… Y'a encore quelqu'un, ici ?

Je suis tellement désolée pour mon absence prolongée ! Cependant j'ai dû m'occuper d'autres choses que ce recueil ces derniers mois, et du coup l'écriture des OS en a pâti.

Pour ce retour en mai, je voulais poster l'OS sur Aphrodite et Arès, mais finalement je le modifie encore et toujours, rajoute des choses, en enlève d'autres… Comme pour celui sur Pandore, j'ai l'impression que je ne vais jamais le finir ! C'est un peu la toile de Pénélope, version OS !

Je vous en offre donc un autre, assez léger, et on retrouve notre dieu des Enfers préféré. Moi qui pensais ne pas arriver à écrire sur lui, maintenant j'adore le martyriser ;)
L'idée de cet OS n'est pas de moi mais de Seiren-dit-pity, qui avait imaginé Valérie Damidot débarquer aux Enfers et refaire la décoration. J'ai chargé Hestia de cette lourde tâche, j'espère que ça vous plaira !

Un grand merci à ceux et celles qui passent lire, et bien sûr aux personnes qui laissent des reviews : An Eerie Fairy, Tian, et Clair-de-plume. D'ailleurs, pour répondre à Guest, je suis désolée, mais je n'écris pas en anglais. Je comprends bien cette langue, mais je ne me sens pas d'écrire dans une autre langue que le français. Cependant s'il y a des traducteurs/traductrices potentiel(le)s, n'hésitez pas à me contacter.

Je précise que je ne reçois pas d'argent pour ce que j'écris, et que les personnages ne m'appartiennent pas.

Bonne lecture !


Hestia Damidot

Hadès sifflota en entrant dans son salon. Il se sentait bien, ce qui était assez surréaliste : le dieu ne souriait que rarement. Alors le voir ou l'entendre siffler, c'était carrément un miracle. Il était plutôt morose par nature, et sa femme Perséphone était à la surface: il avait donc toutes les raisons du monde de se morfondre. Mais cette journée avait été plutôt agréable: les Moires lui avaient rendu visite, et apparemment les chiffres d'affaires du monde souterrain allaient croissant. Le roi des morts était donc d'excellente humeur. Il poussa la porte de son salon, avec l'intention de se servir un peu d'eau de vie, puis se figea.

Quelque chose n'allait pas dans son salon. Et même deux choses, voire trois.

Son cerveau s'arrêta de fonctionner un moment.

Son salon était rose.

Son magnifique salon, aux murs peints de couleurs sombres, aux élégants fauteuils en cuir noir avait été remplacé par une espèce de bonbon géant avec de la moquette mauve et des coussins de couleur rose pâle.

Le dieu des Enfers cligna des yeux. Il devait être en train de cauchemarder.

Une silhouette émergea cependant de derrière un fauteuil:

« Ah, Hadès, salut ! Comment vas-tu ? »

Bon sang, par tous les dieux infernaux et Olympiens, qu'est-ce qu'Hestia fichait aux Enfers ?! Il avait veillé à tout pour qu'elle ne puisse pas passer à sa guise !

« Je constate que tu es muet face à la transformation de ton salon ! » dit la déesse du foyer, très enthousiaste. « Je me suis permis de modifier deux-trois trucs, il faut avouer que ce n'était pas bien joyeux. »

« Deux-trois trucs ? » pensa Hadès avec effarement. « On dirait qu'elle a plongé les Enfers dans du marshmallow et elle appelle ça « deux-trois trucs » ? »

« C'est beau, hein ? » insista Hestia en voyant que son frère ne réagissait toujours pas.

« C'est… » commença-t-il, la voix tremblante d'énervement. Il ne savait même pas comment qualifier cette abomination. Pourquoi du rose, franchement ? Le rouge pouvait avoir des nuances très élégantes qui lui plaisaient beaucoup, mais le rose…

« Morchvre », réussit-il à dire malgré tout.

Hestia le regarda comme s'il avait perdu l'esprit. Puis elle se mit à paniquer, et même à se sentir affreusement peinée.

« Ça… Ça ne te plaît pas ? » dit-elle, des sanglots dans la voix.

« Oh non », se dit Hadès, « pas les trémolos. Si je craque maintenant, c'est fini. »

« Eh bien… » hésita-t-il.

Puis un bruit de fin du monde se fit entendre. Des bruits de bois cassé et de rochers qui s'effondrent parvinrent aux oreilles des deux aînés de Rhéa et Cronos. Ils se regardèrent, affolés.

« Ça venait du côté de Cerbère », s'inquiéta Hadès.

« Oh non, il a sûrement cassé sa niche ! » rouspéta Hestia.

« Tu… Tu lui as construit une niche ? » s'exclama Hadès, qui avait de plus en plus de mal à garder son calme.

« Oui, mauve et rose, dans les mêmes tons que le salon », répondit Hestia en souriant. Elle se méprenait sûrement sur le ton employé par Hadès : elle voyait du ravissement où il n'y avait que de la colère. Elle poursuivit : « C'était monumental, pour un chien de la taille de Cerbère, il fallait quelque chose de grandiose ! »

« Hestia », dit Hadès avec des tremblements de colère dans la voix, « Cerbère est censé être un chien féroce, le gardien des portes des Enfers. Qui me prendra au sérieux s'il se trimballe avec une niche rose ? »

Il bénissait intérieurement l'animal d'avoir cassé sa niche. Au moins, ça passerait l'envie à Hestia d'en refaire une.

« J'en ferai une magenta si tu veux », proposa-t-elle tout sourire.

Raté.

« Je ne veux pas de niche pour mon chien », soupira le dieu des morts. « Mais au fait, pourquoi ne t'a-t-il pas déchiquetée quand tu es passée près de lui ?

« Hein ? » dit Hestia. « Oh, je suis passée avec Hermès qui m'a laissée là il y a une heure. Et pour construire la niche en toute tranquillité, j'ai fait boire au chien du lait mélangé à un élixir de sommeil. »

« Evidemment », pensa Hadès , « elle doit bien s'ennuyer là-haut pour confectionner des potions. »

« J'avais aussi pensé à un monte-charge pour Sisyphe, tu sais, le pauvre, trimballer son rocher tout le temps, ça ne doit pas être drôle », dit Hestia sur le ton de la confidence.

Hadès se prit la tête entre les mains.

« Hestia, il est censé être puni par les dieux et remonter son rocher indéfiniment, pas voir son travail facilité par une déesse qui s'improvise décoratrice d'intérieur ! » lui répondit-il.

Mais elle haussa les épaules : « Un peu de compassion n'a jamais fait de mal à personne. »

« Hestia, écoute, je sais que tu pensais bien faire mais je… » commença-t-il, avant d'être interrompu par un courant d'air assez violent.

« Woaw, dis donc Hadès, Cerbère avec des bouts de niche rose dans le pelage, c'est assez drôle », dit Hermès, qui venait d'arriver, en se posant sur un rocher.

Hadès grogna. Il trouvait cela tout sauf drôle. L'arrivée d'Hermès le contrariait et le soulageait : elle le contrariait parce qu'il avait l'impression que sa demeure devenait un moulin, mais elle le soulageait car elle signifiait que son fléau de sœur allait bientôt partir.

« C'est moi qui l'ai faite ! » S'exclama Hestia, toute heureuse, comme une petite fille qui montre un dessin à ses parents.

« Et je peux savoir pourquoi tu t'es sentie obligée de bouleverser toute la décoration du monde souterrain ? » interrogea Hadès.

Hestia le regarda d'un regard surpris. Ses yeux étaient grand ouverts, et on pouvait clairement voir qu'elle était interloquée.

« Mais… » commença-t-elle en regardant alternativement Hermès et Hadès.

Le dieu messager haussa doucement les épaules, l'air de dire « ce ne sont pas mes affaires ».

Hestia prit donc son courage à demain pour avouer à son frère : « Mais Hadès, c'est Déméter qui m'a dit que tu voulais relooker ta maison et que tu avais demandé mon aide ! »

Elle avait achevé sa phrase presque hystérique, de peur de s'être malencontreusement trompée.

Hadès, de son côté, sentit un rire nerveux lui monter à la gorge. Il n'y avait que Déméter, sa sœur adorée et chère belle-mère pour avoir une idée pareille.

« Je suppose que Perséphone n'est pas au courant ? » demanda tout de même le roi des morts.

Hestia eut un temps de réaction avant de reconnaître le nouveau nom de Coré.

« Euh, non, d'après sa mère, tu voulais lui faire la surprise », dit-elle d'une toute petite voix, comme si elle avait peur que le dieu des Enfers ne la fasse cramer sur place.

Toute l'animosité qu'Hadès avait pu ressentir envers Hestia s'était cependant reportée sur sa belle-mère. « Je vais la faire marcher pieds-nus sur la braise ardente », pensait-il avec délectation, « ou même la faire plonger dans le fleuve Léthé pour qu'elle m'oublie définitivement et qu'elle oublie de m'enlever Perséphone à chaque printemps… »

« Hadès ? » s'inquiéta Hermès, voyant le dieu infernal rester silencieux.

« Tu sais, je suis désolée », dit Hestia. « Si j'avais su que tu n'étais pas d'accord, je n'aurais pas fait cette décoration. Vraiment ! »

Hadès, voyant qu'elle était de bonne foi, arrêta un instant ses plans sadiques et sourit à sa sœur.

« Ne t'inquiètes pas. » Il lui prit les mains et lui sourit encore. « Repartez donc avec Hermès et oublions cette triste mésaventure. »

« Il a raison. Rentrons, Hestia », conseilla Hermès.

Mais la déesse du foyer restait à la même place, se tortillant les doigts, et se balançant d'un pied sur l'autre.

« Ça ne va pas ? » lui demanda Hadès. Il n'avait jamais vu Hestia agir de la sorte.

« En fait », répondit la déesse, « j'étais tellement contente d'aller aux Enfers que je me suis sûrement laissée porter par mon enthousiasme. » Elle parlait de plus en plus vite. « Et il est possible que j'ai laissé quelques gâteaux à cuire dans tes fours… »

A ces mots, Hadès, incapable de se retenir plus longtemps, laissa des flammes s'échapper de ses paumes et hurla un retentissant : « Dehors ! ».

Hermès eut le temps de prendre vite Hestia par le bras et de s'envoler avec elle vers la sortie des Enfers. « Restons pas là ! » s'exclama-t-il.

« Mes gâteaux ! » gémit Hestia, mais il l'ignora.

« Tu l'as vraiment mis en colère ! » tenta-t-il de dire par-dessus les cris du maître des lieux. Il retint un sourire en passant devant Cerbère et les restes de sa niche.

A sa grande surprise, Hestia gloussa à ses paroles : « Je ne regrette rien ! Sa tête quand il a vu son salon rose, c'était absolument magique ! »

Le dieu messager l'accompagna dans son rire, avant de repasser dans la lumière du jour.

Hadès, de son côté, sourit en contemplant son salon de nouveau noir. Noir brûlé, d'accord, mais noir quand même.

« Ça faisait longtemps que je n'avais pas déchaîné mes pouvoirs comme cela », réalisa-t-il, « ça fait un bien fou. »

Il s'assit dans son fauteuil en cuir (encore chaud de la combustion, mais il s'en fichait), et se servit un verre d'eau de vie bien mérité.

Lorsque Perséphone rentra aux Enfers à l'automne, elle ne put s'empêcher de plisser le nez en entrant dans son salon.

« Hadès, c'est moi ou ça sent le brûlé ? » demanda-t-elle en se tournant vers son mari.

Lorsque le roi des Enfers se tourna vers elle, elle put presque voir une auréole se dessiner au-dessus de sa tête.

« Sûrement les odeurs des souterrains qui remontent », répondit-il évasivement.

Perséphone, pas dupe, lui sourit.

Elle fit semblant de ne pas voir le coussin rose bonbon qui trônait sur le canapé.


Voilà pour cet OS, en espérant que vous l'avez aimé. J'ai préféré ne pas trop changer Hestia en véritable Valérie Damidot, puisqu'elle a déjà son propre caractère. N'hésitez pas à laisser un commentaire pour dire ce que vous en avez pensé, ou bien si vous voulez faire une commande (même si je suis super lente pour écrire…).

A bientôt !