Ils quittèrent le commissariat et se rendirent sur le parking où Castle avait garé sa voiture. Arrivé près de la portière passager et avant de la déverrouiller, il coinça Beckett contre la carrosserie.

- Je te ramène à ton appartement ?

- Non. Aux Hamptons… Je ne suis pas allée chez moi

- Tu es allée où ?

- Nulle part. J'ai marché

- Toute la nuit ?

- Toute la nuit. Et je suis arrivée à la morgue

- Besoin de Lanie, d'une conversation entre filles ?

- Un peu de ça

- Ça t'a réussi, on dirait

- Tu trouves ?

- C'était gentil ce que tu as dit sur moi tout à l'heure

- Il n'avait pas le droit de…

- Hey, je te l'ai dit. Je me fiche de ce qu'il pense de moi. Ce qui est important c'est ce que toi tu penses, ou Lanie, ou les gars. Même Gates. Mais les autres…

- On sait ce que tu vaux. Tu fais partie de notre équipe. Et jamais je n'accepterai qu'on puisse te critiquer là-dessus

- Et pour le combat au corps à corps ?

- Ah, ça tu l'as retenu

- Tu n'as pas répondu à la question

- Ce n'est pas du combat avec toi

- Mais ça pourrait être marrant, non ?

- Si te retrouver au tapis, tu trouves ça amusant !

- Parce que tu crois…

- Attend que je sois en pleine possession de mes moyens et tu verras

- Je ne sais pas si je vais pouvoir attendre jusque-là, dit-il en s'approchant d'elle et en la prenant dans ses bras

- Je croyais que tu étais patient, dit-elle en l'enlaçant à son tour… Je suis désolée Castle

- De quoi ?

- De mettre éloignée de toi ces derniers jours

- Ce n'est rien. Tu avais besoin d'un peu d'espace, de temps, de réfléchir…

- Je ne sais pas de quoi j'avais besoin, mais je n'avais pas le droit de te faire subir ça… Tu as dû croire que je te rendais responsable… Ne secoue pas la tête. Je te connais

- Tu as raison

- Pourquoi tu ne dis jamais rien ? Pourquoi tu acceptes tout ?

- Qu'est-ce que tu voudrais que je fasse ? Que je t'oblige à m'expliquer ce qu'il se passe dans ta tête ?

- Ce serait un début !

- Oui. Pour que tu te refermes sur toi-même. Pour que tu te mures à nouveau

- Je ne suis pas simple comme fille ?

- Tu ne serais pas Kate Beckett sans ça, ma Kate Beckett

- Je vais changer, je te le promets

- Je ne veux pas que tu changes. Il faut juste que tu redeviennes celle que tu étais, avec tes défauts et tes qualités

- Ce ne sera pas simple

- Je sais, mais les choses n'ont jamais été simples entre nous, rappelles-toi

- C'est vrai. Mais toi tu as changé

- Non, j'ai changé mon image publique. C'était facile ça, puisque ce n'était pas moi

- Je le sais depuis longtemps ça, dit-elle en lui caressant la joue

Elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa délicatement, tendrement. Sa main glissa lentement dans sa nuque et remonta dans ses cheveux lui faisant lâcher un léger grognement. Il se colla davantage à elle et approfondit leur baiser.

A une fenêtre du 12th, les gars avaient assisté à la scène, ainsi que Mac Lane

- Je ne vois vraiment ce qu'elle lui trouve… Non, mais franchement, regardez-le

- Hey, tu parles de notre coéquipier

- Ce n'est qu'un civil le latino !

- Lieutenant Latino, s'il-te-plaît

- Je croyais que…

- Ben c'était avant que tu insultes notre ami… Et pour ton info, ils vont très bien ensemble. Je n'ai jamais connu un couple si complémentaire. J'aimerai connaître ne serait-ce que la moitié de ce qu'ils peuvent vivre ensemble

- Je croyais que tu avais une copine

- C'est vrai et Ryan est marié. Mais nous n'avons pas ce qu'ils ont. C'est unique et rien ne pourra les séparer.

Sur le parking, ils avaient oublié tout ce qui les entourait. Enlacés, ils savouraient le fait de s'être retrouvés après tous ses jours de séparation et de silence. Il sortit sa télécommande et déverrouilla les portes

- On rentre ?

- Je te suis

Ils s'embrassèrent une dernière fois et montèrent en voiture.

Castle dut s'arrêter pendant le trajet de retour, c'était l'heure du déjeuner. Et même si Beckett ne mangeait pas beaucoup, il voulait qu'elle reprenne des forces.

Après avoir pris leur commande, ils s'étaient installés sur la terrasse, à une table, un peu à l'écart des autres.

Aucun des deux ne mangeait vraiment, se contentant de picorer çà et là une frite. Beckett l'observait. Lui regardait au loin, perdu dans ses pensées.

- Hey, fit-elle en lui caressant le bras

- Heu… Désolé, je n'ai pas entendu ce que tu disais, dit-il en sursautant

- Je n'ai rien dit ! Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien… Rien de particulier

- Castle ?

- Je suis juste un peu fatigué… Je n'ai pas beaucoup dormi ces derniers jours

- A cause de moi évidemment !

- Kate, dit-il en se levant et en l'invitant à se lever pour marcher un peu. Je me suis toujours inquiété pour toi. Depuis le début de notre partenariat. C'est vrai que depuis que nous sommes ensemble, je m'inquiète peut-être un peu plus. Mais tu ne pourras pas m'en empêcher…Tout comme je sais que tu t'inquiètes pour moi dès qu'on est sur le terrain…

- Tu veux que je conduise ?

- Tu n'as pas dormi beaucoup plus que moi !

- Alors on a qu'à se reposer avant de reprendre la route. J'ai vu un petit coin sympa là-bas

- T'es sûre ? Parce que si on s'endort…

- On arrivera quand on arrivera

Castle déplaça sa voiture et se gara près de l'endroit où Beckett s'était rendue. Il sortit une couverture du coffre et l'étala sur le sol. Au début, il s'était adossé à un arbre, Beckett dans ses bras. Puis, tout doucement, il s'était retrouvé allongé à même le sol, Kate reposant contre son torse.

C'est la légère brise de fin de journée qui les réveilla. D'abord Beckett qui commença à resserrer son étreinte autour de Castle pour tenter de se réchauffer, puis lui, quand il la sentit bouger.

Il ouvrit les yeux et s'aperçut que le soleil avait disparu. Ils avaient dû dormir environ trois ou quatre heures. Il la sentit à nouveau bouger, tentant de mettre son visage dans son cou. Il resserra son étreinte et soupira d'aise. Cela faisait tellement de jours qu'il ne l'avait pas senti comme ça contre lui. Il souhaitait que ce moment dure encore et ne la réveilla donc pas.

Mais tout a une fin.

Elle se réveilla à son tour mais ne bougea pas, restant blottie contre le torse de Castle

- Je crois qu'on s'est endormi plus longtemps que prévu, murmura-t-il

- Ça nous a fait du bien

- Tu as raison… Mais maintenant, on devrait prendre la route

- Non… Pas tout de suite

- Tu as froid

- Jamais dans tes bras, dit-elle en redressant la tête pour l'embrasser

- Qu'est-ce que t'a dit le médecin ?

- Tout va bien. Physiquement, du moins. Plus de fractures !

- Ne t'inquiète pas. Je t'aiderai pour le reste

- Je sais, mais…

- Pas de sous-sol. Promis. Je trouverai autre chose. En attendant, on s'occupera de ton entraînement !

- Tu vas faire du sport ?

- Hé, j'en suis capable. Ce n'est pas parce que je passe du temps derrière un écran que je…

- Je plaisante Castle. Je sais de quoi tu es capable

- Ah, oui ? demanda-t-il en la faisant pivoter et se retrouvant ainsi au-dessus d'elle

- Tu sais que ce n'est pas comme ça qu'on va rentrer ?

- Je te l'ai proposé tout à l'heure et tu as refusé !

- Je sais… Et je n'ai pas dit que je voulais rentrer

- Je te rappelle qu'on est sur un parking

- On ne fait rien de mal !

- Tu sais de quoi tu parles. Tu es officier de police !

- Je te rappelle que je n'ai pas de plaque !

- On n'en n'a pas besoin. Comme tu l'as dit, on ne fait rien de mal !... Alors, comme ça, physiquement, tout va bien ? demanda-t-il en la regardant de la tête aux pieds avec un petit sourire en coin

- C'est ce qu'a dit le médecin ! Pourquoi ?

- Non, je voulais être sûr d'avoir bien entendu

- Une idée derrière la tête, monsieur Castle ?

- Pas seulement là !

- C'est bien ce qu'il me semblait ! dit-elle en les faisant pivoter. Mais pour ça, il va falloir qu'on rentre !

Ils s'embrassèrent langoureusement et longuement. Quand ils se séparèrent, ils se relevèrent. Elle replia la couverture, puis ils reprirent la route pour les Hamptons.

Quand ils arrivèrent, les autres venaient à peine de se mettre à table. Aussitôt, ils leur mirent des couverts et les invitèrent à s'asseoir.

- Alors, comment tu vas ?

- Bien, papa. Je n'ai plus de fracture ! Et j'ai même repris un peu de poids

- Bonne nouvelle ! Je suis content !

- On l'est tous, dit Martha. Il faut fêter ça !

- Attendez, Martha. Il reste encore beaucoup de choses à régler. J'ai de la rééducation à faire pour commencer, et puis il y a tout le reste, la lumière, le bruit…

- Kate, on en a parlé, dit Castle. Tout viendra à temps. Tu dois juste être patiente

- Je sais, mais ce n'est pas dans…

- Tes habitudes ? demanda son père

- C'est ça

- On le sait tous ici. Pourquoi crois-tu qu'on est tous ici avec toi ? Parce qu'on veut t'aider à surmonter toutes les épreuves que tu dois traverser. Et quel que soit le temps que ça prendra, on sera là !

- Je sais, papa. Et je vous en remercie. Mais il y a certaines choses que je devrai faire seule, pas parce que j'en ai envie, mais parce que je n'ai pas le choix. Et j'aimerai que vous l'acceptiez tous.

- Je suis prêt à l'accepter, dit Castle. Mais tu dois nous promettre de ne pas te murer, de nous parler quand quelque chose te préoccupe. Je ne veux pas revivre ce que nous avons vécu ces derniers jours

- Je vais essayer

- On se contentera de ça. Pour le moment.

- En attendant, je ne sais pas ce que vous avez fait à New York, mais tu as l'air d'aller mieux, dit Alexis

- Disons que j'ai beaucoup réfléchi… Et qu'il y a des personnes que je ne veux plus faire souffrir à cause de mon comportement, ajouta-t-elle en regardant Castle

Quand Martha revint avec le dessert, elle ramena une bouteille de champagne. Elle tenait à fêter les premières guérisons de Kate.

Ils terminèrent la soirée dans le salon avant d'aller se coucher.

Une fois dans leur chambre, Beckett partit prendre une douche et se changea pour la nuit. Puis Castle fit de même et la rejoignit dans le lit. Ils étaient dans le noir, chacun allongé à sa place.

Castle passa ses bras sous sa tête et soupira légèrement. Beckett sourit. Il soupira encore une fois, deux fois…Il allait se retournait, quand il la sentit s'asseoir à califourchon sur lui. Il posa ses mains sur ses hanches. Elle se pencha vers lui

- Qu'est-ce que tu as ?

- Rien

- Castle. Si tu veux que je m'ouvre à toi, tu dois en faire autant avec moi

- Je te promets. Il n'y a rien

- Vraiment ? demanda-t-elle en le faisant asseoir face à elle et passant ses bras derrière son cou

- Je croyais que…

- Quoi ?

- Tu t'étais endormie

- Moi ?

- Oui. Tu ne bougeais pas alors…

- Castle, depuis mon retour, combien de nuits complètes j'ai faîtes ?

- Aucune

- Et ce soir, comme par hasard…

- Mais tu n'as pas du tout dormi la nuit dernière !

- Et toi ?

- Non plus

- Oh ! Et cette idée ? demanda-t-elle en lui retirant son t-shirt

- Quelle idée ? demanda-t-il à son tour en lui retirant aussi son t-shirt

Elle passa ses bras derrière son cou et l'embrassa doucement, délicatement, tendrement.

- Cette idée-là, dit-elle en se séparant de lui

- Oh, ça ! C'est le genre d'idée que je n'oublie jamais !

- J'imagine !

Il l'embrassa à son tour puis descendit dans son cou, redécouvrant chaque parcelle de son corps avec ses lèvres et ses mains. De son côté, elle en faisait tout en autant.

C'était comme si c'était la première fois. Ils se redécouvraient mutuellement, tout en douceur et tendresse. Leur exploration fut stoppée par le dernier rempart qu'ils portaient encore. Quand il fut enlevé, ils se replacèrent comme ils étaient et continuèrent. Il n'y avait toujours pas de précipitation dans leurs gestes ou dans leurs baisers mais le plaisir montait de plus en plus.

Beckett jouait avec ses hanches et au moment propice se laissa glisser sur lui.

Ils s'arrêtèrent et se regardèrent. Ils se souriaient.

Tout doucement, Beckett reprit ses mouvements de hanche. Castle l'embrassa et la fit basculer sous lui et joua à son tour de ses hanches. Il prit tout son temps. Il voulait que leur plaisir explose en même temps.

Quand il se rendit compte que ni elle, ni lui ne tiendrait plus longtemps, il l'embrassa. Et quand il se libéra en elle, leurs cris se perdirent dans leurs bouches.

Il s'écroula sur elle, sa tête plongée dans ses cheveux. Elle le serrait d'un bras et de l'autre, passait sa main dans ses cheveux.

Dans tous ses souvenirs, et Dieu sait que pendant six mois elle n'avait tenu que grâce à eux, elle ne se rappelait pas avoir vécu un ébat aussi doux et tendre. Même dans ces moments-là, il savait se montrer prévenant et elle l'en appréciait qu'encore plus.

Il se redressa et la regarda, puis l'embrassa tendrement.

- Tout va bien ? murmura-t-il

- Hm

- Kate ?

- Pardon. Je repensais… J'étais dans mes souvenirs

- Des bons ou des mauvais ?

- Quand ils te concernent, ils ne peuvent être que bons

Il l'embrassa une nouvelle fois. Il pivota tout en la gardant dans ses bras. Il attrapa le drap et le plaça sur Beckett.

Quand il se réveilla aux premières lueurs du jour, il était seul. Il se leva et dévala les escaliers et se dirigea vers la terrasse.

- Elle n'est pas sur la plage !

- Jim ?

- Bonjour Richard.

- Vous savez où est Kate ?

- Pas vraiment. Mais notre conversation d'hier soir a eu du bon. J'ai trouvé ce papier dans la cuisine, devant la cafetière

- Qu'est-ce qu'il dit ?

- Parcours de santé !

- Parcours de santé ? Il n'y a rien d'autre ?

- Vous ne savez pas où il se trouve ?

- Disons que… Non… C'est pas vrai. Maintenant qu'elle nous dit où elle est, je suis incapable de la rejoindre !

- Elle va revenir

- Et si elle se blesse ?

- Richard, rappelez-vous ce qu'a dit Martha

- Je sais. Mais elle est à peine guérie de ses blessures qu'elle se lance…

Ils entendirent des rires à l'extérieur, puis la porte s'ouvrit.

- Salut, toi, dit-elle en l'embrassant tendrement. Papa

- Bonjour Kathie

- Regarde qui j'ai trouvé sur le parcours. Je l'ai invité pour un café !

- Bonjour monsieur Castle

- Chef Brady. Alors vous avez utilisé votre arme ?

- Pas depuis votre dernière visite et c'est très bien ainsi. Oh, excusez-moi. Bonjour monsieur…

- Beckett. Jim Beckett

- Enchanté. Vous êtes…

- Le père de Kathie

- Ah, bien

- Alors comme ça vous vous êtes retrouvés sur le parcours ? demanda Jim

- J'y vais tous les matins, assez tôt. Avant que les résidents y aillent. C'est plus tranquille… Donc je faisais le parcours, quand j'ai aperçu une jeune femme au sol qui essayait de se relever. Imaginez ma surprise…

- Tu t'es blessée ? demanda aussitôt Castle

- C'est rien. J'ai glissé sur un obstacle

- Tu es sûre ?

- Oui, j'en suis sûre

Ils racontèrent à Jim comment ils s'étaient rencontrés, le cadavre dans la piscine, leur séjour en cellule, leur participation à l'enquête…

- C'est ça votre idée d'un week-end romantique ?

- Papa !... Sache que je ne voulais pas m'en mêler. Mais il se trouve que j'ai un équipier qui ne peut pas rester sans réponse quand il a pleins de questions qui lui trottent dans la tête !

- Dis que je t'ai obligé !

- C'est bon les enfants ! Vous n'allez pas vous disputez…

- Non, papa, on ne va pas se disputer… De toute façon, je vais vous laisser entres hommes !

Chef, contente de vous avoir revu et peut-être à demain !

- Moi de même lieutenant Beckett et ce sera avec plaisir

- Et où tu vas ?

- Sur la plage. A plus tard !

Ils la regardèrent partir. Sur la terrasse, elle ramassa une serviette et se dirigea vers la plage. Ils la virent retirer son t-shirt et son cycliste et entrer dans l'océan.

Quand le chef fut parti, Castle sortit à son tour et se rendit sur la plage à son tour. Il s'assit contre un arbre et attendit qu'elle revienne. Il l'aurait bien rejointe, mais elle était déjà bien trop loin. Il ferma les yeux et commença à réfléchir à une nouvelle façon de l'aider.

Quand elle sortit de l'eau, elle l'aperçut et crut qu'il était endormi. Elle ramassa sa serviette et s'approcha lentement de lui. Elle s'agenouilla et l'embrassa. Elle pensait le surprendre mais c'est elle qui fut surprise quand il l'attrapa dans ses bras. Il ne dormait pas.

- Wouah ! Kate, tu es trempée !

- Je viens de nager !

- Tu aurais pu t'essuyer !

- Ce serait moins drôle ! Tu aurais vu ta tête !... Et si c'était toi qui avait eu cette idée ?

- Tu as raison… Mais moi j'aurai trouvé un moyen de te mouiller plus que ça !

- Ah, oui !

- Sûr !

- Comme ça, fit-elle en tordant ses cheveux

- Hey !

Elle se releva et courut jusqu' à la maison !