Chapitre 38
- D'après ma mère et l'avocat qu'elle a engagé, Isabel ne devrait pas échapper à une condamnation de prison ferme.
- Annabeth…
- On est allées le voir à son cabinet pour nous préparer au procès, je vais être appelée à la barre pour témoigner et attester tout les faits qui lui sont reprochés, mais son avocat va certainement essayer de me mettre en colère pour que je perde toute crédibilité devant le jury.
- Annabeth…
- Et il y a aussi les examens qui vont commencer mardi, je dois encore relire quelques cours de biologie et apprendre par cœur l'oral que j'ai préparé pour l'épreuve d'arts plastiques.
- Annabeth, ça suffit viens par ici, coupa finalement Percy.
Il était allé la chercher devant sa salle de cours pour la raccompagner, mais la jeune fille marchait à ses côtés sans s'arrêter de parler. Plus la date du procès et des examens approchait, et plus elle était stressée. Ses yeux commençaient à être cernés, et elle ne pouvait s'empêcher de tout le temps bouger. Tout ça commençait à inquiéter Percy, qui ne savait pas bien comment faire pour calmer sa petite-amie efficacement.
Annabeth se tut quand il l'attrapa par les épaules, la forçant à lui faire face dans le couloir désert. Une fois qu'il eut son attention, le jeune homme l'attira dans ses bras, la serrant contre lui en lui caressant les cheveux, le menton posé sur le sommet de son crâne. Elle lui avait avoué quelques jours plus tôt qu'écouter son cœur battre lui faisait du bien, ce qui était une raison de plus pour lui de la prendre dans ses bras pour sa plus grande joie. L'adolescente se laissa faire en fermant les yeux, sa respiration ralentissant alors qu'ils restaient tout deux immobiles.
- Tu n'as aucune raison de t'en faire pour les examens, murmura le brun en encadrant son visage de ses mains, tu as plus d'heures de révisions à ton actif que moi d'heures de sport effectuées cette année.
Sa remarque fît sourire Annabeth, et il passa les pouces sur ses pommettes, détaillant les traits de son visage encore un moment avant de poursuivre.
- Tu n'as pas plus de raisons de t'en faire pour le procès, je suis sûr que ça va aller. Je te rappelle que je serai dans la salle, et que je suis prêt à témoigner aussi de toutes les marques qu'elle a pu te laisser, et même du soir où elle t'a frappée alors que j'étais sous ton lit.
La blonde prit les poignets du garçon dans ses mains, le regardant dans les yeux en le remerciant du regard pour son soutien avant de laisser sa tête aller contre son torse.
- Je ne veux pas qu'elle s'en sorte Percy, il est hors de question qu'elle s'en sorte avec quelques mois de prison avec sursis après ce qu'elle m'a fait...
- Je sais, crois-moi je ne veux pas que ça arrive non plus.
Le couple reprit sa marche, descendant les escaliers pour rejoindre le bâtiment principal afin de récupérer leurs affaires. Au moment où Percy allait enfiler sa casquette, Annabeth la lui piqua et la mit sur sa tête, lui faisant un clin d'œil au passage.
- Et comment vont les choses entre tes parents ? Avec le procès qui approche, il doit y avoir quelques tensions non ? Demanda-t-il en lui ouvrant la porte du hall.
- Figures-toi que non. Aussi étonnant que ça puisse paraître, ils ne se disputent pas. Je ne sais pas ce qu'ils se sont dit après que tu soies venu me chercher la première fois qu'ils se sont vus, mais apparemment ils ont eu une discussion qui leur a vraiment permis de mettre les choses à plat.
- C'est plutôt une bonne chose, ça te fait déjà ça de moins à gérer.
- C'est vrai, je ne pense pas que j'aurais pu supporter de les voir se rejeter la faute sans arrêt à propos d'Isabel. Ils ne sont pas très proches, mais ils font des efforts, alors ça me va. Ma mère a même rencontré Bobby et Matthew quand elle est venue me chercher pour le rendez-vous avec l'avocat. Elle était un peu mal à l'aise au départ, mais finalement tout s'est très bien passé, malgré les questions des garçons.
- Ça a dû être étrange pour eux de rencontrer la femme que leur père a aimé avant leur mère, et avec qui il t'a eu.
- J'ai eu un peu peur au départ qu'ils se mettent en tête qu'on essayait de remplacer leur maman par la mienne aux côtés de leur père, admit Annabeth en descendant vers le parking, mais ils se sont montrés très curieux. On leur a expliqué les choses le plus simplement possible, mais je ne sais pas s'il existe une manière adéquate de dire à des enfants que leur mère va probablement aller en prison pendant un moment…
Tout deux montèrent à bord de la Jeep, Annabeth sortant son petit classeur de fiches alors que Percy conduisait, faisant exprès de donner quelques coups de volant, d'accélérateur ou de frein pour la déconcentrer. A chaque fois que la jeune fille râlait il éclatait de rire et attendait quelques secondes avant de recommencer.
- Arrête Percy, on va finir par avoir un accident !
Le garçon donna un coup de frein en arrivant au feu, riant de plus belle alors qu'Annabeth lui donnait une tape sur l'épaule en fronçant les sourcils, essayant de garder son classeur sur ses genoux. Il se pencha vers elle pour l'embrasser, essayant de se faire pardonner, mais elle plaqua sa main sur sa joue et le repoussa. Ne lâchant pas l'affaire, il tourna la tête et lui lécha la paume, ce qui provoqua une nouvelle protestation sonore de la part de la blonde, qui s'essuya sur son bras.
- C'est dégoûtant, marmonna-t-elle.
- Tu as adoré, répliqua Percy en lui faisant un clin d'œil.
- Je déteste quand tu fais ça.
- Tu mens, on le sait tout les deux.
Profitant que le feu soit toujours au rouge, il se pencha vers elle, posant sa main sur sa joue en lui embrassant le cou, lui donnant un petit coup de langue au passage. Annabeth prit une inspiration soudaine, ses paupières se plissant alors que ses lèvres s'entrouvraient, un frisson lui parcourant le dos sans que le dégoût n'en soit la cause cette fois-ci. Percy se redressa légèrement et l'embrassa avec une douceur lente qui la fît chavirer. Alors qu'elle s'apprêtait à approfondir leur baiser, le jeune homme recula, se réinstallant correctement derrière le volant, un sourire en coin lui barrant le visage, son regard brillant de malice.
- Alors ?
Encore sous l'emprise de ses émotions, Annabeth ne se rendit pas tout de suite compte de ce que lui disait son petit-ami. Il lui fallut quelques secondes avant que le brouillard qui embrumait son esprit ne se dissipe, et quand elle revînt enfin à elle, ses joues rosirent, la colère de s'être faite avoir aussi facilement se mêlant à la frustration de ne pas avoir pu continuer plus longtemps cette découverte de nouvelles sensations.
- Tu es insupportable, lâcha-t-elle en croisant les bras, faisant sourire Percy.
Elle nota tout de même que ses pupilles étaient dilatées, et que son visage aussi avait pris quelques couleurs, ce qui la calma un peu. Le brun reprit la route sans rien ajouter, son sourire en disant assez long sur la satisfaction qu'il avait tiré de cette expérience. Sa main chercha à tâtons celle d'Annabeth, et il entrelaça leurs doigts en silence, se tenant tranquille jusqu'à ce qu'une idée lui traverse l'esprit.
- Je viens de penser à quelque chose, lança-t-il sans quitter la route des yeux.
- Ça change de d'habitude.
Le jeune homme haussa un sourcil en faisant mine d'être blessé, mais Annabeth se contenta de lui tirer la langue. Il secoua la tête en souriant et continua, excité par l'idée qu'il venait d'avoir.
- Prépare un sac pour le week-end en rentrant chez toi, je passerai te prendre dans la nuit.
- Pour faire quoi ?
- Surprise, répondit-il.
- Percy tu sais que je n'aime pas les surprises, pourquoi veux-tu que je prépare un sac pour le week-end ?
- Ça ne serait pas une vraie surprise si je te disais pourquoi je te demande de le faire. Je vais t'emmener quelque part où tu n'es jamais allée, ça te fera du bien de changer d'air, de prendre un peu de distance par rapport à toute cette histoire de procès et aux examens.
La garçon s'arrêta près du trottoir et serra le frein à main, observant la mine à moitié convaincue seulement de sa petite-amie.
- Allez Annabeth ! Est-ce qu'une de mes surprises t'as déjà déplu ?
- Non, avoua-t-elle.
- Alors tu vois, il n'y a pas de quoi t'en faire ! Prépare juste quelques affaires pour le week-end. Ah et bien sûr, tout ce qui a un rapport de près où de loin avec les cours reste chez toi.
- Mais Percy…
- Non, pas de mais !
La blonde essaya de l'amadouer avec ces petits yeux gris, mais il ne se laissa pas faire, bien décidé à la couper totalement de son quotidien.
- Très bien, soupira la blonde, pas de cours. Il y a quelque chose d'autre que je dois savoir ?
- Prends un maillot de bain.
- C'est noté, souffla-t-elle avant d'embrasser rapidement le jeune homme et de prendre ses affaires, à toute à l'heure alors, fais attention sur la route en rentrant !
Il attendit qu'elle soit rentrée pour reprendre son chemin, ne pouvant s'empêcher de sourire en pensant au week-end qui les attendait. En y repensant, il se demanda comment l'idée ne lui était pas venue plus tôt. Rien ne valait un week-end loin de la ville et de son agitation pour se détendre, surtout après tout ce qui avait pu se passer cette année.
Percy manqua d'enfoncer la porte de l'appartement en arrivant, sautillant dans tout les sens, son sourire illuminant tout son visage alors qu'il défaisait ses chaussures avant d'avancer dans le salon, où Sally était occupée à trier des papiers.
- Salut ! Lança-t-il en fonçant vers la cuisine avant de revenir avec deux tasses de café, s'installant près de sa mère.
- On dirait que quelqu'un a passé une bonne journée. Qu'est-ce qui t'est arrivé pour que tu sois d'aussi bonne humeur ?
- J'ai eu une idée en ramenant Annabeth chez elle tout à l'heure.
- Ah oui ?
- Oui, sourit le brun entre deux gorgées de café, elle est assez stressée avec les examens qui arrivent la semaine prochaine et le procès qui va commencer, elle passe tellement de temps à relire ses fiches que je l'ai même entendu réciter une partie du cours d'histoire sur la guerre d'indépendance alors qu'on faisait la sieste hier.
- C'est vrai qu'elle a l'air de plus en plus tendue, il faudrait qu'elle lève un peu le pied et qu'elle prenne un peu de recul par rapport à tout ça… Murmura Sally en faisant une pile de feuilles sur un coin de la table.
- Exactement ! Du coup, j'ai pensé qu'on pourrait aller à Montauk tout les deux, histoire de se détendre au soleil avant d'attaquer les examens !
Le jeune homme commençait à s'agiter dans tout les sens, commençant à raconter à sa mère tout ce qu'ils pourraient faire là-bas durant le week-end. A plusieurs reprises, elle essaya de l'interrompre pour lui parler, mais il enchaînait sans relâche, prenant tout juste le temps de respirer.
- Percy…
- Tu crois qu'il y aura encore le marchand de glace près de la plage ? Je suis sûr qu'Annabeth adorerait sa glace au citron.
- Percy calme-toi deux secondes s'il te plaît…
- Tu as raison, il faut que je monte préparer mes affaires. Je reviens vite !
Le jeune homme quitta sa chaise sans faire attention aux tentatives de sa mère pour le stopper, grimpant les marches de l'escalier deux à deux. En arrivant dans sa chambre, il attrapa un sac à dos qui traînait par terre et le lança sur son lit, ouvrant son armoire à la recherche de quelques vêtements propres, d'un short de bain et de son drap de plage, fourrant le tout dans le sac avant de rassembler quelques affaires de toilette en plus. Il avait hâte de retrouver le petit bungalow où il avait passé tout ses étés depuis qu'il était né, et encore plus hâte de le faire découvrir à Annabeth. Ce bungalow avait appartenu à son père, et aller avec elle à Montauk lui faisait un peu l'effet de la lui présenter. C'était le dernier endroit qui comptait pour lui et qu'il ne lui avait pas encore montré, et il était plus qu'excité à l'idée de se créer de nouveaux souvenirs avec elle là-bas.
Après avoir fait plusieurs fois le tour de sa chambre pour vérifier qu'il n'avait rien oublié, il ferma son sac et le balança par-dessus son épaule, slalomant entre les piles de vêtements et les planches de skate en retournant vers le salon. Il descendit tranquillement les marches de l'escalier, puis posa son paquetage dans l'entrée, prenant soin de ne pas gêner l'ouverture de la porte d'entrée.
- Au fait, ne t'inquiète pas si tu entends du bruit dans la nuit, j'ai prévu de partir vers trois heures pour voir le levé du soleil là-bas.
- Percy, est-ce que tu pourrais venir t'asseoir deux secondes s'il te plaît ? J'aimerais discuter un petit peu avec toi tant qu'on est tout les deux.
Le jeune homme hocha de la tête et se rassit sur la chaise qu'il avait quitté à la hâte juste avant pour préparer ses affaires, attendant que sa mère reprenne la parole.
- Je suis très heureuse qu'Annabeth et toi soyez ensemble, tu le sais n'est-ce pas ? Commença-t-elle.
- Oui…
- Et je suis très fière de la manière dont tu la traites, tu t'es toujours montré très respectueux et à son écoute.
- Merci, je fais de mon mieux.
Bien que flatté, Percy se demandait où sa mère voulait en venir avec tout ça. Elle ne l'aurait pas fait s'asseoir avec une mine aussi grave juste pour lui faire des compliments sur son comportement vis-à-vis de sa petite-amie.
- Vous êtes ensembles depuis quelques temps maintenant, et c'est tout à fait normal que vous ayez envie de vous retrouver seuls un moment…
- Je ne suis pas sûr de comprendre…
- Percy, tu vas passer le week-end avec ta petite-amie dans un bungalow sans personne avec vous. Je me doute que tu n'as pas prévu cette escapade en amoureux dans un but autre que vous détendre avant les examens et tout le reste, mais vous êtes jeunes, vous êtes amoureux, et vous allez être seuls pendant deux jours et une nuit. Je ne pense pas devoir te faire un dessin de ce qui pourrait se passer dans cet intervalle.
Comprenant tout à coup ce à quoi sa mère faisait allusion, le jeune homme rougit violemment, ne sachant plus quoi dire ou faire. Il ne s'était pas attendu à avoir cette conversation avec sa mère à ce moment, et était assez gêné. Sally lui sourit et se leva, faisant un aller-retour à l'étage avant de redescendre et de poser une boite de préservatifs sur la table. Percy devînt encore plus rouge, si c'était possible.
- Maman…
- Je ne vais pas te faire tout un discours ou quelque chose dans le genre, ne t'en fais pas. De toute façon je pense que tu sais déjà que les bébés ne naissent pas dans les choux, ou ne sont pas apportés par les cigognes. Je ne dis pas que vous allez forcément vous en servir, je ne te demande pas de me le dire si c'est le cas, mais je préfère que vous ayez de quoi vous protéger. Je sais ce que c'est d'être parent jeune, et même si j'espère devenir grand-mère un jour, j'aimerais que ce soit dans quelques années, quand tu seras bien installé et que tu l'auras décidé.
Bien que toujours un peu mal à l'aise, le brun prit la boite et la fixa un instant avant d'enfin oser relever le regard vers sa mère, lui étant reconnaissant de ne pas s'attarder plus que nécessaire sur le sujet.
- Range ça dans ton sac, que je soie sûre que tu les as pris. J'aurai besoin de ton aide pour préparer le repas après.
Le jeune homme se leva et obéit, refermant son sac au moment où Paul entrait dans l'appartement, un tas de copies sous le bras.
- Tu prépares quelque chose pour demain ? Demanda-t-il en rattrapant la porte avant qu'elle ne s'écrase contre le visage de Percy.
- Pour le week-end en fait, sourit le brun. On va à Montauk avec Annabeth, histoire de prendre un peu l'air avant d'attaquer les examens.
- Excellente idée ! Ça va vous permettre d'attaquer la semaine avec le plein d'énergie.
- C'est ce que j'espère en tout cas.
- Vous partez quand ?
- Dans la nuit, répondit Percy en l'accompagnant dans la cuisine, où se trouvait déjà sa mère, j'aimerais montrer le levé du soleil sur le rivage à Annabeth.
- C'est très romantique comme idée.
Le jeune homme sourit en se passant une main dans la nuque, avant de s'occuper de la casserole qui était sur le feu, veillant à ce que rien ne déborde. Paul discuta un petit peu avec Sally, chacun se racontant sa journée. La soirée passa tranquillement, la petite famille dînant devant la télé avant de lancer un film. Annabeth envoya plusieurs messages à Percy, essayant d'en savoir un peu plus sur la destination de leur petit voyage, mais le jeune homme tînt bon, amusé par la frustration perceptible de la blonde à travers ses messages. Il adorait la bousculer dans ses habitudes, et il profitait de chaque occasion qui se présentait à lui pour le faire. Il ne le faisait pas par pur sadisme, mais pour l'aider à lâcher prise. Son besoin de tout contrôler constamment découlait de son enfant difficile, et il voulait qu'elle puisse pleinement tourner la page sur ce pan de sa vie pour en commencer un qui serait plus sympathique.
Alors que le film venait de finir, Paul reçut un coup de téléphone d'un ami qui lui proposait de venir avec Sally chez lui pour passer la fin de la soirée entre amis.
- Je ne sais pas si on se croisera avant ton départ, alors bon week-end avec Annabeth ! Fit Paul en enfilant sa veste.
- Faîtes attention à vous, sourit Sally en allant embrasser le front de son fils, les clés du bungalow sont dans le buffet, tiroir du milieu.
Ce dernier sourit et leur fît un signe de la main avant de monter dans sa chambre. Vu l'heure à laquelle il avait prévu de partir, mieux valait qu'il ne se couche pas trop tard pour être en forme sur la route.
Il venait de s'allonger dans son lit quand son portable se mit à vibrer, et il éclata de rire avant de décrocher.
- Percy, il faut vraiment que tu me dises où on va pour que je sache quoi emmener, fît Annabeth sans lui laisser le temps de parler en premier.
- Je te l'ai dit, c'est une surprise.
Le soupir de frustration de la jeune fille le fit sourire, et il l'imagina faire les cent pas dans sa chambre.
- Je déteste les surprises…
- Je te garantie que tu vas adorer celle-là, fais-moi confiance.
- J'espère, parce que sinon le week-end va être très long.
Percy rit à nouveau en entendant son ton un brin ronchon.
- Ça va être super, lui répondit-il avec assurance, mais pour en profiter au maximum il faut qu'on se repose. Je viendrai te chercher vers trois heures, essaye de dormir un peu d'ici là.
- D'accord, mais si je fais une insomnie sache que c'est de ta faute !
- N'oublie pas que je t'aime, bonne nuit !
Percy reposa son portable et programma son réveil, ne tardant pas à s'endormir en pensant au week-end qui les attendait.
Se réveiller à trois heures du matin lui demanda plus d'efforts que prévu, mais la promesse d'un week-end de rêve réussit à le faire sortir de son lit.
Après être passé rapidement sous la douche, le jeune homme descendit en silence jusqu'à la cuisine, se servant une tasse de café avant de remplir un thermos, avalant tranquillement quelques gorgées de la boisson avant de manger un pain au chocolat. Quand son petit-déjeuner fut terminé, il envoya un message à Annabeth pour la prévenir de son départ, enfila ses tennis et une veste, attrapa son sac à dos et pris les clés du bungalow avant de sortir de l'appartement. La lune brillait haut dans le ciel, et le fond de l'air était encore frais, mais c'était agréable. Les rues étaient animés, et en grimpant dans sa Jeep, Percy eut le temps de voir quelques jeunes remonter les rues en titubant, sortant sans doute de boite de nuit.
Le jeune homme roula sans se presser jusque chez Annabeth, vérifiant plusieurs fois dans sa tête qu'il avait bien tout pris. Tout devait être parfait pour ce moment à deux, et il lui avait promis qu'elle allait adorer, alors il n'avait pas le droit à l'erreur.
Il sourit en se garant devant la maison, voyant la lumière de la chambre de la blonde allumée, son ombre mouvant derrière les rideaux. Le jeune homme descendit du véhicule et s'adossa à la portière du côté passager, attendant qu'Annabeth sorte de chez elle. La jeune fille ne tarda pas, refermant la porte derrière elle avec précaution avant de le rejoindre, un sac à dos pendant sur une épaule.
- Bonjour, murmura-t-elle en se mettant sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
Sa mine encore à moitié endormie fît fondre Percy, qui laissa sa main s'attarder sur sa joue en la couvant des yeux.
- Prête pour l'aventure ?
- Aussi prête que possible.
- Génial, sourit-il en la débarrassant de son sac avant de lui ouvrir la portière pour la laisser s'installer.
Le temps qu'elle s'attache et baisse un petit peu le dossier du siège, il était de retour derrière le volant avec le thermos de café et une boîte contenant quelques pains au chocolat.
- Je ne savais pas si tu prendrais le temps de déjeuner, alors j'ai préféré emporter quelque chose au cas-où.
- Tu es le meilleur des meilleurs, le remercia la blonde en acceptant les denrées avec un plaisir à peine dissimulé.
Percy eut le droit à un baiser pour sa petite attention, puis un autre une fois que la jeune fille réussit à ouvrir les yeux grâce au café. Le sourire allant d'une oreille à l'autre, il mis le contact, et le couple se mit en route vers Montauk. Si Percy avait décidé de partir aussi tôt, c'était parce que le bungalow de ses parents se trouvait à environ trois heures de route, ce qui lui permettrait d'arriver aux environs de six heures du matin, pile à temps pour voir le soleil se lever sur la mer.
Annabeth n'avait pas beaucoup dormi à cause du stress, mais le jeune homme avait tout prévu. Avant de partir de chez lui, il avait déposé une couverture sur le siège passager, ainsi qu'un oreiller. La blonde s'enveloppa dans le drap au premier feu rouge et posa l'oreiller contre la vitre, s'installant confortablement en discutant à voix basse avec son petit-ami, cherchant toujours à lui soutirer des informations sur leur destination.
- Maintenant qu'on est partis, tu peux me dire où on va, non ? Murmura-t-elle avant de bailler.
- Tu as attendu toute la soirée, tu n'es plus à quelques heures près, si ?
- Je savais que ça ne serait pas à côté, tu ne serais pas venu aussi tôt si ça avait été à Manhattan.
- Arrêt d'essayer d'avoir des informations, tu devras patienter jusqu'à ce qu'on soient arrivés, je ne dirai rien de plus.
N'insistant pas plus longtemps en voyant que Percy n'était pas prêt à lâcher le morceau, Annabeth posa la tête contre l'oreiller et ferma les yeux, poussant un long soupir en se rendormant petit à petit. Le jeune homme jeta des regards vers elle de temps en temps, attendri en la découvrant toute endormie, la bouche légèrement entrouverte, la mine détendue.
Le chemin fut un petit peu plus long que prévu à cause des réjouissances de la ville habituelles, mais une fois sortis du quartier de Manhattan, les routes dégagées lui permirent de rattraper le temps perdu. Le ciel, jusque-là bleu nuit, commençait à s'éclaircir, signe que le soleil ne tarderait plus à se montrer. Les premiers oiseaux commençaient à chanter à l'orée du bois qui bordait un côté de la route, tandis que les premières odeurs d'écume lui parvenait de l'autre côté par une brise légère.
Après quelques recherches et une marche arrière réalisée in-extremis, Percy retrouva l'emplacement exact sur la côte que sa mère lui avait montré quand il était jeune alors qu'ils arrivaient de la ville pour les vacances d'été. Situé au bout d'un petit chemin à l'écart du grand axe routier, il permettait de voir le récif rocheux qui se poursuivait en face, la forêt en contrebas ainsi que la mer au loin, le toit de quelques bungalows dépassant de la cime des arbres. Ils étaient pile à la frontière entre terre et mer, l'odeur d'herbe mouillée par la rosée du matin se mêlant à l'embrun, c'était parfait.
Percy se délecta encore un petit peu du panorama depuis l'intérieur du véhicule avant d'en sortir, ouvrant sa veste pour laisser l'air s'engouffrer dans les plis du vêtement, le faisant presque frissonner. En prenant garde de ne pas faire tomber Annabeth, il ouvrit lentement la portière, la calant contre son torse alors qu'elle papillonnait des yeux en se réveillant.
- On est arrivés ? Marmonna-t-elle sans bouger.
- Oui, sourit le brun en passant sa main dans les longs cheveux blonds de la jeune fille, déposant un baiser sur le sommet de son crâne.
Elle semblait presque prête à s'assoupir à nouveau contre lui, mais quelque chose la fît se redresser, et elle essaya de regarder où ils se trouvaient.
- Viens avec moi, c'est plus beau de l'extérieur.
Prenant la main qu'il lui tendait, Annabeth s'extirpa de la couverture et posa le pied à terre, sentant l'air effleurer sa peau aussi doucement que la caresse d'une plume. La scène la frappa de plein fouet, la beauté du paysage l'assaillant de toute part. Le ciel, pourtant encore si sombre vers les terres, laissait poindre les premières notes de lumière solaire sur l'horizon dégagé de la mer. Le roulis des vagues lui parvenait faiblement telle une musique apaisante, et elle comprit alors d'où venait cette odeur iodée qu'elle associait toujours à Percy.
Ce dernier la mena devant la Jeep, s'asseyant sur le capot, reculant bien pour la laisser s'installer entre ses jambes, la maintenant contre lui en enserrant sa taille de ses bras. Annabeth se laissa aller contre lui sans un mot, la tête calée sur son épaule, les yeux rivés vers le spectacle que la nature leur offrait. Les dernières étoiles s'éteignirent progressivement tandis que la voûte céleste s'enflammait, un voile orangé s'étendant pour chasser les dernières traces de la nuit. Le soleil perça alors la ligne d'horizon, semblant émerger de l'océan, s'élevant graduellement, commençant son ascension. L'océan, jusqu'ici gigantesque étendue noire, pris sa teinte bleue-verte qu'elle admirait tout les jours dans le regard de celui qui la tenait alors.
Tout allait si vite et pourtant si lentement autour d'eux, tout était si calme et vivant à la fois. Tout ses sens étaient en éveil, les odeurs, les couleurs, les sons, les sensations, rien n'échappait à ce fabuleux spectacle.
Le soleil continua son chemin, grimpant progressivement dans le ciel, lui donnant une teinte de plus en plus claire jusqu'à atteindre un magnifique bleu azur immaculé, toute trace de nuage étant inexistante. Les oiseaux prirent de l'assurance et chantèrent à gorges déployées, virevoltant de tout côtés autour d'eux. La rosée du matin relâcha tout les parfums renfermés dans ses fragiles gouttelettes, laissant des fragrances florales remonter jusqu'à eux, contrastant avec la pointe salée qui revenait constamment depuis le rivage, au gré des flots.
- Tout va bien ? Lui souffla Percy au creux de l'oreille.
Annabeth laissa un rire lui échapper en se calant un peu plus contre lui, tournant la tête pour pouvoir le regarder, les yeux brillants et le sourire aux lèvres.
- Tout va très bien, lui assura-elle avant de déposer un baiser sur sa joue.
- Alors, est-ce que je n'avais pas raison en te disant que ma surprise te plairait ?
- C'était absolument parfait, merci beaucoup Percy.
- Et ce n'est que le début !
Ravi de l'effet de sa petite surprise, le jeune homme embrassa sa petite-amie avec joie, reposant son front contre le sien un moment en profitant du cadre idyllique dans lequel ils se trouvaient avant de se redresser, inspirant un coup dans les cheveux d'Annabeth, souriant en reconnaissant la senteur citronnée familière.
- Il est temps que je te fasse découvrir un endroit important pour moi.
- Ici ?
- C'est un peu plus bas, mais je voulais absolument que tu puisses voir un levé de soleil sur cette plage, fit-il en la laissant se détacher de lui pour lui laisser la place de descendre du capot.
- Ça valait le coup de ne pas dormir, je pense que je m'en souviendrai longtemps.
Percy sourit avant de lui prendre la main, la raccompagnant à la voiture pour reprendre la route, finissant le trajet en descendant vers la plage. A l'écart de tout, presque caché dans une crique à l'abri des regards, un bungalow en bois se tenait seul au bord du sable. Le porche possédait une terrasse avec un salon d'extérieur rangé dans coin et un hamac plié, et le bois avait besoin d'un petit coup de balais, mais l'endroit était superbe, et le calme qui régnait apaisa de suite Annabeth, qui ferma les yeux en inspirant à fond alors que Percy la rejoignait avec leur sacs.
- Bienvenue à Montauk ! Lança-t-il en faisant tourner les clés du bungalow autour de son doigt.
Il passa devant elle et ouvrit la porte, avançant dans le salon en déposant les clés sur la table à manger. Annabeth entra à son tour, observant l'intérieur avec curiosité. Tout était bien rangé, et une atmosphère chaleureuse semblable à celle qui régnait dans l'appartement de Manhattan l'enveloppa. Percy avança tranquillement vers le canapé, posant les sacs avant de faire le tour pour s'assurer que tout était comme ils l'avaient laissé la dernière fois. La jeune fille le laissa faire, en profitant pour découvrir les lieux, s'avançant vers la cuisine, intriguée par les photos attachées au frigo.
L'une d'elles montrait un couple à peine plus âgé qu'elle et Percy sur la plage, avec un bébé entre eux. Tout le monde souriait, la jeune femme riant alors que l'homme tenait le bébé entre ses bras.
- J'avais trois semaines, et mon père n'arrivait pas à me tenir en place, fît une voix derrière elle.
Au même moment, deux bras l'enserrèrent, et Percy posa son menton sur son épaule, regardant le cliché avec un petit sourire.
- Tu as beaucoup de photos avec tes deux parents ?
- Elles sont quasiment toutes ici, souffla-t-il.
Annabeth rattacha la photo et en attrapa une autre, la détaillant en silence un moment. Des questions lui brûlaient les lèvres à propos du père de Percy, mais elle ne voulait pas lui faire de la peine en le forçant à se rappeler de quelqu'un qu'il avait perdu. Mise à part leur première sortie à l'aquarium, il ne lui avait jamais parlé de lui, et elle ne savait pas comment aborder le sujet, ou même si elle pouvait le faire.
- Ma mère m'a souvent parlé de cette journée, fit Percy en lui prenant doucement la photo des mains, restant calé contre elle. Elle n'était pas vraiment pour qu'il m'emmène dans l'eau avec lui, mais il a réussi à la convaincre, comme d'habitude. Au début, il me tenait assis pour que je puisse toucher l'eau. On a passé un moment tout les trois près du bord, le temps que je m'habitue aux vagues, puis il m'a pris dans ses bras et a avancé dans l'eau en jouant avec moi. Il m'a tenu comme si je faisais la planche, et voulait m'apprendre à nager.
C'est ce que le cliché montrait : un père avec son enfant dans les bras, un sourire éclatant au visage alors que le bébé s'agitait et tapait sur la surface de l'eau avec ses petits poings.
- Il riait toujours en disant que je saurais nager avant de marcher ou parler, que s'il devait m'apprendre une seule chose, ce serait la brasse…
La mélancolie qu'elle ressentit dans l'intonation de sa voix lui fît mal, et elle passa ses mains sur ses avant-bras dans une tentative de réconfort. Le jeune homme resta silencieux et immobile, le regard figé sur la photo encore un petit peu, avant d'inspirer et de lui embrasser la joue, la relâchant pour reposer le cliché à sa place avant de lui tendre la main avec un sourire.
- Et si je te faisais visiter plutôt ?
- Avec plaisir, sourit-elle en prenant la main qu'il lui proposait.
Percy l'emmena loin de la cuisine, passant dans le salon avant de lui montrer le reste du bungalow. Il n'avait pas l'air vu de l'extérieur, mais il était plutôt spacieux, et elle s'en rendit compte en voyant les dernières pièces.
- Et pour terminer, voilà ma chambre.
La pièce accueillait comme dans la chambre parentale un lit double avec deux petites tables de chevet, ainsi que tout un tas d'objets en tout genre. Une étagère semblait dédiée aux bocaux de sable et coquillages, avec quelques morceaux de bois flotté sculptés. Un jeu de raquettes dépassait légèrement de sous le lit, et un ballon de volley attendait qu'on vienne le chercher dans un coin sous un petit bureau, lui même caché sous un tas de feuilles. Comme dans sa chambre à Manhattan, une atmosphère paisible se dégageait de la pièce, et Annabeth se sentit immédiatement à l'aise.
- Alors, ça te plaît ?
- C'est superbe, je comprends mieux pourquoi tu adores venir ici, fit-elle en se tournant vers le brun.
Ce dernier parût satisfait, et la regarda faire un peu le tour de sa chambre en jetant des coups d'œil intrigués sur ses notes et schémas d'observation qu'il avait réalisé l'année dernière.
- Tu as fait tout ça pendant les vacances ? Lui demanda-t-elle en saisissant une poignée de feuilles griffonnées.
- Je m'entraîne un petit peu pour la fac depuis deux ans, j'ai regardé rapidement les travaux pratiques et j'ai essayé de faire pareil en me basant sur ce qui m'entourait.
La façon dont elle le regardait à cet instant, avec cet éclat particulier de fierté dans les yeux, le réchauffa bien plus que le soleil pouvait le faire.
- Tu ne t'attendais pas à ça, n'est-ce pas ? Rit-il en croisant les bras sur sa poitrine, se calant contre l'encadrement de la porte.
- Non, c'est vrai, avoua-t-elle en reposant ses recherches. Mais je ne suis pas étonnée.
- Ah bon ?
- Pas après tout ce que tu m'as raconté sur ta passion pour la mer, et après tout les efforts que je t'ai vu faire pour atteindre ton but.
Le jeune homme la laissa venir à lui, souriant quand elle l'enlaça au niveau de sa taille en regardant la pièce. Il passa un de ses bras autour de ses épaules et déposa un baiser sur sa tempe avant de regarder l'heure sur l'horloge placée derrière eux.
- On ferait bien d'aller faire quelques courses maintenant, avant qu'il n'y aie trop de monde. Ça nous laissera plus de temps pour profiter de la plage.
Annabeth acquiesça, et il les guida vers la terrasse, refermant derrière eux avant de reprendre la route pour le supermarché le plus proche. Ils arrivèrent juste après l'ouverture, ce qui leur permit d'aller et venir dans les rayons sans avoir à zigzaguer entre les cadis et la foule, un grand changement pour eux. Le couple ne traîna pas dans le magasin, et une fois les courses terminées, Percy les reconduisit au bungalow. Il était tout juste neuf heures du matin quand ils sortirent de la Jeep avec les sacs, mais les températures commençaient déjà à grimper. D'un commun accord, ils rangèrent ce qu'ils venaient d'acheter et s'attaquèrent au plancher de la terrasse, lui donnant un bon coup de balais avant de nettoyer la table et deux chaises d'extérieur. Percy s'occupa du hamac tandis qu'Annabeth leur préparait le petit-déjeuner dehors, et ils finirent par s'installer face à la mer, une tasse de café à la main.
- On se croirait presque en vacances, soupira Annabeth en croisant les jambes sous elle.
- C'est le but ! Un peu de détente ne peut pas nous faire de mal en ce moment.
La jeune fille s'enfonça dans sa chaise et ferma les yeux, laissant la chaleur ambiante l'envelopper et calmer toutes les anxiétés qui prenaient tant de place en elle depuis quelques temps. Le roulis des vagues l'apaisa profondément, et quand elle sentit les mains de Percy venir masser ses épaules et sa nuque noués, elle se détendit complètement. Elle ne s'était pas rendue compte d'à quel point elle avait besoin de cette pause jusque-là, et elle comptait bien profiter de chaque minute.
- Et si on allait enfiler nos maillots de bain et qu'on partait bronzer sur le sable ? Lui proposa Percy en arrêtant son massage.
- Très bonne idée !
La blonde rouvrit les yeux, relaxée, et se leva, prenant sa tasse et l'assiette qu'elle avait utilisé avant de rentrer, suivie par Percy.
- Va te changer, je m'occupe du reste, fit-il.
Annabeth lui sourit et partit vers la salle de bain avec son sac, le laissant ranger la table. Le jeune homme posa la vaisselle dans l'évier puis rangea ce qui devait rester au frais dans le frigo. Quand il le referma, il s'arrêta sur une photo de son père, seul, debout près de la mer, vêtu de tongs, d'un short et d'une chemise hawaïenne. Il avait les mains dans les poches et regardait vers l'objectif, un grand sourire lui barrant le visage. La prenant entre ses doigts, il sentit un petit pincement comprimer sa poitrine, mais sourit malgré tout.
- Voilà, les présentations sont faites officiellement maintenant. Annabeth n'ose pas trop me poser de questions te concernant, mais je sais qu'elle aime beaucoup quand je lui parle de toi. Elle dit aussi que je te ressemble, comme maman. J'aurais aimé que tu la rencontres en vrai, je suis sûr que tu l'aurais adorée. Si tu avais pu être avec nous aujourd'hui, vous auriez pu faire connaissance, vous vous seriez entendu à merveille.
Percy marqua une pause. Il parlait souvent à son père, mais ça faisait un moment qu'il ne s'était pas confié à lui sur un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur.
- Elle n'a pas eu une vie très facile jusque-là, mais les choses ont fini par se résoudre au cours de l'année. C'est une fille absolument géniale, et j'ai mis du temps à comprendre que j'étais amoureux d'elle, rit doucement le garçon. Piper et maman n'en pouvaient plus de nous voir tourner l'un autour de l'autre pendant des mois, mais je pense qu'on a bien fait de prendre notre temps. L'année est presque terminée maintenant, il ne nous reste plus que les examens à passer. Annabeth stresse beaucoup à cause de ça, même si personne ne doute qu'elle va s'en sortir avec les meilleures notes du groupe, et de loin. Si tu la voyais, c'est la fille la plus intelligente que j'ai jamais rencontré. Elle m'a sauvé mon année, sans elle j'étais bon pour le redoublement.
Annabeth sortit de la salle de bain à ce moment et se rapprocha sans faire de bruit, ayant entendu la voix de Percy. Comprenant ce qu'il était en train de faire en le voyant les yeux brillants, la photo dans les mains, elle avança lentement vers lui, sans qu'il ne se rende compte de rien. Elle était juste derrière lui quand il reprit la parole, et elle eut mal au cœur quand sa voix craqua sous le coup de l'émotion.
- J'aurais tellement voulu que tu sois là papa, tu me manques…
La jeune fille se colla à son dos et entoura son torse de ses bras, posant sa tête entre ses omoplates sans rien dire. Percy eu un petit sursaut en la sentant contre lui, mais ne bougea pas, reniflant un grand coup avant de rattacher la photo et de poser ses mains sur celles d'Annabeth. Il lui fallu quelques temps pour se reprendre, et elle attendit patiemment en silence, sachant que sa présence lui suffisait pour se calmer.
Il poussa un long soupir et se retourna finalement vers elle, lui souriant pour la remercier de son soutien. Annabeth lui rendit son sourire et lui caressa les joues tendrement, chassant les larmes qui menaçaient de couler.
- Et si tu allais te changer pour qu'on profite du soleil tout les deux ? Murmura-t-elle.
Percy acquiesça et embrassa la paume de sa main, restée sur sa joue, avant d'aller vers la salle de bain à son tour. Annabeth alla s'installer sur la terrasse, une casquette piquée à Percy sur la tête, un livre sous le bras. Une fois prêt, le jeune homme embarqua le sac posé sur la table et prit la main de la blonde, l'entraînant avec entrain vers la plage. Ils avaient à peine posé leurs affaires que Percy courait vers l'eau, plongeant la tête la première dans les vagues. Annabeth le regarda faire en s'installant sur le sable, riant en le voyant sauter et nager dans tout les sens comme un enfant. Absorbée par sa lecture, elle poussa un petit cri et sursauta en sentant les mains fraîches et trempées du jeune homme dans son dos.
- Percy !
- Tu n'avais qu'à venir te baigner avec moi, si tu étais venue je n'aurais pas eu à faire ça, rit-il en s'installant à côté d'elle.
- Je t'ai dit que je viendrais plus tard.
- Mais je voulais que tu viennes avec moi maintenant !
Annabeth lui jeta un regard noir par-dessus ses lunettes de soleil et reprit sa lecture, laissant le brun s'étaler sur sa serviette, s'endormant doucement sous le soleil.
Il ne savait pas depuis combien de temps il dormait, quand quelque chose de froid lui éclaboussa le torse et la figure. Se redressant brusquement, il essuya l'eau qui lui coulait dans les yeux et découvrit Annabeth debout juste à côté de lui, s'essorant les cheveux tout en lui souriant.
- Il commençait à faire chaud, alors je me suis dit qu'un petit rafraîchissement te ferait du bien, se contenta-t-elle de lui dire.
- Attend un peu…
Le jeune homme se leva d'un bond, mais Annabeth l'avait vu venir et s'écarta avec agilité en riant. Une course-poursuite s'engagea alors sur la plage, Percy courant après la jeune fille qui réussissait toujours à l'esquiver. Il eut tout le temps de l'observer en la pourchassant, et ne s'en priva pas. C'était la première fois qu'il avait l'occasion de la voir en maillot de bain, et il ne put retenir un sourire de se former sur ses lèvres.
Il dut fournir quelques efforts supplémentaires avant de réussir à attraper Annabeth, qui se débattit alors qu'il la soulevait du sol et l'emportait vers les vagues. La jeune fille tenta d'échapper à sa prise jusqu'au bout, mais une fois l'eau arrivant à ses genoux, elle comprit qu'elle n'avait aucune chance de s'en sortir et le laissa faire. Il les emmena loin du rivage, jusqu'à ce que ses épaules soient immergées, puis plia les jambes, les immergeant sous l'eau. La blonde se retourna vers lui une fois ses bras l'ayant lâchée, mais elle ne fut pas libre de ses mouvements très longtemps. Deux grandes mains lui attrapèrent le visage, et elle sentit les lèvres de Percy se coller aux siennes. Ce fut le meilleur baiser sous-marin de tout les temps.
Les deux remontèrent à la surface en même temps, Percy enlaçant Annabeth au niveau de la taille alors qu'elle lui enserrait les hanches de ses jambes tout en passant ses bras autour de son cou, gardant son regard plongé dans le sien. Ils restèrent ainsi l'un contre l'autre un moment, profitant du soleil et de l'océan qui semblaient n'appartenir qu'à eux. Ils discutèrent de tout et de rien, de leurs amis, de leurs familles, de la librairie où Percy travaillait de temps en temps, du club d'escalade qu'Annabeth avait pensé intégrer dans l'année. Puis, quand ils eurent fini de discuter, le jeune homme commença à éclabousser Annabeth, et ils se chamaillèrent dans l'eau, essayant de se couler l'un l'autre, faisant des concours d'apnée. Bien sûr, le garçon les remporta tous, ce qui ne manqua pas de faire enrager Annabeth, mais elle se rattrapa quand ils retournèrent sur la plage pour jouer aux raquettes de plage.
Il fallait dire que Percy n'était pas aussi concentré quand il avait la possibilité d'admirer sa petite-amie en plein bond pour réussir à frapper la balle, et il manqua de prendre celle-ci dans la figure plus d'une fois à cause de son inattention. La jeune fille s'en rendit d'ailleurs rapidement compte, et ne se gêna pas pour jouer de ses charmes et remporter les parties, souriant et lui faisant des clins d'œil dès qu'il s'écrasait dans le sable.
- On dirait que quelqu'un n'est pas très concentré sur le jeu, souffla-t-elle alors qu'ils faisaient une pause pour boire.
- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
- Vraiment ?
La jeune fille le bouscula de la hanche en riant, et malgré la tentative de Percy pour garder un visage impassible, elle vit son regard glisser sur elle et ses joues rougir.
- Oui, vraiment, affirma-t-il en lui prenant la bouteille d'eau des mains.
- Menteur !
- Je ne mens jamais tu le sais, sourit le brun. Et en parlant de concentration, j'ai bien l'impression que c'était toi qui avait du mal à garder les yeux sur la balle !
Il lui servit son sourire en coin et croisa les bras contre le torse, essayant de faire ressortir sa musculature au maximum, ce qui ne fonctionna pas. Du moins, pas totalement. Annabeth fît mine de rester indifférente, mais elle apprécia intérieurement la stature de son petit-ami, déterminée à le faire craquer.
Haussant les sourcils, elle plaça ses mains sur ses hanches et bascula son poids sur une jambe, la tête haute, les yeux rivés sur le visage de Percy avec un air de défi. Quand il perdit de sa superbe et que son petit sourire en coin commença à s'effacer, elle sut qu'elle avait gagné, et s'approcha de lui, déposant un baiser rapide sur ses lèvres en se retenant de rire.
- Range ta langue, tu risquerais de marcher dessus, murmura la jeune fille en restant tout près de lui.
Le jeune homme laissa un petit rire s'échapper de sa bouche et passa un bras autour d'elle, retirant quelques grains de sable de son visage avec son autre main. La voir s'amuser et rire lui fît du bien, et il ne résista pas à l'envie de la serrer contre lui, lui embrassant la tempe en profitant de cette sensation de peau contre peau.
Le reste de l'après-midi passa doucement, le couple profitant des bienfaits du soleil et de l'eau salée, alternant entre baignades, jeux, discussions et moments de calme sur la plage. Ils restèrent là jusqu'à ce que l'estomac de Percy réclame de la nourriture, puis retournèrent vers le bungalow en marchant à pas lent. Sous la supervision du jeune homme, Annabeth leur prépara le repas, arborant un air concentré qui le fît beaucoup rire.
Quand ils eurent terminé de manger, le ciel commençait à prendre une teinte orangée. De la terrasse, ils pouvaient voir la plage s'assombrir, et ils ne résistèrent pas longtemps à la tentation d'aller faire une promenade sur le sable pour profiter davantage des derniers rayons de soleil.
Annabeth enfila un tee-shirt sur son maillot de bain et suivit Percy sur le sable encore chaud. Il lui avait repris sa casquette et marchait avec celle-ci vissée à l'envers sur la tête, main dans la main avec la jeune fille. Le brun avait encore de l'énergie en réserve, et peinait un peu à rester calme, ce qui faisait rire Annabeth.
- Je crois que tu as déjà assez de coquillages comme ça dans ta chambre, lança-t-elle alors qu'il scrutait le sol à la recherche de nouveaux éléments à ajouter à sa collection.
- Mais je suis sûr que je peux en trouver de nouveaux !
- J'en suis certaine, mais tu n'en as pas besoin, sourit Annabeth avant de sauter du rocher sur lequel elle s'était installée pour l'observer.
La jeune fille grimaça au moment de la réception et s'appuya de suite sur le rocher qu'elle venait de quitter, regardant sa cheville en fronçant les sourcils.
- Tout va bien ? Lui demanda Percy en s'approchant.
- C'est juste ma cheville qui me lance un peu, rien de grave.
Pour le rassurer, elle lui sourit et posa le pied à terre, tentant de s'appuyer dessus sans grand succès.
- Tu préfères qu'on rentre au bungalow pour que tu te reposes ? Proposa le jeune homme.
- Non, ça va aller je t'assure. Laisse-moi juste m'appuyer un peu sur toi pendant qu'on marche.
Percy acquiesça et lui tendit le bras, la laissant marcher tout en la surveillant, faisant attention de ne pas la bousculer. Malgré toute sa bonne volonté, Annabeth eut bientôt trop mal pour pouvoir continuer sur ses pieds, et fît s'arrêter le jeune homme. Il lui proposa à nouveau de rentrer, mais elle refusa encore une fois, voulant à tout prix voir le soleil se coucher au plus près de l'océan.
- D'accord, alors viens par ici.
- Pardon ?
- Puisque tu ne veux pas rentrer, laisse-moi te porter pour le reste de notre promenade.
- Je suis trop lourde Percy, tu ne tiendras pas cinq minutes et tu risques de te faire mal, objecta-t-elle.
- Pas du tout, sourit-il. Allez, viens sur mon dos, je vais t'emmener au bout de notre plage.
La jeune fille leva les yeux au ciel mais finit par obtempérer, grimpant sur le dos de Percy en nouant les bras autour de son cou, le laissant passer ses mains sous ses genoux pour la maintenir en place alors qu'il commençait à avancer. Annabeth lui demanda à plusieurs reprises si tout allait bien, si elle ne l'étranglait pas avec ses bras, s'il n'était pas trop fatigué de la porter, mais il se contenta de rire en continuant de marcher, et elle finit par se détendre, calant sa tête contre la sienne en regardant les vagues affluer vers eux, l'eau atteignant les chevilles de Percy. Ce dernier regardait loin devant lui, un petit sourire aux lèvres. De temps en temps, il fermait les yeux et inspirait à fond, se délectant de l'embrun porté vers eux par la brise marine. Ils avançaient en silence depuis un moment quand le jeune homme prit la parole.
- Annabeth ?
- Hum ? Fît-elle en se redressant un peu.
- Est-ce que tu veux bien me raconter quelque chose ?
- D'accord, mais qu'est-ce que tu veux que je te raconte ?
- Ce que tu veux, un conte, une histoire, une fable, peu importe du moment que ça se termine bien.
La jeune fille rit doucement avant de reposer son menton sur son bras.
- Tu es au courant que la quasi-totalité de ces récits finissent mal ? C'est fait exprès pour que tu ne veuilles pas faire comme les personnages et que tu tiennes correctement.
- Je suis sûr qu'il existe au moins une histoire qui se finit bien et que je ne connais pas encore.
Annabeth fronça les sourcils, se concentrant en cherchant dans ses connaissances une histoire avec une fin heureuse que Percy serait susceptible de ne pas connaître. Après un instant de réflexion, elle trouva quelque chose qui correspondait à ce qu'il voulait.
- Tu connais l'histoire de Pygmalion ?
- Je ne crois pas non, répondit le brun.
- Pygmalion était un habitant de l'île de Chypre, un haut-lieu de culte pour Aphrodite. Il était également reconnu comme l'un des plus grands sculpteurs de son époque, et tout le monde s'émerveillait devant ses œuvres plus vraies que nature. Cependant, ce sculpteur n'avait pas d'épouse, il se riait de tout les hommes mariés et n'éprouvait que du dégoût pour les femmes, qu'il jugeait pleine de vices et de défauts. Assez ironiquement, sa plus belle création était une statue en ivoire représentant une femme, qu'il avait passé des jours et des jours à peaufiner jusqu'à atteindre la perfection. On disait que la beauté d'aucune femme ni d'aucune statue ne pourrait jamais égaler celle de la statue de Pygmalion, qu'on prenait souvent pour une femme véritable. C'est à ce moment que le sort le rattrapa : lui qui avait toujours méprisé les femmes devînt le plus épris des hommes. Jamais à Chypre on ne vit quelqu'un souffrir autant par amour que Pygmalion pour la jeune fille d'ivoire. Ses baisers ne trouvaient pas de réponses, ses caresses la laissaient insensible, tout comme se étreintes. Il la couvrit de cadeaux, l'habillant des plus beaux tissus, la paraît des bijoux les plus somptueux, lui offrait des fleurs, des oiseaux, des coquillages, des pierres précieuses, tout ce qui plaisait tant aux jeunes filles. Mais malgré tout ses efforts, Pygmalion se rendit à l'évidence : il aimait un objet qui ne pourrait jamais lui rendre son amour.
- Je voulais une histoire qui se termine bien, se plaint Percy en s'arrêtant de marcher, tournant la tête pour voir le visage d'Annabeth.
- Laisse-moi finir, sourit-elle, l'incitant à reprendre leur périple sur le sable.
Faisant une petite moue, le jeune homme recommença quand même à marcher, attendant en silence qu'elle reprenne son récit.
- Le temps fut venu pour Chypre de fêter Aphrodite, sa protectrice qui jadis avait posé le pied sur l'île après sa naissance. Pygmalion se rendit dans l'un des temples consacré à la déesse et la pria, comme tant d'autres amoureux éconduits. N'osant en demander trop, il la pria de lui donner une femme pareil à sa statue. Aphrodite, qui avait été intriguée par cet amour particulier, comprit ce que Pygmalion voulait vraiment, et laissa trois fois une flamme s'élever depuis l'autel du temple en signe de bon augure. Ne sachant trop comment interpréter ce signe, le sculpteur rentra chez lui, rejoignant sa statue. Il la caressa, et recula de stupéfaction, n'osant croire en la tiédeur qu'il avait ressenti sous ses doigts. L'espoir le poussa vers la jeune fille d'ivoire, et il l'embrassa, sentant ses lèvres s'adoucir sous les siennes. Pygmalion passa ses mains sur les épaules et les bras de sa statue, et l'ivoire se changea en chair à son toucher. En lui prenant le poignet, il sentit son pouls, et comprit qu'Aphrodite avait réalisé son souhait. Prenant celle qu'il aimait dans ses bras, il remercia la déesse, se délectant du sourire et des rougeurs sur le visage de celle qu'il nomma Galathée. Aphrodite présida à leur mariage, et neuf lunes plus tard, leur fils naquit. Celui-ci donna son nom à la cité favorite de la déesse : Paphos.
- Comme quoi, Aphrodite peut aussi se montrer gentille quand elle veut, sourit Percy en suivant un chemin sinueux vers des rochers.
Ils arrivèrent sur la pointe de la plage, surélevée par rapport au niveau de l'eau, permettant d'avoir une vue dégagée jusqu'au bungalow et après. Percy s'assit en gardant Annabeth dans son dos, s'appuyant sur elle une fois qu'elle fut installée. La jeune fille le laissa s'avachir sur elle, utilisant ses jambes comme des accoudoirs alors qu'elle reposait sa tête sur son épaule, regardant le soleil sombrer dans l'océan à l'horizon. Il s'amusa à dessiner des formes sur ses jambes tout en lui racontant des anecdotes de vacances, comme la fois où il avait voulu plonger depuis les rochers et qu'il s'était ouvert le pied, ou la fois où Léo était venu passer une semaine avec eux durant l'été et où ils avaient fait un feu de camp tellement gros que les pompiers étaient venus après un appel leur rapportant un début d'incendie. Il lui raconta aussi le concours de celui qui mangeait le plus de pancakes auquel il avait participé contre Piper, et comment elle avait gagné, ainsi que la fois où ils étaient partis explorer un coin de la plage et où elle avait hurlé en voyant un crabe foncer sur elle.
- J'espère qu'on aura un été aussi amusant que ça, rit Annabeth en regardant leurs mains jointes devant Percy.
- Il sera encore meilleur que tout les autres étés, tu verras !
Le sourire éclatant qu'il lui servit fit bondir son cœur dans sa poitrine, et elle le laissa l'embrasser avec plaisir.
- On fera des balades dans les bois un peu plus loin, histoire d'explorer les alentours, ça va être génial, murmura-t-il. Tu aimes camper ?
- Je campe depuis que je suis toute petite.
- Ah bon ?
- Mon père m'envoyait en colonie de vacances tout les ans quand on habitait en Californie. J'attendais toute l'année pour y aller, j'adorais les moments que je passais là-bas.
- Comment ça se fait que je ne l'ai jamais su ? Demanda Percy.
- Il faut toujours garder une part de mystère, lui répondit la blonde en lui faisant un clin d'œil.
Le garçon rit doucement, et la vibration remonta le long du corps d'Annabeth, restée collée à son dos. Il réajusta sa position pour pouvoir mieux voir son visage, et le détailla du regard sans rien dire, faisant presque rougir la jeune fille.
- Qu'est-ce que tu faisais au camp ? Finit-il par dire.
- Beaucoup de choses. J'y ai appris les bases de l'escalade par exemple. On a aussi essayé de m'apprendre quelques recettes de pâtisserie, mais j'ai rapidement arrêté. Je crois que la cuisine, ce n'est vraiment pas fait pour moi.
- Tu avais des amis là-bas ?
- Quelques-uns, mais pas beaucoup. J'étais la plus jeune du camp, et j'étais déjà très têtue. Certains n'appréciaient pas de se faire reprendre pas une gamine, d'autres ne faisaient pas vraiment attention à moi, on me prenait un peu pour la mascotte.
Percy tenta de l'imaginer à six, sept ou huit ans, les poings serrés sur les hanches, la mine boudeuse, prouvant à quelqu'un de deux fois plus âgé qu'elle avait raison. Cette idée le fit sourire, et il tendit la main vers une boucle de cheveux blonds.
- Tu es allée là-bas jusqu'à quel âge ?
- Jusqu'à mes treize ans.
- Tu m'aurais détesté si on s'était rencontrés à ce moment, rit-il.
- Peu importe notre âge à notre première rencontre, je crois que je ne t'aurais jamais apprécié au premier regard, lui rétorqua-t-elle.
- Je comprends, accepter d'avoir un coup de foudre pour un être aussi parfait que moi, ça ne doit pas être simple, peu importe l'âge.
Annabeth le délogea et le poussa en riant, le laissant rouler sur sable. Le jeune homme se mit sur le dos en riant à son tour avant de tourner la tête vers la blonde, les yeux brillant de malice.
- Dois-je te rappeler que c'est toi qui a eu le coup de foudre pour moi, et non l'inverse ?
- C'est ce que tu dis, mais on sait tout les deux que tu craquais sur moi dès le début, s'amusa le brun.
- Tu racontes n'importes quoi…
- Ah oui ? Pourtant je me souviens très bien de la fois où tu es venue pour faire des photos au gymnase pour ton article dans le journal du lycée. Et je me souviens encore mieux de la façon dont tu m'as regardé.
- L'éclairage te rendait agréable à regarder, c'est vrai…Admit-elle.
Percy sourit devant ce demi-aveu et lui fit un clin d'œil avant de recevoir une tape sur l'épaule, ce qui accentua son amusement. Annabeth leva les yeux au ciel, mais il voyait bien qu'elle s'amusait autant que lui.
- Piper m'a dit qu'elle t'avait surprise à regarder une des photos faite ce jour-là plusieurs fois.
- La traîtresse…
- Tu devrais plutôt lui dire merci, objecta-t-il avec amusement, si elle ne m'avait pas raconté tout ce qu'elle avait vu et entendu venant de toi et me concernant, je n'aurais sans doute jamais osé faire le premier pas.
- Qui aurait pu penser que le grand Percy Jackson était un grand timide ? Le taquina-t-elle en se redressant.
Occupés qu'ils étaient à discuter et à se chamailler comme des enfants, aucun des deux ne se rendit compte que la nuit était tombée, et que la lune commençait son ascension dans le ciel à la place du soleil. Annabeth réalisa que la journée était terminée quand une bourrasque la fit frissonner, et elle se réprimanda de ne pas avoir prit quelque chose d'autre qu'un tee-shirt pour lui tenir chaud. Réalisant à son tour que l'obscurité commençait à les envelopper, Percy se releva et enleva un peu du sable qu'il avait dans les cheveux et dans le dos, avant de tendre sa main vers la blonde.
- Je crois qu'il est l'heure de rentrer, l'invita-t-il.
La pause qu'ils avaient fait sur les rochers sableux avait fait du bien à la cheville d'Annabeth, qui réussit à s'appuyer dessus sans trop de douleur. Ils s'en retournèrent lentement, continuant de se chamailler sur le chemin menant au bungalow. Une fois arrivés, le brun fonça vers la salle de bain, prenant sa douche en laissant la jeune fille s'asseoir sur la terrasse avec un livre. Elle eut du mal à se concentrer sur ce qu'elle lisait, trop amusée par les chants de Percy qui lui parvenaient, et eut encore plus de mal à garder son sérieux quand il réapparut auprès d'elle en short et tee-shirt, les cheveux encore humides.
- La place est libre ! Fit-il en se laissant tomber sur une chaise à côté d'elle.
Annabeth hocha de la tête sans rien dire, ce qui attisa la curiosité du jeune homme. Il tourna la tête vers elle et fronça les sourcils.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Oh rien, se contenta-t-elle de répondre en se levant, refermant son livre, je suis juste contente de savoir que mon petit-ami connaît toutes les chansons de la Petite Sirène.
Elle déposa ensuite un baiser rapide sur la bouche du garçon et s'en alla à pas légers vers la salle de bain, prenant soin de bien s'occuper de ses cheveux maltraités par le soleil, l'eau salée et le sable. Annabeth laissa l'eau couler sur elle de longues minutes, se rendant compte avec plaisir que les tensions dans son dos et sa nuque avaient disparues.
La jeune fille prit tout son temps, observant son nouveau bronzage dans le miroir en démêlant ses boucles. Elle prenait facilement le soleil, après tout, c'était une californienne. N'empêche, ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas pris le temps d'apprécier les choses simples, comme lire quelque chose d'autre que ses fiches, ou rester à l'extérieur plus de dix minutes.
C'est donc totalement relaxée qu'elle ressortit de la pièce, traversant le salon à la recherche d'un gilet ou d'un sweat-shirt pour se couvrir.
- Est-ce que tu aurais pris un sweat avec toi par hasard ? Fit-elle en passant la porte par l'encadrement de la porte d'entrée.
- Regarde dans mon sac !
Filant vers la chambre, elle trouva le sac du jeune homme et l'ouvrit, en quête du vêtement.
Occupé à se balancer dans le hamac, le brun jouait paisiblement avec un rubik's cub qu'il avait retrouvé un peu plus tôt par hasard, quand il entendit à nouveau la voix d'Annabeth.
- Percy, est-ce que tu peux venir s'il te plaît ?
- J'arrive, ne t'inquiète pas l'araignée a sans doute plus peur de toi que toi d'elle…
Il avait supposé qu'elle était restée dans la chambre à cause de ça, car il ne voyait pas pourquoi elle aurait besoin de lui sinon, mais le jeune homme se figea net sur le pas de la porte et comprit de suite de quoi il s'agissait. Une bouffée de panique s'empara de lui alors que ses yeux restaient fixés sur la boite qu'Annabeth tenait entre ses mains.
- Avant que tu ne dises quoi que ce soit, commença-t-il, je tiens à préciser que je n'avais aucune idée derrière la tête en nous emmenant ici pour le week-end.
La jeune fille lui sourit pour le rassurer.
- Je m'en doute, je veux juste qu'on discute tout les deux.
- D'accord.
Restant très raide dans ses mouvements, il s'approcha du lit sur lequel Annabeth était assise et prit place à côté d'elle, regardant devant lui en priant pour que le feu qu'il ressentait au niveau de ses joues et de sa nuque ne soit pas trop voyant.
- C'était juste au cas-où, pour être sûr qu'il ne nous arrive rien qu'on ne voudrait pas, bredouilla-t-il.
- On n'en a jamais vraiment parlé, souffla-t-elle, je m'en rends compte maintenant.
Le jeune homme laissa un rire nerveux lui échapper et se passa la main dans la nuque.
- En même temps ce n'est pas un sujet très facile à aborder.
- Ça ne devrait pas être aussi compliqué, surtout pour nous.
Percy sentit les doigts de la jeune fille s'entrelacer aux siens, et tourna la tête vers elle, réussissant enfin à garder ses yeux dans les siens.
- Niveau sujet compliqué à aborder, je crois qu'on a fait le tour, sourit-elle.
- C'est vrai qu'on a de la pratique là-dessus.
Annabeth se rapprocha encore de lui et l'embrassa en passant sa main libre sur sa joue, ce qui l'aida à se détendre. Quand elle se recula, il se sentait plus serein, prêt à discuter. Le souci, c'est qu'il ne savait pas par où commencer, ni s'il devait commencer ou laisser Annabeth parler en première.
- Tu y as déjà pensé ? Finit-elle par lui demander.
- Euh, je…
A peine calmé, Percy se retrouva de nouveau pris de panique. La vérité, c'était que l'idée lui était déjà passée par la tête plus d'une fois, mais qu'il craignait trop de brusquer Annabeth pour tenter quoi que ce soit sur ce terrain.
- Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponses, ne t'inquiète pas, tempéra la blonde en réprimant un rire devant sa mine apeurée.
- Oui, admit-il enfin.
- Moi aussi, à plusieurs reprises…
Son aveu surpris le jeune homme, qui la fixa avec les sourcils légèrement haussés.
- Ne me regarde pas comme ça, dit-elle en détournant le regard, les pommettes rosées.
- Pardon, mais je ne pensais pas que tu puisses penser à ça, avoua-t-il.
- Ah oui ? Et pourquoi ?
- Je… Je ne sais pas, je ne pensais pas que quelqu'un d'aussi intelligent que toi pourrait avoir ce genre de pensées…
Son air penaud fit rire la jeune fille, qui joua avec leurs mains entrelacées.
- L'intelligence n'a rien à voir avec ça, c'est plutôt une question d'hormones. Je ne t'apprends rien en te disant que tu es très séduisant, et j'ai tendance à laisser mes pensées… divaguer quelquefois. Et puis, il y a aussi le fait que je t'aime.
Comme chaque fois qu'elle le lui disait, Percy sentit son cœur faire un petit bond dans sa poitrine, et il déposa un baiser sur son front.
- Moi aussi je t'aime, murmura-t-il en caressant du pouce la main de la blonde.
Annabeth resta silencieuse après ça, se mordillant la lèvre, semblant hésiter à parler. Le jeune homme resta immobile, l'observant, notant sa peau caramélisée contrastant avec ses cheveux blonds.
- Tu as envie de le faire ?
Cette fois-ci, Percy attendit avant de prendre la parole, ne voulant pas bredouiller encore une fois.
- Il n'y a pas d'urgence tu sais, je ne veux pas te forcer la main à faire quoi que ce soit, et surtout pas ça. Je veux être sûr que tu te sentes complètement prête, ça ne me dérange pas du tout d'attendre, je suis très heureux avec toi sans qu'on fasse autre chose dans un lit que dormir ensemble.
- Ce n'est pas la question, répliqua-t-elle.
Lentement, Annabeth s'installa à califourchon sur les genoux du jeune homme, ne le lâchant pas du regard un instant, nouant ses mains autour de son cou en approchant leurs visages. Comme hypnotisé, Percy alla vers elle, l'entourant de ses bras, la serrant contre lui en répondant à son baiser.
- Est-ce que tu as envie de le faire ? Articula à nouveau Annabeth en reprenant son souffle.
N'arrivant pas à parler, le jeune homme hocha de la tête, et la blonde se pencha à nouveau sur sa bouche, entre-ouvrant les lèvres alors qu'il plongeait la main dans ses cheveux. Leurs baisers devenaient plus insistants, exigeants, mais il ne voulait pas lâcher totalement prise avant d'être sûr que c'était ce qu'Annabeth voulait aussi.
- Dis-moi que tu fais ça parce que tu en as envie, et pas pour me faire plaisir, susurra-t-il entre deux baisers.
- J'en ai envie Percy.
Son regard gris perçant était plus sombre que d'habitude, mais aucun doute n'y planait. Annabeth attrapa le bas du tee-shirt du jeune homme et le remonta, lui ôtant le vêtement avant de poser les mains à plat contre son torse. Percy se demanda si elle pouvait sentir la vitesse de son pouls au moment-même, mais son cerveau court-circuita quand il sentit les lèvres de la jeune fille dans son cou. Se concentrant sur la multitude de sensations qui l'envahissait, il laissa un petit gémissement lui échapper avant de ramener le visage d'Annabeth au niveau du sien. Sans s'arrêter de l'embrasser, il passa les mains sous son débardeur, et ne s'écarta que le temps de le lui enlever.
Il se laissa aller contre ses lèvres, ses mains glissant sur sa peau alors qu'elle passait les doigts dans ses cheveux. Percy se leva, la gardant contre lui le temps de la coucher sur le lit avant de la couvrir de son corps, laissant ses instincts prendre le dessus et le guider alors qu'elle nouait les jambes autour de ses hanches.
Aux premières lueurs du jour, Annabeth battit des paupières et inspira profondément, souriant en sentant les bras de Percy autour de sa taille et son souffle dans sa nuque. Elle ne bougea pas d'un millimètre, mais le jeune homme sembla sentir qu'elle était réveillée, et émergea à son tour, resserrant son étreinte autour de son corps. Elle frissonna quand il l'embrassa sur l'épaule, puis se retourna pour lui faire face.
- Ça va ? Demanda-t-il de sa voix rauque encore ensommeillée.
Vraiment, Percy était à tomber au réveil.
- Mieux que jamais, murmura-t-elle en suivant le contour de son visage du bout de l'index. Et toi ?
- On ne peut mieux.
Il laissa une de ses mains effleurer son dos, l'autre venant enserrer le poignet d'Annabeth avant de lui embrasser la paume sans un mot, la contemplant de son regard lumineux. De tout les réveils qu'elle avait pu avoir à ses côtés, c'était son préféré.
Le couple resta allongé sous les draps un bon bout de temps, effleurant la peau de l'autre en se souriant, jusqu'à ce que le ventre de Percy ne se mette à gargouiller. La blonde rit doucement alors qu'il se laissait aller sur le dos en soupirant, maudissant son estomac de s'être manifesté à cet instant.
- Bon, je vais aller nous préparer le petit-déjeuner, fit-il en sortant du lit, cherchant de quoi s'habiller, prend tout ton temps, je t'appellerai si jamais tout est prêt et que tu n'es pas encore là.
Annabeth acquiesça en lui souriant, son sourire s'accentuant quand il lui embrassa la tempe avant de filer en cuisine, lui laissant le temps de se préparer pour une nouvelle journée.
Avec une synchronisation quasi-parfaite, elle arriva sur la terrasse au moment où Percy déposait les derniers pancakes dans son assiette. Comme chaque fois qu'il cuisinait, tout était délicieux, et ils engloutirent absolument tout en un temps record.
La journée passa extrêmement vite pour eux sur la plage, le temps filant bien plus rapidement qu'ils ne l'auraient voulu, et quand ils se retrouvèrent étendus dans le hamac alors que leur séjour touchait quasiment à sa fin, une seul pensée occupait l'esprit d'Annabeth.
- Tu sais Percy, tu avais raison, sourit-elle en admirant l'océan. Cette surprise était absolument géniale.
Bonjour à tous ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes et vous souhaite une bonne année !
Une fois n'est pas coutume (malheureusement), je m'excuse pour le temps d'attente que je vous ai fait subir et espère que ça a valu le coup. J'aimerais aussi profiter de cette note pour rappeler rapidement quelque chose : je ne suis pas une écrivaine professionnelle. Je sais que ça parait évident dit comme ça, mais je dois avouer avoir été un peu blessée par le dernier commentaire qu'on m'a laissé sur le dernier chapitre publié. Bien sûr, je comprends que vous soyez frustrés à cause du temps passé à attendre entre deux chapitres, et je vous assure que je fais mon possible, mais j'ai également des études, une famille, des amis, bref toute une vie à mener à côté. Je ne suis pas payée pour publier cette fanfiction, je vous partage ce que j'écris avec plaisir, mais ça reste pour le moment une passion et non un métier. Je suis plus qu'au fait du retard que j'accumule entre la publication de deux chapitres, et ça me frustre autant que vous, mais je n'ai pas d'autre choix que de m'adapter à mon emploi du temps, ce qui freine grandement ma progression. Je voulais donc juste rappeler que mon retard n'est pas intentionnel et que je fais du mieux que je peux.
Je profite également de cette publication pour remercier toutes les personnes qui continuent de me suivre et qui me soutiennent, vous arrivez à me donner l'énergie nécessaire pour continuer d'écrire et finir Plus que ça.
J'ai vu que quelques personnes se demandaient ce que j'allais faire une fois cette fanfiction terminée, voici la réponse : je travaille toujours sur la structure du sequel, et je pense publier des OS entre la fin de Plus que ça et le début de la suite, histoire que vous ayez toujours quelque chose de moi à lire.
Voilà, merci à ceux qui auront prit le temps de lire cette note assez longue, c'est tout pour le moment, je vous dis à bientôt pour le dernier chapitre !
