Bonsoir les amis ! Voilà une journée bien comme il faut ! J'ai pu poster deux chapitres dans le Week-end, personnellement, c'est un rythme qui me convient, qu'en pensez vous ? Le chapitre 13 ! Ah j'ai comme un agréable pressentiment, il va vous plaire. Je remercie une nouvelle fois Elilisa : j'espère qu'il te plaîra et répondra à tes questions.
Les amis grande nouvelle : nous avons dépassé les 1000 vues ! Merci à vous ! Je vous aime tellement !
Enfin dernière petite question : je n'ai pas eu de réponse concernant Errance, mon projet sur l'adolescence de Jane Hepburn, la prof de DCFM, avec de la magie noire et des beaux garçons, le début d'une guerre et une âme de petite fille. J'ai aussi un second projet, qui n'a aucun lien avec cette fiction : Un JamesIIOC avec de la musique et des problèmes de famille ( Quelle famille que celle des Potter-Weasley)
Bonne lecture.
Chapter 13 : Difference
Je n'ai jamais couru un marathon. Jamais priée dans une église. Je n'ai jamais pleuré devant mes parents, a contrario, je les ai toujours aimés. J'ai toujours eu beaucoup de mal. J'ai vécu avec eux, mon père étudiait les chiffres pendant que ma mère remuait sa baguette pour nettoyer l'appartement. Je me demande si cela fait de nous une famille différente. Mal assemblée, mal assortie. Ma mère est une sorcière, mon père, un moldu. Drôle d'équation pour un mathématicien. Je me demande si ces différences sont suffisamment solides. Si je marche dessus, vais-je tomber ? M'écraser, démembrée ? La faille entre les quatre Maisons de Poudlard m'a fait chuter de trois bons mètres. Un décalage imprévu. Je déteste ça.
Alors, oui, peut-être que cette fois, je ne veux pas rentrer chez moi.
« Les hommes sont différents dans la vie, semblables dans la mort. » Lao-Tseu.
Lily est figée, les mains cramponnées sur le quotidien. L'édition du soir du Daily Prophet. Elle pleure, enfin, elle va pleurer. Elle se lève et comme une bombe à retardement. Explose. Le journal est projeté dans la soupe, la main de James qui s'était attardée dans les cheveux de sa rousse est furieusement repoussée. Lily quitte la pièce dans un courant meurtrier. Un seul regard entre Maraudeurs et le capitaine des Gryffondors se jettent à la poursuite de sa belle. Je soupire, mauvaise idée. Meredith est à mes côtés, elle a aussi assisté à la scène. Son regard se pose sur moi et c'est une tendresse fragile qui brille dans ses yeux. Elle m'invite doucement à m'assoir à la place de Lily. J'obtempère et consulte Marlène :
— Ils sont morts ?
Le regard de la jeune fille est dur. Hargneux, j'arrive à distinguer les larmes cachées dans les profondeurs.
— Nous le saurons assez vite.
Elle a raison, je repousse l'assiette de Lily, écœurée et elle fait de même. Des murmures s'élèvent entre les rangées et je fusille avec délectation, les commères de l'école. Des mains se cherchent sous la table. Sirius, en face de moi, voit mon regard épuisé et s'empare de mon poignet. J'aimerais dire que les ronds qu'il forme avec son pouce m'apaisent mais mon seul réconfort serait d'aller voir Lily. Maintenant. J'adresse un sourire brouillé au jeune homme, il me renvoie un clin d'œil. Il doit s'inquiéter pour James. Pour Lily aussi mais qui ne s'inquiète pas pour elle ?
Les minutes s'égrènent et ils ne reviennent pas. Nous avons fini de manger, pour ma part, je n'ai pas commencé. La tension est palpable, Dorcas et Marlène parlent à voix basse. Meredith débat silencieusement avec Croupton de loin en lointain. Je l'observe. Elle me laisse une grimace étranglée. Je grommelle.
Sirius et Remus font des pronostics. Pettigrow acquiesce à chacune de leurs remarques. Gemma Parker n'est pas en vue, je la cherche dans la foule d'uniforme. Elle glousse avec ses amies chez les Serdaigles. Etrange.
C'est une épreuve de patience pourtant j'aimerais bien aller me coucher. Dormir après cette longue journée. Le réveil en option parce que les prochains jours ne nous annoncent rien de bon. Je consulte la tablée entière et on m'intime d'attendre. Je m'impatiente, je gonfle dans ma peur. Je patauge dedans.
Les doigts de Sirius caressent ma peau. Mes os pointus et mes contours tendus. Je le regarde, il sent ma panique. Brusquement, il se lève, arrachant sa prise à la mienne. D'autorité, il clame :
— On va attendre longtemps comme ça ? Grace, Marlène, on y va.
Les deux concernées se lèvent. Je me lève, Marlène se redresse. La franchise comme un phare dans nos yeux. Dorcas pose un baiser sur la main de la jolie blonde.
— Dis à Lily que je suis là, Marl, dis-lui qu'on est tous là.
Elle acquiesce et nous partons, Marlène suggère la Salle commune. Il n'y a personne, c'est encore l'heure du repas. Sirius nous entraîne vers la volière. Assise contre le rebord d'une grande fenêtre, Lily balance ses jambes dans le vide. Ses cheveux s'agitent dans le vent. James installé à l'envers. Ses pieds butent contre les dalles. Ils se tiennent la main. Un soupir général traverse nos lèvres.
Soulagement. Adossée au mur humide, le nœud dans mon estomac se fait oublier. Sirius glisse un bras à la taille de chacune d'entre-nous. Il nous serre contre lui. Embrasse le haut du crâne de Marlène et dépose un baiser léger sur ma joue. Je respire avec aisance. Sans poussières ni décombres.
Nous sommes discrets. Les piaillements des volatiles, nous rendent invisibles. James nous voit mais ne dit rien. Il continue de discuter avec la Préfète. Marlène et moi échangeons un sourire réjouis. Enfin, un hibou au plumage tacheté surgit dans l'obscurité. J'espère ne pas me tromper en disant qu'il s'agit de celui de Lily. J'ai raison car la jeune fille s'empresse de défaire le courrier de la patte de l'animal.
C'est une fraction de seconde vibrante. James retient son souffle pendant que Lily parcourt la lettre. Un instant, mon nœud refait surface. Je glisse mon nez glacé dans le cou de Sirius qui proteste d'un glapissement.
Lily se projette en arrière sous le regard surpris de James. Ses boucles rousses balayent le sol, savant mélange de crasse et de fientes de chouette, elle s'en moque.
Lily sourit. Lily éclaire la nuit, Lily rit. Elle porte la missive du bout des doigts. Je me dégage de l'étreinte de Sirius.
— Tu veux que je la brûle ? je propose en me glissant vers Lily.
Ses yeux sont brillants, elle cligne des yeux à plusieurs reprises pour s'assurer que je suis bien là. Elle entrevoit Marlène et Sirius à la périphérie. Un souffle joyeux naît entre ses lèvres.
— Ils sont vivants !
Marlène se jette sur sa meilleure amie, encore allongée. C'est le début d'un long fou rire. Les deux Maraudeurs se donnent une frappe virile avant de s'étreindre affectueusement.
— Tu sens le parfum de Lily à plein nez, vieux. grogne Sirius d'une voix étouffée.
La jolie rousse se lève et, du plat de la main, tape Sirius. La mine faussement vexée, comprenez, son sourire lui bouffe le visage. D'elle, je ne vois que ses dents qui brillent comme des spots.
— Mon parfum sent très bon, Patmol !
Je ricane, Sirius se retourne vers moi. J'essaye de m'intéresser à la moisissure qui suinte du plafond.
— Cela te fait rire, Rosenbach ?
J'échoue lamentablement. En un instant, il est à ma droite. Un coup brusque me déséquilibre. Sirius me rattrape. Afin d'éviter les soucis de conscience. Je me tâte l'arrière de la tête.
— Tu vois que ça fait mal. murmure le jeune homme à mon oreille
— Nous sommes différents, Black, je suis bien plus résistante que toi.
Ma réplique ne doit pas lui plaire car il se décale de façon à m'avoir bien en face de lui. Il saisit mon menton entre son pouce et son index.
Je vois Regulus, le sang sur mes tempes. Regulus, Regulus. Je ferme les yeux, calque ma respiration sur celle de Sirius. L'exercice est simple, Sirius est là, rester consciente qu'il est là.
— Hé, hé, Grace.
Il m'a vu partir. Mes jambes faiblirent. Je me ressaisis. Un sourire joyeux orne mon visage. Le tumulte dans mes yeux s'efface. Sirius, Sirius, Sirius.
— Tu disais Black ?
Je vois James, Marlène et Lily en cercle sur le sol. Ils murmurent, Lily a les yeux noirs. Son mascara et son eye-liner ont laissé de grandes trainées noires sur son visage. Elle rayonne. Elle bave du noir et elle rayonne.
Lily paradoxe.
Je réalise enfin que Marlène me siffle.
— Vous n'avez pas fini vous deux, là-bas !
Lily éclate de rire et James s'exclame avec vigueur, quelque chose qui ressemble à « aucune pitié, je déteste les filles ». Sa réaction me fait sourire.
Je voudrais m'attarder sur le groupe de rouge et or encore un peu, enregistrer le bonheur mouvant. La joie instable, nous avons échappé de peu à l'enfer, mais Sirius me fixe. Sirius incline la tête.
Son front contre le mien. Ses yeux gris sur moi.
Il m'embrasse.
A la commissure des lèvres, précisément là où naît mon sourire. J'entrouvre la bouche. Pour parler, je précise.
— Tu fais quoi là, Sirius ?
Pas d'agressivité, juste une question. Innocente murmurée. Je veux savoir sa réponse. Sa réponse avant que ma main ne s'égare dans ses cheveux.
— J'essaye de t'embrasser. J'essaye.
Je ricane mais ses lèvres s'échouent sur les miennes. Les gloussements redoublent à l'extérieur de notre bulle. C'est que nous avons un public redoutable, dites-moi.
Je respire Sirius. Sa cravate en satin me chatouille le cou. Je ris entre deux baisers. Je ne réfléchis pas vraiment, voire, pas du tout. Je sais juste que Sirius est là.
Je suis consciente que Sirius est tout. Partout. Dans mes cinq sens. Je sens son odeur poivrée, je touche son dos musclé par le Quidditch, je goute à sa peau avec un peu trop d'avidité, je vois son large sourire, j'entends son souffle rauque quelque part entre ma bouche et ma joue.
Instinctivement alors que le jeune Gryffondor joue avec mes cheveux, je pense à mon père.
J'embrasse ce qui pourrait devenir un potentiel copain et je pense à mon père. M'écartant légèrement, je glousse, pliée en deux.
Mon père quand je l'imagine, il est dans son bureau. Dans la réalité, il est dans son bureau. J'ai un écho de sa voix « Ne laisse personne couper tes cheveux, ma fille, il pourrait nous rapporter beaucoup ! Tu as des cheveux magnifiques ma chérie ». L'image floue de ma mère déclarant que c'est grâce à elle s'implante à mon souvenir. Mes parents m'ont forgé. Je vais retourner les voir. Je suis blottie contre Sirius et j'ai peur de retourner chez moi.
— Je peux venir chez toi pour les vacances ? je demande, le souffle court mais les idées claires.
Il ne comprend pas, le pauvre, il n'a pas suivi le raisonnement endiablé qu'a fait naître son baiser fiévreux à l'intérieur. Il sourit, sa main sur ma joue.
— Tu vas peut-être un peu vite mais oui, par contre, il faudra inventer un véritable motif autre que « je suis follement amoureuse de Sirius Black » pour les parents de James.
Je ricane. J'aimerais lui expliquer alors je me lance.
— Mes parents…mon père…mon père est moldu.
Sirius réfléchis. Hausse un sourcil, interrogatif.
— Et alors ?
— J'ai peur qu'avec la guerre, j'ai peur…de, ça, ça avec Lily. Cela pourrait recommencer…les attaques.
Je m'emmêle les pinceaux, mon cerveau décroche. Extinction des feux. Sirius pousse ma tête sur son épaule.
— J'ai compris, enfin je crois, ajoute-t-il avec un rire, tu as peur de t'éloigner du monde magique.
— Ils…ils…mon père…j'ai surtout peur de ne pas le comprendre.
— Tu as peur de t'être éloigné de ta famille ?
J'hoche mollement la tête. J'ai employé le mot « guerre ». Dès lors, cette conversation a pris un tournant désagréable. Le souffle de Sirius est chaud dans mon oreille.
— Tu vas rentrer chez toi, Grace.
Sa voix est dure et je ne m'attendais pas à cette réponse. Je tourne la tête pour regarder le jeune homme. En contraste, ses yeux sont mus d'une terrible douceur qui fait s'étirer mes lèvres. Je ne comprends pas, ces paradoxes ambulants.
— Tu vas rentrer chez toi, reprends Sirius d'une voix plus tendre, car il faut que tu voies tes parents. Il faut que tu les serres dans tes bras. Que tu les aimes, il faut que tu sois encore plus présente, maintenant que le monde sorcier est en guerre.
J'opine en son sens. Son raisonnement se tient. Je cherche du regard nos trois autres compères. Ils se sont levés. Lily et Marlène me jettent des petits regards sucrés.
— Il faudrait qu'on y aille. Rusard ne va pas tarder à commencer ses rondes. dit James
En chœur, nous acquiesçons. Sortie de la voilière, je suis seule à rentrer en direction des cachots. Sirius me prend rapidement dans ses bras. L'euphorie est passée. Je l'embrasse et laisse son odeur s'incruster sur mes lèvres mais.
Mais je ne sais pas.
Mais j'ai peur. Je regagne mon dortoir à pas de course. J'ai peur de ce baiser, des conséquences, des complications, des silences et du flot de paroles. Je marche et je cherche à quel moment nous avons dépassé la ligne rouge. Ses bras, c'était naturel alors je pense que tout le reste a suivi. Je rentre avec la ferme intention de me propulser dans mon lit encore tout habillée.
La lumière s'allume. J'ai à peine un pied dans le dortoir. Dorcas, assise sur son lit me regarde, Meredith feuillette un magazine people sorcier. Elle ne le lit même pas, ses pupilles à tête chercheuse me dévisagent.
— Alors ?
L'angoisse perce légèrement sous sa voix acidulée. Meredith avait cette candeur en troisième année, quatrième. Elle n'a plus le moindre pli d'enfant. Sa voix n'a pas changé.
Pour entendre encore cette douce mélodie, celle qui me servait de guet pour mes rapts de friandises, je parle. Je raconte, j'embellis, je divulgue. Les joues rouges, rosies. Dorcas bat des cils, elle ne dit rien. Ses bras sont ramenés contre sa poitrine, ses sourcils légèrement froncés.
— Pourquoi ?
Je viens d'achever mon récit. Ma course dans les couloirs obscurs et Dorcas me demande « pourquoi ? ». Même Meredith ne comprend pas. « Pourquoi ? » avec une intonation sévère. J'ai l'impression d'être une enfant prise en faute.
Je pense à ma mère et j'ai honte.
— Pourquoi ? Pourquoi Marlène et Lily plutôt que Meredith et moi ? Pourquoi ton absence, un « bonjour » le matin, un « bonne nuit » dans la tiédeur des draps ?
J'hoquète, ma bouche est sèche. L'espace entier vibre de la colère tant retenue de Dorcas. Ce n'est pas Sirius, le problème. Leurs problèmes, non, Sirius est mon problème. Le problème de mes deux meilleures amies, c'est ma distance. Ma différence, ce changement qu'entraine la guerre. Les enfants qui murissent comme des tomates au soleil.
— Viens chez moi ! je demande à mon interlocutrice.
Dorcas rougit furieusement, tu croyais donc que je n'allais pas réagir ? Que j'allais laisser le poisson se noyer ? Je relève le menton, elle ne peut pas refuser. Dorcas ferme les yeux, considère ma proposition.
— Tu ne veux pas rentrer chez toi, je l'ait bien vu pendant que tu doutes de mon amitié, alors fait tes valises et en sortant du train, tu iras habiter chez moi pendant deux semaines.
Mon amie sort de sa torpeur, elle m'adresse un sourire vaincu.
— Tu es rusée, Rosenbach, c'est d'accord !
Sans doute, la peur est-elle un facteur important dans sa décision mais Dorcas a toujours eu un ego suffisamment lourd. Je savais qu'elle accepterait.
En plus, Dorcas va me permettre de m'empêcher de m'inquiéter pendant mes vacances. Mes pensées se dirigent vers mes parents. Ma mère, une des nombreuses secrétaires de Ste-Mangouste, est sans doute au courant. Elle a dû voir défiler les blessés, les morts, les visiteurs inquiets et larmoyants. S'inquiète-t-elle pour sa fille unique ? A-t-elle fait part des turbulences que traverse son monde à son mari perdu dans ses chiffres ? A-t-elle peur ?
Meredith fait semblant de regarder la nouvelle collection de capes hivernales. En réalité, elle sourit. Ses sages dents, brillantes et alignés, à découvert. Elle est jolie, Meredith, quand Croupton n'a pas d'emprise sur son cerveau. De prise sur son cœur.
J'espère qu'il dérapera, ce sale petit cancrelat.
Qu'il se brisera les os sur les aspérités de la guerre. Qu'il abandonnera enfin sa victime consentante sur un sol de verre et de noir. Bartemius disparaîtra. Je regarde Meredith et ses vapeurs de parfum cerise-fleur d'immortelle qu'elle porte pour dormir. Bartemius mourra.
Je regarde nos différences comme de l'eau dans un verre. Tout est un peu flou, un peu trouble. Trop agitée. Il est tard dans la nuit et chez nous, il fait plein-jour. Je ne vois plus les lignes, l'entre deux et la bienséance. Je respire. Elles respirent. Je ris, elles rient.
Cette symbiose, elle nous sauvera. Cette symbiose, c'est le parfum extrait de nos différences. Une onde pure et vibrante. Un paradoxe universel
Voilà le dernier chapitre du WE ! Les choses se précipitent, sachez qu'il reste moins de 10 chapitres, environ. Cette fiction comptera minimum trois épilogues se déroulant à différents moments. Des épilogues ou des grandes ellipses si vous préférez. Qu'avez vous pensé de THE scène ? La relation entre James et Lily qui se tisse en douceur ? Celle entre Barty et Meredith, cette histoire d'amour toxique ? L'amitié entre nos Serpentardes ? Nos Gryffondors ?
Je commence à devenir hystérique ! Je suis en manque de review ! Vite sauvez moi !
Gros bisous, je vous aime, ensemble nous dépasserons les 2000 vues ou les 100 reviews ( à vous de voir, c'est votre challenge ! )
By Lges
