Le reste de la semaine se déroula sans progrès réel.
La peur s'emparait de Beckett dès qu'ils approchaient de la porte du sous-sol, mais malgré tout elle se soumettait à l'expérience. Pour le moment, seuls Jim et Castle y participaient. Ils en étaient toujours à un seul néon allumé !
Par contre, les cauchemars avaient refait leur apparition, ainsi que les nuits blanches.
Castle la retrouvait souvent assise sur le rebord de la fenêtre du salon, les yeux fixés sur l'océan, ou alors errante sur la plage.
La semaine suivante fut pire. Pas plus de progrès, mais Beckett se renfermait de plus en plus. Elle ne parlait quasiment plus, avait perdu son appétit qui revenait, et s'isolait, refusant toutes les sorties proposées, préférant restée seule sur la plage.
La dernière semaine de juillet, ils devaient retourner sur New York. Beckett devait aller à l'hôpital se faire retirer son plâtre et passer des radios pour ses autres fractures. Ils ne savaient pas combien de jours ils y resteraient.
Depuis plusieurs jours déjà, il ne l'avait plus tenu dans ses bras. Même la nuit, elle laissait une certaine distance entre eux. Et quand il se réveillait et qu'elle n'était pas couchée, il ne la trouvait pas. Il ne savait pas où elle allait. Elle réapparaissait au moment du petit déjeuner, ne disait rien, buvait son café, prenait une douche et s'installait sur la plage où elle restait seule toute la journée.
Et elle n'était plus retournée au sous-sol.
Le sentiment de culpabilité de Castle grandissait. Il était fatigué, passant la plupart de ses nuits à la chercher. Malgré cela, il continuait de chercher un moyen de la sortir de son mutisme, de l'aider à surmonter ses peurs.
Les autres membres de la famille avaient bien essayé de parler à Beckett, mais à chaque fois elle disparaissait. Alors, ils avaient décidé d'aider Castle, cherchant dans tout ce qu'ils lisaient une solution qui pourrait marchait. Il l'avait aussi encouragé à se reposer, mais il ne voulait pas la laisser. Même si elle ne l'approchait plus, il voulait qu'elle sache qu'il serait toujours là.
Ils prirent la route le mercredi matin. Le silence avait régné dans la voiture. Aucun mot n'avait été échangé.
En tout début d'après-midi, ils arrivèrent à l'hôpital. Beckett fut reçue aussitôt.
Le médecin la conduisit en radio. Ensuite, il lui retira son plâtre.
- Parfait ! Votre bras est complètement reconstruit et il n'y a aucune séquelle. Un peu de rééducation et tout reviendra à la normale. Même chose pour vos autres fractures. Vous êtes toujours dans les Hamptons ?
- Oui
- Je vous conseille la natation dans ce cas… Sinon, comment allez-vous ?
- Bien
Voyant qu'elle ne souhaitait pas parler, il n'insista pas et la raccompagna jusqu'à la salle d'attente où Castle l'attendait. Quand il la vit arriver sans son plâtre, il sourit. Cela faisait au moins une chose de cicatriser. Elle salua le médecin et prit la direction de la sortie sans dire un mot.
- Monsieur Castle, attendez
- Oui, docteur ?
- Est-ce que tout va bien ? Je n'ai pas réussi à lui arracher plus de deux mots !
- Vous avez de la chance. Pour moi et la famille, ça fait plusieurs jours qu'elle ne nous adresse plus la parole
- Que s'est-il passé ?
- J'ai voulu tenter une expérience. Mais visiblement ça lui a fait plus de mal que de bien
- Quelle expérience ?
- J'ai voulu reconstitué les conditions de sa séquestration pour qu'elle n'ait plus peur
- Excellente idée !
- Je n'en suis plus aussi sûr. Et sinon, pour ses fractures ?
- Tout est parfait. Un peu de rééducation et tout devrait revenir à la normale… Et elle a repris du poids
- Pourtant elle ne mange quasiment plus
- En avez-vous parlé au docteur Burke ?
- Non
- Je serai vous, j'irai le voir. Il a des méthodes peu conventionnelles mais c'est un très bon médecin
- Je verrai docteur. Merci pour tout. Je vous laisse, Kate m'attends
- Entendu et si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas
- Je vous remercie encore
Beckett l'attendait sur le parking, près de la voiture. Il déverrouilla les portes et ils s'installèrent. Il démarra et prit la route du loft. Arrêtés à un feu, Beckett ouvrit sa porte et sortit du véhicule. Avant de fermer la porte, elle se pencha vers Castle
- Je rentre à mon appartement
- Quoi ? Pourquoi ? Je peux venir ? T'accompagner ?
- Non. J'ai envie d'être seule ce soir
Elle ferma la porte et s'éloigna, le laissant dépité. Quand le feu changea de couleur, il redémarra. Mais il ne prit pas la direction du loft.
- Je sais que je n'ai pas de rendez-vous, mais j'ai besoin de votre aide
- Pas de problème monsieur Castle. Que se passe-t-il ?
- Depuis plusieurs jours, elle ne parle plus, ne mange quasiment plus, ne m'approche plus… Elle vient même de quitter ma voiture pour rentrer chez elle. Sans explication
- Elle a peut-être envie d'être seule…
- Ou alors, elle vient de réaliser que c'est moi le responsable, que sans moi, rien ne serait arrivé
- Monsieur Castle, on a déjà abordé le sujet. Vous n'êtes responsable de rien. Elle aurait eu un autre partenaire, ce serait arrivé de la même manière. La seule responsabilité que vous pouvez vous reprochez c'est de tenir à elle… Et je peux vous certifier qu'elle tient énormément à vous !
- Ça ne fait pas parti du secret médical ça ?
- Tout comme moi, vous avez vu ce qu'elle avait gravé sur le sol ?
- Oui, et pourtant elle ne me l'a jamais dit
- Ce jour-là viendra. Elle vous le dira
- Oh, vous savez, même si j'aimerai l'entendre au moins une fois, je peux m'en passer car elle me l'a prouvé… Mais là, je suis perdu…
- Vous avez tenté votre expérience ?
- Pendant deux semaines seulement. Et encore, on n'a pas allumé toutes les lampes et je ne lui ai pas fait entendre le bruit. Mais depuis une semaine, elle ne veut plus participer
- Vous auriez dû y aller plus fort
- Vous voulez dire tout mettre en route en même temps ?
- C'est cela… Rappelez-vous quand je l'ai ramené sur les lieux. Je sais que vous n'avez pas aimé ma façon de faire, mais ça a marché. Elle a réussi à extérioriser sa colère
- C'est vrai… Mais là, elle est vraiment terrorisée. Vous l'auriez vu après le feu d'artifice…
- C'est justement cela qu'il faut reproduire… Et après, elle pourra exploser à nouveau
- Comment ça exploser ? Qu'est-ce qu'il va se passer ?
- Je ne sais pas comment elle va réagir.
- Vous ne m'aider pas vraiment là
- Chaque personne a sa façon de réagir face à un traumatisme. Elle peut reproduire ce qu'elle a fait dans l'ancien abattoir
- Vous voulez dire tout casser ?
- Ça ou même s'en prendre à vous. Bien que je ne la vois pas vous faire de mal. Mais elle ne sera pas vraiment elle-même. Elle vous a bien menacé avec son arme !
- Je savais qu'elle ne tirerait pas
- C'est un avantage que vous avez sur moi. Vous la connaissez parfaitement bien. Vous savez lire en elle. Si je pouvais en faire autant avec mes patients, ce serait fabuleux… La connexion qui existe entre vous est vraiment incroyable. J'ai déjà entendu parler de ce genre de phénomène entre deux personnes. Mais en entendre parler et le voir, ce n'est pas la même chose. Vous arrivez à vous comprendre sans vous parler, seuls vos regards suffisent. Même sans être l'un près de l'autre, vous êtes encore capables de savoir ce que ressent l'autre. Je ne serai pas psychiatre, je trouverai ça flippant.
Avez-vous déjà entendu parlé des âmes jumelles ?
- La théorie selon laquelle les êtres humains auraient été constitués de quatre bras, quatre jambes et d'une seule tête à deux visages et que Zeus qui aurait craint leur pouvoir, les aurait coupé en deux, les condamnant à passer le reste de leur existence à rechercher la part manquante ?
- Là, vous me parlez des âmes sœurs, monsieur Castle
- Il y a une différence ?
- Vous avez déjà entendu des personnes dirent « c'est comme si je le connaissais depuis des années » ?
- C'est un peu une phrase passe partout, non ?
- Pas vraiment. Ce sont des personnes qui partagent les mêmes visions et conceptions de la vie, elles se sentent à l'aise chez l'autre et ont un lien profond. Les âmes sœurs ont souvent un lien d'amitié très fort, mais n'ont pas de relation amoureuse.
- Pourtant avec Kate…
- Les âmes jumelles, par contre, sont « l'autre moitié » dans une relation d'amour. Elles ont une relation un peu compliquée. Au moment où une âme jumelle rencontre l'autre, il y a immédiatement une reconnaissance et une sensation de familiarité. La rencontre allume une étincelle dans leur cœur, une étincelle de joie et d'extase les émotions ressenties sont plus profondes que chez les âmes sœurs. Au même moment, des cordes quasi indissolubles se tissent entre les deux personnes.
Les sentiments que les âmes jumelles chérissent l'un pour l'autre vont plus loin que ce que ressentent des personnes amoureuses. C'est une des raisons pour lesquelles des âmes jumelles ne peuvent pas se lâcher et sont simplement vouées à se compléter.
Une relation sexuelle entre les deux âmes n'est pas non plus indispensable vu que le lien dépasse de beaucoup le plan physique. Je ne dis pas que ça ne peut pas se faire, mais son accomplissement n'est pas essentiel pour leur relation. Mais si ça arrive, cela signifie que les deux âmes sont prêtes à être réunies à tous les niveaux. Si des âmes jumelles ont la possibilité de vivre une relation, toutes les barrières pourront être vaincues. Bien entendu, elles auront leur part de difficulté et de chagrin, mais leur lien sera si puissant qu'elles pourront tout vaincre grâce à la force et la profondeur de leur amour réciproque.
Elles ne demandent rien de l'autre, car elles sentent ce dont l'autre a besoin.
- J'ai l'impression que vous parlez de Kate et de moi ?
- Et j'ai tort ? Vous ne pouvez pas dire que votre relation a été simple ! Et malgré toutes les épreuves, vous êtes resté près d'elle. Et finalement, elle est venue à vous.
- C'est vrai
- Monsieur Castle, depuis le jour où vous l'avez rencontré, vous avez changé. Je ne connais pas votre vie privée, mais j'ai lu des articles sur vous. De vieux articles. Et quand j'ai rencontré Kate, elle m'a parlé de votre partenariat et j'ai lu les nouveaux articles. Vous n'êtes plus le même homme. Cet homme fantasque, qui signait ses autographes sur la poitrine des femmes, qui arrivait aux réceptions avec une femme différente au bras. En plus vous vous êtes investi dans le travail de Kate
- C'est elle qui m'a changé
- Et vous l'avez changé aussi. Je ne l'ai connu qu'après qu'on lui ait tiré dessus. Mais c'est grâce à vous si elle a pu s'en sortir
- Vous l'avez aidé aussi ?
- Si peu… Elle a beaucoup travaillé sur elle-même. Elle luttait contre ses sentiments, jusqu'à ce qu'elle arrive enfin à les admettre… Si vous l'aviez vu quand vous avez fait équipe avec cet autre officier de police, ou quand vous êtes arrivé avec une hôtesse de l'air à l'adresse qu'elle vous avait donné
- Elle vous a parlé de ça aussi ?
- Oh, elle m'a parlé de beaucoup de choses… Elle a eu très peur ce jour-là. Elle était en colère. J'ai tenté de lui expliquer que vous essayiez de vous protéger, sentimentalement parlant. Mais elle a vraiment cru qu'elle allait vous perdre !
- Aucune femme ne pourra jamais la remplacer dans mon cœur. Je n'imagine plus ma vie sans elle… J'ai failli la perdre plus d'une fois, et la dernière fois…
- Je sais. J'étais là.
- Vous étiez à l'enterrement ?
- Oui. Je vous ai vu. J'ai entendu votre éloge. Et c'est vrai. Vous la connaissez très bien, vous et vos amis. Vous êtes les seuls à avoir déposé un simple bouquet de fleurs des champs.
- Kate est une femme simple. Elle n'est pas une femme d'argent… Vous savez ce qu'elle m'a dit un jour ?
- Dites-moi
- Tout ce qu'elle veut c'est avoir quelqu'un qui serait là pour elle et pour qui elle serait là aussi… Et je veux être ce quelqu'un
- Je crois que vous l'êtes déjà
- Je l'espère tellement
- Laissez-lui un peu de temps. Elle n'est libre que depuis un peu plus d'un mois. Elle a des choses à régler intérieurement. Mais ses sentiments pour vous sont réels et rien ne pourra les changer… Vous êtes bien placés pour savoir que parfois elle peut être compliquée
- Seulement parfois ?
- Vous m'avez compris, monsieur Castle !
- Oui, docteur.
- Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ?
- Je vais rentrer chez moi
- Je parlais de Kate ?
- Je vous avais compris… Je vais attendre qu'elle revienne vers moi… De toute façon, il ne faut pas la brusquer, sinon elle va se refermer encore plus
- Vous êtes vraiment un homme à part.
- Je l'ai attendu quatre ans. Je ne suis pas à quelques jours près
- Je ne pense pas que ça durera des jours. Vous avez prévu de repartir quand ?
- Je pensais demain, mais…
- Elle le sait ?
- Bien sûr
- Alors elle sera là
- Vous êtes bien sûr de vous ?
- Je ne la connais peut-être pas aussi bien que vous, mais je la connais assez bien. Vous verrez. Elle viendra
- On verra… Je vous remercie docteur, et encore désolé de vous avoir dérangé…
- Vous ne me dérangerez jamais si c'est pour Kate ou pour vous. Venez quand vous voulez. Et tenez-moi au courant.
- De toute façon, vous devrez la voir avant qu'elle reprenne le travail ?
- Oui, c'est moi qui doit décider si elle sera apte ou pas. Mais comme c'est vous qui vous en occupez, il faudra que vous me disiez où elle en sera
- Vous me ferez confiance ?
- Vous la laisseriez reprendre s'il y avait le moindre risque ?
Ils se sourirent et se quittèrent sur ces dernières paroles.
Castle reprit sa voiture et se rendit chez lui. Une fois dans le parking souterrain, il n'avait pas envie de se retrouver seul dans son loft. Il ressortit de l'immeuble et décida d'aller se promener dans Central Park.
Quand elle avait quitté la voiture, elle avait pris la direction de son appartement. Mais plus elle avançait, plus elle ralentissait. Ses pas la menèrent dans Central Park. Elle avait marché toute la fin d'après-midi. De temps en temps, elle s'était assise sur un banc pour regarder des enfants s'amuser, ou observer des couples de jeunes amoureux élaborant des projets d'avenir. Puis elle reprenait son chemin. Quand la nuit fut tombée, elle se rendit compte qu'elle ne se trouvait pas loin de l'immeuble de Castle. Elle s'était assise sur un banc et scrutait l'étage du loft. Il n'y avait aucune lumière.
Castle s'était promené un long moment avant de s'asseoir sur un banc. Il profitait de la fraîcheur de la nuit et de la légère brise qui lui caressait le visage.
Il était là, repensant à sa discussion avec le docteur Burke quand il se rendit compte qu'il n'était pas seul dans le parc. Il y avait quelqu'un assis sur un autre banc, juste en face de chez lui. Et il connaissait cette personne. Cette silhouette, il était capable de la reconnaître n'importe où. La brise soulevait délicatement ses longs cheveux. Il aurait voulu s'approcher, la prendre dans ses bras, mais il savait que ce n'était pas le bon moment.
Il vit une lumière. Il comprit qu'elle venait de prendre son téléphone. Il sortit le sien, espérant recevoir un message. Mais rien ne vint.
Puis il la vit se lever, et sortir du parc.
Il se leva à son tour et la suivit discrètement, pensant qu'elle se rendait au loft. Mais arrivé à la sortie du parc, elle avait disparu.
Il rentra chez lui.
Elle arriva de bonne heure au 12th. Comme cela lui arrivait si souvent avant. Sauf que là, ce sont ses pas qui l'y avaient conduite. Elle n'était pas rentrée chez elle. Elle avait erré toute la nuit dans les endroits silencieux de cette ville qu'elle connaissait si bien. Pas de bruit dans ses rues désertes, ni de lumières. Le paradis des SDF. Ils ne l'avaient pas abordé car en la voyant ils l'avaient prise pour une âme en peine comme eux. Une nouvelle.
Il y avait de la lumière à la morgue. Elle s'y rendit.
Lanie pratiquait une autopsie.
- Une nouvelle affaire ?
- Hey, Kate ! Qu'est-ce que tu fais là ? Je te croyais dans les Hamptons ?
- Je devais voir le médecin
- Et ?
- Ça va. Tout est en ordre comme il dit
- Mais ?
- Tout n'est pas en ordre
- Il te faut du temps… Tu le sais… On va t'aider à t'en sortir… D'ailleurs, en parlant de ça, où est ton homme ?
- Il doit être au loft
- Il doit ?... Viens t'asseoir et dis-moi ce qu'il se passe… Un problème avec Castle ?
- Non, il est adorable
- Mais ?
- C'est moi le problème.
- Tu sais que tu peux tout me dire. Tu n'envisages pas…
- Non. Mais si lui l'envisageait, je ne lui en voudrais même pas.
- Il ne fera jamais ça. Il ne t'a pas attendu quatre ans, pour t'abandonner à la première occasion. Et surtout dans ces circonstances. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- J'ai peur Lanie
- Peur de quoi ?
- De tout !... Les lumières… Le bruit… De n'importe quoi… Comment je vais pouvoir reprendre mon travail, si je sursaute au moindre son, ou si…
- Tu as déjà connu ça avec l'affaire du sniper, et tu t'en es sortie !
- Ce n'était pas pareil, Lanie. On m'avait tiré dessus. Mais là, c'est dans ma tête. J'ai ce bruit en permanence qui résonne. Je n'arrive pas à m'en débarrasser. J'ai mal, Lanie.
- Le médecin ne t'a rien prescrit ?
- Si, mais ça ne fait rien
- Tu en as parlé à Castle ?
- Il a installé des néons dans le sous-sol de sa villa pour essayer de m'aider. Mais je ne peux plus y aller. Rien que d'approcher cette maudite porte et… Du coup, je reste seule dans mon coin. Je ne sors plus. Et le pire, c'est que je l'évite aussi… Je recommence à le faire souffrir, Lanie… Et pourtant, si tu savais comme il me manque…
- Au moins, tu en es consciente. C'est déjà ça
- Mais qu'est-ce que je peux faire ?
- Il faut que tu lui parles. Dis-lui ce que tu ressens… Ce n'est pas en t'enfermant chez toi…
- Je ne suis pas rentrée chez moi
- Tu n'es pas rentrée chez toi ? Mais qu'est-ce que tu as fait toute la nuit ?
- J'ai marché
- Tu sais qu'on est sensé dormir la nuit… Ou faire autre chose !
- Lanie !... Je n'arrive plus à dormir depuis… Et pour ton autre chose, comme tu dis,…
- Je sais, tu étais blessée… Tu n'arrives pas à dormir ? Tu veux que je te prescrive quelque chose ?
- Non, je ne veux pas devenir dépendante de pilules
- Juste pour un temps ?
- Non, Lanie. C'est gentil, mais je dois y arriver seule, comme pour le reste
- Et tu vas faire comment ?
- Je ne sais pas… Je vais te laisser. Tu as du travail et je dois voir Esposito
- Oh, il est là. On a eu cette affaire il n'y a que quelques heures
- Et avec… Le nouveau, ça se passe comment ?
- Mac Lane ?
- Oui. J'avais oublié son nom
- Un nom pareil, ça ne s'oublie pas Kate ! Enfin, ça se passe
- Un problème ?
- Disons qu'il n'est pas toi. Et tu sais ce que les gars pensent de toi
- Je ne suis pas irremplaçable !
- Ils n'ont pas voulu que tu sois remplacée alors que tu étais… Mais bon, après lui avoir fait comprendre que ton bureau, c'était ton bureau et qu'on ne devait pas toucher à tes affaires, ils ont dû lui rappeler aussi qu'il n'était là que pour un temps limité
- Mais pourtant…
- Oui, il nous a aidés à te retrouver et ils lui en sont reconnaissants, mais ça s'arrête là. Il a des idées bien arrêtées, il refuse d'admettre qu'il ait pu se tromper et surtout…
- Surtout ?
- Depuis qu'il t'a vu, il fait une fixation sur toi
- Il sait pourtant que je suis avec Castle
- Ça n'a pas l'air de le déranger ! En plus, il est persuadé que Gates va le garder et jeter Castle car comme il le dit si bien « ce n'est qu'un consultant »
- Il dit ça ?
- Il le dit
- Castle fait partit de mon équipe. C'est le meilleur équipier que j'aie jamais eu. Et pour un consultant, je trouve que beaucoup de flics devraient prendre exemple sur lui
- Il est plus qu'un équipier ?
- Beaucoup plus, Lanie, et tu le sais
- Je le savais même avant toi
- C'est vrai… Bon, j'y vais. A bientôt, Lanie, et merci
- Merci pour quoi ?
- Pour tout
Elle quitta la morgue et se dirigea vers l'ascenseur.
Quelques secondes plus tard au loft, un téléphone sonna
- Castle
- Salut Castle, je ne te réveille pas ?
- Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit
- Ben, au moins vous êtes deux
- Tu as vu Kate ? Comment elle va ?
- Du calme. Elle va bien. Si tu veux la voir, elle est au 12th. Elle va voir Esposito
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, mais tu n'as qu'à venir et tu le sauras
- Tu sais, je ne sais pas si…
- Je te dis de venir ! Alors tu viens… Castle ?
- J'arrive
Quand elle sortit de l'ascenseur, elle ne vit que le nouveau devant un bureau. Puis en faisant un rapide tour d'horizon, elle s'aperçut que ses coéquipiers étaient dans la salle de repos. Elle les rejoignit
- Je croyais que vous aviez une affaire en cours ?
- Yo, Beckett !
- Hey, Beckett !
- Salut les gars ! Alors, on a une affaire et on se prélasse devant un café ?
- On attend un appel de Lanie
- Il ne devrait pas tarder.
- Vous l'avez vu ?
- Je sors de chez elle. Elle fait l'autopsie
- Elle ne vous a rien dit ?
- Ryan, je ne travaille pas… Et je n'étais pas venue pour ça !
- Et qu'est-ce qui vous amène ?
- En fait…
- Hé, bonjour lieutenant Beckett
- Heu… Bonjour lieutenant…
- Mac Lane
- Oui, Mac Lane
- Ne me dîtes pas que vous venez déjà reprendre ma place
- En fait, c'est ma place, lieutenant. Et non, je ne reviens pas. Pas encore, du moins. J'ai quelque chose à demander à mes collègues
- Allez-y demander. Je suis sûr qu'il n'y aura aucun souci
- Merci bien, mais je n'ai jamais eu de souci avec mes équipiers, répondit-elle sèchement… Je ne sais pas quand je vais revenir des Hamptons…
- Oh, vous êtes encore là-bas ?
- Ça vous pose un problème ?
- Heu, non
- Parfait… Donc, comme je le disais avant d'être interrompue, je ne sais pas quand je vais revenir. Mais à mon retour, j'aurai besoin de vous pour l'entraînement. Maintenant que mes blessures sont cicatrisées et que d'ici mon retour, j'aurai repris des forces, il faudra que je reprenne un peu le combat. Histoire de me remettre à niveau.
- Si vous promettez de ne rien nous casser !
- Ryan, j'ai parlé d'entraînement
- Si vous voulez je pourrai aussi vous aider. J'ai toujours rêvé d'un corps à corps…
- Yo, Castle
- Hey, Castle
- Salut les gars ! Bonjour Kate
- Salut Castle, dit-elle en s'approchant de lui. Comment tu … Lanie ?
- Lanie… Je tombe mal
- Non, j'étais venu demandée un service à Kevin et Javier
- Et cette histoire de corps à corps avec le lieutenant Mac Lane ?
- Je pense que le lieutenant…
- John, s'il vous plaît
- Je pense que le lieutenant n'a pas compris ma demande. Je parlais d'entraînement et…
- Si, j'ai bien compris. Vous voulez revenir au top niveau et je voulais vous faire comprendre que j'étais disponible pour vous aider
- Merci, mais ça se passera très bien avec Javier et Kevin
- Dommage. J'aurai bien aimé…
- Ecoutez, lieutenant, s'énerva-t-elle. Je vous rappelle que vous n'êtes là que le temps de mon absence
- Hé, je sais !
- Apparemment pas, ou vous l'avez mal compris. Mon équipe se compose de Javier, Kevin et Castle. Et contrairement à ce que vous pensez, Castle ne partira pas.
- Je n'ai jamais…
- Ecoutez. Ce n'est pas parce que je ne suis pas là, que je ne sais pas ce qu'il se passe ici. Si vous voulez intégrer le 12th, vous pouvez essayer, mais pas dans mon équipe… Et pour le combat rapproché… Ou le corps à corps, comme vous dîtes, j'ai un très bon entraîneur !... J'ai été suffisamment claire, ou je dois préciser certaines choses ?
- Heu, non, c'est très clair. Mais je vous assure…
- Ne m'assurez rien… Ah, autre chose. Quand on vous dit que vous vous trompez, admettez-le. Et peut-être qu'à ce moment-là on vous respectera !
- Je ne vois pas ce que le respect vient faire là-dedans ! L'important c'est de résoudre les affaires, non ?
- Résoudre les affaires, c'est important, c'est vrai. Mais respecter les autres et se faire respecter est aussi important. Dans une équipe, toutes les idées sont bonne s à prendre !
- Vous voulez parler des idées de monsieur Castle ? Je ne suis pas là depuis longtemps, mais moi aussi j'ai appris des choses ! Notamment sur ses théories avec la CIA, les extra-terrestres… Franchement…
- Vous ne pouvez pas imaginé à quel point ses idées ont pu nous aider… Elles peuvent être parfois farfelues, mais le plus souvent, il tombe juste… Et vous savez quoi ? Dans le métier qu'on fait, c'est agréable d'avoir quelqu'un comme lui. Il nous évite de déprimer avec ce qu'on voit. Il rend le travail plus agréable… Et quand vous en aurez fait autant que lui, vous pourrez le juger. Mais pas avant. Vous ne savez pas ce qu'il vaut, moi si !
- Vous dîtes ça parce que c'est votre petit ami. Vous n'êtes pas objective !
- Quoi ? Je ne suis pas objective. Laissez-moi vous dire…
- Kate, laisse tomber.
- Castle, il n'a pas le droit de…
- Ça ne fait rien ce qu'il pense de moi. Ce que toi tu penses, et ce que les gars pensent est important.
- Castle…
- Viens, on rentre, dit-il en la prenant dans ses bras… Les gars, vous n'avez pas répondu pour…
- Il n'y a pas de souci. Dès que vous revenez, vous nous appelez
- Hé, Castle, tu pourrais te joindre à nous ?
- Pourquoi pas ?
- Allez, retournez vous reposer. Hé Castle ?
- Espo ?
- On compte sur toi
- Vous pouvez
Il prit Beckett par la taille et ils quittèrent la salle de repos.
- Beckett ? Castle ? Qu'est-ce que vous faites-là ?
- Bonjour chef. J'étais passée voir les gars
- Je vois qu'on vous a retiré votre plâtre
- Oui
- Comment ça va Beckett ?
- Bien, pour le physique. Et avec un peu d'entraînement…
- Cela viendra avec le temps. Ne vous en faîtes pas.
- Maintenant, je dois m'occuper du reste
- Vous êtes entre de bonnes mains
- Je sais
- Castle, occupez-vous en bien. Nous comptons sur vous ici. Nous espérons revoir Beckett au plus tôt.
- Des problèmes avec Mac Lane ? demanda Castle
- Disons qu'il n'est pas Beckett !
