ACTE IV : L'espoir
Les jours passèrent. Faith ne sortait plus de sa cellule sauf pour manger et se laver, mais toujours accompagnée de Jessy. Elle n'avait pas dit un mot depuis son retour de l'infirmerie. Elle ne faisait plus rien, à part avaler ses cachets et fumer. Jessy n'avait jamais plus osé la toucher.
Et puis un jour, une surveillante passa.
— Tu as de la visite, Faith.
Faith était allongée sur son lit et fumait une cigarette. Elle ne réagissait pas. La surveillante attendait.
— Eh Faith, c'est ta première visite depuis trois mois, ça ne t'intéresse pas ?
Les morts n'ont pas de visite... sauf celle des vers...
— Wilkins, tu arrives ou il faut que j'aille te chercher ?! cria finalement la femme excédée.
Wilkins... Le boss... Il est venu me voir...
Sans prendre conscience que ce nom d'emprunt était devenu le sien, Faith se leva et suivit la surveillante jusqu'au parloir.
L'homme qui était assis derrière la vitre de séparation n'était pas le Maire Wilkins.
Il est mort... Buffy l'a tué...
Angel...
Elle s'assit à son tour et décrocha le téléphone qui servait à se parler à travers la vitre.
— Salut, commença Angel.
— Salut.
La voix était blanche, rauque.
— Comment vas-tu ?
Tu m'avais dit : "Tu seras probablement hantée. Sans doute jusqu'à la fin de tes jours." Comme tu avais raison, Angel...
— Cinq sur cinq...
Angel scruta le visage de Faith et vit enfin les marques laissées par les blessures.
— Que s'est-il passé ?
— Bagarre... Une fille qui n'aimait pas la couleur de mon rouge à lèvres...
"Je te tuerai..."
— J'aurai pensé que...
Angel ne termina pas sa phrase. Il savait qu'aucun barreau ne pouvait garder une Tueuse contre sa volonté, il croyait aussi que Faith constituait davantage un danger pour les autres détenues que l'inverse.
— Tu ne t'es pas défendue ? reprit-il.
Je suis déjà morte, Angel... Déjà morte...
Faith le regarda sans répondre, les yeux à nouveau dans le vide. Angel n'aimait pas ce regard, c'était celui de l'abandon, de la résignation, celui de l'abdication à la folie.
— Faith ! Regarde-moi ! Tu ne dois pas céder à la facilité, aux ténèbres, tu dois te battre !
"C'est normal que ça fasse mal, Faith. Toutes les peines et les souffrances dont tu es responsable te reviennent. Ressens-les. Utilise-les. C'est ta seule chance de te libérer."
Me libérer pour quoi faire, Angel ?
Alors que d'autres paroles lui revenaient, elle le regarda enfin, une détresse immense sur son visage.
— Angel... Tu m'as dit une fois que... que je ne devais pas me laisser envahir par les ténèbres... que je ne devais pas goûter au mal...
Le vampire acquiesça en silence.
— J'ai essayé, Angel... J'ai essayé... La souffrance et le remords, je les ai ressentis... plus fort encore chaque jour, me torturant chaque nuit... Tout le temps... Tout le temps...
Les larmes coulaient maintenant librement sur les joues de Faith.
— Il y a des moments... des moments où je ne supporte plus tout ça... des moments où j'oublie -
Je vais te planter ce pieu et tu disparaîtras en poussière...
- des moments où je perds pied... complètement... et... et...
— Et où les ténèbres te submergent... termina Angel.
Et je suis si bien... si bien... dans le noir... que je ne voudrais plus jamais en sortir...
— C'est un combat sans fin, Faith... Tu n'oublieras jamais... Mais tu dois t'accrocher à la lumière, à ce que tu as fait de bien dans ta vie, à ce que tu peux encore faire pour réparer... Tu ne dois pas laisser les ténèbres et la violence te dominer, tu ne dois pas oublier ce que tu as fait. Tu peux t'en sortir, Faith, je sais que tu peux y arriver...
— Mais c'est trop dur... Ca fait tellement mal... Je ne peux pas... Je ne sais pas... comment... plaida Faith dans un sanglot.
"C'est normal que ça fasse mal."
— Chaque fois que j'essayais de faire le bien, chaque fois que je sauvais un enfant, un être humain, chaque fois que je tuais un autre vampire... je me disais que je servais à quelque chose... et mon immortalité était plus facile à supporter... Aider les autres m'a donné une raison valable de continuer à vivre... Tu dois trouver cette lumière... La lumière de ta rédemption...
— Mais que veux-tu que je fasse enfermée dans cette prison ?
— Que désires-tu le plus, Faith ?
Buffy...
— Quelle est la seule chose qui t'importe vraiment ?
Je suis désolée...
Angel vit qu'il avait frappé juste même s'il n'était pas sûr de la réponse.
— C'est ça ta lumière, Faith.
"C'est ça ta lumière, Faith..."
Le temps de visite écoulé, Faith était revenue dans sa cellule, se répétant sans cesse cette phrase, se raccrochant à sa sonorité.
"C'est ça ta lumière, Faith..."
Elle ne devait plus sombrer, pas encore, pas avant d'avoir fait ce qu'elle avait à faire pour être en paix avec sa conscience.
Quand Jessy la vit rentrer dans la cellule, elle fut surprise par son regard. Il était toujours hanté par d'innommables démons mais il y avait aussi quelque chose de nouveau. La détermination. Quel que fut son visiteur, il avait réussi à faire renaître un sentiment en elle.
— Qui était-ce ? demanda Jessy avec curiosité.
Faith la regarda longuement puis un petit sourire apparut au coin de ses lèvres.
"Ta lumière... La lumière de ta rédemption..."
— Un ange.
Les semaines passèrent et la détermination n'avait pas quitté les yeux de Faith. Elle avait cessé de prendre des tranquillisants et s'était mise à faire du sport sous l'œil suspicieux mais admiratif de Jessy. Elle passait des heures à exécuter tractions et abdominaux dans sa cellule, puis se livrait à quelques enchaînements de coups. Des coups de pied et de poing dans le vide exécutés avec une vitesse de frappe que Jessy n'avait jamais vue auparavant. Elle se rendait parfois dans la cour pour s'entraîner sur le sac, retenant ses coups pour éviter qu'il ne se décroche à nouveau. Les autres détenues regardaient ses démonstrations techniques avec envie et respect même si elles gardaient en tête que Faith n'avait rien pu faire contre Trisha. Faith, épuisée, descendait ensuite prendre une douche et remontait dans sa cellule.
Trisha et sa bande l'observaient et se moquaient d'elle, se délectant du souvenir de la raclée qu'elles lui avaient fait subir dans les douches. Faith restait impassible, fixant son attention sur ses gestes pour ne pas laisser ses envies de violence s'emparer d'elle à nouveau. Elle se concentrait sur sa puissance et sa précision, répétant inlassablement les mêmes coups et se répétant inlassablement la même phrase.
"C'est ça ta lumière, Faith..."
Rien d'autre ne comptait plus.
Un jour que Faith descendit dans la cour, elle vit la bande de Trisha entourer Jessy. Elle s'approcha lentement et son ouïe de Tueuse lui permit d'entendre des mots lourds de menaces.
— Si tu continues à me refiler cette saloperie, tu vas le regretter Jess !
— Quelle saloperie ? demanda Faith quand elle fut à leur hauteur.
Tous les regards se tournèrent vers l'intruse que personne n'avait vu arriver. L'étonnement de Trisha se mua bientôt en un sourire vicieux.
— Tiens, voilà ta connasse de meuf, Jess... Il se pourrait bien qu'elle finisse comme Pat si tu changes pas ta came...
Faith regarda Jessy, l'air surpris, comprenant soudain de quoi il s'agissait. Jessy était terrifiée et gardait ses yeux baissés.
— Ah ! Je comprends mieux pourquoi tu as ce teint de cadavre et ce cerveau d'huître... lança Faith très fort avec un petit sourire.
Trisha faillit s'étrangler.
— Petite pute ! T'as du mal à comprendre à ce que je vois...
— Non. C'est toi qui ne comprends pas. Tu ne sais pas qui je suis.
Trisha s'esclaffa, bientôt suivie par les autres. Jessy regardait à présent Faith en l'implorant silencieusement de s'arrêter.
— Ah oui ? Et qui es-tu à part une petite morveuse prétentieuse qui va se faire buter... et cette fois, que je ne raterai pas ?...
Faith ne s'était pas départie de son sourire moqueur.
— Je suis la Tueuse.
Trisha éclata de rire pour cacher le malaise suscité par ce sourire persistant et provocant.
— La Tueuse ?! Et qu'est-ce que tu tues ? Les sacs de frappe ?
Faith ne répondit pas. Elle croisa les bras sur sa poitrine et continua à la regarder en souriant.
— Je vais te faire bouffer ton sourire et ton arrogance, salope ! Cette fois, tu es morte ! jeta Trisha en s'éloignant avec sa bande et en passant son doigt sous sa gorge pour mieux illustrer ses propos.
Le sourire de Faith s'élargit et elle tendit son majeur bien haut afin que personne ne put se méprendre sur sa réponse. Puis elle se tourna vers Jessy.
— A quoi tu joues, Jess ?
— Non, toi, à quoi tu joues, bordel ?! Ca ne t'a donc pas suffit de te faire planter une fois ? Tu veux vraiment crever comme ça ?!
— Deux fois...
— Quoi ?!
— Je me suis fait planter deux fois...
Jessy, désespérée par son attitude, la regarda sans comprendre.
— Ecoute, si tu veux jouer les suicidaires et te faire buter, c'est toi qui vois ! Mais ne me mêle pas à ça, je tiens encore à ma vie !
— Alors, c'est comme ça que tu tiens Trisha à distance ? C'est ça que tu appelles "s'allier avec les bonnes personnes au bon moment" ?
— Il faut bien se débrouiller pour survivre dans cette prison de merde... Et je ne suis pas un enfant de chœur, Faith, et toi non plus, alors ne viens pas me faire la morale !
— Tu la fournis en came et elle fait en sorte que personne ne t'emmerde, c'est ça ?
— En gros, oui.
— Et qui est Pat ?
Faith vit le regard de Jessy s'assombrir. Elle n'était visiblement pas la seule à se débattre avec des démons du passé.
— C'était... ma petite amie...
Les yeux de Jessy s'étaient remplis de larmes. Faith repensa aux paroles de Trisha, aux menaces qu'elle avait proférées.
— Et Trisha l'a tuée.
Ce n'était pas une question. Jessy acquiesça. Faith poursuivit.
— Que s'est-il passé ?
— Elle n'a pas voulu... coucher... avec Trisha... Elle... ne voulait pas lui obéir...
Jessy essuya les larmes qui coulaient le long de ses joues d'un revers de main rageur. Faith posa sa main sur son épaule.
— Elle n'a pas voulu être sa pute... et cette salope... cette... connasse l'a battue à mort dans les douches... comme toi... comme moi...
Faith prit Jessy par le menton et l'obligea à la regarder. Elle lui caressa la joue doucement et lui donna un petit baiser sur la bouche.
— Les choses vont changer, Jess. Les choses vont changer, je te le promets. Et je nous vengerai.
Faith savait qu'elle n'aurait pas longtemps à attendre. L'affront devait être lavé le plus vite possible. C'était une question d'honneur, de cet honneur stupide et aveugle qui sert de justification à tant de crimes odieux.
Cela arriva deux jours après l'altercation dans la cour. Faith se rendit dans les douches et tout au long de son parcours, elle sentit la tension régner autour d'elle, dans les regards qu'elle croisait, dans les silences éloquents. Elle vit des petits signes qui s'échangeaient entre certaines détenues. Elle savait qu'elle serait bientôt suivie.
Elle rentra dans une des douches mais ne se déshabilla pas. Elle fit couler l'eau puis se glissa dans la douche suivante. Elle attendit, ses sens aiguisés de Tueuse en alerte. Elle entendit enfin les rires, des rires gras, sûrs d'eux, dominateurs, des rires de connivence aussi avec le gardien, des rires tendus comme avant la mise à mort.
Puis elles arrivèrent, de leur pas lourd si reconnaissable, et s'arrêtèrent à quelques mètres de leur victime. Faith perçut dans le regard de certaines l'étonnement de la voir les attendre.
— Alors, Faithy, la tueuse de sacs, tu es prête pour ta raclée ?
— Dis-moi, Trish, tu as donc tellement peur des filles que tu veux mater que tu as besoin de toute ta clique ?
— Je n'ai peur de personne ! Je peux m'occuper de toi personnellement !
Trisha se jeta sur Faith, son couteau pointé vers elle. Faith se contenta de l'éviter par une esquive. Elle se retrouva entre elle et sa bande.
— Ah ! Hé, Trish, je préfère pas, j'ai entendu dire que tu étais tellement nulle au lit que tu étais obligée de menacer les filles pour qu'elles couchent avec toi !
Trisha poussa un cri de rage et se rua sur Faith. Avec une vitesse surprenante, elle esquiva à nouveau, repoussa d'un blocage le bras qui tenait le couteau et envoya un coup de genou dans le ventre de son adversaire qui se plia en deux. En attendant que leur chef reprenne son souffle, deux filles s'attaquèrent à la Tueuse pour tenter de l'immobiliser. Faith se servit de l'élan de la première, lui prit les bras et la projeta contre le mur du fond. La seconde tenta de lui envoyer un coup de poing dans la figure. Faith bloqua le coup, attrapa son bras et lui décocha un coup de pied circulaire au visage. La femme s'effondra en se tenant la tête.
Trisha avait repris ses esprits. Profitant de ce que Faith était de dos, elle lança son couteau de toutes ses forces. Faith entendit siffler quelque chose derrière elle, mais comprit un peu trop tard ce que cela signifiait. Elle eut juste le temps de se décaler légèrement, puis elle sentit à nouveau la sensation de la lame glacée s'enfoncer dans son flanc droit. Elle se retourna lentement, laissant la douleur l'envelopper, renforcer sa conscience de la réalité, aiguiser sa pulsion de violence. Un sourire s'épanouit sur son visage. Elle retira le couteau d'un coup sec et le porta à sa bouche. D'un geste sensuel et provocateur, elle fit glisser sa langue le long de la lame, goûtant la saveur de son propre sang, sans jamais quitter des yeux le regard de Trisha.
— J'aurais dû me douter que tu n'étais pas capable de te battre seule dans un combat régulier...
— Tu n'es qu'une sale petite pute et -
— Non, je suis la Tueuse. La Tueuse renégate, folle et imprévisible, celle qui s'est alliée avec le mal absolu, celle qui aime tuer, celle qui va te tuer, celle qui va te faire regretter d'être née.
Faith lâcha le couteau par terre et s'approcha lentement. Sa concentration était totale.
Trisha s'était relevée. Elle envoya un direct dans le visage de Faith qui ne broncha pas, puis ce fut un enchaînement de coups très rapides. Faith les bloqua tous en reculant jusqu'à ce qu'elle se trouve acculée contre le mur.
— C'est tout ? lança-t-elle.
Trisha saisit le cou de Faith pour l'étrangler. La Tueuse brune fit passer ses bras entre ceux de Trisha et remonta ses coudes brusquement, la faisant lâcher prise. Faith lui donna un coup de tête qui lui ouvrit l'arcade et la fit trébucher en arrière.
— Mais je suis aussi l'autre Tueuse, l'Elue, celle qui a été choisie pour lutter contre le mal. Et tu es le mal.
Faith décocha un coup de pied latéral qui projeta Trisha dans une douche. Une de ses comparses choisit ce moment pour l'attaquer par derrière. Elle saisit Faith par les épaules et lui donna un coup de genou dans le dos. Faith frappa d'un coup de coude dans le foie en même temps qu'elle rejeta sa tête en arrière, cassant le nez et quelques dents au passage. Elle se retourna, saisit la fille par les cheveux et l'assomma d'un coup de poing.
Faith s'intéressa de nouveau à Trisha.
— Tu es le mal. Ca fait des années que tu terrorises cette prison, ça fait des années que tu fais ce que tu veux ici. Tu es le mal. Mais le mal est toujours puni un jour ou l'autre. Je le sais. Je l'ai été et je le suis toujours. Tu n'as rien à m'apprendre, tu n'es qu'un amateur, tu ne sais pas ce qu'est le mal absolu.
Trisha se releva et récupéra le couteau. Simultanément, elle lança un coup de pied et piqua avec sa lame. Faith para, calmement, repoussant le pied et saisissant le poignet qui tenait l'arme. D'une clé de poignet, Faith fit lâcher le couteau à Trisha, puis elle retourna le bras avec une autre clé, obligeant Trisha à suivre au sol pour éviter la fracture.
— Tu ne sais pas ce qu'est le mal absolu.
Faith accentua sa pression sur le bras, provoquant une douleur de plus en plus forte chez Trisha qui était immobilisée sur le sol.
— Arrête ! Arrête ! cria Trisha qui ne pouvait plus supporter la souffrance.
— Je suis le mal absolu. Je suis ton châtiment.
D'un coup sec, Faith cassa finalement le bras de Trisha qui hurla. Elle le laissa retomber et s'avança vers les autres femmes qui observaient, tétanisées par la peur et la souffrance, la déchéance de leur invincible meneuse. Faith les regarda un instant, presqu'avec pitié. Puis elle se retourna brusquement, faisant face à nouveau à l'autre femme qui se tordait de douleur sur le sol.
— Je suis la Tueuse... Je traque...
Faith s'approcha de Trisha qui tenta vainement de reculer.
— Je frappe...
Faith lui décocha un coup de pied en pleine tête, faisant gicler le sang sur le mur.
— Je tue...
Elle ramassa le couteau puis, s'agenouillant auprès de Trisha qui gémissait, elle fit glisser la lame doucement le long de sa joue, y dessinant une ligne fine et sanglante. Elle étudia le sang qui perlait de la plaie un instant, savourant ce moment de pouvoir égoïste. Puis Faith plongea son regard sombre dans les yeux paniqués de sa victime, un sourire naissant sur son visage.
— Malheureusement... Seuls les dignes représentants du mal ont l'honneur d'affronter la Tueuse... et de mourir de sa main...
Le sourire de Faith s'agrandit encore davantage devant la terreur croissante de l'autre femme.
— Malheureusement, Trish, tu n'en fais pas partie... Tout ça ce n'était que du vent... Regarde-toi... Tu n'es qu'une pauvre petite fille terrifiée..., terrifiée à l'idée que ses caprices ne soient pas réalisés..., terrifiée de n'être plus le centre d'intérêt..., terrifiée d'avoir tombé le masque...
Faith se releva et referma le cran d'arrêt.
— Malheureusement, tu ne mérites pas que la Tueuse s'intéresse à toi... Où est passée la méchante, la terrible, la redoutée Trisha, celle qui menait toute la prison à la baguette ? Une pauvre petite fille terrifiée... qui pleure par terre... parce que son beau jouet est cassé...
Regarde-toi... Tu te rappelles ce que tu m'as dit quand je suis arrivée ? Que je n'étais rien ici ? Tu t'es trompée, Trish, et même si je sais que tu ne comprends rien à ce que je te raconte, je te le dis quand même car c'est toi qui l'a réveillée, je suis toujours la Tueuse. Et tu es sur le chemin de ma rédemption.
Mais toi, que te reste-t-il maintenant ? Regarde derrière toi et demande-toi ce que tu as fait, ce que tu es devenue.
Un silence étouffant envahit soudain la pièce.
— Tu n'es plus rien.
Rien que le vide...
Faith tourna les talons et quitta les douches.
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