Bonjour à tous ! Voici le septième OS centré cette fois-ci sur Eros.

Je te remercie encore une fois, Guest, pour ta review. J'essaie en ce moment d'écrire un OS sur Perséphone et Hadès en particulier, mais je ne sais pas encore quand je le publierai; tu me diras ce que tu en penses !

Une petite précision quant à cet OS : le dieu Eros dont je parle ici est l'équivalent grec de Cupidon. Il s'agit donc du dieu de l'amour, le fils d'Aphrodite et d'Arès.

Je ne possède pas les personnages et je ne reçois aucune rémunération pour mes écrits.

Bonne lecture !


Eros et ses flèches

Tout le monde s'accordait à dire qu'Eros, le dernier-né des amours d'Aphrodite et d'Arès, était absolument adorable. Une petite bouille d'ange, des boucles châtain clair, des joues roses… Le petit avait charmé tous les dieux de l'Olympe. Ce qui arrangeait bien sa mère, puisque dès qu'elle demandait à quelqu'un de garder son fils, ce quelqu'un acceptait généralement avec joie.

Artémis n'y faisait pas exception. Elle qui s'était délibérément fermé les portes du mariage et de l'enfantement, elle se découvrait un instinct maternel assez développé. Même si, selon Zeus, il s'agissait plutôt du fait qu'Artémis était encore elle-même une enfant sauvage.

Ce jour-là, Aphrodite et Arès étaient partis en amoureux – quelque part en Crète – et Artémis avait, bien entendu, accepté de garder le petit.

Mais c'était une tâche plus dure qu'elle ne le pensait. Le petit dieu, d'habitude si conciliant, si sage, était aujourd'hui turbulent et capricieux. Il avait mis bien du bazar dans la jolie petite clairière d'Artémis. La déesse de la chasse ne s'en formalisait pas (elle n'était pas maniaque comme Héra), elle rangerait plus tard. Mais en voyant tout ce désordre, elle ne put s'empêcher de pousser un petit soupir.

« On dit souvent qu'il ressemble à sa mère, mais maintenant je peux le confirmer, Eros est bien le fils d'Arès », songea la déesse lunaire, mi- amusée, mi- exaspérée.

Elle avait tout essayé pour distraire le bambin : des parties de cache-cache, des puzzles, de la poterie… Activités qu'Eros refusait tout net. Commençant à perdre à la fois son inspiration et sa patience, Artémis avait tout simplement demandé de l'aide à son frère Apollon. La poésie et la musique devraient normalement être des activités parfaites pour le petit dieu de l'amour ! Cependant, le frère jumeau de la déesse commençait à tarder un peu.

« Si ça se trouve il m'a totalement lâché, cet espèce de… » pensa Artémis.

« Tonton Apollon ! » s'exclama alors le fils d'Aphrodite.

Artémis sourit à cette exclamation. Elle-même répondait à la douce apostrophe de « Tata Témis ».

« T'en as mis, du temps », grogna-t-elle.

« Pardon pour mon retard, ma sœur, Eros », salua le dieu solaire, « Mais j'ai fait un détour par les forges d'Héphaïstos. Voilà un cadeau pour toi, mon petit Eros», dit-il en s'agenouillant pour être à la même taille que le petit.

Le petit qui émit une exclamation émerveillée.

« Un arc et des flèches ! A ma taille en plus ! Merci, tonton ! » lui dit l'enfant, totalement sous le charme de son nouveau cadeau. « Tata Témis, je peux essayer mes nouvelles flèches ? » demanda-t-il en se tournant vers Artémis.

Tata Témis grogna en signe d'approbation. Elle alla tailler une cible dans un tronc d'arbre – une cible assez grossière, puisqu'Eros ne faisait que s'initier au tir à l'arc.

Apollon lui expliqua la technique adéquate pour tenir son arc et sa flèche, comment placer son regard pour qu'elle atteigne sa cible. Puis il s'éloigna de quelques pas pour laisser l'enfant tirer.

« Tata, puis-je essayer les yeux bandés ? » demanda Eros.

Cette requête était pour le moins étonnante, mais face à sa petite bouille suppliante, Artémis lui autorisa à tirer les yeux bandés – après tout, ils n'étaient que trois divinités dans cette clairière, personne ne craignait grand-chose. Les dieux jumeaux sauraient gérer une flèche perdue, étant tous les deux des archers hors pair.

Pendant que le petit dieu de l'amour se préparait à tirer, Artémis se glissa près de son frère pour lui chuchoter :

« Un arc et des flèches ? Es-tu fou ? Aphrodite va nous tuer ! »

Elle en savait quelque chose : dès que ça concernait son enfant, la déesse de l'amour pouvait devenir très violente. On appelait Artémis « lionne », mais pourtant Aphrodite pouvait très bien prétendre à ce titre.

« Ne t'inquiètes pas, ma sœur », lui répondit Apollon, « Arès ne pourra qu'approuver. Le maniement des armes, n'en déplaise à Aphrodite, est nécessaire ».

Sa phrase fut ponctuée par le bruit d'une flèche. Eros retira son bandeau des yeux et poussa une exclamation ravie.

Artémis et Apollon, eux, regardèrent stupéfaits la flèche plantée dans la cible.

Atteinte en plein cœur.