Chapitre 10.
Avec cet air pompeux que Vasquez aurait tout donné pour lui faire ravaler, le procureur Grant se leva et fixa un moment la nouvelle arrivante, prolongeant le suspense pour ménager son effet. Le Mexicain fit alors de même et n'aima pas ce qu'il vit. La jeune femme devait certainement être jugée comme séduisante par bien des hommes, il n'en doutait pas un instant, même si lui restait de marbre devant les atouts féminins. Ce qui le frappait davantage en revanche, c'était sa mine sévère, mauvaise. Si elle devait très certainement se montrer agréable avec ses clients pour gagner sa vie, ce n'était sans nul doute pas quelque chose d'inné chez elle. Ses traits durs témoignaient plutôt d'un naturel revêche, assorti d'un manque de tolérance flagrant et d'une grande capacité à se mêler de ce qui ne la regardait pas, étant donné la façon dont elle s'était empressée de parler sur leur compte dans tout Oatsville. Et comme si cela n'avait pas suffi, voilà qu'elle avait foncé ici pour en remettre une couche.
Vasquez n'avait que de la haine pour les gens comme elle et dieu sait s'il en avait croisé plus que son compte. Il devait payer encore et encore pour ce qu'il était. Comme s'il avait choisi qui il aimait… Mais pire que tout, Josh allait payer lui aussi cette fois. Cette idée le terrifiait davantage que la corde qui l'attendrait très certainement à la fin de toute cette mascarade. Et l'air trop sérieux justement de Josh, si près de lui et pourtant à cet instant tellement inaccessible, n'était pas pour aider.
Prenant sa décision, celle qu'il aurait dû prendre dès le début, au lieu de se laisser influencer par l'optimisme mal avisé de ses amis. Il allait accepter comme un homme toutes les charges qui pesaient sur lui, mentir même en réfutant cette légitime défense qu'il avait plaidée, et demander la grâce du juge avant de s'en remettre à son seul jugement. Ainsi, plus de jurés, plus de témoins… Il n'aurait plus qu'à assumer, tout seul, parce que c'était mieux ainsi. Mais alors qu'il commençait à se lever, les mots sur le bout de la langue, Josh le retint d'une main ferme sur le bras.
- Arrête tes conneries, grogna-t-il à voix basse.
Qu'il ait su ce qu'il allait faire n'étonna pas un instant Vasquez. Qu'il l'en empêche, encore moins. Et que lui soit ensuite incapable de camper sur ses positions quand il fut face aux deux yeux suppliants de son compagnon ne le surpris pas davantage. Josh avait malheureusement un peu trop la faculté de lui faire faire ce qu'il voulait et cette fois ne ferait pas exception. C'était leur dynamique et jusque-là ils ne s'en étaient pas trop mal sortis.
- Nom de dieu, aie un peu confiance, reprit Josh. Et s'il faut en arriver là, alors j'assumerai moi aussi, mais je refuse que tu portes ça tout seul. Toi et moi, on est une équipe, tu te souviens ?
Son hochement de tête en réponse fut à peine perceptible, mais il savait qu'il n'avait pas échappé à son compagnon. Josh avait raison, c'était à deux, faisant face de front, qu'ils s'en sortaient le mieux. Pourquoi cette fois aurait-elle dû faire exception ? Josh eut un maigre sourire, serrant brièvement sa main sous la table.
- Bien, conclu-t-il.
Vasquez lui envia l'assurance qu'il affichait soudainement, même s'il était convaincu qu'elle était en grande partie feinte. Lui n'en aurait pas été capable dans un tel contexte, mais Josh était très fort en revanche quand il s'agissait de jouer la comédie.
- Miss Perkins, se décida enfin Grant, si vous disiez à la cour et aux membres de notre jury dans quelles circonstances votre route a déjà croisé celle de l'accusé.
Celle-ci hocha la tête avec conviction, toute prête à assumer son petit quart d'heure de célébrité.
- Je travaille dans un établissement pour messieurs à Oatsville. Il y a deux semaines, au milieu de la nuit, je raccompagnais l'un de mes clients, un habitué qui mérite ce genre d'attention, jusque dans la rue. L'hôtel se trouve juste à côté, ce qui est pratique si vous voulez mon avis pour attirer certains hommes de passage, qui ne veulent pas passer la soirée seuls dans l'une des chambres austères.
- Et qu'avez-vous justement vu cette nuit-là ?
- Après le départ de mon client, j'ai été attiré par du mouvement sur l'un des balcons de l'hôtel. A cette heure-là c'était surprenant, généralement les quelques personnes encore réveillées sont justement chez nous. Alors j'ai regardé plus attentivement. C'était deux hommes et très vite j'ai remarqué que… enfin qu'ils faisaient des choses que deux hommes entre eux ne sont pas censés faire. Ils étaient dans les bras l'un de l'autre, ils… s'embrassaient…
Un murmure de désapprobation secoua autant le jury que le public et Vasquez baissa la tête en marmonnant un chapelet de jurons.
- Et qui étaient ces deux hommes ? s'enquit Grant.
Après un bref regard vers Josh, qui s'était figé, lèvres serrées et regard de chien battu, une vision à vous briser le cœur et qui lui ressemblait si peu, Vasquez affronta son accusatrice, se refusant à lui offrir le plaisir de le voir se débiner. Elle-même le fixait, l'air sévère, donnant l'impression de ne vouloir faire aucune concession.
- Eh bien, l'un d'eux est l'accusé.
- Votre honneur ! s'écria Sam en quittant sa chaise d'un bond. Une identification en pleine nuit est déjà sujette à caution. Mais surtout, sincèrement, même s'il s'était agi en effet de monsieur Vasquez sur ce balcon, qu'est-ce que cela a à voir avec l'affaire qui nous réunis ici ? Nous ne sommes pas là pour juger sa vie privée, quand bien même certains de ses aspects pourraient être perçus comme moralement discutables.
- Cela témoigne de la propension de l'accusé à flirter avec l'immoralité, plaida Grant. S'il est capable de défier la loi pour un mode de vie pareil tout en entraînant quelqu'un d'autre sur ce chemin, ce qui est peut-être encore plus répréhensible, qu'est-ce qui le retiendrait à transgresser d'autres règles en commettant un meurtre ?
- Monsieur Chisolm, j'ai tendance à être d'accord avec vous, dit le juge, mais vous aurez l'occasion d'interroger le témoin à votre tour.
Si ce n'était pas une défaire sur toute la ligne, Sam semblait résigné quand il se rassit. Et davantage encore quand cette mascarade de mauvais goût recommença.
- Et l'autre homme ? demanda Grant en reportant son attention sur son témoin.
Cette fois, celle-ci avait l'air un tout petit peu moins sûre d'elle, ce qui rassura Vasquez. Il voulait bien affronter les pires accusations, tant que Josh était sorti d'affaire.
- Eh bien, il faisait nuit, rappela inutilement la jeune femme. Mais à présent que je le vois, je pense que c'était effectivement lui.
Sans un mot de plus, elle pointa le doigt sur Josh, que Vasquez fut peiné de voir tressaillir. Nouveaux murmures dans l'assistance, que le juge calma rapidement.
- Voilà donc ces sept héros que vous célébrez. Assassins, alcooliques, sodomites… Et vous doutez encore que la place de celui-ci soit au bout d'une corde ?
Et tandis que Grant se rasseyait, l'air tellement satisfait de lui-même, Vasquez dut se mordre la langue pour retenir le cri qui montait en lui. Seul le regard que lui adressa Sam parvint à le calmer. Il avait effectivement encore cet ultime atout de son côté avant de s'avouer vaincu.
- Miss Perkins, commença Sam en se rapprochant d'elle, l'air tellement assuré que c'en était surréaliste étant donné la situation qu'il allait devoir arranger, rassurez-vous, je n'aurai que peu de questions.
L'interpellée hocha brièvement la tête, ne semblant guère ravie de devoir être confrontée à lui. On en revenait toujours au même problème, songea le Mexicain avec une pointe de dépit. A cause de personnes aussi étroites d'esprit qu'elle ne l'était, semblant les détester de chaque pore de sa peau, tout autant que les gens comme Sam qui leur prêtaient assistance, que Josh et lui ne pourraient jamais seulement espérer pouvoir prétendre à une vie normale. Au pire, elle ne les avait vus que s'embrasser, pas de quoi fouetter un chat, d'autant plus avec la façon dont elle-même gagnait sa vie. Pourtant elle leur en voulait pour ce qu'ils étaient et Vasquez ne comprendrait jamais pourquoi. Elle tarifiait ses relations là où lui était juste amoureux, pourtant elle ne doutait pas être meilleure que lui et avoir le droit de le juger, pire, de l'envoyer à la potence, et peut-être Josh avec lui… Ah, s'il avait pu prendre la place de Sam à cet instant, bien des vérités auraient été prononcées ! Pas sûr que cela aurait servi leurs intérêts cependant.
- Vous dites que vous avez vu… ce que vous avez vu durant la nuit ?
- Eh bien, oui, mais…
- Or la pleine lune était justement hier. J'imagine donc que la nuit en question il faisait particulièrement sombre.
- En effet, mais j'y voyais suffisamment avec les lumières du saloon tout à côté.
- Vous étiez de l'autre côté de la rue et le balcon en question était en hauteur, pas le meilleur angle de vue, n'est-ce pas ?
- Ecoutez, dans mon métier on apprend à être attentive à ce qui nous entoure, pour repérer un client potentiel, ou celui qui semble présenter un risque… Je suis également particulièrement physionomiste.
Au grand désarroi de Vasquez, elle ne se démontait pas, allant même jusqu'à utiliser des mots dont elle ne connaissait certainement pas le sens. Elle ne mentait pas bien sûr, mais Vasquez était convaincu que Grant l'avait briefée pour qu'elle apparaisse plus crédible et il trouvait cela déloyal, tout autant que ce témoignage qui n'avait tellement rien à voir avec l'affaire jugée.
- Je vois, dit Sam, pensif, qui lui non plus n'avait pas l'intention de jeter l'éponge. Bien, à présent, afin que les membres de notre jury fassent mieux connaissance avec vous, peut-être pourriez-vous nous expliquer une ou deux chose sur votre métier. J'imagine que vous êtes payée… en fonction du nombre de clients dont vous vous occupez.
Sam ne semblait pas spécialement à l'aise avec ce sujet qu'il avait lui-même lancé, la jeune professionnelle en revanche, au sourire qui lui était revenu, était tout à fait disposée à parler de ce métier qui faisait sa fierté. Après tout, certaines belles femmes étaient flattées qu'on paye pour elle. Certains hommes aussi d'ailleurs, Vasquez, durant ses longs périples en solitaire, en avait fait plus d'une fois l'expérience.
C'était une ironie de plus de leur société, les hommes comme lui et Josh, qui avaient choisi l'amour et la fidélité, devaient sans cesse se cacher, alors que toutes ces femmes faisant commerce de leurs charmes, avec tout le sordide que cela impliquait, s'assumait sans honte aucune pour la plupart. Rien d'étonnant à ce que Vasquez se plaise à envisager une vie solitaire, loin de ce monde qu'il avait souvent du mal à comprendre.
- Eh bien, oui, répondait donc miss Perkins. La maison garde bien sûr une partie de nos gains, mais les filles ne partagent pas l'argent qu'elles gagnent. Ça se fait parfois dans certains établissements, mais je trouverais cela plutôt contreproductif. Chez nous c'est simple, pas de client, pas d'argent. C'est plutôt motivant. Alors on a chacune nos habitués. Et pour les autres, à chacune de tenter de les attirer.
- Et vous personnellement, vous diriez que vous gagnez bien votre vie ?
- Plutôt oui ! Je suis douée. D'ailleurs, continua-t-elle avec un clin d'œil aguicheur, si vous repassez par Oatsville à l'occasion et que vous vous sentez seul, je pourrais vous en faire la démonstration.
Sam rit fortement à cette proposition, mais Vasquez trouva que cela sonnait faux.
- Nous verrons si cela se présente, dit-il rapidement.
- Entre nous, avec un peu de motivation et d'ambition, ce dont je ne manque pas, c'est pas si difficile de gagner correctement sa vie avec Miss Monroe. C'est elle qui dirige notre établissement, précisa la jeune femme, et elle a des méthodes efficaces. Elle sait nous motiver. On a une prime sur les consommations achetées par le client, alors on fait traîner les choses avant d'aller dans la chambre, si vous voyez ce que je veux dire.
- Oh oui, je vois exactement.
Encore ce rire qui se voulait amical, mais le Mexicain nota un changement chez son ami, comme si Sam venait enfin d'amener la conversation, d'apparence anodine, là où il le désirait. Vasquez eut l'explication à la question suivante.
- Et comment faites-vous pour les faire boire ? Je veux dire, à la base ce n'est pas de cette façon qu'ils ont prévu de dépenser leur argent.
Ce n'était pas possible, elle n'allait pas tomber dans le panneau, elle ne pouvait pas être aussi stupide. Vasquez ne put s'empêcher de se tourner vers Josh qui, comme lui, retenait sa respiration, écrasé par l'enjeu de la réponse à venir.
- Rien de plus simple. Un homme n'aime rien plus que payer à boire à une jeune femme, pour lui prouver combien il est important, généreux… Et bien sûr, il boit en sa compagnie.
- Je vois, sourit Sam, s'interrompant un instant comme pour savourer le moment. Donc, quand l'établissement ferme ses portes, que vous raccompagnez votre dernier client, vous êtes ivre en somme. Ou en tout cas, vous avez bu plus que de raison.
Alors que Grant à la table voisine, se décomposait, la si coopérative miss Perkins fut plus longue à la détente.
- Je ne cacherais pas que ça aide à faire ce que j'ai à faire avec eux et… Attendez, s'écria-t-elle enfin en prenant conscience du terrain glissant qu'elle avait emprunté pourtant de son plein gré, je vois où vous voulez en venir. Je tiens parfaitement bien l'alcool, alors si je dis que j'ai vu ces deux hommes sur ce balcon, c'est que c'était bien eux.
- Savez-vous que monsieur Faraday ici présent, reprit Sam sans se laisser distraire en désignant brièvement Josh, a risqué sa vie à Rose Creek pour aider les habitants ?
- Oui, j'en ai entendu parler, acquiesça Miss Perkins avec dans sa voix plus la moindre trace d'assurance.
- Et comme toute personne censée qui frôle la mort, il en est ressorti affecté. Il ne m'en voudra pas j'imagine, étant donné vos accusation à son sujet, si je vous dis que depuis cet évènement, il fait parfois de violents cauchemars.
Si Josh s'agita un peu sur sa chaise, il ne fit pas mine un seul instant de vouloir arrêter ce déballage de ses faiblesses, le moment n'aurait pu être moins opportun. Devant eux, Sam faisait ni plus ni moins de la magie et c'était magnifique à observer.
- Alors, se pourrait-il, Miss Perkins, que ce que vous avez vu ce soir-là ne soit rien d'autre qu'une étreinte amicale, une façon pour un homme de consoler et rassurer un ami victime d'un cauchemar terrifiant ?
- Non, bien sûr que non ! Ils se serraient dans les bras, ils s'embrassaient…
- Où peut-être étaient-ils si proches parce qu'ils murmuraient afin de ne pas troubler le silence d'une nuit calme. Mais comment pouvez-vous le savoir ? Vous étiez fatiguée, vous étiez ivre et il faisait nuit… Ce n'était peut-être même pas monsieur Faraday sur ce balcon, mais une compagne venue retrouver monsieur Vasquez en toute discrétion.
- Non, je vous assure que je sais ce que j'ai vu.
- Ce que vous pensez avoir vu. Vous ne pouvez en être sûre et les éléments jouaient contre vous, aussi votre témoignage aujourd'hui devant nous est sujet à interrogations. Et vous devriez avoir l'honnêteté de le reconnaître au lieu de salir deux hommes qui ont prouvé plus d'une fois qu'ils étaient dignes de confiance.
- Je sais ce que j'ai vu, répéta Miss Perkins, avec cette fois moins de conviction tout de même.
- Vous savez ce que vous pensez avoir vu, nuance, rectifia encore une fois Sam, gagnant en confiance ce qu'elle-même en perdait en face de lui. Et c'est justement le problème dans toute cette affaire. Vous pensez avoir vu monsieur Vasquez dans une situation compromettante. Monsieur Grant pense qu'il a commis un meurtre prémédité, de sang-froid… Pourtant, il y a toujours bien des explications pour un même fait. Vous pensez ceci, je pense autre chose. Pourquoi votre parole vaudrait plus que la mienne ? Pourquoi la parole de certaines personnes, qui n'étaient pas là au moment des faits, vaudrait-elle plus que celle de monsieur Vasquez ?
ooOoo
Assis sur son lit, une bouteille d'un tord-boyaux quelconque à moitié entamée entre les mains, Faraday fixait sans le voir le mur en face de lui. Ce soir, il n'irait pas voir Vasquez dans sa cellule et il s'en voulait pour cela. Mais c'était aussi bien. Parce qu'il avait déjà trop bu et qu'il ne voulait pas voir la lueur de déception à ce constat dans le regard de son compagnon. Vasquez assurait souvent l'aimer tel qu'il était, et de cela il n'avait de raison de douter, mais celui-ci n'aimait pas en revanche à le voir se faire du mal par trop d'alcool ou en défiant des hommes qui ne lui voulaient pas toujours que du bien. Vasquez ne pouvait pas comprendre qu'il avait besoin de cela pour fonctionner, cela avait toujours été ainsi et c'était pire encore depuis… l'explosion, les balles… C'était trop de séquelles à gérer sans un petit coup de pouce éthylique.
L'alcool n'était pas le seul en cause ce soir pourtant dans son désir de rester loin de son amant. En effet, il n'aimait pas que Vasquez le voit diminué, et en ce moment encore moins que d'habitude, or ce soir il n'était définitivement pas au mieux de sa forme. Il avait la migraine depuis le matin, la faute sans doute à cette oreille qui sifflait sans discontinuité depuis qu'il s'était levé. Cette même oreille qui n'entendait plus aussi bien depuis qu'il s'était tenu trop près de ce bâton de dynamite. Quand ce n'était pas sa jambe, c'était sa tête et cette oreille… Un corps marqué à jamais, comme si ce qui lui tournait en boucle dans le crâne ne suffisait pas…
C'était déjà difficile à supporter pour lui la plupart du temps, alors imposer cela à Vasquez était hors de question. Ainsi il restait en retrait quand il se sentait aussi minable que ce soir. Ce n'était pas facile la plupart du temps étant donné la prévenance de son compagnon de le repousser, mais avec la séparation forcée actuelle il pouvait au moins maîtriser ceci.
Et puis, à la vérité, il y avait une autre raison, moins égoïste celle-ci, pour laquelle il refusait de s'approcher de la prison malgré son envie irrépressible de ne pas être seul. Il faisait bonne figure depuis des jours, assurant à Vasquez que Sam maîtrisait la situation, qu'il serait vite dehors, qu'ils partiraient ensuite loin d'ici, loin de tout… Mais à cet instant il n'en pouvait plus. Peut-être à cause de son crâne prêt à exploser, peut-être à cause de son état d'épuisement, parce que sans Vasquez dormir était difficile, qu'importe la raison, aujourd'hui, pour la première fois, il doutait. Et cela, il ne pouvait se permettre de le laisser soupçonner à son compagnon. Celui-ci devait rester confiant, jusqu'au bout, pour garder le moral, pour réussir, au moins un peu, à supporter ce qui lui arrivait. Faraday n'avait pas le droit de lui enlever cela parce que lui-même n'y croyait plus.
Il s'en voulait pour ces pensées. Avant, il était toujours positif, même lorsque tout donnait l'impression qu'il était dans un pétrin inextricable. Il croyait en sa bonne étoile et n'avait jamais eu à remettre cela en question. Il se sentait alors libre, toujours à se laisser porter par le vent… C'était si facile.
A présent en revanche, tout semblait insurmontable. Il avait le meilleur compagnon possible à ses côtés, pourtant il craignait le voir partir. Il aimait leur vie, mais n'avait plus la force de la penser éternelle. En réalisant qu'il n'était pas immortel, il avait compris, enfin, que toutes les bonnes choses ne duraient pas. Il fallait se battre pour les préserver et il n'était pas toujours capable d'y arriver. Ce qui lui ressemblait si peu qu'il se détestait pour cela. Pour ce corps trop marqué, ses moments de faiblesse, de doutes, pour sa peur aujourd'hui de tout perdre. Et il n'était même pas sûr, malgré les belles paroles de Vasquez, que cela s'arrangerait un jour. Parfois il pensait que oui, souvent il était écrasé par le non, le reste du temps il évitait de se poser la question. Pas que cela lui facilite beaucoup la vie d'ailleurs.
Pour arranger le tout, il était en prime amoureux d'un homme. C'était le détail qu'il vivait le mieux. Il était heureux ainsi, heureux avec Vasquez. C'était simplement frustrant de ne pas pouvoir l'assumer au grand jour. Et c'était d'autant plus difficile après ce qu'il s'était passé aujourd'hui. Il ne supportait pas ces accusations, portées sans le moindre respect pour sa vie privée, pour sa vie tout court. Comme s'il devait s'excuser avant de faire amende honorable er rentrer dans le rang. Il n'en avait pas l'intention alors il niait, tout en sachant que tôt ou tard il en paierait le prix. Car il n'était pas dupe, un jour ou l'autre un témoin serait plus obstiné ou il y aurait de vraies preuves. Et alors, il ne donnait pas cher de sa peau. Il vivait avec cette idée, il avait décidé voilà un moment que Vasquez en valait la peine. Ça n'en restait pas moins frustrant. Et cela lui pesait de plus en plus. Alors en cela, l'idée de Vasquez de s'installer ensemble seuls loin de tout n'en apparaissait pas aussi mauvaise. Le moment était peut-être venu de se poser enfin. Peut-être qu'il n'était pas aussi fracassé qu'il le pensait et qu'il serait capable d'assumer ce nouveau départ, cette seconde chance qu'il n'avait pas assez savouré depuis son retour à la vie. Peut-être même qu'il saurait rendre Vasquez heureux.
Mais pour tout cela, il fallait qu'on lui rende son compagnon. En clair, leur avenir était entre les mains de quelques inconnus, qui ne savaient rien d'eux, de Vasquez, qui n'auraient pas dû avoir le droit de se mêler de leur vie. C'était tellement injuste, putain ! Et ce soir, il n'arrivait pas à y faire face. Il ne pouvait pas plaquer un sourire de façade sur son visage et rassurer cet homme, si seul dans sa cellule sombre et froide, qui devait en avoir pourtant tellement besoin. Ce soir, il avait trop mal, il était trop fatigué et il avait bien trop peur pour sauver les apparences. Avant, c'était ce qu'il faisait le mieux. Bluffant au poker quand il avait un jeu de merde, laissant croire au type en face de lui qui le menaçait de son arme qu'il n'avait pas peur que sa chance ait décidé de tourner, assurant à la femme occupée à se déshabiller devant lui qu'il la désirait vraiment alors qu'il ne voulait que se servir d'elle le temps d'un bref instant, disant à Vasquez que ce n'était qu'un jeu entre eux les premières nuits, alors même qu'il avait déjà compris qu'il n'y aurait plus jamais que lui.
Mais tout ça c'était derrière lui. Et quelque part, si c'était devenu difficile de mentir, à lui en premier, c'était autant à cause de ses blessures que de Vasquez. Bien sûr, ce satané Mexicain bien trop attachant qu'il n'aurait dû être humainement possible ne le faisait pas volontairement, mais c'était ainsi. Etre tombé amoureux avait rendu Faraday vulnérable, ce dont il se serait volontiers passé. Mais si autant il était parvenu à garder les sentiments à distance toutes sa vie, cette fois le destin ne lui avait pas demandé son avis et ça lui était tombé dessus avant même qu'il ne pense seulement à s'en protéger. Dans un endroit parfait, ça n'aurait été que positif, dans leur monde à eux, il y avait autant de bons côtés que de mauvais et à cet instant Faraday ne pensait qu'à ces derniers.
Alors pour essayer de fonctionner malgré cela, malgré la fin du procès qui approchait inexorablement et avec elle la possibilité d'un drame, il ne voyait que deux solutions. Boire ou serrer Vasquez contre lui. Il avait fait son choix pour les heures à venir, pas forcément le meilleur, mais certainement le plus judicieux pour ne pas accabler davantage son compagnon. C'est ainsi qu'il avala une nouvelle rasade de sa bouteille, conscient qu'à terme cela n'arrangerait pas son mal de tête. Mais c'était bien le cadet de ses soucis à ce stade.
ooOoo
Quand il entra dans le saloon le lendemain matin, Vasquez réalisa que c'était la dernière fois. Il en fut soulagé, qu'importe la façon dont tout se finirait. L'essentiel était bien que cela s'arrête. Il n'en pouvait plus d'entendre sa parole être remise en doute, d'être jugé par des inconnus qui essayaient de le salir encore et encore, entraînant Josh dans sa chute. Oui, définitivement, pour leur bien à tous, il était grand temps que tout cela soit enfin terminé.
Le sheriff lui retira ses menottes avant qu'il ne puisse s'installer comme chaque jour entre Josh et Sam. Immédiatement, il chercha le regard de son compagnon et fut rassuré que celui-ci ne se détourne pas. La veille, il avait été triste qu'il ne vienne pas le voir comme chaque soir, mais pouvait-il vraiment le lui reprocher ? Après ce qu'il s'était passé durant la journée, Josh avait pu vouloir du temps pour lui, il n'en était pas surpris. Il aurait juste souhaité être capable d'être là pour lui, ce qui lui aurait été possible sans ces barreaux qui commençaient à l'étouffer.
Les deux hommes se comprenaient souvent sans parler et cet instant, où ils ne pouvaient justement échanger un mot, ne fit pas exception. D'un coup d'œil, Vasquez comprit que la soirée n'avait pas été facile pour son compagnon. Josh avait l'air fatigué et, plus douloureux pour celui qui le regardait, il avait un petit air triste, comme de la résignation. Mais, plus important, il y avait de l'amour et une promesse, à peine palpable mais bien présente, d'être toujours là. A ce constat, avec un petit soupir de soulagement qu'il parvint à garder discret, Vasquez se sentit aussi ému qu'il ne l'était les premières fois qu'il regardait cet Irlandais ô combien addictif, alors qu'il apprenait tout juste à tomber amoureux, avec tous les bouleversements que cela provoquait.
Il l'aimait tellement qu'il en devenait dingue, qu'il en avait mal, avec tout ce que cela impliquait et pourtant, il n'y renoncerait pour rien au monde. Il pensa cela si fort pendant quelques secondes qu'il craignit un instant l'avoir dit à voix haute. Ce ne fut pourtant pas nécessaire, Josh semblant en saisir l'essentiel, comme le confirma le petit sourire qui fleurit sur ses lèvres, ce qui était pour le mieux, parce que Vasquez n'avait aucune intention de dire tout cela de vive voix un jour.
Les plaidoiries des deux parties laissèrent une impression particulièrement mitigée à Vasquez. Si Sam une nouvelle fois avait su être d'une éloquence rare, Grant était parvenu à se montrer aussi fort. Celui-ci réussit à tourner à son avantage la mort de Charles, rappelant, intelligemment sans nier la thèse de l'accident, les circonstances du drame. Il parvint à faire passer Abercrombie pour un défenseur de la loi modèle, qui s'était peut-être montré un peu trop tenace simplement de par le deuil vécu. Puis il insista sur ce qu'il considérait comme un meurtre, sans conteste. Un homme en avait arrêté un autre, peu après celui-ci était le seul en vie. C'était clair et sans appel. Il ne revint en revanche que très rapidement sur les conjectures concernant la vie intime de l'accusé, sans doute échaudé par l'accueil plus que mitigé qu'il avait reçu la veille à ce sujet.
Si Vasquez devait être tout à fait honnête, s'il n'y avait que peu de preuves directes, Grant s'était montré si éloquent, faisait si bien peser le doute, qu'il se serait condamné lui-même. Voilà un constat qui n'avait rien de rassurant.
Sam heureusement, comme plusieurs fois depuis le début du procès, renversa ensuite la tendance. Il rappela brillamment qu'il n'y avait aucun foncement dans les accusations portées, qui toutes se résumaient finalement à la parole d'un vivant contre celle silencieuse d'un homme qui n'avait jamais été fiable, ni honnête. Or pour lui, les on-dit, les peut-être, pouvaient faire condamner bien des innocents.
- Je ne sais pas vous, conclut-il avec un regard franc vers les membres du jury, mais pour ma part en cas de doute je préfère laisser un coupable en liberté que condamner un innocent. Or, ici il existe plus d'un doute et il semble clair que monsieur Vasquez a prouvé sa fiabilité. Ainsi que son honnêteté, car je rappelle en passant que sa version des faits n'a jamais différé d'un iota, qu'importe le nombre de fois où il l'a racontée, ce qui tend plutôt à prouver sa sincérité. Mérite-t-il la prison parce qu'un procureur empressé est incapable de voir au-delà d'un mandat d'arrêt rédigé à la hâte ? Notre système est malheureusement imparfait, nous ne le savons tous que trop bien, mais ne laissez pas aujourd'hui un innocent, un homme de bien, en payer le prix.
C'était simple et pourtant percutant. Vasquez voulait par ces propos croire à sa chance, même si la peur était toujours là. Plus d'un homme avait été exécuté sur bien moins de preuves. Dans ce coin de l'Ouest, on ne s'embêtait guère avec ce genre de considérations.
Quand il réintégra sa cellule pendant les délibérations, Vasquez fut incapable de dissimuler sa nervosité. C'était ni plus ni moins que sa vie qui était sur la sellette, soumise à présent à une décision sur laquelle il n'avait aucun influence. C'était plus qu'il ne pouvait en supporter, même s'il avait été habitué jusque-là à garder la foi. Aussi demeura-t-il debout, occupé à faire les cent pas dans l'espace restreint, jetant occasionnellement des coups d'œil à Sam et Josh, assis de l'autre côté des barreaux. Nul ne parlait et c'était aussi bien tant chaque parole aurait été futile.
Le Mexicain le savait, ses autres amis étaient devant le bâtiment, comme pour mettre quiconque au défi de s'en prendre à lui. Il appréciait l'attention, même s'il ne voyait pas en quoi ils pourraient intervenir le moment venu.
- Je fous le feu à toute la ville s'ils te condamnent, dit subitement Josh, qui jusque-là se contentait de tripoter nerveusement son jeu de cartes.
- Ne recommence pas avec ça, querido. Quoi qu'il m'arrive, toi tu auras une longue et belle vie et j'entends bien que tu en profites.
- C'est ça ouais, maugréa Josh comme si l'idée ne pouvait lui apparaître plus absurde. T'en as d'autres des comme ça ?
Vasquez s'abstint de toute réponse, se contentant de hausser négligemment les épaules. Qu'aurait-il pu dire de toute façon ? Lui le premier aurait apprécié cette vengeance promise de la part de son compagnon, mais cela changerait-il quoi que ce soit à ce qui ne manquerait pas d'arriver ?
Tout cela, c'était au-dessus de ses forces. Il était là, totalement impuissant, à attendre qu'on décide de son sort sans qu'il ait son mot à dire. Et il attendait bêtement, ne pouvant rien faire d'autre que voir son compagnon se ronger les sangs... Il n'en pouvait plus. Il aurait voulu être capable de se résigner, de n'attendre rien d'autre que la mort, la délivrance loin de cette incertitude. Sans Josh, il y serait parvenu. Et tout aurait été plus simple. Mais Josh lui donnait de l'espoir. Josh faisait qu'il voulait s'accrocher, y croire, aussi fou que cela semble à cet instant. C'était à se taper la tête contre les murs. Au lieu de cela pourtant, il se contenta de pousser un soupir à fendre l'âme puis eut un rire nerveux.
- Je tuerais pour une cigarette, marmonna-t-il en se passant une main dans les cheveux.
- Désolé, dit Sam avec un sourire sincère, mais on a assez contourné les règles pour notre bon vouloir, je préférerais qu'on s'abstienne cette fois.
- Ouais, ouais, grogna Vasquez. Des fois que j'essaie de foutre le feu pour m'évader.
- Ça s'est déjà vu.
- Cruelle ironie, cette cigarette on me l'accordera avant de me passer la corde au cou.
C'était dit sur un ton léger qui trancha avec le bruit de la chaise de Josh s'écrasant au sol quand celui-ci se leva d'un bond.
- Va de faire foutre Vas !
- Je vais rejoindre les gars dehors, indiqua précautionneusement Sam en quittant discrètement sa chaise.
L'instant d'après, les deux amants étaient seuls, Vasquez mal à l'aise devant le regard froid de son compagnon.
- Josh…
- Pardon de m'être emporter, mais ça fait mal de te voir sembler aussi détacher. Ecoute, je veux pas qu'on se dispute. Pas maintenant. Pas alors que…
Il eut un rire triste avant de reprendre.
- J'arrive même pas à le dire… Je suis terrifié. Et tu as le droit de l'être tout autant. Je veux juste que tu arrêtes avec cet égo à la con qui t'empêche d'assumer vraiment. Bien sûr que tu peux avoir peur et tu peux tout autant l'admettre. Si c'est parce que tu espères me protéger, ça ne marche pas. Si c'est parce que tu crois que je t'aimerais moins en te voyant craquer, tu peux oublier. Je veux que tu sois sincère, avec toi, avec moi, parce qu'aujourd'hui c'est plus important que jamais.
Vasquez se pinça les lèvres, luttant contre des larmes qui ne lui étaient plus venues aussi facilement depuis qu'il était adulte, pas même quand Josh luttait pour sa vie. Mais là c'était trop. Il n'en pouvait plus. Il avait mal pour lui, mal pour Josh, tout en admirant son courage et honnêteté.
Il secoua la tête, incapable de savoir quoi dire, comment réagir. L'instant d'après pourtant, cela n'avait plus d'importance. Malgré les barreaux qui entravaient leurs mouvements, il était blotti contre Josh. Il ne pleura pas, il n'en avait même pas la force, mais il ferma les yeux, respirant profondément l'odeur de son compagnon, savourant l'étreinte autant que la sensation de paix qui se répandait en lui. C'était bon de se laisser aller, oublier, même si ça serait trop bref, ses angoisses, d'arrêter de donner le change.
- J'ai peur, avoua-t-il dans un souffle, surpris que cela lui fasse autant de bien. Evidemment que j'ai peur ! Et je ne le niais pas par fierté. J'étais juste… J'ai été seul pendant si longtemps que j'avais perdu l'habitude que mes états-d'âmes puissent intéresser quelqu'un.
- Bien sûr que ça m'intéresse, le rassura Josh en caressant son dos. Tout ce qui te concerne m'intéresse et j'aimerais que tu cesses de l'oublier. Je t'aime.
Dans ce sens, c'était prononcé depuis si récemment que c'était précieux. Tout autant que déstabilisant, comme si Josh sentait la fin arriver et se pensait obliger d'insister sur ce sentiment. Mais Vasquez, pour ne pas perdre définitivement les pédales, préféra ne pas relever tout ce qui ne lui faisait pas du bien.
Ils restèrent longtemps blottis l'un contre l'autre, ne prononçant plus un mot parce qu'il n'y avait plus rien à dire à ce stade. Il n'y avait plus qu'à attendre et c'était un peu plus facile à deux.
Cinq minutes, une heure ou des semaines plus tard, Vasquez aurait été incapable de le savoir, Sam revint précipitamment, l'air grave.
- C'est l'heure, dit-il. Ils vont rendre leur verdict.
Vasquez s'écarta vivement de Josh, le cœur battant la chamade et la gorge sèche. Il n'était pas certain de pouvoir aller jusqu'au bout à présent que c'était quasiment fini. Surtout qu'il n'avait aucune idée de la façon dont il réagirait, dont Josh réagirait, en cas de verdict de culpabilité. Lui pourrait s'effondrer, Josh commettre une bêtise… Il ne voulait rien de cela. Il se devait de rester digne jusqu'au bout et s'assurer que son compagnon ne ferait rien qui gâcherait sa vie à lui aussi. Cela faisait trop à gérer et malgré ses longues nuits à ressasser, dormant à peine, il n'était pas prêt.
Quand il devait se jeter dans la mêlée, armes aux poings, il n'était jamais nerveux, il avait confiance en lui, en ses capacités. Quand son sort devait en revanche dépendre de gens qu'il ne connaissait pas, c'était une autre paire de manches.
On ne lui laissa pourtant pas le temps de s'appesantir davantage, très vite il fut entravé et escorté vers le saloon, se sentant les jambes un peu trop tremblantes pour que sa démarche soit totalement assurée.
Une fois installée, toujours sur la même chaise, il pouvait sentir les regards de l'assistance posés sur lui et ce n'était pas pour le mettre à l'aise.
A partir de là, il fut comme dans un rêve, entendant sans réellement intégrer tout ce qui se disait, des murmures dans le public aux propos du juge. C'était sans importance de toute façon et il fallait bien cette distance pour ne pas perdre son calme étant donné l'enjeu. Seule comptait la présence de Josh à ses côtés, car quoi qu'il arrive, quel que soit la conclusion de tout ceci, il y avait Josh donc ça en valait la peine. Même s'il devait être pendu avant la fin de la semaine, Vasquez n'aurait rien voulu changer, il avait aimé chaque seconde depuis Rose Creek, c'était là le plus important. Cela avait toujours été le plus important.
Sans se rendre compte de ce qu'il faisait réellement, il se leva à la suite de Sam. L'heure de vérité. Celle qu'il avait attendue longtemps, mais qu'il craignait tant à présent. Les dés étaient jetés désormais. Coupable ou non-coupable. Tout se résumait à cela. La vie ou la mort. Josh ou le néant...
A suivre…
