CH8-En cavale
Rappelez-moi de ne plus faire de deal avec Kouan !
Déjà peu de temps pour tenir la publication mais quand votre chat mange vos notes puis décide de pisser partout le J pour vous faire enchaîner les lessives et le ménage, ça devient infernal XD
Bref chose promise chose dû ! ;)
Bonne lecture :D
Deux fines tiges de fer glissées dans la serrure, quelques cliquetis et la porte s'ouvrit avec aisance, la cloche de la petite pharmacie tintant dans la nuit noire.
- T'es certaine qu'il n'y a pas d'alarme ? S'enquit Clarke.
- Je sais ce que je fais, répondit Lexa en refermant la porte derrière elles.
- C'est vrai, dit-elle acide.
La brune la regarda surprise puis détourna les yeux, honteuse. Clarke réalisa alors le double sens de sa réponse.
- Je ne parlais pas de ton passé mais de ta fierté mal placé de madame « je sais tout », s'empressa-t-elle de s'expliquer.
Un lourd silence tomba alors que Lexa la fixait impassible et qu'elle attendait un quelconque signe de pardon.
- Et je suis censée me sentir mieux ? rétorqua finalement la brune avec néanmoins un petit sourire moqueur.
Clarke soupira puis s'engouffra dans la petite pharmacie à la recherche du matériel dont elles avaient besoin. De son côté, Lexa en fit de même, fouillant silencieusement les gondoles et sereine quant au déroulement du cambriolage qu'elles effectuaient. Même si ce n'est pas ce que Clarke avait voulu dire, elle n'en était effectivement pas à sa première effraction. Elle avait choisi cette petite pharmacie pour son absence visible d'alarme et de caméra de sécurité. Les gérants ne pensaient pas se faire braquer, la petite taille de leur structure indiquant un faible revenu donc peu intéressant pour des voleurs ou bien ils étaient simplement présomptueux, se croyant intouchables. Quant à crocheter une serrure ? C'était littéralement un jeu d'enfant pour elle. Elle attrapa une boite sur une étagère puis rejoignit Clarke au comptoir de la boutique.
- Bandages, désinfectant et de quoi te recoudre, annonça la blonde en étalant son matériel. Aller installe-toi, lui indiqua-t-elle le siège derrière la caisse.
Lexa obtempéra sans discuter.
- Retire ta blouse, ordonna-t-elle ensuite.
- A vos ordres, se moqua-t-elle.
Clarke lui fit une grimace. Une réaction enfantine qui la fit doucement rire et son rire fit naitre un fin sourire sur le visage de la blonde. Lexa abaissa le haut de sa blouse orange criarde, révélant son t-shirt blanc dont la manche droite était légèrement coupée et entachée de sang là où l'entaille débutait. La plaie partait du haut de son biceps puis descendait profondément jusqu'à son coude.
- Ca va piquer, la prévint Clarke en approchant une compresse imbibée de désinfectant.
Piquer était un euphémisme, mettre de l'acide directement sur la plaie aurait eu le même effet. Lexa serra les dents, contenant sa douleur et ne laissant échapper qu'un juron lorsque Clarke dû appuyer un peu plus fort pour retirer la saleté incrustée dans la plaie.
- Encore un petit effort et tu auras droit à une sucette, annonça son infirmière improvisée en rangeant le désinfectant et revenant avec une aiguille et du fil.
- Ah, ah, rit-elle faussement.
Clarke, concentrée, ignora sa réponse et après un sourire désolé, elle piqua sa chair avec l'aiguille. Elle vit immédiatement Lexa se contracter sous la douleur et fut une nouvelle fois admirative du self-control dont elle pouvait faire preuve. En ce qui la concernait, elle serait déjà en train de tourner de l'œil, elle avait une sainte horreur des aiguilles…
- Tu es blanche, Griffin, constata Lexa.
- Oui, c'est le cas depuis ma naissance et comme tu n'es sous l'effet d'aucun calmant, je m'inquiète des coups que tu as pris sur la tête.
La brune grimaça douloureusement alors qu'elle piqua une nouvelle fois sa chair puis elle ravala sa peine et ajouta :
- Je veux dire plus que d'habitude, tu es toute pâle.
- Ca doit être parce qu'il fait nuit, s'empressa-t-elle de répondre en continuant de s'appliquer à sa tâche.
Lexa l'observa silencieusement et elle l'a vit légèrement trembler à chaque fois qu'elle s'apprêtait à piquer sa chair puis avaler difficilement lorsqu'elle tirait pour faire glisser le fil dans la plaie. Elle comprit rapidement la raison de cette soudaine pâleur et intérieurement, elle fut touchée que Clarke passe au-dessus de ses angoisses pour la soigner et sans s'en rendre compte, elle se mit à la fixer en souriant, attendrie.
- Bon ok, j'ai peur des aiguilles, voilà, alors maintenant arrête de me regarder comme ça, déblatéra subitement Clarke.
- Je ne vois pas de quoi… arrgg, fut-elle coupée par la vive douleur qui frappa son bras lorsque l'aiguille passa dans la partie la plus profonde de la plaie. Attention, grogna-t-elle.
- Je fais ce que je peux…
Lexa serra les dents, prenant sur elle tandis que Clarke se concentrait, faisant de son mieux pour limiter la douleur alors que le silence de la nuit les enveloppait.
- Tu as une idée d'où pourrait se cacher Raven ? demanda soudainement Lexa.
- Raven ?
- Elle sait peut-être quelque chose et…
- Elle n'a rien à voir là-dedans, la coupa vivement Clarke.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit, retourna-t-elle sur le même ton, ceci dit nous ignorons tout de son implication et elle reste notre meilleure piste, notre seule piste, appuya-t-elle.
- Tu penses vraiment que Raven peut nous aider ? Chercha-t-elle dans ses yeux la sincérité de ses motivations.
- Elle a pu être témoin de quelque chose à l'appartement, sinon pourquoi disparaitre ?
- …
- Tu as dit qu'elle était clean, elle n'a aucune raison de fuir et pourtant.
Clarke n'ajouta rien, se concentrant sur son dernier point de suture puis elle coupa le fil, déposa l'aiguille sur le comptoir et entreprit de soigneusement bander son bras.
- Merci, souffla Lexa tout en étudiant le bandage maintenant terminé.
Clarke rangea son matériel puis soupira de résignation.
- Il est possible que Raven se cache dans une de ses vielles planques, un motel aux abords de la ville, avoua-t-elle enfin.
- Bien alors c'est là que nous allons, se leva Lexa.
- Attends ! On ne peut pas continuer à se balader fringuer comme ça ! L'arrêta-t-elle en se levant à son tour et lui attrapant le bras.
Seulement le mouvement brusque tira sur son flanc et la douleur de ses côtes la stoppa net, se courbant en grimaçant.
- Hey doucement, tu devrais t'assoir, l'aida-t-elle à s'installer à sa place mais Clarke la repoussa.
- Non ça va, c'est rien…
Lexa leva un sourcil sceptique mais ne tenta pas pour autant à la forcer à s'assoir, même si elle aurait facilement gagné la bataille.
- Enlève ta blouse, ordonna-t-elle tout en prenant l'une des boites qu'elle avait ramenées.
Clarke la défia du regard, refusant clairement de lui obéir.
- Ne m'obliges pas à le faire, menaça-t-elle en sortant un tube de la boite.
La blonde capitula, refusant de se lancer dans un combat qu'elle perdrait dans son état. Elle retira donc sa blouse puis souleva son t-shirt sans attendre que la brune ne lui ordonne.
- « Ca va, c'est rien », répéta Lexa avec sarcasme en découvrant le bleu qui maculait presque entièrement le flanc de la blonde.
Clarke allait répondre mais une sensation de froid sur sa peau l'arrêta puis elle réalisa que Lexa était en train d'appliquer une crème sur sa blessure. Elle en oublia toute protestation, le délicat touché de la brune apaisant la douleur lancinante de ses côtes. Elle croisa ses émeraudes, la remerciant silencieusement alors qu'elle réalisait que la brune avait cherché de quoi la soigner alors qu'elle n'avait montré aucun signe de douleur, s'efforçant de ne rien montrer pour ne pas les freiner. Non seulement Lexa avait été attentive mais également attentionnée alors que sa propre blessure nécessitait des soins plus urgents. La brune détourna le regard, semblant gênée, et s'appliqua à sa tâche, appliquant la crème sur la moindre parcelle de peau blessée. Sous ses doigts, elle pouvait sentir Clarke frémir sous la légère douleur que son touché ne pouvait éviter mais également frissonner de l'apaisement qu'elle lui apportait. Frissons qui la traversèrent également, faisant battre son cœur plus vite, un sentiment qui la déstabilisa alors elle fut soulagée lorsqu'elle laissa glisser ses doigts sur la dernière parcelle de peau.
- Prend ça aussi, dit-elle en lui donnant une boite d'antidouleur.
- Merci Doc', la nargua Clarke tout en étant sincère.
Lexa sourit en coin puis la blonde se rhabilla.
- Tu as raison pour nos vêtements.
- Tu apprendras que j'ai souvent raison, retourna une Clarke espiègle.
- C'est beau d'y croire, grinça Lexa.
- Je t'ai entendu, claqua-t-elle.
- J'ai vu une boutique de vêtement un peu plus bas dans la rue, l'ignora-t-elle.
- Chouette du shopping, s'enthousiasma Clarke tout en allant vers la porte.
Lexa la regarda passer devant elle avec incompréhension puis elle ne bougea pas lorsque la blonde ouvrit la porte.
- Quoi ? Je préfère penser shopping que cambriolage ! S'exclama-t-elle face à son stoïcisme.
La brune secoua la tête en retenant un sourire face à la grande rebelle Clarke Griffin dont le masque tombait chaque jour un peu plus puis elle franchit la porte pour aller faire du « shopping »…
- Tu es certaine que c'est là ? demanda Lexa alors qu'elles planquaient devant un vieux motel à deux étages.
- Certaine, confirma-t-elle en observant le bâtiment décrépit et crasseux qui devait faire le bonheur des cafards.
- Ca doit grouiller de délinquant, personne ne nous aidera à la trouver, ajouta la brune en continuant d'analyser les lieux.
- Heureusement pour nous que tu as laissé tomber ton costard aussi voyant qu'un gyrophare, cingla moqueusement Clarke.
Lexa lui lança sans hésiter un doigt d'honneur et sans pour autant se détourner de son observation.
- Ouuuuuh nouveau look et te voilà déjà aux gestes obscènes, railla-t-elle la brune qui avait quitté sa tenue de prisonnière pour un jean, un chemise à carreau en guise de « veste » et une casquette pour dissimuler son visage.
Quant à elle, elle avait retrouvé le bonheur de porter une veste en jean, même si ce n'était pas la sienne…
- Tu pourrais te concentrer, la reprit Lexa, il n'y a que toi qui peut la reconnaitre et j'aimerais ne pas m'éterniser ici.
- T'es consciente que ton plan d'attendre sagement qu'elle sorte de sa chambre est la définition même de s'éterniser, railla Clarke.
- T'as une meilleure idée peut-être ?
Un sourire narquois s'étira sur le visage de la blonde, un sourire qui inquiéta la brune mais il était trop tard.
- Griffin, non… Non ! protesta-t-elle mais Clarke était déjà dehors. Je ne pouvais pas la fermer, grommela-t-elle en la suivant.
Elle la rattrapa au pas de course au milieu du parking.
- Tu aurais pu mettre une casquette, n'importe qui peut te reconnaitre, grinça-t-elle tout en jetant des coups d'œil aux alentours.
- Cette casquette hurle « je suis louche » à des kilomètres, contra-t-elle.
- Et c'est quoi ton plan ? Demander poliment ? lança-t-elle alors qu'elles approchaient du bureau d'accueil.
- Exactement, sourit-elle espiègle tout en entrant, l'empêchant ainsi de protester.
L'accueil était une petite pièce mal ventilée et l'odeur de renfermé les agressa immédiatement ainsi que la transpiration du gérant grassouillet qui assit derrière son comptoir, regardait la télévision sur un petit écran. Clarke attrapa la main de Lexa puis l'entraina jusqu'au guichet où elle s'y appuya sans grâce.
- Hey ! Appela-t-elle le gérant.
Ce dernier se tourna sur sa chaise, lui jetant un regard contrarié d'avoir été dérangé puis il s'attarda sur son visage, tiquant légèrement alors qu'elle lui semblait familière.
- Ma copine et moi, on cherche quelqu'un, l'empêcha-t-elle de fouiller dans sa mémoire tout en adoptant une manière de parler désinvolte et vulgaire.
« Copine ? » tiqua Lexa alors que la blonde venait de l'attirer contre elle, passant un bras autour de sa taille pour marquer sa possession, « C'est pas vrai, elle recommence ! » s'insurgea-t-elle en tentant de se reculer mais Clarke la serra un peu plus.
- J'ai l'air d'un bureau de renseignement ?! S'agaça le gérant tout en les lorgnant avec dédain.
- Allez soit cool, l'encouragea Clarke, on cherche une Latina…
- Qu'est-ce que vous lui voulez ? La coupa-t-il méfiant.
- Ca te regarde pas, le rembarra Lexa.
- Mon cœur soit gentille, tenta de rattraper Clarke.
- Je ne veux pas d'embrouille, répondit le gérant. Je ne veux pas d'affaire louche ici.
- Nous aussi, leva-t-elle une main en signe d'innocence. On veut juste trouver notre amie pour passer une nuit sympa, ajouta-t-elle en se tournant avec convoitise vers la brune.
Les yeux de Lexa s'écarquillèrent tandis que ceux du gérant prirent une lueur perverse au sous-entendu de Clarke.
- Et qu'est-ce que j'y gagne ? demanda-t-il d'un sourire vicieux.
Clarke attrapa Lexa par le col de sa chemise et la plaqua contre le comptoir avant de fiévreusement l'embrasser. Cette fois, bien que prise au dépourvue, Lexa répondit pleinement à son baiser. Une part d'elle se dit qu'elle jouait le jeu, qu'elle ne voulait pas perdre la face devant la blonde mais au fond, elle se délectait de ses lèvres contre les siennes. De son côté, Clarke s'en délectait tout autant mais ne perdait pas son objectif de vu, gardant son regard planté sur le gérant qui les convoitait avec envie. Le dégout qu'elle ressentit fut cependant engloutit par le plaisir qu'elle ressentait à dévorer les lèvres de son équipière. C'est donc à contrecœur et à bout de souffle qu'elle se recula, se perdant quelques secondes dans les émeraudes avant de se tourner à nouveau vers le gérant :
- Un avant gout… souffla-t-elle à son attention.
Il sourit grassement en continuant de les reluquer.
- Chambre 27, leur dit-il enfin.
- Tu le regretteras pas, lui dit-elle dans un clin d'œil.
Elle entraina ensuite Lexa à sa suite, sortant rapidement de l'accueil pour rejoindre l'escalier du parking qui conduisait à l'étage où se trouvait la chambre de Raven.
- Je me sens sale, grogna Lexa une fois hors de vue du gérant et se libérant de la main de Clarke.
- Oublie-le… et puis le baiser n'a pas eu l'air de te déplaire, la nargua-t-elle.
- Je n'ai pas eu le choix, une gifle n'était pas vraiment adéquate comme réponse, lui reprocha-t-elle alors qu'elles montaient les marches.
- Moi aussi j'ai apprécié, interpréta-t-elle sa réponse dans un clin d'œil alors qu'elles avançaient vers la chambre.
Lexa lui jeta un regard noir et Clarke l'ignora en rigolant.
- Nous y voilà, annonça la blonde en frappant à la porte.
Elles attendirent quelques secondes mais n'entendirent aucune réponse. Clarke décida d'entrer. Elle ouvrit lentement la porte puis entra prudemment dans la chambre plongée dans la pénombre. Elle fit un pas à l'intérieur puis se figea au son d'un cliquetis.
- Bouge plus ou je tire, menaça Raven.
Clarke soupira de frustration, qu'avait-elle fait pour collectionner les flingues pointer sur sa tête ces derniers temps ? Elle allait raisonner Raven lorsque la porte fut brutalement poussée, terminant de l'ouvrir, et elle rencontra de plein fouet la Latina qui tomba à terre. Dans sa chute, elle lâcha son arme, arme qu'elle tenta immédiatement de reprendre mais elle ne fut pas assez rapide.
- Ne Bouge pas ! La menaça Lexa qui l'avait ramassé.
- Tirez pas ! Bordel ! J'avais un marché avec Ontari ! Paniqua-t-elle et se trompant sur leur identité.
- Un marché ? Quel marché ? Questionna Clarke en se sentant soudainement trahie.
- Que… Clarke ? S'étonna Raven alors que la lumière venait d'être allumée par la brune.
- Réponds ! S'emporta la blonde et avançant d'un pas colérique.
- Griffin attends, l'arrêta Lexa.
Clarke se stoppa en se tournant vers elle et la brune lui désigna la petite table de nuit juxtaposant un lit miteux. Elle découvrit plusieurs petits sachets et une seringue puis se tournant à nouveau vers Raven elle vit parfaitement les marques de piqures sur son bras.
- C'est pas ce que tu crois… bafouilla la Latina en tentant de masquer les piqures avec sa main.
- Pas ce que je crois ?! S'égosilla-t-elle. T'as replongé ! Putain Raven, tu m'as vendu pour de la drogue ! Après tout ce que j'ai fait pour toi !
- Hey ! Hey ! Griffin calme-toi ! S'interposa Lexa entre les deux femmes.
Clarke la foudroya du regard mais recula tout de même à l'autre bout de la chambre tandis que Lexa aidait Raven à se relever puis à s'assoir sur le lit. Contrairement à son équipière, elle s'était rendu compte de ses tremblements dû à la prise de drogue et à sa faiblesse visible. Raven n'avait visiblement que peu dormi et au vu des différents papiers de barre chocolaté et autres cochonneries trainant dans la chambre, elle n'avait pas eu de vrai repas depuis un moment.
- Racontes-nous ce qu'il s'est passé, lui demanda-t-elle.
- Je rentrais à l'appartement lorsqu'Ontari a débarqué avec ses sbires… commença-t-elle en jetant un regard anxieux en direction de Clarke qui s'était appuyée contre le mur, les bras croisés et qui la fixait avec intransigeance… ils m'ont poussé à l'intérieur et à peine la porte fermée que j'avais une aiguille dans le bras, continua-t-elle amèrement, Ontari m'a drogué de force…
Clarke se décolla légèrement du mur, commençant à regretter son emportement alors que des larmes se dessinaient dans les yeux de son amie.
- Avec la dose qu'elle m'a mise, j'ai cru que j'allais y passer… mais je m'en suis sortie… sourit-elle tristement… et avant de tomber dans les vapes, je les ai vu prendre ton arme mais à mon réveil, il était trop tard. J'ai essayé de te joindre sans succès alors j'ai directement appelé le commissariat et j'ai appris ton arrestation. C'est là que je me suis sauvée, je savais qu'on ne me prendrait pas au sérieux et qu'on m'arrêterait…
- Tu n'en savais rien, contra Clarke.
- Ah oui ? Rappelle-moi combien de temps t'as mis pour me prendre pour l'ennemi ? Retourna-t-elle amèrement.
La blonde recula, honteuse d'avoir sauté aussi rapidement en conclusion, elle était le parfaite exemple de ce qu'aurait pensé les flics si Raven était restée pour la défendre, ils n'auraient vu que la junkie.
- Ne la juge pas trop vite non plus, intervint Lexa à l'attention de la Latina, elle est la seule à avoir clamé ton innocence lorsque tout le monde voulait te crucifier à notre place au tribunal.
Clarke fut touchée que Lexa prenne ainsi sa défense. Un silence s'installa, un silence où Raven remercia silencieusement la blonde d'avoir cru en elle et cette dernière s'excusa de son emportement.
- Vous n'êtes pas censée être en taule ? Réalisa seulement Raven.
- Le room service était déplorable, répondit simplement Lexa.
- Je l'aime bien, pointa Raven après un ricanement.
Clarke roula des yeux et se dirigea vers la table de nuit, où elle prit la drogue avant d'aller la jeter dans la poubelle.
- Il faut que tu arrêtes cette merde…
- On a besoin de ton aide, l'empêcha de protester Lexa, il faut que tu sois clean.
- Comment je pourrais vous aider ? déplora Raven en se grattant machinalement le bras, déjà en manque.
- Ils ont trafiqué un enregistrement pour faire croire qu'on a descendu ce flic, expliqua Clarke, il faut que tu prouves que c'est bidon.
- Il parait que tu es un génie de l'informatique, ajouta Lexa.
- C'est vrai, confirma fièrement Raven.
- Mais tu dois le faire légalement et être clean pour que l'on te croie, précisa la brune.
- Si Ontari apprend que je vous aide, je suis morte.
- On va te protéger, répondit Clarke.
- Et comment ? Vous êtes en cavale ! Pointa-t-elle.
- Tu vas aller à cette adresse, tu expliqueras que tu viens de ma part, répondit Lexa en lui donnant un morceau de papier, tu seras protégée et le matériel dont tu as besoin te sera fournis.
- D'accord, accepta-t-elle finalement.
Elles parlèrent ensuite des derniers détails et cherchèrent à savoir si Raven avait une quelconque information à leur fournir concernant A.L.I.E mais il s'avéra que non. Une demi-heure plus tard, Raven s'apprêtait à partir, ayant décidé qu'il était plus judicieux qu'elles ne restent pas ensemble, étant donné la situation précaire de Clarke et Lexa, ces dernières pouvant avoir été reconnue sur le chemin. Une fois prête, Clarke l'accompagna à la porte, récupérant du même coup les clés de la chambre. Elles se regardèrent gênées puis soudainement Raven la prit dans ses bras.
- Fait attention à toi, blondie…
- C'est promis… lui retourna-t-elle l'étreinte, ces dernières minutes, la revoir plongée dans la drogue, la trahison, la peur qu'elle avait ressenti, lui avaient fait comprendre que Raven était plus qu'une colocataire, elle était son amie et elle tenait à elle…. Et toi promet-moi de ne plus déconner.
- Promis, lui assura Raven en se détachant.
Elles échangèrent un sourire puis la Latina s'en alla.
L'eau de la douche résonnait à travers la petite chambre tandis que Clarke zappait sur les chaines de la petite télévision. Chaines dont leurs visages étaient pour l'instant absents. Les médias parlaient bien de l'émeute qui avait fait plusieurs morts mais rien sur elles, leur évasion n'avait sans doute pas encore été remarquée mais ce n'était qu'une question de temps. Elles savaient qu'elles ne devaient pas s'attarder mais elles avaient décidé de s'accorder une douche et un peu de sommeil avant de reprendre leur route. Clarke passa une main dans ses cheveux encore légèrement mouillés puis se leva en éteignant la télé de frustration avant d'attraper sur la commode le téléphone prépayé que Raven leur avait laissé. Elle le contempla, le tournant entre ses doigts, indécise quant au bien fondé de l'idée qui lui trottait à l'esprit.
- Tout va bien ? Surgit Lexa de la salle de bain tout en s'essuyant les cheveux et qui remarqua rapidement son air songeur.
- Oui… je… je me demandais juste ce qu'on devait faire ensuite.
- Et ? La poussa-t-elle consciente qu'il y avait plus.
- Et on devrait peut-être contacter Gustus, se décida Clarke. On a besoin d'aide et il est convaincu de notre innocence et…
- … et en tant que Capitaine il a du pouvoir, termina-t-elle sur la même longueur d'onde. C'est une bonne idée, vas-y.
Clarke hocha positivement de la tête puis tapa rapidement un message sur le téléphone. Quelques minutes plus tard, elle recevait une réponse leur donnant rendez-vous dans un parking de la ville.
- On a quelques heures devant nous, on devrait dormir, dit Lexa.
- Prends le lit, je vais dormir par terre, retourna-t-elle.
- Soit pas stupide. T'as peur que je te saute dessus ou quoi ? S'insurgea la brune.
- Tu veux qu'on partage ? S'étonna-t-elle dans un levé de sourcil sceptique.
- Y a de la place pour deux, je ne vois pas où est le problème, répondit-elle tout en s'allongeant sur le lit.
- Y en a aucun, je pensais juste que t'aurais peur que je te saute dessus vu comme tu t'offusques pour un petit baiser, lança-t-elle narquoise.
Lexa grogna tout en se frottant les yeux d'exaspération puis tapa sur la place vide à ses côtés, lui ordonnant de venir s'allonger. Clarke obtempéra sans rien ajouter et elles profitèrent du silence reposant, bien qu'une certaine gêne ne s'impose entre elles. Elles somnolèrent plus qu'elles ne dormirent, restant sur le qui-vive mais leur repos fut de courte durée lorsqu'on frappa lourdement à la porte. Elles ouvrirent les yeux en même temps tandis qu'une voix s'éleva :
- Mes beautés…, chantonna la voix grasse du gérant.
- Je l'avais oublié celui-là, grimaça Clarke.
Lexa se leva brusquement, fit le tour du lit en attrapant quelque chose en chemin puis fonça sur la porte qu'elle ouvrit brutalement. Le gérant sursauta puis se figea lorsqu'elle plaqua le canon de son arme sur sa grosse joue.
- Dégage d'ici tout de suite gros porc ou je repeins les murs avec ta cervelle, grogna-t-elle dangereusement.
Le gérant déglutit et partit en courant sans demander son reste. Lexa claqua la porte derrière lui et rangea son arme dans son dos puis elle fit face à une Clarke bouche bée.
- Rappelle-moi de ne jamais déranger ton sommeil.
-Parce que tu comptes dormir avec moi souvent ? Leva-t-elle un sourcil et souriant en coin.
- On a partagé une cellule… dit-elle en se levant… maintenant un lit, ajouta-t-elle en venant se planter à quelques centimètres de son visage… on est plutôt bien partie, lui retourna-t-elle son sourire.
Elles restèrent ainsi quelques secondes, chacune dérivant rapidement vers les lèvres de l'autre mais aucune d'elles ne passa à l'action. C'était une chose de « jouer » pour leur enquête, s'en était une autre d'avouer qu'elles avaient une indéniable attirance physique, parce que ce n'était que ça : « de l'attirance » songèrent-elles en se reculant en même temps.
- Il va surement appeler la police, indiqua Clarke tandis que Lexa ramassait déjà leurs affaires.
- Je sais, c'est pour ça qu'on file tout de suite, lui lança-t-elle sa veste avant d'enfiler sa casquette. Sans commentaire, dit-elle avant qu'elle ne se moque d'elle.
Clarke leva les mains en signe d'innocence puis elles quittèrent le motel.
Le claquement des portières se répercuta à travers le parking souterrain. Au petit matin, il était encore vide, les touristes venant visiter les quais luxueux d'Arkadia dormaient encore contrairement aux deux femmes en cavale qui n'en avaient plus le luxe. Le parking bordant la mer était composé de six étages et Gustus leur avait donné rendez-vous au sixième. Attendant qu'il se manifeste, elles observaient les alentours, veillant à ce que personne ne les surprenne. Elles pouvaient sentir l'humidité dans l'atmosphère et voir les gouttelettes transpirant sur les murs.
- Il aurait pu choisir un lieu plus accueillant, grinça Clarke.
- Peur d'être enterrée ? demanda sérieusement Lexa.
- Y a de ça mais ça ne te fait pas flipper d'être entourée d'eau en plus d'être sous terre ?
- Je fais confiance aux bâtisseurs, haussa-t-elle les épaules.
Elles en restèrent là puis le silence les engloutis à nouveau jusqu'à ce que le téléphone dans la poche de Lexa sonne. Elles échangèrent un regard méfiant puis Lexa répondit en le mettant sur haut-parleur.
- Un problème Capitaine ? demanda-t-elle sans hésiter puisqu'il était le seul à avoir leur numéro et surtout il était en retard.
Un soupir las leur répondit et cela les inquiéta immédiatement.
- J'ai tout essayé, j'ai essayé de vous épargner, mais vous êtes deux têtes de mule… et maintenant, vous ne pouviez pas mourir sagement en prison ? lança-t-il contrarié.
- Dites-moi que c'est une blague, pas vous ? Comprit avec effroi Clarke.
- Depuis quand avez-vous vendu votre âme à A.L.I.E ? grogna Lexa qui était tout autant sous le choc que son équipière.
- Depuis trop longtemps, répondit-il d'une sincère amertume.
- Pourquoi ? S'enquit Clarke.
- Peu importe… balaya-t-il… il est temps d'en finir… vous êtes devenues un réel problème, profitez de la baignade, conclut-il avant de subitement raccrocher.
- La baignade ? répéta Clarke avec crainte.
- Dans la voiture, vite ! Pressa Lexa.
La seconde d'après, une explosion fit trembler leur étage, un mur vola en éclat, un nuage de poussière s'éleva puis dans un grondement terrifiant l'eau s'infiltra dans l'étage. Lexa démarra et mit le pied au plancher. Lorsque la voiture atteignit le chemin en colimaçon qui les ramènerait à la surface, une seconde explosion puis une troisième résonnaient déjà dans les étages supérieurs.
- Je t'en pris dépêches-toi de nous sortir d'ici ! Paniqua Clarke.
- Je suis à fond !
La voiture montait à vive allure mais l'eau les rattrapait inexorablement. Lexa fixait droit devant elle, concentrée sur la route telle une véritable pilote de course tandis que Clarke se tordait le cou à regarder l'eau frôler de plus en plus l'arrière de la voiture, hurlant des encouragements pour qu'elle roule plus vite.
- On va y arriver ! Voulut la rassurer Lexa.
Mais au même moment une vague provenant des étages supérieurs leur tomba dessus, les repoussant contre celle qui les poursuivait. Le choc des deux puissantes vagues souleva et retourna leur voiture tel un fétu de paille. Elles firent plusieurs tonneaux dans un bruit assourdissant de tôle froissée, l'eau les poussant rudement à travers le parking. Ensuite elles s'écrasèrent brutalement contre un pilier, le toit écrasé entre la puissance des eaux et le béton. L'eau glaciale s'infiltra violemment et rapidement dans l'habitacle. Tandis que Lexa était côté sol, Clarke pendait dans le vide mais elle réussi à se détacher et à se hisser hors de la voiture au moment où l'eau s'engouffrait déjà par sa fenêtre. A genoux sur la carrosserie, elle se tourna vers Lexa pour l'aider mais réalisa qu'elle ne l'avait pas suivi. C'est avec effroi qu'elle vit qu'elle n'avait pas bougée, toujours attachée et maintenant entièrement sous l'eau. Sans perdre une seconde, Clarke plongea à l'intérieur de la voiture pour récupérer la brune. En la détachant, elle remarqua une profonde entaille sur son front et qui saignait abondamment. Lorsqu'elle ressortit de l'habitacle en soutenant une Lexa inconsciente, l'eau avait déjà pratiquement atteint le plafond du parking.
- T'as bien choisi ton moment pour jouer les belles aux bois dormants, Woods, se plaignit-elle pour éviter de paniquer et cherchant une solution.
Elle commença à nager en direction du colimaçon, usant de toutes ses forces pour lutter contre le courant dans l'espoir de remonter vers la sortie. Le poids mort qu'était Lexa ne l'aidant pas, elle finit par être violemment repousser par cette force de la nature. Le courant la propulsa contre une porte vitrée, elle eut juste le temps de se tourner pour protéger Lexa, que son dos rencontra brusquement le verre. Elle absorba le choc puis elle lutta pour garder la tête hors de l'eau ainsi que celle de Lexa alors que le parking était presque submergé. Plaquée contre la paroi par le courant, elle ne pouvait rien faire et l'eau les engloutis. Rapidement, elle manqua d'air et ses poumons la brulèrent puis soudainement la paroi vitrée explosa sous la pression. Elles entrèrent avec l'eau dans le petit hall des ascenseurs et des escaliers. L'eau s'engouffra dans ces derniers pour rejoindre l'étage du dessous mais alors que le niveau d'eau baissa, ce n'était qu'une question de minute avant qu'il ne remonte pour les noyer. En effet, Clarke pouvait voir la surface de l'eau dans les escaliers gravir les marches de seconde en seconde pour les rejoindre tandis que l'étage du dessus se déversait également sur elles. Elles n'avaient donc aucune chance d'emprunter les escaliers pour s'échapper. L'eau dépassait déjà sa taille lorsque son regard paniqué tomba sur les ascenseurs, une idée folle la frappant. Elle réajusta sa prise sur Lexa et l'entraina avec elle vers la rangé de cage d'ascenseur. En approchant, elle put constater à travers les portes vitrées que l'eau s'était déjà infiltrée, montant et se déversant plus ou moins rapidement selon les habitacles. Quatre choix s'offraient à elle, si elle se trompait, elles se noieraient alors Clarke ferma les yeux dans une prière silencieuse puis lâchant Lexa, elle s'attaqua à l'ouverture de la porte. Elle tira de toutes ses forces et réussie à l'ouvrir. L'eau s'engouffra immédiatement, manquant de l'emporter avec elle mais elle se retint au mur et rattrapa Lexa qui se faisait emmener par le courant. Elle serra la brune contre elle, sentant son cœur battre sous sa main, puis Clarke regarda dans le vide pour jauger la distance les séparant de l'eau. La jugeant suffisamment proche, elle resserra son emprise sur la brune et se laissa entrainer dans la cage d'escalier. Elle refit surface et sourit à sa chance lorsqu'elle réalisa que l'ascenseur n'était pas au sommet, leur laissant ainsi le champ libre pour sortir au premier étage. Laissant l'eau montante les porter jusqu'au sommet, elle réajusta la brune, reposant sa tête sur son épaule pour la maintenir complètement hors de l'eau.
- Woods, réveille-toi, tenta-t-elle au creux de son oreille mais sans résultat.
Après des minutes qui semblèrent interminables, elles arrivèrent au niveau extérieur, Clarke fut soulagée de voir le port à travers la vitre de la porte. N'attendant pas plus que nécessaire, Clarke lâcha à nouveau Lexa et s'attaqua à la porte, tirant de toutes ses forces pour l'ouvrir mais ses mains ne firent que glisser. Aucune prise n'était possible alors qu'elle ne pouvait s'ancrer sur ses jambes et que tout autour d'elle était rendu glissant par les eaux. Qui plus est, elle ne pouvait lâcher trop longtemps la brune, cette dernière sombrant rapidement.
- Non, non, non ! Paniqua-t-elle de désespoir après un dernier essaie.
Elle plongea et en refit surface avec Lexa, soulevant sa tête hors de l'eau alors que le plafond se rapprochait dangereusement. La calant sur son épaule, elle sentit avec soulagement son pouls sous ses doigts. Cependant, il était trop tard, l'eau atteignait le sommet. Elle resta aussi longtemps que possible hors de l'eau puis elle se laissa submerger. Elle lâcha Lexa et dans un élan de désespoir nagea jusqu'à la porte, tapant avec ses poings et ses pieds dans l'espoir de faire céder la vitre.
« Si seulement j'avais mon arme » songea-t-elle furieusement.
Admettant finalement sa défaite alors que ses poumons la brûlaient, sa dernière bouffée d'air s'essoufflant, elle se tourna vers son équipière qui flottait non-loin d'elle, inconsciente de leur mort imminente et lui tournant le dos. C'est là qu'elle vit leur salut. L'arme de Raven toujours miraculeusement coincée dans son dos. Clarke nagea jusqu'à elle, sa vue se troublant, commençant à étouffer et lutter contre l'envie urgente d'ouvrir la bouche à la recherche d'air. Attrapant Lexa, elle la tira jusqu'à elle et s'empara de son arme avant de viser la vitre en espérant qu'elle fonctionne encore. La balle fusa et la vitre éclata. L'eau s'engouffra par l'ouverture et les emporta avec elle en se déversant sur le vaste espace extérieur. Elles étaient enfin dehors, l'air frais les frappa de plein fouet alors qu'elles glissaient sur l'eau qui filait rejoindre la mer en se répandant sur les quais. L'eau finit par diminuer en s'étendant et Clarke toucha enfin le béton. Elle cracha l'eau qu'elle avait avalé, toussant fortement, puis elle se redressa vacillante à la recherche de Lexa. Elle aperçut la brune allongée quelques mètres plus loin, toujours immobile. Clarke fut prise de panique et accourut auprès de son équipière, le cœur battant la chamade de peur tandis qu'elle tombait à genoux près d'elle. Elle chercha son pouls et lorsqu'elle ne sentit rien, son cerveau se bloqua brièvement avant de se reprendre et plonger sur ses lèvres pour entamer un bouche-à-bouche.
- Allez reviens ! L'encouragea-t-elle en appuyant sur son thorax. Reste avec moi ! Continua-t-elle en effectuant un nouveau bouche-à-bouche.
Elle répéta l'action à plusieurs reprises mais rien ne se passait et cette fois l'idée de l'avoir perdu, brisa son self-control.
- Reviens ! cria-t-elle. Ne m'abandonne pas ! Je te l'interdis ! Tu m'entends Woods ? Je te l'interdis !
Un dernier bouche-à-bouche puis elle appuya avec désespoir sur son thorax, des larmes trahissant sa peur.
- Lexa ! supplia-t-elle.
Comme par miracle, son corps inerte se souleva dans un soubresaut puis la brune cracha l'eau qui noyait ses poumons. Clarke soulagée, l'aida à se mettre sur le côté pour expulser le liquide puis elle la ramena dans ses bras, la soutenant tandis qu'elle toussait bruyamment.
- C'est… c'est la dernière fois… que tu m'embrasses, marmonna Lexa dans un faible sourire.
Clarke exulta un rire, soulagée de retrouver son équipière en vie et capable de plaisanter puis la brune perdit de nouveau connaissance à cause de sa blessure à la tête.
- Compte là-dessus, plaisanta Clarke mais dont le cœur battait encore la chamade, contrecoup de la panique mais également du soulagement et d'un sentiment qu'elle ne pouvait plus nier après une telle frayeur…
Du coton, c'est la première sensation qu'elle eut en se réveillant lentement, Lexa avait l'impression d'être emmitouflée dans du coton puis elle sentit son corps ankylosé et ses paupières lourdes. Il lui fallu quelques secondes pour réussir à rassembler un semblant de conscience et ouvrir les yeux. Elle se trouvait dans la pénombre, ne discernant pas grand-chose du lieu inconnu mais constatant qu'elle était allongée sur un lit. Elle voulut se redresser pour obtenir une meilleure vue de son environnement mais une douleur lui vrilla le crâne et elle retomba lourdement sur le matelas en grognant.
- Lexa ? Souffla une voix douce et pleine de soulagement.
La seconde d'après, Clarke était penchée au dessus d'elle, un magnifique sourire plaqué sur le visage et posant délicatement une main sur son épaule.
- Reste allongée, lui intima-t-elle, tu as pris un sacré coup à la tête.
Lexa acquiesça doucement puis porta machinalement sa main à son front, sentant alors le bandage qui l'entourait.
- Tu as plusieurs points de sutures, l'informa-t-elle avant d'ajouter, tu te souviens de ce qu'il s'est passé ?
Elle fronça des sourcils, cherchant dans sa mémoire puis son visage s'illumina de compréhension.
- Gustus… Gustus est avec A.L.I.E, se rappela-t-elle douloureusement et sa voix s'enrouant.
Clarke l'aida à se redresser puis elle lui tendit un verre d'eau qu'elle récupéra sur la table de nuit et Lexa en but une gorgée avec reconnaissance.
- Il a tenté de nous tuer, lui rappela Clarke.
- Je me souviens des explosions, la vague nous heurtant mais après c'est le noir complet, se tourna-t-elle vers elle pour plus d'explication.
-Normal, tu as décidé de jouer les belles aux bois dormants et j'ai dû jouer les chevaliers blancs en te sortant de là.
Lexa esquissa un faible sourire, sentant déjà la fatigue la rappeler mais avant de se laisser aller, elle lutta pour analyser la pièce, se demandant où elle était. C'est là qu'elle remarqua la chaise proche de son lit et la couverture reposant dessus.
- Depuis combien de temps tu es là ? demanda-t-elle en fixant la chaise.
- Tu as été inconsciente une journée, détourna-t-elle la réponse et évita le regard de la brune qui fut touchée qu'elle l'ait veillé tout ce temps… encore une fois.
Mais face à cette nouvelle information, Lexa repoussa les couvertures et entreprit de se lever, bien que la pièce se mette à tourner.
- Tu dois te reposer, l'arrêta Clarke.
- On a perdu trop temps…
- C'est un ordre, Lexa.
La nommée se figea, cessant toute lutte à l'entente de son prénom, choquée ou charmée de l'entendre dans la bouche de Clarke, elle ne saurait le dire bien que son cœur battant la chamade avait sans doute la réponse. Elle se laissa doucement repousser sur le matelas et cette fois la fatigue l'emporta, ses yeux papillonnant, luttant vainement mais entendant comme un écho lointain une dernière fois la voix de Clarke :
- T'es en sécurité, je veille sur toi…
Et Lexa s'endormit le cœur léger et un fin sourire aux lèvres…
A suivre…
Alors ? On a un peu de rapprochement :p et une bonne frayeur pour Clarke.
Raven refait une petite apparition et s'avère vraiment innocente, contrairement à Gustus hé hé hé !
Pour la petite histoire, je laisse tous les jours ma voiture dans un parking souterrain construit dans l'eau, déjà pas forcément rassurée en étant sous terre, je me suis sérieusement posée la question du problème de l'eau... d'où mon délire dans ce chapitre :p
Et pour les (la) maniaques du détail, oui on peut tirer sous l'eau. ;)
Merci à tous pour vos review, les favs et follows qui me font toujours autant plaisir ! :D
Prochain chapitre : Une réconciliation, une guerre, une révélation...
(Maintenant je peux enfin aller lire le prix de ce maudit deal, en route pour l'Héritage ! :p)
