Bonsoir !
Le voici, le voilà, le fameux OS sur le couple Hadès/Perséphone ! Il est assez long, on va dire que c'est pour compenser les derniers plutôt courts ! :P
A l'origine, je voulais faire un tout en incluant Déméter en belle-mère tyrannique, puis je me suis ravisée. Mais ne vous inquiétez pas, je consacrerai un OS à la belle-mère préférée d'Hadès.
J'espère que celui-ci vous plaira, car j'ai vraiment pris plaisir à l'écrire. J'ai eu du mal au début, puis finalement, l'inspiration est venue. Il se situe juste après l'enlèvement de Coré par Hadès, dans l'OS n°6.
Je n'ai pas inclus de lemon pour ce couple, même si je sais que certains d'auteurs le font. Je préfère garder ce recueil en Rating K, et je ne me sentais pas du tout d'écrire une scène explicite. Donc j'ai essayé de rester dans la même ambiance que d'habitude, assez humoristique et bon enfant.
Big dédicace à Seiren-dit-pity , An Eerie Fairy et Guest, qui semblent être mes revieweuses attitrées ! N'hésitez pas à laisser votre avis ^^
Je précise que je ne possède pas les personnages et que je ne reçois aucune rémunération pour mes écrits.
Bonne lecture !
Une grenade peut exploser
« J'ai été kidnappée par un psychopathe, j'ai été kidnappée par un psychopathe, j'ai été kidnappée par un psychopathe… »
Voilà les seules pensées cohérentes qui se bousculaient dans la tête de Coré depuis quelques heures. Elle était à la fois effrayée et furieuse. Elle était simplement en train de cueillir des fleurs dans un champ, et la voilà désormais aux Enfers ! C'était un comble ! D'autant plus que son ravisseur l'avait plantée là, dans une chambre !
Ce dieu infernal était ce qu'il y avait de plus effrayant dans le monde souterrain. Pour qui se prenait-il, ce Hadès qui prétendait être son oncle mais qu'elle n'avait jamais vu ? Et que voulait-il dire par « Zeus m'en a donné l'autorisation ? »
Coré sentit un nouvel accès de rage l'envahir. Son père avait agi en parfait imbécile. Il n'avait jamais pris la peine de la connaître réellement et il l'avait vendue à son frère ! Quel culot ! Sa mère n'aurait jamais fait une chose pareille. Elle devait d'ailleurs être morte d'inquiétude à l'heure actuelle.
Prenant une grande inspiration, Coré tenta de se calmer un peu. S'énerver seule ne servirait à rien. Il fallait qu'elle trouve un moyen de sortir d'ici, de retrouver la lumière du jour, et de retrouver sa mère. Il n'y avait aucun indice sous terre: ainsi elle n'avait aucune idée du jour ou de l'heure qu'il était. La clé, c'était de ne pas paniquer et d'attendre : quelqu'un viendrait bien la chercher.
« Elle doit me prendre pour un rustre, un goujat, un pervers… »
De son côté, Hadès n'en menait pas plus large : il stressait tout autant, voire plus que la jeune déesse qu'il avait kidnappée. Il avait même commencé à se ronger les ongles. Un comble, pour lui qui se vantait de savoir gérer ses émotions mieux que personne. Il soupira. Rester là ne servirait à rien. Il fallait qu'il aille parler à Coré, lui dire qu'il était désolé. Laisser son invitée dans sa chambre en lui précisant simplement qu'il avait l'autorisation de Zeus, c'était loin d'être poli. Il se reprit donc, et décida d'aller rendre visite à sa nièce.
« Je ne peux pas y aller », se dit-il la seconde suivante. Il se prit la tête entre les mains et gémit. Il détestait être en proie à l'incertitude comme maintenant. Pourquoi n'existait-il pas un guide « Comment séduire la nièce que vous venez d'enlever sous les yeux de son père qui vous a donné son accord » ?
Bon, d'accord, s'il existait un tel guide, ce serait inquiétant. Hadès se surprit à rire nerveusement.
« Voilà que je ris tout seul… Je débloque complètement. Zeus n'aurait jamais dû m'inviter à cette fête bucolique », se dit-il. Rejeter la faute sur son frère rendait tout plus facile. Après tout, dès qu'un malheur arrivait au dieu des Enfers, celui du tonnerre n'était généralement pas loin.
Hadès soupira encore une fois et s'assit dans un fauteuil. Il ne savait pas du tout quoi faire.
« Allez Coré, tu peux le faire, tu es dégourdie, tu as juste à lui demander gentiment », se répétait Coré, derrière les immenses portes du salon. Après avoir arpenté plusieurs couloirs, rencontré trois culs-de-sac et être tombée sur quelques salles vides, elle avait fini par trouver deux grandes portes imposantes qui, elle l'espérait, menait vers un endroit peuplé. Car les souterrains des Enfers étaient terriblement… Eh bien, déserts.
Prenant une grande respiration, elle entreprit d'ouvrir l'une des grandes portes en tirant sur la poignée.
Une fois. Deux fois.
La porte restait close. Coré tenta une troisième fois, mais rien à faire. La porte semblait être bloquée. Commençant à s'énerver, elle entreprit de pousser la porte de toutes ses forces. Cette fois, elle céda, mais… Uniquement parce que quelqu'un était en train de la tirer de l'autre côté. Sans trop comprendre ce qu'il lui arrivait, la fille de Déméter suivit tout naturellement le mouvement de la porte et tomba en avant, jusqu'à heurter quelque chose.
Ah non. C'était quelqu'un, puisque des bras la rattrapaient pour éviter qu'elle ne finisse le nez contre le sol.
En relevant la tête, elle s'aperçut qu'il s'agissait ni plus ni moins de son ravisseur et oncle, Hadès. En rougissant et en bafouillant des excuses, elle s'écarta vivement. Lui, ne la quittait pas des yeux, surpris.
« Euh… » commença-t-il.
« Superbe tentative de communication », se dit-il en se giflant mentalement.
« Tout va bien, Coré ? » continua-t-il.
Les joues toujours rouges, Coré déclara d'une voix faible : « En fait j'avais un peu faim et… Je n'ai trouvé personne dans les autres pièces et du coup je… »
« Vous avez bien fait », l'interrompit Hadès, la surprenant. « Cependant j'aurais dû veiller moi-même à ce que vous ne manquiez de rien. Je suis désolé. »
Coré allait de surprise en surprise. Voilà qu'il s'excusait ?
« Et aussi, hum… » Il se tordait les doigts, nerveux. « Je suis désolée de vous avoir enlevée comme cela. Je n'ai pas réfléchi, j'ai juste… »
« Agi sous l'impulsion », termina Coré. « Je comprends. »
Elle lui adressa un sourire timide, auquel il répondit volontiers. Puis il soupira.
« La vérité, Coré, est que je vous aime. »
La fille de Déméter rougit violemment. Elle ne s'attendait pas non plus à tant de franchise.
« Pardonnez mon honnêteté », dit-il en avec un sourire en coin. « Mais il faut que je vous le dise. Parce que je vous aime, j'ai cru avoir le droit de vous imposer de venir vivre ici. Mais ce n'est pas votre place. Pas tant que vous êtes forcée. »
Coré hallucinait. Était-ce vraiment le même dieu qu'elle avait en face d'elle ? Ou bien son jumeau gentil ?
« Ainsi », poursuivit le frère de Zeus, « Je n'ai pas le droit de vous retenir aux Enfers. »
Sa nièce sourit, soulagée. Il ne la forcerait à rien. Elle avait eu peur qu'il n'abuse d'elle, pendant qu'elle stressait dans sa chambre.
« Permettrez-vous au moins que nous dînions ensemble ? Ensuite, je ferai mander Hermès », proposa-t-il.
Coré réfléchit. Cela lui semblait un marché honorable, un dîner contre sa liberté. Elle sourit.
« Très bien, c'est d'accord », concéda-t-elle.
Le sourire qui s'afficha sur le visage d'Hadès la surprit. Était-il donc si heureux qu'ils dînent simplement ensemble ?
« Il est peut-être sincère en disant m'aimer », pensait-elle, avec, sans pouvoir l'expliquer, une once d'espoir au creux de l'estomac.
Il la guida donc jusqu'à sa table, où elle prit place à côté de lui. Si elle rentrait chez elle ensuite, autant discuter.
« D'où venez-vous, mon oncle ? Pourquoi êtes-vous aux Enfers quand les autres habitent sur l'Olympe ? La solitude ne vous pèse-t-elle pas ? » demanda-t-elle.
Hadès sourit face au flot de questions. « Je suis né de la même mère et du même père que Zeus », l'informa-t-il, « et en premier. C'est grâce à votre père que j'ai pu sortir de l'estomac de Chronos. Lors de l'instauration des pouvoirs, c'est mon frère qui a été choisi comme futur chef des dieux. Je me suis donc vu relégué aux Enfers, le domaine des ombres et des morts. »
Coré l'écoutait tout en mangeant. Sa mère ne lui avait jamais expliqué que les dieux s'étaient répartis leurs tâches.
Hadès poursuivit : « Mais cet endroit me plaît. C'est devenu ma maison, et je prends plaisir à l'administrer. Quant à la solitude… »
Il la regarda dans les yeux. Elle détourna les siens, un peu gênée.
« … Eh bien, nous savons tous deux à quoi cela m'a mené », acheva-t-il en terminant son assiette.
Le reste du repas se passa sans encombre Coré posait des questions sur la géographie des Enfers, les missions qu'Hadès devait faire, l'administration des morts, et son oncle lui répondait toujours avec patience. Mais, alors que les serviteurs déposaient les desserts sur la table, un grand fracas suivi d'un grognement fit sursauter Coré. Hadès se leva presque immédiatement.
« Je reviens, Coré », lui dit-il. « Vous pouvez manger ce que vous voulez en attendant. »
Un peu inquiète, elle le regarda partir. Que signifiaient tous ces bruits ? Il n'avait pas tellement eu l'air surpris ; était-il courant que ce genre de choses arrive aux Enfers ?
Elle s'apprêta à demander à l'un des serviteurs, mais ils étaient déjà partis. Un peu interloquée, elle entreprit donc de prendre un peu de dessert.
Elle était impressionnée par le large choix qui s'offrait à elle. Dire qu'elle pensait que vivre aux Enfers voulait dire vivre dans la pauvreté ! Elle avait tort ! Tout le repas avait été frugal, et le dessert n'échappait pas à cette qualification.
Elle regarda avec application chaque assiette. Après le fabuleux repas qu'elle avait eu, elle ne se sentait pas de prendre quelque chose de trop lourd. Des fruits, peut-être ?
Son regard s'attarda sur un énorme fruit, de couleur rouge. Ouvert, il laissait voir en son sein des graines couleur écarlate. Elle n'en avait jamais vu avant, et sa mère ne lui avait jamais parlé d'un tel fruit. Ça ressemblait à une sorte de pomme, mais en plus gros.
Par curiosité, elle s'empara d'un grain et le porta à sa bouche. Appréciant le goût, elle en prit un deuxième. Puis un troisième. Au septième, la porte de la salle s'ouvrit brutalement, la faisant encore sursauter. Hadès se remit à table, un air contrarié sur le visage.
« Je suis navré, Coré, j'ai eu un problème avec Cerbère », lui dit-il. « C'est le chien à trois têtes qui garde les portes des Enfers », ajouta-t-il face à son air interrogateur.
Coré sourit. « Vous devez être bien gardé, avec une telle créature à vos portes. »
« En effet », lui répondit-il, « Mais cela n'empêche pas certains visiteurs inopportuns de venir s'inviter ».
Il eut un léger sourire en pensant à sa sœur Hestia qui le harcelait pour ses fours, paraît-il « comparables à nulle part ailleurs ». Il savait que s'il cédait une seule fois pour qu'elle fasse cuire ses gâteaux ici, c'était fini.
En soupirant, il se leva et tendit une main à sa nièce. « Devrions-nous y aller ? Je vais aller envoyer un message à Hermès pour qu'il vienne vous chercher. »
Coré prit sa main, ravie de cette intention. Sa mère l'avait préservée de tout contact avec les hommes et voir Hadès si prévenant était nouveau pour elle. Nouveau et agréable.
Mais alors qu'elle se levait elle aussi, un grand courant d'air parcourut la pièce, la faisant frissonner, avant qu'apparaisse Hermès, le dieu messager.
« Hermès ? » lui dit Hadès, surpris. « J'allais justement t'appeler ».
« Zeus m'envoie », lui répondit Hermès. « Déméter lui fait tout un scandale parce qu'elle ne sait pas où est sa fille. »
Coré sentit son cœur s'accélérer. Elle espérait que sa mère n'était pas trop éprouvée.
« Coré, veuillez me suivre », lui dit Hermès.
Elle hocha la tête, avant de se tourner vers son oncle. « Merci beaucoup pour le repas, mon oncle, et je… Euh… » hésita-t-elle.
Il lui prit la main et la porta à ses lèvres.
« Je suis désolé, Coré, que nous nous soyons rencontrés dans cette situation quelque peu inhabituelle. J'espère que nous nous reverrons. Prenez soin de vous », lui dit-il.
Elle rougit, avant de se diriger vers Hermès, et lui fit un petit signe de la main avant de franchir les grandes portes de la salle, qui se refermèrent derrière elle et son accompagnateur.
« Eh bien, quelle histoire », soupira Hermès. « J'ai vraiment cru que Déméter et Zeus allaient se battre ».
Coré ne savait pas trop quoi répondre à cela. Elle s'en voulait un peu que sa mère se soit tant inquiétée.
« Mais tout cela est bientôt derrière nous », continua le dieu messager, après un long silence. « Regardez, voilà déjà la sortie ».
En effet, devant eux commençait à poindre la lumière du jour. Coré sentit naître en elle de la joie et… Des regrets ? Pourquoi se sentait-elle triste alors qu'elle allait partir des Enfers ?
Elle secoua la tête et entreprit d'avancer, suivant Hermès. Il passa à travers le trou creusé à même le mur et rejoint la lumière. Coré entreprit de faire de même… Mais n'avança pas d'un pouce.
Elle réessaya, sans succès. Une fois. Deux fois. Elle commença à paniquer.
« Hermès, pourquoi ne puis-je pas passer ? » dit-elle, des sanglots dans la voix.
Le dieu, lui, gardait son calme. « Avez-vous été en contact avec un mort ? Avez-vous plongé dans un fleuve des Enfers ? »
Elle lui répondit par la négative. Qu'est-ce qui la bloquait donc ?
« Avez-vous mangé de la nourriture infernale ? » lui demanda enfin Hermès.
Elle renifla, tentant de reprendre ses esprits et de se rappeler du dîner.
« Non, je… Tout ce qu'Hadès m'a servi venait de la surface, j'ai tout reconnu, j'ai… »
Elle se stoppa. « Il y avait un fruit que je ne connaissais pas », déclara-t-elle au dieu, « qui avait des graines rouges. »
Hermès pâlit. « Ce sont des pépins de grenade, Coré. Vous êtes coincée ici. »
En voyant Coré tourner son visage de plus en plus rouge de colère vers lui, Hermès nota immédiatement l'air de famille avec Déméter.
Quelques instants plus tard, Hadès était planqué derrière son fauteuil, tentant d'esquiver les projectiles que lui lançait Coré depuis maintenant plusieurs minutes. Plus jamais il me se moquerait de Zeus face aux colères d'Héra. Une déesse en colère, c'était juste hyper-effrayant. Il se baissa encore une fois, alors qu'un chandelier lui effleurait dangereusement la tête.
« Espèce d'idiot ! Des pépins de grenade ! Est-ce donc comme cela que vous traitez vos invités ? En les coinçant avec vous et en faisant des promesses vides de sens ? » hurlait-elle.
Depuis le départ d'Hermès pour informer Zeus et Déméter de la situation, Hadès se prenait tout en pleine figure, littéralement et métaphoriquement. Car en même temps qu'elle jetait tout ce qu'il lui passait sous la main, elle lui adressait tous les reproches possibles.
« Comment pouvais-je savoir qu'elle voudrait des fruits en dessert ? » désespérait-il intérieurement.
Il tenta d'émerger de derrière son abri, avant d'y replonger aussitôt. Bon sang, c'est qu'elle avait des réflexes, la petite !
« De toute façon, je suis sûre que vous avez fait tout ça exprès pour que je puisse rester auprès de vous ! » cria-t-elle avant de s'effondrer sur le sol, en sanglotant.
Hadès sortit la tête de sa cachette, pour bien vérifier qu'il ne se prendrait pas un Objet Volant Non-Identifié en plein visage. La voyant sur le sol, il s'attendrit et s'approcha (doucement) d'elle.
« Vous m'insultez, Coré », lui dit-il doucement. « Vous m'insultez, ainsi que mes sentiments. J'étais sincère en voulant vous rendre votre liberté. »
Elle renifla et sanglota un peu plus fort. Indécis, Hadès entreprit de s'approcher un peu plus et de la prendre dans ses bras.
« J'aurais dû faire attention aux desserts proposés, Coré, et j'en suis désolé. Mais jamais je ne vous aurais forcée à rester ici contre votre gré. »
Il la sentit se détendre un peu dans ses bras, ce qu'il prit comme un signe encourageant.
« Vous savez », poursuivit-il, « je suis vraiment tombé amoureux de vous, ce jour-là, dans le champ. Pas uniquement parce que vous êtes la plus belle déesse que j'ai jamais vu… »
Elle eut un petit rire.
« Mais aussi parce que vous vous offriez comme quelque chose que je n'ai jamais eu », acheva-t-il. « Vous êtes la lumière, la vie et la joie que je n'ai jamais eues auparavant. »
« C-C'est vrai ? » dit-elle en levant la tête vers lui.
« C'est vrai », lui affirma-t-il en contemplant ses beaux yeux verts.
Elle lui sourit et alors son regard s'attarda sur sa bouche. Incapable d'aligner deux pensées cohérentes, ses yeux firent la navette entre les yeux de la déesse et ses lèvres rouges, du même rouge que la grenade qu'elle avait mangée plus tôt. Il approcha son visage du sien, imperceptiblement, et…
« Ahem. »
… Et il allait tuer Hermès pour les avoir interrompus. Le jeter en pâture à Cerbère semblait être une sentence correcte.
« Juste pour vous dire que Zeus a trouvé la solution. Coré passera les mois d'automne et d'hiver ici, et ceux d'été et de printemps avec sa mère. Ciao ! » Et il repartit aussi vite qu'il était arrivé.
Hadès aida Coré à se relever, mal à l'aise. « Bon eh bien, vous voudrez sûrement vous reposer après toutes ces émotions, je… »
Il s'interrompit en voyant qu'elle avait encore des spasmes. Pleurait-elle encore ? Il se pencha vers elle.
« Mais… Vous riez ? » s'exclama-t-il, interloqué.
Coré releva la tête vers lui, riant entre ses larmes.
« Vraiment, Hadès… Une simple demande en mariage aurait suffi, à la place de tout ce bazar… » rit-elle.
Hadès sentit un poids s'envoler de son estomac, et la prit dans ses bras, soulagé.
« Vous n'êtes pas trop fâchée contre moi ? » demanda-t-il.
« Nous allons dire que la faute est partagée », trancha-t-elle. « Mais je suis heureuse si vous devez être mon mari. Peu de dieux ont la considération dont vous avez fait preuve à mon égard. »
Hadès lui fit un sourire jusqu'aux oreilles, comme un enfant à qui on promet le monde. Il serra encore plus sa nièce contre lui, ivre de joie.
« Ma belle Perséphone… » murmura-t-il.
« Perséphone ? » répéta-elle. « Est-ce mon nom d'épouse ? »
« Si vous le voulez seulement », indiqua le dieu des Enfers. « Car vous ne serez plus une jeune fille, à mes côtés. » (1)
Perséphone sourit, et regarda son futur époux dans les yeux.
« Je l'espère bien ! » dit-elle avec un sourire mutin.
Puis elle l'embrasse et Hadès n'arrive plus à penser.
(1) « Coré » signifie « jeune fille » en grec ancien. La signification et l'origine du nom « Perséphone » étant controversées, j'ai préféré m'abstenir de faire des interprétations hasardeuses.
