Hey hey tout le monde ! Voici le chapitre 6 après nombreuses hésitations, réécritures et blocages. Pour faire simple, j'ai galéré. Suite aux messages de plusieurs reviewvers qui me disent que ça va un peu trop vite, j'essaye de ralentir un peu le rythme et d'ajouter de la description. Si vous pouviez me faire part de mon amélioration ça serait chouette. En tout cas, ne vous inquiétez pas, je prend en compte ce que mes lecteurs me disent. Merci, bonne lecture.

Disclaimer : Je ne possède rien.

Rating : T


Chapter 6 : Love

L'amour c'est un bel écran de fumée. On aime qui on croit aimer, tout ça pour du vent. Des ennuis qui s'amoncèlent comme des nuages, un jour gris. Belle illusion que Dorcas qui aime Marlène, le temps que ça dure. Douce blague que Meredith et son coup foudroyant pour Croupton. Je n'ai jamais eu de problèmes avec les mirages. J'ai tendance à me tenir loin des déserts, de l'amour et des abysses dans lesquelles on est plongés au nom de « l'amour ». Je compte bien continuer et Sirius Black ne m'en empêchera pas. Il suffit juste d'endurcir la cuirasse.


« Il n'y a pas d'autre amour que celui qui consiste à donner sa vie pour ceux qu'on aime. » Léon Tolstoï.


Les jours se raccourcissent et j'ai l'impression que ce sont nos rires qui s'envolent avec les feuilles mortes. Mortes, comme quoi les arbres ont un instinct de survie plus développée que nous. Ils meurent avant d'affronter le froid et renaissent pour la belle saison. Nous, nous mourrons dans la guerre et pas avant. Encore moins après. Notre table est triste comme un mauvais jour, un mauvais soir. En d'autres circonstances, j'aurais pu trouver comiques les foudres que Meredith envoie avec application sur Sirius. Il n'y a que la vérité qui blesse. Meredith poignardée de vérité, c'est ce qui arrive quand on ne vit que dans le mensonge. Dorcas et Marlène ne se parlent pas, mon amie a encore reçu une beuglante. Elle git en cendres entre nos assiettes. A ce rythme, il nous faudra plus qu'un cendrier pour les détritus de papiers. Ou un amour calciné. Seule retentit le babillage incessant de Gemma Parker. Elle agite ses mains et remue des lèvres. Elle déteint dans notre décor, elle est beaucoup trop vivante. Même les maraudeurs gardent le silence. Lily Evans, en face de Potter, a les yeux pleins de la tristesse de Marlène. Je trouve ça admirable, admirable et stupide. Paradoxal.

De temps en temps, je jette un regard glacial à Sirius et il sourit. C'est tellement abject, petit. Le voir me sourire alors qu'il songe à ses crimes, à sa bouche sur la mienne me retournent les entrailles. J'aimerais poser ma tête entre mes bras, me fondre dans la table, oublier les problèmes futiles qui pèsent pourtant une chape de plomb. Soudain, Dumbledore se lève. Il donne un coup de son verre à pied et toute l'assemblée se tait. J'aperçois Miss Hepburn à sa gauche, dans un accoutrement semblable à la répartition. Tailleur noir et chignon strict. Elle est maquillée discrètement, un peu de rouge aux joues et aux lèvres. Ses yeux sont naturellement noirs, pas besoin d'en rajouter. Elle me sourit, je lui rends ses amabilités en me demandant si elle fouille en ce moment même dans mon cerveau. Je détaille le directeur, sa robe bleu nuit, sa barbe argenté. Il respire la connaissance, l'intelligence. Si j'étais réellement impliqué dans la guerre, j'oserais dire « bienveillant ». Il passe son regard sur les différentes Maisons sans s'attarder. Indifférent à Black qui use des Impardonnables sur son sang et sa chair. Rosier et Avery, leurs rires gras contre les murs. Croupton et son intelligence menaçante qui m'hérisse. Ne s'arrête ni sur les bons ni sur les mauvais. Ying et Yang dans un monde gris, parce que ça n'existe pas les « méchants », les « gentils ». Il ouvre la bouche et je me mets à crisser car Dumbledore dit toujours des choses qui me tendent. La vérité pour commencer.

— Chers élèves, je m'en veux de vous déranger. J'aimerais éclaircir plusieurs points avec vous. Tout d'abord la sortie à Pré-Au-Lard est maintenu malgré les attaques plus en plus nombreuses de Voldemort dans la région.

Voldemort. Blanc. Silence. Tout le monde se regarde, la peur s'agite dans les esprits. Douceur latente, ennemie toujours présente. Meredith se fige, Dorcas lève les yeux au ciel.

— Ton copain n'est pas le pire Mery, déclare-t-elle.

— Cela reste à voir, j'ajoute.

Je jette de l'huile sur le feu, non, pire du venin. Histoire de rester dans les métaphores reptiliennes. J'ai plus de mal avec Croupton qu'avec Avery ou Rosier. Voire même avec Regulus. Je sais à quoi m'attendre avec le cadet Black. Violence, douleur. Bartemius Croupton est plus subtile et ce n'est pas un compliment. J'ai peur qu'il me tende un piège, j'ai peur parce qu'il n'est pas un primitif Serpentard. Meredith prend mal ma remarque mais ne dis rien, se tourne vers la table des professeurs. Je ne vois plus que son dos et ses cheveux bruns. Elle est digne.


— Ensuite compte tenu des évènements récents, Miss Hepburn, professeur de Défense contre les Forces du Mal a décidé avec mon accord d'organiser un club de « défense pratique intensifié », continue Dumbledore. Les fiches d'inscriptions sont disponibles dès maintenant dans vos Salles Communes et dans le Hall.

Cette nouvelle déchaine les foules. Les murmures gonflent comme des vagues, émis de partout. Je m'attends à ce qu'Hepburn prenne la parole mais elle se contente de sourire. Son drôle de sourire reconstitué. Est-ce une nouvelle manœuvre de sécurité ? Je regarde Hepburn sans comprendre et elle m'adresse un regard énigmatique.

— J'irais, déclare Dorcas. Et vous ?

La plupart hochent la tête, je m'inscrirais pour ne pas revivre le calvaire « Black ». Je jette un coup d'œil à Sirius, j'espère qu'il comprenne mes motivations. Il sourit. J'ai comme des flashs en filigrane de l'attaque : le sang qui coule, la douleur, les coups. La voix de Sirius, le phare. Puis ses cris.

— Grace ? Tout va bien ?

— Non, rien ne va.

C'est lui qui a parlé, je crois que j'ai perdu le peu de couleurs que j'avais. Que voudrait-il que je réponde ? « Oui, tout va bien, nos vies sont tellement joyeuses » ? Il se mord la lèvre comme soucieux.

J'observe Sirius et repense au début de l'année, à ce jour dans le train où je l'ai attaqué pour défendre Dorcas. Son sang qui a taché mes mains comme le sang qui a taché celle de Regulus. Nous ne sommes pas si différents, nous avions tous les deux attaqué Sirius. Je m'en veux de repenser à ça alors qu'il sourit. Mon regard est sombre alors il ne pose pas de question. Je sors simplement de table, adressant un petit au revoir à la table et m'assieds dans le Hall, sur un escalier immobile. Une main se pose sur mon épaule, Meredith. Elle a encore des traces de choux à la crème sur les lèvres. Je lui signale et elle l'essuie. Elle commence avec un petit rire mais il meurt comme un filet d'eau sortit d'un robinet.

— Grace, tu es sûr que l'on ne peut pas t'aider à régler tes problèmes ?

— Je suis si lasse, de me battre. Me battre contre cette guerre qui cogne nos vies comme un punching-ball. Marre de m'inquiéter à ne plus en dormir.

— Ne t'inquiète pas pour moi en tout cas.

Sa voix est fluette. Elle me dévisage de ses grands yeux bleus.

— Je sais que ça t'angoisse que je sorte avec Barty, continue-t-elle, tu as peur et je le comprends qu'il me fasse du mal. C'est normal, tu as été agressé par Regulus.

Sa voix est claire et elle ne coince pas sur les mots. Elle décortique mes émotions, mieux que moi je ne pourrais jamais le faire. Je l'invite à poursuivre.

— Barty deviendra sans doute Mangemort à la fin de l'année, j'en suis consciente. J'ai juste besoin de chaleur là où Dorcas a Marlène et où toi, tu as tes poings et ta force de caractère. Je ne suis pas aussi forte, Grace.

Quand elle aborde le passage qui m'est réservé, sa voix se fait chantante. Elle se retient de rire. Je me demande si je suis aussi sauvage, aussi impulsive qu'elle me décrit. Néanmoins, je la comprends un peu mieux même si elle aurait pu trouver de la « chaleur » chez n'importe qui d'autre.

— Barty m'a proposé de sortir avec lui, il m'a embrassé. J'en avais besoin. On a tous besoin de quelqu'un, Gracie.

Je réfléchis à ces paroles. Des paroles de sage exilé en Himalaya ou de moine Tibétain. Je ne m'attendais pas à ce que Meredith fasse preuve d'autant de lucidité. Absorbé par mes problèmes, je ne l'ai pas vu venir.


— Et moi ? Je n'en ai pas besoin. je demande

Ma question n'en a pas vraiment une. C'est plutôt une affirmation hésitante. Ma vérité qui me fait peur. Mon angoisse qui se glisse dans mes mots.

— Toi, Grace, tu as Sirius.

Sa voix est douce mais ferme. Je perds pied et je ne comprends plus du tout alors que je suivais avec attention. Pourquoi parle-t-elle de Sirius ?

— Tu n'y as peut-être pas fait attention mais Sirius accorde beaucoup de crédit à tes paroles. Il est là pour toi, vous avez partagé des choses que ni moi, ni Dorcas ne pourront jamais comprendre. Tu l'as attaqué, il t'a sauvé la vie. Il t'a blessé, tu l'as défendu.

— Il m'a embrassé. la coupais-je.

Je ne leur avais pas dit. Je lui explique les circonstances, l'épisode de la bibliothèque qui m'a bouleversé. Toute la colère que j'éprouvais contre lui et contre la terre entière. Elle acquiesce à chacune de mes déclarations comme un Psychomage diplômé.

— C'est simple, il t'a apporté du réconfort mais votre relation, ce n'est pas de l'amour. C'est plus profond, c'est étrange.

— Parce que ta relation avec Croupton est plus simple ? je questionne, piquée au vif.

— On s'embrasse, on se tient par la main. On ne se lance pas de sortilèges et on ne s'interpose pas en plein milieu d'une agression. C'est moins noble mais plus facile.

— Je ne comprenais pas Sirius avant, je pensais qu'il abimait son image de Sang-Pur juste pour faire enrager ses parents. Cela me mettait hors de moi, je trouvais ça puérile. Enfin, je trouve toujours ça puérile mais moins insensée.

— Je comprends.

Entendre ses mots, c'était apaisant. Ils me donnaient envie de dormir, de m'allonger et de rêver à des jours meilleurs. Un peu plus et je sourirais, confiante. Meredith se lève, me hisse sur mes pieds et nous regagnons le repas, bras dessus, bras dessous.

Je reprends ma place, m'excusant de l'avoir empêché de finir son diner en échange lui offre ma meringue. Elle l'accepte avec plaisir. Je jauge d'un œil critique Sirius qui parle du prochain match Gryffondor-Serdaigle de Quidditch.

— Si on gagne, on pourra se maintenir et écraser ses consanguins Mangemorts de Serpentards, ensuite à nous la coupe ! déclare-t-il, un sourire débordant d'assurance.

Je me racle la gorge. Il se rend compte de ses paroles qu'il associe à ma présence et écarquillent les yeux.

— Enfin, je veux dire consanguins mais pas toi, Grace.

— Ouais la famille de Dorcas, ceux qui ont peur, les premières années de Serpentards que tu bouscules quand ils t'approchent de trop près.

Ce venin vient des tréfonds de mon cœur. J'ai besoin de reprendre mes distances avec les Gryffondors. Ils ont trop de préjugés, ils sont pétris de clichés. Sur un sujet aussi basique que le Quidditch, il arrive quand même à mettre tout le monde dans le même panier.

— Non, mais…Grace. C'est pas pareil.

J'ai mal à la tête. Je porte mes mains à mes tempes et aspire une grande goulée d'air. Je viens de prendre une décision radicale.


— J'ai besoin d'air, Sirius, alors demain je mangerais à la table des Serpentards.

— Très bien.

Je ne sais pas s'il arrive à saisir ce que je lui raconte. Son « très bien » n'est pas très crédible. Sa voix est à la limite du cordial. « comme avant » je songe amer. Il resserre sa prise autour de Parker qui ne demande que ça. Le spectacle ne m'est pas insupportable, il ne me dérange pas. J'avais besoin d'un ami, de quelqu'un de confiance. Son baiser a détraqué mes sens. Pourtant, je n'ai aucun pincement en voyant Gemma embrasser à pleine bouche son copain. Juste un broyage de cœur en songeant qu'il puisse m'en vouloir de faire une pause. Une pause de Gryffondor. J'ai l'impression d'être malade de toutes ces nouvelles habitudes. M'assoir automatiquement à la table des rouge et or. M'endormir directement en arrivant au dortoir. La beuglante quotidienne que reçoit Dorcas. J'entends les murmures sur notre passage. Ils parlent de « trahison » de la maison Serpentards. J'en ai trop bavé pour me faire accepter en son sein pour faire marche arrière.

— Sirius, j'ai besoin de retrouver mes repères. Avec la guerre, ça fait trop de changements et…

— La guerre ! rugit James. Ton éternelle excuse ! Ce n'est pas la guerre, le problème, c'est toi !

— James ! s'écrit Lily.

Je ne regarde pas tout ce petit monde. Sirius ne dit rien. Alors que son meilleur ami déclare que je suis encore une « belle erreur », une « vipère ». Il ne fait rien. Il s'en prend ensuite à Meredith l'insultant de « putain de Mangemort ». Je savais que la nouvelle du couple que forment mon amie et Croupton n'avait pas été bien accueilli par les Gryffondors, encore moins que par moi, mais par égard pour Marlène, ils s'étaient tu. A présent, James déchaine sa colère. Lily lui cri de cesser son cinéma. Lupin et Pettigrow se font tout petits. Plus sidérant encore, Sirius fait l'impasse. J'ai les mains qui tremblent et ma baguette qui me démange mais je n'agis pas. Meredith, dont la facette de grand sage brille encore dans mon esprit, est debout. Arme en main, les larmes menacent de couler, ses cheveux sont défaits. Elle est vibrante de colère. Par-dessus mon épaule, je vois Croupton se demandant s'il doit intervenir. Les premiers sorts fusent. Du rouge, du bleu, du noir. James se retrouve couvert de furoncles ce qui arrache un hoquet de surprise à Lily. Meredith a une égratignure sur la pommette et je soupconne Croupton de lui avoir jeté un sort de Bouclier sans se mouiller. J'ai peur que ça dégénère, Sirius s'est levé tout comme Dorcas. Ils connaissent tous les deux des sortilèges beaucoup plus nocifs. Mais Mcgonagall et Slughorm s'emparent, à coup d'expelliarmus, des baguettes.

— Potter, Black en retenue ! s'écrie la directrice des lions

— De même pour Hamlet et Meadowes, continue Slughorm de sa face rouge.

L'amour ou l'amitié, qu'il soit platonique ou non, sont les clefs d'une bonne bataille. Chaque bataille rapprochant à chaque pas de la guerre, j'ai bien peur que ce soit le début de la fin.


BAM ! J'espère que ça vous a plu, j'aimerais vous remercier de continuer à suivre. Merci à ceux qui commentent. Vous me motivez et c'est génial. Donc je vous en prie continuez, un commentaire = Une baleine de moins transformée en rouge à lèvres ! Je plaisante évidemment. Par contre, sérieusement, si quelqu'un est intéressée pour devenir Beta-Reader qu'il se manifeste par review, cela pourrait être bénéfique à l'histoire.

Gros bisous, merci aux lecteurs !

By Lges