Coucou les petits loups ! Voici le chapitre 7. Je remercie tout ceux qui suivent la fiction : vous êtes adorable ! Remerciement particulier à EmilieBlack1293 et à Buttercup-61 qui me suivent de puis le début et prenne le temps de commenter. J'espère que ce chapitre vous plaira. Ah ! Concernant le rythme des publications, il va changer car je reprends les cours demain et ne pourrais donc publier que le mercredi et le Week-end. Merci, bonne lecture

Disclaimer : Rien à moi pour changer !


Chapter 7 : Spleen

Octobre est bien là, définitivement. Il s'est installé comme on s'endort : tout doucement puis d'un seul coup. L'automne apporte avec lui son froid polaire qui nous fait resserrer les écharpes autour de nos cous. On regarde par la fenêtre, le vent balayer les feuilles jaunes et marron. On s'endort à même les fauteuils de la salle commune. L'infirmerie est bondée des premières grippes. Je n'y suis pas encore allée, je sais résister à ces choses-là. Pourtant il y a des choses contre quoi on ne lutte pas. Il y a des maux qui n'ont pas de noms. Ils vous prennent quand vous regardez le plafond enchanté vierge d'étoiles ou flou de pluie. C'est comme un creux au fond de l'estomac. Il vient et il s'en va. J'ai demandé à Dorcas, hier, elle appelle ça la mélancolie.


« La mélancolie est une maladie qui consiste à voir les choses comme elles sont. » Gérard de Narval.


La couverture remontée jusqu'aux oreilles. Enfoncée dans l'oreiller. Je profite encore un peu de la chaleur de mon lit. Le dortoir est vide, Meredith est partie aux aurores pour rejoindre Croupton et Dorcas est sans doute parti à la volière, intercepter son facteur quotidien porteur d'une douce beuglante. Je prends une grande inspiration et l'air qui rentre dans mes poumons me chatouille la gorge. Notre dortoir est confortable, nous dormons dans des grands lits à baldaquin, des frises et des tentures racontent l'histoire de notre Maison. Je pose un pied sur le parquet avec mécontentement, il faut que je me lève car aujourd'hui a lieu la sortie à Pré-Au lard. J'aimerais savoir quel temps il fait mais ce n'est pas l'unique fenêtre de la pièce qui pourrait me renseigner. Elle donne sur le lac et dégage donc une douce lumière bleuâtre. Je m'habille rapidement avant de descendre les escaliers et de rejoindre la Grande Salle pour un petit déjeuner copieux. Sur le pas de la porte, j'ai un petit moment d'arrêt. La table des Serpentards est pratiquement vide et j'ai moyennement envie de m'installer à coté de Rogue. Autre option, m'installer à la table des Gryffondors. Cependant le regard de James qui a écopé d'une semaine de colle me dissuade. J'aperçois Lily, cette dernière me sourit mais cela pourrait être considéré comme un acte de rébellion de la part de Potter. Il découvre son sourire dans ma direction et commence à la sermonner. Heureusement que la jolie rousse est féroce, elle crie plus fort que lui. Je soupire, j'ai de la chance Meredith vient de débarquer dans la salle. Je préfère la compagnie d'un Croupton silencieux à celle d'un James rageux. Je commence à manger quand mon amie prend la parole :

— Tu fais quoi, aujourd'hui ?

Je la regarde et réfléchis. Lui annonce mon fantastique projet qui consiste à arpenter les rues avec Dorcas et Marlène. Nous arrêter chez Honeydukes et à la Plume enchanté, le nouveau café qui vient d'ouvrir.

— Il faut que je me trouve une tenue pour la soirée de Slughorm, ce soir, le thème est « dieux et déesse », tu ne voudrais pas m'aider ?

Je rigole sous cape en avalant mon pancake et lui fait part de mon idée :

— Toi et Croupton, vous feriez de très bon Persephone et Hadès.

Une lueur s'allume dans le regard de son petit-ami. Sans blague, le dieu de la mort, je veux bien croire que ça lui plaise. Meredith fronce les sourcils tentant de se rappeler le mythe de Perséphone quand soudain elle est éclairée.

— Hadès a enlevé Perséphone pour en faire sa femme aux Enfers, elle a mangé des pépins de grenade et est donc condamnée à passer six mois de sa vie sous terre aux côtés d'Hadès.

— C'est ça. déclarais-je

Croupton acquiesce et déclare mon idée comme « bonne ». Je conviens d'une heure de rendez-vous avec Meredith pendant que Croupton m'assure qu'il trouvera son costume d'Hadès par ses propres moyens. Encore heureux. Il embrasse Meredith avant de se lever et de rejoindre Regulus. Le jeune homme s'amincit de jour en jour et je me demande s'il ne va pas finir par disparaître dans sa robe, s'étouffer dans sa noirceur. Il a grandi, son visage s'est durci et quand je regarde dans ses yeux, il y a comme des épines qui s'enfoncent dans mon cœur. Chacune me rappelle la promesse que le cadet Black m'a fait. Celui de me voir mourir. Je jette un regard inquiet à Meredith et elle doit voir la détresse dans mon regard car elle m'embarque dans une histoire de devoir non rendu et d'encrier volant. Meredith à l'instar de James a été collée. Elle passe une heure tous les soirs à faire l'inventaire des potions dans le bureau de Slughorm. Elle ne peut plus voir James en peinture, dès que nous le croisons, Meredith change de côté dans le couloir. C'est l'unique solution, je crains qu'autrement ils en viennent aux mains. En plus comme Croupton passe le plus clair de son temps avec mon amie, je ne donne pas cher de la peau de James.


Achevant mon petit déjeuner, je me lève. Meredith disparaît dans les couloirs, elle doit envoyer un hibou à ses parents, et je vais dans le hall. Sur le panneau d'affichage est épinglé le formulaire d'inscription pour le club d'Hepburn. Une feuille joliment calligraphiée avec des lettres en feuille d'or et des intitulés mouvants. Je saisis une fiche, m'assieds au pied des escaliers et commence à la remplir. Le questionnaire demande « Pourquoi voulez-vous rejoindre ce club ? » je réponds « Pour survivre à la guerre ». Cela peut paraître osé mais si je commence à mentir à Hepburn. Je ne pourrais plus faire confiance à personne. Cette femme m'inspire une sympathie. Parce qu'elle a l'air d'en avoir bavé, d'avoir touché le mal sans jamais laisser ses tentacules s'accrocher. Elle semble forte, adaptée à la guerre. Résistante aux ténèbres. J'aimerais savoir maitriser ça. Le reste du formulaire est banal : profession des parents, ascendance, Maison. Je repose ma plume et plie le papier en deux. J'apprends en regardant ma montre qu'il est 11h passé. Dorcas n'est toujours pas là. Elle doit être dans un coin avec Marlène. Je retiens un rire. Elle est toujours dans un coin avec Marlène. S'il y en a bien deux que la dispute Serpentard / Gryffondor n'a pas affligées, ce sont bien elles. Je suspecte Lily d'y être pour quelque chose, en tant que meilleure amie de Marlène et maillon faible de Potter, c'est normal. Puis les deux filles ont suffisamment de tempêtes à traverser pour se soucier d'un problème inter-maison. Je bats les pavés froids me mes pieds. L'air glacé s'engouffre par la porte à chaque fois qu'un petit groupe sort. Je trouve des occupations en attendant Dorcas : mots croisés enchantés, croquis mouvant et pendu magique. Une demi-heure s'écoule lentement, je décide de me lever et de commencer mon tour sans elles puisque manifestement elles ont quelque chose de mieux à faire. Je mets mon sac à main sur mon épaule et m'apprête à partir quand une voix m'interpelle :

— Rosenbach !

Ah voilà le retour du méprisant « Rosenbach » sifflé par une voix gonflée d'orgueil. Sirius Black, veste moldue jetée sur les épaules, s'avance et me tient la lourde porte en bois.

— Merci Sirius aux noms de tous les Mangemorts consanguins de Serpentard.

Ma pique a fait mouche, il se tend. De sa main libre, il m'attrape le poignet. Son visage est rouge de colère. J'essaye de me dégager mais sa poigne est trop ferme. Soudain des flash-back de mon « entrevue » avec Regulus se rappellent à mon bon souvenir. Les deux frères sont différents mais pas assez. Le même menton volontaire, les cheveux noirs comme l'encre. Je sens mes genoux qui s'entrechoquent. Ou bien est-ce mes dents ? J'ai jusqu'à l'impression que c'est mon crâne qui tape contre la battant en bois. J'attends les hurlements et la douleur, persuadé qu'ils vont finir par arriver. Pourtant je ne sens qu'une pression sur mon poignet et dès qu'elle se relâche, je tombe. Les dalles de pierre me procurent une sensation salvatrice. Je n'ai jamais été aussi heureuse d'être à genoux, transie de froid sur le sol. Sirius ne m'a tenu que pendant une minute et encore, dans ma tête, cela a duré une éternité. Il n'y a aucun bruit puis enfin vient des pas.


— Grace ! Black !

La voix de Dorcas ne m'a jamais paru chantante, elle a des accents rauques, féminins mais oubliés. Elle se rapproche et m'aide à me relever. Voir son visage me fait comme un électrochoc. Je reprends le contrôle de mon corps et les images lugubres qui me tourmentent, disparaissent, pour l'instant tout du moins.

— Que s'est-il passé Black ? On dirait qu'elle revient de chez les morts !

Je masse mes tempes du bout des doigts. J'ai légèrement perdu pied avec la réalité, seule ma peur me stimulait. Je bats des paupières à plusieurs reprises. Situe les visages. Marlène, sa jolie robe bleue par-dessous un long manteau d'hiver. Dorcas, ses cheveux ébouriffés, elle porte encore l'uniforme mais a des boucles d'oreilles en argent et l'écharpe de Gryffondor au cou. Sirius en position de repli, il n'a pas compris. J'aimerais m'excuser, dire que ce n'est pas de sa faute, mais en fait, si.

— Je voulais juste parler et, elle…elle est tombée.

Dorcas se tape le front du plat de la main avec son arrogance de jeune fille. Je souris en renfilant mon manteau.

— Il ne t'est pas venu l'idée de la remettre sur pieds, sombre crétin !

Sirius prend mal l'insulte, il voit que j'ai repris des couleurs et me déverse sa rancune.

— Tu voulais prendre l'air, Rosenbach, tu l'as pris.

J'avance et je le roue de mes poings. Effets zéro mais je continue. Comme une litanie, les derniers mots de Dorcas s'expédient hors de ma bouche :

— Sombre crétin, sombre crétin, sombre crétin, sombre crétin.

Chaque flambée de mots donne lieu à de nouveaux coups. Ce n'est pas ça qui pourrait le blesser. Moi avec mes mains diaphanes, mes os maigres et fins qui menacent de se rompre. Pourtant j'ai envie de lui faire du mal. Enfin, quand je parviens à agacer Sirius Black, il m'entrave et m'oblige à le regarder.

— Grace, je suis en colère.

— Grand bien m'en fasse ! Moi aussi !

— Je ne comprends pas comment tu fonctionnes, un jour tu te bats, le lendemain tu t'écroules par terre. Un jour tu m'embrasses, le lendemain tu voudrais que je disparaisse de ta vie.


Rapide comme l'éclair, ma baguette n'est jamais loin. Tendu vers sa poitrine, je dessine des petits cercles négligemment.

— Je me laisse du mou Black. Continue de parler et je fais tomber ta langue.

Je n'ai jamais été friande de la torture ni des menaces. Je n'impressionne pas Sirius, un sourire se dessine sur son visage.

— C'est ce qu'on apprend à Serpentard ?

J'exulte d'un petit cri de rage et Sirius doit être content de voir que ces provocations touchent leur cible. J'exècre l'idée d'avoir quelque chose en commun avec les monstres que sont Nott et Black jr. Il me provoque et je déteste l'idée que ces mots fassent mouche.

— Black, voilà pourquoi j'ai besoin que tu quittes ma vie : tu es trop immature, un véritable adolescent en rébellion. C'est bon, tu as bien embêté papa et maman ? Tu leur as bien prouvé que tu n'es pas le fils parfait ? Faut toujours que tu franchisses les limites, Black.

Moi aussi, j'ai de la répartie. Je vois la petite lueur de colère se balader dans les pupilles du Gryffondor. Je jette un regard derrière moi, Dorcas se lime les ongles, visiblement ennuyée. Marlène à ses pieds lit, assise en tailleur, le Witchmagazine. Je reviens à Black.

— Sirius, Sirius. Si je t'ai embrassé, c'est parce que j'en avais besoin. Tu comprends ?

J'essaye d'employer le ton docte de Meredith, allant jusqu'à puiser dans ses mots. Ma voix sonne plus tendre en comparaison à ma précédente tirade enflammée. Pourtant ça ne plaît pas à Sirius qui me repousse en arrière, j'ai abaissé ma baguette dans une seconde d'inattention et voilà ce qui arrive. Il s'échappe par la porte, grande ouverte. Son écharpe claque au vent et il disparaît de ma vue. Dorcas soupire, je la regarde vexée.

— Ma pauvre chérie. Tu te rends compte de ce que tu lui as dit ?

— J'ai rien dit de mal ! Ce n'est pas de ma faute si Black ne sait pas maitriser ses pulsions !

— Il pense que tu ne veux plus rester en sa compagnie parce que tu n'as plus besoin de lui.

L'idée fait son cheminement. Je m'essaye à réfléchir sans me braquer et il est vrai que je n'ai peut-être pas été des plus délicats. Je grimace. Dorcas hausse les épaules. Marlène déplie ses jambes. Toutes les trois, nous passons la porte.


Dans le lointain, la première chose que je vois est la silhouette de Sirius. Elle se détache nettement des gens si joyeux qui rient et trépignent dans tous les sens. Sa veste de motard et son jean lui donnent un air sinistre. Si triste. Il se retourne, je suis peut-être trop loin pour qu'il me voie. Je lui fais signe, deux doigts vers le ciel.

J'hurle.

— Last call ! Black !

« Last call ». La dernière chance, l'appel adressé aux retardataires dans les aéroports ou dans les bars. Au final, ça revient au même : des âmes égarées qui suivent leurs souvenirs à la trace.

Où qu'ils aillent, il y a toujours de la mélancolie dans leurs fissures. La peur du rejet qui se mue en monstre, la peur de l'abandon qui crée des orphelins, la peur d'être oublié qui crée les invisibles. Moi, j'ai peur de moi alors j'oublie tout autour et les gens sont comme des yo-yo qui rentrent et qui sortent.


Voilà le chapitre 7 est fini, il ne s'y passe pas grand-chose. Au prochain chapitre qui devrait arriver dans la journée si tout va bien, au programme : la sortie à Pré-Au-Lard et un petit teaser pour vous faire patienter :

— Tout ira bien si tu ne bouge pas

— Comment voudrais-tu que je bouge ? On est coincé dans un placard à balais Black !

Gros bisous à vous tous, n'oubliez pas do commenter : dire ce qui vous plait/déplaît, vos hypothèses pour la suite, vos personnages préférés.

Mille merci bande de lémuriens ! ( Joke)

By Lges