Accroché fermement à la taille de Koki, Kazuya pouvait voir par-dessus son épaule le Fuji se rapprocher. Il se rappela ce que son homme lui avait dit la veille, et il comprit qu'il l'emmenait au pied de la montagne. Elle se dressait de plus en plus haute devant eux, et il en était impressionné. Et puis, au détour d'un virage, la route commença à faire de grands lacets et à s'incliner devant eux. Kazuya compris qu'ils étaient maintenant sur le Mont lui-même. Il ouvrit alors grand ses yeux et profita de la montée, levant par moment la tête pour apercevoir le sommet au-dessus d'eux.
Finalement, ils s'arrêtèrent sur un parking. La route n'allait pas plus loin.
- Ça va ? demanda Koki une fois qu'ils furent descendus de moto.
Sa main vint se poser discrètement dans le bas de son dos et Kazuya compris qu'il s'inquiétait pour ses reins.
- Oui oui ça va, le rassura-t-il rapidement.
En fait, il avait oublié la douleur, et maintenant qu'il y repensait, il constata qu'elle avait quasiment disparu.
- Je ne savais pas qu'on pouvait monter si haut, remarqua-t-il soudain en reportant son regard sur le sommet.
- Moi non plus, avoua Koki. J'ai demandé à l'hôtel hier soir. C'est la cinquième station. La route se finit ici, après il faut y aller à pied.
- J'aimerais bien tenter de l'escalader un jour, remarqua Kazuya.
- On reviendra si tu veux, moi aussi j'aimerais bien essayer.
Ils échangèrent un sourire, puis Kazuya entreprit de fouiller dans la sacoche de la moto pour en ressortir son appareil photo. Pendant plusieurs minutes après ça, ils se prirent en photo avec le sommet derrière eux. Ils laissèrent ensuite la moto et marchèrent un peu dans la station, où se trouvaient quelques magasins de souvenirs. Et quand la faim commença à se faire sentir, ils se dirigèrent vers un restaurant.
Après avoir mangé, ils suivirent pendant quelques mètres le long chemin qui menait difficilement au sommet. Ils eurent ainsi un aperçu de ce qui les attendrait si un jour ils revenaient, mais ils n'en furent pas découragés pour autant.
Et finalement, ils revinrent à la moto et prirent à nouveau la direction de leur hôtel, qu'ils atteignirent une heure plus tard. L'après-midi était déjà bien avancée, et ils avaient encore de la route pour rentrer à Tokyo, mais aucun des deux n'avait vraiment envie de partir. Ils s'autorisèrent donc un dernier bain, et Kazuya en profita également pour prendre en photo la vue du Mont depuis ce petit coin de paradis.
Après avoir rassemblé leurs affaires et chargé la moto, ils partirent enfin. Il était temps de rentrer. Cette fois-ci, ils ne s'arrêtèrent pas en route, et Kazuya eut tout le temps de repenser à tout ce qui s'était passé depuis la veille. Il emportait avec lui tellement de souvenirs et de moments de joie qu'il se sentait prêt à affronter la fin de la saison. Maintenant qu'il avait Koki à ses côtés, il se sentait prêt à tout affronter et à tout supporter. Parce qu'il savait qu'il avait désormais un endroit chaud et accueillant où revenir. Les bras de Koki étaient devenus son refuge. L'endroit où il reprenait des forces et où il se sentait aimé.
Et il était rassuré de voir que Koki avait aussi bien réagit à son histoire. Maintenant, il se sentait plus léger, comme si un poids venait de lui être retiré de ses épaules. Il voyait sa vie et l'avenir un peu moins sombre qu'avant. En fait, s'il n'y avait pas eu cette histoire de dette, il aurait pu dire avec certitude qu'à cet instant précis il était heureux, comme jamais il ne l'avait été. Il resserra légèrement sa prise autour de Koki et se laissa porter vers la capitale, qui n'était maintenant plus très loin.
Quand ils arrivèrent enfin au garage, ils furent tous les deux contents d'être à destination. Et ils eurent même droit à un comité d'accueil.
- Alors les gars, vous vous êtes bien amusés ? demanda Eiji sitôt qu'ils eurent retirés leurs casques.
Encore une fois, il s'occupait de sa moto quand ils étaient arrivés.
- Hm hm, c'était bien, répondit Koki.
- Vous n'avez pas eu trop froid ? Ça caille depuis ce matin, remarqua le jeune homme.
- Disons qu'on est content d'être arrivé, s'amusa Kazuya.
Eiji lui sourit avant de reporter son attention sur sa bécane.
- Naoki et Hideo sont en haut si vous voulez les saluer avant de partir, leur apprit-il tout en travaillant.
- C'est vrai que tu ne les connais pas encore, remarqua Koki en s'adressant à Kazuya. Viens je vais te les présenter.
Soudain un peu nerveux, Kazuya le suivit dans les escaliers. Et quand ils entrèrent dans la pièce, ils découvrirent les deux amis assis dans le canapé en train de siroter un café. L'un d'entre eux avait les cheveux ébouriffés et teint en blond. Il pouvait voir plusieurs boucles d'oreilles à son oreille gauche et il portait un blouson en cuir et de nombreux colliers. L'autre homme était habillé tout en noir, du jean au t-shirt à manches longues. Et il avait de longs cheveux noirs qui lui tombaient jusqu'au milieu du dos. Une cigarette à la main, c'est lui qui les remarqua en premier.
Après les avoir salués, Koki leur présenta Kazuya.
- J'y crois pas, c'est la première fois que je rencontre une célébrité, s'exclama Naoki en lui serrant la main.
- Je ne suis pas célèbre, protesta Kazuya en rougissant.
- Attends mec, tu fais partie des Giants quand même. Des Giants !
Kazuya ne sut quoi répondre, mais il comprit que c'était inutile quand il vit l'expression blasée sur le visage de Koki.
- Baisse d'un ton Naoki, râla Eiji qui venait de les rejoindre. Je t'entends d'en bas.
Le concerné lui répondit en lui tirant la langue de façon très peu mature avant de reporter son attention sur Kazuya.
- Je peux avoir un autographe ? demanda-t-il plein d'espoir.
Eiji s'apprêta à le remettre une nouvelle fois à sa place quand il réalisa ce qu'il venait de demander. Son expression changea et il vint se placer rapidement à côté de Naoki.
- Moi aussi je peux en avoir un ? demanda-t-il à son tour.
- Eh ! J'étais là en premier, protesta Naoki.
- Je le connais depuis plus longtemps que toi, argumenta Eiji.
- Oui, et tu avais cent fois l'occasion de lui demander, alors tu as perdu ton tour.
- Kazuya, je te présente Hideo, continua Koki en ignorant les deux autres qui commençait à se taper dessus pour savoir qui pourrait recevoir un autographe en premier.
Kazuya porta son attention sur l'homme aux cheveux longs et l'apprécia immédiatement. Il était plus calme et plus posé que les deux autres énergumènes, et sa poignée de main était ferme et chaleureuse.
- Enchanté de te rencontrer enfin, dit-il d'une voix un peu plus grave que ce à quoi Kazuya s'était attendu.
- Moi aussi, répondit-il un peu intimidé.
- Vous voulez un café ? proposa-t-il ensuite.
- C'est pas de refus oui, merci Hideo, répondit Koki.
Ils s'installèrent dans le canapé, et Kazuya se fit immédiatement assaillir. Eiji et Naoki semblaient s'être mis d'accord et ils tendaient chacun un morceau de papier en sa direction. Kazuya sourit et les signa avec plaisir avec un marqueur que le faux-blond lui tendit. Satisfaits, ils perdirent un peu de leur animation et de leur excitation et ils purent tous les cinq discuter pendant quelques temps tout en se réchauffant avec leurs boissons.
Au bout d'une heure cependant, Koki se releva et annonça qu'ils allaient partir. Il était fatigué et voulait se reposer avant de reprendre le travail le lendemain, et Kazuya devait être en forme pour l'entrainement.
Ils redescendirent donc et Koki profita d'un moment où Kazuya était accaparé par les deux autres pour parler discrètement à Hideo.
- Il faudra que je te parle de quelque chose un de ces quatre, lui dit-il.
- Tu as des problèmes ? s'inquiéta immédiatement son ami.
- Plus ou moins, mais ne t'inquiète pas ce n'est pas si grave que ça. Je t'appelle dans la semaine ok ?
- Ok, quand tu veux, accepta Hideo.
Ils prirent alors congé des trois hommes et se dirigèrent vers l'appartement de Koki.
- Ils sont gentils, remarqua doucement Kazuya.
- Hm, ils sont adorables, approuva Koki en souriant.
Kazuya sourit à son tour. Il se souvint que Koki avait dit que ses amis étaient sa famille. Il comprenait maintenant un peu mieux ce que cela voulait dire.
Après être rentrés, Koki avait retrouvé sa chatte avec plaisir et ne l'avait laissé quitter ses bras que lorsqu'elle avait commencé à s'agacer. Ils avaient ensuite mangé rapidement et s'étaient préparés pour se coucher.
Kazuya était allongé sur le ventre et regardait sur l'écran de son reflex les photos qu'ils avaient prises depuis la veille tandis que Koki l'observait en silence.
- Est-ce que je peux te poser une question personnelle ? demanda-t-il soudain.
Surpris, Kazuya tourna la tête vers lui et s'inquiéta de voir que ses sourcils étaient froncés.
- Hm, bien sûr, répondit-il avec un petit sourire engageant.
Il éteignit son appareil et le déposa sur son oreiller pour lui montrer qu'il avait toute son attention.
- Si tu ne veux pas répondre je comprendrais, commença-t-il, mais après ce que tu m'as dit hier, je me pose la question.
- Vas-y je t'écoute, l'encouragea Kazuya.
- Tout à l'heure tu m'as dit que le jour où… je t'ai arrêté, tu as compris qu'ils ne te laisseraient pas tranquille. Est-ce que c'était la seule raison qui t'a poussé à… à aller sur ce pont ? demanda-t-il avec précaution.
Il lui était de plus en plus difficile de parler de ce jour-là, et il avait peur de prononcer le mot exact. Et il avait peur aussi de la réaction de Kazuya, mais il avait retenu sa question depuis ce matin et il savait qu'il ne serait pas tranquille tant qu'il n'aurait pas de réponse.
Kazuya prit le temps d'écarter son appareil et de s'asseoir correctement dans le lit avant de répondre. Koki l'imita alors et attendit.
- Quelque chose te fait penser qu'il y a autre chose ? demanda enfin Kazuya.
Il avait l'air hésitant à en parler, comme s'il préférait éviter de se rappeler de ce jour.
- Eh bien, en fait oui, reconnut Koki. Ce jour-là, dans les vestiaires, j'ai croisé des joueurs qui parlaient entre eux et qui disaient qu'ils y étaient allés un peu fort. Sur le moment je n'y ai pas vraiment fait attention, mais avec ce que tu m'as dit ce matin, et aussi en sachant ce que Sugiuchi t'as fait, je me dis que peut-être… il s'est passé quelque chose.
Kazuya soupira avant de porter son regard sur ses genoux. Mais Koki fut étonné de l'entendre répondre avec une voix sûre.
- Tu as raison, il s'est bien passé quelque chose. En fait ça a été le plus gros déclencheur je pense, l'autre n'aura été que la goutte de trop.
Koki saisit sa main entre les siennes et l'invita à continuer d'un regard.
- C'est Sugiuchi, il y avait deux autres joueurs avec lui, les autres ne faisaient que regarder. Il m'a… disons qu'il m'a humilié devant tout le monde. J'étais là à genoux devant eux et lui il disait toutes sortes de choses horribles. Je crois que je ne me suis jamais senti aussi mal de toute ma vie. Je sentais leurs regards sur moi, leurs jugements aussi. Pourtant, la plupart des choses qu'il a dites n'étaient même pas vraies. Mais j'étais incapable de me défendre, ou même de protester.
Kazuya se tut un instant dans son récit. Il sentait la pression des mains de Koki se resserrer sur la sienne. Il devait être en colère et se retenir de ne pas exploser. Pourtant ce n'était pas fini.
- Et après, il a vu que je ne réagissais pas vraiment, et puis les autres ont commencé à lui dire d'arrêter, que c'était bon maintenant. La plupart était retourné à leurs affaires. Ça a dû l'énerver parce qu'il m'a agrippé par les cheveux et il m'a traîné dans les toilettes. Et là il… il m'a plongé le visage dans un lavabo plein d'eau et… j'ai vraiment cru que j'allais mourir comme ça…
Koki avait du mal à contenir sa rage. Comment pouvait-on s'acharner ainsi sur quelqu'un. Ce Sugiuchi avait vraiment un problème. Il lâcha la main de Kazuya pour l'attirer à lui et le serrer dans ses bras.
- Quelqu'un est venu t'aider après ? demanda-t-il le plus doucement qu'il put.
- Non, il s'est juste à nouveau lassé et m'a laissé là. Je me suis retrouvé tout seul, j'étais un peu choqué et quand j'ai repris mes esprits et que je suis retourné dans les vestiaires, ils étaient déjà tous partit.
- C'est pour ça que tu étais encore sur le parking alors que le bus était déjà partit, comprit Koki.
Kazuya acquiesça de la tête avant de se reculer. Koki fut surpris de ne pas voir de larmes dans ses yeux.
- Mais c'est du passé maintenant, je ne veux plus penser à tout ça.
- C'est peut-être du passé mais tu as quand même faillis mourir à cause de ce bâtard ! s'énerva Koki. La prochaine fois que je le vois je te jure que je…
- Non ! le coupa Kazuya. Ne fais rien s'il-te-plaît. Il ne m'a plus rien fait depuis la fois où tu t'es interposé. C'est bon maintenant.
- Mais…
- S'il-te-plait, supplia Kazuya.
- D'accord, si tu y tiens, soupira Koki. Mais si un jour il recommence il n'aura pas intérêt à croiser mon chemin.
Un sourire étira les lèvres de Kazuya.
- S'il recommence alors oui, tu auras le droit de lui faire ce que tu veux.
Koki sourit à son tour, retrouvant son calme. Il se pencha vers son ange et déposa doucement ses lèvres contre les siennes. Il n'en avait pas eu l'occasion depuis qu'ils avaient quittés l'hôtel et cela lui avait manqué. Cela semblait également être le cas pour Kazuya car il répondit immédiatement et fut même le premier à l'approfondir en envahissant la bouche de Koki de sa langue.
Le jeune technicien se retrouva rapidement cloué au matelas sur le dos, Kazuya à califourchon au-dessus de son corps. Il semblait aimer cette position alors il ne protesta pas et se laissa embrasser avec de plus en plus de passion. Pour ne pas être en reste, il posa ses mains sur ses hanches avant de les faire parcourir sur son corps fin mais musclé.
Cependant, quelques minutes plus tard, il inversa les rôles dans le but de mettre un terme à l'échange qui devenait un peu trop incontrôlable à son goût.
- Kazuya ?
- Hmm…
- Pas ce soir.
A ces mots décidés, Kazuya se recula pour croiser son regard, une moue boudeuse se formant déjà sur ses lèvres.
- Pourquoi ?
- Parce que. On est tous les deux fatigués et demain il faut être en forme pour travailler, expliqua-t-il, amusé par l'expression qu'affichait Kazuya.
Celui-ci fouilla son regard à la recherche d'un indice lui confirmant qu'il s'agissait d'une blague, mais quand il ne décela rien que de la détermination, il abandonna et repris sa place dans le lit, tournant obstinément la tête de l'autre côté.
- Tu boudes ? s'amusa Koki.
- Pas du tout.
- Mon dieu, j'ai perverti un ange, fit-il semblant d'être choqué.
Mais la réaction de Kazuya ne fut pas celle qu'il attendait.
- Un ange ? demanda-t-il en tournant la tête vers lui.
- Hm, tu es mon petit ange, confia Koki en appuyant du doigt sur le bout de son nez.
- Eh ?! Pourquoi ?
- Parce que tu es adorable quand tu ris et que tu es lumineux comme un ange.
Les joues de Kazuya se rosirent légèrement.
- C'est vrai ?
- Bien sûr que c'est vrai, s'amusa Koki.
A nouveau, il se pencha vers lui et l'embrassa tendrement.
- Allez, il est temps de dormir maintenant, annonça ensuite Koki.
Kazuya ne protesta pas. Ils éteignirent rapidement les lumières et se souhaitèrent bonne nuit avant de se caler confortablement dans les bras l'un de l'autre.
Trois jours plus tard, le dernier match de la saison régulière marqua la victoire des Chunichi Dragons. Les Giants arrivèrent deuxième et allaient devoir se battre contre les Tigers au cours des playoff pour mériter le droit d'aller en demi-finale. Les matches allaient désormais se succéder dans la dernière ligne droite de la saison.
Le premier des trois matches prévus se déroulerait le lendemain. L'équipe se déplaçait une nouvelle fois sur le territoire des Tigers, mais cette fois-ci la rencontre se jouerait au Dôme d'Osaka et non au stade Kôshien.
Profitant de l'absence de Kazuya, Koki avait téléphoné à Hideo et ils s'étaient mis d'accord pour se rencontrer le lendemain soir dans leur bar préféré.
Ce jour-là, malgré le fait qu'il travaillait, il avait regardé avec ses collègues le match à la télé. C'était une sorte de tradition de supporter leur équipe lorsqu'elle jouait ainsi à l'extérieur à ce moment de l'année. Kazuya n'avait lancé qu'au cours d'une seule manche, mais son travail avait permis à son équipe de maintenir sa domination. Finalement, ils avaient gagné 4 à 2. La prochaine rencontre serait décisive mais Koki avait bon espoir que les Giants se forgent un chemin vers les demi-finales.
Le soir donc, il retrouva Hideo, qui l'attendait déjà, assis au comptoir. Quand il vit son ami arriver, il se releva et ensemble ils se dirigèrent vers une table un peu isolée des autres pour pouvoir discuter tranquillement.
En attendant leur commande, ils parlèrent un peu du match qu'Hideo avait aussi regardé à la télévision, puis après avoir trinqué, ils entrèrent dans le vif du sujet.
- Alors, tu voulais me parler de quelque chose ? invita l'homme aux cheveux longs.
- Oui, je voulais savoir, est-ce que tu es encore en contact avec Hasegawa ? demanda Koki.
- Oui, on se voit encore quelques fois. Pourquoi ? Tu as des problèmes ?
- Oui et non, répondit-t-il. Ce n'est pas vraiment pour moi. Je ne peux pas t'en parler désolé.
- Koki, tu sais que tu peux me faire confiance. Je n'en parlerai à personne.
- Même pas à Hasegawa ?
- A personne, confirma Hideo.
Koki hésita encore un peu, mais il savait qu'il pouvait compter sur son ami.
- C'est Kazuya, confia-t-il alors.
Il vit les sourcils de son voisin se lever sous la surprise.
- Pour faire court, il a hérité d'une dette de son père, et il doit beaucoup d'argent aux Sugiyama.
Une grimace d'Hideo confirma ce que Koki pensait déjà, ce n'était pas bon de se frotter à cette famille.
- Et il ne peut pas payer ? demanda Hideo.
- Si, il pourrait avec son salaire, mais tu les connais, ils ne le laisseront jamais tranquille, c'est trop d'argent gagné facilement pour eux.
- Et donc tu veux voir Hasegawa pour lui parler de tout ça ?
- Non, si je peux éviter j'aimerais qu'il ne sache pas pour Kazuya, ça lui poserait trop de problèmes. Je veux juste savoir s'ils ne peuvent pas faire quelque chose contre les Sugiyama.
- Je comprends. Il ne me parle pas de tout ça mais je peux essayer de t'arranger un rendez-vous avec lui. Par contre ne t'attends pas à grand-chose, même s'ils étaient sur le coup ça m'étonnerait qu'il t'en parle facilement.
- Je sais, mais je veux essayer quand même. Kazuya mérite d'être libre et de pouvoir faire ce qu'il veut.
- Tu t'inquiètes beaucoup pour lui, remarqua Hideo en souriant.
- Hm, tu sais il n'a pas eu une vie facile jusqu'à maintenant alors si je pouvais au moins faire un petit quelque chose pour lui et lui redonner le sourire, je serais heureux.
Hideo le regarda en silence en terminant sa cigarette, un léger sourire aux lèvres.
- Eiji m'a dit.
- Quoi ? demanda Koki en relevant la tête vers son ami.
- Que tu sors avec lui.
- Ah, les nouvelles vont vite, marmonna-t-il.
- Je suis content pour toi, tu as trouvé quelqu'un de bien.
Surpris, Koki ne sut quoi répondre et préféra se taire. La discussion partit ensuite sur un autre sujet et ils terminèrent la soirée ensemble. Avant de se quitter, Hideo lui annonça qu'il le contacterait dès qu'il aurait des nouvelles d'Hasegawa, puis ils partirent chacun de leur côté, rentrant chez eux.
