Bonjour/Bonsoir à tous ! Malgré un emploi du temps un peu plein ces derniers temps, voici l'OS numéro onze. A cause des cours et de ma vie hors écran, je pense ne pouvoir publier qu'un seul OS par mois. Je verrai si j'augmente la fréquence, mais pour le moment ça semble être une mission impossible.
Pour ceux/celles qui l'attendaient, je suis désolée, mais ce n'est pas encore le mythe de Pandore que je vous apporte; il est encore en chantier, comme beaucoup d'autres. Avoir des cours de mythologie à la fac, c'est très bien, mais du coup ma tête bouillonne d'idées et je ne sais plus à quoi me consacrer en premier.
Pour ce qui est de cet OS en particulier, il date un peu et attendait jusqu'alors sagement d'être publié. C'est un petit moment de vie divine assez habituel, avec un Zeus un peu éloigné de l'image du dieu grand, fort et digne. Pour les prochains écrits, vous aurez un roi des dieux un peu plus sérieux, promis. Sinon, je voulais écrire du point de vue d'Héra, mais le résultat n'était pas satisfaisant. J'espère pourtant vraiment pouvoir un jour écrire à travers ses yeux à elle, car Héra m'intéresse énormément et elle est bien trop souvent délaissée.
Bref, j'arrête le blabla et vous laisse à votre lecture. Un grand merci à tous ceux qui laissent un commentaire, qui m'ajoutent dans leurs favoris, qui me suivent, et merci aussi à ceux qui passent lire. Vous pouvez d'ailleurs, vous aussi, laisser votre avis, ça ne peut être que bénéfique pour moi !
Je précise que ces chers Olympiens ne m'appartiennent pas et que je ne reçois pas d'argent grâce à ce recueil.
Bonne lecture !
La bourde de Zeus
"Sortez d'ici. Immédiatement !" hurla Héra avant de claquer la porte de sa chambre.
Zeus se vit une fois de plus congédié violemment de la chambre qu'il partageait avec Héra. Quel sale caractère, tout de même !
Il avait voulu lui ramener un petit cadeau d'une mission chez les mortels, en pensant lui faire plaisir. Quel manque de reconnaissance de la part de sa femme ! Il lui avait offert des roses jaunes. Mais pour une raison mystérieuse, elle lui avait renvoyé le bouquet à la figure.
Zeus entra donc dans le grand salon de l'Olympe, tout penaud. D'autres dieux y étaient assis et se prélassaient. Aucun ne fit attention à lui. Il renifla une fois, deux fois. Tout le monde continuait de l'ignorer.
Zeus sentit une vague de colère naître en lui. Déjà que sa femme l'avait viré, si en plus tous les dieux se mettaient à être désagréables !
« Ahem ! » dit-il assez fort pour être entendu de tous.
Déméter se leva en premier. « Zeus, tout va bien ? » demanda-t-elle.
« Eh bien quand même, ce n'est pas trop tôt », se dit le roi des dieux, jubilant intérieurement que l'attention soit désormais pointée sur lui.
« Héra vous a encore disputé ? » demanda Apollon.
Zeus renifla encore un peu pour accentuer son côté mélodramatique.
« Eh bien, je voulais lui ramener un cadeau de chez les mortels après une petit voyage… Regardez ces belles roses jaunes, symbole d'amour ! » dit-il en montrant le bouquet détruit.
Un grand silence suivit ses paroles. Les autres dieux se regardaient, gênés.
« Père », lui révéla enfin Apollon, « ce sont les roses rouges qui symbolisent l'amour. »
« Ah ? » parvint à dire Zeus. Il se sentait très stupide de ne pas avoir bien suivi les codes du langage des fleurs. « Mais alors que signifient les roses jaunes ? »
« Généralement, elles symbolisent l'infidélité », l'informa Aphrodite.
« Ou que vous avez quelque chose à vous faire pardonner », ajouta Apollon.
Zeus sentit un poids tomber sur ses épaules. Pour le coup, il était vraiment à côté de la plaque.
Les autres dieux n'osèrent pas faire plus de commentaires, à part Artémis qui éclata de rire.
« Franchement, faire un langage des fleurs, c'est totalement stupide. »
Elle se tut cependant en voyant que tous les autres présents dans la salle la fusillaient du regard. Elle haussa les épaules.
« Je sais, père ! » déclara Dionysos d'une voix forte, surprenant tout le monde. « Organisons une fête pour vous remonter le moral ! »
Un silence plus pesant encore suivit ses paroles. Arès fut le premier courageux à parler.
« Une fête sans Héra ? Es-tu fou ? » demanda le dieu de la guerre.
« C'est toujours elle qui s'occupe de l'organisation », affirma Déméter.
« Elle va sûrement être très en colère en découvrant qu'on en fait une sans elle », s'inquiéta Hestia.
« Mais non ! » répliqua Dionysos. « Nous pouvons très bien faire une fête sans Héra. »
Les autres échangèrent un regard blasé et perplexe. Ils étaient partagés entre l'envie de remonter le moral au père des dieux et la peur qu'Héra ne s'énerve s'ils faisaient une fête.
« Père ? Qu'en pensez-vous ? » demanda Apollon à Zeus.
Le roi des dieux haussa les épaules. « Pourquoi pas, après tout, » concéda-t-il. « Ça ne peut pas nous faire de mal. »
« Super ! » rit Dionysos. « Je m'occupe du nectar ! »
« Je vais appeler Pan pour qu'il m'accompagne à la flûte ! » s'exclama Apollon, gagné par l'enthousiaste de son compère.
« Petits fours ! Cakes aux olives ! Cheesecakes ! Crumbles ! Tartes ! » cria Hestia, sans même prendre la peine de faire des phrases. Elle se précipitait déjà dans ses appartements, poursuivie par un Héphaïstos très inquiet qui tentait de lui dire : « Attends pour les fours, Hestia, j'ai encore des armes dedans ! ».
Les autres dieux se chargèrent de la décoration et de l'agencement de la salle en poussant les fauteuils, canapés et coussins pour faire une petite piste de danse. Artémis organisa le buffet, Déméter se chargea d'accrocher des banderoles « Vive Zeus, un Olympien du tonnerre » (banderoles recyclées de son anniversaire de mariage avec Héra), Aphrodite et Arès firent un brin de ménage.
Quelques heures plus tard, la fête battait son plein : tout le monde dansait, parlait, riait, ou même les trois en même temps : bref, même sans Héra, l'ambiance était au rendez-vous. Les gâteaux d'Hestia étaient délicieux, ainsi que le nectar de Dionysos. Apollon et Pan jouaient de la musique, Aphrodite et Athéna se déhanchaient sur la piste. Du jamais vu. Seul Hermès était un peu lourd avec ses blagues. Ça faisait plusieurs fois qu'il expliquait la même blague à Artémis :
« Et c'est là que l'Athénien dit au Spartiate : pas la peine de faire des efforts ! Ha ha ha ! » s'esclaffait le dieu messager.
Artémis, elle restait de marbre. « Je ne vois pas l'humour là-dedans, Hermès. »
Et il retentait de lui expliquer. « C'est pourtant simple, enfin ! A Sparte, les magistrats sont des éphores ! Ça ressemble à efforts ! »
Héphaïstos et Arès étaient près du bar, à boire du nectar et à parler d'armes. Pour une fois, ils ne se disputaient pas pour les beaux yeux d'Aphrodite.
Zeus, lui, contemplait tout ce petit monde, comblé. Il avait dansé cinq fois avec sa fille Athéna, et même un peu avec Déméter et Hestia : il était très heureux que tous se soient mobilisés pour lui remonter le moral.
C'est dans ce climat qu'Héra arriva, les yeux rougis et les cheveux un peu en bataille.
Les discussions s'arrêtèrent progressivement, ainsi que la musique. Tous retenaient leur souffle, arrêtant leurs activités diverses et variées. Comment allait réagir la reine des dieux en voyant qu'une fête avait lieu sans elle ?
Zeus, prudemment, se cacha derrière son siège, de peur de voir une tempête arriver.
Mais elle n'arriva pas. Lentement, Héra se déplaça vers le bar, se servit un grand bol de nectar et le but cul-sec.
« Allez, Apollon, Pan, on monte le son ! L'Olympe, vous êtes là ?! » cria Héra, euphorique.
Après un court silence surpris, tous les dieux lui répondirent d'un même cri de joie avant de se réunir autour d'elle, sauf bien sûr les deux musiciens qui reprirent de plus belle. Zeus sortit de sa cachette et s'approcha de sa femme.
« Je suis désolée, ma douce, mais j'ai confondu les roses rouges et jaunes et je… » tenta-t-il.
« Pardon ? » dit Héra. « Excusez-moi, mon ami, mais je ne vous entends pas à travers la musique. On danse ? » proposa-t-elle.
Zeus, pas dupe, prit alors la main de sa femme pour la mener vers la piste.
Ce soir, il se sentait amoureux d'elle.
