Hello!

Bon, maintenant que j'ai le temps, je tenais à remercier Irenee Moriarty pour le review de la dernière fois, c'est très gentil de ta part :) Et merci de comprendre mes retards à répétition ;p

Je tiens à vous remercier tous également de continuer de suivre les aventures de Sander avec autant d'application, ça me remplie de joie et me redonne le moral quand je reste bloquée sur un chapitre :)

D'ailleurs, je suis désolée, celui d'aujourd'hui est un peu moins long et un peu plus calme que le précédent. J'espère qu'il vous plaira quand même :)

Bon, c'est pas tout ça mais je vais peut-être vous laissez lire à un moment de temps!

Disclamer : Sander est pour moi ce que Spiderman est pour Stan Lee mais les autres, ils sont tous à MARVEL...

Bonne lecture!


Je fixe le vide. Incapable de me raccrocher à la réalité. Pourtant je sens bien dans ma main celle de Bruce, qui s'accroche à moi comme à une ancre. Mais je ne suis qu'une épave. Je n'arrive à me concentrer sur rien, les yeux figés sur des fantômes. Sur cette mère fictive. Sur ce père imaginaire. Sur ce frère barge. Et sur cette pile de cadavres toute fraîche. Sur la sensation réconfortante de l'arme dans mes mains, pour dire adieu à la souffrance. Je me mords la lèvre. Assez fort pour qu'elle se mette à saigner. Assez fort pour que je ne pense plus à ça. Je pense à mon épaule. A l'humidité qui s'en dégage. Je focalise mon attention quelques instants là-dessus. Des larmes. Pas les miennes. Des larmes coulent sur mon haut. Des sanglots étouffés résonnent dans l'habitacle. Je crois comprendre que c'est Bruce. Je me force à être présente. Un peu. Forme une rune sur son dos. L'entoure de mes bras. Je sens son corps secoué de tremblements. Un liquide trop visqueux s'écoulant d'une plaie atroce à son cou. Ses gargouillements d'agonie, alors qu'il s'étouffe dans son propre sang. Non. Il est là. Il est là et il a besoin de moi. Il a besoin de moi. Il a besoin de moi. Il a besoin de moi. Litanie que je me répète pour espérer me raccrocher à lui. Pour le rassurer. Pour me rassurer un peu aussi. J'arrive à le calmer, je crois. Il ne tremble plus. Il ne bouge plus. Je panique. Est-ce que? Pression supplémentaire contre mes os. Il bouge, me compresse contre son corps, m'engloutie toute entière entre ses bras. Je pose ma tête contre son coeur. Pour être sûre qu'il est en vie. Et pas à moitié mort. Il pose son menton sur mon crâne. Je crois qu'il veut se persuader que je suis vivante. Entièrement et totalement vivante. La sorcière nous a eu de la même manière. C'était prévisible. Terriblement prévisible. Je continu de triturer ma lèvre. Pour espérer échapper à mes ombres. Le temps passe lentement. J'ai l'impression de voir un sablier qui s'écoule, sans savoir quand il s'arrêtera. La nuit fait place au jour. Je n'ose pas fermer les yeux. De peur de voir des choses que je ne voudrais pas. Je crois que quelqu'un se met à préparer à manger. Je sens une odeur de café. Me retrouve, sans vraiment savoir comment, avec un sandwich au beurre de cacahuète dans la main.

-On est bientôt arrivé.

Une voix, en écho. Je me mets à grignoter mon bout de pain. Simplement pour m'empêcher de trembler. Notre appareil se pose. La porte s'ouvre. Je respire un grand bol d'air. Bruce passe un bras autour de mes épaules. Il a encore les yeux rouges. Je n'aime pas ça. Me colle contre lui. Il est ma seule ancre avec la réalité. La seule qui en vaille la peine tout du moins. Les autres défilent devant nous, à la file indienne. Je me demande ce qu'ils ont vu, pour fixer le vide ainsi. Je me demande si Steve a vu son Bucky. Si Natasha a perdu mon Bruce. Si Thor a retrouvé son frère génocidaire. Nous entamons une marche presque mortuaire, en silence, sur un même pas, Clint guidant notre cortège. Je sens les rayons du soleil sur ma peau. Comme pour me rappeler que je ne suis plus dans l'entrepôt. Nos pas nous guident vers une maison trop blanche, trop parfaite, éclatante de vie. De sourires et de jeux d'enfants défraîchis. Je frissonne. Bruce pose un baiser sur mon front. Je pense aux photos fictives de cette vie parfaite qui aurait pû être la mienne. Je suppose qu'elle ressemblait à ça. A cette vie-là. Nous montons les marches froides du perron. Je crois que quelqu'un parle. Je ne sais pas vraiment. Je me contente de suivre le mouvement comme je peux. Avec mes yeux figés dans cette putain de vision. Si je revois ces jumeaux… Je ferme les poings. Me reprends une fois la porte passée. Je dois me ressaisir. Etre là pour eux. Pour tous les vengeurs. Je dois les protéger. Le protéger. Comme je l'ai toujours fait. Comme je le ferai jusqu'à la fin de mes jours.

-Chérie?

Je sursaute. Je ne m'attendais pas à ce que Clint parle aussi fort. Je me retranche un peu plus contre Bruce, comme un animal prit entre les phares d'une voiture. Une femme s'avance. Je fronce les sourcils quand elle embrasse notre archer. Je ne savais pas… Je la détaille de plus près. M'arrête sur son ventre. Un ventre rond comme une planète. Qui héberge un petit être même pas formé. Je ne… J'ai jamais pigé ce concept. Parce que je n'ai jamais eu de mère. Jamais eu de vie de famille stable. Je sens ma gorge se serrer.

-Tout le monde, je vous présente Laura.

Je cligne des paupières. Détache mon attention de cette protubérance pour la regarder dans les yeux. Pour l'écouter parler. Vaguement. Puisque je suis toujours sur mes gardes. Un escadron d'enfants débarque. Je me retiens de leur balancer un truc en pleine figure. Je suis sur les nerfs. Trop. Tony se met à parler doucement avec Bruce. J'arrive pas à me concentrer sur ce qu'ils disent. Un grille-pain s'active. Je frappe le mur derrière moi par réflexe.

-Sander!

Focus. J'y arrive pas. Je sens tous mes muscles tendus à l'extrême, mon corps encore penché sur le plâtre. Y a des gosses dans la pièce putain!

-Je peux pas rester ici.

Je sors en trombe de la maison. Entends à peine Bruce me retenir. J'ai besoin de temps. D'être seule. Du coin de l'oeil, je vois Thor s'évaporer dans ciel. Mais je n'arrive pas à me concentrer assez sur la situation pour me demander pourquoi il s'en va. Je sens sur mon corps le poids de toutes ces années de vie. De mes blessures, jamais totalement refermées. Je cours le plus loin possible. Le plus vite possible aussi. A travers les champs. M'arrête, gonflée de colère. Me mets à hurler à plein poumons. Et m'attaque à un arbre qui n'a rien demandé. Je frappe l'écorce en hurlant à la Terre entière à quel point je déteste mon existence.

-Je hais ce putain de robot!

Frappe une nouvelle fois.

-Je hais ces putains de jumeaux!

Encore.

-Je hais Pietro Maximoff!

Mes phalanges craquent.

-Je hais Wanda Maximoff!

Du sang dégouline.

-Je hais cet enfoiré de frangin!

Des larmes qui s'échappent de mes yeux.

-Je me hais moi.

Murmure perdu dans le vent, que je glisse, avant de me laisser choir sur le sol. J'inspecte mes mains déchiquetées. Concentre mon attention sur le sang qui dégouline sur la terre fraîche. J'ai rien trouvé de mieux pour me reprendre que l'automutilation. Je ricane dans le silence, le soleil pour seul complice. Je ferme les yeux. Plus d'images horribles. Ca aura eu cet avantage. Je balance ma tête en arrière, contre l'écorce en milles morceaux. Profite de la brise matinale. Je suis épuisée. Je fais un inventaire des blessures, celui que je n'ai pas pu faire à cause de l'autre connasse. J'ai un peu mal à la mâchoire mais rien de grave compte tenu de l'envoyeur. Les mains en lambeaux mais ça, c'est de ma faute. Et le reste n'est que crampes. Normal. J'inspire un peu d'air frais. Je dois faire l'état des lieux psychologique aussi. Comme à chaque retour de mission. Parce que ce n'était que ça. Une simple mission. Comme les autres… Je me mets en position pour méditer. Fronce les sourcils. C'est difficile, de se calmer à ce point là. Mais c'est indispensable. Il faut que je me retrouve avec moi-même pour comprendre comment je vais. J'inspire profondément. Expire plus profondément encore. Je sens comme un courant électrique le long de mon corps. Encore un peu… J'ouvre les yeux sur du noir. Du vide. Et au milieu, un petit éclat rouge. Pas bon. Pas bon du tout. J'avance ma main vers lui. Il irradi de douleur. Flashs incandescents d'Alec. De leurs corps étendus sur le sol froid.

-BlackRobot?

Je sors de ma transe un peu trop rapidement, comme brûlée par les paroles innocentes de l'enfant face à moi.

-Je peux m'assoir?

Je la regarde. Elle me surplombe, ses grands yeux gris pétrifiés. Je tapote l'herbe à mes côtés. Passe une main lasse sur mon visage. Pour me rendre compte que je pleure. Pathétique. Je retranche mes genoux contre ma poitrine, fixant le vide devant moi. Pour me calmer.

-Pourquoi tu pleure?

Je hausse un sourcil. Lance un regard vers la gamine. Elle joue avec des pâquerettes. Si elle n'avait pas parlé si distinctement, j'aurai pu croire que j'ai inventé cette phrase.

-Je pleure parce que…

Je ne sais pas comment trouver mes mots. Comment expliquer à une si petite fille ce que je ressens? Je cherche des termes appropriés. Elle porte son entière attention sur moi. Je me mords la lèvre un peu. Trouve les mots juste. Les énonce à voix haute.

-Je pleure parce que quelqu'un de très méchant m'a fait mal là.

Je pointe ma tête. Elle fronce les sourcils. Se soulève assez pour examiner ma tempe. Mais elle ne trouve rien.

-Pas à l'extérieur, à l'intérieur.

Ses yeux s'illuminent. Elle a compris.

-Comme papa!

Je souris doucement.

-Oui. Comme ton papa.

Clint… Lui aussi a vécu ça. Il y a deux ans. Quand ma vie était encore simple, succession de fuites et de bonnes actions minimes, avec Bruce toujours à côté de moi. Bruce. Je me demande quelle heure il est. Je me demande s'il va bien. S'il s'inquiète. Bien sûr qu'il s'inquiète imbécile. Je me lève. La petite prend ma main.

-Tu t'appelle comment, je lui demande, avec une voix peut-être trop douce. Je ne pensais pas avoir ça en stock.

-Lila. Et toi?

-Sander.

Elle fait la moue.

-C'est un prénom de garçon ça!

Je souris. D'un sourire pâle. Eteins. Parce que même mon prénom me rappelle à lui. Me dit que nous sommes indissociables.

-C'est mon grand frère qui l'a choisi.

Elle se tait. Je crois qu'elle a compris que je ne veux pas parler de ça. Elle suit plutôt des yeux les papillons qui batifolent gaiement autour de nous. Je l'observe du coin de l'oeil. Admire son innocence. Elle presse un peu plus sa paume contre la mienne, me montrant des chevaux de sa main libre. Je me souviens de mes phalanges en charpies. Fais en sorte de sourire à la petite, alors que je grimace à l'intérieur de douleur. Physique. Plus gérable que l'autre.

-Lila! Cooper! Sander! A table!

Voix de Clint. Il est déjà midi?

-On arrive papa!

La petite me lâche la main, courant vers la maison. J'en profite pour bander mes plaies avec un bout de mon t-shirt. Pour espérer passer inaperçue. Je sais déjà que c'est raté. Mais autant tenter le tout pour le tout. Je m'arrête devant la porte. Lance un regard dans mon dos. Ecoute avec application à la porte. Pas de bruits suspects, simplement le grondement des conversations. J'ouvre. Inspecte les environs, les poings fermés. Personne. Je pose un pied à l'intérieur. Pour me rendre compte que je suis en super vigilance. Putain de syndrome post-traumatique à la con.


Les reviews, ça met toujours du baume au coeur, surtout que le mien est encore brisé en milles morceaux par le traitement de Bruce depuis Ragnarock...