Beta Zazalo

PDV JASPER

Nous nous dirigeons vers la porte, mon bras autour de sa taille. Beaucoup de gens sont choqués de la voir ici et encore plus avec moi. Je me pavane fier d'avoir mon ange à mes côtés. Pourtant je ne profite pas, comme je l'aurais dû, de notre entrée remarquée. Le visage de la personne tourne dans ma tête.


- Tu sais que je devrais être vexée ?

- Pourquoi ?

- Tu me traînes à ce bal pour ensuite partir loin.

Elle n'a pas tort, je suis avec elle, en train de danser mais je n'arrive pas à sortir son visage de ma tête. La sorcière m'a pourtant dit que personne ne peut me retrouver. A moins que ce soit le hasard ? Ça ne peut être que cela. Bizarre quand-même. Un vampire dans un coin ensoleillé ? Est-il stupide ?

Non ce n'est pas son genre.

- Withlock, je vais te botter le cul si jamais tu ne réponds pas !

Je lui souris.

- Tu y arriverais avec tes talons ?

Je me moque ce qui me vaux un coup dans le bras.

- Tu ne serais pas sadomasochiste ?

Elle me regarde choquée.

- Oh mon dieu ! Comment as-tu deviné ? Se moquait-elle, je rêve de te voir à quatre pattes en train de crier sous mes coups de fouet.

Je la regarde de travers alors qu'elle se moque clairement de moi. Je vais en faire des cauchemars. Dommage pour elle, j'aime garder le contrôle, même si la voir à califourchon sur moi en train de se déhancher est une bonne image.

- Withlock, tu bandes.

Je me recule de son corps.

- Même pas vrai.

Presque pas vrai. Foutu corps d'adolescent. C'est elle qui se rapproche de moi et me murmure à l'oreille.

- J'aime ça.

Ensuite elle m'embrasse sur la joue et se recolle à moi pour continuer de danser.

- Tu es déroutante.

- Je prends ça comme un compliment.

- Mais c'en est un, j'aime ta différence.

On se sourit complices.

- Tu ne vas rien me dire ?

Je la prends par la main et l'entraîne vers le bar.

- Je ne suis pas sûr, j'ai cru voir une vielle connaissance.

- Est-ce mal ?

- Tout dépend de ce qu'elle me veut.

- Tu vas la retrouver ?

- Non, elle me retrouvera si elle le veut, comme une sorte d'instinct.

Je rigole intérieurement en lui servant un verre. Ouais, un putain d'instinct qui nous a souvent sauvé les fesses plusieurs fois.

- Vous êtes proches ?

- On l'a été pendant un certain temps, mais on s'est perdu de vue.

- Pourquoi ?

- Il ne supportait pas mon ex-copine.

- Pourquoi ?

- Trop excentrique... Ouais c'est ça.

Ça parmi tant d'autre. Au début, elle était rafraichissante par ses émotions, toujours joyeuse et c'est ce dont j'avais besoin. Elle m'a aidé à me sortir de mes idées noires mais une fois en paix avec moi-même, elle pouvait être assez fatigante, bien que ce n'était pas méchant. Malheureusement elle ne s'en rendait pas compte et je ne sais pas si ça sera le cas un jour.

- Tu tiens toujours à elle ?

- Jalouse ?

- C'est toi qui as rompu, non ? Pourquoi le serais-je ?

Pas faux. Pourquoi arrive-t-elle a toujours mettre le doigt là où il faut ?

- De plus, la jalousie est un manque de confiance en soi et je n'en ai aucun.

- Alors je peux aller draguer ? Proposais-je.

- Essaye et je te coupe ce qui te sert de pénis, clair ?

Son regard menaçant me dissuade de faire quoi que ce soit, mais je sais comment la faire céder, la plupart du temps. Je crains qu'elle reste indomptée mais j'aime ça. Ça lui va tellement bien son air farouche.

- Oui M'dame !

Elle se mord la lèvre inférieure, je sais que mon accent texan lui plaît. Elle se cache derrière sa boisson.

- Salut Jasper et mademoiselle la tigresse, dit Jackson.

- Tu es toujours en vie mon pote ! Rajoute Alex.

Je voyais ma belle soupirer, blasée, d'ailleurs tout le monde à dû l'entendre n'étant pas discrète, sauf peut-être mes amis qui continuent de me parler. A moins qu'ils l'ignorent.

- Bon les mecs, ce n'est pas que je ne vous aime pas, enfin si, je ne vous aime pas, mais je garde Jasper uniquement pour moi ce soir.

Je rêve ou il y a un sous-entendu derrière sa phrase ?

- Aller Mr le joueur de foot populaire, viens danser avec moi !

Elle me prend la main et me tire loin de mes potes qui rigolent comme des cons et lancent des commentaires assez déplacés. Pourtant je ne leur en veux pas, ils ne sont que des ados et j'ai 148 ans, forcément que nous sommes différents. Alors pourquoi suis-je en osmose avec Bella ? Bien-sûr, elle est ma moitié, nous nous complétons, qu'importe la différence d'âge.

- Tes potes sont des...

Je la coupe ne voulant pas gâcher notre soirée.

- Tu veux rentrer ?

- Oui, s'il te plait.

Je lui prends la main et nous sortons, elle me laisse même conduire, prétextant avoir mal aux pieds.

- J'aime mes chaussures mais bordel, ce sont des tortionnaires.

Elle pose ses pieds sur la banquette sans se rendre compte que sa robe remonte sur ses cuisses.

- La route Withlock, sourit-elle.

Se rend-elle compte qu'elle est tout le temps désirable ?

- Ce n'est pas de ma faute si j'ai tout le temps envie de te regarder.

- Arrête ton blabla, sourit-elle. Oh non, ça non plus tu ne l'as jamais dit à personne ?

Elle me fixe clairement amusée.

- Non, et je n'ai jamais été ainsi avec une fille.

- Pathétique ?

Pendant qu'elle se moque de moi, je me renfrogne. Ce n'est pas de ma faute si je ne viens pas de cette époque et que ma façon d'être est forcément décalée par rapport à cette époque.

Je reviens sur terre, quand je sens ses douces lèvres sur ma joue pour ensuite dériver vers mon oreille.

- Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, j'aime ça, j'apprécie ta différence.

Son nez frôle mon oreille, mon cou me donnant des frissons. Je ne la vois pas, mais sens son sourire. Je déglutis avec difficulté. Elle m'embrasse la carotide. Je retiens un grognement et tente de trouver une position confortable pour mon érection, en vain.

- En fait j'aime tout chez toi et c'est flippant.

Son visage n'a pas bougé de mon cou.

- Et tu as l'intention de t'éloigner ?

Ma voix rauque trahit mon plaisir de me retrouver si près d'elle. Sans bouger sa tête de mon épaule, son index se promène dans mon cou, sans vraiment le toucher, elle descend légèrement sur ma clavicule mais est arrêtée par mon costume. Aucune femme ne m'a rendu aussi dingue juste avec quelques touchés. Je ne veux même pas imaginer ce que qu'il se passerait sans nos vêtements, je risque de me lâcher dans mon pantalon...

- Non, souffle-t-elle, je ne sais pas pourquoi, mais je m'en sens incapable.

Son visage remonte et m'embrasse sur le coin des lèvres et se remet à sa place brisant l'alchimie du moment. Mais dans un sens c'est mieux. Parce que je ne sais pas si j'aurais été capable de ne pas la prendre dans sa voiture.

- Quand grand-père m'a dit ça, je lui ai ris au nez, j'aurais pas dû, boude-t-elle.

- La sagesse de la vieillesse.

- Je dois avouer qu'il a souvent raison, comme s'il avait plus vécu que son âge.

Elle vise encore dans le mille mais pourtant elle ne s'y attarde pas. Je sais qu'à un moment je vais devoir lui dire la vérité mais je ne sais pas quand ni comment. Ce qui est sûr c'est que ça ne sera pas pour ce soir. J'ai comme un mauvais pressentiment.

Je me gare devant chez moi, ni elle ni moi ne parlons. Bella veut dire quelque chose, pourtant elle n'ose pas, ce n'est pas son genre.

- Merci.

Je m'attendais à tout sauf à ça. Elle me sourit doucement.

- Contrairement à ce que j'ai pu penser, j'ai passé une bonne soirée en ta compagnie et c'est bien, pour une fois d'être normale.

- Ça veut dire que tu acceptes de retourner à un bal ?

- Non ! Rigole-t-elle.

Je ne peux que sourire, d'accord avec elle même si nous avons passé une bonne soirée. Doucement je m'approche d'elle et l'embrasse sur la joue et lui souffle un bonne nuit. Nous pouvons être deux à jouer.

Je sors de la voiture, un sourire victorieux sur les lèvres. Pour une fois que j'ai le dernier mot mais c'est sans compter sur ma tigresse qui me rejoint dehors, toujours nus pieds. En deux pas elle m'a rejoint et pose sa bouche sur la mienne.

- Bonne nuit Withlock.

Elle me sourit, allumeuse, sachant très bien quel effet elle a sur moi.

- Tu sais que je t'aurai un jour Swan.

- Un jour...

Elle me fait un clin d'œil avant de partir. C'est toujours en souriant que je rentre chez moi. Ma joie retombe rapidement quand je vois une personne allongée confortablement sur mon canapé, ses deux mains derrière la tête, les jambes croisées, un sourire placardé sur le visage.

Au moins son sourire idiot retombe quand il a fini de me détailler.

- Alors ça, je ne m'y attendais pas !

Il se lève et me redétaille encore.

- Oui je suis humain. Tu vas t'en remettre, me moquais-je.

Je m'assoie en face, décontracté. Son regard ne me quitte pas.

- C'est... Merde ! Carrément flippant. Mais la vraie question c'est...


A suivre...

Alors qui est-ce ? Une idée ?