Ccoucou ! Vous ne m'attendiez plus, n'est-ce-pas ? Pour être honnête, je ne pensais pas revenir. Je ne pensais pas conclure cette histoire qui était destiné à pourrir là. Pourtant, j'avais vraiment besoin d'y mettre un terme. Je suis allé voir Les Animaux Fantastiques et l'inspiration est suffisamment revenu pour que je puisse terminer ce , il n'est pas corrigé, toutefois donc je m'excuse pour les coquilles. J'espère qu'il vous plaira. J'espère qu'il vous donnera une petite idée de ce que j'ai voulu laborieusement esquissé en 21 chapitres. Ce fut une belle aventure.
Merci à vous.
Nous sommes au point de croisement, au tournant, au carrefour des impatients. Depuis plusieurs jours Sirius tourne comme s'il était en cage, ses horizons limités l'enferment et l'encouragent. Les Maraudeurs chuchotent et gardent une grave mine, il se passe quelque chose de gravissime.
C'est sublime l'état d'indécision, ils sont tous là à s'agiter comme des lions, comme des cons. Pas que je ne les aime pas, qui les veille depuis des heures à attendre mon heure ? Non, je les aime grand comme ça, Lily à qui on a donné la beauté et un roi. James, le premier à construire un palais, fils de la royauté. Peter, en bon valet est le premier à s'inquiéter. Remus, en tendre conseiller, la peau immaculée. Enfin, Sirius, qui contrairement à son frère de tous les temps, n'a pas le sang bleu mais le sang noir. Il fut l'héritier d'un empire sans espoir, et maintenant il s'élève de ses ruines, sa couronne comme ce qu'il reste de plus grand à voir, et son épée qui attend coincé entre un rêve et un espoir.
Et, soudain, quand à la légende, la vie n'emprunte plus rien, dans un instant de coïncidence certain, Lily tourne sa tête vers moi, de ses yeux verts qui me foudroient, comme si, toujours, elle avait su que j'étais là. Elle me dit, la voix faible, remplis de cotons :
— Tu n'es pas si différente de nous, tu vas les suivre comme moi, pour les mêmes raisons que moi. Tu vas les suivre parce qu'ils sont tout ce que tu as, tout ce que tu désires, et que tu as eu tant de mal à obtenir.
Elle me sourit et c'est un vague sourire, celui que l'on fait quand on est un malade, un malaise de sourire. Elle est ravageuse, Lily, quand elle a le cœur qui rougit. Elle a l'air sûr d'elle, son discours pourtant ne tient pas du réel.
— Tu crois que nous sommes pareil toi et moi. Malheureusement, ce ne sera pas le cas car tu mourras pour des idéaux, pour ce garçon qui t'aimes et que tu trouves tellement beau. Moi, je vais mourir par dévotion et je te jure que ce ne sera même pas beau, je vais mourir pour vous, pas pour vos idées, et ce sera laid.
— Il y a de la beauté partout, surtout dans ce qui est laid.
Elle ne connaît pas les laids secrets. Elle a une belle âme.
Je jure que nous n'avons définitivement pas la même notion de ce qui est beau et sacrée, de ce qui est laid, de ce qui pourrit lentement, laissant dans son sillage une odeur amer-sucrée.
« Pour l'amour et la beauté et le bonheur il n'y a ni mort ni changement. » Percy Bysshe Shelley
Je suis fatiguée d'arpenter mon cerveau, de pester après mes maux, d'espérer comme la fin de la peste sortir de mes examens avec un O. Je suis épuisée de mes cernes violettes, de mes pensées qui volettent, et de mes peurs qui s'égrènent au fil que je les perds, que je les oublie au détour d'un couloir parce qu'elles deviennent trop brutales.
Quand on ne peut plus s'occuper de la plante que l'on a fait pousser, des démons que l'on a hébergés, notre dernier recours est de les abandonner. Eux, ne me laissent réellement jamais. Ils se sont attachés, un esprit comme le mien, torturé, ils ne retrouveront jamais.
Je sors de Métamorphose où Mcgonagall m'a gratifié d'un regard peiné et je n'ai plus besoin de me demander ce qu'elle penserait de notre décision de nous battre pour de vrai. Il n'y a rien de plus faux que de dire qu'elle s'en moque. Cette femme, c'est un monument d'époque, une femme que la vie a faite et que la guerre s'est empressée de faire briller. Ses gestes sont plus saccadés maintenant quand elle agite sa baguette, sa voix davantage ferme, son regard plus profond, la peur ouvre des portes secrètes. Je ne crois pas que nous allons réussir nos examens, la guerre est un échec, on aura rien réussi qui vaille la peine de sortir d'ici.
En passant dans un couloir qui mène à la Grande Salle, je tombe sur un examinateur. La ride au milieu du front, la tempe grise et le néant dans ses yeux. Je ne suis même pas sûr qu'ils veuillent bien nous le donner ce diplôme, ils voient les cadavres, pas les élèves. Et nous, bêtement, nous faisons de grands sourires et nous ouvrons gentiment nos paumes.
Je m'assois à la table des Serpentards, Dorcas me regarde, presque étonnée que je sois là. C'est un regard que je lui retourne. Elle respire entre ses dents comme si quelque chose dans ses poumons la gênait puis elle détourne la tête et je la voie délicatement frôler Marlène des yeux.
— Elle n'est pas au courant de ce dont toi-même tu n'es pas au courant, je lui demande à voix basse.
Elle m'adresse une grimace entendue. Dans mon assiette, ma soupe refroidit.
— Oh, ne t'embarrasses pas de tes petits secrets. Nous nageons en pleine ignorance du monde qui nous entoure, si cela te rassures.
Je ne peux pas lui dire que j'ai peur, que j'aurais préféré ne pas savoir quel éclat donne la guerre aux yeux de Sirius et de tous les autres. J'aurais préféré ne pas savoir à quoi ils rêvent la nuit, à quoi ils songent avant de s'enfoncer dans le sommeil.
— C'est d'ailleurs un problème, reprend-elle en soufflant légèrement sur sa cuillère, on nous demande de choisir une orientation, un métier pour plus tard. Les profs, ils font ça avec le plus grand sérieux alors qu'ils savent qu'il en sera tout autre.
Je balaye sa remarque du menton, ces derniers temps, il devient dur de faire la conversation. Le futur est noir, le présent est terne et nos souvenirs glissent comme du papier de verre sur notre peau.
— Alors ? Black et toi ? Tout roule ?
Je la regarde et distingue un léger sourire sur ses lèvres, comme un baume apaisant, une brise de printemps.
— Je ne sais pas. On n'est pas fait, sans doute, pour s'aimer pour toujours comme toi et Marlène, peut être juste pour un jour, et puis un autre, mais ça nous suffit.
Je ferme les yeux, et me concentre sur ce qui m'entoure. L'extérieur, tout ce qui n'est pas ma tête, mon cœur, ma guerre, est depuis bien longtemps passé au second plan. J'entends les murmures des Parkinson, leurs voix dures et inflexibles. Les blagues tombées à plat des plus jeunes et les rires gênés de leurs amis.
Ceux qui s'en sortirons, ceux qui grandiront, comment raconteront ils leurs enfances, leurs adolescences ? Ce sera, à tous les coups, une génération glacé. Moi-même, je ne m'imagine pas vieillir. Je suis déjà trop vieille, pour supporter la vie. Mon âme a vieilli depuis que nous sommes en guerre, bientôt elle tombera en poussière. Pourtant, il y en a qui méritent ça. A l'abri dans ce château, mon château, des enfants veulent vivre longtemps. Ils veulent le soleil, et les merveilles.
Lily, je sais que c'est tout ce qu'elle désire pour eux. En tant que Préfète-en-chef, elle ne peut pas s'en empêcher. Elle les couve du regard, ses Premières Années qui déambulent blêmes dans les couloirs, avec leurs dents de laits et leurs cheveux duveteux. Il faudrait s'en empêcher. Il faudrait l'en empêcher, d'aimer.
Je ne peux pas lui en vouloir. Moi aussi j'aime. La seule différence est que mon amour est une tourelle. Mon grand amour est un dragon. Tout ce qu'il reste de mes petits amours, ce sont des princesses et des princes. En somme quelques coquelicots, rien que le vent ne puisse disperser.
— Je ne connais rien à l'amour, ajoute Dorcas en roulant des épaules. Marlène, dès le début, elle a mené tant de guerres saintes pour nous deux. Je n'ai rien fait, je l'ai attendue.
— Et s'il faut attendre tout une vie ? je demande
Elle me regarde. Son teint est frais comme l'air qui nous entoure. Je ne la regarde pas assez, ces derniers temps. Ses cheveux bruns sont lisses et brillants. On dirait une fragile madone, avec son sourire bienveillant.
— Il n'en a que plus de saveurs.
Je suis dubitative. Pour moi, aimer n'a ni couleur ni odeur. C'est comme plonger dans le noir, dans le plus profond des ténèbres. Courir à en perdre haleine, pliée en deux, à bout de souffle. Aimer, c'est avoir les entrailles nouées, vomir et pleurer. Regarder Sirius, c'est voir le feu dans ses yeux et l'accepter. L'embrasser, l'enlacer, c'est se brûler.
— J'aimais tellement Meredith.
Je ne sais pas pourquoi les mots sortent de ma bouche. Je passe d'une obscurité à une autre. Mon cœur est une grotte aux cavités immenses.
— Tu l'aimes toujours, me rassure Dorcas.
C'est une simple constatation. C'est un peu triste. On peut aimer ce qui ne nous aime plus. On peut aimer qui ne nous connait plus. On ne peut pourtant pas oublier l'amour qui a existé.
— Et elle ? Elle n'aime plus que lui.
— C'est possible.
Tout est possible de nos jours. Que l'enfant du soleil devienne la petite reine d'un Mangemort, je n'aurais jamais parié dessus. Que moi j'apprenne à aimer autre choses que mes deux petites poupées, je n'y avais jamais songée.
Que Sirius cesse d'être ce garçon populaire et beau, celui que je pensais être modèle d'une centaine de tableaux, pour à la place devenir soldat et martyr, et à qui plus tard, on dédicacera un tombeau.
Je ne le connaissais pas. Il y avait quelque chose en lui que je ne saisissais pas. En Septembre, je croyais tout savoir de l'immuable vérité de la guerre qui nous menaçait.
En réalité, il y a plus d'amour que de sang dans cette guerre qui nous a tous aliéné. Dans les journaux, il n'y a que la rubrique nécrologique qui intéresse. On cherche un cadavre, un ami, un amant. On cherche un mort, un enfant, un parent. On ne s'en soucie guère de ceux qui sont mutilés dans leur intégrité, dans leur façon d'aimer et de penser.
On ne peut pas compter tous ceux qui sont irrémédiablement abîmés. Pourtant moi je le voudrais. Je le veux, même. Je veux les regarder, je veux tous les embrasser de mon regard et contempler la faille qui les a brisé.
Je ne veux pas qu'on oublie. Je ne veux pas exister au présent et oublier la candeur de qui nous étions auparavant.
Je croise le regard de Sirius. Il a été candide avant que je ne le connaisse. Il riait avec ses amis, il sifflait sur les filles les plus jolies, il irritait les Serpentards et allait agiter leur nid. Il a été candide et maintenant, il est dissolu.
Dans tout ce noir. Dissolu sous mon regard.
Alors, je le sais. Quand je me lève de mon banc, que je quitte la Grande Salle, les paupières mi-closes, je le sais.
Quand Hepburn croise mon regard, sa bouche étiré, sa cicatrice qui la démange, je le sais.
Je dis oui. J'accepte. J'accepte de mourir. J'accepte d'avoir peur. J'ai l'ambition de vaincre l'oubli et la dissolution, j'ai l'ambition de mélanger les couleurs, les odeurs et les saveurs.
Je le sais. Je dis oui parce que pour l'amour, il faut mélanger sa noirceur et sa candeur.
Pour aimer, il faut accepter de ne pas oublier. Je n'oublie pas. Je n'oublierais jamais même si un jour mon cadavre encore chaud doit reposer sur de la terre meuble, ni l'amour comme du miel qui poissait mes doigts, ni l'amour comme une anguille qui me filait entre les doigts.
X/
Un matin, Sirius apprend que je me suis engagé. Il s'approche de moi. Je pourrais le sentir, à mille lieux, dans milles mondes. Même morte, je le reconnaîtrais encore.
— Hepburn m'a prévenu. Tu rejoins l'Ordre du Phoenix.
— Oui.
— Tu mentirais si je te demandais pourquoi ?
— Non.
— Alors pourquoi ?
Son souffle est tiède contre ma peau. J'essaye de me souvenir de la première fois que je l'ai vu. J'imagine qu'à 11 ans, il ne devait pas être aussi fort, aussi solide, aussi terrible. Il a du se sentir libre pour la première fois, dans le dortoir des Gryffondors. Aussi libre qu'aujourd'hui. Désormais ce n'est plus sa famille qu'il quitte, la corruption de son nom qu'il délaisse. Non. C'est sa vengeance qu'il libère, adieu haine, adieu colère. Il va devenir un héros, pour échapper à son nom il ne peut aller plus haut.
— Pour toi. Pour Meredith qui est marié à un aliéné. Pour Dorcas qui adore aimer. Pour tous ces gens que j'aime et pour qui je veux le meilleur.
Il caresse mes cheveux.
— Tu aurais fait une merveilleuse Poufsouffle.
— Je ne crois pas. Il faut de l'ambition pour vouloir l'abnégation au prix de sa propre vie.
— Tu es rusée. J'ai cru que tu ne le ferais pas. Tu ne peux pas imaginer ma surprise quand Hepburn m'a appris la nouvelle.
Il semble heureux. Il semble que je lui ai fait du bien. Il semble que pour une fois, nous ne relevions pas d'un feu sacré, juste d'une flamme.
X/
La guerre approche. Je l'entends dans la terre et dans l'air. J'entasse les lettres de mes parents en une pile bien nette. Ils sont heureux. Mon père est inconscient du danger, ma mère fait la sourde oreille pour pouvoir continuer à aimer. Je ne leur aie pas dit que j'allais partir au combat. Ma mère « m'embrasse » et rien que pour un de ses baisers je pourrais partir au front.
La semaine d'examens commence. Nos résultats n'ont pas d'importances. J'ai jeté les brochures d'orientations au feu et alors que les flammes léchaient voracement le parchemin glacé du Département des Aurors, j'ai surpris le regard curieux de Meredith posé sur moi.
Je brille en métamorphose et en Défense Contre les Forces du Mal. J'arrive à surmonter l'épreuve de Potion. Je ne sais pas pourquoi je continue à me présenter face à l'examinateur chaque jour. Ils me dévisagent en silence. Ils ne font pas beaucoup de commentaires. Ils sont lasses, tellement usés.
En sortant de l'épreuve de Botanique, l'examinatrice me serre dans ses bras. Elle sent le parfum. Je lui demande qu'elle fût sa Maison. Serdaigle.
Je cesse de comprendre ce que la peur fait faire aux gens. Avant, personne n'aimait les Serpentards. Maintenant, tout le monde veut notre tête sur un piquet. Et pourtant.
X/
Puis, enfin, c'est le départ. Une dernière fois, je consulte la rubrique nécrologie. Une fille de Gryffondor vient de perdre sa tante. Elle crache aux pieds de Regulus. Il ne bronche pas. Ses amis, en revanche, sortent leurs baguettes. Elle est plus rapide qu'eux, elle les désarme et disparaît sans un regard.
Mary McDonald quitte Poudlard en même temps que nous. Je la croise en allant une dernière fois près du Lac Noir. Elle me juge de haut en bas. J'observe les sillons qu'ont creusé les larmes sur sa peau tendre.
— Tu es amie avec Lily ?
Elle acquiesce. Tout le monde aime Lily. Tout le monde sauf ceux qui détestent les Sangs-De-Bourbes.
— Moi aussi.
Un sourire fugace vacille sur ses lèvres, je presse amicalement son épaule avant de laisser à son chagrin. Une dernière fois, je jure que je ne l'oublierais pas.
Une dernière fois, je descends jusqu'à mon dortoir. Les lits sont faits. Les murs suintent d'humidités, pourtant la pierre est lisse et égale au toucher. Dans l'air, rien ne se sent. Meredith avait l'habitude de vaporiser ses tais d'oreiller d'une potion apaisante luxueuse. Je l'attrape entre mes bras, ce n'est pas le sien.
Dorcas entre derrière moi. Elle récupère sa valise.
— Marlène nous attends. Sirius doit te parler de votre première réunion en tant que membre de l'Ordre. Cela fait une demi-heure qu'il rabâche la même chose.
Je souris, Dorcas a ce pouvoir sur les gens. Nous rebroussons chemin. Nous rebroussons le temps. Et, quelque part, nous avons fait notre temps.
A la gare, je distingue Meredith. Elle est heureuse, je crois. Une larme brille dans le creux de son cou, quand elle cherche des yeux les contours de Poudlard. Elle sera heureuse, c'est possible.
— Meredith !
Je la vois regarder la foule, à la recherche de cette voix qui la hèle. J'envoie un coup de coude dans les côtes de Dorcas. Elle ne paie rien pour attendre. Finalement, notre ancienne amie nous remarque, elle fend la mer de valises, de chouettes et d'autres vieux souvenirs pour arriver à notre hauteur.
Elle est aussi belle que dans mon souvenir.
— Bon voyage, Dorcas. J'espère que ta vie sera celle que tu désires.
— De même, sourit cette dernière.
Elles échangent une brève étreinte, avant que Dorcas ne pénètre dans la locomotive, suivi de Marlène et de Lily. Nous restons là, sur le quai. Un instant, je pense qu'elle va fuir. Me fuir, m'abandonner. Elle l'a déjà fait.
— Quelle est la suite ? elle demande, innocemment.
Nous portons le même uniforme. Autour de nous, de nombreux élèves, ont revêtus des tenues plus neutres, des robes de sorciers qui les accompagneront dans leurs vies d'adultes. Pas nous. Cet insigne épinglé sur notre poitrine, c'est une partie de nous. Je le regarde et je pense à tous ceux qui l'ont porté. Bellatrix, en avait un comme ça. Bellatrix a essayé de me tuer. Bellatrix a eu notre âge. Bellatrix a quitté Poudlard et est devenu une guerrière. Meredith va quitter Poudlard et devenir la femme d'un meurtrier. Je vais moi-même quitter Poudlard et devenir une meurtrière. C'est un cercle vicieux, cette cravate autour de notre cou.
— On continue d'avancer, je réponds nonchalamment. Je vais passer l'été chez les Potter. Puis après, eh bien, personne ne peut le dire. Et toi ? Tu comptes toujours rejoindre Venise ? Je me rappelle de combien tu avais adoré l'Italie, leur Ecole d'Enchantements Supérieures, ne pourra que te plaire.
Elle sourit doucement. Sa lèvre tremble légèrement devant mes mots doux, mes cruelles paroles. Elle lisse du plat de la main son chapeau.
— Non, murmure-t-elle. Bartémius et moi allons célébrer notre mariage. Il a obtenu suffisamment d'ASPIC pour pouvoir pourvoir à un poste au Ministère. Quant à moi, je compte prendre des cours par correspondance.
— Il a toujours été brillant, je concède en cachant mon amertume. Toi aussi. Il n'est jamais trop tard pour faire ce que l'on veut vraiment. Qui sait ? Toi aussi tu pourrais devenir quelqu'un, Merry.
— J'y compte bien, déclare-t-elle, en s'éclaircissant la voix.
Après une accolade maladroite, elle s'éclipse. Je frissonne, le regret dans mon ventre me donne la nausée. Ce n'est rien que l'amour des autres ne pourra dissiper. Toutefois, j'espérais quelque chose. En la regardant, sa peau dorée et ses cheveux savamment coiffé, j'ai oublié quoi.
Sirius m'accueille avec le sourire. C'est un des meilleurs élèves de notre promotion. Il le sait et il sait que je le sais. Il ne peut pas s'empêcher de garder cette malice prétentieuse au coin des lèvres. Remus mange un carré de chocolat, Peter lit un livre, James soupire. Ce dernier est le plus malheureux d'entre nous. Il serre Lily dans ses bras. Lui, au moins, tout son bonheur l'accompagne dans l'après.
Alors, pour me faire rire, ils me racontent la maison des Potter. Le grand jardin, la verrière, et le soleil qui baigne les visages de lumières. Ils me racontent nos vacances d'été à venir. On croirait presque qu'il n'y a pas de guerre. A peine quelques références à propos d'Hepburn, qui viendra nous rendre visite pour nous tenir au courant de nos affectations. J'enverrais un hibou à Benjy, pour savoir s'il va bien, s'il survit. Je lui dirais que je me pardonne d'avoir été mauvaise et maligne quand j'aurais préféré être comme lui, pure et bénigne. J'aurais préféré qu'il ne parte pas. J'aurais préféré qu'ils ne partent pas.
C'est pour le mieux. C'est possible.
Les garçons m'entraînent pour quand elle sera fini, la guerre. Ils m'apprennent le bonheur. Le plus dur c'est d'y croire.
Le plus dur, c'est de le voir.
Et voilà ! J'ai finalement posté le dernier chapitre de Black Candor. Je ne l'avais pas prévue comme ça. Je la pensais plus sombre, plus triste quand j'ai commencé à écrire cette fiction. Cependant, la vie s'est mise en travers de ma route et je me suis rendue compte qu'elle était déjà bien assez difficile à vivre. Alors, je ne sais pas si cette fin vous satisfera, s'il y a ne serait-ce que des gens qui l'attendent encore. Je doute qu'elle soit à la hauteur mais j'avais réellement besoin de laisser cette fiction derrière moi, achevée. Alors, qui sait, peut-être que je reviendrais pour reprendre l'ensemble, pour creuser en profondeur. Malheureusement, pour le moment je n'en ai pas envie. La génération des auteurs de fanfic que je lisais n'existe plus et j'avoue avoir moi aussi d'autres horizons à atteindre, la fiction originale notamment.
En tout cas, je tiens à remercier du fond du cœur toutes les personnes qui ont lu cette histoire et qui m'ont encouragé. N'hésitez pas à prendre contact avec moi, que nous échangeons ensemble sur l'univers de la fanfiction et sur Black Candor si vous voulez des détails.
