Beta Zazalo
PDV JASPER
- Attention Whitlock, encore une mauvaise note et plus de foot, dit le prof.
Génial, quand la semaine commence mal elle ne peut que mal finir... Moi qui finalement étais content de me retrouver ici, je le suis beaucoup moins. J'enchaine les mauvaises notes, enfin surtout dans une matière, mais je pense que le prof ne m'aime pas trop.
Ça devait être un geek au lycée surement traumatisé par les sportifs et rejeté par les filles. Était-il obligé de décharger sa rancœur sur moi ? Je n'y suis pour rien.
Blanc dans ma tête.
Je viens vraiment d'avoir ce genre de pensées ? Oh mon dieu, oui. Je deviens vraiment un ado humain qui a la haine contre le monde entier ?
Pour me remettre les idées en place je me frappe la tête contre mon casier. Je ne veux pas devenir comme EUX. Je suis peut-être dans un corps de 17 ans mais mon cerveau est le mien, avec toute mon expérience. Je me demande si le corps d'Edward a toujours des pulsions de jeune homme de 17 ans ?
Je me sors vite de la tête ma famille pour me concentrer sur ma vie. Je suis là pour ça, pour moi.
Je relève la tête de mon casier pour aller déjeuner, mais Bella la tigresse se trouve sur mon chemin, je l'évite depuis une semaine et je compte bien continuer, n'ayant pas digéré le coup du match bien que nous ne nous étions rien promis. Je suis un homme fier et n'y peux rien. Mon orgueil en a pris un coup.
Bien sûr, perdu dans mes pensées, je ne l'ai pas vu se mettre en travers de mon chemin, et lui rentre dedans. Heureusement que je ne marche pas vite et qu'elle a des réflexes ? Moi aussi par la même occasion. Elle se raccroche à mon tee shirt en tombant en arrière, ma main se retrouve sur sa hanche droite et l'autre dans le bas de son dos. Je suis légèrement penché en avant et du coup, elle en arrière. Logique.
Je crains pour ma santé mentale, que mon visage soit trop proche du sien. Mes yeux sont à sa portée, et je ne veux pas qu'elle lise en moi, pourtant je sens qu'elle me regarde mais je ne veux pas lire en elle et ne pas créer de problème - surtout pour moi - alors que nous sommes au milieu du couloir avec pleins de spectateurs. Je me recule rapidement, toujours en faisant attention à ce qu'elle soit stable sur ses pieds. Une fois sur, je ne m'attarde pas prêt d'elle, voulant toujours la fuir.
- Tu fais la gueule Whitlock ? me demande-t-elle en me rejoignant.
- Non, grognais-je enfonçant mes mains dans mes poches.
Si je fais la gueule mais pas forcément contre elle, mais plutôt contre moi. Moi qui ai osé me faire des films, mes amis m'avaient pourtant prévenu. Le fait d'avoir été un vampire pendant plusieurs décennies me laissent quelques séquelles. Avant aucune fille ne m'aurait dit non, mais maintenant je dois la mériter... Parce que malgré les phrases énigmatiques de la sorcière je suis sûr que c'est elle. Je ne veux pas une autre fille.
Elle fait demi-tour mais se retourne vers moi.
- Oh fait, joli match ! M'a-t-elle dit.
Pourtant j'ai toujours ce goût amer dans la bouche.
OoO
Le weekend m'a fait du bien, je me suis éloigné de cette situation, essayant de ne pas tout dramatiser comme une vraie gonzesse que je suis en train de devenir. Si je ne me voyais pas nu tous les soirs en prenant la douche, j'aurais pensé que mes couilles avaient fui. Pourtant elles sont bien là et en bon état de fonctionnement. Je ne suis qu'un homme - humain ou vampire - qui fantasme sur une créature parfaite à mes yeux. Et bien sûr j'ai eu la réaction physique à mes pensées, il a bien fallu que je soulage mon énorme problème en pensant à ma tigresse.
Mais le plaisir et l'évasion de mon esprit est fini, je dois affronter mon nouvel enfer, mon prof de biologie. Je pense même à sécher les cours. Après tout, ce n'est pas comme si je n'avais jamais passé mon diplôme.
Je me suis quand même vautré sur ma chaise, au moins mon comportement est parfaitement adapté à ma vie d'humain et suit son cours, soporifique à souhait. Si je n'étais pas bien éduqué, je baillerai ouvertement. Foutu rêve érotique qui perturbe mes nuits.
OoO
Bella s'assoie à mes côtés, moi qui espérais être au calme dans cette bibliothèque, surtout après cette matinée. Il est vrai qu'en entrant dans cette pièce je ne savais pas si je voulais y dormir ou y travailler.
Je garde les yeux rivés sur mon livre, l'ignorant au maximum. Et oui je suis finalement un élève discipliné et travailleur.
- Sincèrement Whitlock, tu t'attendais à quoi en m'invitant à ce match ? me demande-t-elle.
- Je ne sais pas, soufflais-je, les yeux fixés sur mon livre de biologie humaine, je ne veux pas la regarder.
Matière ou j'ai des difficultés... A se demander pourquoi...
- Tu sais, je ne vais pas tout plaquer pour tes beaux yeux sous prétexte que tu m'invites à un match.
- Mais tu es venue. Pourquoi ? demandais-je perdu.
Elle haussait les épaules avant de me répondre.
- Je n'étais jamais venue alors disons par curiosité.
Je me sens flatté et le prends pour un compliment. Elle était quand même venue, c'est ce qui comptait à mes yeux. Bella se lève et dépose un bout de papier sous mes yeux avec une adresse. Je la regarde étonné, enfin sa jupe plissée et ses magnifiques jambes. Je lève rapidement les yeux vers elle, ne voulant pas qu'en plus elle me prenne pour un pervers, la liste de mes défauts est suffisamment longue comme cela.
Je hausse un sourcil, complètement perdu.
- Chez moi à 18 heures. Amène tes cours et sois pas en retard, ordonne-t-elle.
J'ai son adresse !
- Et qui me dit que tu vas m'aider et pas me couler un peu plus ? demandais-je en croisant les bras.
Elle se penche vers moi, montrant son léger décolleté, que je m'efforce de ne pas regarder et le gros pervers que je suis me lèche les lèvres. Elle l'a surement vu mais ne m'en tient pas rigueur.
« Parce que je suis douée avec le corps humain. » souffle-t-elle à mon oreille.
Malheureusement pour moi un grognement est sorti de ma gorge alors qu'elle pouffe de rire. Ce n'est pas de ma faute si sa phrase a un PUTAIN de double sens.
OoO
Bordel Whitlock, déstresse, on croit à ton premier rendez-vous avec la fille de tes rêves.
Ok, la fille y est mais le premier rendez-vous... A bien y réfléchir et à scanner mes quelques décennies de vie, c'est ce qui ressemble le plus à un rendez-vous... Je ne sais pas si on peut dire que c'est pathétique ou non. Après tout, les vies vampiriques et humaines sont complètement différentes. Au moins chez les vampires c'est plus simple. Pas autant de chichi.
Merde.
Parfois ma vie me manque. Puis sincèrement je ne vois pas pourquoi je panique comme un âne, vu que ce n'est même pas un rendez-vous. Pathétique.
Je n'ai qu'à sonner devant cette magnifique demeure, pourtant depuis 5 minutes le courage me manque. Heureusement que personne ne m'a entendu arriver. Enfin j'imagine mais vu que je suis quelqu'un qui a la poisse, j'entends quelqu'un pouffer de rire derrière moi.
Brusquement je me retourne en position d'attaque, mais pour un vampire. Oups, une petite boulette, qui j'espère ne sera pas remarquée par... Je détaille l'homme en face de moi, à mon avis, les 70 ans passés mais qui garde une présence indéniable.
- Tu comptes rester sur le perron encore longtemps ? se moque-t-il.
Je sens son regard sur moi, c'est déstabilisant comme s'il arrivait à lire en moi et découvrait les plus petits secrets. Malgré moi, je baisse même les yeux et même sans le voir, je le sens sourire.
A ce moment, la porte s'ouvre en grand sur une femme dans la tranche d'âge de l'homme en face de moi.
- Bon tu as fini de jouer avec notre invité, oui ou non ? Réprimande-t-elle ce qui doit être son mari.
- Oui M'dame, souffle l'homme en baissant les yeux.
Quoi qu'on en dise, les femmes sont le sexe fort et nous tiennent par la peau des couilles.
- Franchement à ton âge, tu n'as pas honte de te moquer d'un jeune homme qui a l'air tout à fait charmant ! Le pauvre, l'espionner depuis qu'il est arrivé pour ensuite lui faire peur !
Génial, de mieux en mieux.
- Il ne grandira jamais ! souffle-t-elle. Entrez jeune homme, Bella est dans le salon sur ta droite.
- Merci madame.
Je suis encore plus gêné, alors je fuis rapidement loin de ces deux personnes pour le moins bizarres.
- Il est comme moi. J'en suis presque sûr ! entendis-je l'homme murmurer à sa femme.
Je n'ai rien compris à cette phrase mais peut-être n'y a-t-il rien à comprendre. J'entre dans le salon indiqué par la dame, espérant ne pas m'être trompé.
- Tu es en retard Whitlock ! grogne sa voix.
Et bien non, je suis dans la bonne pièce.
- J'ai croisé deux personnes charmantes en chemin. Expliquais-je.
Je veux camoufler mon stress.
- Charmantes ? répète-t-elle surprise. Les gens les prennent plutôt pour des personnes âgés folles.
- Ah ah ! Il a dit qu'on était charmant ! Tu vois qu'il est gentil ! rigole la vieille dame.
- Eh ! s'insurge l'homme. Je n'ai jamais dit le contraire, je le trouve un peu stressé, c'est tout ! Boude-t-il en croisant les bras.
Sa femme - enfin je suppose - l'embrasse sur la joue.
- Allons, laissons-les travailler. » sourit la femme.
- Vous travaillez, je suis beaucoup trop jeune pour être grand père ! pouffe le vieil homme, accompagné de sa femme. Une blague que seulement eux doivent connaitre.
Par contre je n'ai pas compris pourquoi il a fait un clin d'œil à Bella, qui s'est contentée de lever les yeux au ciel. Mais je commence à la cerner. Cela veut-il dire qu'elle ne serait pas indifférente à mon charme ? Quoi qu'il en soit je dois rester prudent. On ne se sait jamais avec mademoiselle la tigresse.
- Tu viens de rencontrer mes grands-parents, souffle-t-elle amusée. 50 ans de mariage et toujours amoureux. C'est trop flippant, frissonne-t-elle.
- En quoi ? Tu ne crois pas au véritable amour ?
A son âge on doit encore croire à l'amour. C'est comme si elle refusait ce sentiment qui peut rendre parfois si heureux.
- Non, dit-elle d'un ton ferme.
Pourtant je ferai tout pour lui prouver que cela est possible.
OoO
A suivre...
Les grands parents ? Vous les trouvez comment ?
Et la phrase que Jasper n'a pas compris ? Vous l'avez comprise ? Des hypothèses ?
