Un grand merci à BabyKame et Akimi-Chung Ae pour leurs gentilles reviews :D J'espère que la suite vous plaira tout autant ^^

Petit chapitre aujourd'hui mais les suivants seront plus longs ^^


Koki serrait son ami contre lui. Par ses gestes et ses mots, il le rassurait. Il lui disait que c'était fini, qu'il était là. Petit à petit, les tremblements disparurent et les larmes se tarirent. Après encore quelques instants, il le repoussa gentiment et tenta de discerner son visage baissé vers le sol avant de prendre la parole.

- Ça va mieux ?

Kazuya acquiesça sans toutefois relever la tête, alors Koki le força doucement d'une pression de ses doigts sous le menton. Il avait besoin de voir son visage pour se rassurer sur son état.

- Ça va aller ? continua-t-il en croisant son regard.

- Hm. Désolé, ça va ne t'inquiète pas, répondit Kazuya en esquissant un sourire timide.

Koki le lui rendit, soulagé.

- Tant mieux. Ça s'est bien passé là-bas ?

- Oui oui tout s'est bien passé, mentit Kazuya en détournant les yeux.

Il ne pouvait pas le regarder en face en disant cela.

- J'ai regardé le match, tu as été époustouflant, s'enthousiasma Koki sans remarquer la gêne de son ami.

- Merci, répondit pourtant celui-ci avec le sourire. A propos, tiens, c'est pour toi.

Il lui tendait la peluche qu'il tenait à la main depuis tout à l'heure. Koki fronça les sourcils.

- Tu ne veux pas plutôt la garder ? C'est ta première, c'est important.

- Non, je tiens à ce que ce soit toi qui l'ait. Et puis j'en aurais d'autre.

- D'accord… merci, capitula Koki en souriant à nouveau. J'en prendrais soin.

Après quelques secondes de silence, Koki remarqua que le regard de son ami était posé derrière lui. Il se retourna pour voir ce qui attirait son attention au moment où celui-ci prit la parole.

- Je vais devoir y retourner.

Koki fronça les sourcils en voyant à nouveau le joueur Sakamoto un peu plus loin. Le jeune homme semblait attendre Kazuya sans oser s'approcher. Le technicien se retourna vers Kazuya mais changea de question quand il comprit que celui-ci s'apprêtait à partir.

- Tu veux que je te ramène ce soir ? Tu as l'air fatigué, proposa-t-il.

- Hm je veux bien merci, j'allais te le demander. On se voit tout à l'heure alors.

- D'accord.

Il voulut lui dire de prendre soin de lui, de ne pas trop forcer sur l'entrainement, mais les mots se bloquèrent dans sa gorge. Il se contenta alors d'échanger un dernier sourire et de le regarder s'éloigner. Arrivé au niveau du joueur Sakamoto, il le vit échanger quelques paroles avec celui-ci avant de disparaitre, un sourire accroché aux lèvres.

Koki se retrouva avec un sentiment étrange en lui. Il était à la fois heureux de le revoir et qu'il aille bien, et contrarié par la présence de ce Sakamoto. Les sourcils froncés, il se détourna enfin et retourna au travail. Après quelques minutes de réflexion toutefois, il se traita de crétin. Si Kazuya s'était fait un ami au sein de l'équipe, c'était une bonne chose, il devrait être heureux pour lui au lieu de se méfier.

En le revoyant mentalement s'éloigner pourtant, il eut une sensation étrange. Sa façon de marcher ne semblait pas naturelle. Comme s'il y avait quelque chose de différent. A moins qu'il ne se fasse des idées et qu'il imagine des choses ? Il faudra qu'il vérifie ça ce soir, pensa-t-il avant d'essayer de chasser Kazuya de son esprit pour le reste de l'après-midi.

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Kazuya revint plus tard que d'habitude. Koki terminait sa dernière tâche de la journée avec ses collègues quand il remarqua sa présence. Il le vit les observer à distance, puis quand ils rassemblèrent leurs outils et se dirigèrent vers le local technique, il vint les rejoindre.

- T'as l'air crevé, s'amusa Koki.

- Hm, l'entrainement m'a tué, j'ai hâte de rentrer, acquiesça Kazuya en souriant mollement.

- Je me dépêche de ranger tout ça et de prendre mes affaires et on y va.

Vingt minutes plus tard, ils marchaient côte à côte sur le parking. Rapidement, ils enfilèrent leurs casques, puis Koki enfourcha sa moto. Cependant, Kazuya eut plus de mal. Avec l'entrainement, la douleur de ses coups avait redoublée et c'était à peine s'il pouvait bouger. Il s'y reprit à deux fois pour monter derrière son ami, essayant de retenir un gémissement quand son torse rencontra un peu trop brutalement le dos de Koki. Il pria pour que celui-ci mette ses difficultés sur le compte de la fatigue. Il ne voulait vraiment pas l'inquiéter et espérait qu'il pourrait dissimuler son état.

Le trajet lui parut à la fois interminable et rapide. La sensation du corps de Koki contre lui l'apaisait, de même que sa chaleur, mais chaque chaos de la route lui rappelait ses élancements. Mais bientôt leur vitesse diminua et ils arrivèrent doucement devant le garage. Encore une fois, Kazuya peina pour descendre et il dû s'appuyer sur l'épaule de Koki. Il aperçut son regard soucieux mais se détendit quand il comprit qu'il ne poserait pas de questions. En silence, son ami ouvrit le rideau métallique puis rentra sa bécane. Après avoir déposé les casques, ils ressortirent et Koki referma à clé.

Et alors qu'ils s'apprêtaient à se saluer et à se séparer, Kazuya eut soudain un sursaut de panique. Les évènements des deux derniers jours lui revenant en mémoire, il reprit crainte et eut peur de se retrouver seul. Il avait besoin de Koki. Besoin de le sentir près de lui, de se sentir protégé. Il avait besoin de ses bras pour pouvoir s'endormir sans repenser à tout ça. Alors sans même penser au fait qu'il risquerait d'être découvert, il se lança.

- Dis Koki, est-ce que… est-ce que je peux venir chez toi ?

Celui-ci parut un peu surpris par la question.

- Si tu veux, ça ne me dérange pas, répondit-il pour autant. Mais tu ne veux pas rentrer te reposer plutôt ?

Comprenant qu'il n'avait pas saisi, Kazuya continua avec hésitation.

- Non enfin je veux dire… dormir chez toi ?

Kazuya rougit de gêne en voyant les yeux ronds de son ami. Il n'aurait jamais dû demander, c'était une mauvaise idée.

- Ok, pas de problème.

Le jeune joueur releva la tête avec précipitation sous la surprise de cette réponse, ce qui fit rire Koki.

- Tu n'as pas à te sentir gêné pour ça tu sais, le taquina Koki.

- Désolé, mais c'est que… avec tout ce qui s'est passé, j'ai peur de rester seul, se justifia Kazuya d'une petite voix.

- C'est bon, je comprends. Allez viens, dépêchons-nous de rentrer alors.

Ils parcoururent les quelques rues presque vides menant à l'appartement de Koki en silence. Ce dernier réfléchissait aux paroles de son ami. Il était de plus en plus persuadé qu'il s'était passé quelque chose, quelque chose autre que l'incident de la journée. D'autant plus qu'il ne s'était pas trompé. Il l'observait du coin de l'œil et il voyait nettement que sa démarche n'était pas comme d'habitude. Il allait devoir le faire parler. Cependant, il écarta cette idée pour le moment. Il le précéda dans les escaliers et ouvrit enfin la porte. Il fut immédiatement accueillis par la petite chatte blanche et il prit le temps de la caresser quelques instants avant de rentrer, suivit par Kazuya.

Après avoir déposé leurs affaires, Koki réchauffa un reste de la veille et ils mangèrent rapidement. Ils se préparèrent ensuite chacun leur tour dans la salle de bain, Koki prêtant des vêtements à Kazuya pour la nuit, puis ils se couchèrent directement. Koki lit un peu, mais voyant les paupières de son ami se fermer et papillonner lourdement, il reposa rapidement son livre et éteignit la lumière. Aussitôt, il sentit Kazuya se rapprocher de lui et sourit en pensant que ce geste était devenu comme une sorte d'habitude entre eux. Il passa alors ses bras autour de lui et se rapprocha encore plus, le serrant contre lui. Cependant, une plainte étouffée le figea.

- Ça va ? demanda-t-il doucement, inquiet.

- Hm hm, répondit Kazuya d'une voix endormie.

Pourtant, à peine quelques instants plus tard, alors qu'il se détendait à nouveau et passait par automatisme une main dans le dos du jeune joueur, une autre plainte se fit entendre.

- Kazuya, qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien, tout va bien, répondit-il avec cette fois une voix plus réveillée.

- Kazuya s'il te plait dis-moi ce qui ne va pas, tu peux me faire confiance tu sais.

Il s'éloigna légèrement et tenta de voir son visage malgré la quasi obscurité de la chambre. Et tout à coup, un reniflement perça le silence.

- Tu pleures ? s'inquiéta Koki, alerté.

- Kazuya je t'en prie dis-moi ce qui ne va pas, continua-t-il alors que son ami pleurait maintenant ouvertement en se cachant contre son cou.

Parmi ses sanglots, il comprit que le jeune homme s'excusait alors après lui avoir laissé quelques minutes, il l'interrogea d'une voix douce.

- Pourquoi tu t'excuses ?

- Je t'ai menti, répondit Kazuya entre deux reniflements, pardon.

- Sur quoi tu as menti ?

- Je t'ai dit que tout s'était bien passé.

Maintenant habitué à la pénombre, Koki le vit essuyer ses larmes du revers de la main, une horrible pensée prenant forme dans son esprit. Il ralluma la lumière et s'assit dans le lit, regardant gravement son ami au visage humide de larmes.

- Aujourd'hui ce n'était pas la première fois n'est-ce pas ?

Kazuya confirma ses dires d'un hochement de tête, sans toutefois oser croiser son regard.

- Montre-moi, demanda Koki, inquiet de ce qu'il allait bien pouvoir découvrir sur son corps.

Mais Kazuya refusa tout d'abord alors il insista, tirant sur son t-shirt pour essayer de le forcer à le faire. Finalement, celui-ci céda et s'assit à son tour. Il retira lentement son haut et Koki ressentit à la fois une colère énorme contre l'homme qui lui avait fait ça et une peine tout aussi grande pour son ami. Son torse était recouvert de marques sombres et il était presque sûr que son dos était dans le même état.

- Tu as vu un médecin ?

- Non, il aurait posé des questions. Mais je me soigne, s'empressa-t-il de continuer en voyant ses sourcils se froncer.

- Tu n'as rien de cassé ?

- Non… enfin je ne pense pas. Je mets de la crème dessus, ça devrait passer rapidement.

- Tu en as mis ce soir ?

Kazuya répondit d'un hochement de tête négatif.

- Tu l'as avec toi ?

- Hm, dans mon sac.

Koki le regarda encore quelques instants. Il ne put s'empêcher de passer une main sur sa joue et d'effacer les marques que ses larmes maintenant taries avaient laissées sur sa peau. Il n'aimait pas le voir comme ça. Il n'aimait pas le voir souffrir.

Finalement, il se releva pour aller chercher le tube de pommade. Une fois trouvé, il remonta rapidement sur le lit et fit à nouveau face à Kazuya.

- Il faut que tu en mettes. Et même si je n'aime pas trop le fait que tu n'aies pas vu de médecin, je peux te comprendre. Alors au moins soigne-toi correctement d'accord ?

- Tu m'en veux ? demanda Kazuya d'une petite voix.

- Pourquoi ? Pour ne pas me l'avoir dit ? Bien sûr que non. Tu l'as fait pour ne pas m'inquiéter n'est-ce pas ?

Kazuya acquiesça, soulagé qu'il ne lui en tienne pas rigueur.

- Si tu m'expliquais ce qu'il s'est passé ? demanda Koki en ouvrant le tube et en commençant à recouvrir aussi doucement que possible ses hématomes de pommade.

Kazuya ne répondit pas immédiatement. Sentant les doigts de Koki sur son torse, il repensa à la veille où Sakamoto-kun avait fait la même chose. Pourtant ce soir c'était différent. Une douce chaleur se dégageait de ses doigts et se propageait lentement dans tout le reste de son corps, apaisant ses douleurs bien mieux que ce que la crème avait fait jusqu'à présent. Il ferma un instant les yeux sous la sensation, puis commença enfin son récit.

Il lui raconta sa gêne et son embarras quand il avait été nommé meilleur homme du match et qu'il avait dû répondre à leurs questions devant le stade complet. Il lui raconta aussi sa joie quand il avait vu son message, et sa peur quand ces hommes étaient arrivés avant qu'il n'ait eu le temps de lui répondre. Il lui raconta les coups, la douleur, mais aussi la honte de n'avoir pas su se défendre. Quand il arriva au moment où il avait failli se faire casser le bras, il sentit une pression un peu plus forte sur sa peau, ce qui le fit grimacer. Koki s'excusa aussitôt, puis le guida pour qu'il se retourne afin qu'il ait accès à son dos.

Après cette petite pause, il reprit son récit. Il lui rapporta son sauvetage inespéré grâce à Sakamoto. Même s'il fut heureux d'apprendre que quelqu'un lui était venu en aide, Koki ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. Il regrettait tellement de ne pas avoir été là pour lui. Il l'écouta continuer son histoire, mais suspendit ses gestes quand Kazuya lui raconta la gentillesse de Sakamoto. Encore une fois, il ne pouvait s'empêcher d'être jaloux de cet homme, parce qu'il avait été là pour son ami à sa place. Parce qu'il avait passé de la pommade sur son corps meurtris avant lui. Se traitant mentalement d'imbécile, il termina d'appliquer le baume pendant que Kazuya terminait sur l'évènement du matin. La suite, Koki la connaissait.

- Pardon, s'excusa-t-il quand la voix de Kazuya se tut.

Ce dernier tourna la tête pour essayer de le voir.

- Pardon de ne pas avoir été là.

Cette fois-ci, Kazuya se retourna complètement et regarda le visage baissé de son ami.

- Tu n'as pas à t'en vouloir Koki. Tu ne pouvais rien faire. Et tu ne pourras pas toujours être là, tenta-t-il maladroitement de le rassurer.

A son tour, il passa une main sur sa joue en une douce caresse et le força à relever la tête pour croiser son regard.

- Je ne t'en veux pas. Au contraire, je te remercie d'être là pour moi maintenant. Je me sens mieux à présent, et c'est grâce à toi.

Koki esquissa un petit sourire puis se laissa attirer vers son ami qui le prit dans ses bras, en faisant toutefois attention de ne pas le recouvrir de pommade qui n'avait pas encore tout à fait pénétré. Voulant rendre le geste, Koki posa ses mains sur ses reins, seul endroit de son corps qui n'était pas blessé. La chaleur de la peau nue de Kazuya contre ses paumes, et son odeur dans le creux de son cou l'apaisèrent et le calmèrent. Maintenant, il s'en voulait d'avoir pensé du mal de Sakamoto. Il devrait au contraire lui être reconnaissant d'avoir pris soin de son ami pour lui. De lui permettre de l'avoir dans ses bras à cet instant même.

Koki ne sut pas vraiment combien de temps ils étaient restés ainsi, enlacés, mais quand il sortit enfin de ses pensées, il le repoussa gentiment une nouvelle fois. Le visage de Kazuya était maintenant apaisé et quand il plongea dans son regard noisette, une douce chaleur se propagea dans son corps.

Kazuya était en train de changer. A moins que ce ne soit la nature de leur relation. Aujourd'hui, c'était lui qui le réconfortait et le calmait. Ou plutôt, ils avaient maintenant ce rôle l'un envers l'autre. Celui de rassurer et conforter l'autre. Celui de rendre plus fort par sa simple présence. Et loin de regretter ce changement, il avait appris à le chérir au fur et à mesure qu'il se développait. Il n'échangerait pour rien au monde la place qu'il occupait à présent auprès de Kazuya, et il espérait qu'il en était de même pour son ami.

Il caressa tendrement ses cheveux puis sa joue avant de prendre enfin la parole.

- On devrait se recoucher maintenant. Tu as besoin de repos pour reprendre des forces.

Kazuya acquiesça et renfila son t-shirt pendant que Koki se glissait sous la couette. Il le rejoignit aussitôt et reprit sa place tout contre lui. Mais cette fois-ci, Koki fit bien attention à ne pas compresser une zone douloureuse sur le corps de son ami.

Le sommeil les prit en quelques minutes à peine, et leurs respirations lentes et régulières bercèrent la petit chatte qui les avait observés tout ce temps de son regard vert et mystérieux. Elle s'étira en baillant et s'endormit à son tour, bien calée contre les jambes de son maître.