambes…

- Courage McLean, ce n'est pas si loin que ça ! Et puis tu ne conduis pas toi.

La jeune fille fit un geste du bras sans regarder ce qu'elle faisait, essayant en vain de frapper son meilleur ami, qui éclata de rire devant son état. Après un rapide coup d'œil à son portable pour connaître l'heure, il raffermit sa prise sur son sac et prit la main d'Annabeth.

- Allez, on ferait bien d'y aller, le dîner sera prêt d'ici à ce qu'on arrive, souffla-t-il vers elle avant de se tourner vers l'autre couple, on se voit demain, bonne nuit !

- C'est ça, grommela Piper en se redressant avec difficulté, les paupières lourdes.

Il avait beau faire celui qui n'était pas fatigué, Percy sentait ses jambes trembler, et jamais le trajet entre le hall et sa voiture ne lui avait semblé aussi long et compliqué. C'est à peine s'il ne se jeta pas sur son siège en soupirant, posant la tête contre le volant un instant histoire de se remettre de son effort.

- C'était vraiment dur, pas vrai ? Murmura Annabeth en lui passant une main dans les cheveux.

Le jeune homme se contenta de gémir, parce qu'il était trop fatigué pour parler, et parce que sentir ses doigts contre son cuir chevelu lui faisait un bien fou.

- Allez, plus vite on sera rentrés, plus vite tu pourras te reposer.

Percy acquiesça avant de prendre la route, roulant plus lentement que d'habitude. Quand ils arrivèrent, l'odeur du poulet rôti préparé par Sally réussit à tirer Percy jusqu'au palier de l'appartement, dans lequel il se jeta presque, son estomac le tenaillant.

- Bonsoir les enfants ! Lança sa mère en se levant du canapé. On attendait plus que vous.

Annabeth l'embrassa avant d'avancer vers la cuisine pour l'aider avec les plats, Percy suivant le mouvement. Paul sortit de son bureau pour venir les aider, et tout le monde dîna dans une atmosphère conviviale qui changeait agréablement pour Annabeth. Tout le monde racontait sa journée, riant quand quelqu'un faisait une blague ou une réflexion. Et en plus de l'ambiance, la nourriture était absolument délicieuse : Isabel n'était pas vraiment bonne cuisinière, et elle-même ne se débrouillait que moyennement derrière les fourneaux.

- Je ne sais même pas comment je vais pouvoir jouer demain, le simple fait de respirer me fait mal, se plaint Percy alors qu'il commençait à faire la vaisselle.

- Je suis sûre que tu iras bien mieux après une nuit de sommeil.

- Je vais surtout avoir des courbatures…

- Mais non, tu as bu de l'eau pendant l'entraînement et tu as fait des étirements, il n'y a aucune raison pour que tu aies des courbatures si tu dors suffisamment !

- J'ai l'impression d'avoir un coach personnel, sourit le jeune homme en tendant une assiette à Annabeth qui s'occupait de tout essuyer.

L'adolescente lui sourit, et le cœur du brun fit un bon. Il ne se faisait toujours pas à l'idée qu'elle soit sa petite-amie, et les dernières semaines lui semblaient être un rêve tant tout était parfait.

N'y résistant pas, il se pencha vers Annabeth et lui embrassa le bout du nez, souriant en voyant ses joues rosir doucement alors qu'elle le repoussait gentiment. Plutôt que de se laisser faire, Percy attrapa son poignet, et dans un geste rapide, il l'emprisonna dans ses bras, la soulevant du sol en se dirigeant vers le salon sous le regard amusé de sa mère, ne prêtant pas attention aux exclamations de la blonde ponctuées de rires.

- Percy, si tu ne me reposes pas au sol, je te jure que ça mal se finir pour toi !

- Et qu'est-ce que tu vas me faire ? Je te rappelle que tu es prisonnière.

- C'est ce qu'on va voir…

Dans un geste empli de souplesse, Annabeth s'extirpa de la prise du jeune homme et se retrouva derrière lui avant qu'il n'ai pu réaliser ce qui s'était passé. Elle appuya dans le creux d'une de ses jambes et il se retrouva à genoux un instant avant d'être retourné dos au sol, la jeune fille assise sur lui, le maintenant cloué au sol.

- Alors, on fait moins le malin là hein ?

La mine victorieuse qu'elle affichait lui arracha un rire, et il en profita pour observer son visage encore une fois, comme s'il pouvait y découvrir un détail qui lui était encore inconnu. Elle finit par lui lâcher les poignets et se redressa, mais sitôt les mains libres, il attira son visage vers le sien, l'embrassant avec douceur.

- C'est presque confortable en fait, souffla-t-il en la relâchant, même si je crois que je préférerais le canapé.

- Je ne sais pas si tu mérites vraiment d'aller t'installer dans le canapé…

- Après ce que j'ai subi aujourd'hui, je pense que si quand même !

Annabeth fit mine d'hésiter encore un moment avant de se relever, aidant Percy à en faire de même. Ce ne fut pas sans joie qu'il s'écroula dans le canapé, et la jeune fille se cala contre lui, profitant de l'instant de calme avant de devoir rentrer chez elle et de retrouver ses deux petits frères.

Les deux adolescents manquèrent de s'endormir comme ça, mais une douleur vive réveilla Percy, qui sursauta presque en se redressant.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Annabeth.

- Je ne sais pas, j'ai mal.

- Mal où ?

- A mon épaule. Ça m'est venu d'un coup, je ne sais pas pourquoi.

- Laisse-moi voir ça.

Accompagnant le geste à la parole, elle le fit se tourner et tâta rapidement les muscles de ses épaules, attendant de voir ses réactions avant de masser la zone qui le faisait souffrir. Les tensions

musculaires se libérèrent sous ses doigts, et elle sentit Percy s'affaisser, commençant même à basculer contre elle.

- Voilà, ça va mieux ?

- Beaucoup mieux, tu as des doigts en or, fit-il en lui prenant la main, y déposant un baiser rapide.

Annabeth sourit et se leva, allant chercher ses chaussures et son sac dans l'entrée avant d'enfiler sa veste.

- Il est temps pour moi de m'éclipser, j'ai encore deux monstres à mettre au lit chez moi.

- Attends, j'enfile mes chaussures et je te dépose, répondit Percy d'une voix lancinante.

- Tu ferais mieux d'aller te coucher, tu arrives à peine à garder les yeux ouverts.

- Mais je ne veux pas que tu rentres toute seule.

- Ne t'en fait pas, je vais la ramener, intervînt Sally.

Son fils lui sourit en acquiesçant, se levant péniblement pour aussitôt se rasseoir sur l'accoudoir du canapé. Annabeth s'approcha de lui et déposa un baiser rapide sur ses lèvres avant de lui caresser la joue dans un geste d'apaisement.

- Bonne nuit, on se voit demain.

Percy hocha de la tête en se frottant les yeux, essayant de chasser le sommeil de ses paupières en vain. Cette image enfantine de son petit-ami fit fondre la jeune fille, qui s'éloigna en lui faisant un signe de la main avant de passer le pas de la porte derrière Sally, la suivant jusqu'à la Prius de Paul.

- Tu n'avais pas besoin de faire ça, j'aurais très bien pu prendre le métro, fit-elle une fois installée.

- Te laisser toute seule dans le métro à cette heure-ci ? Et puis quoi encore ? Non, là au moins je suis sûre que tu rentres en toute sécurité.

Annabeth voyait en Sally tout ce qu'elle adorait chez Percy : la gentillesse, la joie de vivre, la simplicité, la loyauté, l'instinct de protection. Elle retrouvait toutes les qualités du jeune homme dans sa mère, jusqu'à son sourire en coin.

- Alors, où est-ce que tu en es avec ton projet de Manhattan miniature ? Continua-t-elle.

- J'ai encore pas mal de travail avant de pouvoir passer à la conception, mais j'avance. J'ai un peu moins de temps en ce moment avec les révisions, mais j'essaie de me réserver un petit créneau pour continuer un peu chaque jour.

- Tiens-moi au courant de ton avancée, je suis assez curieuse de voir le résultat une fois que tout sera fini.

L'intérêt que Sally lui portait lui fit chaud au cœur, et elle lui sourit, heureuse de ce petit moment passé rien qu'elles-deux.

- Je n'y manquerai pas. Et toi, quand est-ce qu'on pourra enfin voir ton livre en librairie ?

- J'ai envoyé le manuscrit ce matin, on verra bien si quelqu'un en veut.

- Je suis absolument certaine que tu sera publiée d'ici peu, répondit-elle alors que Sally tournait dans l'avenue menant à sa rue.

Cette dernière ralentit à un feu et se tourna vers Annabeth, lui souriant sans rien dire. La jeune fille lui rendit son sourire avant de détourner le regard, se mordillant la lèvre et jouant avec une de ses mèches, ne sachant pas trop comment réagir face à toute cette bienveillance et cette chaleurosité.

- Ça me fait vraiment plaisir de te voir comme ça tu sais, dit Sally après un moment d'observation.

Annabeth sentit ses joues rosir et se trouva à court de mots, ce qui lui arrivait trop souvent à son goût avec les Jackson.

- Tu as l'air plus heureuse, plus détendue.

- C'est grâce à Percy, répondit l'adolescente, je crois qu'il a une certaine influence sur moi.

Sally rit doucement avant de lui tapoter l'avant-bras dans une geste d'affection.

- Il a autant d'influence sur toi que toi sur lui, c'est plutôt une bonne chose je trouve. Je ne l'ai jamais vu aussi appliqué dans ses études, tu as su lui donner les clés pour être efficace.

- Et lui a réussi à me montrer qu'on pouvait profiter un peu sans que les notes en pâtisse. Je crois qu'on s'est tous les deux rendu service cette année.

- Je pense que vous avez fait un peu plus que vous rendre service, rit Sally en redémarrant, vous vous êtes tout simplement trouvés. Il y a des rencontres qui sont nécessaires dans la vie, qui marquent un tournant. Votre rencontre à tout les deux, c'est un tournant clair, autant pour toi que pour lui. Tu es celle qu'il cherchait depuis un moment maintenant, il me le répète assez souvent pour que je le sache.

Le cœur d'Annabeth fit un bond joyeux dans sa poitrine et une chaleur agréable se propagea dans son corps. Percy ne manquait pas de lui montrer qu'il tenait à elle, et ce même avant qu'ils soient en couple, et elle ne doutait absolument pas de ses sentiments envers elle, mais savoir qu'il parlait constamment d'elle à sa mère quand elle n'était pas là lui fit plaisir.

- Il est très important pour moi aussi, souffla-t-elle. J'ai l'impression d'avoir trouvé quelqu'un qui me comprend, qui me respecte et qui m'accepte pleinement, et ça fait un bien fou. En plus de ça, j'ai trouvé des amis formidables et une famille d'adoption tout simplement géniale grâce à lui, je lui dois beaucoup.

Touchée par cette aveu assez inattendu de la part d'Annabeth qui était assez pudique sur ses sentiments, Sally se gara devant sa maison et la prit dans ses bras, émue de constater à quel point le changement était profond pour la jeune fille.

- C'est un pur bonheur de t'avoir parmi nous, lui dit-elle avant de lui embrasser la joue.

Annabeth lui rendit son étreinte, fermant les yeux un instant pour profiter de ce sentiment de protection maternelle qui lui manquait tant avant de s'éloigner en respirant un coup, histoire de reprendre ses esprits.

- Bon, je vais rentrer coucher les petits monstres. Merci pour tout, on se voit demain.

- Bonne nuit Annabeth, repose-toi bien.

- Bonne nuit, sourit la jeune fille en refermant la portière de la voiture derrière elle, resserrant les pans de sa veste autour d'elle après une petite bourrasque fraîche.

L'adolescente s'éloigna et monta le porche de la maison, se retournant avant d'ouvrir la porte pour faire un signe à Sally, qui reprit la route une fois qu'Annabeth fut entrée.

Une fois rentrée, l'adolescente s'adossa quelques instants contre la porte, souriant en pensant à la soirée qu'elle venait de passer. Oui, elle pourrait vraiment se faire à ce genre de quotidien...

Comme prévu, Annabeth arriva chez Percy le lendemain matin de bonne heure. Elle toqua à la porte de l'appartement à tout juste neuf heures, et ce fut Paul qui lui ouvrit, souriant en la voyant.

- Bonjour Annabeth ! Comment vas-tu aujourd'hui ?

- Plutôt bien merci, et toi ?

Tutoyer son professeur de littérature lui avait demandé un peu plus de temps que de tutoyer Sally, et ça lui faisait toujours bizarre.

-Très bien, je finissais de corriger les dernières expressions écrites, tu nous as encore fait un super devoir.

-Merci, sourit-elle en posant son sac sur le canapé avant de retirer sa veste.

- Bonjour ma belle, fit Sally en descendant dans le salon.

En passant avec du linge, elle dépose un rapide baiser sur sa tempe, ce qui fit sourire Annabeth. Elle proposa son aide, mais la mère de Percy refusa avant de poser sa bannette sur le bord de la table.

- Percy dort encore, si tu veux aller essayer de le réveiller. Je te préviens, il a le sommeil lourd !

- C'est ce qu'on va voir, répondit Annabeth en grimpant l'escalier.

Une fois à l'étage, elle se dirigea vers la porte de la chambre du garçon et l'ouvrit le plus silencieusement possible. Une fois placée dans l'encadrement de la porte, elle aperçut une tête brune dans le lit et entendit un son léger de ronflement. S'approchant à pas de loup, elle s'arrêta juste à côté du lit, observant Percy dormir, emmêlé dans sa couverture qui couvrait la moitié de son corps.

La jeune fille croisa les bras en souriant, s'en voulant presque de devoir le ramener des bras de Morphée.

Elle prit encore un instant pour le regarder, notant les muscles de son dos et de ses épaules d'un hochement léger de tête approbatif avant de s'asseoir sur le bord du matelas.

- Percy, il est l'heure de te lever, appela-t-elle avec douceur en lui caressant les cheveux.

Le jeune homme émit un grognement plaintif et enfonça un peu plus sa tête dans son oreiller, poussant un gros soupir d'aise sans ouvrir les yeux.

- Allez, si tu traînes trop longtemps au lit on aura pas le temps de finir tes fiches de littérature pour les examens.

Annabeth entendit un autre soupir et lui frotta le dos pour l'encourager à se réveiller pleinement, lui souriant en voyant un œil vert s'ouvrir.

- Bonjour, souffla l'adolescente tout en continuant sa caresse.

- Salut, répondit Percy d'une voix encore ensommeillée.

Le brun garda le silence un moment, se contentant d'admirer sa petite-amie avec un sourire béat, ravie de son réveil.

- Si tu faisais ça tout les jours, je ne serais jamais en retard en cours.

Sa phrase à moitié marmonnée dans sa couverture fit rire Annabeth, qui reprit sa main en se redressant, s'attendant à ce qu'il en fasse de même.

Erreur.

Percy, tête cachée sous la couverture, tâtonna jusqu'à trouver le poignet de la jeune fille et la tira vers lui, lui faisant perdre l'équilibre, et en une fraction de seconde, elle se retrouva allongée dans ses bras.

- Percy…

- Hum, grommela-t-il en resserrant ses bras autour de la taille d'Annabeth, calant sa tête contre sa nuque.

- Il est l'heure de se lever maintenant.

Malgré ses tentatives de réprimande, la jeune fille se sentit céder à son tour, posant ses mains sur celles de Percy en ajustant sa position.

- Laisse-moi dix minutes et on s'y met.

- Cinq.

- D'accord.

Ils restèrent immobiles dans les bras l'un de l'autre pendant ces cinq minutes, ou peu-être plus, mais peu leur importait. Annabeth se tourna pour faire face à Percy, le surprenant en l'embrassant avant de se redresser, appuyant sa tête dans le creux de sa main.

- Il faut vraiment que tu te lèves maintenant, tu as une grosse journée qui t'attend.

- J'enfile un jogging et on va déjeuner.

La jeune fille se leva et observa la rue le temps qu'il enfile quelque chose, avant de le suivre au salon pour lui tenir compagnie alors qu'il prenait son petit-déjeuner.

Percy but son café en se réveillant tranquillement, se préparant à attaquer sa journée tandis qu'Annabeth feuilletait ses cours, préparant ceux dont ils avaient besoin. Le soleil brillait avec une telle intensité qu'on aurait pu croire que c'était déjà l'été, les températures étant extrêmement douces pour un matin de fin d'avril. Le jeune homme en profita, laissant la lumière réchauffer sa peau en mâchant son pain au chocolat.

- On peut commencer ? Demanda la jeune fille après l'avoir laissé finir.

- C'est parti !

- Ok, alors prends ton livre, qu'on attaque le dernier extrait de l'année.

C'était bizarre pour l'un comme pour l'autre de se dire qu'ils arrivaient à la fin de leur année, et à la fin du lycée par la même occasion. Tout était tellement différent après sept mois, c'en était presque surréaliste. Sept mois, c'est ce qu'ils leur avait fallu pour apprendre à se connaître, devenir amis, pour finir par tomber amoureux l'un de l'autre.

A présent, Percy se rendait compte que cette curiosité intense et immédiate qu'il avait ressenti en voyant Annabeth pour la première fois était sans doute ce qu'on appelait le coup de foudre. Il lui avait fallu pas mal de temps pour le comprendre, mais c'était probablement ce qui lui était arrivé, et c'était génial.

- Percy, est-ce que tu m'écoutes ?

Annabeth agita la main devant son visage ébahi pour le ramener au cours, mais au lieu de se concentrer sur les questions de la jeune fille, il lui prit le poignet et s'avança vers elle, l'embrassant avec une tendresse infinie qui la fit taire d'un coup.

- Il faut que tu restes concentré sur le cours, le gronda-t-elle doucement en écartant son visage du sien.

- C'est plus facile à dire qu'à faire…

- Allez courage, on a presque fini !

- Mais c'est long, geint le brun en se laissant tomber contre sa chaise.

- On pourrait aller plus vite si tu restais concentré sur le cours.

Percy poussa un long soupir en soulevant les feuilles devant lui, évaluant la quantité de travail qui leur restait avant de jeter un coup d'œil à l'horloge du salon. Ils avaient rendez-vous au gymnase d'ici deux heures environ.

- On va passer un marché, fit Annabeth.

Le jeune homme se redressa, aux aguets.

- Oui ?

- Il nous reste la partie questionnaire et la conclusion. On a une heure pour finir, après il faudra que tu te prépares pour le match et qu'on mange avant de partir. Je vais te poser les questions, et à chaque bonne réponse, tu gagnes un baiser.

- Ça marche !

Tout de suite beaucoup plus alerte, Percy finit ses révisions en un clin d'œil, récoltant ses baisers les uns après les autres en répondant du tac au tac. Il profita à plusieurs reprises, volant une ou deux baisers supplémentaires, faisant râler Annabeth qui malgré tout se laissait faire.

Grâce à cette technique, tout fut bouclé en temps et en heure, et Percy rangea ses cahiers et livres avant de partir préparer son sac, laissant Annabeth quelques minutes en bas avec sa mère. Les deux filles se mirent à discuter de tout et de rien, le tout dans la bonne humeur alors que Paul s'occupait du repas.

En redescendant avec son sac de sport, le jeune homme tomba sur une scène qui lui réchauffa le cœur et le fit sourire. Entre la table du salon et le canapé, Annabeth et Sally se tenaient enlacées, la jeune fille ayant posé la tête sur l'épaule de sa mère, lui enserrant la taille alors que la brune avait passé ses bras autour de ses épaules, lui frottant affectueusement le dos.

Percy resta dans l'escalier, souriant en les regardant sans rien dire. L'approbation de sa mère était essentielle pour lui, et il lui était inconcevable d'être avec quelqu'un qu'elle n'apprécierait pas. Avec Annabeth, il n'avait eu aucun doute sur ce point, mais il ne s'était pas tout de suite rendu compte de ce que ça pouvait impliquer pour l'adolescente. Sa mère représentait un pilier nouveau pour elle, une présence féminine de confiance et ayant de l'amour à revendre pour qui en aurait besoin. Il était tellement heureux de pouvoir lui apporter ce dont elle avait manqué toute sa vie, tellement heureux de la voir s'épanouir.

Elles finirent pas s'écarter, et Annabeth le vit en tournant la tête, lui souriant en gardant un bras autour de la taille de Sally.

- C'est bon, tu as bien tout ?

- J'ai vérifié l'ensemble deux fois, tout y est, dit-il en posant le sac dans l'entrée.

- A table ! Appela Paul en posant le plat sur la table.

L'appel de l'estomac poussa Percy à accourir à table, manquant de renverser le plat en s'asseyant. Il dévora le mélange de légumes et de viandes en quelques minutes, attaquant le dessert à grands coups de cuillère. Il termina le repas en un temps record, et s'occupa de tout ranger et de tout nettoyer pour éviter de stresser. Ce n'était pas la première fois qu'il participait à un match de final dans un tournoi national, mais ça restait quelque chose d'assez stressant. Avec son hyperactivité, il avait du mal à gérer la pression, ce qui se traduisait par des gesticulations ininterrompues, en particulier au niveau des jambes. Pour faire passer la tension, il se dandinait sur place, dansant devant l'évier et les placards de la cuisine, faisant presque les cent pas pour se canaliser.

- Quelqu'un est stressé ? Fit une voix derrière lui.

- Un petit peu, mais ça va aller, sourit-il.

Sa mère lui ébouriffa les cheveux avant de se servir une tasse de café et de repartir dans le salon. Le jeune homme la suivit, trouvant Annabeth assise en tailleur en train de lire un livre corné par des lectures répétées.

A pas de loup, il s'approcha du canapé, se plaçant derrière la blonde sans qu'elle s'en aperçoive, et lui entoura le visage de ses mains, lui faisant relever la tête en déposant un baiser sur son front.

- Alors, Monsieur Darcy se porte comment ? Murmura-t-il en lui caressant les cheveux dans un geste absent.

- Elizabeth lui mène la vie dure.

- Comme d'habitude !

Annabeth se contenta de rire en fermant son livre, tendant le cou pour voler un baiser à Percy avant de regarder l'heure.

- Tu veux qu'on parte pour l'échauffement ?

- Si ça ne te dérange pas, avoua le garçon.

- Ça marche, on y va. Vous nous rejoignez tout à l'heure ?

- On fait comme ça, répondit Sally en enfilant ses lunettes.

La jeune fille remballa rapidement ses affaires et suivit Percy hors de l'appartement. D'habitude bavard, il resta plutôt silencieux sur la route, laissant la musique emplir l'habitacle en restant concentré sur le trafic, serrant la main d'Annabeth dans la sienne. Cette dernière se tut, le laissant gérer son stress comme bon lui semblait.

Le parking du gymnase était déjà bien plein quand ils arrivèrent, et les bruits résonnaient déjà dans le hall. Le couple passa par le terrain pour saluer tout ceux qui étaient déjà arrivés et qui discutaient dans les gradins.

- Salut les garçons ! Salua Annabeth en se frayant un chemin entre tout le monde pour poser son sac.

- Comment vont les amoureux ?

- Super, et toi Travis ?

- Je pète la forme !

- On est prêt à manger nos adversaires, ajouta Connor.

- La coupe est à nous !

L'exclamation de Léo fut suivie d'un grand cri d'approbation de toute la bande.

- Et vous les filles, prêtes à tout casser ? Demanda Percy.

- Plus que prêtes, sourit Piper en sautillant sur place.

- Si tout le monde est là, on ferait mieux d'aller se préparer, histoire de leur mettre la pression en étant à fond quand ils arriveront, proposa Charles.

Les deux équipes semblèrent d'accord et partirent se changer, laissant le reste de leurs amis dans les gradins.

- Ça promet, sourit Hazel en s'asseyant.

- Ils ont l'air remontés à bloc.

- C'est vrai qu'ils ont la patate, c'est assez surprenant vu l'entraînement qu'ils ont eu hier, ajouta Jason.

- De vrais sportifs !

Après une dizaine de minutes, la troupe de filles sortit des vestiaires en trottinant, commençant à s'échauffer devant des spectateurs de plus en plus nombreux. Annabeth discutait avec Jason et Silena, tandis que Calypso et Hazel parlaient de leur côté. Katie arriva en courant, se précipitant dans les gradins pour retrouver ses amis avant de ne plus avoir de place.

- C'est bon, j'arrive à temps ? S'inquiéta-t-elle.

- Tout va bien, les filles viennent de commencer l'échauffement et les garçons sont encore au vestiaire.

- Ouf, je n'imagine même pas la crise que m'aurait fait Travis si j'avais raté ne serait-ce qu'une seconde de la finale.

Les deux filles se mirent à rire, tournant la tête en entendant le public commencer à faire du bruit. L'équipe de garçons entrait enfin sur le terrain, commençant à son tour à trottiner alors que les filles se mettaient en place pour faire quelques tirs.

Le coach s'affaira à préparer la table des arbitres et le matériel près des bancs, puis donna un coup de sifflet qui fit râler la moitié des personnes dans les gradins, en plus des deux équipes.

- Bien, tout le monde se rassemble ! Tonna-t-il en faisant de grands gestes.

Ne souhaitant pas entendre un second coup de sifflet, le groupe d'adolescents se réunit rapidement, formant une ronde autour de leur entraîneur.

- C'est le grand jour, j'espère que tout le monde s'est bien reposé et est prêt à se donner à deux mille pourcent !

- Oui coach ! Répondit le groupe d'une seule voix.

- Alors on gère ça comme n'importe quel match, on ne se met pas la pression, on respecte les règles, on ne crie pas sur l'arbitre, ajouta-t-il en regardant les frères Alatir et Léo, et on est concentré sur le jeu. Vous avez gagné tout les matchs jusque-là, et vous allez gagner celui-ci et soulever ces deux coupes, compris ?!

- Oui coach !

Le groupe poussa son cri de guerre avant de se tourner sous les acclamations du public, aussi prêt que les joueurs. Sally et Paul étaient arrivés juste avant que tout soit plein, s'installant juste au-dessus du groupe d'adolescents alors que les équipes adverses arrivaient dans le hall.

La tension monta d'un cran alors que les équipes s'agitaient sur le terrain, assurant le spectacle en s'échauffant. Katie et Silena ne tenaient plus en place, secouant Annabeth dans tout les sens en trépignant sur le banc, ce qui amusait beaucoup la blonde.

- Mais qu'est-ce qu'ils sont longs ! Ça ne met pas dix minutes pour enfiler un short et un tee-shirt…

- Patience, ils devraient sortir d'une seconde à l'autre, tenta de temporiser Annabeth en souriant.

Et juste au moment où elle finissait sa phrase, la porte du vestiaire s'ouvrit et laissa passer une équipe de garçons. Une partie des gradins les acclama alors qu'ils prenaient à leur tour place sur le terrain pour s'échauffer, les équipes du lycée Goode leur laissant la place pour observer leurs adversaires et mettre en place une stratégie de jeu.

Annabeth ne leur prêta pas attention tout de suite, jetant des coups d'œil vers Percy en lui faisant des signes d'encouragement pour le motiver. Quand elle tourna enfin la tête vers les adversaires, tout son corps se raidit, et elle sentit son sang se glacer dans ses veines.

- Non, pas ça...Souffla-t-elle.

- Annabeth, tout va bien ?


Bonjour à tous ! Me revoilà après un long moment, je sais, mais je ne peux rien y faire, les révisions ne me donnent que peu de temps pour écrire.

J'espère au moins que le vingt-huitième chapitre vous a plu, j'ai hâte de lire vos avis ! J'aimerais bien savoir ce que vous imaginez pour le prochain chapitre d'ailleurs ;)

J'ai vu que depuis deux chapitres, dès que je suis en retard dans la publication, certains s'inquiètent que ce soit le dernier chapitre ou que j'arrête. Rassurez-vous, la fin de cette fanfiction est prévue et pensée, et j'annonce qu'il reste une dizaine de chapitre avant la fin (je n'ai pas de chiffre précis, mais vous avez le minimum au moins). J'affinerai le décompte au fur et à mesure, mais sachez que j'ai encore pas mal de choses à écrire avant de mettre un point final à cette première fanfiction ! Pour des questions de suspens, je ne peux donc pas répondre à ta question Clem, désolée ^^

J'ai fini pour cette fois, je continue d'écrire mais il faudra être patient, je suis ralentie en ce moment ! A bientôt, et merci de continuer à me suivre malgré tout ça !