Cinq jours d'hésitation passèrent rapidement depuis le soir où Koki avait compris et accepté la nature de ses sentiments. Chaque jour, quand il ramenait Kazuya et qu'ils se séparaient devant le garage, il essayait de lui parler. Mais chaque fois quelque chose le bloquait et l'en empêchait. Il se sentait misérable de ne pas y arriver. Même quand il s'encourageait lui-même en se disant qu'il n'avait rien à perdre et que s'il était un homme il devait se lancer sans réfléchir, il échouait. Pour ajouter à son malaise, chaque soir il avait l'impression que Kazuya partait déçu, comme s'il attendait quelque chose de lui qui ne venait pas. Du moins c'était ce qu'il pensait, peut être que son imagination lui jouait des tours après tout.
Aujourd'hui, il avait fini plus tôt, et le temps était tellement agréable qu'il n'avait pas envie de rentrer chez lui tout de suite. Et le fait que Kazuya s'attarde avec lui dans le garage lui fit comprendre qu'il devait penser comme lui. Il l'invita donc à faire une petite promenade avant de se séparer. Ils marchèrent en silence en direction de la rivière. Les étoiles étaient déjà allumées dans le ciel et les cigales s'entendaient d'ici. Ils arrivèrent rapidement à leur destination et se dirigèrent lentement vers le saule pleureur. C'était la première fois que Koki emmenait Kazuya ici et celui-ci apprécia immédiatement l'endroit. Le gargouillis de l'eau courante, le murmure du vent dans les branches du vieil arbre, le chant des cigales qui s'en donnaient à cœur joie, tout était parfait. Ils auraient même presque pu entendre la course des étoiles dans le ciel. La capitale et ses bruits semblait bien loin et pourtant elle s'étirait tout autour d'eux.
Ils s'assirent non loin de la berge, appréciant simplement le calme de l'endroit et décompressant de leur journée de travail et d'entrainement.
- Tout va bien ces derniers temps avec l'équipe ? ne put s'empêcher de demander Koki après un moment.
- Hm hm, tout va bien. Il ne m'a pas approché depuis. Et les autres m'ignorent complètement, même si certains me saluent de temps en temps.
- Tant mieux, se rassura Koki.
- J'espère que ça va continuer, murmura Kazuya pensivement.
- Pourquoi ? Quelque chose te fait penser le contraire ?
- Non, c'est juste que c'est bien mieux comme ça, répondit Kazuya en souriant à son ami.
Celui-ci lui rendit son sourire puis reporta son attention sur le paysage. Il se sentait soudain nerveux. L'occasion était rêvée pour lui parler, mais il avait toujours peur et ne savait pas par où commencer.
- Oh ! s'exclama soudain son voisin. Regarde !
Koki tourna la tête dans la direction qu'indiquait Kazuya et laissa échapper une exclamation à son tour. Au loin sur la gauche, on pouvait apercevoir un feu d'artifice. Ils contemplèrent ce spectacle en silence, les fusées multicolores se reflétant dans la rivière. De temps en temps, Koki ne pouvait s'empêcher de tourner les yeux vers son ami. Son sourire radieux et les petites étincelles de joie dans ses yeux le rendaient incroyablement attirant.
Ils regardèrent ensemble la dernière lumière rouge s'évanouir dans l'ombre de la nuit, puis Koki sentit son ami s'allonger à ses côtés. Il en fit de même et une nouvelle fois, ils profitèrent de cette soirée d'été, peut être l'une des dernières de la saison. En effet, le mois d'août se terminait déjà, et bientôt, Kazuya serait occupé par les playoff* puis les demi-finales de la Ligue Centrale auxquels son équipe participerait sûrement cette année.
Ce dernier avait fermé les yeux et écoutait tous les bruits qui les entouraient, de l'eau qui coulait non loin jusqu'au souffle régulier de Koki. Involontairement, sa main frôla la sienne. Cependant, il ne l'enleva pas et attendit une réaction de son ami qui ne vint pas. Il le sentait tendu et espérait vraiment qu'il lui parle, qu'il lui dise ce qui n'allait pas depuis quelques temps.
Après plusieurs minutes, il l'entendit bouger et se décida à ouvrir les yeux. Mais sitôt ses paupières ouvertes, il le découvrit penché au-dessus de lui, une expression indéchiffrable sur le visage. Voyant qu'il ne semblait pas se décider à parler, il essaya de dire quelque chose pour l'encourager, mais sa voix se perdit dans sa gorge. Il se contenta donc de le fixer, son regard plongé dans le sien. Finalement, la main chaude de Koki vint caresser doucement sa joue et ses cheveux, et il referma presque les yeux sous l'agréable de la sensation. Il le laissa passer son pouce sur ses pommettes, puis sur ses lèvres. Il semblait réfléchir tout en effectuant ces gestes et Kazuya estima qu'il était préférable de ne pas l'interrompre.
- Kazuya, il faut que je te parle de quelque chose d'important, se décida enfin à dire Koki sans toutefois se décaler ni arrêter ses caresses.
- Hm, vas-y, l'encouragea-t-il avec un petit sourire.
Il s'attendit à un long discours, peut-être un peu embrouillé et confus, mais pas à ce qu'il entendit dans un murmure.
- Je t'aime.
Il en ouvrit la bouche de surprise, son cœur entamant une course effrénée dans sa poitrine. Il fut tellement surpris qu'il ne pensa même pas à rougir. Tout ce qu'il avait ressentis jusqu'à maintenant prenaient soudain un sens.
- Tu… tu n'es pas obligé de me répondre, reprit Koki plus embarrassé. Je voulais juste que tu le saches.
Il tenta de s'écarter mais Kazuya l'arrêta en plaçant une main ferme derrière sa nuque.
- Attends. Moi aussi j'ai quelque chose à te dire.
Il se redressa et se rassit, forçant Koki à faire de même, leurs visages à quelques centimètres seulement l'un de l'autre. Il réfléchissait à la façon de le dire.
- Tu sais je… je ne suis pas très doué pour tout ça, je n'ai jamais connu ça... Et je ressentais toutes ces choses quand tu étais là, sans trop savoir ce que c'était... Je me sens tellement bien avec toi. Tu es toujours là pour me donner confiance en moi, pour me rassurer, pour m'encourager. Un simple de tes sourires est plus efficace que tout ce qu'on pourrait me dire. Mais je pensais… je ne sais pas, que c'était ça avoir un ami. Et puis récemment j'en ai parlé à Hayato-kun…
Il marqua une petite pause en voyant les sourcils de Koki se froncer légèrement.
- Enfin tout ça pour dire que… que je pense que moi aussi je t'aime, termina-t-il d'une toute petite voix, cette fois-ci en rougissant.
Koki resta figé. Il n'en croyait pas ses oreilles. Alors comme ça… alors comme ça…
- Tu m'aimes ? demanda-t-il comme pour s'en assurer.
- Hm, acquiesça Kazuya en souriant de sa réaction.
A nouveau, la main de Koki trouva sa place sur sa joue. Kazuya ferma les yeux de bonheur. Il sentit le visage de Koki se rapprocher encore plus, il sentit son souffle brûlant contre sa peau, et enfin il sentit ses lèvres contre les siennes. Le baiser fut tendre et innocent. Son premier baiser, pensa Kazuya dans un sursaut de lucidité. Et puis la sensation disparut, bien trop vite à son goût.
Leurs regards se noyèrent une nouvelle fois l'un dans l'autre. Front contre front, le monde semblait désormais se résumer à eux seuls.
- Je suis tellement heureux, confia Koki en souriant.
Kazuya sourit à son tour, mais le perdit quand il sentit une pression sur ses épaules lui faire perdre l'équilibre. Il attendit le choc, mais une main derrière sa tête le déposa doucement dans l'herbe. Le dominant de nouveau, le visage de Koki se rapprocha encore une fois du sien. Impatient, Kazuya vint à sa rencontre et apprécia pleinement le moment où leurs lèvres se retrouvèrent. Mais cette fois-ci, Koki se fit plus entreprenant. Bientôt, il sentit sa langue chaude et humide contre sa bouche. Puis elle disparut rapidement et sa lèvre inférieure se retrouva prisonnière de celles de Koki. Perdu dans les sensations, il ne réalisa que sa langue avait profité d'un moment d'inattention pour se faufiler dans sa bouche que lorsqu'il la sentit venir à la rencontre de la sienne. Il se tendit un peu, ne sachant ce qu'il fallait faire. Mais par ses gestes et ses caresses, Koki le rassura et il se laissa aller, le laissant promener sa langue contre son palais, puis revenir se frotter contre la sienne.
Il n'avait jamais rien connu de plus agréable de toute sa vie, et une fois encore, il remercia son ami de l'avoir empêché de sauter ce jour-là, et de lui faire découvrir toutes ces choses qu'il n'aurait pas connues autrement.
Finalement, après ce qui lui sembla être plusieurs minutes, leurs bouches se séparèrent et il se surprit à être à bout de souffle. Le regard doux et aimant de Koki tomba sur lui et il s'y perdit une nouvelle fois avant de l'attirer à lui et de le serrer dans ses bras, enfouissant son visage dans le creux de son cou. Il ne se lasserait jamais de cette chaleur et de cette odeur particulière. Cette odeur qui l'avait bercé chaque fois qu'ils avaient eu l'occasion de dormir ensemble.
Koki se perdit aussi dans cette étreinte, heureux comme jamais que ses sentiments soient partagés. Il avait eu tant de doutes, de peurs et d'hésitation. Mais ce soir tout était clair dans son esprit. Il aimait Kazuya, plus que quiconque au monde, et peu lui importait désormais qu'il soit un homme.
Tout en respirant son odeur, il s'autorisa à laisser sa bouche vagabonder sur la peau douce et chaude du cou de Kazuya, y déposant de tendres baisers le long de son chemin. Il espérait n'être pas trop rapide, mais un soupir approbateur de son ami le rassura. Il ne se sentait pas encore prêt pour aller plus loin, mais l'envie de dévorer chaque parcelle de sa peau blanche n'en était pas moins déjà présente. Remontant sur sa mâchoire, il revint rapidement à sa bouche et s'empara une nouvelle fois de ses lèvres. Kazuya l'accueillit aussitôt, sa langue venant à la rencontre de la sienne. Il semblait apprécier cet échange tout autant que lui. C'était déjà devenu une addiction pour Koki, et cela semblait être également le cas de son ami.
Ils se séparèrent à nouveau à bout de souffle, puis se perdirent dans le regard l'un de l'autre pendant de longues minutes, jusqu'à ce qu'un frisson parcoure le corps de Kazuya. La fraîcheur tombait et d'un commun accord, ils se relevèrent et prirent le chemin du retour, main dans la main.
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Le jour suivant, Kazuya se trouvait dans les vestiaires de l'équipe avant la pause déjeuner. Il voulait se dépêcher pour retrouver Koki au plus vite.
- Tu as l'air de bonne humeur aujourd'hui, remarqua Sakamoto.
Kazuya confirma d'un signe de tête, un grand sourire aux lèvres.
- Il s'est passé quelque chose ?
Le jeune joueur jeta un coup d'œil autour de lui, s'assurant qu'aucune oreille indiscrète n'écoutait leur conversation.
- Il m'a dit qu'il m'aimait, répondit-il en chuchotant.
- C'est super ! Je suis content pour toi, se réjouit son ami. Et qu'est-ce que tu lui as répondu ?
- Que je l'aimais aussi.
- Donc vous sortez ensemble maintenant ?
- Oui, acquiesça Kazuya, les joues rosies.
- Félicitation, c'est vraiment une bonne chose.
- Hm. Mais tu sais, je ne m'y attendais pas du tout. Je ne pensais pas que c'était ça qui le gênait ces derniers temps.
- Ah ça je te l'avais dit, lui rappela Hayato. Et tu sais, l'autre soir, Haruka m'a dit la même chose. Elle m'a dit que Koki-kun était sûrement amoureux de toi.
- Qu'est-ce qui lui a fait penser ça ? s'étonna Kazuya.
- La façon dont il te regardait elle m'a dit. Et puis tu sais, elle est très douée pour ce genre de choses, s'amusa-t-il.
- Hm, en tout cas elle avait raison.
- Oui. Mais au lieu de papoter tu ne devrais pas aller le rejoindre ? Il va finir par t'attendre, remarqua-t-il en souriant.
- Tu as raison, j'y vais, s'exclama Kazuya.
Un grand sourire accroché aux lèvres à la perspective de revoir Koki, il disparut bientôt des vestiaires.
Hayato était heureux pour son ami. Il méritait ce bonheur après ce qu'il avait vécu. Mais une voix s'éleva soudain dans son dos, le ramenant à la réalité.
- Je le trouve bien arrogant le gamin ces derniers temps. Le moment est peut être venu de le remettre encore une fois à sa place.
Sakamoto se retourna pour faire face à Sugiuchi, assis un peu plus loin.
- Il n'est pas arrogant, juste heureux, corrigea-t-il en espérant ne pas en avoir trop dit.
Mais l'autre ne releva pas, à part une expression de dédain sur les lèvres.
- Franchement, tu n'en as pas marre de t'en prendre à lui comme ça ? soupira Hayato.
- C'est lui qui le cherche…
- Si tu as le temps pour ça, ce serait plus judicieux de l'occuper autrement, continua-t-il. Je ne sais pas, en t'entrainant par exemple.
Il vit l'homme serrer les poings et les mâchoires à cette remarque. Il était clair qu'il n'appréciait pas du tout. Mais Hayato continua néanmoins, bien décidé à protéger le bonheur de son ami.
- Si tu as vraiment peur qu'il prenne ta place, c'est à toi de tout faire pour ne pas que ça se produise. Et pas en lui cassant le bras. Même si tu l'élimines, il y en aura toujours des nouveaux. Par contre si tu t'entraines et que tu deviens meilleur que lui, c'est toi que le coach choisira.
L'homme ne répondit rien, apparemment perdu dans ses pensées. Hayato espérait que ce qu'il venait de lui dire le ferait réagir. Estimant qu'il était préférable de le laisser réfléchir seul, il sortit à son tour des vestiaires pour aller manger.
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Ailleurs, Kazuya avait retrouvé Koki et ils se dirigeaient vers les gradins du terrain principal.
- Bientôt on ne pourra plus faire ça, remarqua tristement le technicien en s'installant. Il va commencer à faire trop froid pour manger dehors.
- On ira où après ? demanda Kazuya en s'asseyant à côté de lui.
Chaque fois qu'ils mangeaient ensemble, ils avaient pris l'habitude de s'installer ici. Cet endroit leur rappelait des souvenirs, et la tranquillité et la solitude du lieu étaient idéales.
Koki prit le temps de sortir les bentos et de donner le sien à son ami, réfléchissant à un endroit qui pourrait convenir.
- Il y a bien la salle de repos, mais les gars y mangent toujours…
- Les vestiaires ?
Koki fit une grimace pour exprimer sa réticence.
- Le local à matériel ? Il y a une fenêtre, proposa-t-il alors.
Cette fois-ci se fut à Kazuya de faire une moue dubitative.
- Tant pis on trouvera bien d'ici là, se résigna Koki, à court d'idées.
Son ami acquiesça, la bouche déjà pleine de ce que le technicien avait préparé. Ils s'occupaient de cette tâche à tour de rôle, pouvant ainsi goûter la cuisine de l'autre. Et Koki n'avait pas mis longtemps à reconnaitre que celle de Kazuya était meilleure que la sienne. Il appréciait néanmoins préparer les bentos quand c'était son tour, d'autant plus quand Kazuya le félicitait.
- Tu as prévu quelque chose dimanche ? demanda-t-il après un moment.
- Non… enfin je pensais qu'on pourrait se voir, répondit timidement Kazuya.
- C'est ce que je pensais aussi.
- Tu sais, ce matin le coach a dit que je participerais aux deux prochains matches.
- A Tokyo ?
- Non, à Hiroshima d'abord, et ensuite à Nagoya. C'est pour ça que ce serait bien qu'on se voit après.
- Ça me va. Tu voudras faire quelque chose de spécial ?
- Je ne sais pas… pas particulièrement, juste passer du temps avec toi.
Koki sourit à cette remarque.
- Je t'avais dit que je t'emmènerais au Mont Fuji la prochaine fois, se rappela Koki.
- Une autre fois non ? Je préfèrerais rester pas loin cette fois-ci.
- D'accord. Et puis de toute façon il faudra t'acheter une combi avant. Le trajet sera long et même s'il fait encore assez chaud, en moto on ressent rapidement le froid.
- Ce serait bien qu'on parte deux jours, rêva Kazuya.
Koki le regarda en souriant. La perspective de ce voyage semblait beaucoup plaire à son ami.
- On organisera tout ça comme il faut alors.
Ils finirent leurs repas puis rangèrent les boîtes vides dans le sac. Koki posa ensuite sa main sur celle de Kazuya.
- Tu pars quand ?
- Après demain. Et je ne rentrerais pas entre les deux, répondit Kazuya.
- Tu me manques déjà, murmura Koki avant de se pencher vers lui.
Il déposa un baiser dans son cou avant de reprendre sa place.
- On avait dit pas ici, reprocha doucement Kazuya.
Les yeux fermés, il ne semblait pourtant pas très convaincu de ce qu'il disait.
- Il n'y a personne, répondit Koki. Et puis c'est trop tentant.
Kazuya rouvrit les yeux et tourna la tête vers lui, se perdant dans son regard. Craquant une nouvelle fois, Koki se repencha et déposa ses lèvres sur les siennes. Mais au lieu de le repousser, Kazuya approfondit le baiser et l'autorisa à investir sa bouche de sa langue. Ce qu'il fit sans hésiter. Cela lui avait déjà tellement manqué depuis la veille.
Après quelques instants, ils reprirent leur souffle front contre front. Les yeux fermés, Koki appréciait la sensation de la respiration chaude de Kazuya contre sa peau. Mais quand il sentit son ami se rapprocher dans le but évident de sceller une nouvelle fois leurs lèvres, il l'arrêta doucement en posant ses doigts sur sa bouche.
- Kazuya, arrête, murmura-t-il pour expliquer son geste. Tu as raison on ne devrait pas faire ça ici. Je ne veux pas leur donner une raison de plus de s'en prendre à toi.
A ces mots, Kazuya ne chercha plus à protester. Koki avait raison. Ils n'auraient jamais dû craquer. Et il était touché d'entendre son ami s'inquiéter ainsi pour lui. Alors c'est le sourire aux lèvres qu'il se recula enfin, reprenant sa place. Un silence un peu gêné s'installa entre eux, jusqu'à ce que Koki reprenne la parole.
- Tu veux venir manger à la maison ce soir ? proposa-t-il.
- Avec plaisir ! accepta immédiatement Kazuya, son sourire s'élargissant.
- Super, se réjouit le technicien.
Il était heureux d'avoir l'occasion de passer du temps avec lui avant son départ. Il avait déjà ce sentiment de vouloir passer autant de temps que possible avec lui. Les deux jours où il serait absent allaient probablement être durs. Mais il décida d'en profiter pour réfléchir à ce qu'ils pourraient faire le dimanche suivant. Il voyait cela comme leur premier rendez-vous en tant que couple et il souhaitait que tout soit parfait.
Finalement, ils se séparèrent quelques minutes plus tard, chacun retournant à leurs occupations, mais tous deux pressés de se retrouver le soir même.
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Dès que Koki avait terminé son travail, ils n'avaient pas traînés et s'étaient empressés de rentrer. Après avoir rangé la moto, ils prirent la direction de l'appartement de Koki tout en se racontant leur journée.
A peine arrivés dans l'entrée et la porte refermée derrière eux, Kazuya attira Koki à lui et profita une nouvelle fois de sa bouche avant de le serrer contre lui. Il avait besoin de ces étreintes qui rechargeaient ses batteries et lui donnaient la force de continuer. Tout comme il avait besoin de son odeur l'enveloppant, et de ses mots déposés tendrement contre son cou. Il n'avait jamais été amoureux, mais maintenant il savait ce que cela voulait dire. Et il savait qu'il ne pourrait plus s'en passer. Koki était désormais toute sa vie.
L'espace d'un instant, il s'en voulut de lui cacher certaines choses. Mais il savait qu'il lui en parlerait un jour. Il lui devait bien ça. Alors il écarta ces pensées avant de déposer à son tour un baiser contre la peau chaude et parfumée sous son oreille avant de s'écarter et de proposer ses services pour la préparation de leur diner.
Celui-ci se déroula tranquillement et agréablement, tous deux appréciant d'avoir un peu de temps rien qu'à eux, sans personne autour pour les interrompre ou les juger.
Après avoir terminé et tout rangé, ils s'installèrent dans le canapé, aucun des deux ne voulant que cette soirée se termine. Sentant une douce torpeur l'envahir, Kazuya laissa sa tête tomber contre l'épaule de Koki, son attention se concentrant sur sa respiration régulière. Il fronça les sourcils quand il le sentit bouger, mais ses plaintes s'évanouirent de son esprit quand il comprit son intention. Son ami passa son bras autour de ses épaules et l'attira contre lui, et Kazuya se retrouva bientôt à moitié allongé sur son corps musclé, sa tête reposant sur son torse. Il soupira de bien être, ne voyant pas le sourire s'étirer sur les lèvres de Koki à cette réaction. La main de celui-ci trouva refuge dans ses cheveux, les caressant et peignant les douces mèches, jusqu'à se quelle se pose contre sa nuque chaude. Un frisson le parcourut quand son pouce commença des va-et-vient machinaux contre sa peau. Dieu qu'il était bien. La douceur, la chaleur, la tendresse de Koki le berçaient doucement. Ses yeux se fermèrent et son esprit se vida, accueillant le sommeil.
Quand il rouvrit à nouveau les yeux, il ne sut combien de temps avaient passé. Il avait toujours sa joue collée contre le torse de Koki. Il sentait toujours son bras autour de lui, mais il le sentait aussi remuer et murmurer quelque chose. Il força son cerveau à se remettre en route et il comprit que Koki voulait qu'il se réveille pour qu'ils puissent aller s'installer plus confortablement dans le lit.
Tout en baillant, il se redressa alors, permettant à son ami de se relever. Il s'apprêtait à faire de même quand un petit cri lui échappa en se sentant soulevé. Reportant son attention sur son visage, il vit Koki s'amuser de sa réaction tout en l'emmenant dans la chambre, Kazuya fermement accroché à son cou.
Après s'être mis à l'aise pour la nuit, ils se couchèrent rapidement, et aussitôt, Kazuya se colla contre Koki. Le froid du lit était désagréable après la chaleur qui l'avait entourée encore quelques instants auparavant. Heureusement, Koki l'enlaça à nouveau de ses bras et il se blottit contre lui et sa chaleur. La somnolence le reprit rapidement et sans avoir eu le temps de le réaliser, il s'endormit à nouveau.
* là je crois qu'il y a besoin d'une petite explication. Pour faire simple (du moins je vais essayer), au Japon il existe deux ligues : la Ligue Centrale et la Ligue Pacifique. Les Giants font donc partie de la Ligue Centrale. Les équipes des deux ligues s'affrontent entre eux au sein de leur ligue pendant la saison régulière. Pour prendre l'exemple de l'année 2012, les matches se sont déroulés de fin mars jusque début octobre. Le 1er est qualifié directement pour les demi-finales, les 2ème et 3ème s'affrontent pour savoir qui ira en demi-finale au cours des playoff, aussi connu sous le nom de Climax Series. Pour reprendre l'exemple de 2012, les Giants sont arrivés 1er, les Chunichi Dragons 2ème et les Yakult Swallows 3ème. Donc ce sont les Chunichi et les Yakult qui se sont affrontés pour la 2ème place (3 matches de disputés, le meilleur l'emporte). Ici, au cours de ma saison hypothétique, les Giants vont faire partie de ces playoff, puis des demi-finales.
Pour la suite du championnat, les 1er et 2ème vont s'affronter au cours des demi-finales, qui se déroulent en 6 matches, même système la meilleure équipe l'emporte. Il faut savoir que le premier de la saison régulière (donc les Giants pour 2012) a une victoire d'avance d'office. Il ne leur faut donc que 3 victoires sur les 6 pour l'emporter tandis que l'autre équipe doit en gagner 4 (Les Giants l'ont remportés 4 victoire à 3 face aux Chunichi).
Et enfin pour finir, le vainqueur affronte son homologue de la Ligue Pacifique au cours des Japan Series (ou Nippon Series). A nouveau 6 matches sont disputés pour déterminer le vainqueur ultime, le champion national. En 2012 Les Giants l'ont remporté face aux Nippon-Ham Fighters d'Hokkaido (4 victoires contre 2).
