Bonjour !

Encore une fois, je ne sais pas comment je pourrais m'excuser pour tout ce retard. A chaque fois que je commence un OS, je suis super-motivée, puis il reste en pause pendant des mois. Mea culpa.

Pour ma défense, je prépare un concours cette année, et ça me prend énormément de mon temps libre.

J'ai quand même réussi à vous pondre cet OS, qui raconte une histoire centrée sur Hermès, même si d'autres dieux interviennent.

N'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour donner votre avis, ça fait toujours énormément plaisir de voir qu'il y a des réactions à son travail. D'ailleurs, un très grand merci à Pandora995, Lulu-folle, Seiren-dit-pity et An Eerie Fairy pour leurs reviews. Merci d'être là, vous me motivez à continuer !

Les divinités Olympiennes ne m'appartiennent pas, et je ne gagne pas d'argent en écrivant sur eux.

Bonne lecture !


La musique adoucit les mœurs

Du haut du mont Cyllène, un enfant pleurait. Sa mère avait tout essayé, depuis le matin, pour le calmer. Rien n'y faisait: ni le sein gonflé de lait qu'elle lui présentait, ni les jouets de fortune qu'elle avait fabriqués, ni ses propres paroles réconfortantes.

L'enfant, ou plutôt le bébé en question, était en effet dur à satisfaire: il s'agissait du dieu Hermès, fruit des amours de Zeus et Maia. Cette dernière avait accouché dans sa grotte le matin même, au lever du soleil. Sa joie d'avoir un fils était immense, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit si bruyant. Elle demeurait, cependant, patiente; après tout, les divinités étaient censées grandir plus vite que les mortels et bientôt, Hermès serait capable de tenir seul sur ses jambes et même de parler.

Profitant d'un moment d'accalmie, elle s'allongea un instant sur sa couche, et finit par s'endormir.

Le bébé, pendant ce temps, babillait. Il aimait beaucoup sa mère; elle était belle et douce. Il aimait bien son berceau, mais il était un peu étroit. Il ne voulait qu'une chose: en sortir. En poussant quelques gémissements, il tenta de se lever. Après bien des efforts, il réussit à se hisser sur ses pieds pour observer les alentours.

Tout un nouveau monde s'offrait à lui. Il vit sa mère qui dormait non loin. En grimpant aux bords de son berceau, il réussit (non sans peine) à sortir de sa petite prison.

Enfin libre.

Il eut un sourire malicieux, qui plus tard serait sa marque de fabrique.

Il était temps d'explorer le monde !


« ARTEMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS ! »

Le cri retentit dans la forêt toute entière. Il n'y avait certainement pas une bête sauvage, pas une divinité (même mineure) qui n'avait entendu Apollon. Ce dernier, complètement paniqué, ne cessait de bouger en tous sens. Il avait conscience d'agiter la paix de ce lieu, mais tout à ses problèmes, ne s'en souciait pas beaucoup.

« TEEEEEEEMIS ! AU SEC… »

Son cri d'appel à l'aide fut interrompu par une branche qui se trouvait sur son chemin, à niveau de son visage. Tout en se relevant, il pesta. Légèrement éraflé, le dieu des arts se sentit désespéré. Il n'allait jamais arriver à trouver sa sœur. Pour un peu, il en aurait pleuré.

« Apollon », dit une voix derrière lui, « qu'est-ce que tu veux ? »

Ce ton ennuyé et énervé ne pouvait appartenir qu'à une seule déesse. Apollon se retourna, des larmes de joie dans les yeux : il était sauvé !

« Artémis ! » s'écria-t-il. « Je suis tellement heureux de te voir ! »

« J'avais bien compris », railla-t-elle, « toute la forêt t'a entendu. Tu as tellement surpris mes nymphes qu'elles ont presque toutes raté leur tir à l'arc. »

Ne l'écoutant qu'à moitié, Apollon enchaîna :

« J'ai absolument besoin de toi ! C'est super-grave, et très très très urgent ! »

« Pire qu'un gamin », se dit Artémis. Elle prit cependant la peine de lui demander : « Pourquoi ? »

« J'ai perdu mes vaches ! » révéla Apollon d'une voix aigüe.

Sa sœur jumelle dut se faire violence pour ne pas éclater de rire. Il avait l'air d'un bébé à qui on avait enlevé son jouet.

« Tes vaches ? » répéta-t-elle, gardant à grand-peine son sérieux.

« Oui, mes vaches ! » répondit son jumeau, un rien énervé. « Tu sais bien que j'ai la garde des vaches sacrées lorsque je ne suis pas par monts et par vaux ! »

« Oui, tu as dû le mentionner quelquefois », lui dit Artémis d'un ton nonchalant. Elle ne s'en rappelait pas du tout, mais il était difficile de suivre toutes les occupations d'Apollon, tant elles étaient nombreuses. « Et en quoi puis-je t'aider ? » reprit-elle après un silence.

Le dieu des oracles, toujours agité, mélangeait un peu ses mots. « Il y a un vieillard, tu sais, sur la colline. Et il sait tout. Et un bébé. Il a tout pris. Le vieillard m'a dit ! »

Artémis, elle, fronçait les sourcils. « Attends, un vieillard t'a dit qu'un bébé t'avait volé tes vaches ? Un bébé ? » s'exclama-t-elle d'un ton incrédule.

« Tout à fait ! » confirma son frère. « Je te propose donc qu'on retrouve cet espèce de petit cancrelat et qu'on en fasse de la pâté pour hyènes ! » s'enthousiasma-t-il.

La déesse de la chasse poussa un soupir, ennuyée. « Tu ne veux pas aller dépecer des ours, plutôt ? » lui proposa-t-elle.

Elle n'eut aucun mal à interpréter le regard que lui lança Apollon, à peine sa phrase finie. Il réussissait l'exploit de bien faire signifier sa pensée : « Comment peux-tu penser à dépecer des ours dans un moment aussi critique où un bébé a enlevé mes vaches ? »

« Bon, d'accord, allons-y », concéda-t-elle, tout en sachant pertinemment qu'elle allait le regretter.

Apollon poussa un cri de joie et embrassa sa sœur. Cette dernière répondit à son étreinte, en souriant. Malgré tout, elle était heureuse de l'aider.


« ZEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUS ! A L'AIDE ! C'EST SUPER GRAVE ! »

Pendant qu'Apollon tentait de convaincre Artémis de trouver le voleur de ses vaches, Maia arrivait sur l'Olympe. Comble du malheur, son petit nouveau-né, son fils, avait disparu de son berceau. Son premier réflexe, après avoir fouillé les alentours de la grotte où elle avait une habitation précaire, avait été de prévenir le père d'Hermès : Zeus.

Ce dernier, lorsqu'il entendit Maia hurler son nom, se précipita dans le hall du palais, Héra sur ses talons. Avant que l'aînée des Pléiades ne pénètre dans l'Olympe, le roi et la reine des dieux étaient en train de prendre une collation. En découvrant l'amante de son mari, Héra fronça les sourcils. Tout cela ne lui disait rien qui vaille.

« Bonjour, Maia », la salua-t-elle froidement. « Que pouvons-nous faire pour toi ? »

Maia, ne se rendant même pas compte de l'impair qu'elle faisait en se présentant devant l'épouse légitime de Zeus, lui dit : « C'est mon fils, Hermès ! Il a disparu ! »

Zeus, interloqué, mit un moment avant de réagir : « Hermès ? Le bébé dont tu as accouché ce matin ? Il marche déjà ? »

Maia hocha la tête. Zeus se tourna vers sa femme : « C'est terrible ! Il faut le retrouver ! »

Héra leva un sourcil, surprise. Pourquoi lui disait-il cela à elle ? C'était déjà un affront suffisamment grave que de voir la maîtresse de son mari venir parler de leur enfant !

« Je n'ai rien à voir là-dedans », lui dit-elle d'un ton dédaigneux. « C'est votre fils, après tout. »

Zeus soupira. Héra et une de ses amantes dans la même pièce, ce n'était pas du tout bon pour lui. Il valait mieux jouer la carte de la diplomatie.

« Ce bébé est une future divinité Olympienne, ma douce », répondit-il calmement. « En tant que reine, vous devez nous aider à le retrouver. »

Héra resta un moment interdite. Elle renifla, dédaigneuse. Pourquoi donc était-ce à elle de régler les problèmes des autres ?
Maia, derrière Zeus, sanglotait doucement.
Le regard de la reine des dieux passa de Zeus à Maia. Puis de Maia à Zeus. Puis elle leva les yeux au ciel.

« Bon, d'accord ! » déclara enfin Héra. Face à l'expression enthousiaste de Zeus, elle ajouta : « Mais si jamais ce petit dieu me fait une seule crasse, je n'hésiterais pas à employer les grands moyens. Est-ce clair ? »

Le roi des dieux déglutit : il reconnaissait bien là sa furie de femme. Il hocha la tête, et le trio se mit en route. Avant de partir, Héra eut juste le temps d'apercevoir Hestia et de lui crier : « Je te laisse garder la maison ! »

Sa sœur aînée lui répondit par l'affirmative tandis qu'Héra descendait dans le monde des mortels avec les parents d'Hermès.

Hermès qui, pendant ce temps, était tout simplement retourné à son berceau, avec les cinquante vaches d'Apollon. Vite fatigué par les beuglements des animaux, sa curiosité avait été attirée par une carapace vide de tortue qui traînait non loin de là. Souriant, il attrapa une vache, avec la ferme intention de l'utiliser à des fins de bricolage.


« Et donc d'après ces traces, ton bébé-voleur a fait avancer les vaches à l'envers, pour qu'on évite de le retrouver. Il est plutôt malin, pour un gamin. C'est sûrement une divinité mineure. Si je n'étais pas une chasseresse accomplie, on aurait pu passer à côté », affirma Artémis.

Apollon se retint de sauter de joie. Enfin, il aurait sa vengeance sur le petit rusé qui avait volé son troupeau.

Accompagné de sa sœur, ils arrivèrent, en suivant les traces laissées sur le sol, jusqu'au mont Cyllène. En le gravissant, ils découvrirent une grotte creusée dans la roche, où étaient accumulées les cinquante vaches d'Apollon. Cinquante ? Plus tout à fait, car un certain bébé-dieu en avait utilisé une à d'autres fins que pour la faire brouter…

En effet, en s'approchant du fond de la grotte, Artémis et Apollon découvrirent un jeune garçon, encore bébé, mais pas tout à fait nouveau-né, du moins en apparence, tout souriant, qui maniait des tripes de vaches sur une carapace de tortue. L'animal tué gisait derrière l'enfant, et attirait déjà les mouches.

En voyant des visiteurs, le bébé leva la tête et sourit. Ses mains étaient toutes couvertes de sang.

« Qu'il est mignon ! » S'exclama Artémis.

De son côté, Apollon avait du mal à garder son calme. « Non mais tu as vu le massacre qu'il a fait ! »

« Oh, calme-toi donc », tenta de le tempérer Artémis. En s'approchant d'Hermès, elle lui tendit la main. « Salut, mon petit bonhomme ! » dit-elle en guise de salutation.

Le petit de Maia, ravi de voir que quelqu'un de grand s'intéressait à lui, sourit de toutes ses dents, découvrant ainsi une dentition blanche, mais aussi rougie par du sang; il prit tout naturellement la main que tendait la déesse de la chasse. Cette dernière ne se formalisait pas du côté sanglant de la scène; c'était une chose à laquelle elle était habituée.

« Bonjour ! » répondit alors Hermès, d'une voix aigüe.

Tout à son ravissement – « ça alors, il parle déjà ! » -, Artémis ne vit pas l'aura noire se former autour d'Apollon. Le dieu des oracles avait déjà sorti une flèche de son carquois. Il voyait rouge : divinité ou pas, ce bambin n'avait aucun droit pour toucher à son bétail. Il banda son arc et visa le petit qui était trop obnubilé par Artémis. Hermès, lâchant la main de la déesse chasseresse, lui montra sa nouvelle invention. Il prit la carapace de tortue et commença à tirer sur les entrailles qu'il avait lui-même étendues.

A la grande stupéfaction d'Artémis, l'invention produit un son mélodieux. Il tira une autre corde, et un autre son en sortit. Il fit glisser tous ses doigts sur toutes les cordes, dégageant encore une autre musique. La déesse lunaire frappa des mains, émerveillée.

« Tu as vu ça, Apollon, il… »

Elle s'interrompit en voyant son frère jumeau dans une posture tout à fait bizarre. Flèche et arc à la main, il semblait prêt à tirer sur le petit.

« Apollon ? » appela Artémis, inquiète.

Ce dernier ne bougeait plus. Qu'est-ce qui lui prenait ? Il était tellement certain de vouloir tuer le bambin, il savait qu'il devait le punir et pourtant, il ne pouvait s'y résoudre, pas quand il jouait si bien de ce magnifique instrument.

Parce que le dieu des arts avait bien compris : ce petit venait d'inventer un nouvel instrument. Il ne pouvait pas être une simple divinité mineure; il fallait qu'il soit un dieu primordial, car il jouait divinement bien. En baissant son arc, Apollon se rendit compte qu'il pleurait.

Il adressa un sourire rayonnant à sa sœur, et essuya ses propres joues baignées de larmes. Il s'approcha du petit dieu, qui continuait à jouer.

« Qui es-tu ? » lui demanda-t-il, en se penchant vers lui.

Hermès releva la tête et lui répondit : « Mon nom est Hermès. Ma maman, c'est Maia, et c'est la plus jolie ! »

Artémis sourit. Pour la plupart des dieux et des mortels, la plus belle femme du monde, ça restait leur maman. Une petite ampoule s'alluma au-dessus de sa tête.

« Ça veut dire qu'il est le fils de Zeus ! » s'exclama-t-elle, attirant les regards des deux dieux vers elle.

« Comment tu le sais ? » lui dit Apollon, étonné. « Ce n'est pas vraiment ton genre d'être au courant de ces choses-là ! »

« Sans blague », lui rétorqua Artémis. « Ce sont les nymphes qui me l'ont dit. De vraies commères, celles-là. »

Apollon haussa les épaules, et se retourna vers son demi-frère. « Tu joues très bien de la musique, tu sais. Nous devrions faire un concours, un jour, quand tu seras plus grand. »

Le petit lui sourit de toutes ses dents. Il était content de s'être fait un ami qui aimait la musique aussi. Il lui tendit son instrument de fortune.

« Non, non, garde-le », lui dit Apollon. « C'est ton invention, après tout. »

Hermès hocha la tête, signifiant qu'il avait compris. S'il gardait sa cithare, il pourrait la perfectionner autant qu'il voudrait, pour espérer un jour se comparer à son frère.

Ce dernier, tout à sa joie, prit le petit dans les bras et lui claqua un baiser sonore sur la joue. Hermès rit, appréciant cette marque de tendresse, et tendit une main vers Artémis, qui les rejoint, tout sourire, et déposa un doux baiser sur le front du petit dieu.

Le Soleil éclairait la grotte, et se reflétait dans les cheveux blonds des jumeaux, et dans ceux cuivrés d'Hermès. Ils étaient beaux; ils étaient bien.


En reprenant la direction du mont Cyllène, bredouilles, les parents d'Hermès et Héra furent très surpris de la scène qui s'offrait à eux dans la grotte de Maia. Une cinquantaine de vaches étaient accumulées là, piétinant ce qui restait du berceau d'Hermès, et les jouets du bébé. En découvrant son fils dans les bras des jumeaux archers, Maia poussa un petit cri aigu et se précipita vers son fils.

Héra, elle, plissa le nez. Une odeur nauséabonde emplissait l'air. Elle découvrit vite pourquoi: une vache (dont le ventre était ouvert et vidé de ses entrailles) gisait près de l'entrée de la grotte, et dégageait une odeur de mort. Elle détourna le regard et vit avec un mélange d'exaspération et de joie Maia réunie avec son fils, prenant dans ses bras à la fois Hermès, Apollon et Artémis. Eclatant d'un rire tonitruant, Zeus rejoint la petite troupe, en entraînant sa femme par le bras. Ils se retrouvaient à faire un câlin de groupe.

Artémis étouffait un peu sous cette étreinte géante; mais elle sourit en voyant son jumeau aussi content. Maia, elle aussi, souriait, face à l'heureux dénouement de toute cette histoire. Seule Héra grimaçait, puisque le câlin général la forçait à être pressée contre Maia, sa rivale. Hermès, au milieu de tout ce monde, ne savait plus trop quelle attitude adopter. Finalement, ses lèvres s'étirèrent en un sourire espiègle.

C'était une drôle de famille; mais il était sûr de s'y plaire.


Et voilà pour cet OS ! J'espère qu'il vous a plu. J'essaierai, si je peux, de faire un OS vraiment du point de vue d'Hermès. Comme Héra, je pense qu'il peut vraiment être intéressant. C'est vrai que, pour celui-là, j'ai beaucoup fait intervenir d'autres dieux que lui !

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Bises, et à bientôt !