Koki finissait de prendre son petit déjeuner quand il entendit des pas feutrés sortir de la chambre. En se retournant, il découvrit Kazuya, l'air encore endormi et la démarche hésitante.
- Tu n'étais pas obligé de te lever, remarqua-t-il gentiment.
- Je sais, mais j'avais envie, répondit simplement le jeune joueur en s'asseyant à côté de lui. Et puis j'ai toute la journée pour me reposer.
- Tu ne vas pas t'ennuyer ?
- Non ça ira, ne t'inquiète pas. Et puis je vais sûrement rentrer chez moi.
- Hein ? s'exclama Koki.
- Oui, ça me gêne de te piquer tout le temps tes affaires, alors je vais aller chercher les miennes.
Koki dissimula un soupir de soulagement. Il ne savait pas pourquoi, mais l'idée de le laisser rentrer chez lui lui déplaisait, même s'il savait qu'il ne pourrait rester éternellement ici. Pourtant il s'était tellement habitué à sa présence qu'il avait l'impression d'avoir vécu avec lui depuis toujours. Le jour où il partirait, il se sentirait certainement très seul. Mais chassant ces pensées, il se releva et alla fouiller dans un petit meuble de l'entrée avant de revenir vers lui.
- Tiens, c'est les clés de l'appart. N'oublie pas de fermer si tu sors.
- Hm, ne t'inquiète pas. Merci, répondit Kazuya avec un sourire.
Koki le lui rendit et retourna dans l'entrée pour enfiler son blouson et ses chaussures. Il était l'heure de partir au travail.
- Surtout fait comme chez toi. Si tu t'ennuies tu peux prendre un bouquin ou regarder un DVD, lui recommanda-t-il une dernière fois.
- D'accord. Passe une bonne journée.
- Merci, toi aussi, et n'oublie pas de fermer derrière moi, répondit Koki avant de disparaitre dans le couloir.
En refermant la porte, le jeune technicien posa sa main sur son cœur. Pourquoi battait-il tout à coup un peu plus vite alors que rien d'inhabituel ne s'était passé ? Kazuya lui avait simplement souhaité une bonne journée, alors pourquoi réagissait-il ainsi ? Il passa nerveusement sa main dans ses cheveux et descendit les escaliers avant de prendre la direction du garage. Comme il était partit là, son ami occuperait certainement ses pensées une bonne partie de la journée.
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Après le départ de Koki, Kazuya était retourné se coucher. Il ne s'était réveillé que bien après l'heure du déjeuner et avait renoncé à en prendre un. Il se prépara donc tranquillement, et tout en prenant sa douche, il eut une idée. Il ne traina pas une fois sortit de la salle de bain. Il quitta rapidement l'appartement et se dirigea vers le quartier commerçant, de l'autre côté du pont. Il eut un moment d'hésitation avant de l'emprunter, mais il n'avait pas le choix s'il voulait faire ce qu'il avait prévu, alors il trouva le courage pour le traverser. Une fois de l'autre côté, il ralentit le pas et remonta la rue marchande tout en se remémorant la fois où il y était venu avec son ami. Un sourire se dessina sur ses lèvres en repensant aux cadeaux qu'il lui avait faits, et sa main alla jouer machinalement avec son collier. Koki était vraiment gentil avec lui, et il lui était reconnaissant pour ça. Il avait honte de ne pas pouvoir exprimer sa gratitude autant qu'il l'aurait souhaité. C'était pour cela qu'il avait eu cette idée. Comme la veille avec le bento. Plutôt que par les mots, il le remercierait par les gestes. Et par ce qu'il savait faire de mieux, hormis peut-être le baseball.
Il passa de longs instants à choisir les meilleurs produits, et une fois tout ce dont il aurait besoin en sa possession, il fit un détour par la boutique d'occasions. C'était un endroit qui lui avait tapé à l'œil et comme Koki semblait également l'apprécier, c'était tout naturellement qu'il y était entré. Il en fit plusieurs fois le tour, se demandant ce qui ferait le plus plaisir à son ami. Il revenait une nouvelle fois près du comptoir où se trouvaient les bijoux quand son attention fut attirée par le propriétaire qui installait de nouveaux articles. L'un d'entre eux en particulier, un collier. Il était un peu original, mais quelque chose lui disait qu'il l'aimerait sûrement. Il s'empressa alors de demander quelques renseignements à l'homme, qui lui apprit qu'il s'agissait d'une pièce unique au Japon. Le collier était constitué d'un aigle aux ailes déployées en argent et à la tête en plaqué or. Il était monté sur une lanière de cuir sur laquelle étaient enfilées des perles rouges et bleues. Il n'hésita pas plus longtemps et l'acheta, même si le prix était un peu élevé. Mais avec son salaire, il pouvait bien se le permettre. Et puis c'était pour Koki alors le prix importait peu.
Son nouvel achat en poche, il reprit la rue en sens inverse et traversa le pont le cœur un peu plus léger, les pensées occupées par ce qu'il préparait à son ami. Ce n'est que de l'autre côté qu'il se rappela qu'il devait passer par chez lui. Il continua alors tout droit au lieu de tourner à gauche, et après un petit quart d'heure de marche, il arriva en vue de son appartement. Il était un peu vieillot mais il l'aimait beaucoup. Il faisait partie d'un petit immeuble d'à peine dix logements, la plupart inoccupés. En avançant un peu plus, son regard se posa sur deux hommes qui semblaient attendre quelqu'un au pied du vieil escalier en bois. Son sourire se figea quand il les reconnut, mais il ne pouvait plus faire demi-tour, ils l'avaient vu. N'ayant pas d'autre choix, il se dirigea lentement vers eux, s'attendant au pire.
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- Je suis rentré ! s'exclama joyeusement Koki en ouvrant la porte de son appartement.
Il avait attendu ce moment toute la journée et ne pouvait se retenir de sourire. Et celui-ci s'élargit encore plus quand une bonne odeur lui envahit les narines.
Kazuya l'accueillit lui aussi avec un sourire quand il arriva dans la cuisine. Il semblait faire les derniers préparatifs.
- C'est gentil mais tu n'étais pas obligé, remarqua Koki malgré tout un peu gêné.
-Je te dois bien ça, et puis ça m'a occupé. Installe-toi, répondit Kazuya en lui indiquant un siège devant le bar sur lequel il avait mis la table.
- Oh, comme au restaurant ! s'amusa le jeune technicien.
- Bah oui, qu'est-ce que tu crois, répondit Kazuya sur le même ton.
Il se retourna pour vérifier une dernière fois sa préparation et s'apprêtait à refermer le couvercle quand il suspendit son geste.
- Mais tu as déjà dû comprendre ce que c'était, ajouta-t-il sur un ton boudeur.
- Oui, c'est une odeur caractéristique, répondit Koki qui avait reconnu celle du curry. Mais peu importe, je ne sais toujours pas quel goût il va avoir.
- C'est vrai… et j'ai hâte d'avoir ton avis.
- C'est ta spécialité ?
- On peut dire ça oui, approuva Kazuya tout en préparant les assiettes.
Une fois celles-ci remplies, il les apporta sur le bar et s'assit à côté de son ami. D'un geste, il l'invita à commencer et Koki ne se fit pas prier, alléché par l'odeur appétissante qui se dégageait de son assiette. Il en prit une bouchée et s'exclama aussitôt de bonheur.
- C'est super bon !
- Vraiment ? répondit Kazuya qui sembla à la fois soulagé et heureux.
- Hm, confirma Koki en continuant à manger. C'est quoi qui fait le goût un peu sucré ?
- De la pomme.
- Ah, je ne mets jamais de pomme quand j'en fais-moi. Mais c'est vraiment meilleur comme ça.
Kazuya ne répondit rien, mais un grand sourire illuminait son visage. Il était content, cela semblait lui faire vraiment plaisir. A son tour, il attrapa sa cuillère et commença à manger.
- Alors ça s'est bien passé ta journée ? Tu ne t'es pas trop ennuyé ?
Le jeune joueur stoppa ses gestes un instant et une ombre passa sur son visage.
- Oui je n'ai pas vu le temps passer, répondit-il avant de prendre une nouvelle cuillerée.
Koki le regarda un instant sans rien dire. Il avait vu son trouble, et il se demandait ce qu'il avait bien pu se passer. Est-ce qu'au contraire il avait trouvé le temps long ? Peut-être qu'étant seul il avait pensé à toutes sortes de choses ? Cependant, il ne lui posa aucune question, comprenant qu'il n'avait peut-être pas envie d'en parler.
- Tu es passé chez toi ?
Cette fois-ci, Kazuya n'essaya même pas de cacher son malaise. Il reposa sa cuillère dans son assiette et fixa celle-ci avec obstination.
- Oui, j'ai pris quelques affaires, répondit-il finalement d'une voix un peu forcée.
- Il s'est passé quelque chose ? demanda Koki, inquiet.
- Non, rien du tout, qu'est-ce que tu veux qu'il se soit passé ? dénia-t-il en relevant les yeux vers lui.
- Je ne sais pas, je disais juste ça comme ça, répondit Koki.
Il s'était définitivement passé quelque chose. Le comportement de Kazuya le prouvait. Mais il disait aussi qu'il n'avait pas envie d'en parler, alors Koki n'insista pas. Il croisa une nouvelle fois son regard, et il y discerna clairement une ombre qui n'était pas là la veille. Le même genre d'ombre qu'il avait vu le jour où il l'avait empêché de sauter, à la différence que celle-ci semblait enfouie dans son cœur, comme s'il menait un combat avec elle pour ne pas qu'elle envahisse tout son être.
- Tout va bien, murmura Kazuya, les yeux à nouveaux fixés sur son assiette.
Il semblait triste et paraissait vouloir se rassurer lui-même par ses propres mots. Koki ne savait pas trop quoi faire pour l'aider. Il ne savait pas vraiment ce qu'il se passait, et ce n'était pas comme s'ils se connaissaient depuis longtemps non plus. Même s'ils avaient passés les derniers jours ensemble, il y avait encore tant de mystères entourant son ami…
- Tu n'es plus seul, ne l'oublie pas, lui rappela-t-il alors simplement.
- Hm, merci, répondit Kazuya en retrouvant un timide sourire.
Ils ne parlèrent plus pendant quelques temps et continuèrent de manger. Une fois leurs assiettes vidées et leurs estomacs remplis, Kazuya insista pour débarrasser. Koki le regarda s'affairer dans la cuisine. Il devait lui dire quelque chose, mais après ce qu'il venait de se passer, il avait peur de sa réaction.
Quand il revint vers lui et qu'il posa devant lui une assiette contenant une magnifique part de gâteau, l'ambiance retrouva un peu de légèreté et il hésita encore plus à lui parler. Pourtant il n'avait pas le choix. Il attendit qu'ils aient fini le dessert, que Kazuya avoua avoir acheté, avant de se décider.
- J'ai quelque chose à te dire Kazuya, commença-t-il.
Celui-ci reposa son assiette qu'il s'apprêtait à débarrasser et tourna un regard interrogateur vers lui.
- Tout à l'heure j'ai pris rendez-vous avec le médecin.
Il vit Kazuya se figer alors il s'empressa de continuer.
- Il avait dit vouloir te voir avant de t'autoriser à reprendre le travail.
- Mais je suis guérit, je ne pense pas que ce soit nécessaire…, remarqua son ami.
- Je pense que ce n'était pas vraiment pour ton état physique qu'il voulait te revoir, tenta-t-il maladroitement de lui faire comprendre.
- Oh…
- Mais c'est juste pour s'assurer que tout va bien tu sais, ce n'est pas vraiment important.
- Hm, c'est bon je comprends, répondit Kazuya. Il vient demain ?
- Oui, à 15h.
- D'accord.
Il n'ajouta rien et se releva pour de bon pour débarrasser la table. Koki l'observa un moment de sa chaise, mais il ne semblait pas trop perturbé par la nouvelle, et il ne savait plus trop quoi penser. Il aurait cru que la perspective de devoir retourner au travail l'aurait déstabilisé plus que ça, mais après tout c'était mieux ainsi. Rassuré, il se leva à son tour et l'aida à faire la vaisselle.
Tout en nettoyant les assiettes, Kazuya repensait à ce que Koki venait de lui dire. Il avait toujours su qu'il allait devoir y retourner, mais il n'y avait jamais vraiment pensé plus que ça. Il ne savait pas lui-même comment il réagirait. Pour l'instant, cela paraissait tellement éloigné qu'il ne le redoutait pas. Et il n'avait pas envie d'y réfléchir, pas encore. Il voulait profiter de ces derniers instants de bonheur éphémères. Parce qu'il savait qu'une fois là-bas, tout recommencerait. Il avait peur de leur faire à nouveau face. Il n'avait jamais raconté à Koki ce qu'il s'était passé ce jour-là, et il ne s'en sentait pas prêt. Il ne savait pas jusqu'où ces hommes seraient capable d'aller et il avait peur. Même si avant peu lui importait de mourir, maintenant il avait Koki. Il ne voulait pas lui faire de peine.
Sentant son cœur commencer à se serrer douloureusement à ces pensées, il tenta de les chasser de son esprit et se concentra sur ce qu'il faisait. Dans un silence presque complet, il regagna ensuite la chambre pendant que Koki utilisait la salle de bain. Avec tout ça il n'avait pas trouvé le bon moment pour lui offrir le collier. Et maintenant, il n'en n'avait plus le courage. Il déposa alors le petit paquet cadeau dans le sac qu'il avait ramené de chez lui puis se coucha. Il ne réagit pas quand il entendit Koki revenir dans la chambre. Il était perdu dans ses pensées. Koki était en train de prendre une place bien trop importante dans sa vie et il savait qu'il devrait s'en détacher. Et le plus tôt serait le mieux.
Koki se coucha à son tour en silence. Il regarda en direction de son ami, mais celui-ci avait les yeux fermés. D'habitude, il venait toujours se blottir contre lui, mais aujourd'hui il ne réagit même pas. De plus en plus inquiet, le jeune technicien se demanda une nouvelle fois ce qu'il pouvait bien faire pour aider son ami. Cependant il n'avait aucun indice et il se sentait inutile. Il avait l'impression qu'il était en train de le perdre, comme si un vide était en train de se creuser entre eux. Un vide qui risquerait d'engloutir Kazuya pour de bon. Il décida alors de prendre l'initiative. Il se rapprocha de son ami qui lui tournait le dos. Il le sentit se figer quand il le frôla et qu'il passa un bras qu'il voulait rassurant autour de sa taille. Il cala sa tête contre la sienne et se contenta de lui souhaiter une bonne nuit. Après plusieurs minutes, Kazuya lui répondit enfin et il se détendit. Il attendit que son souffle soit régulier et apaisé avant de fermer lui aussi les paupières et de chercher le sommeil. Même s'il ne savait pas quoi faire, il espérait que sa présence permettrait à Kazuya de tenir le coup. Après de longues minutes silencieuses, il s'endormit finalement, resserrant inconsciemment le corps de son ami contre le sien.
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Le lendemain matin, Kazuya ne se leva pas avant qu'il ne parte au travail. Il dormait encore profondément alors Koki lui laissa un petit mot près du lit, lui souhaitant une bonne journée et lui rappelant le rendez-vous avec le médecin. Il partit de l'appartement les pensées toutes occupées par Kazuya.
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- Koki ? Oh Tanaka !
- Hein ? Quoi ? se réveilla-t-il enfin.
- Le chef t'appelle.
- Ah oui, merci.
Il tendit son outil à son collègue et se dirigea vers Miura-san qui se tenait un peu plus loin. Il se demandait ce qu'il pouvait bien lui vouloir et il espéra que cela n'était pas en rapport avec son attitude distraite de la journée.
- Qu'est-ce qu'il y a chef ? demanda-t-il une fois arrivé à sa hauteur.
- Assieds-toi, l'invita le vieil homme.
Un peu rassuré, Koki obéit et s'installa à côté de lui sur le muret.
- On n'a pas vraiment eu l'occasion de parler depuis hier, commença Miura-san. Comment tu vas ?
- Oh, bien merci. Je suis complètement guérit. Je n'avais même pas besoin de ces deux jours d'arrêt.
- Si le médecin te les a donnés c'est qu'il a estimé que tu en avais besoin, rétorqua l'homme. Et Kamenashi-kun, comment va-t-il ?
- Les deux derniers jours ça allait, mais hier…
- Ça t'inquiète ? demanda Miura-san qui avait compris.
- Oui, même si ce n'est pas aussi pire qu'avant j'avoue que ça me fait un peu peur. Et puis je ne sais pas quoi faire pour l'aider.
- Tu as essayé de lui parler ?
- Non, en fait j'ai l'impression qu'il ne veut pas en parler.
- Il ne t'a jamais raconté ce qu'il s'était passé ce jour-là ?
- Non…
- Peut être que cela lui ferait du bien.
- Vous croyez ?
- Hm. Il est toujours chez toi ?
- Oui, et j'espère qu'il ne voudra pas partir tout de suite.
- C'est vrai que c'est rassurant de savoir que quelqu'un veille sur lui, reconnut le chef qui semblait lui aussi s'inquiéter pour le jeune homme.
Puis, voyant l'inquiétude sur le visage de Koki, il lui tapota gentiment l'épaule.
- Tu sais, ça ne pouvait pas aller mieux aussi vite. Il va y avoir des hauts et des bas, mais si tu es là pour lui je pense que tout se passera bien. Ce qui lui manquait était un ami, maintenant qu'il t'a je me fais moins de soucis.
Le chef se releva sur ses mots, ne laissant pas le temps à Koki de réagir.
- Tu peux rentrer chez toi.
- Hein ? Mais on n'a pas fini…, commença à protester Koki en se relevant à son tour.
- Ne crois pas que tu sois indispensable. On y arrivera très bien sans toi, répondit-il froidement. Chez toi par contre personne ne peut te remplacer.
Un sourire éclaira son visage sévère et Koki se rappela pourquoi il éprouvait tant de respect pour cet homme. Sous son apparence stricte et froide, il cachait un cœur tendre et attentif. Il s'empressa de le remercier et se dirigea aussitôt vers les vestiaires. Il avait hâte de retrouver Kazuya, même s'il avait peur de ce qu'il allait trouver en rentrant chez lui.
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Un peu plus d'une heure plus tard, il montait quatre à quatre les escaliers menant à son appartement. Sans trop savoir pourquoi, il se sentait anxieux et ressentait le besoin de se dépêcher. Quand il ouvrit enfin la porte, il signala sa présence mais personne ne lui répondit. Le salon, tout comme la cuisine, semblait désert. Il retira ses chaussures et se dirigea immédiatement vers la chambre. Il ouvrit la porte et se figea. Son cœur se serra devant la scène qu'il découvrit.
