Note de l'auteur : Bonjour à tous, voilà le cinquième OS qui arrive !

Une simple petite précision quant aux personnages qui y sont mentionnés :

Pélée est le roi de Phtie (en Thessalie) et le père d'Achille. Sa femme Thétis est une très belle néréide qui, avant son mariage, était convoitée par les dieux, dont Zeus et Poséidon. Mais Thémis, déesse de la Justice et de la Loi, avait annoncé que le fils de Thétis surpasserait son père. Les dieux laissent donc la néréide à un mortel.

Encore merci pour la review de Guest : J'espère que cet OS te plaira aussi, même s'il est moins porté sur l'humour que le précédent. Et vive les cheesecakes d'Hestia ! ;)

Je précise que les personnages ne m'appartiennent pas et que je ne reçois aucune rémunération pour mes écrits.

N'hésitez surtout pas à laisser votre avis dans un commentaire, si vous avez des critiques à faire !

Bonne lecture !


Tout ça pour une pomme ?

Zeus contempla la foule des dieux, un petit sourire au coin des lèvres.

Pour sûr, les mortels comme les dieux chanteraient longtemps les noces de Pélée et Thétis !

Il se souvint avec une pointe de regrets qu'il avait, lui aussi, convoité la belle néréide. Cependant, face, aux avertissements de Thémis (« Prends garde, Zeus, car le fils de Thétis surpassera son père »), il avait préféré la laisser à un mortel. Après tout, ça lui évitait un fils trop puissant et une autre crise de jalousie d'Héra. L'Olympe avait déjà assez souffert des conflits Père-Fils et des tempêtes déclenchées par la reine des dieux : inutile d'en rajouter.

Pour fêter l'événement, il avait invité tous les dieux possibles et inimaginables. Même Hadès et Perséphone avaient daigné sortir de leur Enfer pour y assister.

Profitant de la quiétude – sûrement momentanée, n'oublions pas que nous sommes sur l'Olympe – de la fête, Zeus, s'autorisa à prendre une coupe de nectar et à s'allonger un peu plus confortablement sur sa chaise longue. Héra, pour une fois, souriait avec joie car la fête se déroulait bien – et chaque fête existante était organisée par la femme de Zeus – et sûrement aussi car elle était plus que satisfaite que Zeus ait renoncé à Thétis. Hestia, comme d'habitude, avait préparé les gâteaux (dont la très attendue pièce montée).

Oui, Zeus pouvait affirmer que tout se passait bien.

Mais il fallait évidemment que quelque chose vienne troubler ce calme. Les mortels disaient souvent que c'était lors des moments les plus parfaits que les pires choses arrivaient. Chez les dieux, c'était pareil.

En pire.

Car, alors que les jeunes mariés coupaient la pièce montée, un vent violent s'abattit sur la salle de réception de l'Olympe, troublant l'ordre parfait qui régnait quelques secondes plus tôt.

La responsable de ce désordre soudain n'était autre que… Eris, la Discorde elle-même.

Zeus déglutit. Il avait peut-être oublié d'envoyer une invitation, finalement… ?

« Je suis si flattée de voir, dieux et déesses, que vous vous amusez tant sans moi ! »

La voix d'Eris résonna dans la salle. Les conversations s'étaient arrêtées et tout le monde fixait la nouvelle venue, l'air grave.

Seule Héra osa murmurer à son époux : « Que fait-elle donc ici ? »

« Je n'en sais rien, ma douce, mais toujours est-il qu'elle y est, et qu'elle est très en colère… J'aurais peut-être dû vérifier deux fois les invitations… »

La remarque du maître de l'Olympe fit naître une grimace sur le beau visage d'Héra. Elle non plus n'avait pas voulu inviter Eris à la fête.

« Ne vous inquiétez donc pas », poursuivit la Discorde, « je ne suis nullement fâchée de ce fâcheux oubli d'invitation. Je vais d'ailleurs, dans ma grande bonté, vous faire un présent. »

Plongeant la main sous sa toge, Eris ressortit un fruit doré. Une pomme. Qu'elle lança immédiatement sur le roi des dieux.

« Sans rancune, Zeus ! »

Et la Discorde repartit, en riant. D'un rire qui faisait froid dans le dos. D'un rire qui signifiait « je t'ai mis dans une situation bien embêtante, tu vas voir un peu ce que tu vas prendre ».

Interloqué, Zeus contempla le fruit qu'il avait rattrapé au vol. C'était une pomme d'or. Mais il y avait quelque chose d'inscrit dessus.

« Pour la plus belle », lut Héra par-dessus son épaule.

Zeus sentit un poids tomber dans son estomac. Même sur ses épaules, et dans sa tête. Son cerveau et ses entrailles s'étaient changé en plomb. Eris, cette petite peste, allait définitivement enterrer la belle quiétude qu'il avait eu tant de mal à instaurer.

« Vous devez choisir une déesse, Père ».

Zeus lança un regard meurtrier à son fils Apollon, qui venait de parler. Il connaissait très bien les intentions d'Eris en lui lançant la pomme d'or.

Contemplant la foule, il constata avec horreur que toutes les déesses – absolument toutes le fixaient, avec l'espoir qu'il choisirait l'une d'entre elles.

Les pensées de Zeus filaient à toute allure. Il devait choisir. Il procéda par élimination. Il ne pouvait pas choisir Déméter : malgré ses charmes, elle n'égalait pas la beauté des autres. Il ne pouvait pas non plus choisir Hestia : elle était la déesse vierge du foyer, il était tout à fait inconvenant de la choisir comme la plus belle. Encore moins Artémis : la fille de Léto n'était pas dénuée de beauté, mais son côté sauvage et insoumis l'excluait d'office. Il n'était pas correct de la choisir non plus.

Il contempla les déesses restantes qui pouvaient prétendre au titre. Sa propre femme, Héra, était magnifique. Enfin, à l'heure actuelle, elle était magnifique mais surtout furieuse qu'il hésite tant à lui donner la pomme à elle.

Son regard se posa ensuite sur Athéna, sa fille préférée. La déesse aux yeux pers était très belle également, en plus d'être la plus intelligente.

Enfin, il regarda Aphrodite. Aphrodite, déesse de l'amour et du désir, la Beauté personnifiée. Il pouvait bien sûr la choisir elle, mais alors les conséquences en seraient désastreuses.

Alors, doucement, presque imperceptiblement, sa main relâcha la pression sur la pomme d'or, jusqu'à la lâcher complètement. Le fruit commença alors sa longue chute.

Quelques minutes plus tard, sur le mont Ida, un jeune berger nommé Pâris entendit un bruit lourd à côté de lui. En se penchant, il ramassa ce qui ressemblait à une pomme.

« Pour la plus belle », lut-il.

Au moment où sa voix s'éteignait, il vit trois créatures enchanteresses descendre des cieux.

La seule pensée cohérente qu'il put émettre fut : « Oh non… »