Chapitre 6.
Installés dans la chambre que Josh avait occupé toute cette semaine – il avait insisté auprès de la famille qui l'hébergeait pour qu'à son retour Vasquez puisse avoir la chambre d'à côté, mais ils n'avaient aucune intention ni l'un ni l'autre de la mettre à profit, la famille était de toute façon sortie à cette heure avancée et ne s'en apercevrait pas – ils étaient blottis l'un contre l'autre dans le lit aux draps doux comme le Mexicain n'en avait pas connus depuis longtemps. Josh s'endormit presque immédiatement, tellement serré contre lui, son bras entourant sa taille, que plus près ils auraient fusionné. Vasquez lui n'arrivait pas à dormir, pas qu'il ne soit pas épuisé, mais il avait tellement de trucs dans la tête que ça lui filait presque le tournis. Et puis, il avait une envie terrible de fumer. Le gilet de Josh était tout proche, au pied du lit, avec certainement ce qu'il fallait dans la poche, mais il n'avait pas le cœur à bouger et prendre le risque de déranger son compagnon.
Alors pour oublier le manque et ses pensées pas toutes joyeuses – putain, une gamine était morte quand même, et Josh toute cette semaine avait vécu un enfer qu'il aurait dû prévoir quoi que sans voir comment il aurait pu l'empêcher – il observait cet homme qui à cet instant prenait autant de place dans ce lit qu'il n'en prenait dans sa vie. Par le passé, il avait eu son compte d'amants séduisants, mais aucun n'était aussi beau, constata-t-il, son regard se faisant doux. De la main qu'il pouvait bouger dans l'étreinte, il lui caressa doucement les cheveux, avant de laisser un doigt s'égarer sur sa joue puis ses lèvres. Josh ne réagit pas, déjà profondément endormi, alors il continua à le toucher, la main caressant maintenant tendrement l'épaule, tout en s'autorisant à sourire.
- Je t'aime, cariño, souffla-t-il doucement.
Il ne se privait jamais pour faire ce genre de déclaration quand il en ressentait le besoin, mais c'était toujours plus facile quand Josh, comme à cet instant, ne pouvait l'entendre. Ça évitait à celui-ci de lever les yeux au ciel, lui marmonnant même parfois d'arrêter de dire des conneries. Non pas que Josh ne partage pas ses sentiments, il prouvait le contraire presque chaque jour, il était simplement trop peu à l'aise avec eux, avouant souvent du bout des lèvres ne pas se sentir digne de leur bonheur.
Continuant à caresser distraitement son épaule, il se fit la réflexion combien c'était agréable d'avoir cet homme dans son lit, alors qu'au départ ça n'avait pas semblé facile. Les premières nuits c'était normal, parce qu'ils n'avaient même pas de lit, à peine un campement à la belle étoile, entourés de leurs compagnons de voyage, mais même ensuite, ça n'avait pas été immédiatement gagné.
ooOoo
Le premier soir, sur la route les menant à Rose Creek, quand le petit groupe s'était arrêté pour la nuit, Vasquez s'était éloigné pour profiter de la source d'eau toute proche pour faire un brin de toilette. Ceci fait, il fumait tranquillement, assis sur une souche en profitant du calme du soleil couchant, quand Faraday le rejoignit. Celui-ci avait confirmé son assurance en toute circonstance en lui sautant dessus presque immédiatement. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour se retrouver adossés à l'arbre le plus proche, bouche scellées, chacun la main dans le pantalon du l'autre.
- Güero, tu es fou, n'importe qui d'autre que moi t'aurait abattu sur le champ pour une telle conduite, souffla Vasquez entre deux baisers.
- Joshua, grogna l'intéressé.
- Qué ?
- Joshua. Tu as la main sur ma queue, alors je pense que tu peux m'appeler par mon prénom.
S'interrompant, il avait intensifié sa propre prise sur le sexe de Vasquez, qui n'avait pas vu l'intérêt de répliquer. La jouissance rapide avait définitivement clos le débat. Et ils en avaient été quittes ensuite pour une toilette rapide.
Quand Vasquez ramena ensuite le sujet sur les risques pris par Josh de l'entreprendre sans le moindre signe d'encouragement dans ce sens, celui-ci sourit en haussant négligemment les épaules.
- Que tu dis, pas le moindre signe. Ta façon de me regarder ne m'a pas échappé. Je me trompe rarement dans ce domaine.
Puis ils étaient lentement revenus vers le campement, s'installant à bonne distance l'un de l'autre autant pour le repos que le coucher, évitant ainsi toute tentation. Même si celle-ci était bien vite revenue.
ooOoo
Les trois jours suivants avaient été identiques. Seule différence, chaque fois qu'ils parvenaient à s'isoler, sous le prétexte de chercher du bois pour le feu, de pêcher pour avoir de quoi accompagner les conserves ou toutes les excuses qui leur passaient par la tête, Josh se faisait toujours plus entreprenant, et exigeant. Vasquez heureusement n'était pas novice et n'était jamais dépassé, y compris quand il se retrouva à le prendre en pleine nuit, à même le sol, avec juste quelques rochers les séparant de leurs amis, qui dormaient certes mais étaient bien du genre à émerger rapidement en cas de bruits suspects. Alors ils n'avaient pas fait de bruit, étouffant leurs gémissements dans des baisers toujours plus exigeants avant de chacun regagner sa couche en silence.
La première nuit à Rose Creek n'avait guère été différente, au grand désarroi de Vasquez. Las des regards curieux ou inquiets que leur lançaient les villageois, les deux hommes avaient écourté leur soirée au saloon. Josh avait ramassé ses quelques gains après une partie de poker avec Goodnight, Billy et étonnamment Teddy, puis sans qu'ils ne se concertent, il avait suivi Vasquez jusqu'à l'hôtel où ils s'étaient tous installés. Leurs chambres étaient côte à côte mais Josh était venu sans hésitation dans la sienne.
La porte à peine refermée, ils s'étaient jetés l'un sur l'autre, savourant le plaisir de pouvoir enfin profiter d'une tranquillité longtemps attendue. Ici, ils pouvaient enlever tous les vêtements sans la moindre crainte d'être dérangés à tout moment et devoir se rhabiller vite fait, ils pouvaient même se permettre de faire un peu de bruit et Josh s'avéra d'ailleurs particulièrement vocal, assis au bord du lit, jambes écartées, tandis que Vasquez le suçait avec savoir-faire.
Le lit était terriblement confortable ensuite après avoir expérimenté si souvent à la dure et ils s'amusèrent même de l'entendre grincer sous leurs mouvements empressés. Ils se permirent de prendre leur temps cette fois, chacun explorant lentement le corps de l'autre, enregistrant chaque gémissement, chaque grognement, chaque réaction de plaisir, pour pouvoir l'exploiter par la suite.
Vasquez ensuite lui fit l'amour avec une passion renouvelée, avant de le serrer dans ses bras une fois l'excitation retombée. Il était terriblement bien avec cet homme et commençait, malgré la nouveauté de la relation, à s'habituer à l'avoir avec lui.
Il déchanta vite cependant quand Josh, à peine avait-il repris ses esprits, se dégagea de son étreinte, utilisant le drap pour essuyer son ventre des traces de sa jouissance, avant de quitter le lit et rassembler ses vêtements.
- Mais qu'est-ce que tu fais ? grogna Vasquez, se sentant incapable pour sa part du moindre mouvement.
- Je vais dans ma chambre. La journée a été longue, je suis crevé. Et toi aussi manifestement.
- Tu pourrais rester là, proposa le Mexicain.
- Il vaut mieux pas. On était d'accord, juste la baise.
D'accord, d'accord, c'était un grand mot. Ils en avaient à peine parlé la veille tandis qu'ils refermaient leurs vêtements, échangeant sur le plaisir d'avoir un amant régulier. Vasquez n'avait pas réalisé alors qu'il signait du même coup pour n'être donc qu'un amant.
Remontant le drap sur lui, il n'eut d'autre choix que regarder Josh quitter la pièce, avec un soupir de frustration qui ravageait sa poitrine, reconnaissant pour lui-même que le moment était tout sauf approprié pour avoir un tel coup de cœur.
ooOoo
Les quelques jours suivants furent à peu près sur le modèle. En compagnie de leurs camarades, les deux hommes passaient leurs journées à entraîner les villageois ou truffer les rues de pièges plus ou moins élaborés. Ce fut à cette occasion que Vasquez nota l'intérêt que portait Josh à tous les explosifs, au point que ça en frisait l'obsession. L'avantage étant qu'on pourrait compter sur lui pour faire un carton contre leurs ennemis. C'était agréable de pouvoir en apprendre plus sur lui en dehors de ses talents d'amant, aussi secret soit-il.
Ils en profitaient également pour flirter dès lors qu'ils étaient un peu tranquilles et se chamailler en public. Cela demeurait bon enfant et pouvait même leur laisser croire qu'un avenir aurait pu être possible, si seulement ils n'avaient pas été occupés à creuser leurs tombes en préparant ce combat inégal. Parce qu'ils savaient tous que la suite ne jouait pas vraiment en leur faveur.
Le soir venu, Josh se faisait ensuite un point d'honneur à reprendre ses distances, effaçant tout espoir d'un eux auquel Vasquez aurait tant voulu se raccrocher, selon une partition bien rôdée. Après un repas au saloon, ils jouaient au poker, buvaient, ou se contentaient de bavarder avec leurs camarades, parfois quelques villageois se joignaient à eux, heureux de pouvoir oublier pour quelques instants que certains d'entre eux ne survivraient pas au-delà de cette semaine… Puis, Vasquez et Faraday s'éclipsaient, l'un après l'autre ou ensemble, c'était sans importance, et Faraday se rendait directement dans la chambre de son amant.
La suite ne différait pas beaucoup non plus d'un soir à l'autre. Les positions changeaient, les caresses se faisaient plus innovantes à mesure qu'ils apprenaient à se connaître, les demandes aussi et ils prenaient régulièrement davantage leur temps. Le plaisir était chaque fois au rendez-vous. Vasquez, qui avait passé tant de temps sur les routes, à fuir, se cacher, se méfier de chaque rencontre, n'avait pas eu d'homme depuis ce qui lui semblait une éternité et s'enivrait chaque soir de baisers, de gémissements qu'il cueillait sur des lèvres impatientes, savourant de goûter Josh d'une langue taquine, se repaissant de son odeur. S'il ne pouvait assumer au grand jour ses préférences, il ne les avait pourtant jamais nié dans un désir d'une vie normale et comprenait pourquoi quand Josh se tordait de plaisir dans ses bras.
Après l'amour, cela ne changeait pas davantage, et certainement pas pour faire le bonheur du Mexicain. Josh prenait chaque fois son pied, c'était certain, il ne cherchait d'ailleurs même pas à le nier, ce qui était étonnant quand on connaissait sa fierté et avec elle son désir d'être celui qui contrôlait tout. Mais si cet aspect de sa personnalité était valable dans la vie de tous les jours, il ne l'était plus dans un lit. Il aimait alors se laissait faire, se donnant corps et âme, pas avare en manifestation vocales de toutes sortes et félicitant ensuite cet homme qui lui faisait du bien. Pourtant, à peine retouchait-il terre qu'il ne songeait plus qu'à s'enfuir, quittant la chambre le plus souvent encore à moitié nu dans son empressement.
Les premières fois, Vasquez en avait éprouvé de la frustration, avant que ce ne soit la peine qui prenne le dessus. Après l'ardeur d'un corps à corps bouillonnant, il n'aimait rien d'autre que la tendresse. Quelques baisers échangés avec paresse, des mains qui se faisaient aériennes sur une peau encore moite de l'effort, des mots doux prononcés sans arrières pensées… Mais Josh, entreprenant dès que la porte se fermait sur eux et que les premiers vêtements tombaient, soumis quand les choses devenaient sérieuses, transpirant l'assurance dans chaque mouvement, chaque parole, se désistait dès lors que les choses pouvaient devenir trop personnelles. Alors Vasquez n'avait d'autre choix que s'endormir seul, se réveiller seul, comme il l'avait fait si souvent, trop souvent. Chaque matin, alors qu'il émergeait à peine, il se promettait qu'on ne l'y reprendrait plus, que le soir même Josh pourrait aller se faire voir ailleurs, mais immanquablement ensuite, il cherchait sa présence tout le jour avant de lui ouvrir encore une fois son lit. Si Josh se donnait physiquement à lui, lui était en train de faire de même avec les sentiments et ça lui faisait peur.
ooOoo
Arriva la dernière nuit et avec elle l'impression d'incertitude qui naquit en réalisant que ce coucher de soleil était peut-être le dernier, idem pour un fou-rire ou quelques bons moments. L'ambiance dans toute la ville s'en ressentait, les habitants se réunissant dans les ruines de l'église plutôt qu'au saloon, tandis que les sept amis étaient plus moroses et sérieux que jamais.
Quand Vasquez fit l'amour à Josh un peu plus tard, ce fut presque silencieux, comme s'ils faisaient les gestes mécaniquement alors que les esprits n'étaient pas vraiment là. Ce qui était frustrant à ce stade, autant parce que c'était peut-être leurs derniers moments que parce qu'ils commençaient vraiment à connaître chacun à la perfection le corps de l'autre, ce qu'il aimait, ce qui le faisait vibrer. Mais le vrai malaise se fit surtout sentir au moment de l'inévitable fuite de Josh. Jusque-là, à chaque fois Vasquez s'était résigné, le regardait filer sans un regard en arrière avant de s'allonger en soupirant, espérant gérer sa frustration. Cette fois pourtant, il avait compris qu'il ne le supporterait pas. Aussi, quand Josh tenta de le repousser, Vasquez s'étant étendu sur lui après la jouissance, il dut lutter, le Mexicain bien décidé à ne pas lui faciliter la tâche. Et quand il parvint finalement à se mettre assis tout en maugréant quelques insultes fleuries, Vasquez le saisit par le bras et l'attira vivement à lui, l'étreignant sans douceur aucune.
- Qu'est-ce que tu fiches ? grogna l'Irlandais.
- Tu restes là, dit Vasquez d'un ton qui ne souffrait aucune contradiction. Je t'ai laissé me faire le coup toute la semaine, mais cette nuit je veux qu'on dorme ensemble.
- Absurde !
- Pourquoi ? Quoi qu'il se passe demain, qu'on survive tous les deux ou pas, ça sera différent ensuite. On reprendra la route, changés par ce qu'on aura vécu, blessés peut-être… Cette dernière nuit, c'est la nôtre. Laisse-nous en profiter.
- A quoi bon ? Tu l'as dit, demain tout sera différent, alors pourquoi se faire croire ce soir qu'il a quelque chose, quoi que ce soit ?
- Parce que j'en ai besoin. Si tu le fais pas pour toi, fais le pour moi. Je t'en prie güero, j'en ai assez de dormir seul. Laisse-moi prétendre à une vie normale juste pour quelques heures.
Josh ferma les yeux un instant, et ça semblait se bousculer sévère sous son crâne, comme s'il pesait sincèrement le pour et le contre.
- Ok, grogna-t-il en se rallongeant finalement. Je peux bien faire ça pour toi en échange de tout le plaisir que tu m'as donné. Même si encore une fois je n'en vois pas l'intérêt.
Il avait ce ton bourru qui ne trompait généralement personne et certainement pas Vasquez. Ce ton qui disait "Je me dissimule parce que c'est plus facile comme ça". Vasquez n'aimait pas cette comédie et voulait lui offrir la possibilité de tomber le masque. Après tout ce qu'ils avaient partagé, tout ce qu'ils s'apprêtaient à vivre, ça n'aurait pu davantage faire sens.
- Tu sais, tu peux le dire si tu as peur à cause de ce qui nous attend. C'est pas honteux. Moi-même je suis terrifié, et pourtant j'ai pas grand-chose à perdre.
- Tu m'as moi, fit remarquer Josh, ne dissimulant même pas sa tentative de changer de sujet.
- Parce que je t'ai ? Pardonne-moi, mais c'est pas l'impression que ça donne. Tu l'as dit toi-même et tu t'y es tenu religieusement jusque-là, c'est juste de la baise.
Josh soupira bruyamment tout en s'allongeant sur lui, laissant sa bouche s'égarer sur son menton.
- Je suis là pourtant ce soir, comme tu me l'as demandé, souffla-t-il comme pour s'en convaincre lui-même. Et je ne suis pas resté pour entendre un sermon.
Vasquez hocha la tête avant d'éclater de rire tandis que la main qui s'était égaré sur son ventre le chatouillait. Ce diable d'homme était décidément très fort pour détourner l'attention et ainsi éviter les sujets trop sérieux.
- Merci, murmura-t-il. C'est important pour moi.
- Pourquoi ? Tu t'es attaché contrairement à ce qu'on s'était promis ?
On y était donc. Si Josh semblait peu à l'aise avec cette conversation à cœur ouvert, Vasquez ne se sentait pas mieux. A plus forte raison qu'il ne savait pas gérer lui-même ce qui se passait dans sa tête, dans son cœur, alors en parler… Mais il l'avait bien cherché après tout.
- J'ai rien promis moi, se défendit-il. Je ne m'apprête pas à te demander en mariage si ça peut tout de même te rassurer.
- Oh, quelle déception ! feignit de s'offusquer Josh, qui n'avait généralement aucun mal à en faire des tonnes. Je m'imaginais pourtant tellement bien en robe blanche.
- Pendejo ! l'insulta Vasquez, en riant tout de même. Bref, pas de pression, mais tu me plais. Et je me dis que dans un autre contexte on aurait pu…
- Voilà pourquoi j'ai mis un point d'honneur à me tirer chaque soir. Je ne peux pas prendre le risque de devoir gérer des sentiments. Parce que si demain il t'arrive un truc alors que je serais permis d'imaginer un futur… Je ne peux pas me le permettre.
- Je comprends. Alors n'en parlons plus. Ça sera peut-être plus simple comme ça.
- Mais je te promets qu'on pourra en reparler si on survit tous les deux. Et demain soir, tu n'auras même pas à me forcer la main pour que je reste.
- Marché conclu.
Si le lendemain, Josh ne quitta effectivement pas le lit, ce ne fut pour rien d'aussi agréable qu'espéré.
ooOoo
La bataille fut plus intense encore que prévu, et pourtant ils avaient été loin d'être optimistes, Bogue ayant recruté l'équivalent d'une véritable armée. Pour s'en prendre à des fermiers et seulement sept mercenaires, cet homme n'avait véritablement voulu leur laisser aucune chance. Les coups de feu avaient plu de tous côtés, les corps avaient commencé à tomber. Depuis l'église d'où il devait intervenir, au départ Vasquez n'avait eu à faire face qu'à un petit groupe d'ennemis et était resté longtemps sans voir un signe de ses amis, sans savoir comment s'en sortait Josh. Une torture.
Au matin, quand ils s'étaient séparés sur un ultime baiser, les deux hommes s'étaient pourtant faits la promesse de ne pas s'inquiéter pour l'autre dans les heures à venir. Ne pas penser à l'autre pour ne pas se déconcentrer et se mettre ainsi inutilement en danger… L'idée était bonne, la mettre en pratique un peu plus compliquée en revanche. Dans le secret de la nuit, à l'abri dans ses bras, Josh avait laissé entendre qu'il n'était pas contre l'idée de faire un bout de route ensemble en quittant Rose Creek. Ne restait que quelques heures avant ce nouveau départ, quelques heures où se jouait toute une vie. Ça mettait la pression, et Vasquez ne pouvait s'empêcher d'espérer. Ce putain de destin pouvait être cruel, il le lui avait prouvé plus d'une fois, alors il avait la trouille bien sûr.
Josh fut blessé à quelques pas de l'église, comme s'il avait attendu qu'ils soient réunis pour que ça se complique. Vasquez le vengea et s'entendit rassuré lorsqu'il prit de ses nouvelles. Puis les combats s'intensifièrent et les deux hommes furent à nouveau séparés et l'inquiétude chez tous montait en flèche.
Lorsqu'à la fin, Sam s'était retrouvé dans l'église avec Bogue, le seul survivant parmi leurs ennemis, semblant gérer la situation, et que les premiers blessés, dont plusieurs de ses camarades, étaient pris en charge, enfin Vasquez, serrant les dents à cause de la balle dans son bras mais qui n'aurait pu le détourner de sa mission, fila vers le champ où Josh avait disparu.
ooOoo
Bien que peu optimiste quant aux chances de survie de l'Irlandais, le médecin, après avoir bataillé de longues minutes pour pouvoir s'occuper enfin de son bras, avait laissé Vasquez le veiller. Celui-ci était convaincu que ça l'aiderait.
L'attente avait commencé, entrecoupée dès le troisième jour de brefs réveils. Ce qui ressortait en revanche de ces courts moments de lucidité, c'était son soulagement de découvrir chaque fois Vasquez à ses côtés. Ce soir-là, particulièrement ébranlé de l'avoir vu si misérable durant ces brefs moment de conscience, à cause peut-être aussi du contrecoup d'avoir tellement craint pour sa vie, de la fatigue de l'avoir surveillé des jours et des nuits, Vasquez quitta la chambre, désireux de changer d'air pour un instant. Profitant qu'il faisait encore jour, il se rendit sans vraiment sans rendre compte vers le champ où Josh avait bien failli y rester. Il ne restait sur place comme seule preuve des combats de l'herbe brûlée, témoin de l'explosion, et Vasquez, poussé par une force invisible, s'allongea à l'endroit où Josh était resté pour mort et contempla le ciel au-dessus de lui, réalisant que c'était cette vision que son compagnon avait emporté avec lui en sombrant, croyant probablement que dernière heure arrivée. Voir ce qu'il avait vu le réconforta étrangement, lui redonnant la force qu'il avait cru ne plus avoir pour affronter les jours à venir, les difficultés qui ne manqueraient pas dans la lente convalescence qui s'annonçait. Et c'est le cœur un peu plus léger pour la première fois depuis des jours, qu'il retourna ensuite dans la chambre, heureux de sa chance dans l'adversité.
Le quatrième jour, quand il eut enfin la force de parler, Josh, plus bouleversé qu'il n'aurait certainement voulu le laisser paraître s'il avait été en possession de tous ses moyens, avait demandé à Vasquez de s'approcher. Celui-ci avait obtempéré en prenant soin de ne pas peser sur le corps meurtri.
- J'ai tellement espéré que tu avais survécu, articula difficilement Josh dans un murmure.
- Je suis là, cariño. Et je n'ai pas l'intention de bouger.
- Bien. Oui, c'est bien.
L'instant d'après, il dormait à nouveau et Vasquez avait le cœur en miettes à cette simple déclaration.
Les jours suivants, l'état du blessé s'améliora tranquillement. Très vite, il recommença même à plaisanter, avec parfois ce sens de l'humour bien à lui.
Un soir tandis qu'il se redressait en grimaçant pour pouvoir manger un peu, la douleur l'empêchant de respirer un instant, il eut ensuite un rire nerveux.
- J'aime la dynamite, mais je n'avais pas spécialement envie de la côtoyer de si près. Mais généralement, quand j'aime je n'ai pas de limite.
Le regard appuyé porté à Vasquez à ce moment signifiait beaucoup et c'était inestimable pour lui qui ne cessait de craindre la suite. Il avait vu le corps abîmé, ensanglanté, de Josh avant que le médecin n'intervienne. Il craignait, à présent que la peur de le perdre s'éloignait, le moment où les pansements seraient enlevés. Mais il ne disait rien, serrait plus la main intacte dans la sienne et se promettait chaque fois que quoi qu'il arrive, il serait de toute façon là.
Le lendemain, comme s'il remarquait subitement qu'il avait été un peu trop égocentré depuis qu'il était là – mais après tout ça ne faisait que six jours s'il ne pensait pas à lui maintenant, quand le ferait-il ? – il demanda des nouvelles du village.
- On a enterré les morts avant-hier. Il y a eu des larmes bien sûr, mais tout le monde essaie d'aller de l'avant. Il y a tellement à faire, à reconstruire. Sam et Red donnent justement un coup de main en ce moment à l'école, qui a subit pas mal de dégâts.
- Et toi, pendant ce temps tu es là à te reposer, se moqua gentiment Josh.
- Pas le choix. Hier, quand tu dormais, je suis allé les aider. J'ai fait péter mes points de sutures, dit-il en levant précautionneusement son bras. Sam ne veut plus me voir sur le terrain tant que le toubib n'aura pas donné son autorisation.
- Ça fait mal ? s'enquit Josh, qui jusque-là n'avait pris que des nouvelles de ses trois amis alités comme lui.
- Je ne me plains pas, j'ai eu de la chance comparé à toi.
- En somme, tu es prêt à reprendre la route n'importe quand, constata Josh avec dépit.
- Hey, je te l'ai dit, il n'est pas question que je parte sans toi.
Sur cette promesse, Josh s'endormit, un petit sourire satisfait sur les lèvres.
ooOoo
Les jours suivants, il devenait de plus en plus difficile de gérer Josh. A mesure qu'il reprenait des forces, il commençait à s'ennuyer à devoir rester allongé toute la journée et pouvait par moment être véritablement exécrable. Vasquez dans ces instants, ne parvenait à ne pas s'en offusquer qu'avec le souvenir d'avoir failli le perdre. Un Josh insupportable était toujours mieux que pas de Josh du tout de son point de vue. Sam avait moins de patience en revanche, de même que Mary, la jeune femme qui s'était proposée de lui apporter quotidiennement ses repas – la concernant, c'était plutôt un bon point qu'elle se lasse de ses enfantillages, Vasquez la soupçonnait effectivement de s'être portée volontaire pour cette tâche parce que Josh lui avait tapé dans l'œil, alors lui préférait savoir que ce coup de cœur s'effaçait un peu plus à chaque nouvelle saloperie prononcée par l'Irlandais. Le docteur Hanks, qui venait le voir deux fois par jours, le somma de laisser son infirmière, et accessoirement épouse, en paix pendant ses soins, sous peine de se voir administrer un cocktail de tranquillisants qui aurait défoncé un cheval.
Josh pouvait être adorable et jovial en temps normal, avec même une propension à en faire trop jusqu'à devenir fatiguant. En revanche, lorsque tout n'allait pas comme il le souhaitait, et coincé dans un lit à avoir mal sans grand-chose pour lui occuper l'esprit et les mains entrait dans cette case, il n'avait aucun mal à se faire détester de tout le monde.
Vasquez tentait de s'amuser de le voir ainsi, tout en cherchant à le divertir par tous ses maigres moyens.
- Bon, qu'est-ce tu veux que je fasse pour toi, güero ? demanda-t-il une fois de plus en l'entendant soupirer pour la…, ok, il avait perdu le compte depuis belle lurette, alors qu'il lui faisait la lecture, ou tentant de le faire plus sûrement.
- Je me dis qu'une pipe ça serait pas désagréable.
Il avait dit cela d'un ton tellement sérieux, que Vasquez écarquilla les yeux, pensant un instant qu'il avait mal compris tant cela semblait improbable.
- Alors là, j'hésite entre te prendre définitivement pour un fou ou me sentir insulté que tu remettes mes talents en question au point de penser les supporter dans ton état.
- Quoi, je suis cassé de partout, mais pas là, insista Josh.
- La tête a pris cher par contre on dirait. Arrête de dire des bêtises. J'ai déjà l'impression de manquer te casser en morceaux rien qu'en t'embrassant.
- C'est ça, exagère !
- En fait, je crois que je te préférais à moitié dans les vapes, tu racontais moins de conneries.
ooOoo
La première crise d'angoisse eut lieu la nuit suivante. Emergeant d'un sommeil agité en faisant sursauter, Vasquez qui dormait tout à côté, Josh resta un moment prostré, à moitié redressé, la respiration laborieuse, ne réagissant à aucune sollicitation. Inquiet, le Mexicain s'assit précautionneusement contre lui et posa une main apaisante sur son épaule. Putain, avec toutes ces blessures, il ne savait même pas où le toucher sans risquer de lui faire mal !
- Tranquillo cariño, je suis là, chuchota-t-il en lui caressant doucement le dos.
Quand il reprit enfin ses esprits après de longues minutes, le corps tremblant et en sueur, Josh semblait totalement perdu et mit encore un moment avant de pouvoir parler.
- Désolé, dit-il, un peu honteux. Je sais pas ce qu'il s'est passé.
Vasquez l'aida à s'installer dans une position confortable, tentant d'ignorer ses gémissements de douleur après avoir trop solliciter son corps.
- C'est pas grave, tu vas bien à présent.
- J'avais la trouille. J'ai cru… j'ai cru que j'allais crever… comme dans ce champ.
- C'est fini.
Disant cela, il caressa la joue de son compagnon, satisfait de le voir se détendre un peu et retrouver des couleurs. Pour avoir été lui-même réveillé bien souvent par des cauchemars violents le mettant sur la touche un bon moment, Vasquez avait une petite idée de ce que Josh éprouvait et cela lui brisait le cœur. Après s'être comporté en héros comme il l'avait fait, il ne méritait certainement pas cela. Heureusement, il était là pour lui. Il ne réaliserait que plus tard que son soutien dans de tels moments deviendrait terriblement routinier.
ooOoo
La descente aux enfers suivante fut probablement pire et pour celle-ci, Vasquez ne put que se sentir responsable. Josh avait vu les nombreux pansements sur son corps et Vasquez lui avait parlé de cinq balles – lui-même en avait personnellement un souvenir plutôt flou de son propre aveu – mais, peut-être à cause de la fatigue, de la morphine qui lui brouillait parfois l'esprit ou d'un déni salvateur, Josh n'avait posé aucune question quant à l'étendu des blessures. Le docteur Hanks n'avait pas semblé voir l'intérêt de lui détailler les dégâts et leurs inévitables conséquences. Il n'avait parlé que de l'oreille qui sifflait pour l'instant sans discontinuité et qui ne devrait ensuite plus entendre comme avant, parce que cela Josh n'avait pu l'éluder. Le reste n'avait été abordé par le praticien qu'avec l'entourage du blessé quand celui-ci était encore inconscient.
Vasquez pour sa part n'avait pas trouvé le courage d'en parler avec Josh, de le prévenir que bien des choses avaient changé et ne s'amélioreraient jamais totalement. Comment dire à l'homme qu'on aime qu'il ne sera plus tout à fait comme avant ? Pourtant, aborder le sujet n'aurait pas été une mauvaise idée, au moins pour le préparer au choc.
Ce jour-là, quand Mrs. Hanks vint pour changer ses pansements, Josh était parfaitement lucide pour la toute première fois dans un moment pareil. Et outre la douleur durant cette opération délicate, ce qu'il vit, ce qu'il comprit, fut peut-être un choc pire que l'explosion elle-même.
Des plaies sur la poitrine, il devina sans mal les cicatrices à venir et malgré les mots rassurants de Vasquez, il eut l'air pitoyable. Et vint ensuite la main. Tandis qu'il mangeait tant bien que mal – et à peine, juste pour que Vasquez ne cesse de jouer les mamans poules inquiètes comme il ne l'avait pas caché – il pestait sur cette main droite qu'il ne pouvait pas utiliser, dissimulée sous un gros pansement et douloureuse là encore, pas une seule fois pourtant il n'avait pensé à demander des détails, peut-être pour se convaincre le plus longtemps possible que ce n'était pas si grave. Et Vasquez n'avait jamais eu le cœur à dire quoi que ce soit. Or à présent, plus moyen de reculer l'inévitable. Il l'avait finalement sous les yeux cette main où ne demeuraient que trois doigts.
- Bordel ! grogna-t-il avant de gémir de douleur.
- Je suis désolé, souffla Vasquez.
Après le départ de l'infirmière, qui lui avait à peine adressé la parole là où il aurait eu besoin de réconfort, mais elle ne lui parlait plus guère depuis qu'il avait insulté son travail sous une impulsion absurde, Josh resta parfaitement silencieux, les yeux dans le vague. Vasquez retrouva sa place tout près de lui, se demandant comment gérer cette situation. Il comprit alors que ce n'était pas lui qui avait des choses à dire.
- Josh, appela-t-il doucement. Cariño, parle-moi. Dis-moi ce que tu penses.
Celui-ci secoua la tête, comme s'il reprenait seulement contact avec la réalité.
- Je pensais pas que c'était à ce point, Vas. C'est comme si ce n'était plus vraiment moi.
- Bien sûr que si. Ça ne change rien.
- Alors tu m'expliques comment je vais pouvoir utiliser à nouveau un colt ?
- Tu as deux mains, tu t'habitueras. Et plus important, je serai là.
- Sur ce dernier point, ça ne durera pas toujours. Ça ne dure jamais.
C'était blessant à entendre, mais Vasquez voulait bien lui pardonner après l'épreuve qu'il avait vécue. Et puis, c'était à lui de lui prouver le contraire. Pour l'heure, il se contenta de l'embrasser doucement.
- Ça ne change rien, répéta-t-il avec une conviction sincère.
Comme si ce n'était plus vraiment moi. Cette phrase venue du cœur n'aurait pas pu mieux résumer la situation, tant se réapprivoiser ce corps s'apparenta ensuite à un parcours du combattant.
ooOoo
Quand il estima être capable de tenir sur un cheval, Josh décida qu'il était grand temps de changer d'air. Il avait un petit pied à terre pas bien loin, une petite maison sur un bout de terrain à peine plus grand, loin de toute âme qui vive, où il allait rarement et ne voyait meilleur endroit pour finir sa convalescence.
Vasquez était sceptique et préférait rester à proximité de la civilisation, d'un médecin, au moins pour un moment, mais comme toujours quand Josh avait une idée en tête, il n'en démordait pas. Il ne mit ainsi pas quarante-huit heures à convaincre finalement le Mexicain de lui accorder ceci. Il avait besoin de tranquillité pour se retrouver et gérer tout ce qui venait de se passer. Pour cela, il ne voulait désormais et pour un bon moment que Vasquez à ses côtés.
C'était une belle marque de confiance qui fit oublier ses doutes à Vasquez et puisque le médecin ne s'y opposait pas, les bagages furent finalement préparés.
La maison n'était guère à plus de deux jours de cheval, ils en mirent pourtant près de cinq à y parvenir. Josh évidemment ne se plaignit à aucun moment, mais malgré ses efforts, il ne put guère cacher sa douleur tandis qu'il tenait tant bien que mal sur sa monture. Alors Vasquez instaura de régulières et longues pauses, se moquant bien du temps perdu, et durant tout ce temps, Josh s'avéra particulièrement silencieux. Lui qui avant ne la fermait jamais… Devoir ramer pour le faire réagir était particulièrement perturbant, mais Vasquez ne lui en tint pas rigueur, il semblait encore tellement fragile que c'était peut-être normal.
Malgré le temps, jamais il ne retrouverait par la suite tout à fait son bagout d'avant, mais tant de choses avaient changé, aussi bien physiquement que moralement, ceci ne s'avérait qu'une goutte d'eau.
ooOoo
La première fois qu'ils voulurent faire l'amour après tous ces évènements fut un véritable fiasco. Josh en avait envie pourtant et ne faisait rien pour le cacher. Ils étaient chez lui depuis quelques semaines, s'étaient habitués sans mal à une vie simple et routinière. Sa convalescence occupait suffisamment Josh pour qu'il ne pense pas saloon ou jeux d'argent, quant à Vasquez, il fut presque surpris de découvrir à quel point il aimait prendre soin de son compagnon et pouvait s'en contenter. Les journées s'écoulaient lentement, sans guère de surprise, ce qui à cet instant leur convenait parfaitement.
Quand Josh un soir lui confia combien il avait envie de lui, Vasquez refusa tout net, estimant que c'était prématuré. Il s'amusa cependant ensuite de chaque tentative de l'Irlandais pour l'attirer dans son lit – quoi que techniquement ils partageaient déjà le même lit, même s'ils ne mettaient plus guère à profit cette proximité. Bien sûr, comme dans tous les autres domaines, Josh ne mit pas longtemps à le convaincre. Mais ce qui aurait dû être un bon moment n'aurait finalement pu être pire.
Dans le genre tue-l'amour, Josh refusa d'enlever ses vêtements en dehors de ce qui était nécessaire. Et Vasquez ne savait absolument pas comment l'étreindre sans risquer de réveiller une quelconque douleur, comme s'il avait eu une poupée de porcelaine fragile dans ses bras. Depuis le drame, ils avaient échangé bien des baisers, des caresses, mais avec désormais la perspective de plus que ça, c'était un peu trop à gérer. Josh n'était pas à l'aise avec son corps et ne prenait aucune initiative. Vasquez avait l'impression qu'il n'était pas tout à fait avec lui et qu'il se forçait dans le but de cocher une case de plus sur sa liste mentale pour retrouver une vie normale. Rien de bien excitant dans tout cela.
Ils arrêtèrent finalement les frais, absolument plus en condition, d'un commun accord et s'installèrent chacun de son côté sans faire de commentaire. Ce ne fut qu'au matin, alors que le malaise était encore palpable, qu'ils eurent le courage d'en parler pour désamorcer cet échec et ses conséquences. Ils décidèrent de ne pas se mettre la pression pour recommencer, certains de savoir quand le moment serait venu sans avoir besoin de le prévoir à l'avance.
Malgré la pratique ensuite, jamais ils ne retrouvèrent leur fougue d'antan. Les sentiments étaient bien là, mais le manque d'assurance persistant et surtout nouveau de Josh était devenu contagieux.
ooOoo
Globalement, pourtant, ils ne s'en sortaient pas si mal, probablement parce qu'ils n'avaient pas envisagé un seul instant de se séparer. Jamais, durant les premières nuits à Rose Creek, ils n'avaient parlé de long terme. Jamais ils n'avaient ensuite davantage abordé cette possibilité. Mais c'était devenu une évidence. Chaque épreuve était plus facile à surmonter à deux.
Et aujourd'hui, après cette semaine de séparation forcée, alors que Josh avait repris la place qui lui était due, entre ses bras, Vasquez, en pensant au chemin parcouru, estimait qu'ils ne s'en étaient pas si mal sortis. Il y avait eu bien des hauts et des bas, il y en avait encore régulièrement, mais ça n'avait pas toujours été difficile. Et si les années à venir étaient du même acabit, alors il s'estimerait plutôt chanceux.
Ce fut sur cette pensée rassurante qu'il s'endormit finalement à son tour.
A suivre…
