Beta Zazalo

PDV JASPER

Je referme la porte et le suis.

Je réprime un bâillement, c'est chiant d'être fatigué. Finalement être vampire a des points positifs. Je le savais déjà mais je n'y ai pas vraiment pensé depuis que j'ai rencontré Bella. Depuis que je suis avec elle, je n'ai pas vraiment pensé à ma condition d'avant.

- Assis, m'ordonne-t-il.

Je m'exécute, il reste debout à me fixer. Il m'a clairement mis en position de faiblesse mais pour aujourd'hui je vais laisser faire. Après tout j'ai le plus à perdre, je ne veux pas compromettre le peu de chance que j'ai avec Bella.

Les bras croisés sur son torse, il ne dit rien. Je ne bouge pas mais ne baisse pas non plus le regard. Je suis quand même le Major Jasper Whitlock... En humain.

- Qui es-tu ? Demande-t-il.

Je comprends le sens véritable de sa phrase mais je ne vais pas me dévoiler. Si cela se trouve, il n'est qu'un vieux fou qui a perdu la tête. Il peut s'imaginer des choses qui ne sont pas réelles. Je dois rester prudent dans mes réponses.

- Jasper Whitlock, répondis-je sans prendre de risque.

Il sourit, désabusé. Vu son attitude et la mienne, nous en aurons pour plusieurs heures mais je ne vais pas cracher le morceau. Je ne veux pas finir à l'asile ou cobaye dans un laboratoire, s'il s'avère n'être qu'un simple humain.

Cet homme me rend perplexe, parfois il agit comme moi, et parfois il agit juste comme un humain qui aime s'amuser sans se soucier des autres ou de son âge.

- Quel âge as-tu ?

- Dix-huit ans.

Ses questions continuent, je réponds la même chose qu'au diner. Des mensonges sans vraiment en être.

Après plusieurs minutes, il souffle avant de se laisser tomber sur son fauteuil.

- Avant, j'étais plus doué pour faire parler les gens, bougonne-t-il pour lui-même.

Mais j'ai tout entendu. Moi aussi j'étais doué pour faire parler les gens quand j'étais avec l'autre garce de Maria. Certes mon don m'aidait beaucoup, mais je sais me montrer imaginatif sans.

- Que faisiez-vous dans la vie ? demandais-je.

- Et toi ? Répond-il tout de suite.

C'est à mon tour de sourire mais je ne suis pas tombé dans le panneau.

- J'avais une boutique d'antiquité, expliquait-il.

Sérieux ? C'est ironique, n'est-ce pas ? Je le fixe, essayant de voir si oui ou non, c'est vrai. Son sourire moqueur répond à ma question.

- Je travaillais dans les jardins. Le soleil, la chaleur. Tu comprends ? Rajoute-t-il.

Je hoche la tête. Effectivement, je comprends.

- Et que veux-tu faire plus tard ?

- Je veux plein de chose mais je ne sais pas si je pourrai toutes les avoir, répondis-je énigmatique.

- Tu sais que nous pouvons y passer la nuit ?

- Je sais mais je crains que notre condition d'humain nous rattrape, dis-je amusé.

Nous pouffons de rire, tous les deux. Mes doutes concernant sa condition me frappent de plus en plus. C'est le genre de chose que seul un vampire trouve drôle.

- Quel âge avez-vous ? lui demandais je au culot.

Après tout j'ai 148 ans.

- Je crains que mon âge soit très avancé.

- Tout est dans la tête, peu importe le corps dans lequel nous nous trouvons.

- Très juste.

Nous nous fixons sans rien dire. La fatigue commence à se faire sentir mais je ne vais pas être le premier à lâcher prise.

- Très bien. Souffle-t-il. Nous pouvons tourner en rond pendant des heures et ni toi ni moi ne voulons cracher le morceau, au risque de se faire prendre pour un fou par la personne en face. N'est-ce pas ? »

- Effectivement, dis-je septique.

Je ne sais pas où il nous emmène.

- Très bien. De toute façon tout le monde me prend pour un fou, alors un de plus n'y changera pas grand-chose.

- Pourquoi les gens vous prennent-ils pour un fou ? demandais-je, lui coupant la parole.

Certes sa femme et lui sont atypiques mais fous ? Je ne comprends pas.

- Je suis toujours aussi jeune, seulement cela se voit moins, répond-il en souriant.

- Juste pour cela ?

- La plupart des gens on l'esprit fermé. Heureusement que ma petite Bella n'est pas comme ça.

J'ai le sentiment que sa dernière phrase est pour moi.

- Mais ne change pas de sujet jeune homme, me réprimande-t-il. Tu n'as pas assez d'expérience pour cela.

- Vous devez vraiment être très âgé alors.

Je ne dégonfle pas.

- Que veux-tu ? C'est ça d'avoir...

- Oh Jasper tu es encore là ? s'étonne la grand-mère de Bella qui entre dans le salon. Non mais tu vas le laisser tranquille ! se fâche gentiment la dame. Alors Mr tu ramènes ce jeune homme chez lui ET plus de questions ! Ordonne-t-elle.

- Oui M'dame. dit-il les yeux baissés.

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Au final ni lui ni moi n'avons eu de réponses. La seule chose que j'avais c'était un mal de tête à force de me poser toutes ces questions. Dès que je le verrai samedi, je me jetterai à l'eau et soit je passerai pour un fou soit mes soupçons seront confirmés.

- Alors ? Tu n'as pas changé de ville ? me demande la tigresse.

Je lui jette un coup d'œil, elle est toujours aussi désirable peu importe ce qu'elle porte. J'aimais son attitude nonchalante, les mains dans les poches, un léger sourire. Sourire qui j'espère m'est destiné.

- J'aurais dû ? demandais-je perdu.

- Le dernier qui a subi un interrogatoire spécial grand-père a fui au fond du pays.

- Comme tu vois, je toujours là, tu ne tr débarrasseras pas de moi aussi facilement.

- J'ai vu que tu étais coriace et... Différent. Mais j'aime ça, me sourit-elle gentiment.

Elle va même jusqu'à me frapper gentiment le bras avec son épaule comme si nous étions amis.

- Et bien j'en suis flatté mademoiselle la tigresse.

- Mais n'en abuse pas Whitlock, sinon je te botte le cul ! souriait-elle en partant.

Bien sûr elle a parlé un peu fort et toutes les personnes présentes se sont retournées vers nous. J'ai envie de me pavaner mais je m'abstiens. Bella m'a fait un compliment, elle m'aime bien. C'est une révélation, notre relation est bizarre, je ne sais comment elle nous considère, je ne sais même pas si elle m'apprécie. Mais c'était avant.

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- BORDELWHITLOCK ! hurle la douce voix féminine de la tigresse. VA TONDRE LA PELOUSE AILLEURS QUE SOUS MA FENETRE ! S'égosille-t-elle.

Je souris comme un con et repars plus loin, fier comme un paon. Cela fait une demi-heure que je tonds la pelouse.

- Faire enrager ma petite-fille ne fait pas partie du contrat jeune homme, sourit la grand-mère de Bella.

- Je sais M'dame, mais c'est plus drôle.

Sa grand-mère me regarde bizarrement. Entre elle et lui, je suis habitué.

- Mon idiot de mari veut te parler, encore.

- Bien m'dame.

Je pars garer le petit tracteur-tondeuse et le rejoins.

- Vas tu me confier ton secret ?

- C'est à double sens M'sieur, répondis-je.

- Tu ne lâcheras rien ?

- Et vous ?

J'avais dit que je lui dirai mais...

- Grand-père, grognait Bella en entrant dans le salon. Laisse mon copain de jeu tranquille ! se moquait-elle.

Elle joue à me faire tourner en bourrique et moi je ne suis qu'un pion entre ses mains. Mon égo de mâle dirait que je la laisse faire mais en vérité je ne suis qu'un homme faible face à elle.

Et la voir dans cette tenue très légère me rend encore plus fou. Bordel pourquoi porte-t-elle une nuisette ? Dieu merci elle n'est pas en dentelle et cache une partie de son corps. Le problème c'est qu'habillée ainsi je ne réponds plus de moi et veux bien être son pion encore des années...

- Je croyais que c'était moi ton copain de jeu ? demande une voix d'homme.

Homme qui entre dans le salon. Je l'ai déjà vu, au match.

- Je ne te savais pas jaloux, se moque Bella en le regardant.

Pourtant ma journée a bien commencé.

- Oh Zac, tu es là ? demande le grand-père. Tu n'as pas une famille avec qui passer du temps ? Grimace-t-il.

Finalement, ce n'est pas si mal.

Bella pouffe de rire alors qu'elle sort de la pièce.

- Grand-père ? L'appelle-t-elle.

- Oui ma chérie ?

- N'y a-t-il personne qui aurait garce à tes yeux ? Demande-t-elle.

- Si ma chérie.

Il me jette un coup d'œil mais je m'efforce de regarder ailleurs, et surtout loin du corps de Bella, j'aurais eu quelques difficultés à cacher mon problème. Avoir une érection devant sa famille ne fait pas partie de mes plans.

- Mais c'est à toi de voir qu'il est parfait pour toi.

- Encore une énigme, A plus tard ! sourit-elle.

Elle claque la porte.

- Elle s'en rendra compte, après tout sa grand-mère m'a bien reconnu.

- Reconnu ?

Je n'aurais pas employé ce mot à moins d'être un...

- Oui, dit-il simplement.

- Et si on passait aux choses sérieuses ? demandais-je las.

- Ah enfin ! Tu es coriace. Mais c'est bien. Il te faudra des tripes pour supporter Bella.

Je souris à cette idée.

- Et vu ton sourire idiot, cela ne te dérange pas.

- Non M'sieur, dis-je honnêtement.

Nous retournons dans le silence.

-Dit Charles, l'appelle la grand-mère de Bella. Tu ne trouves pas bizarre que Bella se promène en si petite tenue. Elle ne nous a pas habitués à cela !

Aucun de nous ne parle.

- Oh, je vois, soupirait-elle. Bon Jasper, Est-ce que, oui ou non, tu es un vampire devenu humain ?

- Éloïse ! s'insurgeait son mari.

- Quoi ? Vous alliez y passer des jours et des jours !

- Euh...

Ils me regardent attendant ma réponse.

- Oui, murmurais-je.

- Ah tu vois ! Je te l'avais dit, sourit Charles fier de lui. Depuis quand ? Et pourquoi ? Comment tu as fait ?

- Et vous ?

J'ai déjà dit que je suis un vampire en humain.

- J'avais fait un vœu, dit-il sur le ton de la confidence.

0o0

A suivre...

Voilà, c'est dit ! Alors ?