Quand elle vit que c'était le portier qui ouvrait la porte, elle se précipita

- Mon Dieu, Richard, s'exclama-t-elle en le voyant entrer avec Beckett inconsciente dans ses bras

- Tout va bien, mère. Tu veux bien ouvrir le lit ?

- Bien sûr

Elle fit ce que son fils lui avait demandé et l'abandonna le temps qu'il la change. Puis il la rejoignit dans la cuisine

- Tu es sûre qu'elle va bien ?

- Oui. Elle s'est endormie après le test. Il va lui falloir la nuit pour récupérer

- Et toi ? Comment tu vas ?

- Ça n'a pas été facile de la laisser seule… Mais le docteur est confiant

- Et pour le travail ?

- Il faut encore faire un test pour la lumière

- Quand ?

- Dans un mois… Mère, je vais me coucher aussi

- Je comprends. Repose-toi

Le lendemain matin, quand il se réveilla, elle dormait toujours. Elle était dans la même position que la veille. Il l'embrassa à la commissure des lèvres. Elle ne réagit pas.

Il prit une douche rapide et alla préparer le déjeuner. Il buvait un café quand il entendit des petits coups à la porte.

- Lanie ?

- Salut Castle. Alors, comment ça s'est passé ?

- Bien, d'après Burke. Mais après le test, elle s'est écroulée. Depuis elle dort toujours. Elle n'a pas bougé de la nuit

- Je peux la voir ?

- Oui. Tu connais le chemin

- Je vais d'abord récupérer ma mallette

De retour, elle alla dans la chambre et examina son amie. L'examen terminé, elle rejoignit Castle.

- Alors ?

- Elle dort, mais j'aimerai rester avec toi pour la surveiller si tu veux bien ?

- D'accord. Je me sentirai plus rassuré si tu es avec moi

Lanie appela Gates pour lui expliquer la situation. Celle-ci accepta en disant que Pelmutter se chargerait des urgences s'il y en avait. Ensuite, elle demanda à Castle de lui raconter comment s'était déroulé le test. Puis ils attendirent.

La matinée s'écoula sans changement.

Ils déjeunèrent sur le pouce. Aucun des deux n'ayant vraiment faim.

Quand Lanie se rendit dans la chambre pour un énième examen, elle revint voir Castle aussitôt

- Elle a bougé !

Il se précipita dans la chambre.

Elle avait bien bougé. Il la retrouva la tête enfoui dans son oreiller, alors qu'il l'avait installé sur son coussin à elle. Il lui caressa la joue et lui parla doucement, mais elle ne réagit pas. Lanie reprit son auscultation. Tout allait bien. Ils retournèrent au salon.

Deux heures s'étaient écoulées quand ils entendirent du bruit. Ils se précipitèrent dans la chambre.

Elle n'était plus dans le lit, ni dans la chambre. Il en déduisit qu'elle était dans la salle de bain. Et en effet, elle s'y trouvait bien, à quatre pattes sur le sol, essayant de se relever sans y arriver.

Castle s'approcha

- Eh, qu'est-ce que tu fais ?

- Une douche.

- Tu ne crois pas qu'un bain serait plus judicieux ?

- Peut-être… J'ai mal à la tête…

- Attends, je vais te chercher ce qu'il faut

Il s'absenta et partit lui préparer ce qu'il fallait

- Tu veux que je t'aide à te relever ?

- Lanie ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'aidais Castle. Je t'ai examiné pour voir si tu allais bien

- Et ?

- Tout va bien. Vraiment tout

- Merci, Lanie

- Tu veux bien…

- Oui.

Elle l'aida à se relever. Mais le mal de tête était tellement fort, qu'elle fut prise de vertige. Elle l'assit sur un tabouret, le dos contre le mur, et lui fit couler un bain pas trop chaud. Castle arriva avec le traitement. Puis Lanie les laissa seuls.

Castle l'aida à entrer dans la baignoire. Elle avait l'impression que sa tête allait exploser. Elle attrapa la douchette et au moment où Castle allait régler l'eau sur tiède, elle lui demanda du froid. Elle fut saisie au début, puis elle maintint la douchette sur sa tête, laissant l'eau couler sur son visage. Castle la regardait. Elle avait les yeux fermés, les sourcils froncés.

Puis au fur et à mesure que l'eau s'écoulait, ses traits se détendirent jusqu'à ce qu'elle laisse tomber la douchette dans le bain. Elle avait froid. Castle l'aida à se savonner, puis à sortir. Il la sécha et l'aida aussi à s'habiller.

Ils quittèrent la chambre et il l'installa sur le canapé, la couvrant d'un plaid.

- Tu veux manger quelque chose ? Un café ?

- Un café, s'il te plaît

Pendant que Castle se chargeait de la préparation de sa boisson préférée, Lanie vint s'installer en face d'elle.

- Comment tu te sens ?

- J'ai la tête qui va exploser et j'ai froid

- Ce que t'a donné Castle va te soulager

- Je sais, Lanie et je n'en n'abuserai pas. Je suis capable de le supporter. Après tout, je l'ai bien fait avant

- Tiens, Kate, dit-il en lui tendant sa tasse

- Merci, Castle

- Bien, maintenant que tu es réveillée et que tu es entre de bonnes mains, je vais vous laisser tous les deux

- Tu veux dîner avec nous ce soir ?

- Non, Castle. De toute façon, Kate va sûrement se rendormir tôt. C'est un des effets secondaires de ce que t'a donné le docteur Burke

- Une prochaine fois ?

- Ok.

Lanie venait à peine de sortir que Beckett essayait de se lever. Elle s'assit au bord du canapé. Quand elle tenta de se lever, elle fut prise de vertiges et se rattrapa à la table basse

- Eh, qu'est-ce que tu fais ?

- Castle, je dois…

- Dis-moi ce que tu veux, et je te l'apporte !

- Je dois aller à un endroit où tu ne peux pas aller à ma place ! Tu as une solution pour ça ?

- Heu… Je peux toujours t'aider à y aller… Après, on verra…

- On peut toujours faire ça, oui. Mais franchement, je m'en serai bien passée !

- Kate, après ce que tu viens de subir, c'est normal… Si c'était moi, tu ferais la même chose !

- Peut-être !

- Kate ?

- Evidemment, Castle.

Après l'avoir aidé, il la ramena sur le canapé. Elle s'installa en s'appuyant contre un angle. Castle la couvrit avec un plaid. Elle s'enveloppa en repliant ses jambes contre elle. Il lui proposa de préparer le dîner, car comme l'avait Lanie, elle risquait de se rendormir de bonne heure. Elle accepta mais elle lui dit de ne pas en faire trop car elle n'avait pas très faim.

Quand il la rejoignit, elle somnolait. Mais il remarqua aussi, que malgré le plaid, elle tremblait encore. Il s'installa près d'elle et l'attira doucement vers lui. Il la serra dans ses bras.

Quand tout fut près, il la réveilla en douceur et l'aida à s'installer à table.

Il se rendit dans la cuisine et rapporta ce qu'il avait préparé sur la table. N'ayant pas très faim, elle se contenta de la salade composée qu'avait préparée Castle. Il avait préparé un dessert, mais elle fut incapable d'en avaler une seule bouchée.

La voyant s'endormir, il l'emmena jusque dans leur chambre, l'aida à se changer et la coucher.

- Je suis désolée, Castle, souffla-t-elle en s'endormant

- Dors, Kate, dit-il en l'embrassant sur la tempe

Il l'observa quelques instants, puis se rendit dans la cuisine pour tout ranger. C'est à ce moment que Martha rentra.

- Bonsoir, mère. Désolé pour le dîner, mais Kate était fatiguée. Mais je t'ai gardé les plats…

- Ne t'excuse, mon chéri. Je comprends… Comment va-t-elle ?

- Elle a mal à la tête, elle a froid et elle est épuisée… Mais d'après Lanie, c'est normal

- Ça ira mieux demain

- J'espère mère.

Ils passèrent la soirée ensemble, visionnant un film que Martha avait choisi. Elle remarqua qu'il n'avait pas la tête à ce qu'ils regardaient. Il se levait régulièrement pour aller voir si Beckett allait bien. Puis il se réinstallait près de sa mère.

Quand le film fut fini, il lui souhaita une bonne nuit et alla se coucher.

Il avait passé la dernière nuit à côté d'elle. Il ne voulait pas la deuxième de la même façon. Donc il la déplaça vers le milieu du lit et il s'allongea le plus près possible d'elle et la prit dans ses bras.

Quand il se réveilla le lendemain, elle dormait toujours, mais elle l'enlaçait et reposait sur son torse.

Délicatement, il se dégagea de ses bras.

Il était occupé à faire des pancakes quand il sentit deux bras l'enlacés et un corps qu'il connaissait bien se coller contre son dos

- Eh, bien dormi ?

- Hm

- Et ta tête ?

- Ça peut aller… Tu en as encore pour longtemps avec tes pancakes ?

-
Heu, non. Pourquoi ?

- J'aimerai que tu te retournes

- Pourquoi ? demanda-t-il en joignant le geste à la parole

- Pour ça, dit-elle en l'embrassant tendrement

- Hm… Pour ça, je peux même les laisser brûler !

- T'as pas intérêt. J'ai faim

- Oups !

Lorsque le docteur Burke appela quelques jours plus tard pour fixer la date du prochain rendez-vous, Castle lui demanda soit de l'avancer, soit de la reculer, car ce jour-là, ils avaient quelque chose de prévu. Il accepta et l'avança d'une semaine.

Quand ils arrivèrent au laboratoire, Beckett s'arrêta avant d'entrer. Castle se retourna

- Kate ?

- On n'a jamais essayé de savoir si…

- Tu vas y arriver.

- Et si c'est comme l'autre test ?

- Comment ça ?

- Que je me retrouve encore…

- Ce n'est pas grave ça. Je suis là. Je t'aiderai… Et puis ça n'a duré qu'une journée ! Ce n'est pas grand-chose, par rapport à l'enjeu : reprendre ta place !

Ils entrèrent et rejoignirent le docteur Burke.

- Bonjour, Kate. Monsieur Castle

- Docteur

- Je vais vous expliquer le déroulement. Je vais utiliser le même procédé que pendant votre détention. Les lampes s'allumeront, puis s'éteindront. A une différence près. Je ne vais pas faire durer le test une journée entière. Pour gagner du temps, je vais utiliser les ampoules qu'utilise Matt pour tester la résistance des peintures sur les voitures. Pour vous y habituer, je commencerai en douceur, les laissant monter en chaleur. Ensuite, quand elles auront atteintes une certaine température, les séquences seront plus courtes entre le noir et la lumière. Mais la température continuera d'augmenter. Vous allez être exposées à une très forte intensité, et le plus dur, je pense, à la soif.

- Je connais

- Je sais, Kate

- Combien de temps ?

- A peu près comme le dernier test

- Très bien

Elle regarda Castle. Il lui fit un petit sourire. Il était tendu.

Au moment où elle allait entrer dans la salle de test, l'infirmière arriva et lui plaça les électrodes. Elle la regardait d'un air désolée. Beckett lui sourit.

Une fois à l'intérieur, Jane referma la porte.

Contrairement au premier test, la pièce était entièrement vide. Les murs étaient toujours protégés. Elle leva la tête : le plafond était recouvert d'ampoules.

Elle se plaça au milieu de la pièce. Elle regarda vers la vitre et fit un signe de la tête en direction du docteur Burke.

La pièce fut plongée dans le noir. Elle ne pouvait pas les voir. Par contre, de l'autre côté, eux la voyait. La vitre possédait le même système que les jumelles à infra-rouges.

Elle ne bougeait pas.

Les ampoules s'allumèrent. Elle ferma les yeux, puis tout doucement, les rouvrit.

Elle tint comme ça la première heure.

A partir de là, le test s'intensifia.

La lumière devint de plus en plus forte, et la chaleur grimpa en flèche.

Ses yeux supportaient bien l'intensité des ampoules, mais elle commençait à ressentir la soif. Elle se souvenait ce que c'était que de rester plusieurs jours sans avoir un seul verre d'eau. Elle se concentra sur ces souvenirs. Si elle avait tenu plusieurs jours, elle pouvait tenir quelques heures.

Elle s'assit contre un mur, remonta ses jambes contre elle et les entoura de ses bras. Elle fixait la vitre derrière laquelle se trouvait Castle. Elle lui fit un petit sourire juste avant que la lumière ne s'éteigne.

Une autre heure était passée.

La chaleur commençait à lui donner mal au crâne. La soif devenait de plus en plus en forte. Elle transpirait de plus en plus. Elle était trempée. Elle s'essuyait le visage avec les manches de son t-shirt, mais ça ne servait à rien.

La dernière heure fut la plus terrible. Même avec des lunettes de soleil, personne n'aurait pu supporter cette lumière. Sans compter la chaleur. A choisir, elle aurait préféré être dans le désert. Et la soif. Cette sensation était horrible. Pire que celle qu'elle avait connue. Elle se réfugia dans un coin et se recroquevilla complètement sur elle-même.

Puis les lampes restèrent éteintes plus longtemps qu'auparavant. A travers la vitre, ils l'observaient. Elle ne bougeait pas. Castle plaqua ses mains contre la glace et l'appela mais elle ne réagit pas.

Sur un signe de tête de Burke, Matt commença à envoyer de l'air frais.

Il aurait voulu la rejoindre, mais Burke lui avait expliqué que la température de la pièce était trop forte. Ils se trouvaient dans une pièce climatisée. Le contraste aurait été très violent, et il aurait fait un malaise.

La pièce mit plus d'une heure pour revenir à une température quasi normale.

Castle sortit de la salle de contrôle et entra dans la salle d'essai. Il se précipita vers Beckett et s'agenouilla près d'elle. Elle n'eut aucune réaction quand il la toucha. Burke s'approcha à son tour et l'examina

- Elle a pensé à des affaires de rechange ?

- Elles sont dans la salle de contrôle

- Bien. On va aller dans un des vestiaires et la mettre sous la douche.

L'infirmière arriva avec le sac de Kate. Castle la souleva et la prit dans ses bras. Il suivit la jeune femme. Arrivé au vestiaire, Jane lui dit de la mettre directement dans la douche et qu'elle allait s'en occuper

- Vous savez, je l'ai déjà fait. Je peux vous aider

- Je m'en doute monsieur Castle. Mais ça va aller. Allez vous reposer. Je vois bien que ce n'est pas facile pour vous aussi. Allez boire un café. IL y a un distributeur juste à côté.

A contre, il les quitta. Il suivit les conseils de l'infirmière, puis fit les cent pas dans le couloir.

Jane réapparut une heure plus tard, soutenant la jeune femme

- Kate ! dit-il en se précipitant aussitôt vers elle

- C'est bon, Castle, ça va !dit-elle en manquant tomber

- Je vois ça, dit-il en la rattrapant

- Ce n'est rien, dit Jane. La déshydratation l'a affaiblit. Il faut laisser le temps à son corps d'assimiler ce que je lui ai fait boire

Lentement, ils se dirigèrent vers la salle de contrôle

- Kate, comment allez-vous ?

- J'ai réussi

- Oui, Kate. Plus qu'un et…

- Je sais dans un mois

- Plutôt deux. Je vais vous laisser pour les fêtes. On verra ça en janvier, d'accord ?

- Entendu

Le retour au loft se fit dans le silence. Elle s'était endormie.

Comme la première fois, Martha les attendait.

Quand elle les vit entrer, elle dit à son fils que la chambre était prête. Il s'y rendit, la mit en tenue et la coucha.