Merci pour tous vos commentaires
Et sans plus vous faire attendre, voici la suite !
Elle opina de la tête. Il sortit de la voiture et l'aida. Elle s'installa sur le fauteuil et se laissa guider à l'intérieur de la bâtisse. L'odeur lui donna la nausée, mais elle la reconnut. Elle posa une main sur la roue du fauteuil et fit signe de l'arrêter. Elle regardait autour d'elle, comme si elle cherchait quelque chose. Puis sa tête se figea. Elle se leva lentement. Le docteur lui tendit la béquille. Castle voulut l'aider. Le docteur l'en empêcha.
Elle avançait lentement, très lentement. Elle regardait ses pieds. De temps en temps, elle relevait la tête, comme si elle s'attendait à voir quelqu'un ou quelque chose apparaître.
- Elle sait qu'il est mort ?
- On ne lui a pas encore dit, docteur, dit Gates. C'est un problème ?
- Non. Je voulais juste savoir
Elle arriva devant ce qui ressemblait à une porte dérobée.
- On dirait qu'elle sait où elle va
- C'est ce que je pensais, capitaine.
- Comment ça ?
- Je pense qu'il devait la sortir de temps en temps
- D'où votre demande pour les écrans ?
- Oui. Mais là, je pense que ce sera utile pour eux deux
- Vous croyez…
- J'en suis sûr… Elle a dû tout voir. Et surtout les moments les plus difficiles. Y compris son propre enterrement
- Mais c'est monstrueux !
- Il n'y a que comme ça que ça marche ! Je veux dire : pour détruire psychologiquement une personne, quoi de mieux que lui montrer la souffrance des gens qu'elle aime, la cause de leur souffrance.
- Je ne comprendrai jamais comment une personne peut faire autant de mal à une autre personne.
- Pourtant vous voyez des meurtres tous les jours ?
- Une balle dans la tête, un empoisonnement… Ce n'est pas comparable à ce qu'elle a subi. La plupart du temps, la victime n'a rien vu venir. Mais là : le manque d'eau, de nourriture, les coups et j'en passe… Il faut avoir une sacrée dose de haine. Vous ne croyez pas ?
- Vous avez raison, capitaine.
- Vous pensez réussir à…
- La guérir ? Non… Elle gardera des séquelles. Tout comme monsieur Castle. Ils garderont toujours dans un coin de leur mémoire ces évènements. Par contre, atténuer les peurs, les faire exprimer, trouver des parades… Ca je peux le faire.
- Mais il va falloir du temps ?
- Pressée de retrouver votre lieutenant ?
- Non. Mais elle avait commencé une nouvelle vie et j'aimerai qu'elle la reprenne
- Serait-on un peu fleur bleue, capitaine ?
- Si vous le dîtes à qui que ce soit…
- Je ne dirais rien, je vous le promets.
Ils étaient tellement pris dans leur conversation, qu'ils n'avaient pas remarqué que Beckett et Castle s'étaient arrêtés devant une porte métallique.
- C'est la pièce ?
- Oui, docteur. C'est là qu'on l'a trouvé
- Bien. Ouvrons-la
Le grincement de la porte la fit reculer. Castle allait la prendre dans ses bras, mais le docteur s'interposa.
- Seule, monsieur Castle. Elle doit le faire seule, chuchota-t-il
L'odeur qui se dégageait de la pièce leur donna la nausée. Et ils ne la sentaient qu'en étant à l'extérieur. Beckett avait séjourné à l'intérieur.
Elle avança lentement. Une fois à l'intérieur, elle retira ses lunettes. La pièce était plongée dans le noir. Elle fit le tour en passant sa main sur les murs. Elle les connaissait par cœur ses murs. Elle savait où se trouvait chaque rugosité, chaque défaut.
Puis elle arriva dans un coin. Le coin où elle se mettait à chaque fois. Elle s'agenouilla lentement et se pencha vers le sol en béton. Elle le frottait avec la main. Elle semblait chercher quelque chose.
Son comportement les intriguait.
Puis elle sembla avoir trouvé. Sa main passait plus lentement sur le sol. Ou plutôt ses doigts. Comme si elle lisait. Comme les aveugles lisent du braille.
Elle se releva. Elle avait les yeux remplis de larmes. Elle remit ses lunettes, prit sa béquille et quitta la pièce.
Ils allaient la suivre
- Attendez. Laissez-la un peu seule
- Vous ne pensez pas…
- Elle ne marche pas très vite. On la rattrapera… Capitaine, vous auriez une lampe de poche ?
- Oui, comme vous me l'avez demandé
Il prit la lampe et dirigea le faisceau vers l'endroit où elle s'était agenouillée. Il ne voyait rien. Il trouva un vieux clou rouillé. Il passa sa main sur le sol. Il remarqua comme un dessin. Mais il n'arrivait pas à savoir ce que c'était.
Castle sortit de la pièce et revint avec ce qui ressemblait à de la terre
- Ça peut peut-être vous aider ?
- Merci, monsieur Castle
Il déposa la terre sur le dessin et l'étala sur le dessin. Il la tassa légèrement, puis souffla dessus. Il sourit en découvrant le dessin. Il se releva et regarda Castle
- Et vous pensiez qu'elle vous en voulait ?
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?
- Capitaine ?
- Castle vous devriez regarder.
Le docteur tendit la lampe à Castle et quitta la pièce avec Gates, le laissant seul. Ils rejoignirent Beckett qui n'avaient avancé que de quelques mètres.
Castle s'était agenouillé, comme l'avait fait le docteur Burke, puis Gates. Il tenait le clou rouillé dans sa main. Il pleurait devant le « dessin ». Il pleurait car il réalisait que c'était grâce à cette « gravure », qu'elle avait faite, que Beckett avait tenu tous ces longs mois. Il passa sa main dessus.
Elle ne lui avait jamais dit, seulement prouvé par ses gestes. Mais là, sur ce sol. Dans cette pièce où elle avait souffert, elle l'avait gravé : « JE T'AIME CASTLE »
Il se releva et s'appuya contre le mur. Il n'arrivait pas à contenir ses larmes.
Il était resté plusieurs minutes, seul. Il avait attendu que ses larmes veuillent bien s'arrêter. Il ne voulait qu'elle le voie dans cet état. Des deux, c'est elle qui avait le plus souffert. Elle avait dû se débrouiller seule pour tenir tous ces mois. Alors que lui avait été soutenu par leurs amis. Il ne fallait pas qu'il s'écroule. Il se devait d'être fort pour elle.
Il quitta la pièce et referma la porte comme s'il fermait un chapitre de leur vie, de sa vie. Il fallait tourner la page.
Il emprunta le couloir en sens inverse. Il devait les rejoindre. Il devait se trouver auprès d'elle. Il commença à accélérer, mais s'arrêta très vite.
Gates se tenait devant l'entrée du bâtiment, pendant que Burke était penché vers Beckett qui était assise sur les marches.
- Kate, parlez-moi. Je sais que ce n'est pas facile. Je ne fais pas ça pour vous faire souffrir plus que vous n'avez déjà souffert. Mais si on avait attendu, vous auriez encore construit un mur incontournable. Vous vous seriez complètement renfermée. Alors parlez-moi. Dites-moi ce que vous pensez, ressentez.
- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise… Que c'est là-dedans que j'ai été enfermée pendant… Je ne sais même pas combien de temps… Combien de temps docteur ? demanda-t-elle
- Longtemps
- Combien ? Arrêtez de vous défiler comme vous le faîtes à chaque fois
- 6 mois, Kate.
- 6 mois ?
- Oui. On est en juin
- Juin
Elle se prit la tête entre les mains.
- Kate, parlez, criez, hurlez…
- Je ne peux plus. Je l'ai tellement fait. Docteur, si vous saviez…
- J'aimerai savoir, Kate… Pour vous aider
- Il y avait…
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y avait ?
- La lumière…
- La lumière ?
- Oui. Elle m'empêchait de dormir. J'ai essayé… J'ai essayé mais je ne pouvais pas. Elle était trop forte. Et…
- Et ?
- Il faisait chaud… Tellement chaud… Docteur…
- Oui, Kate
- J'avais soif… Tellement soif… Si vous saviez…
- Je ne peux pas savoir, Kate. Je ne l'ai jamais vécu
- Et ce bruit…
- Quel bruit ?
- Je ne sais pas. Je crois qu'il sortait du plafond… Je l'entends encore dans ma tête… si vous saviez comme j'ai mal dans la tête
- On va vous donnez quelque chose pour vous soulager, Kate
- Vous croyez que je ne l'entendrai plus
- C'est vous qui me le direz… Mais avec le temps, il va peut-être disparaître
- J'aimerai tellement…
Elle se leva
- Où allez-vous ?
- J'ai besoin d'air
- On continue après ?
- Entendu
Il s'approcha de Gates et de Castle
- Comment elle va ?
- Il faut attendre capitaine. Elle parle, c'est déjà ça
- Mais ?
- J'attends plus
- Vous attendez quoi ?
- De la colère, de la haine, des pleurs, n'importe quoi… Mais pas cette résignation. Il faut attendre. Peut-être que la prochaine étape…
Et vous monsieur Castle ? Comment allez-vous ?
- Je ne m'attendais pas à ça
- Elle ne se confie pas facilement
- Non, et même si elle est en confiance. Il y a encore quelque chose en elle qui l'en empêche…
- Vous auriez pu être psychiatre monsieur Castle
- Oh, non. Mais je la connais elle. Et pourtant, elle est toujours un mystère…
Maintenant, elle le savait. Six mois. Elle était restée enfermée six long mois. Elle avait perdu six mois de sa vie, de leur vie. Comment pouvait-on rattraper encore tous ces mois, alors qu'ils avaient déjà des années à rattrapées. Années qu'ils avaient déjà perdu à cause d'elle.
Comment pouvait-il encore être à ses côtés ? Après tout ce qu'il avait enduré à cause d'elle?
Elle retourna vers le bâtiment et entra.
Elle se dirigea vers l'escalier. Elle commença à monter, mais s'arrêta et s'appuya contre la rampe. Elle avait mal aux jambes. Castle se précipita mais stoppa en regardant le docteur. Il lui fit signe qu'il pouvait l'aider. Il continua de s'approcha et posa une main sur son épaule. Elle se retourna et plongea son regard dans le sien. Elle comprit ce qu'il allait faire et passa son bras autour de son cou. Il la souleva et gravit les marches.
Arrivé en haut, il la déposa et lui caressa le dos.
Elle avança lentement, se maintenant contre le mur avec son bras plâtré. Elle n'aimait pas la pièce où elle se rendait. C'était là qu'elle avait ressenti les pires souffrances : les coups d'abord, de plus en plus forts au fil des jours. Ce n'était pas la première fois que son bras était cassé. Sur la tête aussi. Les côtes. L'abdomen.
Finalement, elle se rendit dans celle d'à côté. Celle qui servait de salle de bain. Il n'y avait qu'une douche. Toute simple. Un bac. Un pommeau. Un tabouret dans un coin de la pièce. Pas d'intimité. Elle passa devant le docteur en ressortant.
- Pas d'eau chaude, murmura –t-elle
Ils regardèrent tous la douche. Il n'y avait qu'un robinet. Le docteur s'avança et le tourna.
- Pas d'eau chaude, dit-il à son tour
Ils quittèrent à leur tour la pièce. Ils trouvèrent Beckett dans la pièce principale. Elle était assise à la place qu'elle occupait quand il décidait de la sortir de sa cellule. Elle fixait la place en face d'elle. Elle était vide. Quand l'un d'eux se plaça à côté d'elle, elle sursauta et leva le bras pour se protéger le visage.
- C'est moi, Kate, dit Burke en se baissant
Elle rabaissa son bras.
Elle se leva et s'approcha des écrans. Elle passa sa main sur la table située devant. Il n'y avait plus de clavier. Puis elle passa sa main sur les écrans. Puis elle laissa tomber sa tête, la main crispée sur la table. Elle serrait son poing tellement fort que ses jointures étaient blanches.
- Kate ?
- …
- Kate, parlez
- Il manque un écran
- Ah, oui ?
- Il y avait mon appartement…
Elle les surprit tous. Elle savait pour les caméras. Le docteur Burke leur fit signe de sortir. Ils quittèrent la pièce.
- Vous avez vu votre appartement sur un écran ?
- Oui
- Pourquoi vous montrez votre appartement ?
- Pourquoi ? demanda-t-elle en relevant le visage vers lui. Pourquoi ? Pourquoi me montrer mon propre enterrement ? Pourquoi me montrer le loft de Castle ? demanda-t-elle, un début de rage dans la voix. Oui, docteur, pourquoi ? Pourquoi s'est-il amusé à me faire tout ça ? Pourquoi il m'a montré tout ça ? Pourquoi il ne m'a pas tué ? Pourquoi, docteur ?
Elle sortit de la pièce et commença à descendre les escaliers. Mais elle allait beaucoup trop vite et ses jambes la faisaient souffrir. Elle rata une marche et dégringola les suivantes. Castle se précipita pour aller l'aider. Elle était déjà en train de se relever. Il lui prit le bras
- Lâche-moi !
- Je veux juste…
- Je t'en prie Castle. Laisse-moi me débrouiller !
Il relâcha sa prise.
Elle se releva péniblement. Elle se baissa pour ramasser sa béquille. Elle la regarda longuement, comme si c'était un objet précieux, et dans un cri de rage la jeta le plus loin qu'elle pouvait. Elle mit sa main dans sa poche et quitta le bâtiment.
Gates et Burke rejoignirent Castle
- Vous êtes content du résultat ? demanda Castle
- Tout à fait
- Quoi ?
- La colère monte. Il faut qu'elle sorte, qu'elle la libère et là on pourra travailler… Bien, je crois qu'on peut y aller. Capitaine ?
- Heu, oui…
- On va où ?
- A la morgue !
- Quoi ?
- La colère, monsieur Castle, la colère
Ils grimpèrent en voiture et repartirent pour le centre-ville. Ils étaient assis aux mêmes places qu'à l'aller sauf qu'à l'arrière, Beckett était appuyée contre la portière, laissant un vide entre elle et Castle. Elle n'avait plus dit un mot.
Le docteur Burke était légèrement tourné vers elle et l'observait. Il ne pouvait pas voir son regard, mais il connaissait suffisamment les expressions de son visage pour savoir qu'elle bouillait intérieurement. Et les larmes qu'il voyait dévaler sur ses joues le confirmaient.
Gates se gara à l'arrière de la morgue. Lanie les attendait.
Ils sortirent du véhicule. Beckett s'extirpa en se tenant à la portière. Elle souffla avant d'avancer. Castle lui tendit sa béquille. Elle la prit et la jeta au sol. Elle continua d'avancer, suivant le docteur Burke.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda la légiste
- La colère, répondit Castle. La colère… Mais quelle idée…
- Il sait ce qu'il fait Castle. C'est un des meilleurs psychiatres de la ville.
- Si tu le dis
- Fais lui confiance.
Ils les rattrapèrent dans le couloir de la morgue. Lanie indiqua la salle à Burke. Il poussa la porte et laissa passer Beckett. Lanie la rejoignit, contourna la table et attendit que son amie s'approche un peu plus.
Beckett connaissait bien cette pièce. Combien de victimes était-elle venue voir ? Combien de fois était-elle venue voir Lanie ? Combien de fois avaient-elles discuté ensemble de choses personnelles ? Combien de fois son amie l'avait-elle encouragé à sauter le pas avec Castle ?
Elle s'approcha du drap blanc. Elle savait ce qu'il y avait dessous. Elle fit signe à Lanie qu'elle pouvait retirer le drap.
Lentement elle le fit glisser. Elle découvrit les cheveux, le front avec un trou en plein milieu, les yeux fermés, le nez, la bouche qui souriait, le menton et enfin le cou.
Beckett observait ce visage. Quand elle réalisa enfin qui c'était, elle eut un mouvement de recul.
Puis elle se rapprocha. Ses yeux se fixèrent sur la plaie. Elle regarda Lanie
- Qui…
- Moi, dit Gates comprenant qu'elle voulait savoir qui l'avait abattu
Beckett la regarda et opina de la tête. Elle reporta son regard sur l'homme. Trois paires d'yeux étaient fixaient sur elle. Ils ne savaient pas ce qu'elle allait faire.
Elle continuait de l'observer. Elle regarda à nouveau son amie.
- Il est mort Kate. Il ne pourra plus…
Elle lui fit signe de se taire.
Elle prit le drap entre ses doigts et le remonta sur le visage. Elle se retourna pour partir, mais elle se remit face au corps, tira sur le drap et se pencha vers lui
- J'ai gagné ! cria-t-elle
Elle quitta la pièce. Si elle avait pu courir, elle l'aurait fait. Mais elle parvint à sortir et inspira tout l'air qu'elle pouvait. Elle s'assit sur un banc.
- Vous pouvez m'expliquer ce qu'il vient de se passer ?
- Elle extériorise…
- Sa colère ! termina Castle
- C'est bien ça.
- J'espère que vous savez ce que vous faîtes, dit Lanie. Je connais votre réputation, mais ce n'est pas mon amie que j'ai vu là. Elle n'y ressemblait pas.
- Je sais. Mais d'ici quelques jours…
- Je l'espère pour vous… Castle ?
- Oui, Lanie ?
- Je passe tout à l'heure. On mange ensemble à la cafétéria ?
- Si tu veux.
Ils quittèrent la morgue et retrouvèrent Beckett. Burke s'installa à côté et les autres se tinrent à l'écart.
- Alors, Kate
- Il est mort. Il n'y a rien dire… J'aimerai me reposer, maintenant
- Entendu
Ils la ramenèrent à l'hôpital. Comme l'avait dit le médecin le matin même, on l'avait changé de chambre. Elle se trouvait dans un service adjacent à celui de la réanimation. Par avance les infirmières avaient déjà plongé la pièce dans le noir.
Elle souhaitait prendre une douche avant de se coucher. Une infirmière l'aida. Puis elle s'installa dans le lit. Le docteur Burke s'approcha d'elle.
- On se voit demain, Kate ?
- C'est ça, demain, répondit-elle sèchement
Elle retira ses lunettes, lui tourna le dos et enfouit son visage sous la couverture. Elle ne dit plus un mot.
L'infirmière réapparut et s'approcha du lit.
- Mademoiselle Beckett, je dois refaire vos bandages
Elle dégagea son drap. L'infirmière commença par son bras. Puis elle s'attaqua à ses jambes. Elle devait désinfecter chaque morsure méticuleusement.
- Si je vous fais mal…
- Ne vous en faîtes pas
L'infirmière admirait le courage de cette femme, car quand elle voyait ses plaies si infectées, la douleur devait être intenable, et la détersion, un vrai supplice. Et elle ne disait rien. Même pas une grimace. Quand elle eut terminé, elle vérifia son plâtre.
- Que s'est-il passé ? Votre plâtre est fissuré
- Je suis tombé. C'est rien
- Non, ce n'est pas rien. Ce soir, on ne peut rien faire. Mais demain matin, on le refera
- Comme vous voulez.
- Je vous apporte un plateau ?
- Je n'ai pas faim
- De l'eau
- Non
- Kate, tu devrais…
- J'ai envie de rien, Castle !
L'infirmière regarda Castle d'un air désolé, et remonta la couverture sur sa patiente. Beckett s'en saisit et se recouvrit le visage tout en leur tournant le dos
- Il faut qu'elle se repose
- Oui. La journée n'a pas été facile
- Vous voulez un plateau ?
- Non, merci. Une amie va me rejoindre. On ira à la cafétéria.
- Bien… Bonne soirée
- Vous aussi
Une heure plus tard, il fut rejoint par Lanie et Jim. Beckett était toujours sous la couverture.
- Comment va ma fille ?
- Je ne sais pas Jim. La journée a plutôt été éprouvante. Elle s'est couchée et n'a plus dit un mot depuis qu'on est revenu
- Elle dort ?
- Je pense. Elle n'a pas bougé depuis que l'infirmière lui a refait ses pansements
- Et si on allait manger ? proposa Lanie.
- On ne peut pas la laisser…
- Castle, elle ne va pas se sauver. Et puis il y a des infirmières. Ça te fera du bien à toi aussi de te changer les idées car ça n'a pas dû être facile pour toi non plus
- C'est vrai
- Tout le monde est d'accord ?... Allez, on y va
Elle essayait de leur mettre du baume au cœur. Elle voulait leur remonter le moral, même si elle aussi souffrait de voir son amie dans cet état. Mais si Castle, la béquille de Beckett, s'écroulait, jamais son amie ne se relèverait
Environ deux heures plus tard, les gars arrivèrent. Ne trouvant personne dans la chambre, ils se renseignèrent auprès de l'infirmière.
- Je les ai entendus parler de la cafétéria
- Merci
Ils s'y rendirent et les trouvèrent en train de plaisanter.
- Hey, la bonne humeur est de retour, dit Ryan
- Ça fait du bien de rire un peu, dit Lanie
- T'as raison, chica !... Où est Beckett ?
- Dans sa chambre. Elle était fatiguée, dit Castle
- Heu…
- Quoi ?
- On en vient et…
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Castle. Parle Espo.
- Il n'y a personne dans la chambre
- Tu plaisantes. Elle sous la couverture. A cause de la lumière
- Non, le lit est ouvert…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Castle courait déjà vers la chambre. Il entra.
La chambre était vide. Elle avait disparu. Ses vêtements aussi. Ainsi que la béquille.
- NON ! hurla-t-il
