Hello tout le monde!
Bon, il est tard, une fois de plus. Pardon. Mais je pense sincèrement à changer de jour de publication, comme ça, je serai moins en retard tout le temps… Je ne sais pas encore sur quel jour, ça dépend de mon emploi du temps, que j'aurai définitif dans une semaine. D'ici là, merci beaucoup de supporter mes non jours de publications :)
Disclamer : Aujourd'hui, la flemme de faire un beau discours donc en gros, Sander et son histoire sont à moi et les autres sont à MARVEL.
Bonne lecture : )
-Sandy.
Je lève les yeux, prête à hurler sur la personne m'ayant appelé comme ça. Mais mes mots restent coincés dans ma gorge. Parce que je me retrouve devant lui. Lui et ses yeux gris qui pétillent. Lui et son sourire un peu trop grand. Je me surprends à trouver cela incongru. Mais je ne comprends pas pourquoi. Il me prend la main. Me soulève du sol.
-Ca va? T'as rien de cassé?
Je fronce les sourcils. Bouge un peu toutes mes articulations, pour voir si tout va bien. Je crois que c'est bon. Quand est-ce que j'ai appris à comprendre mon corps aussi bien?
-Ca va.
Il hoche la tête.
-On devrait rentrer à la maison, papa va s'inquiéter.
Papa? Papa… Je vois comme un flash deux yeux chocolats. Et entends en écho un hurlement affreusement rassurant. Alec se penche vers le sol. Récupère un skate renversé. Il me le tend. Je le récupère entre mes doigts. J'ai cette impression étrange de ne l'avoir jamais vu. On commence à marcher. On arrive devant une maison. Je ne me souviens pas du trajet. Cette histoire pue la merde. Mon frère ouvre la porte. Hurle.
-ON EST RENTRES!
Un homme haut de stature, un peu trop bronzé, sort d'une cuisine parfaitement aménagée. Il sourit, d'un sourire vrai. S'avance. M'ébouriffe les cheveux. Je ne comprends pas pourquoi il me touche. Ni pourquoi il est si familier envers moi. Je ne le connais pas.
-Alors fille, comment va?
Un frisson coule le long de ma colonne. Fille. Je suis sa fille. Comment ai-je pu oublier d'être sa fille? Je commence à paniquer intérieurement.
-Ca va.
Je me dégage de l'étreinte forcée. Monte les escaliers. Me retrouve devant un couloir de portes closes. L'une indique mon prénom, écrit en grosses lettres de toutes les couleurs. Je me surprends à penser que ce n'est pas moi. Que rien de tout ça n'est moi. Que je ne peux pas être ça. Que je ne peux pas… Etre comme ça. Que je suis quelque chose d'autre. De plus terne. De plus abîmé. Je rentre dans cette chambre qui doit être la mienne. Me retrouve face à des murs peints en verts et violets. Je ne comprends pas pourquoi ces couleurs m'apaisent instantanément. Je m'assois sur le lit. Inspecte le mur d'en face, recouvert de photos. Je suis partout avec Alec. Je ne sais pas pourquoi je ressens comme de la peur, quand je croise son regard figé sur le papier. Il sourit souvent. Je pense à un sourire plus grand encore, dément. Un rire, souvenir enfoui dans ma mémoire, enveloppe le silence. Je ne piges plus rien. Je retrouve recroquevillée sur ce lit qui est le mien. Qui doit être le mien. Et j'ai mal. Partout. Je n'arrive presque pas à respirer. J'inspecte la pièce. Me rends compte qu'aucune fenêtre n'est ouverte. Je me dépêche d'en ouvrir une. J'aurai pu mourir asphyxiée. J'aurai pu… Etre enfermée à vie. Quelqu'un toque à ma porte. Je me retourne, un crayon dans la main, tous les membres tendus à l'extrême.
-Sandy?
Alec. Je dépose lentement le bout de bois sur le bureau. Mais le garde toujours à portée. Je ne sais pas pourquoi. Mais j'ai peur de lui. Un peu. Et depuis quand est-ce qu'un crayon est une arme?
-Il fait trois degrés dehors et tu ouvre la fenêtre toi? Qu'est ce qui va pas?
Il s'assoit sur les draps Captain America. Mon… Mon avengers préféré? Je fronce les sourcils. Je croyais que Hulk était mon préféré. Hulk. Rien que de dire ce nom dans mon esprit me remplie de joie. Je ne sais pas pourquoi. Ni comment c'est possible? Que penser à cet être me rend plus heureuse que de voir mon frère.
-Je vais bien.
Je crois que ma voix gronde comme le tonnerre. En face, il soupire. Et se lève.
-On va bientôt manger, tu devrais aller te laver les mains.
Je hoche la tête. M'exécute. Et je trouve que je suis une bonne petite soldate, parce que je fais tout ce qu'on me dit sans argumenter. Je me demande depuis quand je suis devenue si obéissante. Je sors de la salle de bain mitoyenne à ma chambre. Me rends dans la cuisine, attirée par l'odeur du repas. Je me retrouve attablée, sans savoir comment les plats sont arrivés sur la table ni comment toute cette famille s'est retrouvée rassemblée sur cette table. Une femme est juste en face de moi, un large sourire sur les joues, parlant de tout, surtout de rien. Elle me demande si j'ai passé une bonne journée. Je suppose que oui. Même si je n'en ai aucun souvenir. Je mange beaucoup. Me surprends à trouver que c'est trop. Alors que la moitié de mon assiette est encore remplie.
-Tu devrais manger ma puce, on ne doit pas gâcher la nourriture. D'autres ont beaucoup moins que ça tous les jours.
Je pense à une barquette de frite. Sans savoir pourquoi. Comme si c'était ma nourriture favorite. Le repas se termine trop vite. Tout va trop vite. Beaucoup trop vite. Je finis rapidement ma part de gâteau. Cela me donne envie de vomir. C'était beaucoup trop pour mon pauvre estomac pas assez habitué à manger autant. Pourtant, n'est ce pas ce que l'on mange tous les jours ici? Je n'arrive pas à me souvenir d'un autre repas que celui-là. Je fronce les sourcils. Sors de table un peu trop rapidement pour m'exiler dans le jardin. Je me surprends à vouloir une clope. Mais je ne fume pas. Si? Je ne comprends pas. Je ne comprends rien. Sans vraiment y faire attention, je me retrouve assise sur le sol en tailleur. J'ai besoin de méditer. Depuis quand est-ce que je sais méditer? Je n'y fais pas attention. Me concentre sur mon corps. Sur mon esprit. Sur ce manque qui me donne envie de pleurer, sans savoir ce que c'est. Une larme coule sur ma joue. Une deuxième. Un torrent. Une ombre se déporte devant moi. Pourtant je n'ai senti personne passer à côté de moi. J'ouvre les yeux. Alec. Alec avec un regard qui fait peur. Un corps tordus, tendus, prêt à se jeter sur moi. Je ne comprends plus rien.
-Tu te souviens hein? Tu te souviens d'eux?
Eux? Eclat chocolaté et verdâtre.
-Tu les préfère EUX.
Sa voix qui éclate dans le silence du soir, effrayante.
-Tu n'aime pas notre vie? Loin de toute cette merde? Loin des vengeurs et de leurs problèmes? Avec une vraie maison?
Je pense à une Tour immense au coeur de cette grosse pomme pourrie de vers toujours pressés d'aller au travail.
-Avec une vraie maman?
Un éclat roux qui me réconforte un peu, malgré un goût amer. Une paire d'yeux trop bleus qui me font mal au coeur. Parce qu'ils ont disparus, je suppose.
-Avec un vrai papa?
Un nom. Simple. Courant. Mais qui résonne comme une délivrance à mes oreilles. Bruce.
-Non. Toi tu me préfère fou à lier.
Je me souviens. Je me souviens de la vie dans les rues de Chicago. De la lutte pour survivre, avec ce frère qui gravit les échelons trop vite. Qui pense au pouvoir avant de penser aux autres. Avant de penser à moi. Qui me convoque parce que je fais le bien autour de moi. Que je déjoue ses meurtres pour la justice. Et je me souviens des menaces. De la menace. Celle de trop. Qui détruit tout. Qui le détruit lui. Je revois comme sur une bobine de film ce frère, perché sur son trône de cadavre, entouré de ses esclaves. D'enfants. En haillons. Prêts à être envoyés à l'abattoir. Et ce détonateur dans sa main. Cette cage grande ouverte pour que j'y entre. Parce qu'il n'a pas besoin d'une justicière dans sa ville. Qu'il a simplement besoin du fric que je pourrais lui rapporter s'il me vend. J'entends son rire qui me glace le sang. Je me revois bondir en avant, un couteau en main pour l'empêcher d'agir. Pour l'empêcher de tout faire sauter. Et pour protéger ces gens qui n'ont rien demandé.
-Tu préfère ta vie à chier.
Les rues, que je quitte pour des bidonvilles à travers le monde. Les nuits si froides, les journées si chaudes… La faim agrippée au ventre. L'alcool qui réchauffe un peu. Pas beaucoup. Suffisamment pour tenir encore un peu. Le temps de changer de planque. Mais il y a un espoir. Qui manque de disparaître avec Betty.
-Pauvre petite Sandy. Elle tue tous ceux qui l'entoure.
Je lève les yeux pour lui foutre un pain dans la gueule. Me retrouve dans un entrepôt trop familier. Beaucoup trop familier. Je m'avance. Je suis devant l'entrée de derrière. Des gargouillements ignobles, comme des personnes se noyant dans leurs propres sang, émergent à l'autre bout de l'immense hangar. Je me précipite en avant, dans le noir. Parce qu'il y a des gens à sauver. Un spot s'allume. Met en avant une masse de corps, empilés sur le sol. Je me mets à courir. Me rends compte que je les connais tous. Que se sont… Que se sont… Mes mots se perdent. Impossible de penser. Ou même de ressentir quoi que ce soit. Je m'effondre. Tombe à genoux. Leurs yeux figés dans l'infini me dévisagent. Mes collègues. Mes amis. Tous étendus sur le sol, les uns sur les autres, comme de vulgaires sacs de pommes de terre. Trop pour ce que mon cerveau peut supporter. La lumière s'éteint. Eclaire un autre cadavre. Mais je ne peux pas partir. Je ne peux pas détourner mon regard d'eux. Ils comptaient sur moi. Tous. Et je comptais sur eux. Je comptais sur eux pour ne pas mourir. Parce que l'un est un dieu. L'autre est un super soldat. Et les trois qui restent sont des personnes d'exception.
-SANDER!
Hurlement qui me force à détacher le regard des corps ensanglantés des vengeurs. Pour se poser sur une scène ignoble. Une silhouette est penchée sur Bruce, un sourire dément aux lèvres. Le même sourire que celui d'Alec. Je crois me reconnaître dans ces traits. Comme un reflet distordu de la réalité. Ce n'est pas possible. Pas possible. Pas possible. Un autre projecteur se met en marche. Illumine le corps sans vie de… Non. Pas lui. Pas lui. Pas Hulk. Bruit de succion. Je reporte mon attention sur moi. Et sur Bruce, qui passe ses mains sur son cou pour tenter de contenir l'hémorragie. Je reconnaîtrai ce couteau entre mille. Celui qui m'a… Un silhouette se découpe à travers les ombres. Une main se pose sur mon épaule. Le couteau que j'avais dans les mains tombe. Je ne suis plus spectatrice d'un reflet qui est le mien. Je suis devenue le reflet.
-Tu vois, ce rêve de vie normale était bien mieux que la réalité.
Deux bras m'entourent.
-La réalité fait mal. Si tu veux, je peux t'aider.
Alec prend ma main droite. Dépose quelque chose dedans. Une chose glacée. Métallique. Je baisse le regard dessus. Un flingue. Un flingue. Je pense à cette douleur qui me transperce le coeur. Qui pourrait disparaître rien qu'avec…
-SANDER!
Rugissement dans mon dos. Quelqu'un qui me bouscule. Qui récupère mon seul moyen de m'échapper de cet enfer. Je lève les yeux. Je ne suis plus dans l'entrepôt. Je ne sens plus le sang de Bruce contre mes doigts. Mais je sens des larmes couler en abondance sur mes joues.
-Sander.
Je connais cette voix. Elle ne peut pas exister. Je l'ai tué, lui aussi. Je les ai tous tués.
-Sander. T'inquiète pas. Tu es sécurité. Je vais t'emmener à l'abri.
Je sens deux bras qui me soulèvent du sol. Je ne comprends pas vraiment ce qu'il m'arrive. Clint est mort. Clint ne peut pas me porter. Parce que Clint est mort. Je crois l'avoir tué. Même si je n'ai pas de souvenir précis de l'avoir fait. Il devrait être mort. Je sens sur ma peau les rayons d'un soleil ardent. Je ferme les yeux. Les rouvre dans une sorte de cage métallique. Un jet. L'un de nos jets. Je me recroqueville dans un coin. Pas sûre de faire face à la réalité. Comment savoir si ce que je vois est réel? Une carcasse s'affale à côté de moi. Je vois un bout de pantalon bleu. Ce n'est pas réel. Ca ne peut pas être réel. Je les ai tous tués. Tous. Tous…
-Sander?...
Une voix qui hésite. Une main qui se pose lentement sur mon épaule. Et deux bras chauds qui m'entourent. J'entends son coeur battre. Et je repense à une astuce. Pour savoir si je suis dans un rêve. Je baisse les yeux vers mes mains. Compte mes doigts. Dix. J'ai dix doigts. Je suis sûre d'avoir dix doigts. C'est la réalité. C'est réel. Ils sont en vie. Ils sont en vie! Mes sanglots redoublent. Ils sont vivants. Tous. Je repense à cette arme au creux de ma main. J'ai failli… J'ai… Je m'accroche à Steve comme à un rocher. Il fait de même. Une autre masse se pose à côté de nous. Thor. Personne n'est mort. Personne. Je n'ai tué personne. Je lève les yeux sur l'intérieur de cette cage. Natasha est dans un coin, Clint avec elle, essayant de la faire revenir. Thor est à côté de moi. Steve est dans mes bras. Où est Bruce? Je me lève un peu trop brusquement. J'ai la tête qui tourne. C'est pas grave.
-Où est Bruce?
Clint détourne quelques instant son attention de Nat'.
-Tony s'en occupe. Il a enclenché Véronica.
J'écarquille les yeux d'horreur. Pas Véronica. Hulk a pas besoin de ça. Il n'a jamais eu besoin de ça… J'attrape une couverture. Me précipite à l'extérieur. Juste de quoi voir Tony porter Bruce dans ses bras, conscient mais en piteux état. J'accours vers eux. Bruce avait besoin de moi. Et j'étais trop perdue avec Alec pour lui venir en aide. Stark atterie. Laisse mon doc se mettre sur ses pieds. Je le recouvre de ma couverture. Glisse son bras gauche autour de mes épaules. Le supporte dans sa démarche trébuchante. Je tangue un peu. Parce que je ne vais pas bien non plus. Je sens encore dans mes mains la lame meurtrière. L'arme glacée aussi. Je crois que c'était un vrai flingue, que je tenais entre mes doigts, quand Clint m'a récupérée. Pathétique. Un grognement de douleur me détourne de mes pensées. J'avance un peu plus doucement. Fais plus attention à mon environnement. Et à lui. Je ne me vois pas lui expliquer. Alors je me tais. Vais lui chercher des vêtements. Il les enfile en silence, sans faire attention aux autres. Clint prend les commandes. Je me recroqueville tout contre Bruce. Je hais ces putains de jumeaux.
Je relance la proposition, pour un review, le sauvetage d'un mort d'infinity war :p
