CH14-Sans elle
Pardon pour cette attente !
J'avais réellement prévu de vous le poster dans la foulée mais finalement le chapitre ne me convenait pas, j'en ai écris trois versions avant d'arriver à celle-ci et à côté de ça, une mauvaise nouvelle à quelque peu perturber ma concentration.
Bref le voilà enfin et j'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture ! :)
Un cocon de bien-être, un cocon dont elle ne voulait pas sortir. Souriant avec légèreté dans les brumes du sommeil, Lexa se lova un peu plus dans la douce chaleur de ses draps. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait apaisée. L'esprit embrumé par le bonheur et le corps épuisé d'une nuit de plaisirs charnels. Elle frissonna légèrement à la caresse de ses doigts sur sa peau, ces derniers remontant le long de son dos jusqu'à son épaule où ils s'arrêtèrent sur sa fraiche cicatrice. Un furtif flash s'imposa. Une arme, des tirs, la douleur… Un flash qui disparu aussitôt que de douces lèvres embrassèrent sa chair blessée. Lexa se retourna doucement et tomba nez à nez avec deux magnifiques saphirs, illuminées d'un sourire d'ange. Souriant de bonheur, elle passa délicatement sa main derrière la nuque de la blonde pour l'attirer à elle dans un tendre baiser. Baiser qui s'accompagna rapidement d'agréables caresses, une nuit de passion n'ayant pas suffit à les rassasier. Cœur contre cœur, chaque baiser, chaque caresse, étaient une promesse. Avide dans leurs gestes, ils n'étaient pour autant pas dénués de douceur. Là, où les mots fuyaient, chaque touché était une vérité révélatrice. En parfaite communion, leurs cœurs battaient à l'unisson dans une explosion de bonheur. Une vague de bonheur qui les fit chavirer, le souffle court, sourire béat aux lèvres et lovées l'une contre l'autre, elles reprenaient dans un agréable silence leurs esprits. Tout était parfait, pourtant, Lexa, le regard perdu vers le plafond, Clarke blottit dans ses bras, sentit peu à peu son bonheur se ternir d'une ombre s'étendant en son cœur. Inconsciemment, elle resserra son étreinte autour de la blonde qui sourit contre sa peau.
- Qu'est-ce qui te tracasse ? lui demanda-t-elle.
- Tout va bien, mentit-elle en embrassant son front.
Seulement, Clarke qui était devenue experte en Woods n'y crut pas un instant. Elle se détacha de la brune et se redressa pour la surplomber d'un regard inquiet, lui intimant silencieusement de se confier. Lexa se tut mais son regard la trahi lorsqu'il dériva sur sa poitrine, plus précisément sur la cicatrice marquant sa chair. Un sourire triste se dessina sur les lèvres de Clarke et leur cocon éclata, le froid les saisissant.
- Je suis désolée… souffla Lexa tout en glissant délicatement ses doigts sur la cicatrice.
- Pourquoi ? demanda-t-elle confuse.
Un flash l'empêcha de répondre… Des boucles blondes, du sang, beaucoup de sang… Elle sentit une vive douleur en son cœur mais les lèvres de Clarke la firent disparaitre.
- Il faut que tu te lèves, lui dit-elle en quittant ses lèvres.
- Pourquoi ? Fut-elle à son tour confuse et n'ayant aucune envie de quitter la blonde.
- Parce que tu ne peux pas rester ici éternellement, le monde à besoin de toi… répondit-elle tristement.
Clarke s'éloigna brutalement, le froid les séparant tel un gouffre prêt à l'engloutir alors qu'elle quitta le lit, les draps glissant pour révéler son corps nu puis elle commença à ramasser et enfiler ses vêtements. Scène anodine qui éveilla l'ombre de son cœur, ombre devenant angoisse à l'idée de la quitter.
- Et toi ? demanda-t-elle avec véhémence tout en quittant à son tour le confort de leur lit.
- Quoi moi ? Retourna-t-elle d'un fin sourire.
- Tu n'as pas besoin de moi ? précisa-t-elle en se plantant devant elle, le corps tremblant d'un soudain désespoir.
Clarke cessa ce qu'elle faisait et s'approcha d'elle pour prendre ses mains dans les siennes, puis elle chercha son regard, accrochant ses émeraudes.
- J'aurais toujours besoin de toi… avoua-t-elle de toute son âme avant de l'embrasser de tout son amour.
Leurs lèvres se séparèrent et Clarke caressa son visage, le gravant dans sa mémoire comme si elle le voyait pour la dernière fois.
- Dépêche-toi de filer, finit-elle par lui intimer alors qu'une unique larme perla sur sa joue.
Ne comprenant pas comment elles étaient passées de pur bonheur à autant de tristesse, Lexa obéit tout de même, une force la guidant malgré sa douleur. Elle se rhabilla sous le regard aimant de Clarke, le silence se faisant de plus en plus lourd. Elles échangèrent un dernier regard, un dernier sourire et Lexa s'approcha de la porte mais s'arrêta main sur la poignée, une peur terrifiante s'emparant d'elle.
- On se voit plus tard ? demanda-t-elle pleine d'espoir mais le regard figé sur la porte.
Clarke se pinça les lèvres, retenant ses larmes à cette terrible question pourtant si simple.
- Promets-moi qu'on se reverra ! Paniqua soudainement Lexa alors que son cœur commençait à comprendre.
- Je ne peux pas… parce que tu sais que c'est faux, avoua Clarke dans un sanglot qui craqua ses défenses.
Lexa se tourna alors vers elle et la découvrit en proie à des larmes silencieuses mais ce qui la terrorisa, ce sont les marques rouges perçant ses vêtements à l'endroit exacte de ses cicatrices. Tout lui revint alors en mémoire et Lexa rattrapa Clarke à l'instant où elle s'écroula.
- Reste avec moi, tout va bien se passer, la rassura-t-elle vainement en prenant sa main dans la sienne.
- Encore une fois… tu sais que c'est faux… se moqua tristement Clarke.
- Accroches-toi… la supplia-t-elle en serrant sa main dans la sienne.
- Le devoir t'appel, Woods… sourit-elle fièrement tout en venant caresser sa joue.
Lexa ferma les yeux sous la caresse de ses doigts puis lorsqu'elle les rouvrit, Clarke n'était plus là, il n'y avait plus qu'obscurité autour d'elle. Une obscurité qui l'engloutit pour ne laisser qu'un vide douloureux en son cœur. Lexa ne se réveilla pas immédiatement, d'abord perdue dans l'obscurité, elle perça lentement vers la lumière. L'esprit engourdit, elle ne ressentait rien, si ce n'est la sensation d'une main dans la sienne. Une main à laquelle, elle s'accrochait avec force et qui devint son guide vers la surface. Vint ensuite, une douleur lancinante qu'elle ne pouvait localiser mais devenant de plus en plus forte au fur et à mesure de son réveil. Elle finit par péniblement ouvrir les yeux, papillonnant pour s'adapter à la pièce baignée par la lumière du soleil. L'esprit brumeux, elle chercha dans ses souvenirs, tentant de se situer puis instinctivement elle serra cette main qu'elle sentait encore dans la sienne. Cependant, sa main se referma sur du vide. Il n'y avait aucune main dans les siennes. Cette absence, ce vide, la frappa si violemment que tout lui revint.
- Clarke ! Appela-t-elle de sa bouche pâteuse, tout en se redressant brusquement dans son lit d'hôpital.
Une vive douleur à l'épaule l'arrêta, lui coupant presque le souffle de surprise, puis l'instant d'après on la forçait à s'allonger.
- Tu vas faire sauter tes poings ! lui reprocha Anya dont elle réalisa seulement la présence.
- Je dois la voir ! Tenta-t-elle de la repousser et n'épargnant pas son amie qui avait un bras en écharpe pour soulager sa blessure à l'épaule.
- Lexa ! Calme-toi ou ils vont encore devoir te sédater ! la supplia Anya.
- Que…. Quoi ? Se figea-t-elle à cette information.
Anya profita de sa stupeur pour la rallonger et rapidement vérifier qu'elle n'avait fait aucun dégât aux sutures de son épaule.
- Depuis combien de temps je dors ? Paniqua soudainement Lexa.
- Un peu plus d'une journée…
La brune resta sans voix, sous le choc de ce que cela impliquait.
- … tu refusais de rester tranquille, tu as rouvert ta blessure et tu t'en es prise au personnel alors…
- Anya stop… l'arrêta-t-elle avec autorité malgré la soudaine fragilité dans sa voix.
Un lourd silence se fit, un silence durant lequel Lexa n'eut pas besoin de poser la question qui la déchirait. Tout comme Anya n'eut pas besoin de lui répondre car la crainte, la peine et la désolation de son regard hurlèrent la vérité. Une vérité qui frappa de plein fouet Lexa qui s'effondra complètement, son cœur éclatant dans la douleur et les larmes…
Malgré l'interdiction de son médecin, Lexa sortit prudemment de son lit, plaquant fermement son bras contre elle. On ne lui avait encore pas donné d'attèle pour soulager son épaule mais ce n'est pas cela qui allait la stopper. Anya, qu'elle soupçonnait également de ne pas suivre les consignes des médecins, était retournée au chevet de Raven. Cette dernière, blessée à la jambe s'en sortait avec beaucoup plus de complication de prévu. La balle avait fait des dégâts et d'autres opérations devaient être faites afin de la lui sauver. Anya était donc auprès d'elle, la soutenant le plus possible dans cette épreuve. Lexa ouvrit doucement la porte de sa chambre puis après un bref coup d'œil au couloir, elle en sortit. Elle réajusta sa chemise d'hôpital et s'engagea dans le couloir qui par chance était vide. En chemin, elle s'étonnait encore qu'Anya lui ait donné les indications sur sa destination car elle devait se douter qu'elle ne resterait pas tranquillement allongée dans ce maudit lit. Des visiteurs surgirent au bout du couloir. Par réflexe, Lexa se colla au mur, son bras le percutant légèrement mais cela suffit à envoyer une décharge de douleur dans son épaule. Elle ferma les yeux, grimaçant en tentant de contenir sa peine sous le regard curieux de la petite famille qui la croisa. Une fois à nouveau seule, elle reprit sa marche, ignorant l'élancement de sa blessure. Sa marche ne fut pas longue, réalisa-t-elle en arrivant devant la porte qu'elle cherchait. Seulement un couloir la séparait de sa chambre. Elle entendit des voix approcher alors elle entra avant de se faire prendre. La chambre n'était pas plus grande que la sienne, pourtant elle se sentit complètement étouffée. Les rideaux étaient tirés, plongeant la pièce dans la pénombre. Plusieurs machines encadraient un lit qui semblait minuscule à leur côté, un bip régulier brisait le silence funèbre tandis qu'une étincelle de lumière brillait à espace régulier sur l'un des écrans, ligne de vie d'un infime espoir. Déglutissant difficilement, Lexa avança d'un pas, puis d'un autre, son cœur semblant ralentir à chaque pas supplémentaire jusqu'à s'arrêter en la découvrant. Là, dans ce lit, pâle, frêle, gisait Clarke dont la vie ne tenait littéralement plus qu'à quelques fils. Une multitude d'émotion la traversa. Lexa se sentit d'abord dévastée par le chagrin puis la colère prit le dessus, serrant les poings à s'en faire mal avant que la culpabilité, le poids de l'échec, ne l'écrase totalement. Les larmes coulèrent à nouveau librement tandis qu'elle franchissait les derniers pas les séparant pour venir prendre sa main. Elle sursauta en sentant la froideur de sa peau. Instinctivement et ignorant la douleur de sa blessure, elle recouvrit complètement sa main des siennes pour la lui réchauffer, bien que cela soit inutile.
- Clarke… je t'en prie… reviens… la supplia-t-elle en s'effondrant d'avantage.
Et alors qu'elle pleurait, les paroles d'Anya se rejouaient dans sa tête. Clarke avait survécu à ses blessures, l'opération avait été lourde mais elle avait tenu bon. Cependant, elle avait perdu beaucoup trop de sang, son cœur avait lâché et bien qu'il soit reparti, cela l'avait énormément affaibli. Clarke était tombée dans un profond coma et les médecins ne lui donnaient que peu de chance de réveil. Après quelques minutes de larmes silencieuses, Lexa ravala sa peine et la colère prit à nouveau le dessus tandis qu'elle fixait la blonde endormie. Elle semblait si paisible, elle aurait presque pu y voir le même sourire qu'après leur nuit passée ensemble. Lexa serra la mâchoire à ce souvenir car si elle avait su que le temps leur était compté, elle n'aurait pas quitté le lit, elle serait restée auprès d'elle. En vérité, il y a tellement de chose qu'elle aurait faite différemment si elle avait su. Elle aurait profité de chaque instant au lieu de fuir parce qu'elle avait peur de causer sa perte. Belle ironie ! Bouillonna-t-elle car cela n'avait servie à rien. Elle n'avait rien pu faire pour la protéger, tout ce qu'elle avait réussi à faire c'est la blesser et gâcher ce qu'elles auraient pu être. Ce qu'elles ne seraient probablement jamais. Pourquoi ?! Pourquoi ?! hurlait-elle intérieurement alors que le cauchemar était enfin terminé, alors que l'avenir s'ouvrait devant elles, pourquoi avait-il fallu que la vie leur joue un si mauvais tour ? Lexa était en colère, elle était en colère contre les circonstances, contre elle-même et contre cette incertitude. Clarke pouvait se réveiller ou bien les quitter d'un moment à l'autre et elle ne pouvait rien faire, si ce n'est espérer que les statistiques de ces foutus médecins se trompent.
- Je sais que tu peux leur donner tord alors bat-toi, lui dit-elle portée par sa colère mais également sa foi en elle.
Car s'il restait bien une chose en laquelle Lexa pouvait croire, c'était en Clarke, bien plus que l'infime espoir des statistiques, d'une incertitude, elle avait foi en elle et elle savait qu'elle se battrait jusqu'au bout. Même si Clarke ne montrait aucun signe de combativité, restant figée dans son lit, son cœur battant était une preuve suffisante pour Lexa. Clarke n'abandonnerait pas, elle se réveillerait, elle en était convaincue alors elle tira une chaise et s'y installa. Elle ne lâcha pas sa main, bien décidée à lui servir d'ancrage dans ce monde et c'est ainsi qu'elle la veilla, bien décidée à ne pas abandonner. Elle ignora combien de temps, elle resta seule avec elle mais on finit par la trouver et on l'obligea à retourner dans sa chambre. Cependant, Lexa revint. Dès qu'elle le pouvait elle s'échappait et revenait auprès d'elle. Les jours passèrent et elle fut libérée de sa chambre d'hôpital. Elle refusa de rentrer chez elle et décida de passer jour et nuit au chevet de Clarke. Seulement plus le temps passait, plus ses chances de réveil s'amenuisaient…
Au cœur de la nuit, Lexa commençait à lentement s'agiter entre ses draps tandis que le terrible scénario prenait place, cauchemar se répétant inlassablement :
Debout dans la foule, Lexa avait une vue parfaite sur la scène, spectatrice de sa propre vie. Jaha faisait son discours alors que Clarke et elle étaient inconscientes du danger se profilant à l'horizon. Lorsqu'il sortit son arme, tout se figea. Elle hurla pour les prévenir mais personne ne l'entendit…
Dans sa chambre, sa respiration devenait de plus en plus agitée, son cœur battant plus fort alors que la peur s'emparait de tout son être, le nom de Clarke au bord des lèvres.
Lexa poussait la foule sur son passage, cherchant désespérément à les atteindre puis soudainement l'écho terrifiant du tir la stoppa. Regard terrifié figé sur la scène alors que le temps reprenait son cours normal. Elle regarda impuissante les balles les transpercer puis Clarke et elle s'effondrer…
Ses poings se refermèrent sur ses draps alors que son visage se crispait de douleur au souvenir vivace de la balle pénétrant son épaule mais pas aussi douloureuse que son cœur en morceau.
Terrifiée, elle courut jusqu'à Clarke. Avant de se laisser tomber à ses côtés, elle croisa son propre regard, l'impuissance et la peur l'habitant complètement alors qu'elle était maintenue au sol par Echo.
- Je suis là, Clarke, la rassura-t-elle en appuyant fermement sur ses blessures. Accroches-toi, tout va bien se passer… lui promit-elle.
Mais c'était un mensonge et elles le savaient toutes les deux. Lexa savait au fond d'elle que tout ceci n'était pas réel, qu'il ne s'agissait que de ce qu'elle aurait souhaité pouvoir changer. Dans un soubresaut, Clarke attrapa sa main, la serrant désespérément, s'accrochant à elle.
- Je t'… mais elle fut incapable de le dire… ne m'abandonne pas, la supplia-t-elle.
- Pourquoi… tu… luttait-elle entre deux toussotements de sang… nous a… pas laissé…une chance ?
Dans ses yeux, elle vit toute sa déception, sa peine et ses reproches, juste avant qu'ils ne s'éteignent pour toujours.
Lexa se réveilla dans un sursaut, le cœur battant de peur, la respiration saccadée, le corps frissonnant et en sueur. Elle laissa son visage tomber entre ses mains, reprenant lentement conscience de la réalité. Le mouvement brusque de son réveil avait tiré sur son épaule, sa blessure la tiraillant légèrement malgré sa guérison avancée mais cette douleur n'était rien en comparaison de celle de son cœur. Un cœur écrasé par la culpabilité et les regrets. C'était toutes les nuits la même chose. Toutes les nuits qu'elle rejouait la scène, tentant encore et encore de sauver Clarke. Sachant qu'elle ne retrouverait pas le sommeil, Lexa écarta les couvertures et quitta son lit puis sa chambre. Elle traversa le salon et marcha jusqu'à la cuisine où elle se servit un verre d'eau bien fraiche. Le buvant tout en s'appuyant contre le plan de travail, faisant ainsi face au salon et à ses grandes baies vitrées. Son regard se perdit sur la nuit noire, buvant son verre à la recherche de la sérénité alors que son esprit était incapable de se concentrer sur autre chose que sur le visage agonisant de Clarke. Après quelques minutes, elle ferma les yeux puis les rouvrit avant de terminer son verre et de le déposer dans l'évier. Plus calme, elle alla s'installer dans le canapé et alluma la télévision. Elle zappa pendant un moment, distrayant son esprit qui commença à chasser son cauchemar, du moins jusqu'à ce qu'elle tombe sur le visage de Jaha, arrêtant net l'écran sur un énième reportage le concernant. Elle serra la télécommande d'une calme colère. Deux semaines s'était écoulées depuis son arrestation mais les journaux continuaient de parler de lui, rappelant inlassablement son histoire alors que le procès approchait. Son acte de folie avait choqué toute la ville et sa déchéance était au cœur de toutes les discussions. Tout le monde essayait de comprendre comment il avait pu échapper à la police. Après la fusillade, Jaha n'avait rien caché, il avait tout raconté, ainsi ils avaient découvert avec stupeur qu'il était également à la tête d'A.L.I.E. S'il avait prit garde de ne laisser aucune trace de lui dans les affaires de l'organisation, laissant Becca gérer, ils se concertaient pleinement. Il s'avéra que Jaha avait pour objectif de rendre heureux ses citoyens, il voulait littéralement chasser la souffrance. Ainsi, il s'y employait pleinement en tant que Maire de la ville tandis que sa femme distribuait de la drogue aux plus miséreux pour leur faire oublier leurs douleurs. Dans son délire, il avait pour projet de procurer la drogue à tout le monde, parlant de plans horrifiants pour empoissonner l'eau ou d'autre chose de la vie courante. Son esprit fou oubliant les centaines de morts que la drogue avait déjà faite à travers la ville. Lexa était certaine qu'il plaiderait la folie et qu'il échapperait à la prison pure et dure. Une farce où elle devait témoigner. Elle avait bien l'intention de ne pas l'épargner, elle souhaitait qu'il prenne le maximum pour ce qu'il avait fait. Il voulait donner le bonheur à tous mais à elle, il ne lui avait donné que souffrance, il était responsable de sa douleur. C'est alors que des images de la fusillade apparurent, ils ne diffusèrent que quelques secondes mais elle vit parfaitement les balles atteindre Clarke puis leurs photos furent mises à l'écran. Lexa regretta presque l'époque où elles apparaissaient en tant que criminelles, elle préférait presque cela au statut de victime. Son regard s'accrocha douloureusement au visage souriant de Clarke qui était bien différent de celui agonisant qui hantait ses nuits. Elle éteignit brutalement la télé avant de jeter la télécommande sur le canapé tout en se levant. Elle avait besoin de bouger, d'évacuer toute cette colère, tous ces sentiments qui la tiraillaient continuellement. Elle partit dans sa chambre pour en ressortir quelques minutes plus tard vêtue de sa tenue de sport. Elle attrapa son gilet sur le porte-manteau de l'entrée, l'enfila puis fit de même avec ses baskets et quitta l'appartement. Lorsqu'elle sortit de l'immeuble, elle fut accueillie par le froid de la nuit. Elle ignora le frisson qui la parcourut puis elle vissa ses écouteurs à ses oreilles, lançant son mp3 avant de s'élancer au pas de course. Malgré l'heure incongrue et le froid, courir lui ferait le plus grand bien, lui permettant de vider son esprit, ne se focalisant que sur l'effort, la douleur de ses muscles lui faisant oublier celle de son cœur pendant un bref moment salvateur. Et comme toutes les nuits, sa course finit par la mener à l'hôpital. Cependant, elle n'entra pas, se contentant de fixer le bâtiment en songeant à Clarke dormant profondément dans sa chambre. Une chambre dont elle avait été en quelque sorte chassée. Après plus d'une semaine à rester quasiment sans bouger auprès d'elle, ses proches étaient intervenus pour qu'elle reprenne un semblant de vie. Ainsi elle avait entendu raison, rentrant chez elle pour terminer sa convalescence, quittant cette chambre devenue nocive pour elle. Il est vrai que rentrer chez elle avait quelque peu soulagé son esprit mais elle ne se sentait pas mieux pour autant. Elle était toujours autant dévastée, si ce n'est plus alors qu'elle affrontait chaque jour sans elle, son absence se faisant de plus en plus lourde. Ce qui n'allait pas s'améliorer alors que le lendemain, elle reprenait enfin le travail…
Lexa faisait face au commissariat qui ne lui avait jamais paru aussi imposant. Plantée au milieu du trottoir, le monde qui l'entourait n'avait aucune incidence sur elle, elle n'avait conscience de rien à l'exception de la boule d'appréhension logée dans son estomac. Sa convalescence terminée, elle devait reprendre le travail mais elle était terrifiée car comment entrer dans ce lieu sans se rappeler ? Comment faire comme si tout était normal alors que plus rien ne l'était ? Elle n'en avait aucune idée… Pourtant elle était déjà passée par-là, elle avait survécu à la disparition de Costia. Elle devrait avoir les réponses mais au fond, était-ce vraiment la même chose ? Non car elle n'était pas hantée par les mêmes regrets. Avec Costia, elle avait tout vécu alors qu'avec Clarke, elle avait tout raté. Si elles partageaient sa culpabilité de ne pas les avoir sauvé, Clarke était la seule qu'elle avait fait souffrir, la seule que sa stupidité avait empêché d'aimer. De lourds regrets qu'elle devait affronter chaque jour passant. Lexa fut légèrement bousculée par un passant qui la ramena à la réalité. Elle ne prit même pas la peine de l'engueuler pour son manque d'éducation et avança vers les portes du commissariat, marchant presque en pilote automatique. Lorsqu'elle passa les portes, il y eut une bref pause dans l'effervescence du hall alors que ses collègues furent surpris par son entrée. La surprise laissa place à la curiosité puis à la pitié, ce qui titilla sa colère, seule émotion qu'elle semblait s'autoriser ces derniers temps. Ils reprirent rapidement leurs occupations et elle avança en ne leur prêtant aucune attention.
- Bonjour, Inspecteur Woods, s'éleva la voix frêle du jeune officier de l'accueil.
- Salut Jasper, le salua-t-elle en ralentissant son pas.
Son visage n'était plus marqué par le coup que lui avait donné Clarke mais elle ne put s'empêcher d'y penser, son cœur se serrant à ce souvenir. Jasper lui sourit alors qu'elle reprenait son pas rapide. Un sourire qui ne pouvait cacher ce qu'elle prenait pour de la pitié mais si elle ne l'évitait pas, elle y verrait également du respect pour la force dont elle faisait preuve dans cette dure épreuve. Cependant, cela changerait-il quelque chose ? Se sentirait-elle mieux ? Surement pas car la cruelle réalité serait toujours là, ne manquant aucune occasion pour lui rappeler ce qui manquait à sa vie. Comme lorsqu'elle arriva dans les bureaux et qu'elle aperçut celui de Clarke, vide, tout comme son cœur. Dans ces brefs moments, la douleur était vivace, intense et les larmes la menaçaient alors qu'elle se rappelait combien sa vie était vide sans elle. Comment continuer ? Comment ne pas ressasser le passé ? Comment avancer alors que son cœur battait au rythme des regrets, des souvenirs et des « plus jamais » ?
- Lexa, ça va ?
Elle sursauta en se rendant compte qu'elle était restée bien trop longtemps à regarder son bureau. Figée sur place alors que ses collègues continuaient de vaquer à leurs occupations sans savoir comment agir. Fallait-il lui laisser ce moment ? L'ignorer dans sa douleur ? La secouer ? Personne ne savait comment l'approcher.
- Oui… répondit-elle simplement à Bellamy avant de s'enfuir à son propre bureau.
Elle retira sa veste qu'elle déposa sur sa chaise puis elle s'assit avant d'allumer son ordinateur pour se perdre dans sa boite mail. Pendant ce temps, Bellamy resta à son tour figé sur place à la regarder. Il ne l'avait pas suivi, se contentant de l'observer de loin, s'assurant silencieusement qu'elle allait aussi bien que possible. Ils n'étaient toujours pas amis mais ils partageaient la même peine. Clarke était encore récemment son équipière alors il comprenait tout ce que cela impliquait. Elle avait échoué, elle lui faisait confiance et elle n'avait pas assuré ses arrières. Un sens du devoir qui venait s'ajouter à la douleur de l'être cher. Bellamy finit par retourner à son travail, tout comme elle se perdit dans le sien, focalisant son esprit sur tout autre chose que sur elle-même, évitant de penser, de ressentir le moindre sentiment, agissant comme si rien n'avait changé. Pourtant, elle finissait toujours par relever les yeux sur ce bureau vide. Apercevant presque Clarke en train de travailler ou faire semblant de travailler derrière son foutoir de paperasse, sourit-elle vaguement, douloureusement nostalgique de ce détail qui pourtant l'agaçait au plus au point mais pour lequel elle donnerait tout aujourd'hui. Mais elle baissait les yeux et Clarke n'était de nouveau plus là. Cruelle réminiscence, lui rappelant que tout avait changé… Clarke n'était qu'un fantôme qui la suivait dans cette vie qu'elle n'avait pas l'impression de vivre, se sentant déconnectée du reste du monde, vide. Un monde inchangé mais pourtant si différent sans elle. Avant même qu'elles ne deviennent équipière, Clarke avait toujours fait partie de son monde. Combien de fois s'étaient-elles disputées au détour d'un couloir ? Combien de fois s'était-elle exaspérée de son comportement au quotidien ? Elles ne se parlaient pas, ne s'aimaient pas mais elles s'apercevaient tous les jours, Clarke, même de loin avait toujours fait partie de son quotidien. Encore à cet instant, elle s'attendait à l'entendre arriver en n'ayant aucune considération pour ceux travaillant, parlant fort sans se soucier de les déranger mais en tournant son regard sur l'entrée, elle était obligée de constater qu'elle n'était pas là.
- Woods ?
Lexa tourna son attention vers le bureau de son supérieur qui l'appelait depuis l'entrée afin qu'ils commencent son entretien de retour. Elle se leva et le rejoignit sans attendre. Elle referma la porte derrière elle tandis que Marcus Kane, nouveau Capitaine d'Arkadia, s'installait derrière son bureau.
- Asseyez-vous, lui autorisa-t-il en lui désignant la chaise lui faisant face.
Elle obtempéra puis un léger silence passa avant qu'il ne reprenne la parole.
- Comment vous sentez-vous ? lui demanda-t-il sans détour.
-Prête à reprendre le boulot, répondit-elle sans hésitation.
- Ce que vous traversez est difficile…
- et j'y fais face, le coupa-t-elle.
- Ecoutez Woods, reprit-il avec plus d'autorité, vous êtes un excellent élément et je ne doute pas de vos capacités mais personne ne sort indemne de tels traumatismes…
- Je…
- On vous a tiré dessus, ainsi que sur votre équipière qui est toujours dans le coma, la coupa-t-il brutalement, et je ne parle même pas de cette histoire de complot… alors je répète ma question, comment vous sentez-vous ?
- D'après vous ? Retourna-t-elle en serrant les dents, refusant de répondre à cette question que tout le monde lui posait.
Elle vit alors le même éclat de pitié que les autres dans son regard. Pour tous, elle n'était plus que le flic incapable de protéger ses équipières, une perte terrible pour tout flic qu'elle rendait encore plus atroce en tombant amoureuse.
- Je pense que vous surmonterez ça, Woods, répondit-il d'un sourire presque paternel, mais en attendant vous ne retournerez pas sur le terrain.
- Quoi ?! S'insurgea-t-elle. Vous ne pouvez pas me cantonner à mon bureau !
- Je peux et je le fais.
- J'ai besoin d'être sur le terrain ! Je veux me rendre utile en aidant à l'arrestation des derniers membres d'A.L.I.E !
- Vos collègues s'en occupent, rétorqua-t-il calmement.
- Vous ne comprenez pas !
- Je comprends parfaitement, la détrompa-t-il. Maintenant obéissez et disposez, claqua-t-il ensuite.
Lexa se leva avec colère et ouvrit la porte en manquant de la fracasser contre le mur.
- C'est pour votre bien, Woods ! Appuya Kane alors qu'elle sortait d'un pas furieux.
Elle rejoignit son bureau, si asseyant violemment. Elle resta quelques secondes silencieuse à fixer son écran puis brusquement, elle envoya tout valser à terre dans un geste plein de rage. Elle déchargea sa colère pendant déterminable seconde puis elle s'arrêta soudainement. Le souffle court, le sang tapant à ses tempes, elle prit lentement conscience des regards de ses collègues sur elle. Elle ne croisa pourtant que celui de son Capitaine qui avait quitté son bureau. Marcus la regardait soucieux mais avec également une étincelle de « j'avais raison » dans le regard. Toujours en colère et incapable de faire face, elle attrapa sa veste et quitta les lieux…
- Il m'a assigné à mon bureau ! lança-t-elle furieusement alors qu'elle faisait les cent pas dans la chambre de Clarke. Il croit franchement que je vais rester sans rien faire ?!
Aucune réponse ne vint de la part de la blonde, pourtant c'est comme si elle pouvait l'entendre lui dire : « Evidemment que tu vas obéir, Miss coincée du protocole ».
Lexa soupira, se calmant presque immédiatement en se passant les mains sur le visage dans un geste las. Elle alla se laisser tomber sur la chaise la plus proche du lit et comme chaque jour, elle se mit à observer Clarke, espérant qu'elle se réveille. Et aussi étrange soit-il alors qu'elle faisait face à l'origine de ses tourments, ses visites étaient le seul moment où elle trouvait un peu d'apaisement. La colère et tant d'autres émotions négatives étaient toujours là mais pendant un bref moment la tempête se calmait. C'est dans cet apaisement qu'elle se fit surprendre par la personne entrant, sursautant légèrement.
- Désolée, je ne pensais pas que tu serais déjà là, s'excusa une petite brune.
- C'est rien…
La nouvelle arrivante qui n'était autre qu'Octavia la meilleure amie de Clarke, fit le tour du lit pour s'installer dans l'autre chaise de la pièce. Aucune conversation ne fut engagée alors qu'elles apportaient un soutien sans faille à la blonde endormie. Lexa avait fait sa connaissance le lendemain de sa première visite à Clarke, tombant nez-à-nez avec elle alors qu'elle avait encore quitté sa chambre sans autorisation. Elles n'avaient échangés que peu de parole mais Octavia avait très vite compris qu'un lien plus fort que celui de simple équipière les unissait. Toute fois, Lexa ne doutait pas une seconde que Lincoln lui en ait parlée. Quoi qu'il en soit, Clarke était entourée d'amis qui l'aimaient profondément, chacun se relayant à son chevet mais bien qu'elle ne manque pas de soutien, elle persistait à dormir.
- Abby est repartie à New-York, lança sans prévenir Octavia.
- Quoi ? Comment ça ? S'étonna-t-elle du départ de la mère de Clarke.
Une autre surprise à laquelle elle avait eu droit après avoir rencontré sa meilleure amie. Clarke n'avait jamais parlé de sa mère et qu'elle fut sa surprise de découvrir non seulement qu'elle en avait encore une mais qu'elle était également un grand chirurgien officiant à New-York. Elle apprit également qu'elles étaient en froid depuis la mort de son père, ne se parlant presque jamais, à tel point qu'Abby ne restait même pas au chevet de sa fille.
- Des complications avec l'un de ses patients… répondit Octavia.
- Et personne ne pouvait la remplacer ? demanda-t-elle outrée.
- Sa relation avec Clarke est compliquée…
- et elle ne la reverra peut-être jamais, la coupa-t-elle avec colère.
- Hey ! Protesta Octavia qui se faisait injustement attaquer.
- Désolée… se renfrogna-t-elle dans sa chaise, la colère tambourinant dans sa poitrine.
Lexa se concentra à nouveau sur Clarke. Elle se rendait compte un peu plus chaque jour de tout ce qu'elle ignorait sur elle, tout ce qu'elle ne saurait jamais sur elle et sa douleur ne faisait que grandir, la dévorant lentement tandis qu'elle ne se réveillait toujours pas…
Après ce premier jour, Lexa était entrée dans une routine quotidienne parfaitement huilée. Elle se levait, courait, allait travailler, rendait visite à Clarke puis rentrait. Une routine presque mécanique qui l'aidait à passer les jours sans se noyer dans le tourment de ses émotions. Ainsi, elle retrouva un semblant de vie, une vie sans saveur mais une vie qui satisfaisait ses amis, ces derniers cessant rapidement de la harceler pour qu'elle se confie. Une routine sur laquelle elle se concentrait et où elle excellait dans son travail, retrouvant rapidement la confiance de son Capitaine et donc le terrain. De retour sur le terrain, Lexa retrouvait enfin un but à cette vie morne en pourchassant les derniers membres d'A.L.I.E qui couraient les rues. Aux yeux de tous, Lexa semblait reprendre le dessus mais ce n'était qu'un masque car elle souffrait chaque seconde passant. Cette routine, ce quotidien débordant de normalité, était tout sauf normal et tout le lui rappelait. Comme par exemple ce simple gobelet de café qu'elle venait d'acheter et qui lui rappelait leurs chamailleries, entendant presque la voix de Clarke se moquer d'elle et de ses stupides règles. Règles dont elle se fichait complètement maintenant, montant dans sa voiture avec sa boisson et la buvant en attendant que sa proie ne sorte. Un café salvateur alors que les cauchemars tourmentaient encore ses nuits. Elle se frotta les yeux, tentant de chasser la fatigue. Une fatigue qu'elle n'arrivait plus à cacher et tôt ou tard, cela éveillerait les soupçons sur son véritable état. En attendant, la nuit elle se battait avec ses démons, pendant que le jour elle ressentait l'absence de Clarke à ses côtés. Une absence se faisant cruellement sentir lors de ses longues planques. Lexa pouvait jurer qu'elle la verrait si elle tournait la tête sur le siège passager, une illusion de plus provoquer par son cœur. Elle ferma brièvement les yeux, cherchant une échappatoire à son esprit tourmenté puis soudainement elle apparut en la personne qu'elle pourchassait depuis des jours. De l'autre côté de la rue, Quint sortait d'un bar miteux. Cela faisait des jours qu'elle tentait de localiser cette ordure qui les avait trahis et qui essayait maintenant de rassembler les dealers d'A.L.I.E sous sa coupe. Sortant de sa voiture, elle le prit en chasse, le suivant discrètement de trottoir en trottoir en attendant le moment propice pour l'arrêter. Ce qui finit par arriver sur un parking à l'arrière d'une vielle bâtisse. Quint avait fini par la repérer et il l'avait conduit à l'écart des regards, ce qu'elle avait bien évidemment compris.
- Lexa ! S'enjoua-t-il en se retournant et ouvrant les bras dans sa direction.
- Tu es en état d'arrestation, annonça-t-elle platement.
- Tu espères vraiment que je vais gentiment me laisser faire ? lança-t-il d'un dangereux regard.
- J'espère bien que non, le défia-t-elle froidement tout en sortant son arme et la jetant sur le sol.
- Toujours aussi arrogante, lança-t-il d'un sourire carnassier avant de se jeter sur elle.
Il lança poing après poing dans sa direction mais elle esquivait toutes ses attaques avec aisance, jouant avec lui, tel le chat avec sa souris. Il se fatiguait mais elle aussi et il finit par avoir un coup de chance, l'atteignant en plein visage. L'impact lui éclata la lèvre et elle perdit l'équilibre. Il en profita pour violemment la pousser. Lexa vola et s'écrasa sur le dos, le souffle coupé. Quint marcha sur elle mais loin de baisser sa garde sous la douleur, elle lui balaya les jambes dans une technique parfaite. Il tomba à ses côtés puis elle roula pour se retrouver sur lui. Elle l'attrapa par le col, le redressant puis elle lui décocha une belle droite.
- Ca c'est pour nous avoir trahis… et ça, c'est pour Niylah, ajouta-t-elle après un autre coup qui lui éclata l'arcade puis le suivant fut purement gratuit, ainsi que le suivant…
Cependant, elle se stoppa lorsqu'il se mit à rire à travers ses coups, ignorant sa douleur visible.
- Tu parles comme si tu étais une Trikru, cracha-t-il du sang sur le béton, mais tu n'es qu'une pourriture de flic. Indra refuse de le voir mais c'est toi la traitresse.
- Je vais te…
- Tu vas quoi ? Me tuer ? Tu veux venger Niylah ? Rit-il de plus belle. Mais c'est pour toi qu'elle est morte ! Elle est morte parce qu'Indra était trop faible pour te laisser mourir. Tu es la seule responsable alors vas-y bute moi, tu retourneras en taule et elle sera morte pour rien ! La provoqua-t-il tout sourire.
Lexa eut réellement envie de le fracasser sur le bitume, une part d'elle en mourait d'envie, elle avait l'envie viscéral de libérer sa rage sur lui et elle l'aurait fait si une petite voix, écho lointain, ne lui intimait pas de se contrôler, de ne pas le laisser gagner. Lexa ferma les yeux et le visage de Clarke s'imposa à elle, l'aidant à retrouver la raison. Elle repoussa violemment Quint avant de le retourner sur le ventre afin de lui menotter les mains dans le dos. Elle serra plus que de raison les menottes, lui arrachant un cri de douleur satisfaisant puis elle l'embarqua au poste, satisfaite du devoir accomplie… et en partie soulagée de sa colère. Chaque membre d'A.L.I.E qu'elle coffrait lui conférait une courte satisfaction de vengeance. Pendant le temps de la traque, elle pouvait concentrer sa colère, oubliant tout, oubliant un moment le vide en son cœur, ne pensant qu'à sa proie. Cependant, ce n'était toujours que de courte durée car le vide reprenait sa place et il semblait toujours plus grand…
Kane l'avait convoqué à son retour au commissariat. A peine débarrassée de Quint, qu'elle s'était retrouvée assise devant lui, la lèvre encore saignante. Lexa avait l'impression d'être une enfant sur le point de se faire gronder par son père alors que Marcus la fixait d'un regard sévère mais concerné.
- Ca ne peut plus durer, asséna-t-il fatidique. C'est le quatrième membre d'A.L.I.E que vous violentez…
- Je les arrête, contra-t-elle.
- Vous êtes à la limite des les tabasser, maintint-il.
- Je fais mon boulot, ce n'est pas ma faute s'ils ne coopèrent pas, s'agaça-t-elle.
- Non. Vous passez votre colère sur eux et à votre tête on pourrait croire que vous sortez d'un ring, haussa-t-il le ton.
- C'est…
- Ce qui est arrivée à votre équipière vous affecte plus que ce que vous voulez l'admettre, la coupa-t-il.
Elle se renfrogna sur sa chaise, comme si ce bref signe de vulnérabilité allait le dissuader de se lancer sur ce terrain.
- Vous faite un excellent travail, Woods… mais vous ne pouvez pas continuer seule, dit-il en poussant plusieurs dossiers devant elle. Je vous laisse le choix.
Lexa regarda les dossiers et son regard s'assombrit dangereusement.
- Hors de question, claqua-t-elle en colère, je ne veux pas d'un autre équipier.
- C'est ça ou le psy, Woods ! Asséna-t-il avec autorité.
Elle se leva brusquement hors d'elle, repoussant la chaise qui se renversa sur le sol.
- Je n'ai pas besoin d'un baby-sitter ! Je n'ai pas besoin de parler ou qu'on m'écoute ! Ce dont j'ai besoin c'est de Cl…
Elle s'arrêta subitement, sa voix s'éteignant, incapable de prononcer son nom, restant coincée au fond de son être avec toute sa douleur.
- Prenez le reste de votre journée et celle de demain, Woods, ordonna gentiment Marcus qui sourit doucement, à la fois victorieux et compatissant.
Trop choquée, au bord des larmes, une boule de souffrance dans la gorge, Lexa ne demanda pas son reste et se détourna d'un pas rapide, quittant presque en courant le commissariat…
Lexa se sentait épuisée. Pour la première fois depuis le début de ce cauchemar, elle se sentait réellement abattue. Les couloirs qu'elle traversait d'un pas familier, les connaissant maintenant par cœur pour les parcourir depuis des jours, oppressaient son cœur avec crainte. Epuisée, elle faillit ne pas s'arrêter à temps pour laisser passer un groupe du personnel hospitalier courant vers une urgence. Elle reprit pourtant sa route comme si de rien était dans les couloirs de l'hôpital car ce n'était qu'une autre scène auquel elle s'était habituée lors de ses visites. Après quelques étages et couloirs de plus, elle approcha de sa destination, ses yeux n'ayant plus besoin de chercher les numéros sur les portes de chambre. Lexa s'arrêta lorsque l'une d'elle s'ouvrit et qu'une personne en sortit lui coupant inconsciemment la route.
- Hey… salua doucement Lexa en reconnaissant Anya.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivée ? S'inquiéta son amie à la vue de sa lèvre méchamment fendue.
- C'est rien, une arrestation musclée, minimisa-t-elle sa réponse.
- Ca arrive un peu trop souvent ces derniers temps non ? Accusa-t-elle.
Lexa soupira en détournant un regard coupable.
- Comment va Raven ? demanda-t-elle en refusant une conversation sur son comportement et tournant un regard concernée sur la porte de la chambre qu'Anya venait de quitter.
- Toujours pareil, répondit-elle tristement.
Chirurgie et rééducation ne sauveraient pas sa jambe qui garderait un boitillement à vie. Raven avait mal pris la nouvelle, refusant de l'accepter et avait envoyé balader tout le monde, se muant dans une dépression. Seule, Anya avait résisté et avait réussi à s'imposer, veillant sur elle, encaissant sa colère et sa mauvaise humeur pour la soutenir.
- Ca va s'arranger, il lui faut juste un peu de temps, la rassura-t-elle mais cette phrase sonna étrangement entre elles alors que Lexa l'avait souvent entendu sans jamais complètement y croire.
Anya sourit à cet étrange inversement des rôles mais elle ne fit aucune remarque, une simple lueur d'espoir pour son amie dans le regard.
- Tu tiens le coup ? lui demanda-t-elle prudemment.
- Il le faut… répondit-elle d'une triste résignation.
Anya l'attira alors contre elle et la serra de tout son soutien, murmurant silencieusement que tout allait s'arranger, qu'il fallait qu'elle s'accroche.
- Je dois y aller, s'écarta Lexa en lui lançant un mince sourire en remerciement.
Anya acquiesça et la regarda s'éloigner avec une légère inquiétude avant de se recomposer pour retourner auprès de Raven. Lexa parcourut quelques mètres supplémentaires puis elle s'arrêta devant la chambre. Elle frappa, bien que cela soit inutile puisque personne ne répondrait, puis elle entra. Son regard fit le tour de cette chambre impersonnelle qu'elle connaissait maintenant par cœur puis elle traversa la pénombre, avançant vers la fenêtre pour en ouvrir les rideaux. Le soleil qui avait finalement percé les nuages, la frappa de sa chaleur en même temps qu'une vue sur la ville se révélait à elle. Elle s'en détourna et avança dans la chambre maintenant baignée de lumière. Elle s'approcha du lit et son cœur se serra à la vue de l'ange y dormant paisiblement.
- Salut… souffla-t-elle doucement en venant délicatement dégager une mèche blonde de son visage.
Elle n'attendit aucune réponse, aucune réaction, mais c'est le cœur serré qu'elle s'assit sur la chaise près du lit, avant de prendre doucement sa main dans la sienne, la couvant d'un regard triste et continuant une routine de plusieurs semaines. Clarke dormait mais ne se réveillait toujours pas. Le temps ne jouait pas en sa faveur mais elle n'abandonnait pas tout espoir. Clarke était une battante et tant que son cœur battait, il restait une chance. En attendant, Lexa lui rendait visite aussi souvent que possible, espérant qu'elle sentait sa présence, qu'elle l'entendait lui parler, même si la plupart du temps elle restait silencieuse à ressasser ses peurs et ses regrets. Elle avait largement fait le tour de tout ce qu'elle avait raté avec Clarke, de tout ce qu'elle s'était cachée à elle-même.
- Tu me manques… commença-t-elle sur le ton de la confession… je ne sais pas si je vais pouvoir continuer longtemps comme ça, confia-t-elle dans un soupire peiné… plus rien n'a de sens… je ne suis plus sûre de rien… si ce n'est que je… enfin tu vois, n'avoua-t-elle toujours pas.
Elle rit d'elle-même, un rire nerveux, en réalisant qu'elle n'arrivait toujours pas à le lui dire. En réalité, elle le voulait mais il restait un problème. Malgré tout ses regrets, elle ne pouvait se voiler la face car elles étaient toujours équipières, leur situation était toujours problématique à ses yeux. Rien n'avait changé depuis ce moment, où juste avant d'entrer dans l'entrepôt pour affronter Becca, elle avait eu l'envie de tout lui avouer mais n'en avait rien fait. Elle serra le poing en songeant à cette occasion manqué alors que maintenant Clarke gisait dans ce lit, profondément endormie, surement inconsciente de sa présence et incapable de l'entendre. Alors justement, que risquait-elle à le lui dire maintenant ? Si elle ne se réveillait pas, cela était peut-être sa seule chance… Lexa la caressa de ses yeux, sa gorge se serrant tout comme elle resserra sa main sur la sienne.
- Je t'aime, Clarke… lâcha-t-elle brutalement dans un souffle libérateur qui libéra ses larmes.
Craquant, laissant sa douleur se déverser, elle s'approcha du lit, puis prit la main de Clarke entre les siennes.
- Je t'en pris, reviens-moi… je te promets de faire mieux… la supplia-t-elle entre deux sanglots et apposant son front contre leurs mains, priant pour son retour… Je te le promets, Clarke… je ferais ce qu'il faut mais reviens… j'ai besoin de toi…
Les secondes s'étendirent, le silence et les sanglots régnant en maitre sur la pièce jusqu'à ce que :
- Je… t'aime… entendit-elle murmurer une voix pâteuse et rugueuse.
Lexa se redressa dans un sursaut, son cœur manquant un battement lorsqu'elle rencontra deux saphirs papillonnant difficilement pour se réveiller.
- Clarke ?! Expulsa-t-elle de soulagement et de joie incontrôlés. T'es… t'es réveillée, avait-elle du mal à y croire mais appuyant pourtant sur le bouton d'appel des médecins.
- L… Lexa ? demanda la blonde qui naviguait entre conscience et inconscience.
- C'est moi, je suis là, la rassura-t-elle en tenant toujours sa main mais venant caresser son visage de l'autre.
Clarke acquiesça presque imperceptiblement puis un médecin arriva, constatant immédiatement le réveil de sa patiente. Lexa fut gentiment écartée par une infirmière lui demandant de quitter la chambre pour les laisser faire leur travail. Quelque peu sous le choc, elle obéit, puis une fois dans le couloir la réalité la frappa de plein fouet. Les premiers mots de Clarke résonnèrent dans sa tête et son cœur, l'avait-elle entendu ? Quoi qu'il en soit, elle avait maintenant une nouvelle promesse à tenir. Elle ne referait pas les mêmes erreurs. Elle regarda une dernière fois la chambre de Clarke puis elle quitta l'hôpital…
A suivre…
Et oui, ce n'est pas le dernier chapitre :p Vous en avez gagné un de plus en compensation de l'attente ;)
En tout cas, j'espère que ce chapitre a été à la hauteur de vos attentes et qu'il était suffisamment clair sur le cheminement de Lexa et ses sentiments car j'avoue avoir eu du mal à m'y retrouver dans ce que je voulais raconter. XD
Et je n'ai tué personne, bien que la tentation fut grande, la vie de Clarke n'est vraiment pas passé loin. :p
On notera l'apparition furtive d'Octavia qui n'avait été que mentionnée dans le premier chapitre et le passage fantôme d'Abby que je n'avais pas vraiment envie de faire venir dans cette fic mais c'était quand même bizarre de ne pas la mentionner donc voilà, c'est fait XD
Bon et bien cette fois, le prochain chapitre sera véritablement l'épilogue. Encore merci pour tout vos retours et encore désolée pour le retard ! :)
Prochain chapitre : Des adieux et des retrouvailles...
