Salut chers lecteurs!
Comment ça va depuis dimanche dernier? Pas trop peur du retour des jours de pluie? De l'automne?
Bon, je dois simplement vous prévenir que la publication rattrape lentement l'écriture… Je suis rendue à écrire le chapitre 14, donc autant vous dire que je stresse un peu… Mais bon, je vais tout faire pour me booster :)
Sur ce, bonne lecture, pour ce chapitre un peu de transition lui aussi, puisqu'avoir quelqu'un dans sa tête, on en guéri pas du jour au lendemain :)
Disclamer : Sander m'appartient entièrement et totalement alors que les vengeurs sont les propriétés un peu trop bien gardées de MARVEL( dommages, j'aurai bien voulu leurs piquer un petit Bucky ;p)
-Sander!
Bruce, assis sur les marches du perron. Il se lève. Un peu trop précipitamment à mon goût. Je ferme les poings. Grimace légèrement quand mes phalanges se mettent à picoter. Trop mises à contribution. Je sens son regard me scanner. Il fronce les sourcils. Soupire. Sort de table. Va chercher une trousse de premiers secours. Je roule des yeux.
-Assise.
Sa voix est dure. Froide. Trop brutale pour que je dise quoi que ce soit. Je crois qu'il est en colère. Je m'assois, comme ordonné. Je ne comprends pas. Je suis simplement partie courir. Et frapper un arbre. Pas de quoi en faire un drame. Il ôte les morceaux de tissus que j'avais mis pour couvrir les plaies. Enduit d'alcool pure, sans même me prévenir. Je sursaute. Ca pique. Ses doigts calleux s'activent, sans aucune tendresse. Sa peau devient verdâtre. Merde.
-Bruce.
Il n'écoute pas. Appuie comme un malade avec ses compresses.
-Bruce!
Il lève ses yeux sur moi. Ses yeux herbeux. Loin du chocolat habituel. Je prends ses mains dans les miennes.
-Hulk mon chou, On va aller dehors ok? Je suis sûre que Clint n'aimerai pas qu'on détruise sa maison.
-HULK?
Merde. Pas le bon.
-Désolé Bruce mais vous êtes en train de permuter, comme tu veux que je sache qui c'est?
Il grogne un peu trop fort. Prend ce qu'il lui faut pour me maltraiter. Il est donc encore conscient d'être lui. Derrière, les autres sont tendus au max. Clint a les yeux figés sur ses enfants, les muscles bandés, prêt à intervenir. Il faut que je les éloigne d'ici, sinon on aura le droit à un autre massacre. Et franchement, j'ai vraiment pas envie de déclencher une guerre civile dans nos rangs juste parce que Monsieur le docteur ne veut pas calmer ses nerfs.
-Les gars, je m'occupe de tout.
Je me pose un peu plus loin, en plein milieu d'un champ. Il m'emboîte le pas. S'écroule sur l'herbe fraîche. Il commence à respirer un peu trop fort. Son corps se tord sur le sol en soubresaut douloureux. Je grimace. Désagréable impression. Je revois leurs corps se contorsionnant sur du béton trop humide. Presque identique. Rugissement qui me sort de ma transe. Hulk me fait face, tremblant de colère. Je m'avance près du géant. Pose une main sur son biceps. Il se retourne. Et je peux voir une vague de soulagement dans ses yeux. Il me prends dans ses trop grands bras. Force presque jusqu'à m'en péter les côtes. Mais je sens qu'il en a besoin. Alors je ne dis rien. Souffre en silence. Je préfère qu'il me fasse du mal plutôt que se soit moi qui lui en fasse. Flash de son corps agonisant. Je me concentre sur les battements effrénés de son coeur. Sur les grognements de sa respiration. Une larme coule. Toute petite. Solitaire. Sur mon front. Je fronce les sourcils. Lève les yeux sur mon géant vert. Je ne l'ai jamais vu pleurer. Je ne l'ai jamais vu avoir mal. Et pourtant, il pleure. Maintenant. Tout de suite. A cause d'une gamine toujours trop en colère. Je me mords la lèvre. Dessine délicatement sur sa peau un petit éclair pour le réconforter.
-Je suis là. Je vais bien. Tout va bien. Je suis vivante.
Il me repose lentement sur la terre ferme. Et s'écroule sur le sol. Je m'installe sur ses genoux. Me colle contre son torse noueux. Je ferme les yeux. Arrive à ne penser à rien. Puisqu'il est là. Qu'il peut me protéger de tout. Je me sens en relative sécurité. Pour la première fois depuis que je suis sortie de ce fichu rafiot. Ca fait du bien. Ca soulage un peu mon corps et mon esprit.
-Hulk content de voir Sander.
Je souris légèrement.
-Moi aussi mon grand. Moi aussi je suis contente de te voir.
Il grogne son approbation. Se distrait avec mes cheveux. Je prends enfin le temps de fermer les yeux. Ca fait plus de vingt quatre heures que je suis debout. A tenir. Plus ou moins bien. Je suis épuisée. Physiquement. Mentalement.
-Hulk veut jouer.
Je soupire. Finit le bref moment de tranquillité. Parce que Hulk est encore un enfant. Et que les enfants ont besoin de jouer. On fait la chanson "Trois petits chats", l'éléphant qui se balançait aussi. Quand je n'arrive plus à suivre, il change d'activité. Se met à la recherche de marguerites pour me faire une couronne de fleur. Se rassoit quand il trouvé ce qu'il lui faut. Je me réinstalle sur lui. Ferme les yeux pour de bon. De quoi dormir un peu. Un tout petit peu…
-Sandy.
Du rouge tout autour. Beaucoup trop de rouge…
Je me réveille en sursaut. Agrippe les immenses poignets au dessus de ma tête. Trop grands pour être ceux d'un être humain. Et puis je me souviens de ce que j'étais en train de faire. Je laisse mon géant de meilleur ami poser sur mon crâne sa corolle de fleurs. Il sourit. Je lui souris en retour. Mais son expression se métamorphose un peu trop vite en une grimace de douleur.
-Banner…
Je soupire. Pourquoi continu-t-il de l'appeler Banner? Il est son alter ego. La personne avec laquelle il vit le plus. Pourtant il continu de l'appeler Banner… J'ai encore du boulot à faire avec lui aussi, niveau acceptation de soi et de l'autre.
-C'est pas grave Big guy. Je ferais en sorte qu'on se voit bientôt, d'accord?
Il hoche la tête. Rétrécit rapidement. Je me lève. Pars vers la maison pour récupérer un jean à la va vite dans mon sac, déposé à la rache dans l'entrée à notre arrivée. Je fais demi tour. Tends le morceau de tissu à un Bruce tremblant encore. Je le laisse reprendre ses esprits en pansant mes plaies. Parce qu'avec tout ça, je ne l'ai toujours pas fait. Je sens rapidement des lèvres se poser sur mon front. Deux grands bras m'entourer.
-Ne disparais plus jamais sans prévenir.
Sans savoir vraiment pourquoi, je me mets à pleurer. Si fort. De tout mon coeur. De tout mon corps. Je crois que les nerfs lâchent. Cela faisait longtemps… Si longtemps… Je ne m'étais plus autorisée à fondre en larme depuis Alec. Depuis sept ans… Et ici, maintenant, je me sens comme une petite fille dans les bras trop grand de Bruce, qui m'entoure toute entière de chaleur.
-Parle moi.
Alors je me mets à raconter. Tout. Peu importe ce jardin secret, qui nous maintient comme deux et pas comme un. J'ai besoin de tout lui balancer. De lui dire que je ne vais pas bien. Parce que je suis quasiment sûre que je ne vais pas pouvoir traverser ça toute seule. C'est trop dur. Après, il me raconte sa vision à lui. Il me raconte une vie qu'il aurait pu avoir, sans Hulk dans les pattes. Comment elle était belle. Il m'aurait accompagnée au lycée, comme tous ces parents un peu trop protecteurs. Que je l'ai engueulé tellement fort à cause de ça, comme l'ado que je suis censée être. Il me raconte qu'on vivait dans une petite maison de banlieu, avec Natasha et deux chats. Et Hulk et sa rage sont arrivés. Ont tout massacré sur leurs passage pour me retrouver. Il me dit que Hulk m'a écrasé entre ses bras, prétextant que Bruce voulait me garder pour lui. Pour lui seul. Il me décrit le craquement de mes os. Le filet de sang qui coule de ma bouche. Mes yeux révulsés, sans vie. Je me blottis un peu plus contre son torse. Il dit m'avoir pleuré, à genoux, priant Dieu pour la première fois de sa vie. Quel Dieu, ça il ne me le dit pas. Il me dit aussi que Hulk était là. Conscient de la souffrance qu'il venait de s'infliger et de lui infliger. Hurlant. Massacrant tout autour de lui, parce que la douleur était trop grande. Je pense à leurs corps agonisants. Me rends compte que nous sommes les mêmes. Deux faces d'une même pièce rouillé à l'acide. Que notre force est aussi notre faiblesse. Qu'à force d'être un monstre à trois têtes, nous nous pouvons plus vivre sans les autres. Indissociables. Des lèvres se posent sur mon front. Je lève les yeux.
-Je crois qu'il serait temps que tu dorme un peu.
Je grogne. Je ne veux pas dormir. Je ne peux pas dormir.
-Je suis pas fatiguée.
Mais mon corps me dit le contraire en me faisant bailler. Il sourit. Commence à bouger pour rejoindre la maison. On ne croise personne. Pour se rendre compte qu'ils sont tous devant un film. Un dessin animé plutôt. Je prends mon sac de couchage. Me recroqueville sur le sol, entre le canapé où tout le monde est assis, et la table basse. Bruce s'installe sur le sol. Je pose ma tête sur ses genoux. Ferme les yeux. Ecoute distraitement le long métrage, alors que je m'endors doucement, pétrie de fatigue. Je me réveille une petite heure plus tard, à cause d'une bataille dantesque éclatant entre un géant de fer et les forces armées des Etats-Unis. J'ai un peu mal partout. Mais me surprends à me dire que ce n'est pas grave, puisque j'ai réussi à fermer les yeux sans qu'aucun cauchemar ne m'empêche de me reposer un minimum. J'écoute la fin du film. Me rendors certainement, puisque quand j'ouvre de nouveau les yeux, je n'entends plus rien. Juste la respiration profonde d'un Bruce qui dort. Je lève mon regard vers lui. Il a sa tête encastrée au creux de sa main gauche, un filet de bave aux lèvres. Marrant. Il dort comme un bébé. Je souris un peu. Sors mon téléphone pour le prendre en photo. Mais il bouge et l'instant magique est fini. Il se réveille en s'étirant et en baillant comme un ours. Je repose ma tête sur ses genoux.
-Bien dormi ?
Je n'ose pas lui dire que oui. De peur de refaire d'autres cauchemars abominables, quand je me retrouverai seule dans mon lit ce soir. Alors je ne dis rien. Me contente de me lever, les membres encore un peu engourdis, prête à faire une tisane. Il me suit du regard, je le sais. Je le sens dans mon dos. Dans la cuisine, je retrouve Natasha, qui se prépare un café, avec un Steve encore un peu groguis croulant sur la table à manger. Je crois que lui aussi a été amoché. Et pas qu'un peu à en juger les cernes sous ses yeux. Nous avons tous été touché par cette connasse. Assez fort pour être immobilisés pendant un bon bout de temps je crois. Mon ventre grogne un peu. Je prends un peu des restes du déjeuner pour me faire un sandwich. Mâchonne ma nourriture en attendant que l'eau boue.
-Un peu de café ?
Je lève la tête. Acquiesce. Natasha me tend une tasse rempli de ce liquide trop âcre. Mais parfait pour rester éveillée encore un peu.
-Merci.
Elle hausse un sourcil. Steve semble se réveiller de sa transe. Pour me fixer du regard, paupières plissées, accusateur.
-Quoi, j'ai pas le droit de dire merci maintenant ?
Les épaules du Captain se mettent à tressauter. Bien vite, un rire éclos dans sa gorge. Je grogne. Prends une tasse vide et verse de l'eau bouillante sur quelques feuilles de menthe. Me rapatrie dans le salon, suivit par le fou rire du soldat. Je le déteste. Bruce est assis sur un canapé, mon sac de couchage replié à côté de lui. Un sourire aux lèvres. Il prend la tasse que je lui tends. Hoche la tête pour simple remerciement. Je m'effondre à côté de lui, mon crâne posé sur son épaule. Je reprends mon repas tranquillement. Mais j'entends toujours Steve… Et je crois même que Natasha l'accompagne maintenant.
-Qu'est ce que tu leurs as dit pour les faire rire comme ça ?
Question de Bruce. J'avale rapidement le dernier bout de sandwich que j'ai encore dans la bouche. Et puis lui raconte.
-Je lui ai simplement dit merci.
Il crache tout le contenu de sa bouche. C'est à dire sa tisane si gentiment préparée. Expulsée en un petit nuage de particule. J'ai presque renversé mon café de sa faute.
-Tu lui as dit merci ? Tu lui parle à peine d'habitude !
Je grogne. Plonge mes lèvres dans mon breuvage pour ne pas avoir à parler. Mon inconscient la prend pour quelqu'un d'important. Elle était en haut de la pile. J'ai pensé à elle. Une vraie maman. J'avale ma gorgée un peu trop rapidement. Me remets à mordre ma lèvre. Je me penche en avant. Récupère mes écouteurs, mon téléphone et un gros livre. Légendes amérindiennes. Je me mets à lire. Bruce sort son portable. Se met à consulter les actualités scientifiques. On se plonge dans le silence jusqu'au dîner. Je ne vois pas le temps passer. Fait en sorte de rester focalisée sur ma lecture plutôt que sur moi. En espérant que cela suffise pour que je compartimente. Mme Barton – Laura – se met à préparer à manger. Ca sent bon. Je me dis qu'il est temps que je lâche mon livre. Bruce pense de même. Il se lève, je le suis et nous aidons à mettre la table. Il discute, un peu trop curieux. Je ne parle pas. Me contente de sortir les couverts, les assiettes, les verres, les posant sur la table pour tout ce petit monde. Il faut dire qu'à sept, nous sommes déjà beaucoup. Mais il faut maintenant rajouter trois personnes. Dix, c'est un nombre considérable.
-Sander ?
Je sursaute. Me retourne un peu trop vite. Les poings fermés. Pour rapidement me mordre la lèvre. Je suis en sécurité. Je ne peux pas être plus en sécurité qu'ici.
-Est-ce que tu veux bien appeler les autres ?
Je hoche la tête. Pars en quête de tout le monde. Les convoquent un par un. Ils s'attablent. Nous commençons le repas. C'est étrange de voir Clint au bras d'une femme. Je suppose que c'est étrange aussi que je laisse Natasha s'installer à côté de Bruce.
-On va avoir un problème pour cette nuit.
Je lève les yeux de mon assiette de frites. Enfin quelque chose de familier et de réconfortant au milieu de tout ce chaos.
-On a pas assez de chambres pour tous vous loger…
Clint qui le dit, apparemment embarrassé.
-On avait pensé mettre Natasha et Bruce ensemble et le Captain avec Sander…
Laura, plus ferme sur ses positions. Tous les regards se tournent vers moi. Je sais qu'ils s'attendent à ce que je fasse un scandale.
-Moi ça me va si ça va aux autres.
J'avale une frite. Replonge dans ma contemplation de mon repas. Je déteste qu'ils me fixent tous comme ça. Steve se racle la gorge. Ils changent de cible. Se focalisent sur lui plutôt que sur moi. Il faudra que je lui dise merci.
-Je n'y vois pas d'inconvénient.
Les tourtereaux acquiescent. L'affaire est réglée. Nous terminons tranquillement de manger, même si je sais que tout le monde se demande ce qu'il se passe dans ma tête. S'ils savaient… Chacun part pour sa chambre. C'est Cooper qui guide Steve et moi vers la nôtre. Même si je sais que je ne dormirai pas là. Je me trouverai bien un coin un peu à l'écart dehors, pour dormir sans réveiller personne. J'en profite tout de même pour prendre une douche rapide. Glacée à cause de Tony je suppose. Mais ça ne me fait rien. Je troque mon habituel sweat à capuche noir pour un t-shirt beaucoup trop grand. Je crois que celui-là appartient à Tony. J'enfile quand même un legging noir. De quoi être à l'aise. Je n'ai plus qu'à attendre que Steve s'endorme pour partir…
J'espère que vous ne vous ennuyez toujours pas… Il est vrai que ce tome est un peu long et pas plein d'action mais bon, c'est le film (et ce que j'en ai tiré) qui veut ça. Si ça vous embête (ou non), dites le moi en commentaire, je réponds toujours et je ne mords pas (Sander : ça, c'est ce qu'elle vous dit)!
