Bonjour tout le monde ! Voici le chapitre 8 sur la sortie à Pré-Au-Lard. J'espère qu'il vous plaira. Un gros merci à tous ceux qui commentent, qui suivent " Black Candor ". Je tiens à signaler que ce sera à moins d'un miracle le dernier chapitre avant la reprise, c'est à dire mon changement de rythme. Je publierais dorénavant le mercredi et pendant le Week-End. Merci de votre soutien, bonne lecture.
Rating : T
Disclaimer : Rien à moi, tout aux autres.
Chapter 8 : Destruction
J'ai le souvenir de ces hommes, de ces femmes qui fumaient devant les bars. Ils tenaient leurs cigarettes comme si elles risquer de les bruler. Ces gens-là avaient des regards perdus, des cheveux hirsutes et des vêtements trop grands. Ils restaient accoudés au comptoir, regardaient leurs boissons comme si elles détenaient les secrets de l'univers. Moi, je me contentais de les regarder, puis un jour il y a eu cet homme. Vingtaine d'années, sourire léger qui commande une Vodka. Il me regarde et trinque, ses gestes sont précis pas comme ceux des ivrognes habituels. Il ne dégage ni fumée ni brouillard. Quand il s'approche de moi, c'est comme s'il me murmure un secret :
— Les gens qui nous entourent, gamine, ils dégagent l'aura de la douleur qui est née du mal.
Il a fini sa consommation, passé une main négligente dans mes cheveux, sa bouche s'est égarée sur ma joue et il est parti. Je pense qu'il est toujours vivant à écumer les bars et à regarder le monde se détruire autour de lui. Cet homme est, dans mon esprit, intemporel. Je ne l'ai jamais revu.
« La vie persiste au sein même de la destruction. » Gandhi.
J'ai la bouche sèche. J'ai perdu Sirius de vue. Je me laisse porter, Marlène d'un côté, Dorcas de l'autre. Leurs rires résonnent dans ma boîte crânienne. Je ne sais pas comment je marche. Je ne pense même pas à avancer.
Nous arrivons devant Honeydukes, la devanture chargée est multicolore. Des Choco-grenouilles sautent sur des salamandres en guimauves. Des boîtes de papiers crépons sont remplies de sucaçides et de Patacitrouilles. Des souris en sucre sont étalées le long du présentoir. Mon ventre grogne, la vitrine est efficace. Nous rentrons dans la boutique alors qu'un flot de Serdaigle sort du magasin. C'est une explosion de couleurs. Grâce à son esprit pratique, Dorcas plonge dans la foule et revient cinq minutes plus tard, les bras chargés de bonbons. Marlène passe à la caisse et dépose ses gallions sous le regard désapprobateur de Dorcas qui voulait payer. Une fois de retour dans le grand froid, j'attrape un gnome poivré et le fourre dans ma bouche. C'est brulant, j'en ai les larmes aux yeux. Je l'avale bruyamment. La douleur me tient consciente. Cependant je ne peux m'empêcher de chercher Sirius dans la foule, même la présence de Parker m'apaiserait. Pourtant rien à l'horizon, il me semble bien voir Croupton traversé la rue mais ce n'est qu'une ombre devant mes yeux. Enfin, l'enseigne de la Plume enchantée se dresse devant nous. Le café est triangulaire, les murs sont polis, la porte encadrée de dorures. Je passe le seuil, l'intérieur est propre mais bondé. Il ne reste qu'une table de libre et Dorcas se jette, littéralement, dessus sous nos regards amusés. La patronne, une jeune blonde coiffée d'une toque ornée de plumes, est débordée. Elle s'agite dans tous les sens pendant que deux serveurs se précipitent pour apporter leurs commandes aux clients. Marlène s'est emparée de la carte des boissons et je fais de même. Quand un serveur arrive à hauteur de notre table, nous lui donnons nos commandes
— Chocolat chaud avec guimauve ensorcelée, dit Dorcas avec l'air de celle qui attendait ce moment depuis des décennies.
— Hmmm…Un Whisky Groseille, demande Marlène d'une petite voix.
Je lui jette un regard surpris, pas que le Whisky-Groseille soit très alcoolisé mais tout de même. Enfin le jeune homme attend ma commande.
— Thé glacé à la citrouille.
Il revient ensuite faisant léviter le plateau avec nos boissons. Je sors de ma bourse des gallions et des mornilles. Je les jette dans sa direction et il les rattrape avec une habilité étonnante. Surprise, je hausse les sourcils. Il me fait un clin d'œil et va servir son prochain client. Tout en buvant mon thé, je dis :
— J'irais bien demander son nom à cet agréable serveur.
Marlène, qui sirote doucement son Whisky, laisse planer un rire.
— J'irais lui demander pour toi en sortant, si tu veux.
Je la remercie et demande aux deux filles qu'elles seront leurs costumes pour la soirée de Slughorm. Elles m'annoncent se déguiser en muse de la comédie et de la tragédie. Je vous laisse deviner qui est qui. Mon regard s'attarde sur ma montre dont les aiguilles finement ciselées annoncent 12h24. J'ai rendez-vous vers 15h avec Meredith à la boutique de Gaichiffon. J'observe Dorcas qui savoure son chocolat chaud encore fumant. La guimauve sorcière change de couleur dans la boisson et j'aperçois une fumée bleue suivie de rose puis noir.
— Il est bon ? je la questionne.
— A se damner.
Je souris. Cette sortie est comme une grande bouffée d'air, je me sens à nouveau sereine, loin des agitations de la vie quotidienne. Nous trainons dans le café, Marlène dessine des personnages animés avec sa baguette sur la dentelle. Confortablement installée sur une banquette, je m'amuse à lancer des sourires aguicheurs au serveur. Comble du tout, il y répond. Dorcas se moque de moi, tout en lapant le fond de sa tasse avec application. Soudain le tableau paisible se fracasse. La porte s'ouvre laissant passer une jeune femme aux cheveux bruns coiffés d'un chignon sophistiqué. Des boucles obscures encadrent son visage. Ses yeux sont d'un vert perçant. Ils ne me sont pas inconnus. Je me tourne, m'apprêtant à demander aux filles leurs avis quand Dorcas se propulse sous la table. Replié, à semi-caché par la dentelle blanche, elle fixe la nouvelle venue.
— Dorcas ?
— Chut ! Tais-toi par Salazar ! C'est ma sœur !
J'avais entendu parler de la jolie Adelpha Meadowes, bientôt Parkinson, à défaut de l'avoir déjà vu.
— Que fait Adelpha ici ?
— Elle me cherche, pardi ! La beuglante familiale, ça te dis quelque chose ?
Son ton est cassant, elle est inquiète. D'un coup de baguette agile, Marlène rend invisible la tasse de Dorcas et s'étale de tout son long sur la banquette pourpre. Dos tournée à l'ainée de Dorcas, elle est méconnaissable. Elle ne porte même pas les couleurs de sa Maison puisque son écharpe est sur les épaules de sa petite amie. Pour faire diversion, elle adresse un petit signe à « mon » serveur. Il arrive à notre table et cache très bien Dorcas avec ses jambes. Marlène glousse d'un air idiot en jouant avec ses cheveux blonds.
— Excusez-moi, j'aimerais savoir votre prénom ?
— Benjamin Englert, j'étais à Poudlard l'année dernière. Un ancien Serdaigle.
Je pointe un doigt sur lui, un sourire plaqué au visage.
— Je me souviens de toi, tu étais attrapeur. C'est grâce à toi que Serdaigle à remporter la coupe !
Je ne joue pas au Quidditch mais rien ne m'empêche de m'y intéresser. Je me souviens surtout que Benjamin avait pilé net sur son balai pour attraper le vif d'or, il s'était cassé une jambe et fracturé le poignet. Tout le stade était rentré en ébullition. Il a changé, son costume de serveur lui donne une allure élancée, ses pupilles brillent de malice et ses cheveux bouclés dégagent une douceur tranquille. Il me regarde, ricane doucement :
— Très bien mais qui es-tu ?
— Grace Rosenbach, septième année à Serpentard. Mon amie, Marlène Mckinnon, Gryffondor. Sous la table, il y a Dorcas Meadowes mais ça, Benjamin, tu ne dois pas le savoir.
J'adore appuyer sur son prénom, il roule sous ma langue. Le jeune serveur éclate d'un rire franc, même Marlène rigole, amusé, elle surveille d'un œil la sœur de Dorcas. S'assurant qu'elle ne vienne pas dans notre direction.
— Très bien Grace, je ne divulguerais pas tes secrets. me promet Benjamin avec un sourire drôle.
— Mais dis-moi, n'aurais-tu pas des clients à servir ?
Mon ton mystique le fait rire. Il jette un coup d'œil à sa patronne qui nettoie les verres d'un coup de baguette et déclare :
— Si je ne me laissais pas distraire par de si jolies demoiselles.
Je m'esclaffe, nullement touché par ses compliments déguisés et « mon » serveur retourne à son travail. C'est le moment qu'Adelpha choisit pour quitter le café, non sans avoir jeté un regard circulaire sur la salle. Dorcas se relève d'un bond. Elle se masse les cervicales et envoie une main frapper l'arrière de la tête de Marlène.
— Ne fait plus jamais ça ! C'est quoi ce numéro de charme au petit serveur, là ? grogne la Serpentard.
Marlène glisse un bras autour de sa taille et l'embrasse au coin de la bouche. Elle bat des cils à la façon « Bambi ».
— Promis. Dit-elle en tirant la langue à sa copine.
Etant donnés l'heure, nous décidons de déjeuner ici. Je rejoindrais ensuite Meredith, laissant Marlène et Dorcas qui souhaitent finir un devoir de Métamorphose. Nous, nous échangeons les potins. Evitant soigneusement de parler des Maraudeurs même si Marlène glisse quelques mots sur un rapprochement entre Potter et Lily.
Soudain, une silhouette attire mon attention de l'autre côté de la rue par la grande fenêtre de café. Regulus, il semble soucieux et court vite. Il est entouré d'Avery et de Rosier qui jettent des regards circulaires autour d'eux. Ils ont peur d'être suivi. Brusquement, je pose mes couverts, me lève et m'apprête à sortir prétextant un oubli à la boutique de fournitures scolaires. J'insiste pour qu'elles ne me suivent pas. Elles finissent par accepter et Marlène se sert une glace. Un œil toujours fixé sur Black, je m'approche de Benjamin. Il me salue avec un sourire lumineux et je lui dis que je reviendrais le voir bientôt. Le froid est encore plus mordant. Les nuages sont bas et je regrette de ne pas avoir pris de parapluie. Regulus s'échappe dans une ruelle transversale, suivi de ses deux complices. Ils battent le sol, leurs capes noires sur le dos. Ils murmurent en sifflant mais je suis trop loin pour les entendre. Enfin, je débouche sur une allée plus insalubre que le reste du village. Je n'ai pas le temps de m'attarder. Les trois Serpentards filent à travers la grisaille. Ils s'arrêtent devant un établissement miteux portant le nom de « La tête de sanglier ». La porte est une vulgaire planche de bois. Les vitres sont maculées de crasse. Le lieu est totalement infréquentable. Black et ses acolytes sont infréquentables.
Il rentre dans la masure. Attendant quelques minutes, je fais de même. Un reflux d'odeur me fait tourner la tête. Alcool, crasse, odeur de chèvres. J'ai à peine passé l'encadrement que je sens une main qui m'attrape et je bascule.
Obscurité, crasse. J'entends une voix, je ne suis pas seule dans ce débarras.
— Rosenbach, qu'est-ce que tu fais là ?
— Black ! Je suivais ton frère pour ta gouverne !
— Ah, tu tombes mal, en pleine réunion de Mangemorts.
Le sarcasme remue sensiblement dans sa voix. Je constate qu'il y a une ouverture d'un centimètre dans la porte. Je regarde les clients dans la salle. Une vilaine sorcière aux ongles longs comme mon bras. Un groupe d'hommes à la mine patibulaire qui boivent d'étranges boissons fluorescentes. Des gobelins à la peau basanée. Puis je remarque un groupe à l'écart. Ils sont tous vêtus de longues capes noires. Ils chuchotent. De là où je suis, je vois une femme aux cheveux soyeux noirs, deux frères rasé de près et un homme au visage long et aux cheveux foncés. En plus d'eux, s'ajoute Regulus, Avery et Rosier. Les Mangemorts. Sirius se fait une joie de me les présenter :
— L'homme au teint de cadavre, c'est Antonin Dolohov. Les deux autres sont les frères Lestrange et la femme, la célèbre…
— Bellatrix…Bellatrix Black, ta cousine.
Je me rappelle d'elle, elle a quitté Poudlard quand j'étais en deuxième année. Serpentarde se faisant un malin plaisir à brutaliser les jeunes. Elle régnait sur la Maison avec une main de fer. Il paraît que c'est une sorcière brillante.
— Elle est fiancée à Rodolphus Lestrange maintenant. m'informe Sirius
J'essaye de les différencier mais je n'ai jamais su. Avant, ils arpentaient les couloirs silencieusement. Je ne les ai jamais entendus parler. Ils me terrifiaient. Je me retourne autant que le permet l'exiguïté de la cabine vers Sirius.
— Pourquoi es-tu ici, Black ?
— Je les surveille.
— Il y a les Aurors pour ça, Sirius.
— Oui mais les Aurors n'ont aucune raison de les arrêter.
J'opine dans son sens. C'est vrai.
Sirius essaye de se dégager les jambes mais un balai poussiéreux et un seau de produits ménagers lui tombent dessus. Il manque de se faire assommer. Je le regarde d'un œil critique.
— Pourquoi tu m'as obligée à me cacher dans ce débarras Black ?
— Sinon, ils auraient fui. Vu tes relations avec mon frère.
J'hoche la tête. J'arrive encore à distinguer l'heure dans la pénombre. 14h40. Il faut faire vite.
— Tout ira bien si tu ne bouges pas ! déclare-t-il
— Comment voudrais-tu que je bouge ? On est coincé dans un placard à balais, Black ! je rétorque
Il soupire devant mon irritation et je reprends :
— Black, j'ai besoin de sortir. J'ai rendez-vous avec Meredith dans vingt minutes.
— Où ça ?
— A Gaichiffon.
Il réfléchit, puis acquiesce et murmure :
— Bon je vais te faire sortir de là et…Grace ? Je suis désolé pour l'autre soir avec James.
Désolé, il est désolé ? Je me suis fait insulter de tous les noms par James qui a traité ma meilleure amie de « putain à Mangemort ».
— Désolé ? Tu es désolé de m'avoir laissé tomber ce matin ?
— De toute façon, tu n'as plus besoin de moi, c'est vrai ça m'avait échappé. se renfrogne-t-il.
Il fait sauter le verrou et tout se passe très vite.
Regulus me voit et tente de me jeter un sort. Les trois Mangemorts font de même, Bellatrix brise un verre au passage. J'entends Sirius me lancer un charme, un bouclier. Il se jette un sort de désillusion et je sens une main puissante me pousser hors de la salle alors que les sorts sifflent sous nos oreilles.
— Reviens raclure ! Microbe de bâtarde ! Où je ferais endurer mille morts à tes moldus de parents.
Je lutte contre le bras qui me tire plus loin. Je jette un sort, Dorcas me l'a appris en cas de besoin afin de me défendre. Je respire un bon coup, vide mon esprit car la magie noire se nourrit de l'absence. Me laisse submerger par ma rage pour faire fructifier mon sortilège. Vise et tire. Une longue balafre sanguinolente orne le visage fou de Bellatrix. Alors le temps explose, s'enchaine, se déchaine. Les sortilèges ricochent les uns contre les autres. Malheureusement, mon sort enchaine Bellatrix à la magie noire. Elle envoie des Doloris à l'aveugle mais son visage se couvre d'entaille et le sang coule dans son cou.
Les Mangemorts se ruent sur moi et quand un rayon vert m'effleure, je sens le corps de Sirius se figer. Je regarde dans sa direction, sa silhouette se détache légèrement du paysage. Son sort de Désillusion n'est pas assez efficace. J'aimerais lui dire mais il sort sa baguette et les frères Lestranges se retrouvent coincés à terre. Bellatrix reconnaît alors Sirius et en deux grandes enjambés tente de nous rejoindre. Sirius me prend alors la main et nous transplanons. J'ai toujours détesté cette sensation, en plus je n'ai pas eu mon permis l'année dernière. Je remercie intérieurement Black d'être plus consciencieux que moi.
Nous atterrissons devant Gaichiffon. Quand la terre s'arrête de tourner et que mes pieds reprennent consistance, je manque de m'écrouler. Heureusement Black a la bonne idée de me retenir cette fois. Deux fois en une journée, je trouve cela un peu excessif.
— Mets ta tête entre tes jambes si tu as envie de vomir. me conseille-t-il.
Je le regarde mais lever les yeux me donne la nausée. Je me replie sur moi-même. Le décor est flou, j'ai le sang qui bout. Comment sait-il que j'éprouve exactement ce symptôme ? Le transplanage ?
— C'est la magie noire, une magie très destructrice. Corrosive même. Elle est en train de pomper toutes tes forces.
Un instant je me demande d'où viennent ces connaissances mais je me rappelle qu'avant d'être renié, il a reçu l'éducation tirée du manuel du « parfait petit Sang-Pur ». La magie noire, il l'a apprise et il l'a reçu. Je déglutis avec difficulté.
— Merci Black.
— A ton service. T'appelle quand t'a besoin de moi.
Je sens bien comme il crache « besoin ». Je me suis mal exprimé, j'ai été maladroite. J'en paye les conséquences. Il s'en va alors qu'arrive Meredith, elle est un peu en avance.
J'ai du sang sur ma chemise. Sirius va avoir des ennuis mais je ne pense pas à tout ça. Juste à la « Tête de Sanglier ». Ses chaises renversées, la table fendue en deux. Le sang de Bellatrix sur le parquet recouvert de saleté. Les murs brûlés de sortilèges. La tête du pauvre propriétaire, un homme à l'air maussade, devant le chaos.
La magie détruit.
Voilà encore un chapitre d'achevé. Qu'en avez vous pensé ? L'action ne se déroulait t-elle pas trop vite ? Et les nouveaux personnages : Benjamin ? Adelpha ? J'avoue qu'aucun des deux n'étaient dans le scénario de base mais ils se sont imposés à moi avec une force et je n'ai pas pu résister. J'ai à présent un gros faible pour Benjamin que vous découvrirez plus profondément dans les prochains chapitre. Il est plus mûr mais aussi moins marqué par la guerre, en somme très différent de Sirius. Quant à la soeur de Dorcas, vous apprendrez ( malheureusement ) à la connaître.
Encore des gros bisous et pleins de merci. N'oubliez pas la review, c'est important.
By Lges
