Bonjour/Bonsoir à tous et à toutes,
Me revoilà avec un huitième OS consacré à Apollon. Il ne s'agit pas d'une réflexion sur un mythe, juste une idée que j'avais eue. Je l'ai écrit un peu vite, et il est assez court; pour être honnête, je ne trouve pas que ce soit un de mes meilleurs. Mais si ça peut vous rassurer, je travaille en ce moment sur un OS sur Pandore, qui devrait être assez long, sur Héra également, et bien sûr sur Perséphone et Déméter. Cependant, je ne peux pas encore vraiment vous dire quand ils seront publiés.
Un grand merci à Seiren-dit-pity , An Eerie Fairy, et Guest pour vos reviews, qui me font réellement plaisir. Je suis heureuse de voir qu'Eros a plu à tout le monde, puisque la vision que je m'en fais est un peu décalée. N'hésitez pas à me faire part de vos impressions sur cet OS (surtout Seiren, j'espère que la fin ne te paraîtra pas trop bâclée cette fois-ci! :P).
Bonne lecture !
Où personne n'est sensible aux charmes d'Apollon
Tout l'Olympe le savait : s'il y avait une occasion qui se prêtait au chant et à la musique, Apollon était présent. Il était de toutes les festivités et adorait charmer la foule.
Chaque événement important était ponctué d'une de ses créations : Apollon avait chanté lors des noces de Pélée et Thétis. Il avait chanté pour fêter la fin de la guerre de Troie. Il avait même composé une berceuse pour sa sœur Artémis lorsque Callisto était morte.
Généralement, il avait beaucoup de succès : son assemblée demandait une autre chanson, le félicitait et le couvrait de compliments. Pour la plus grande joie du dieu des oracles, qui aimait être admiré.
Bref, dès qu'il fallait chanter dans une fête, Apollon rappliquait illico. Il y avait cependant des occasions fort rares où le dieu solaire ne pouvait pas faire la fête avec ses camarades divins : une mission à mener chez les mortels, une petite visite à sa mère Léto…
Ce jour-là, donc, Apollon s'était exclu d'une fête. Et quelle surprise il a eu en rentrant !
Pour une fois, le mont Olympe respirait la tranquillité. Pas la joie de vivre, il ne faut pas exagérer : le calme était déjà un grand progrès par rapport à d'habitude. Le silence était simplement brisé par des bruits de respirations, et parfois de ronflements. Des assiettes et des verres sales, ainsi que quelques résidus de repas indiquaient que la nuit n'avait pas été de tout repos pour les dieux et déesses.
C'est dans ce climat qu'Apollon arriva, après avoir terminé une mission qui avait duré plusieurs jours. D'abord surpris, il s'attendrit en voyant tous les dieux et déesses Olympien(ne)s assoupis sur les canapés et sur les fauteuils, dans le grand salon. C'était une scène tellement inhabituelle !
Cependant, seuls Apollon et sa tendance habituelle à tout trouver beau, mignon, adorable, attendrissant ou plaisant l'inclinait à avoir une telle pensée. Un dieu normalement constitué aurait juste passé son chemin.
Enfin, encore faudrait-il qu'il existât un dieu normalement constitué.
Apollon commença à errer entre ses camarades, sur la pointe des pieds.
Il se demandait ce qui était le plus drôle : Zeus qui bavait sur Héra ou Poséidon qui manquait de faire tomber Aphrodite à chacune de ses respirations ? Ou encore Artémis qui était complètement avachie sur Héphaïstos, dans une position (presque) compromettante ?
Se sentant empli d'un amour infini pour ses camarades et sa famille, le dieu des arts se surprit à sortir sa lyre et à entamer une petite berceuse pour rester dans l'ambiance, et aussi pour signaler qu'il était bien rentré.
Mais à peine avait-il joué trois notes d'affilée que sa sœur jumelle se réveilla. De son naturel sauvage et violent, elle avait un sommeil léger. En écrasant encore plus le dieu forgeron, elle se leva jusqu'à son frère, une lueur démente dans le regard.
« Apollon. Arrête ça. Tout de suite. »
Le dieu solaire déglutit difficilement. Sa sœur pouvait vraiment être effrayante quand elle s'y mettait.
« Enfin, Artémis ! C'est de la poésie et il n'y a que toi pour rouspéter de ce son si mélodieux… »
Sa voix baissa cependant de volume – car il parlait à un volume tout à fait normal pour lui jusqu'à présent – en voyant les autres divinités lui jeter un regard las, torve, exaspéré, ou même les trois en même temps.
« Ta sœur a raison, Apollon. Range ta lyre avant que quelqu'un ne te la fasse manger », le prévint Arès d'une voix endormie.
Un concert de grognements vint approuver les paroles du dieu de la guerre. Mais celui de la poésie ne pouvait baisser les bras ! Ça non ! Après tout, il était le dieu civilisateur ! Il n'allait pas laisser ses camarades plonger dans la sauvagerie et la décadence ! Il reprit donc sa lyre de plus belle et commença à chanter :
« Elle est à toi, cette chanson… Artémis, que fais-tu ? » dit Apollon, soudain paniqué.
Ses paroles se changèrent en cri quand sa sœur lui prit la lyre des mains pour la tordre, et enfin frapper dedans pour qu'elle aille se perdre quelque part chez les mortels. Puis elle retourna se coucher avec un petit sourire sadique.
Quand elle était plus petite, elle avait déjà l'habitude de casser certains jouets de son frère : il allait alors rapporter sur-le-champ les incidents à leurs parents. Incroyable mais vrai, Artémis était une peste et Apollon un cafteur. Mais à l'heure actuelle, leur mère était à Délos et leur père ronflait. Donc aucun risque.
Alors qu'Apollon pleurnichait sur la décadence des mœurs et le manque de respect de sa sœur, le reste des dieux se rendormit.
Quelques heures plus tard cependant, Aphrodite vint trouver Artémis.
« Tu sais, la prochaine fois, tu pourrais être un peu moins violente. »
Artémis-la-violente haussa les épaules. De toute façon, par rapport à elle, son frère était un peu trop sensible.
« La prochaine fois », intervint Dionysos, « on l'invitera à boire avec nous. Comme ça, il cuvera avec nous. »
« C'est une bonne idée, » admit Aphrodite. « Le pauvre, c'est bien la première fois que ses chants et sa belle figure n'ont pas de succès ! »
Artémis hocha la tête en souriant. Peut-être que, si l'alcool inhibait tout le pouvoir de séduction de son jumeau, elle devrait bientôt aller faire boire les Muses et les mortelles. Juste au cas où.
