A son cri une infirmière se précipita dans la chambre, suivie par les autres
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Où est Beckett ?
- Je ne sais pas. Je la croyais avec vous
- Vous étiez là quand elle s'est couchée ?
- Oui, mais elle est ressortie juste après vous et comme je vous ai entendu parler de la cafétéria, j'ai cru…
- Merci madame, dit Ryan en lui faisant comprendre qu'ils voulaient rester seuls
- Où est-ce qu'elle a pu aller ? demanda Esposito. Chica ?
- Je ne sais pas. Elle n'a même pas d'argent.
- Le cimetière, dit Castle
- Quoi ? demanda Ryan
- C'est toujours là qu'elle va quand elle a besoin de réfléchir
- C'est vrai, dit son père
- On y va, dit Esposito
Toute sirène hurlante, ils se rendirent au cimetière où était enterrée sa mère. Ils escaladèrent la grille, ne prenant pas le temps de réveiller le gardien. Ils coururent jusqu'à la tombe.
Il n'y avait personne. Mais elle devait être passée. La parcelle où son sosie avait été enterré, était dévastée. Les bouquets de fleurs éparpillé, les vases cassés, son nom barré…
Ryan appela leur chef. Ils avaient besoin d'aide.
Une demi-heure plus tard, elle était là, un café à la main
- Messieurs, Lanie…Vous pensez que cette semaine, on va pouvoir dormir ?
- Chef, Beckett a disparu, dit Ryan
- C'est ce que j'avais cru comprendre… Et donc vous pensez qu'elle est passée ici
- Il n'y a qu'à voir…commença Castle
- Je vois Castle… Burke voulait qu'elle se mette en colère, qu'elle s'exprime… Je crois qu'il a réussi… Bon, où peut-elle être maintenant ? A deux heures du matin ? Monsieur Beckett, une idée ? Castle ?
- Il y a beaucoup d'endroits où elle pourrait être : Central Park, le parc aux balançoires…Coney Island, aussi
- Coney Island ?
- C'est là que je l'avais emmené le jour de l'enterrement de sa mère
- Bien… Faîtes-moi une liste. Je vais envoyer des patrouilles. Et nous on va aller à Coney Island. Ça vous va?
- Entendu
Ils rejoignirent leurs véhicules. Gates prit sa radio et contacta les patrouilles. Mais une mauvaise nouvelle l'attendait. Elle confirma son ordre, puis se tourna vers les autres.
- Messieurs, changement de plan. On va chez Beckett
- Pourquoi ? demanda Esposito
- Il y a eu une effraction
- Qui ?
- Beckett. C'est Beckett qui a fracturé son appartement
Ils se rendirent donc chez elle. Deux officiers de patrouille les attendaient. Ils leur expliquèrent que Beckett avait demandé à son gardien d'enfoncer sa porte. Et que c'était le voisin qui avait appelé la police. Mais à leur arrivée, elle était déjà partie.
- C'est bon messieurs, vous pouvez nous laissez
- Bien chef
- Eh bien ! Pour être en colère !
- En fait chef, l'appartement était déjà un peu comme ça. On aurait dû s'en occuper mais… commença Lanie
- Je comprends… Je vais appeler Burke. Il a mis le foutoir dans sa tête, donc à lui de faire quelque chose
Tout en passant son coup de fil, elle s'approcha d'une commande à l'entrée dont un tiroir était ouvert.
- Qu'est-ce qu'il y avait là-dedans ?
- Son arme de secours, dit Castle
- De mieux en mieux !... Continuez de fouiller. Je veux savoir ce qu'elle compte faire et si possible intervenir avant qu'elle ne fasse une bêtise
- Capitaine, vous ne croyez pas que ma fille…
- Je ne sais pas monsieur Beckett… Je ne sais vraiment pas
- Non, elle ne ferait jamais ça, dit Castle
Tout en fouillant l'appartement, ils mirent un peu d'ordre car comment trouver quelque chose avec tout ce qui traînait. Castle se rappelait vaguement ce qu'il avait fait pendant les quelques jours qu'il y avait passé. Esposito lui apprit que le dernier jour, il était dans un tel état qu'il avait dû le frapper pour le faire sortir.
- Tu m'as frappé ?
- Je n'avais pas vraiment le choix. Et tu connais Lanie !
- Elle te fait peur ?
- Tu n'as pas peur de Beckett ?
- Je te rappelle qu'elle est armée et qu'elle m'a souvent menacé
- Ouais, et Lanie a des scalpels !
- C'est vrai… Mais qu'est-ce qui a pu lui passer par la tête ?
- Tu n'as rien remarqué cet après-midi ?
- Elle a changé de comportement quand on était dans la pièce où il y avait les écrans. Elle est devenue distante. Elle n'a plus voulu que je l'approche… Elle est peut-être retournée à la morgue ?
- Quoi faire ? Le descendre ? Castle, sois sérieux. En plus, si elle était là-bas, on nous aurait contactés
- Je suis toujours sérieux quand il s'agit de Beckett !
- Hé, Castle, ce n'est pas ce que je voulais dire
- Ben, la prochaine fois, ne dis rien
La tension commençait à monter entre eux. Castle était à fleur de peau. Depuis la visite du bâtiment, il ne se sentait pas bien. Il s'interrogeait sur l'attitude de Beckett. Et s'il avait raison ? Si elle ne voulait plus de lui ? Si elle lui en voulait ?
Il était en train de ramasser les vêtements qui jonchaient le sol de la chambre, quand il tomba sur le jogging qu'elle portait quelques heures avant.
- Elle s'est changée avant de repartir
- Tu peux savoir ce qu'elle a mis ? demanda Esposito
- Tu as vu sa garde-robe ? Comment veux-tu que je saches ce qu'elle a pris ?
- Désolé !
Le docteur Burke arriva enfin. Il frappa à la porte ouverte
- Ah, docteur. Vous en avez mis du temps !
- Quand vous avez appelé, je dormais Capitaine
- Vous en avez de la chance !... Comme je vous l'ai dit au téléphone, Beckett a quitté l'hôpital. Elle a dévasté sa « tombe », et ici on a découvert qu'elle s'est changée et qu'elle a pris une arme. J'ai accepté ce que vous m'avez demandé. Vous m'avez dit que c'était pour l'aider. Mais maintenant, elle est dans la nature, armée. Qu'est-ce que je fais ? Où est-elle allée ? Vous avez une idée ? Elle vous a contacté ?
- Elle ne connaît pas mon numéro personnel. Aucun de mes patients d'ailleurs.
- Docteur, je me moque de savoir qui a votre numéro. Je veux retrouver Beckett et en vie
- Je ne pense pas qu'elle va mettre fin à ses jours
- Vous en êtes sûr ?
- Rien n'est…
- Rien n'est jamais sûr ! Je sais. Vous nous l'avez déjà dit. Castle ?
- Chef ?
- Coney Island ?
- Je sais que c'est un endroit qu'elle apprécie.
- Entendu. Esposito, avec Castle, allez à Coney Island. Je vous envoie des hommes de patrouille. Monsieur Beckett ?
- Capitaine ?
- Est-ce qu'elle pourrait être chez vous ?
- Peut-être, mais armée ?
- Vous voulez bien aller voir avec Lanie.
- D'accord
- Docteur, je pense que monsieur Castle avait raison. Jamais j'aurai dû vous suivre dans cette idée absurde. J'aurai dû l'écouter, lui. Il la connaît. Mieux que quiconque. Il sait comment la prendre.
- Il fallait le faire, je vous assure. Sinon, elle aurait enfoui tous ses souvenirs au plus profond d'elle-même
- Ryan ?
- Chef ?
- Vous avez trouvé quelque chose de nouveau ?
- Rien, chef
- On n'avance pas là. Le jour se lève et on ne sait toujours pas où elle se trouve, et on ne trouve rien qui peut nous l'indiquer.
Ils continuaient de fouiller l'appartement, ouvrant les tiroirs, fouillant ses papiers sur le bureau.
Son téléphone sonna. Elle décrocha, écouta l'interlocuteur et raccrocha en secouant la tête.
- C'est pour Beckett, Chef ? demanda Ryan, inquiet
- Appelez Esposito et Lanie. Beckett est retournée dans le bâtiment.
- Là où…
- Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à y retourner ?
- Comment elle va ? Qui…
- La scientifique. Ils venaient récupérer les écrans
- Et ?
- Il n'y a plus rien à récupérer. Elle a tout saccagée. Vous vouliez qu'elle se mette en colère, docteur, je crois que vous allez être servi !
Ils se retrouvèrent tous devant le parc à bestiaux où le responsable de la scientifique les attendait
- Où est-elle ?
- Quelque part dans les étages, chef
- Vous l'avez perdu ?
- On l'aurait bien retenu, chef, mais elle est armée et elle nous a menacés
- Je vous rappelle qu'elle est blessée. Vous auriez pu…
- Pour quelqu'un de blessée, je vous garantis qu'il lui reste des forces. Et en plus, tout le monde sait que c'est une excellente tireuse… Mais je vous rassure. Vous n'aurez aucun mal à la repérer, elle frappe sur tout ce qu'elle trouve avec sa béquille. Surtout les vitres. Mais faîtes attention, elle est très, très en colère…
Gates se retourna vers le docteur Burke, qui opina de la tête, puis refit face à l'homme
- Je vous accompagne jusqu'à la salle des écrans
- Il n'y a plus grand-chose à voir
- Allons-y… Vous autres, vous la trouvez !
- Oui, chef
Ils se dispersèrent dans les couloirs. Gates et Burke entrèrent dans la pièce où se trouvaient les écrans. Ils étaient en miettes. Ils leur montrèrent la salle de bain. La douche n'était pas en meilleur état.
- Docteur, je crois que vous avez atteint votre but.
Les gars et Lanie n'eurent pas trop de mal à la localiser. Elle fracassait tout ce qu'elle trouvait sur son passage, en hurlant. Et ce qu'elle ne parvenait pas à détruire, elle le jetait par la vitre brisée.
Ils avançaient prudemment. Ils ne voulaient pas l'effrayer car par réflexe, elle pourrait leur tirer dessus. Ils arrivent devant la pièce où elle se trouvait. Elle était appuyée le visage contre le mur. Elle pleurait, tout en tapant sur le mur avec sa béquille, ou son poing.
- Beckett ? appela Esposito
Elle se retourna, pointant son arme sur son coéquipier
- Pose ton arme, s'il te plaît
- Sinon, quoi ? Tu vas me descendre ?... Vas-y… Ne te gêne pas… Ça m'évitera de le faire moi-même
- Arrête de dire des bêtises. Tu ne le penses pas.
- Ah, non… Tu me connais mal, Espo… Tu ne sais pas de quoi je suis capable, de tout le mal que je peux faire, surtout aux personnes auxquelles je tiens… Alors, maintenant, tu tires ou tu dégages…
Castle mit sa main sur l'épaule du Latino. Il se retourna.
- Laisse-moi y aller
- Castle, elle est armée, en état de choc… Tu ne sais pas comment elle va réagir
- Elle ne me fera pas de mal
- Castle… Prend mon arme
- Tu plaisantes ? Tu crois vraiment que je pourrais lui tirer dessus ?
Il écarta le latino et se plaça dans l'entrée.
- Kate ?
- C'est pas vrai. Qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne peux pas m'oublier ? Me laisser tranquille ? Tu n'as pas encore compris que tu dois t'éloigner de moi ?
- De quoi tu parles ?
- De quoi je parle ? Mais de tout ce que je t'ai fait subir depuis que tu me connais. Franchement, le jour où tu m'as rencontré, tu aurais mieux fait de te casser une jambe. Je t'ai blessé, je t'ai menti…
- Kate, tu suivais une thérapie…
- Une thérapie ! Tu parles… Encore une excuse derrière laquelle je pouvais me cacher… Je suis lâche, c'est tout. Incapable de…
- Ce n'est pas vrai. Ne dis pas ça, dit-il en avança de quelques pas
- Ne t'approche pas, Castle, dit-elle en pointant son arme sur lui
- Sinon quoi, continua-t-il, avançant encore
- Ne m'oblige pas à tirer, Castle
- Tu ne le feras pas, Kate
- Tu en es si sûr ?
- On ne tire pas sur la personne qu'on aime. On la protège. Comme tu m'as toujours protégé
- Je ne t'ai jamais dit…
- Non. Mais tu l'as gravé…
- Ça ne veut rien dire… C'était pour m'occuper. J'avais du temps à tuer
- Alors, tire… Comme ça tu ne souffriras plus à cause de moi. Je ne pourrais plus te faire de mal
- De quoi tu parles ?
- Sans moi, tu n'aurais jamais eu à subir tout ça. Sans moi, un sniper ne t'aurait jamais tiré dessus. Sans moi, ton appartement n'aurait pas explosé. Sans moi…
- Tu n'es pas responsable de tout ça. Je te l'ai déjà dit…
- Reconnais que si je n'avais pas repris le dossier de ta mère…
- Je n'aurai jamais été aussi loin sans toi. Je n'aurai jamais trouvé le responsable…Castle, je t'ai vu sur les écrans. J'ai vu tout ce que tu as vécu à cause de moi. Je ne veux plus…
- Plus quoi, Kate ?
Il avait le canon de l'arme appuyé contre son cœur. Il la regardait. Elle avait baissé la tête.
A l'aide de deux doigts qu'il plaça sous son menton, il lui releva la tête, la forçant à la regarder
- Plus quoi, Kate ?
- Que tu souffres, à cause de moi, répondit-elle en larmes
- Tu ne m'as rien fait, Kate. C'était Tyson, le responsable. Et c'est à cause de moi si…
- Ce n'est pas vrai. Tu n'es pas responsable…
Les gars et Lanie assistaient à la scène.
Castle se tenait très, très près de Beckett, le canon toujours sur la poitrine. Ils n'arrivaient plus à entendre ce qu'ils disaient. Ils murmuraient.
Gates et Burke les rejoignirent. Le médecin voulut entrer, mais Lanie le retint par le bras
- Non. Laissez-le faire
- Mais l'arme est…
- Elle ne lui tirera pas dessus... Par contre sur vous…
Leurs regards étaient plongés l'un dans l'autre. Ils ne parlaient quasiment plus.
Castle fit un pas supplémentaire, l'obligeant à reculer son bras. Il avança encore, elle dut reculer. Encore un pas. Elle était dos au mur. Il porta sa main vers son visage et lui retira ses lunettes auxquelles elle avait arraché les compresses
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je veux voir les yeux de la femme qui va me tirer dessus. Les yeux de la femme que j'aime.
A ces mots, elle craqua. Elle lâcha son arme et laissa tomber sa tête contre son torse.
- Vas-y, Kate. Laisse-toi aller. Pleure, dit-il en la serrant dans ses bras
- Quand je t'ai vu…
- C'est fini, Kate. Tu es en vie. C'est tout ce qui compte
- Mais tu as tellement…
- Je n'étais pas seul. Alors que toi…
- Je n'étais pas seule non plus. Je t'avais toi, dans mes pensées, dans mon cœur, dit-elle en relevant la tête vers lui
- Oh, Kate !
Il pencha la tête et lui déposa un tendre baiser sur les lèvres. Il la serra plus fort dans ses bras
- Si
tu savais comme je suis heureux qu'on t'ait retrouvé. Tu me manquais tellement. Je ne vivais plus. Je survivais
- Toi aussi, tu m'as manqué.
Elle se laissa glisser le long du mur.
- Hey, qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda-t-il en la retenant
- Mal aux jambes et je suis fatiguée.
- Tu ne veux pas encore démolir quelque chose ? Ou tirer sur quelqu'un ?
- Je n'ai plus la force… Et je ne t'aurai jamais tiré dessus. Tu le sais très bien
- Je le sais, oui… Et si on repartait ?
- Je ne veux pas me retrouver enfermer encore. Même dans une chambre d'hôpital. Je ne…
- Ecoute. On y retourne… Laisse-moi finir. Ton plâtre doit être refait. Ensuite, je vois ça avec le médecin, et je te ramène au loft
- Je ne suis pas encore prête…
- Mère t'a vu, tu sais ?... Ok, je te ramènerai chez toi.
- Merci, Castle
- Toujours, Kate… Tu es prête ?
- Prête
Il se pencha et la prit dans ses bras. Elle passa son bras autour de son cou et se blottit contre lui.
- Heu… Lunettes ? Il fait jour
- Dans ma poche. C'est pas grave. Je cacherai mes yeux dans ta veste
- Parfait !
En franchissant la porte, il sourit à ses amis. Mais le regard qu'il lança au docteur ne prêtait à aucune discussion. Il avançait doucement, car, dès qu'il l'avait prise dans ses bras, elle s'était endormie. Esposito ramassa l'arme et la béquille et tous le suivirent.
Arrivés en bas, le responsable de la scientifique les attendait.
- Je suppose que vous en avez terminé ?
- Vu ce qui restait, chef
- Bien. Dans ce cas, retournez dans vos locaux… Je pense que c'est la dernière fois qu'on met les pieds ici, ajouta-t-elle en regardant le bâtiment. Heu… Pour le matériel détruit…
- Des squatters ?
- Des squatters, bonne idée !
Les gars et Gates reprirent le chemin du bureau. Lanie raccompagna Castle, Beckett et son père à l'hôpital.
Pendant qu'on lui refaisait son plâtre, Castle discuta avec le médecin. Il comprit que Beckett ne voulait pas rester enfermer dans une chambre, bien que celle de l'hôpital fût bien plus grande que la cellule où elle avait vécu pendant six mois. Par contre, il fallait qu'elle se repose. Elle avait beaucoup trop marché depuis sa libération. Il ne lui interdisait pas la marche, mais seulement quelques pas dans la journée. Sinon, ses jambes mettraient plus de temps à guérir.
- Heu, docteur, excusez-moi de vous interrompre, mais je pensais l'emmener dans les Hamptons d'ici quelques jours
- La mer, le grand air… Ça lui fera le plus grand bien. Je suppose qu'il y a des infirmières là-bas aussi ?
- J'imagine, oui
- Bien. Je vais vous préparer une ordonnance pour ses soins. Et une pour ses douleurs. Vous devriez peut-être en parler avec le docteur Burke aussi
- …
- Je sais ce qu'il s'est passé hier, monsieur Castle. Mais je pense qu'il avait raison… Votre réaction est normale vis-à-vis de lui. En plus vous êtes fatigué. Vous avez passé plusieurs jours sans dormir pour la retrouver. En plus, elle est plus qu'une simple collègue pour vous… Mais elle a réussi à évacuer une grande part de sa colère. Maintenant, il faut qu'elle en parle. Et vous devriez lui en parlé aussi
- De quoi voulez-vous que je parle ?
- De votre réaction quand vous avez su qu'elle était encore en vie
- Vous savez aussi
- Je vous ai observé l'autre nuit, quand elle avait tout arraché. Vos amis ont raison. Il y a un lien très fort entre vous deux. Et je pense que ça va vous aider. Mais une aide extérieure pourrait vous être utile.
- Il faut que j'y réfléchisse
- Il n'y a pas urgence. Il faut déjà qu'elle guérisse physiquement.
- Croyez-moi, je vais m'y attacher. Elle redeviendra celle qu'elle était…
- Je n'en doute pas monsieur Castle… Je vous souhaite un bon retour… Tous les papiers sont à l'accueil… Et, si besoin, je suis là
- Je vous remercie, docteur, dit-il en lui serrant la main.
Il sortait quand Beckett entrait poussé par une infirmière
- Bonjour mademoiselle Beckett. Alors comment ça va, aujourd'hui ? La tête
- Toujours mal, mais un peu moins
- Et votre bras ?
- Plâtre refait. Pas de nouveaux problèmes.
- Tant mieux
- J'ai discuté avec monsieur Castle, au sujet de votre départ…
- Et ?
- Comme il sera avec vous, je ne vois aucun inconvénient. Donc après le repas, vous pourrez nous quitter. Mais vous vous reposez ?
- Entendu. Merci
Il quitta la chambre et l'infirmière l'aida à s'installer sur son lit. Elle lui refit ses bandages puis une autre infirmière lui déposa le plateau repas. Elle la regarda surprise.
- Oh, on vous a mis le menu normal. Monsieur Castle pourra manger le plat principal et vous ce que vous pouvez. On a pensé que ce serait plus pratique pour votre dernier repas chez nous
- Ce sera parfait, dit Castle en voyant l'infirmière sortir
Castle approcha son fauteuil du lit de Beckett
- Alors, comme ça, tu comptes manger mon repas ?
- Seulement le dessert, dit-il en souriant
- Dans tes rêves, fit-elle en s'en saisissant. Regarde comme cette purée de je ne sais quoi a l'air appétissante !
- Je crois que je vais me prendre quelque chose sur le chemin du retour !
- Trouillard !
- Et fier de l'être !
Quand elle eut fini de manger son flan, il l'aida à s'installer dans le fauteuil. Il remplit son sac avec ses affaires, le mit sur son épaule et se plaça derrière.
- Toujours décidée à rentrer ?
- Toujours
Ils quittèrent l'hôpital et rejoignirent le taxi qui les attendait.
