Ils s'étaient donné rendez-vous à Central Park.

Après avoir mangé un hot dog, ils s'étaient isolés dans un petit coin tranquille. Castle s'était adossé contre un arbre. Beckett était assise, le dos contre son torse. Il l'avait enlacé. Elle jouait avec ses doigts.

- Alors ? Tu peux reprendre le travail ?

- Par pour le moment

- Désolé

- Tu n'y es pour rien, Castle. C'est juste que pour le moment je ne suis pas prête… Le docteur Burke va te contacter. Il veut te voir par rapport à ce qu'il s'est passé quand j'ai fait mon cauchemar

- Quand il veut.

- Et il va me faire passer des tests

- Des tests ? Lesquels ?

- Sur le bruit et la lumière

- Quand ?

- Je ne sais pas. Il doit m'appeler

- Bien. Alors attendons !

Elle se tourna légèrement et se blottit contre lui.

- Tu te souviens que la dernière fois, on s'est endormie ?

- Hm… Et alors ?

- Je voulais juste m'en assurer, dit-il en resserrant ses bras

- Castle ?

- Oui

- Je peux te poser une question ?

- Bien sûr

- Pourquoi tu n'écris plus ?

- Oh !... Disons que pour le moment, je n'ai pas la tête à l'écriture.

- Mais tu vas t'y remettre ?

- Inquiète pour Nikki ?

- Non, mais pour mon auteur préféré. Je suis obligée de relire les romans que j'ai déjà lus !

- Oh, alors dans ce cas, il va falloir que je m'y mette !

- Ce serait bien, oui.

Ils restèrent enlacés ainsi une bonne partie de l'après-midi. Ils allaient rentrés au loft, lorsque Castle reçu un appel. Il décrocha et accepta un rendez-vous pour le lendemain matin. Beckett le regardait d'un air interrogatif

- C'était le docteur Burke

- A 8H du matin ? Il faudra que tu lui expliques que tu n'es pas un lève-tôt !

- Eh, tu oublies que je me suis levé tôt quasiment à l'aube ces derniers temps !

- Oui, mais c'est parce que je m'étais levé et que tu remarquais mon absence. Mais reconnais que tu n'es pas du matin !

- Et pour les enquêtes ?

- Je te réveille à chaque fois ! Dis le contraire

- Non, c'est vrai ! Mais j'ai une bonne excuse. En plus des enquêtes la journée, j'écris la nuit. Et quand tu m'appelais, souvent je venais à peine de me coucher !

- Je sais. Je me suis toujours demandé comment tu faisais pour tenir le coup

- C'est grâce à toi. Dès que je te voyais, que je voyais ton sourire, ça me revigorait !

- Mais maintenant, c'est fini ça. Quand tu écriras la nuit, je te laisserai dormir. Tu nous rejoindras que lorsque que tu auras eu ton quota de sommeil !

- Tu ne m'appelleras plus sur les scènes de crimes ?

- Pas si tu auras écrit toute la nuit !

- Mais dès fois je remarque des choses que vous n'avez pas vues !

- Dans ce cas, je t'y ramènerai dans la journée pour que tu puisses te faire une idée !

- Tu ne changeras pas d'avis ?

- Non

- Bien… Mais tu oublies une chose ?

- Laquelle ?

- Quand ton téléphone sonnera, je l'entendrai !

- Vu le nombre de sonnerie qu'il faut avant que tu répondes, j'en doute !

- Touché !

Arrivé au loft, ils se mirent à préparer le dîner.

Lorsque Martha arriva, elle sourit en voyant la scène. Ils étaient encore dans une de leur joute verbale. Elle ne savait pas de quoi il s'agissait, mais son fils était coincé contre le plan de travail, une spatule en bois appuyée contre la poitrine. Elle souriait car bien que Beckett ait l'air plus que sérieuse dans ce qu'elle disait, sa voix était douce. Il n'y avait pas de colère. Et quand elle voyait la tête de son fils, elle se dit que son fils n'aurait jamais le dessus avec cette femme. Puis quand Beckett baissa la spatule, il l'attrapa et l'embrassa.

- Eh, vous deux !

- Bonjour, mère

- Bonjour Martha

- Bonjour mes chéris. Alors cette journée

- Calme, mère. Et toi ?

- Oh, tu sais ce que sais. Répétition, répétition

- Mais ça se passe bien pour votre nouveau spectacle ?

- Oui, ma chérie. J'espère que vous viendrez à la première ? J'ai déjà invité votre père qui a accepté !

- Bien sûr Martha. J'adore ce que vous faîtes

- Tant que tu ne me ridiculises comme la dernière fois !

- Arrêtes Castle. C'était magnifique ce qu'elle a dit sur toi !

- Merci, Kate

- Ah, j'oubliais. Jim nous a invités. J'ai pris la liberté d'accepter. Après tout, s'il vient à un de mes spectacles, je peux bien en faire autant.

- Et il nous a invité pour aller où ?

- Voir un match de baseball !

- Du baseball ? Tu vas aller voir un match de baseball ?

- Pourquoi pas ? Il m'a dit qu'il allait tout m'expliquer. Et puis maintenant qu'il fait partie de la famille, je trouve normal de partager ses passions !

- Si tu le dis mère.

- Ne vous en faîtes pas Martha, il n'y a rien de bien compliqué. Si vous voulez je pourrai vous expliquer les bases !

- C'est gentil, Kate. Merci

Ils dinèrent ensemble, puis Martha les abandonna car étant dans la dernière ligne droite avant la première représentation, elle avait encore des détails à régler.

Beckett et Castle décidèrent de regarder un film

- Ton père et ma mère s'entendent bien

- C'est vrai. Ils se sont beaucoup rapprochés pendant ces deux mois

- Quand je pense que ma mère va aller voir un match de baseball

- Oui, je l'imagine bien sur les gradins. Je sens qu'on ne va pas s'ennuyer.

- Moi, je te le dis. Le spectacle va se dérouler sur les gradins et non sur le terrain

- Oui, ça risque d'être drôle !

Le lendemain matin, quand elle commença à se réveiller, elle le chercha dans le lit. Mais le froid du drap la réveilla complètement. Il n'était pas là. Elle prit son téléphone et vérifia l'heure : 9H

Elle se rappela. Le docteur Burke.

Elle se leva et se rendit à la cuisine. Tout était prêt pour son petit déjeuner. Elle se servit une tasse de café et s'installa devant le plateau qu'il lui avait préparé.

Il était arrivé en avance. Il attendait.

La porte s'ouvrit et le docteur Burke apparut et lui fit signe d'entrer

- Monsieur Castle

- Bonjour docteur

- Comment allez-vous ?

- Bien. Tout va bien

- Alors pourquoi vous allez l'air nerveux ?

- Ben, on va parler de Kate et je ne voudrais pas…

- Pour son travail ?

- Oui, je ne voudrais qu'après ce que je vais dire…

- Ne vous en faîtes pas. Tout ce que vous allez me dire restera confidentiel. Personne n'en saura rien. Sauf si vous en parlez

- J'en parlerai avec Kate si elle me le demande. Je lui ai caché une fois et j'ai failli la perdre. Donc, je ne recommencerai pas.

- Je comprends. Bien… Si vous me disiez comment elle va pour commencer

- Bien. Ses blessures physiques sont guéries, elle recommence à manger normalement. Elle n'a pas encore son appétit d'avant, mais je pense qu'avec le temps ça reviendra. Depuis quelques jours, elle fait des nuits complètes

- Comment savez-vous qu'elle ne se lève pas pendant que vous dormez ?

- Ben, en fait… Vu comme on dort…

- Ne rougissez pas monsieur Castle… Vous la tenez dans vos bras, c'est ça ?

- Oui, c'est ça… ce qui fait que si elle se lève, je m'en rends compte assez vite je pense

- Et pour ses cauchemars ? Elle m'a dit qu'elle n'en faisait pratiquement plus

- C'est vrai. Le dernier remonte à une quinzaine de jours. J'en ai discuté avec Lanie, c'est son amie

- Le docteur Parish ?

- Oui. Elle pense que c'est le stress qui l'a déclenché

- Et pourquoi était-elle stressée ?

- Ses amis du 12th devaient venir passer le week-end avec nous. Et elle était tellement contente de les revoir que toute la journée elle a été énervée. J'ai réussi à la calmer mais la nuit même elle a fait ce fameux cauchemar

- Bien. Et qu'avez-vous pu observer ?

- On l'a retrouvé sans connaissance dans le sous-sol. Son père a remarqué qu'elle avait dû mettre l'installation en route par accident. Elle avait posé un tiroir sur la commande. Et donc les lumières et la bande son se sont mis en route. Je l'ai porté jusqu'à la douche, comme la première fois, mais cette fois ça été très dure de la faire revenir. Lanie l'a trouvé en tachycardie. Elle voulait appeler une ambulance, car elle avait peur qu'elle fasse un arrêt. Mais finalement, elle est revenue. Je l'ai couché et elle a dormi une bonne partie de la matinée. Quand elle s'est réveillée, elle m'a dit qu'elle avait vu Tyson dans la maison, dans le sous-sol et qu'elle avait essayé de se défendre mais qu'il avait été trop fort. Je l'ai rassuré et elle s'est calmée

Par contre, je peux vous dire qu'elle s'est bien battue. J'ai installé une salle de sport avec un sac de frappe. Elle l'a complètement éclaté et son amie a dû lui bander les mains

- Je vois. Et depuis ?

- Elle n'a pas refait de cauchemar

- Elle m'a dit que pour le bruit…

- Oui. On dirait qu'elle n'a plus peur.

- Et la lumière ?

- En fait, je n'ai pas osé faire d'essai. Vu le mal que j'ai eu…

- Je comprends. Ça dû être très dur de la voir dans cet état

- Vous n'imaginez pas à quel point

- Oh, si, j'imagine très bien. J'en ai vu des patients qui se retrouvaient dans un état identique à celui de Kate. Mais contrairement à elle, ils n'avaient personne pour les aider et les soutenir. Vous avez fait un travail remarquable avec Kate… Si un jour vous en avez assez de la suivre, venez me voir. Je suis sûre que vous me seriez d'une aide utile

- Je suis désolé docteur, mais jamais je ne quitterai Kate

- Je m'en doute bien… Vous a-t-elle parlé de ce que je compte faire ?

- Les tests ? Oui

- Bien. Pourriez-vous l'accompagner ?

- Je ne l'envisageais pas autrement

- Bien. Il se pourrait que j'aie besoin de vous, le cas échéant

- Entendu

- J'ai pris contact avec un de mes amis. Les tests se feront sûrement un soir.

- D'accord

- Bien évidemment, il y aura donc mon ami, et une équipe médicale pour m'aider.

- Je comprends

- Je veux que vous sachiez que je la soumettrai à des conditions extrêmes. Je vais la soumettre à quelque chose qu'on ne rencontre jamais. Mais si elle réussit, elle aura gagné

- Dans le cas contraire ?

- On refera une autre séance plus tard

- Bien

- Et vous, monsieur Castle, vous le supporterez ?

- Vous voulez m'y exposer aussi ?

- Non, mais vous serez là. Vous ne pourrez pas entrer dans la pièce où elle sera. Est-ce que vous supporterez ce que vous verrez ?

- Je ne sais pas. Je ne peux vous le dire puisque je ne sais pas ce que vous allez faire

- C'est la réponse que j'attendais. Vous êtes honnête.

- Je crois surtout que je ne vais pas avoir le choix

- Non, en effet… Bon, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Dès que j'ai une date, je vous appelle

- Merci docteur.

Quand il rentra au loft, il n'y avait personne. Il servit une tasse de café.

Il pensait la voir en entrant. Il était déçu. Puis il trouva un message qu'elle lui avait laissé. Elle était partie courir, puis elle devait se rendre au 12th pour s'entraîner avec les gars.

Il but sa tasse et décida de la rejoindre.

Quand elle arriva au commissariat, les gars faisaient de la paperasse. Elle s'approcha d'eux

- Alors, les gars, pas d'enquête ?

- Eh, Beckett, déjà là ?

- Eh, oui, Ryan !

- Je vois que tu as déjà commencé l'entraînement ?

- Oui, ça fait du bien de pouvoir recourir !

- Beckett ?

- Oh, bonjour Chef

- Comment allez-vous ?

- Bien, chef. Je dois encore passer quelques tests avec le docteur Burke, mais pour ce qui est du physique tout va bien

- Je suis contente pour vous

- Monsieur Castle ne vous accompagne pas ?

- Il est avec le docteur Burke.

- D'accord. Sinon, qu'est-ce qui vous amène ici ?

- Si c'était possible, je voulais m'entraîner avec les gars.

- Pas de problème. Si vous le désirez, vous pouvez aussi aller au stand de tir. Bien qu'avec vos capacités, je pense qu'il n'y aura pas de problème !

- Merci chef

- Oh, ne me remerciez. C'est surtout pour moi que je le fais. Plus vite vous aurez récupéré, plus vite vous reviendrez, et plus vite Mac Lane s'en ira

- C'est à ce point ?

- J'en suis même à espérer le retour de Castle, alors c'est pour vous dire !

- En effet !... En parlant de Castle… Maintenant que…

- Restez professionnels au bureau, et je ne dirai rien Beckett… Et après tout ce qu'il a fait pour vous retrouver, comment pourrais-je lui dire de s'en aller. De toute manière, je suis sûre qu'il trouverait un moyen d'être sur les enquêtes malgré tout ! Et puis, s'il n'était pas là, qui est-ce que je pourrai rabrouer ?

- Vu comme ça. Merci, chef

- Ryan, Esposito ?

- Chef ?

- Qu'est-ce que vous attendez ? Votre chef veut s'entraîner !

- A vos ordres !

Quand Castle arriva au 12th, il n'y avait personne au bureau. Il se dirigea vers la salle de sport

- Monsieur Castle ?

- Chef ?

- Qu'est-ce que vous faîtes-là ?

- Eh, bien…

- Elle est dans la salle de sport avec les gars

- Merci, chef

- Castle, attendez

- Oui ?

- Comment va-t-elle ?

- Vous l'avez vu ?

- Oui. Mais j'aimerai connaître votre avis. C'est vous qui la connaissez le mieux

- Elle va bien chef. Très bien. Elle doit encore passer quelques tests, mais elle va bien

- Je suis contente pour elle et pour vous… Et vous, comment allez-vous ?

- Je vais bien

- Parfait… Bon, maintenant allez la rejoindre. Et à bientôt

Quand il arriva dans la salle de sport, il les vit tous les trois. Malgré l'entraînement ils riaient. C'était vraiment une équipe à part. En les voyant ainsi, on n'aurait jamais dit qu'elle était leur boss.

Ils étaient tous les trois sur le tatami. Ils attaquaient Beckett chacun à tour de rôle.

Il referma la porte, et s'assit sur le banc qui se trouvait à côté.

Tellement occupé à les regarder, il n'avait pas remarqué que sur un autre banc se trouvaient Mac Lane et un autre gars. Vu comme ils regardaient Beckett, et la façon qu'ils avaient de rire, il se douta bien de ce qu'ils pouvaient bien raconter sur elle. Il se serait bien levé pour aller leur dire sa façon de penser, mais ils étaient au commissariat et il ne voulait pas causer de problème à Beckett.

Quand ils décidèrent d'arrêter, Beckett se dirigea vers le banc où elle avait déposé sa serviette. C'est ce moment que choisit Mac Lane pour se lever aussi en faisant un clin d'œil à son collègue. Castle n'avait rien raté de la scène. Il se leva à son tour et rejoignit Beckett. Mais Mac Lane l'avait rejointe avant lui

- Bonjour Lieutenant Beckett

- Lieutenant

- John, je vous en prie… Accepteriez-vous de faire un petit combat avec moi ?

- Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais je viens de m'entraîner pendant une heure

- Mac Lane, laissez tomber. Beckett est venue s'entraîner avec nous

- Esposito, je ne t'ai rien demandé… Alors, Beckett ?

- C'est lieutenant Beckett pour vous ! Et c'est toujours non !

- Vous n'allez pas me faire croire que vous vous contentez de vos subalternes pour vous entraîner ?

- Mes subalternes ? Sachez que ce sont mes amis. Mon titre de chef n'est qu'un titre. On travaille sur un pied d'égalité. Et non, je ne m'entraîne pas qu'avec eux. Il y a d'autres collègues de la brigade aussi. Sans compter mon coéquipier !

- Ah, oui, j'oubliais. L'écrivain. Et où il est aujourd'hui, le petit chien à son lieutenant ?

- Quoi ? Qu'est-ce que…

- Juste derrière vous. Le « petit chien » est derrière vous

- Ah, c'est bien ce que je disais à mon collègue. Quand on en voit un, on voit l'autre !

- Ça vous pose un problème ?

- Pas plus que ça ! En fait, je voulais juste m'entraîner un peu avec notre jolie lieutenant. Vous savez, un petit corps à corps…

- Il me semble qu'elle a dit non !

- Vous savez ce que c'est ! Elles disent toutes non au départ, mais après… elles en redemandent. N'est-ce pas ?

- Je ne sais pas où on vous a appris la politesse et le respect, mais vous avez quelques lacunes

- Vous comptez me les enseigner peut-être ?

- Je dois admettre que ça me démange

- Castle, non. Laisse tomber. Il n'en vaut pas le coup

- C'est ça, Castle. Ecoutez la chef. Bon toutou !

A ces mots, Castle ne put se retenir. Il le saisit par le t-shirt et le colla au mur

- Tu veux t'entraîner Mac Lane ? C'est bien ça ? Alors allons-y

- Non, Castle ! Tu vas…

- Laisse-moi faire

- Elle a raison, Castle. Tu n'as pas besoin…

- Espo, c'est mon problème

- Mais tu n'es pas en tenue

- Je m'en fous !

Personne ne put l'arrêter. Mais Mac Lane l'attaqua en traître. Alors qu'il se dirigeait vers le tatami, celui-ci l'attaqua par derrière et lui donna un grand coup derrière la nuque, ce qui eut pour effet de le mettre à terre.

- Eh, ce n'est pas loyal ça, dit Ryan

- Quoi ? Je croyais que c'est ce qu'il voulait.

Castle secoua la tête et se releva. Mais Mac Lane ne pratiquait pas ce que Beckett et les gars lui avaient appris. Il se battait comme on se bat dans la rue. Et cela incluait les coups bas et les coups au visage.

Mais Castle ne lâchait pas. Il se relevait à chaque fois.

Beckett se triturait les mains. Les gars se retenaient pour ne pas intervenir. Mais Castle leur avait fait comprendre qu'il voulait se débrouiller seul.

Il avait une arcade sourcilière ouverte, une lèvre ouverte. Il dut s'essuyer le visage car le sang qui coulait l'empêchait de voir.

En face de lui, Mac Lane jubilait, l'appelant toujours le « toutou ». Il était confiant. Trop confiant.

Castle appliqua sa méthode. Au moment où il avançait vers lui pour lui asséner un nouveau coup au visage, Castle lui fit un croche-pied. Il s'écroula à plat ventre sur le sol. Aussitôt, Castle plaça son genou dans le dos et lui fit une clé de bras. Mais il était tellement énervé, qu'il tira trop fort sur le bras, et tout le monde grimaça en entendant le craquement. Mac Lane hurla

- Connard ! Tu m'as déboîté l'épaule

- Ah, oui ! Et ça fait mal ?

- Crétin ! Lâche-moi !

- Quand tu auras fait des excuses à Beckett et aux gars

- Ils peuvent toujours courir !

- Ah, oui, dit-il en tirant encore plus sur le bras

- Ok ! Je m'excuse…Je m'excuse

Castle le lâcha et s'assit sur le tatami. Mac Lane se releva, tant bien que mal. Il ne pouvait plus utiliser son bras. Il approchait de la porte, quand Beckett se plaça devant lui.

- Quoi encore ?

- Vous n'avez rien oublié ?

- Je me suis excusé, non

- Pas auprès de Castle

- Vous plaisantez ! Faire des excuses à votre tou…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Elle lui décocha un direct en plein visage. Il tomba au sol, ce qui fit craqua encore une fois son épaule. Elle s'agenouilla devant lui

- Alors ?

- Toutes mes excuses, monsieur Castle

- Cassez-vous maintenant

Il sortit. Beckett et les gars se précipitèrent vers Castle qui s'était allongé sur le tatami.

- Eh, Castle, ça va ?

- Ça va, Espo. Un peu mal à la tête, mais ça va

- Qu'est-ce que tu lui as mis !

- Tu n'aurais pas dû…

- Il n'avait pas le droit de parler de toi ainsi

- Ce n'était pas important

- Pour moi, ça l'est.

- Allez viens. On va aller voir Lanie

- Eh, je ne suis pas mort !

- Je sais. Mais il te faut des points à l'arcade… Ou tu préfères aller à l'hôpital ?

- Non. Lanie. Ce sera plus rapide

Ils l'aidèrent à se relever. Une fois debout, il se tint les côtes.

- Tu as mal ?

- Un peu, oui

- Fais voir, dit-elle en lui déboutonnant la chemise

- Vous voyez les gars. Elle trouve toujours une excuse pour admirer mon corps d'Apollon !

- Castle !

- Ouais, ben ton corps d'Apollon a changé de couleur, dit Ryan

- Quoi ?

- Il a raison. Tu as un bel hématome. Il se pourrait qu'il t'ait cassé une côte

- Tu crois que Lanie…

- Je pense

Les gars quittèrent la pièce pour aller se doucher. Beckett regarda Castle

- Je ne veux plus que tu te battes comme ça

- Kate, il t'insultait

- Ce n'est pas le premier, et ce ne sera pas le dernier. Il y a plein de machos comme lui dans un commissariat. Il faut faire avec. Je m'y suis habitué. Je n'y fais plus attention. Il faut les ignorer, c'est tout

- Je ne pourrai pas. C'est plus fort que moi

- Tous les hommes ne sont pas comme toi.

- Peut-être. Mais il n'avait pas le droit…

- Oublies ça. Moi, je l'ai oublié

Elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa tendrement. Il la serra dans ses bras le temps de retrouver son calme.

Quand ils arrivèrent à la morgue, ils trouvèrent Mac Lane assis sur un tabouret.

- Qu'est-ce que vous faîtes-là ?

- Vous m'avez démis l'épaule…

- Et moi, je suis médecin légiste. Alors je serai vous, j'irai à l'hôpital

- Mais lui, vous allez le soigner ?

- Castle est mon ami. Pas vous

- Bien. Je vais demander à votre collègue

- Vous pouvez essayer, mais je doute qu'il vous soigne

- Vous vous êtes tous ligués contre moi ?

- Vous n'aviez qu'à changer de comportement. Maintenant, dégagez de ma morgue, j'ai du travail.

Une fois qu'il fut parti, Lanie demanda à Castle de s'allonger sur une de ses tables

- Heu, Lanie…

- Je dois t'examiner, Castle. Ouvre ta chemise.

- Ah, toi aussi tu veux admirer…

- La ferme, Castle, ou j'utilise un de mes scalpels

- Ok, fit-il en déglutissant

Il s'allongea sur la table.

Lanie commença par désinfecter son arcade, puis elle lui fit une injection d'anesthésiant. Le temps que le produit agisse, elle examina son torse.

- Tu ne l'as pas loupé !

- Il l'avait cherché

- C'est ce qu'on m'a dit

- Espo ?

- Qui d'autre ? Au moins, il va être absent quelques jours. Les gars vont pouvoir respirer… Pas de fêlure, ni de fracture… Tu as de la chance… Mais l'hématome va mettre du temps à se résorber. Je vais te prescrire une pommade… Je suis sûre que Kate se fera un plaisir de te l'appliquer !

- Lanie !

Puis elle sutura l'arcade. Elle fit quatre points

- Repasse me voir dans six jours. On pourra les retirer

- Merci, Lanie, dit-il en se relevant. Il poussa un petit cri

- Eh, ça va ?

- C'est rien, Kate, dit-il en plaçant sa main sur ses côtes

- Tu vas avoir mal encore quelques jours. Mais la crème que je t'ai prescrite devrait te soulager

Avant de quitter la morgue, Beckett demanda à Castle de l'attendre. Elle voulait parler à Lanie en tête à tête. Il accepta et elles se rendirent dans le bureau de la légiste.

- Kate, si tu veux me parler de Castle, il n'y a rien à ajouter. Je t'assure que ça ira bien. C'est impressionnant, mais il n'a rien de grave. Tu peux me faire confiance.

- Je te fais confiance, Lanie. C'est pas ça le problème

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu es malade ?

- Non, tout va bien.

- Mais ?

- Avant, il faut que tu me promettes de ne rien dire à personne !