Beta Zazalo

PDV JASPER

Je me pavane fier comme un paon dans les vestiaires après notre entraînement de foot.

- Punaise Whitlock ! Tu as quoi ce soir ? demande Alex.

- Il est déchaîné ! Tu as tiré ton coup ? rajoute Jackson, assez vulgaire.

- Qui est l'heureuse élue ? Swan la tigresse ? Non impossible, propose Jerad.

Je ne les écoute que d'une oreille, trop loin dans mon bonheur mais je souris encore plus en entendant son nom.

- SWAN ? crient-ils en cœur.

Je les regarde de travers, en tout cas leurs têtes méritent le détour.

- Pfff.

Je hausse les épaules, indifférent.

- Une autre fille ? Moi qui croyais que tu l'avais dans la peau, souffle Alex, perdu.

Ils partent à la recherche de la fille avec qui j'aurais couché. Je finis de m'habiller tranquillement.

- Bon les gars ? Qui vous dit que j'ai couché avec qui que ce soit ?

- Merde, se moque Jackson. Tu es impuissant !

- Hein ? demandais-je largué. Peu importe.

- Ouais, après tout il n'a couché avec personne depuis la rentrée, il a forcément des soucis ! dit Jerad.

- Ou il est puceau !

Finalement j'abandonne, Bella avait raison, mes potes sont des idiots avec deux neurones qu'ils doivent se partager... Mais avant de sortir je leur lâche la bombe.

- On se voit au bal !

- TU AS UNE CAVALIERE ? QUI ?

Mon dieu, pire que des filles... Vivement la fin de l'année, ils ne vont pas me lâcher mais rien ne changera mon état d'esprit. Elle avait dit OUI, je n'ai qu'une envie, c'est de passer une soirée complète avec ma douce. Mais je dois réfréner mes envies, le bal n'est que vendredi prochain c'est-à-dire dans une semaine.

Je vais graver dans ma mémoire le moment où elle a accepté.

FLASH BACK

Nous sommes en cours, et pour une fois, je suis relativement concentré sur ce travail à faire quand un objet non identifié atterrit sur ma tempe et ensuite sur mon bureau.

C'est dur d'être joueur de football américain et selon les filles, un beau gosse. Je n'allais pas non plus me plaindre. Je recevais régulièrement des mots venant de leur part surtout avec le bal qui arrivait à grand pas, mais si je n'y allais pas avec Bella, je n'irai pas.

Je tourne la tête à droite et à gauche pour voir qui est la folle qui me harcèle. Toutes les filles de ma classe travaillent, seule ma tigresse sourit mais ses yeux sont rivés sur sa copie. Elle a l'air très amusée. Sa lèvre torturée par ses dents me rend fou et avoir une érection en plein cours n'est pas ce qu'il y a de mieux. Mais après une claque mentale, je regarde la boulette de papier. Il n'y a qu'UN mot :

- Oui.

Je lève brusquement la tête vers elle qui me sourit timidement avant de baisser les yeux sur sa feuille et me renvoie un autre bout de papier.

- Ne me brise pas.

Je griffonne « Jamais » et lui renvoie

J'ai à peine vu son sourire rassuré que la cloche sonne. Nous sortons tous rapidement, je cours derrière elle, cela devient une habitude. Une fois à sa hauteur, je pose rapidement mes deux mains sur ses joues, j'ancre mon regard dans le sien.

- Jamais. Lui murmurait je. Je te promets.

- Ne fais pas de promesse que tu ne pourras tenir.

Je ne réponds rien et fixe avec désir ses lèvres. Son regard s'embrume, je ne dois pas être mieux. Pourtant aucun de nous deux ne bouge. J'en ai envie et elle aussi mais les démonstrations d'affection en public ne sont pas pour moi, et cela n'a jamais changé malgré les années.

Qu'est-ce qu'Alice avait pu me gonfler avec ça ! Ça ne la dérangeait pas, elle, si démonstrative et moi réservé. Dieu merci, tout cela était fini.

- Jasper ? Tu peux me lâcher, il faut que j'aille en cours.

- Oh, oui pardon, dis-je gêné.

Une fois ma jolie brune partie je réalise qu'elle avait accepté. C'est avec un grand sourire idiot que je repars en classe avec l'envie de sauter partout.

FIN DU FLASH BACK

- Pourquoi ce sourire, jeune homme ? me demande Éloïse, me voyant en train de travailler dehors. Tu attends la venue du Père Noël ?

- Vous croyez qu'il va me donner tout ce que je lui ai commandé ? demandais-je avec une voix de petit garçon

Elle rit.

Du jardin, je vois Bella dans le salon, elle a l'air triste.

- Tu restes déjeuner avec nous ? Le père de Bella est là pour le weekend, me demande la grand-mère, m' apportant un verre d' eau.

- Je ne crois pas avoir ma place à votre déjeuner.

- Cela fera plaisir à Bella.

Elle soupire tristement en regardant sa petite fille. A bien y réfléchir je n'ai jamais vu ses parents.

- Bella t'en parlera si elle le souhaite.

- Lisez-vous dans ma tête ? demandais-je étonné.

- Non non, sourit-elle. Juste perspicace.

- Tant mieux parce que je connais un télépathe et parfois c'est horrible de vivre avec lui.

J'en frissonne, Edward et moi sommes bons amis mais parfois son don pouvait être énervant sûrement comme le mien.

Finalement je reste pour le repas. Je rejoins Bella dans le salon, elle n'a pas bougé depuis tout à l'heure et son expression reste la même. Il y a quelque chose qui cloche dans cette famille, en dehors du fait que son grand père est un ancien vampire. J'ai bien compris que le père de Bella n'est pas souvent là, alors pourquoi ne passe-t-il pas plus de temps avec sa fille ? Et pourquoi ma tigresse est si triste ?

Doucement je m'assoie à côté d'elle, nous restons en silence attendant que le repas soit prêt. Je l'observe, elle m'a à peine regardé, semble ailleurs, loin de notre monde. J'ai beau chercher je ne trouve plus l'étincelle de vie qui la caractérise, comme si la tigresse n'avait jamais existé. Je suis triste pour elle.

C'est son grand-père qui vient nous chercher, lui aussi parait partager les sentiments de sa petite fille. Bella ne réagit pas. Je me lève et doucement je prends sa main pour la conduire dans la salle à manger. Notre contact semble la faire réagir.

- Jasper ? Tu es là depuis longtemps ? me demande-t-elle étonnée.

Je la regarde de travers.

- Tu es sûre que tu vas bien ? Tu n'es pas malade ?

- Non, non, murmure-t-elle.

Je m'approche et l'embrasse sur la joue.

- Je suis là si tu as besoin.

Je ne suis pas idiot, et me doute que cela a un rapport avec son père.

- Merci.

Elle me sourit doucement tout en me dévisageant me mettant presque mal à l'aise. Bien sûr, comme souvent nous somme dérangés et cette fois c'est un raclement de gorge impérieux qui nous sort de notre bulle. Je me tourne vers l'homme et le détaille. Un colonel. Il m'étudie rapidement et voit que je tiens la main de sa fille. Ne voulant pas me le mettre à dos - il me parait suffisamment hostile - je veux la lâcher mais sa prise sur ma main se raffermit. Son père ne l'a pas regardée une seule fois.

- Colonel Charlie Swan, se présente-t-il. Vous êtes ?

J'ai envie de lui répondre que je suis le Major Jasper Whitlock, le plus jeune des Etats-Unis mais cela n'aurait pas été correct.

- Jasper Whitlock, répondis-je pas plus aimable que ça.

- Bien. Passons à table. J'aime la ponctualité.

Et moi j'aimerais lui mettre mon poing dans la figure. Pauvre Bella, elle baisse encore plus la tête. Mon pouce caresse tendrement sa main.

Pendant le déjeuner, Bella n'a pas décroché un mot et son père n'a même pas essayé d'engager la conversation avec elle. En revanche, il me parle, me pose des questions, essaye même de me recruter. Je me suis retenu de ricaner, j'ai déjà donné et pour rien au monde je n'y retournerai même pas pour les beaux yeux de ma tigresse.

Les grands-parents de Bella paraissent également avoir peu d'intérêt pour lui, échangeant simplement quelques phrases de politesse

- Ce déjeuner fut délicieux, Éloïse, complimenta le Colonel.

- Merci, répondit-elle poliment.

- Bien. J'ai du travail. A plus tard. Éloïse, Charles, Jasper, Isabella, dit-il en les saluant.

Je viens de rêver ou il avait à moitié craché le nom de sa fille ? Ce type met mes nerfs à rude épreuve. J'aimerais lui faire manger ses médailles et autres décorations. Bien sûr il aurait subi quelques tortures made in Jasper avant.

Mon ange ne répond rien et préfère regarder ailleurs. On peut croire qu'elle est indifférente, je la sais délicate et fragile sous sa carapace et là elle se comporte comme au lycée en érigeant un mur.

J'aide gentiment à débarrasser la table, Bella s'est déplacée pour se placer devant une fenêtre et regarde devant elle. J'hésite à aller la voir, je ne veux pas la déranger, mais un soupir me décide à m'approcher d'elle

Sa voix m'a arrêté dans mon élan.

- Le plus drôle dans ce déjeuner, c'est que mon père t'a plus parlé en une heure qu'à moi en une année, murmure-t-elle triste sans me regarder.

Elle n'a pas bougé alors je la rejoins, me colle à elle, mon souffle dans ses cheveux.

- Pourquoi ?

- J'ai le malheur d'avoir des seins et un vagin. La grande déception de mon père.

Elle se retourne vers moi et me sourit tendrement avec toujours cette tristesse dans ses yeux je la prends dans mes bras m'attendant à un refus de sa part. Son visage se colle contre ma poitrine, ses bras se serrent autour de ma taille. Je lui caresse tendrement le dos et pose mon menton sur le haut de sa tête, profitant pleinement de notre étreinte.

- Il ne sait pas ce qu'il perd, murmurais-je.

Je veux la reculer de moi de peur de subir ses foudres - il ne faut pas abuser des bonnes choses - mais elle raffermit sa prise.

- Reste avec moi, murmure-t-elle.

- C'est comme tu veux ma belle.

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A suivre...