Chapitre 2.

Le reste de la journée se passa dans cette même bonne ambiance retrouvée. La conversation était fluide, les piques réciproques et le flirt constant, comme lors de chaque bon jour. Le soir venu, alors qu'ils traversaient une forêt, ils trouvèrent une clairière tout à fait adéquate pour passer la nuit. Les chevaux furent nourris, le campement installé et un feu allumé pour chauffer un repas dont la qualité serait certainement à revoir mais dont ils se contenteraient. Comme le disait souvent Josh, tant que l'alcool était correct, le reste faisait l'affaire.

Les deux hommes s'installèrent côte à côte et mangèrent en parlant à peine. Le silence était agréable après les tumultes de la ville. Entre le monde et le saloon ouvert la moitié de la nuit, avec sa musique et ses conversations assourdissantes, c'était un vacarme incessant. Or parfois, Vasquez se sentait le besoin de se poser, seul ou en galante compagnie, et profiter d'un calme bienvenu. La faute à des années de fuite, à se cacher sans faire confiance à qui que ce soit. Des maisons abandonnées loin de toute âme qui vive, des campements de fortune dans des endroits déserts… Il n'était plus habitué à composer avec d'autres personnes que lui-même. Il gérait quand il était avec son amant ou ses rares amis, avec les autres c'était plus délicat. Il y trouvait de moins en moins son compte. Surtout depuis Rose Creek.

Ce qui s'était passé là-bas l'avait profondément changé. Avoir enfin des amis, être utile à des gens de bien, avoir l'impression d'être important… C'était de belles sensations. Et bien sûr, il y avait eu Josh. Aucun homme avant lui n'avait réellement compté, c'était un luxe qu'il ne pouvait pas se permette. Avoir un régulier, c'était multiplier ses chances d'être pris. Il n'en avait jamais ressenti la moindre frustration à la vérité, même dans un monde où les hommes comme lui auraient été tolérés, aucun de ceux qui étaient passés dans ses bras n'aurait été autre chose qu'un divertissement. Il pensait qu'il en serait toujours ainsi. Avec Josh, d'entrée de jeu il avait compris que ce serait différent. Il ne s'y était pas trompé. Alors quand il avait failli le perdre… Il se serait perdu avec lui à n'en pas douter. Depuis, il n'y avait plus que lui qui comptait, il se serait contenté de ne vivre qu'avec lui, loin du monde. Un peu comme c'était le cas ce soir.

Mais Josh ne partageait pas ce genre de penchants pour la solitude. Il avait besoin de monde, d'être vu… De son propre aveu, entouré il avait l'esprit occupé et s'évitait ainsi de penser à tout ce qui était déplaisant. Vasquez aurait aimé être le seul capable de lui offrir cet apaisement, mais puisqu'il en était incapable, alors il faisait ce qu'il fallait pour que son compagnon y trouve son compte. C'était simplement d'autant plus frustrant quand cette même foule, au sein de laquelle Faraday aimait se perdre, portait l'estocade, comme ce matin.

- Tu souris, dit tout à coup Faraday.

- Quoi ?

- Tu souris. Tu as l'air heureux.

- Je le suis.

- Plus qu'hier ? Et le jour d'avant ? ironisa l'Irlandais. Tu crois que je ne le remarque pas ? C'est quand on est tous les deux au milieu de nulle part que tu sembles le plus satisfait. Alors qu'en ville…

- Eh bien, je te l'ai dit, je n'ai besoin que de toi.

Reposant son assiette à présent vide, Faraday se rapprocha de lui.

- Je n'aime pas l'idée que tu te forces pour moi.

- Et moi, je n'aime pas l'idée que tu lises si bien en moi. Pour le reste, je fais ce qu'il faut pour que tu sois heureux. Après ce que tu as vécu, c'est le moins que je puisse faire, cariño.

Vasquez passa une main dans ses cheveux et l'attira à lui, posant ses lèvres sur les siennes.

- Je vais bien, insista-t-il. Mais j'avoue que ce soir, juste toi et moi devant un bon feu, c'est parfait.

- Ça peut l'être encore plus, souffla Josh.

Seul un sourire mystérieux répondit à son regard interrogateur, mais Vasquez comprit très vite à quoi il faisait allusion quand Faraday sortit sa chemise de son pantalon et glissa ses mains en-dessous, un soupir de satisfaction lui échappa même s'il se tendit imperceptiblement.

- Ici Josh ? N'importe qui peut nous surprendre…

- Qui ? On n'a croisé personne depuis ce matin.

Le Mexicain ne put que hocher la tête devant tant de conviction, d'autant qu'il n'avait pas envie de lui refuser ce genre de chose.

Quand ils faisaient ça dehors, c'était toujours rapide, même si cela n'empêchait pas le plaisir d'être présent. Car si Josh était téméraire, Vasquez ne pouvait s'empêcher à chaque fois de craindre être surpris dans une situation aussi compromettante. S'il se fichait de son propre sort, car il se savait depuis longtemps damné, c'était avant tout pour préserver son compagnon, qui ne méritait pas d'être jugé pour ce qu'il était, encore moins menacé.

Josh était un grand garçon tout à fait capable de prendre soin de lui, il l'avait prouvé plus qu'à son tour, mais Vasquez ne pouvait s'empêcher de vouloir veiller sur lui, tout le temps, depuis qu'il l'avait récupéré au milieu de ce champs à la sortie de Rose Creek. Il se l'avouait rarement, mais il avait été traumatisé par la vision du corps brûlé, couvert de sang, que lui avait offert son compagnon et n'avait été capable de respirer à nouveau que lorsqu'il avait senti sous ses doigts un pouls, faible et lent, mais un pouls quand même. Il l'avait ramené précautionneusement en ville, n'étant même pas sûr que tous les combats soient finis, mais s'en foutant totalement, ne pensant pas à ses autres amis qu'il n'avait pas revus depuis que ça avait vraiment chauffé. Il avait pratiquement menacé le médecin, déjà débordé, pour qu'il s'occupe de Josh. Et durant les heures suivantes, il avait attendu devant l'hôtel transformé en hôpital de fortune, fumant cigarette sur cigarette, le sang, le sien et celui de Josh mêlé, séchant sur ses mains et ses vêtements.

Quand la seule infirmière de la ville, toute timide et l'air épuisé, était venu l'informer que son ami se reposait, que son état était stable même s'il n'était pas tiré d'affaire, Vasquez n'avait écouté aucune protestation pour se précipiter à son chevet. Du rez-de-chaussée qui servait de bloc opératoire à grande échelle, où chaque volontaire était le bienvenu pour aider dans la mesure de ses compétences, Josh avait été transporté dans une chambre à l'étage. Vasquez avait été choqué de le trouver tellement pâle, l'air si fragile, une main bandée reposant sur les couvertures, le torse couturé et brûlé. Il l'avait su gravement blessé, mais n'avait pas imaginé autant de dégâts.

Il s'était assis à ses côtés sur une chaise trouvée à l'autre bout de la pièce, avait pris sa main intacte dans la sienne et l'avait veillé. Plusieurs jours passèrent, il ne sut jamais combien. Il somnolait parfois, grignotait du bout des lèvres quelques bricoles sur les plateaux que ses amis lui montaient de temps en temps. Sam et Red venaient les voir parfois, s'enquéraient de l'état du blessé et Vasquez se désolait de n'annoncer aucune évolution. Le médecin, qui semblait seulement capable de tenir encore debout par la force de sa seule volonté, était là régulièrement, l'auscultant, refaisant un pansement, étalant de la crème sur la peau à vif… Quand il annonça enfin que Josh était tiré d'affaire, qu'il ne tarderait plus à se réveiller, Vasquez éclata d'un rire nerveux où le soulagement n'aurait pu être plus visible et sentit ses yeux se faire un peu trop humides dans le même temps. Sam, qui devait avoir eu la même nouvelle à son sourire quand il revint les voir, annonça que Goodnight, Billy et Jack se remettaient également. Ce fut la première fois que Vasquez réalisa qu'il y avait eu d'autres blessés, la première fois que Josh, pour quelques secondes au moins, ne fut pas seul à occuper toutes ses pensées.

Lors de la visite suivante, Sam le força à prendre du repos, dans un vrai lit. Il promit de rester pendant ce temps aux côtés de l'Irlandais, pour ne pas qu'il se réveille seul, la plus grande crainte de Vasquez. Celui-ci commença pourtant par refuser la proposition. Mais quand il fut menacé d'être traîné hors d'ici par la force par Red, il accepta finalement, non sans maugréer son mécontentement tandis qu'il quittait la pièce, maudissant Sam en Espagnol sur plusieurs générations. Il se rendit dans une maison voisine, où on avait mis une chambre à disposition pour eux tant que l'hôtel était pris d'assaut par les blessés. Il remercia son hôtesse pour son accueil généreux et pris enfin conscience de son état d'épuisement en entrant dans la petite pièce coquette. Il ne prit la peine que de retirer ses bottes et dormait déjà quand sa tête toucha l'oreiller.

Lorsqu'il émergea, il ne sut après combien de temps, c'est pratiquement en courant qu'il regagna l'hôtel. Sam, qui n'avait pas bougé comme promis, annonça que Josh avait remué. Vasquez s'en voulu d'avoir manqué cela. Il se promit de ne plus quitter cette chambre avant le réveil de son compagnon. Cela arriva quelques heures plus tard, même si ce fut terriblement bref. Puis les moments de conscience furent de plus en plus longs les jours suivants et rapidement, Josh reprit des forces, retrouvant du même coup sa gouaille habituelle. Et Vasquez ne fut jamais plus heureux que lorsqu'il se fit insulter pour lui avoir refusé un verre de whisky.

Quand ils purent enfin quitter Rose Creek, de longues semaines plus tard, s'en allant chacun de son côté avec la promesse de se retrouver chaque fois que l'un des sept aurait besoin des autres, Vasquez et Faraday n'eurent même pas besoin de se concerter pour partir ensemble. A partir de là, chaque fois qu'il l'avait dans ses bras, Vasquez se fit un devoir de rassurer son amant sur son corps qui portait tant de stigmates, chaque fois qu'il faisait un cauchemar de le calmer.

Depuis lors, Vasquez avait gardé l'habitude de veiller sur l'autre homme. Avoir manqué de le perdre l'avait rendu d'autant plus concerné, se faisant au passage la promesse qu'il serait toujours là pour lui. Il n'était jamais revenu sur sa parole. C'était devenu un de ses buts et il prenait ce rôle à cœur. Il le rassurait sur ses capacités, aussi bien au quotidien que lors des moments plus intimes. Ce n'était pas difficile, il pensait chaque mot qu'il prononçait. Il ne mentait, et encore il ne s'agissait que d'un mensonge par omission, qu'en cachant combien le Faraday du début, celui qu'il avait rencontré et qui lui avait tellement plu en un temps record, le Faraday plein d'assurance, lui manquait terriblement. L'avouer n'aurait fait du bien ni à l'un ni à l'autre, il y avait plus important. Et puis, il ne perdait pas espoir de revoir Josh aussi heureux qu'avant.

A cet instant, il semblait l'être, mais c'était fugace, et c'était plus la fierté d'obtenir ce qu'il voulait. Il avait aguiché Vasquez et cela avait fonctionné. Cela n'avait rien d'un miracle, le Mexicain n'était jamais contre une partie de jambes en l'air, à la lueur d'un feu de camp c'était une ambiance particulière qu'il aimait en prime. S'il pouvait prendre son pied en faisant plaisir à son amant, alors il pouvait bien envoyer paître la petite part de raison qui lui rappelait que faire cela dehors pouvait être dangereux, ce ne serait pas la première fois.

Si son excitation commençait à monter en flèche, il ne pensa pourtant qu'à Josh et à ce qu'il pouvait faire pour lui. Dans ce but, il l'embrassa dans le cou, là où la peau était brûlée, cette partie de son corps dont Josh avait tellement honte mais qui n'avait jamais gêné le Mexicain. Les gémissements qu'il obtint en retour ne trompaient pas. C'était parfait, car il aimait ce corps, avec ses cicatrices et ses blessures, et entendait le lui faire comprendre pour que Josh l'aime à nouveau lui aussi. En ce sens, il allongea son amant, ouvrit sa chemise et prit son temps pour le contempler tout en caressant ses flancs.

- Tu es si beau.

- Shh, ne dit pas ça, souffla Faraday en détournant la tête.

- Alors laisse-moi te montrer comme je te trouve beau.

Rien de plus normal, ils étaient davantage des hommes d'action que de paroles, ce serait donc plus clair ainsi. S'installant à califourchon sur ses hanches, il commença par l'embrasser profondément, aimant combien malgré ses doutes Josh lui répondait totalement. Puis, lentement, ses lèvres furent partout, goûtant chaque cicatrice, même les plus anciennes, caressant les brûlures. Cette peau le rendait fou, qu'importe ses quelques imperfections, tout comme il aimait Josh, malgré ses quelques imperfections également. Il craignait que celui-ci en doute parfois, ce qui était inacceptable. Alors il ne cessait entre deux baisers de lui murmurer des mots tendres, dans un mélange de leurs deux langues, qui se mêlaient aussi bien que leurs deux corps.

Les regards se firent plus intenses quand ils furent à nouveau face à face. La lueur épanouie dans les yeux de Faraday ne brûlait que dans ces moments-là, c'était peu mais déjà tellement beaucoup.

- Merci, dit-il dans un murmure en serrant sa main dans la sienne.

La gauche, toujours la gauche, ne put s'empêcher de constater Vasquez avec un pincement au cœur.

- Mais de quoi, cariño ?

- Je me sens bien avec toi. Tu es le seul à me faire ça.

- C'est tout ce que je veux. Je t'aime.

Faraday sourit, mais ne répondit rien. C'était quelque chose que Vasquez disait rarement, l'Irlandais en revanche n'avait jamais prononcé ces mots. Ils savaient tous les deux pourquoi. Avouer être attachés à ce point était pour eux, tellement habitués à se débrouiller seuls, une preuve de vulnérabilité. Vasquez apprenait à vivre avec à l'occasion, pas Faraday, pas encore. Ce qui était absurde dans la mesure où chacun de leurs actes trahissait leurs sentiments, mais dans ce domaine rien n'était simple avec eux.

Ils reprirent leurs baisers et Vasquez termina de déshabiller son amant, qui frissonnait sous ses caresses.

- Je croyais que tu voulais faire ça vite quand on est dehors, le taquina-t-il.

Vasquez haussa les épaules.

- Au point où on en est, marmonna-t-il. Même à moitié habillés, si quelqu'un débarque dans le feu de l'action, il n'aura aucun doute sur ce qu'on fait. Quitte à être perdus, autant que ça vaille le coup.

- Pour ce que ça vaut, sourit Josh, je me sens jamais autant en sécurité que quand je suis dans tes bras.

- Pas sûr qu'à cet instant précis je sois capable de nous défendre.

- Et moi, j'ai toute confiance en toi.

Faraday l'embrassa puis tendit le bras pour attraper le ceinturon de son compagnon, qui avait été abandonné pas loin un peu plus tôt, et le posa tout près d'eux. Vasquez n'était pas certain que cette initiative présente un quelconque intérêt, mais il apprécia l'effort.

Son compagnon avait à peine lâché ses colts qu'il l'avait attiré à lui, ouvrant son pantalon pour y glisser les mains. Vasquez se tendit en gémissant.

- Querido, tu es plus doué avec trois doigts que bien des hommes avec cinq, dit-il d'une voix rauque. Alors arrête de douter de tes capacités.

- Oui, enfin, je doute que ce talent-ci en particulier nous soit utile si on a des embrouilles, s'amusa Josh et son amant fut rassuré de voir qu'il ne perdait pas sa bonne humeur récemment retrouvée.

- On sait jamais, ça pourrait faire une distraction efficace.

- Idiot ! dit Josh en riant. Comme si tu étais du genre à me laisser mettre la main dans un autre pantalon que le tien.

- Disons que ça me donnerait une bonne raison d'abattre ce rival dans la seconde.

- Ainsi donc, tu protèges ma vertu ?

Vasquez aimait ce ton joueur que l'autre parvenait à adopter, c'était si rare qu'il ne pouvait s'empêcher d'y voir un bon signe.

- Quelle vertu ?

- Oh !

Faraday prit un air faussement outré avant de reprendre sa tâche. Quand l'excitation fut à son comble, il s'allongea sur le côté et Vasquez s'installa derrière lui.

- C'est comme ça que tu veux qu'on fasse ?

Ce n'était guère une surprise qu'il lui tourne le dos. Alors qu'au début Josh aimait lui faire face, le fixer dans le feu de l'action, cela avait changé comme tout le reste. C'était comme s'il avait besoin de se cacher, même dans un moment aussi intime, ce qui était un échec pour Vasquez, qui tentait de faire passer son amour, son attirance, dans chacune de ses caresses, chacun de ses baisers. Mais il ne voulait l'obliger à rien, alors comme toujours il ferait comme son compagnon voulait.

- Je trouve ça excitant, acquiesça Faraday en saisissant la main qui s'était posée sur son ventre. Toi dans mon dos, pratiquement habillé alors que je suis nu, ton souffle dans mon oreille…

- Tu as pensé à tout. Ça me plaît.

C'était vrai, c'était effectivement une image particulièrement excitante qu'il lui avait brossée. Cela l'était d'autant plus que cela semblait lui plaire. Parce que Vasquez, tout au fond de lui, dans une partie reculée de son cerveau qu'il se refusait à écouter la plupart du temps, ne cessait de craindre qu'un jour Josh n'aurait plus envie de lui non plus. Alors chaque fois qu'il le désirait, qu'il prenait plaisir à s'offrir à lui, cela retardait d'autant l'échéance.

- Et vas-y lentement, reprit Josh. On a tout notre temps et j'ai envie qu'on savoure, qu'on en profite.

Ça, c'était nouveau. En général ils se retrouvaient dans le désir de faire ça vite et bien, préférant garder la tendresse pour d'autres moments, là où le sexe était au contraire un exutoire. Que Josh fasse cette demande justement dans un endroit où ils étaient pourtant vulnérables aurait pu paraître déplacé, mais Vasquez n'y songea pas un instant. Prendre leur temps témoignait d'un attachement véritable, pas juste d'un simple désir de se soulager le plus rapidement possible. Et s'ils avaient le plus souvent des difficultés à parler de sentiments, tant qu'ils pouvaient au moins en faire preuve par leurs gestes, alors tout était pour le mieux.

Quand il fut en lui, Vasquez bougea avec lenteur, la respiration rendue lourde par le plaisir qui montait peu à peu. Ses mains étaient partout sur le corps offert, tandis qu'il embrassait sa nuque, mordait son épaule. Josh était terriblement réceptif, passant le bras derrière lui pour caresser son flanc, murmurant régulièrement son assentiment entre quelques gémissements de satisfaction.

Un coyote hurlait au loin, le feu près d'eux éclairait la scène d'une lueur intime, la peau de son amant était terriblement douce sous ses lèvres… L'instant était parfait et Vasquez, d'autant qu'il en avait obtenu la permission, avait bien l'intention que cela dure le plus longtemps possible.

Et ce fut diablement bon, surtout lorsqu'ils atteignirent la jouissance l'un après l'autre, chacun pouvant savourer l'extase de l'autre autant que le sien.

Ils eurent ensuite le bon sens de se rhabiller avant de se blottir l'un contre l'autre. Evidemment, leur étreinte ne laissait guère place au doute quant à leur lien, mais il ne fallait pas non plus trop leur en demander.

Le silence était agréable après la passion déployée. Mais Vasquez savait que cela ne durerait pas, Josh était du genre à parler, toujours, de tout, de rien, sa façon de contrôler la situation. Ce soir pourtant, son compagnon fut surpris par le sujet abordé. De la part de quelqu'un qui fuyait l'intimité comme si elle risquait de le blesser, c'était une première.

- Vas, de quoi tu as envie ?

- De quoi ? De toi bien sûr.

- Flatteur, rit Josh. Non, je parle pour la suite. A l'avenir. Pour nous…

- Oh…

- Allez, tu as dû y réfléchir.

Plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Mais le Mexicain n'était pas sûr que ce soit judicieux de tout déballer. Pas avec un homme qui avait encore tant de mal à se projeter. Mais celui-ci se montra insistant, l'embrassant doucement avant de lui lancer un regard d'une tendresse rare.

- Tu peux tout me dire, plaida-t-il. J'ai besoin de savoir pour… enfin, pour être capable de faire ce qu'il faut. Tu dis souvent qu'avec moi tu as tout ce qu'il te faut. C'est terriblement agréable à entendre, mais on sait tous les deux que ce n'est pas totalement la vérité. Quand on est en ville, tu es sur le qui-vive, moins détendu… et ça me fait culpabiliser.

Vasquez fut certes surpris, mais surtout touché de la demande. Prendre soin de Josh, il s'en acquittait volontiers et ne s'en serait certainement jamais plaint, mais il était agréable parfois de savoir que cet intérêt qu'il avait pour lui était réciproque. C'est donc avec un sourire qu'il prit la parole, bien décidé à ne rien cacher, tandis que sa main se faisait caressante dans le dos de son compagnon.

- Tu connais ma situation, dit-il donc. J'ai souvent l'impression d'être un homme libre en sursis. Quand on rencontre des étrangers, je suis concentré sur mon environnement en permanence, à me méfier, à espérer être capable de repérer celui qui pourra potentiellement me dénoncer avant qu'il n'ait le temps d'agir. Une prime de cinq-cents dollars ça attise forcément les convoitises, je ne peux pas me permettre de faire confiance au premier venu.

- Je comprends. Mais rappelle-toi que je suis toujours avec toi quand on est en ville. Je ne laisserai jamais personne t'envoyer en prison. On sait se défendre. Et on le fera s'il le faut puis on fuira, ça ne sera guère différent de ce qu'on fait déjà maintenant, à bouger souvent et à risquer nos vies pour des étrangers. La différence c'est que cette fois on le fera pour nous protéger nous-mêmes.

- J'apprécie la proposition, mais sincèrement, je préfèrerais qu'on n'ait pas à en arriver là, je ne veux pas que tu aies des ennuis à cause de moi... Et puis, ce n'est pas la seule raison.

- J'écoute, l'encouragea Josh en caressant sa main.

- Avec cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête, j'ai pris l'habitude d'être seul, de me cacher... Je crois que j'y ai pris goût. Je me contenterai facilement de toi pour seule compagnie.

- Tu voudrais ça ? Juste toi et moi, tout le temps ?

- Je refuse surtout de te l'imposer.

- Minute, là on parle seulement de toi. C'est ce que tu voudrais ?

- Eh bien, oui, souffla Vasquez avec tout de même un peu d'hésitation. Toi et moi, une petite maison isolée et personne à fréquenter sauf en cas d'absolue nécessité... Je sais que c'est pas faisable, mais pouvoir au moins s'approcher de ce fantasme ça me plairait bien. Mais une fois encore, je ne voudrais surtout rien t'imposer que tu ne voudrais pas.

- Il y a du whisky dans ta vision de cette vie parfaite ?

- Bien sûr que oui, répondit Vasquez en éclatant de rire. On aurait toujours la possibilité d'en acheter, des litres et des litres si c'est ce que tu veux.

- Alors ça ne serait pas aussi terrible. Et puis, tu te débrouilles assez bien au poker. Je pourrais me contenter de toi comme partenaire. On miserait des faveurs sexuelles à la place de l'argent, comme ça même le reste de la soirée ensuite serait agréable… Oui, je pense qu'il y aurait définitivement pire comme vie. Et puis, ça m'éviterait d'être un boulet pour vous comme je vais l'être dans les jours à venir.

- Arrête avec ça Joshua ! Tu es plus utile que bien des hommes et j'aimerais que tu cesses d'en douter.

Il marmonna quelques insultes dans sa langue natale, les choses qu'il ne voulait pas que son compagnon comprenne quand les mots dépassaient ses pensées, mais revint très vite à l'anglais en voyant le regard curieux peser sur lui.

- C'est une belle vision de ce que pourrait être notre vie, mais encore une fois je refuse d'exiger de toi pareille concession. Ne te méprends pas, j'aime ce qu'on partage et je m'en contente parfaitement. Je ne veux rien de plus, tant que tu es bien.

- Je suis bien partout avec toi. Et je suis encore mieux quand tu es bien toi aussi. Je sens depuis un moment que ce n'est pas toujours le cas, même si tu essaies de le cacher, pensant, peut-être à raison mais ça n'est pas juste pour toi, que j'ai déjà assez de choses à gérer. Je ne suis pas une petite chose fragile, plaida Faraday d'un ton assuré qui ne faisait que confirmer le propos. Je sais que ces derniers temps je ne suis pas toujours facile à vivre, mais ce n'est pas juste pour toi de devoir subir en permanence. Je peux être là moi aussi et faire ce qui doit être fait. Non seulement tu le mérites, mais en plus ça me plairait de le faire pour toi. Je ne te le reproche pas, mais ces derniers temps tu me maternes un peu trop, ce qui n'est bon, ni pour toi, ni pour moi. Alors je ne te promets pas de me transformer tout à coup en ermite, mais si tu as besoin de cette tranquillité parfois, je suis tout à fait disposé à te l'offrir. Je serais aussi heureux avec toi seul loin de tout que dans le plus bondé des saloons.

Vasquez avait écouté chaque mot avec attention, aimant ce qu'il entendait. Non seulement Josh était prêt à ce genre d'effort pour lui, ce qui n'aurait pu être plus belle preuve d'attachement, mais en prime il démontrait, probablement sans même s'en apercevoir, qu'il était sur la bonne voie pour aller mieux. C'était terriblement rassurant. Peut-être plus encore que la perspective de goûter à la vie telle qu'il la rêvait pour eux deux.

- Merci cariño, tu as dit à peu près tout ce que j'espérais entendre. Tu ne peux pas imaginer ce que ça représente pour moi. Cet avenir c'est un sujet sur lequel nous pourrons revenir plus tard. Quoi qu'il arrive, ça ne sera pas pour les jours à venir, inutile donc de se prendre la tête. Mais je suis content que tu ne me prennes pas pour un fou avec mes désirs.

- Tu es déjà bien assez fou à vouloir partager ta vie avec moi, s'amusa Josh.

- C'est ce que je me dis parfois. Pourtant, aussi improbable que ça me serait apparu il y a seulement quelques mois, je suis heureux avec toi. Plus que je ne pensais pouvoir l'être un jour.

Josh lui offrit un beau sourire avant de l'embrasser doucement.

- Tout pareil pour moi mi amigo, marmonna-t-il ensuite.

Pour quelqu'un si peu à l'aise avec ses sentiments, qu'il se contente de baragouiner ces quelques mots était déjà une sacrée victoire. Entre cela et son sourire, Vasquez s'estimait être un sacré veinard.

Ce fut dans cette atmosphère particulièrement détendue, avec les hurlements d'une chouette au loin et les lueurs de leur feu qui faiblissaient lentement, qu'ils s'endormirent finalement.

ooOoo

Le feu était presque mort quand Vasquez se réveilla en sursaut. Il lui fallut quelques secondes pour s'assurer qu'il n'y avait aucun danger alentour. Il s'interrogea ensuite sur ce qui avait pu le tirer d'un repos serein quand près de lui, Josh gémit dans son sommeil. C'était un gémissement de détresse, douloureux. D'instinct, Vasquez le prit dans ses bras, pour constater ses frissons et la fine pellicule de sueur qui recouvrait sa peau.

- Hey, dit-il à voix basse. Tranquillo. Tranquillo… Tout va bien.

Les mots ne semblèrent pas l'atteindre, alors le Mexicain caressa doucement son dos, le serrant davantage contre lui. Le corps tendu à l'extrême lui sembla plus frêle que jamais et son visage animé de tics nerveux le faisait paraître si vulnérable qu'on aurait dit un petit enfant. Vasquez eut mal à ce constat et se sentit terriblement impuissant. Alors il continua à le serrer contre lui, le caressant sans fin en murmurant des paroles apaisantes, priant pour qu'il se réveille, qu'il se calme.

Dans un cri, qui fit se tordre le vendre de Vasquez, Josh se réveilla brusquement, s'asseyant d'un mouvement presque brutal, les yeux écarquillés, la respiration haletante. Il resta un moment ainsi, tournant la tête de gauche à droite.

- Tout va bien, répéta Vasquez, qui s'était redressé lui aussi, posant une main qui se voulait apaisante sur son bras. C'était juste un cauchemar. C'est fini à présent. Tu es en sécurité.

Enfin, les mots portèrent leurs fruits et Josh se détendit, au moins un peu, quoi que son air torturé ne le quitta pas. Il leva la main droite devant lui et lorsqu'il ne put que constater que même s'il était désormais à l'abri, ces images qui le hantaient avaient un fond de vérité, en témoignait cette main mutilée, il étouffa un sanglot. Vasquez ne sut pas si c'était du désespoir ou de la rage, il ne posa pas la question. Il savait de toute façon comment réagir dans pareille situation, il en avait l'habitude.

Il prit la main source de tant de tourment dans la sienne et la porta à ses lèvres. Si lui n'était pas dégoûté, n'avait pas le moindre mouvement de recul, alors son compagnon accepterait, au moins pour ce soir, cette partie de lui avec laquelle il était obligé de composer. Le Mexicain embrassa les cicatrices lentement, y mettant dévotion et adoration, parce que c'était exactement ce qu'il ressentait pour l'homme en souffrance qu'était son compagnon. Et cela sembla enfin fonctionner tout à fait. La respiration de Josh se calma et son corps se détendit totalement.

- Vas ? appela-t-il, comme s'il reconnaissait seulement son amant.

- C'est moi, confirma celui-ci. Je suis là. Je veille sur toi. Plus rien ne peut t'arriver.

Josh hocha la tête, puis essuya son front moite de sa main libre.

- Tu veux en parler, cariño ? s'enquit Vasquez d'une voix douce.

Cette fois, la tête fut secouée de gauche à droite avec force, mais Vasquez ne s'en formalisa pas. C'était toujours ainsi avant que Josh ne se confie finalement. Comme s'il avait besoin de nier une ultime fois cette dépendance pour son compagnon dont il faisait pourtant preuve dans ces moments-là.

- Encore cette foutue explosion, dit-il dans un souffle d'une voix douloureuse. J'ai l'impression de la revivre sans fin. Et avec elle, la douleur, la peur. C'est la dernière chose dont je me souvienne jusqu'à mon réveil dans cette chambre d'hôtel, avec toi à mes côtés. J'ai cru que j'allais crever ! Je voulais crever tellement j'avais mal ! J'ai l'impression de le revivre sans fin, toutes les nuits. Avec toujours cette même trouille. Et cette impression de te perdre…

L'instant d'après, il s'était blotti contre Vasquez, qui ne voyait rien d'autre à faire que reprendre ses caresses.

- Tu es sauf, dit-il maladroitement, à ce stade ne sachant plus vraiment comment l'aider. Et tu ne m'as pas perdu. Je serai toujours là. Ok ?

- Ok.

Ils gardèrent le silence un moment, jusqu'à ce que Faraday ne lève les yeux vers lui, son visage se faisant implorant.

- Qu'est-ce qu'il y a, cariño ?

- Ça ne durera pas toujours.

- De quoi tu parles ?

- Tu ne seras pas toujours là. Parce qu'un jour, tu en auras marre de t'encombrer d'un fichu infirme. Tu en auras marre de ne pas passer une nuit correcte à cause de moi.

- Arrête de dire n'importe quoi cabrόn ! Est-ce que je me suis déjà plaint ? Est-ce que toi-même tu n'es pas là quand c'est moi qui en aie besoin ? Toi et moi, on est là l'un pour l'autre, on forme une équipe, c'est comme ça. Et tôt ou tard, tout redeviendra comme avant. Ce qui ne nous empêchera pas d'être encore là l'un pour l'autre. Parce que je t'aime. Et tu peux être mal à l'aise avec ça, mais tu m'aimes aussi, on le sait tous les deux.

Josh comme à son habitude dans ces moments-là ne répondit rien, se contentant d'opiner du chef. C'était suffisant. Vasquez ne demandait rien de plus, il savait à quoi s'en tenir.

Ils s'allongèrent en silence, sans se séparer l'un de l'autre.

- Merci, murmura Josh, le visage dans le cou du Mexicain, si bas que celui-ci faillit ne pas l'entendre.

Pour toute réponse, il déposa un baiser dans ses cheveux et ne cessa pas ses caresses dans son dos.

Vasquez resta éveillé longtemps, veillant sur le sommeil de son compagnon, comme si cela pouvait garder les cauchemars éloignés. C'était peut-être bien une coïncidence, mais en tout cas cela fonctionna. C'est donc rassuré, bien que cela ne soit que provisoire, qu'il se laissa aller à son tour, plongeant pour sa part dans un sommeil sans rêve, ce qui était assez rare pour être souligné.

ooOoo

Au matin, malgré sa nuit écourtée, Vasquez fut le premier réveillé. Se levant aussi silencieusement que possible, il ralluma le feu et mit du café à chauffer. Après être allé nourrir les chevaux, il revint près de Josh et l'observa. Son compagnon semblait détendu, c'était agréable à constater, aussi profita-t-il du spectacle un bon moment, oubliant du même coup les tourments des heures précédentes.

L'Irlandais émergea lentement quand l'odeur du breuvage enfin chaud commença à se répandre tout autour d'eux.

- Hmm… Tu as fait le café ?

- Bien sûr, opina Vasquez avec un sourire. Je sais que c'est la première chose que tu peux avaler le matin.

- Toi et moi, on sait que ce n'est pas l'exacte vérité, dit Josh avec malice tout en s'asseyant sur les couvertures, se frottant les yeux pour en chasser les dernières traces de sommeil.

Gêné, Vasquez baissa les yeux aux souvenirs de nombreuses étreintes matinales. En même temps, cela n'avait rien d'étonnant que Josh les emmène sur ce sujet. Après une mauvaise nuit comme celle qu'il venait de passer, il faisait toujours de son mieux pour donner le change une fois le soleil levé, il ne parlait jamais de ses tourments, préférant les laisser dans le secret de l'obscurité. Vasquez jouait le jeu à chaque fois, trop content de retrouver, en tout cas la plupart du temps, l'homme dont il était tombé amoureux.

- Ouais, ben ce menu ne sera pas à la carte aujourd'hui, on doit se mettre en route rapidement.

- Oh, soupira Josh, la jouant plus peiné qu'il ne l'était vraiment. On dirait presque que ça te fait plaisir.

- Crois-moi, je ne prends aucun plaisir aux moments où tes lèvres ne sont pas sur moi.

- Voilà qui est mieux. Puisque tu en es aussi frustré que moi, j'accepte donc de rester sage.

La conversation était si absurde que Vasque ne put retenir un éclat de rire. Et putain, c'était si agréable d'aussi bon matin ! Surtout en référence à la façon merdique dont ils avaient commencé leur journée la veille.

- Tu veux des œufs ? demanda-t-il en servant deux tasses de café.

- Oui, mais seulement si tu t'en occupes.

- Comme si j'avais le choix, s'amusa Vasquez. Je ne sais que trop bien que pour toi préparer un repas consiste à remplir deux verres du meilleur whisky que tu puisses trouver.

- Et tu ne t'étais jamais plaint jusque-là, nota Josh, faisant mine d'être vexé. Je te laisse à ta tambouille, moi je vais pisser.

Vasquez s'apprêtait à lui faire remarquer que c'était le genre de détails dont il se serait volontiers passé, quand un tout autre détail attira son attention. Josh effectivement fut plus long que d'habitude pour se lever et sa démarche ensuite sembla raide. Cela ne pouvait signifier qu'une chose, que la douleur dans sa cuisse, là où une balle l'avait blessé, s'était réveillée. Cela arrivait souvent, surtout après une longue journée passée à chevaucher. Et la tension dans tout son corps durant la nuit n'avait certainement rien arrangé.

Tant pis pour leur rendez-vous le lendemain avec Sam et le reste de leurs amis, ils arriveraient certainement en retard. Parce que si Josh, à cause d'un vieux reste de fierté que Vasquez aurait bien voulu lui voir abandonner au moins lorsqu'ils étaient seuls, ne disait rien, se contentant de serrer les dents en s'agrippant à ses rênes plus fort qu'à l'accoutumée, le Mexicain savait qu'il ne pourrait tenir à cheval toute la journée. Il trouverait donc une parade pour les faire poser pied à terre dans l'après-midi et feraient patienter leurs amis un jour de plus. Tout pour épargner Josh, qui avait bien assez d'autres souffrances pour au moins ne pas subir celles de sa jambe blessée.

Aux alentours de midi, ils s'arrêtèrent pour déjeuner au bord d'une rivière et Vasquez en profita justement au moment où ils envisageaient ensuite de remonter en selles, déclarant qu'il avait envie de passer l'après-midi à pêcher. Ce n'était pas totalement crédible dans la mesure où ce n'était certainement pas son activité favorite et Josh ne fut pas dupe, en témoigna le regard suspicieux qu'il lui lança. Mais lui-même n'aimant justement rien d'autre tant que la pêche, Vasquez avait su jouer les bonnes cartes, il n'insista pas. Mieux, lorsqu'il s'assit au bord de l'eau, frottant vigoureusement sa mauvaise cuisse, il le remercia, quoi que du bout des lèvres, se refusant à avouer sa faiblesse.

Ce fut une bonne fin de journée et agréable ensuite de manger du poisson frais au crépuscule, avant comme la veille de s'endormir l'un contre l'autre à la lueur du feu de camp. Et cette nuit-là, aucun cauchemar ne vint troubler leur paix, ni d'un côté ni de l'autre.

Le lendemain, la jambe de Josh allait mieux, mais puisqu'ils étaient déjà en retard de toute façon, ce fut lui qui proposa qu'ils prennent une nouvelle fois leur temps. Vasquez en était content, une journée de plus loin de tout, rien ne pouvait lui plaire davantage. Il devrait bien assez tôt être à nouveau sur ses gardes.

A suivre…