Note de l'auteur : Voici le troisième OS ! Il est un peu plus grave que le précédent, et toujours du point de vue d'Artémis (vous l'aurez compris, c'est ma petite préférée !). Pour les prochains, je varierai un peu, promis !

N'hésitez surtout pas à laisser votre avis dans un commentaire, ou même à me faire des suggestions sur les mythes/dieux/déesses que vous voudriez voir apparaître.

Bonne lecture !

Callisto

Artémis aimait son père Zeus. Tendrement. Follement. Comme une fille aime son père.

Mais le jour où elle avait découvert qu'il avait souillé Callisto, une de ses suivantes favorites, elle s'était mise à le détester de toutes ses forces. Peu importait qu'il soit son propre père, ou même le roi des dieux. La même pensée hantait la déesse de la chasse.

« Il a osé souiller Callisto ».

Callisto, la plus belle des nymphes Artémis était très fière de l'avoir dans son cortège, à son service. Elle faisait honneur aux nymphes, aux forêts, à la vie sauvage. Mais cette déesse était aussi intraitable. Elle ne pouvait tolérer qu'une de ses suivantes succombe aux charmes des hommes et tombe enceinte. C'était contre ses principes, ceux qu'elle s'imposait à elle-même et qu'elle imposait à celles qui désiraient la suivre.

Nul n'aurait pu décrire la colère qui anima la déesse lunaire le jour où elle apprit que Callisto était enceinte – pire, que le père de cet enfant était son propre père !

Même Héra n'aurait pu faire pire. Elle menaça de tuer sa nymphe elle devenait folle. Elle redevenait ce qu'elle était, la frontière entre le monde sauvage et le monde humain. Dans sa colère, Artémis était une lionne prête à déchiqueter sa victime. Elle n'entendait pas les paroles d'Apollon qui se voulaient rassurantes, elle ignorait les cris d'effroi de ses autres nymphes et suivantes. Elle ne sentait plus rien.

« Il a souillé Callisto. »

Pourquoi donc avait-il fallu que son père jette son dévolu sur elle ?

Sans même en avoir pleinement conscience, Artémis avait commencé à bander son arc pour tirer une flèche.

Elle préférait voir Callisto morte plutôt que souillée par le roi des dieux, ou même par qui que ce soit.

Héra, qui pourtant d'habitude ne pardonnait pas les écarts de son époux, avait changé l'imprudente en ourse. Callisto échappait donc au courroux d'Artémis. Pour cette fois.

Quelques temps plus tard, dans une nouvelle chasse, avec de nouvelles nymphes, l'archère avait aperçu l'ourse, une fois encore. Elle l'avait reconnue. Elle reconnaissait chaque animal. Là où Apollon ou Aphrodite aurait sans doute versé une larme, Artémis avait décoché une flèche, implacable. Oui, son âme hurlait, mais elle n'en montra pas le moindre signe. Elle tua son ancienne suivante de sang-froid. L'enfant que Callisto portait, elle n'en avait cure. Il pouvait bien se faire manger par Zeus lui-même, cela lui était totalement égal.

Artémis avait cru en avoir terminé avec cette triste histoire.

C'était sans compter sur Zeus. Depuis quand son père était-il devenu si sentimental ?

Car il avait été touché par le fait que sa fille ait tué Callisto. Avait-il oublié que sa fille était une chasseresse, non pas une tendre femme ? Que c'était son devoir de tuer celles qui ne respectaient pas les règles imposées ?

Toujours est-il que Zeus éleva Callisto jusqu'aux étoiles. Ce sort était mérité : la plus belle méritait de siéger parmi les astres. Plus tard, son fils la rejoignit, et ensemble ils formèrent la Grande Ourse et la Petite Ourse. C'était une bien belle histoire, finalement, qui se terminait bien pour le maître des dieux et son ancienne amante.

Oui, mais quand Artémis faisait le silence dans ses pensées et qu'elle levait les yeux vers les étoiles, la nuit, chassant dans les forêts, elle ne voyait qu'elle, la Grande Ourse. Et à chaque fois, elle repensait à sa plus belle nymphe, à sa suivante, son amie perdue.