Bonjour tout le monde ! Voici le troisième chapitre de Black Candor, je signale que je l'ai réecrie deux fois avant d'obtenir quelque chose d'acceptable, ça m'a fait rager mais bon. Je tiens à remercier Buttercup-61 pour sa première review : j'espère que tu seras satisfaite de ce chapitre. Bonne lecture! A vous les studios !

Disclaimer : Rien ne m'appartient

Rating : T


Black Candor : Nightmares

Souvent je me pose les mêmes questions, en boucle. Sommes-nous, les Serpentards, réellement dignes de notre réputation, à savoir celle d'usine de mages noirs ? Cette rumeur qui nous colle aux doigts, qui rugit dans nos pas. Je me dis que ce n'est pas vrai, que nous ne sommes pas le mal incarné. Quand je vois Meredith qui rit comme une de ces gamines à en bouffer le soleil, je me moque de mes doutes absurdes. Puis je vois Regulus Black et je tombe de mon nuage et ce sont mes cauchemars qui me font un doux nid. Ce gosse, c'est le diable.


« Si la nuit est noire, c'est pour que rien ne puisse nous distraire de nos cauchemars. » Bill Watterson.


Je marche dans le couloir noir, mes pas me guident à travers le château. Je me dirige vers la tour de Gryffondor, tout ça à cause de Black. J'ai reçu une lettre un peu plus tôt dans la journée. Enfin une lettre, c'est beaucoup dire, appelons ça un bout de parchemin déchiré d'un bouquin de Potions vieux de mille ans avec une écriture brouillonne d'élève intrépide. Il n'a pas signé et pourtant tout pue le Sirius Black. Je préfère donc me rendre au rendez-vous, le cas contraire m'exposerait à des sortilèges et des coups de poignards traitres dans le dos pendant un bon mois. Ma chute dans l'escalier m'a suffi. Une fois arrivé, la silhouette de Sirius se détache des ténèbres ambiantes. Un sourire insolent sur le visage. A croire qu'il n'attendait plus que moi, cette me fait frissonner.

— Très bien Rosenbach. Tu es là.

Je me demande s'il doute de temps en temps avec sa belle gueule empruntée aux vendeurs d'assurances. Assurance, il n'en manque pas. J'ai ma baguette au creux du poing, on n'est jamais trop prudent. Surtout quand on est un Serpentard face au repaire des lions et de leur leader en la personne de Black.

— Que veux-tu Black ?

J'aime ce petit ton ferme et implacable, très dramatique. J'aurais dû m'orienter en tant qu'actrice. Il lève un sourcil, il ne m'a jamais vu sous cet angle, la peur est un très bon leitmotiv. J'ai oublié un instant que les Gryffondors ne connaissent pas la peur. Sirius s'assied lentement et je juge le danger écarter, je le rejoins. Il prend sa tête entre ses mains et toute sa superbe s'évapore. On dirait moi dans mes meilleurs jours, belle ironie de la vie. Je lui demanderais bien ce qui le tracasse autant mais cela est peut-être la raison de ma présence ici. Je songe à mon lit qui m'attend encore chaud et duveteux. Triste soupir.

— J'ai besoin de tes services.

Ces paroles me font étrangement penser à celles que pourraient prononce un mercenaire. Je souris.

— Qui veux-tu que je tue ?

Merveilleuse soirée, je viens de surprendre le Maraudeur qui relève sa frimousse de désespéré vers moi. Restons sérieux, nous traitons affaires.

— Personne. C'est pour mon frère, j'aimerais que tu voies s'il porte la…la marque.

Sa voix est rauque et j'irais presque jusqu'à dire que les mots ont du mal à sortir. Sa requête me laisse perplexe. Je n'ai pas besoin de m'étendre sur le sujet de la marque. Tout le monde sait que Voldemort recrute ses futurs partisans sous le nez même de Dumbledore. Je jette un regard compatissant vers le Gryffondor. Je ne connais pas ses raisons mais je les accepte.

— Pourquoi moi ?

— Tu as une dette envers moi, tu es mon ambassadrice chez les vipères.

Je déglutis. Une dette, c'est lugubre. J'hoche la tête sans sourire, les mots qu'il a employés indiquent clairement qu'il ne me fait pas confiance. Je tiens cependant à le rassurer :

— Sache-le, je ne te trairais pas.

— Cela va sans dire.


Lucide, voilà le mot qui représente Black à cet instant. Il est clair tranchant, net. Un vrai couteau ce garçon, il semble vraiment au pied du mur. Au pied de la guerre qui vient sonner jusque dans son foyer. Me reviennent alors les rumeurs et je me pose des questions.

— Tu n'as pas fui de chez toi ?

Il me regarde comme s'il me voyait pour la première fois. C'est déroutant, sa bouche sèche s'ouvre et se referme comme un poisson hors de l'eau.

— Si. C'est mon frère Grace.

Je note l'emploi de mon prénom. Sa réponse n'est pas argument valable selon moi mais que connais-je de l'amour filial ? Qui plus est l'amour chez les Black. Je me lève en jetant un coup d'œil à ma montre. Il est tard et avec Rusard en embuscade dans les couloirs, mieux vaut ne pas s'attarder.

— C'est ok Sirius. Je retourne à mon dortoir.

Je m'apprête à partir quand il m'appelle :

— Attends !

Je le regarde dérouler un parchemin qu'il tapote du bout de sa baguette avant d'observer avec minutie. Quel drôle de manège, je me demande où il veut en venir. Il relève son visage, un léger sourire l'orne désormais.

— Tu peux y aller, Rusard n'est pas sur ton chemin, il est du côté des cuisines.

Son parchemin est-il un plan de Poudlard ? Je ne sais même pas s'il existe un sortilège assez puissant pour recensera toutes les personnes résidant dans le château. Je ne dis rien, tout le monde a ses cadavres dans le placard. Tant qu'il ne s'agit pas du mien, de cadavre s'entend. Il se lève à son tour, passe une main dans sa toison brune et attend mon départ pour regagner sa maison.

Il est déjà parti quand je pense à le remercier et c'est à l'obscurité que je murmure à présent. Je n'ai jamais eu peur du noir et pourtant en balayant les murs avec ma baguette illuminée, je suis terrifié.


J'aimerais profiter du matin encore un peu mais les voix de Meredith et Dorcas se disputant la salle de bain me réveille. Quand une brosse à cheveux traverse l'air, je me dis qu'il faut que je déguerpisse avant qu'explose la guerre. Discrètement je me prépare et en me frottant les yeux, entraîne mes deux furies personnelles vers la Grande Salle. Les pancakes et le jus de citrouille coulent à flots, je me sers au pichet et déguste un muffin. Je repère alors le visage du cadet Black en pleine discussion avec Rosier et Avery. Que de bonnes fréquentations tout ça. Il ne m'a jamais paru si différent de Sirius que ce matin. Tout en lui souffle la suffisance et l'orgueil gonflé par son nom. Pour vous dire, j'ai l'impression qu'il se pavane comme un coq dans sa basse-cour. Pas à la manière de son ainé qui rigole fort et joue de son extravagance, Regulus est mesuré, calme. Froid comme un glaçon, il s'est imposé comme dirigeant naturel chez les Serpentard de son année. A croire qu'il y a vraiment quelque chose dans le sang des Black qui les pousse vraiment à ce poste. Plus jeune d'une année, mon sujet d'observation est noueux, tout en creux et en pointes. Anguleux là où son frère est droit, filiforme là où Sirius est imposant. Je dois tout de même reconnaitre qu'il partage la même confiance. Un Black ne peut pas échouer.

Je reviens doucement à l'observation de mon propre groupe d'amis. Dorcas regarde sans y toucher Marlène et Meredith s'essaye à dessiner un sourire avec son jaune d'œuf. Je la reconnais bien dans ses enfantillages, barrières à nos problèmes. Ou presque. Elle replace une mèche noire, plus foncé qu'un brun derrière son oreille tout en discutant avec William Davies de son œuvre d'art. Je reporte mon attention vers Dorcas, son teint est plus pâle que d'habitude si possible. Cela fait ressortir son carré plongeant qui tranche sur sa peau, elle est l'incarnation de la damnée. Elle tourne brusquement la tête pour chasser un moucheron et surprend mon regard, ses traits se crispent et elle ouvre la bouche mais j'empêche ses reproches de sortir d'une pression sur sa main. Dorcas, fragile, Dorcas.


Ensuite la journée suit son cours. J'assiste à mes cours de Sortilèges et de Métamorphoses, somnolant à demi. Moitié joliment endormi. La faute à Sirius Black pour le reste contactez mon avocat. J'essaye de croiser Regulus à plusieurs reprises mais soit ce sont mes jambes qui se dérobent ou mon cœur qui bat trop fort. Faiblesse quand tu nous tiens, j'ai toujours le regard impérieux de Sirius fixé sur moi. Je crois que je fais une overdose de Black, ma vie est bien trop noire. Ils sont partout, ces rois du monde adolescent. Ces poupons, fils de roi.

Le seul moment de la journée qui mérite mon attention est celui de Défense. Il est en commun avec les Gryffondors. Preuve en est, l'agaçante main que se passe Dorcas dans les cheveux. Au moins une dizaine de fois et que je te les lisse du plat de la main et que je les ébouriffe, je vous jure. Je l'interromps dans ses préparatifs pré-Marlène. C'est cela où je l'ensorcèle.

— Dorcas, arrête ça tout de suite. T'es très bien comme ça.

Pour être franc, ça l'est. Elle stoppe son bras en pleine course, elle me dévisage comme si j'étais devenu bonne pour Ste-Mangouste. Puis le sang afflue à son visage et elle me décoche son habituel regard mauvais.

— Il n'y a rien d'inhabituel dans mon comportement, compris ?

— C'est ça.

L'ironie dans mes mots doit paraître car je sens une cuisante douleur dans ma joue. Elle vient de me gifler. Meredith qui assiste à la scène pousse un juron avant de passer de moi à Dorcas. Cette dernière est livide, ses yeux brulant de colère. Elle est au bord de l'explosion, je vois les larmes s'accrocher à ses cils. Je tente de les essuyer du bout des doigts, elle me repousse.

— Cesse tes insinuations Rosenbach.

Elle regarde durement ma joue rougie où se dessine nettement la trace de sa main.

— Désolé Grace, ajoute-t-elle tout aussi durement mais je sens la tristesse qui pointe.

Sans lui laisser le temps de me remettre une gifle ou, plus probable, de s'enfuir en courant, je la serre dans mes bras. Posant ma tête sur son épaule, je respire son odeur. J'aimerais que son putain de cœur éclate comme ses os qui craquent sous mon étreinte. Je sens l'humidité sur mes joues. Dorcas pleure. Pleure la petite Dorcas. Plus et encore, ça dégouline jusque dans mon cou. Elle se dégage enfin retraçant d'un coup habile de crayon, le noir sous ses yeux

— Tu as besoin de nous Dorcas Meadowes.

Je fais presque preuve d'autorité là, elle me regarde et je retrouve le sourire enchanteur de nos jeunes années. J'ai encore un cadre sorcier dans ma chambre à Londres où nous avons 12 ans et nous faisions la ronde en souriant. Le ciel est bleu et nos âmes sont vierges. A présent le charme est rompu, il y a des gros nuages noirs au-dessus de nos têtes. Ce sont des choses qui arrivent, la corruption de l'être humain. On rentre enfin dans la salle et je compte m'asseoir à coté de Dorcas quand Black manque de m'arracher le bras en m'asseyant de force à sa table.

— Hé ça va là ?

— Au rapport, soldat.

Il sourit, léger. J'ai brusquement honte de n'avoir rien à lui raconter, j'essaye encore d'approcher ma cible mais son aura a raison de moi. Je ne dis rien, Sirius semble comprendre et me propose un pendu magique sur son parchemin.


Quand la cloche sonne, je me gonfle de courage. Je vais aller voir Regulus. Maintenant. Je descends vers les cachots prétextant une envie pressante à mes amies. Il est là, adossé au mur avec un air de prince négligé. Sa cravate est défaite autour de son cou mais ses manches sont bien baissés sur ses bras. Loupé. Je tente une approche.

— Regulus ?

Il se retourne, me dévisage perplexe. Je me rapproche jusqu'à lui comme le font les amantes provocatrices. Les jolies filles. Je tente de lui toucher le bras mais c'est ma tête qui rencontre violemment le mur. J'ai des étoiles plein les iris. Douleur. Tout tourne.

— Ne me touche pas bâtarde ! siffle Regulus furieux.

Ainsi tout se rapporte toujours au sang. J'ai contaminé sa petite peau avec mon sang-mêlé, pauvre garçon. J'essaye de parler mais sa main se resserre autour de mon cou et un gout métallique envahit ma bouche. Je me suis mordu, je saigne. J'ai devant moi le diable. Un gamin au sourire sadique qui serre ses doigts autour du cou d'une jeune fille comme les jeunes enfants qui tordent le cou des oiseaux. Je n'ai plus d'air. Mes poumons crient grâce. J'ai des tâches devant les yeux et Regulus s'amusent à présent avec sa baguette. Chaque sortilège est une nouvelle estafilade. Soudain j'abandonne. Le sang continue de couler, les sorts et les coups de pleuvoir. Puis…

— Regulus lâche-la putain !

Je n'ai même pas la force de tourner la tête mais je reconnais le timbre enragé de Sirius. Pour une fois qu'il ne m'est pas adressé. Soudain la prise se desserre et je tombe comme une vulgaire poupée de chiffon. Je souris faiblement face à la fraicheur du sol, je mets tous mes sens en pause, pas assez rapidement. J'entends.

— DOLORIS !

Je m'attends à la douleur. Il paraît que c'est inimaginable alors j'arrête de penser. Je m'éloigne de mon propre corps où je ne suis plus que conscience mais rien ne vient. Puis j'entends les hurlements. On croirait entendre la mort elle-même. J'ouvre mes yeux avec difficulté. Pour voir Sirius se tordre de douleur sous le regard malfaisant de son frère. Il crie sans discontinuer, la souffrance fait dévaler ses larmes. Il se débat contre un ennemi invisible. Il ne peut pas lutter contre le mal. Moi, je peux. Je sors ma baguette qui se pointe naturellement sur le cadet Black et lance un « expelliarmus ». Sa baguette atterrît dans ma main et je dois me faire violence pour résister à l'envie de la briser. Sirius s'est tu et Regulus me regarde avec une haine non dissimulée.

— Ta baguette gardera sans doute des traces de mon sang impur. Navré Black.

Je suis furieuse, je jette sa baguette au loin et me précipite sur Sirius. N'allant pas jusqu'à se battre comme un Moldu, Regulus disparaît pour aller chercher son bien. Le cauchemar a pris fin. Je regarde Sirius. Non, finalement, jamais il ne s'achèvera.


Les draps frais de l'infirmerie me brûlent la peau. Les fioles cicatrisantes de Mrs Pomfresh ne font pas encore effet et j'ai l'impression que tout mon corps est en feu. Dans le lit de droite, Sirius me regarde avec inquiétude. Il devrait dormir, l'infirmière lui a donné une potion de Sommeil-Sans-Rêves mais il se débat pour ne pas sombrer. Je le revois battre des pieds dans le vide sous l'assaut des vagues. Ces images me dévorent le cerveau. Cesse de me regarder Black, tu fais tout raviver. On émerge d'un cauchemar ambiant et là on frôle la folie. Black se lève en boitant. Merlin soit loué, Pomfresh est dans son bureau. Viens se glisser dans mon lit, sa jambe contre la mienne m'arrache un gémissement de douleur. Ses yeux s'excusent pour lui et il dépose un baiser fébrile sur ma tempe.

— Ne va plus jamais le voir, n'essaye plus Grace.

— Je dois m'acquitter de ma dette. Notre vie n'est plus un rêve, Sirius, tout cela c'est notre quotidien.

Notre macabre réalité.


Fin. Qu'en avez vous pensé ? La confrontation entre Regulus et Grace ; la demande de Sirius ; la réaction de Marlène ? Une autre question voulez vous que j'inclue des teasers, c'est-à-dire une ou deux phrases accrocheuses du prochain chapitre pour vous donner un avant-gout ? Donnez-moi tout vos conseils, critiques ect... c'est important.

Sur ce, des bisous tout plein, on se revoie pour le chapitre 4.

By Lges